Les Parcs Disney : Entre Mythes et Réalité
Partie 1 : Disneyland à Anaheim, Là où Tout a Commencé

L'article

rédigé par Geoffrey El Islami
Publié le 31 janvier 2021

À travers le monde, les Resorts Disney offrent une expérience unique où le rêve et la réalité ne font plus qu’un. Pour arriver à cette prouesse d’une illusion minutieusement orchestrée, les équipes de Walt Disney Imagineering rivalisent d’ingéniosité afin de créer un univers sortant de la plus prolifique des imaginations, à grand renfort de techniques du septième art, d’ingénierie et d’une quantité astronomique de poussière de fée.

Depuis 1955, les Imagineers poussent les limites de la technologie et de l’imagination, au service d’un rêve devenu réalité. Alors qu’il est parfois difficile de démêler le réel de l’imaginaire dans les Parcs Disney, il en est de même des histoires et des mythes qui prennent leurs origines sur des croyances autour de ces Parcs à thèmes magiques. Il est donc l’heure de faire toute la lumière sur les légendes les plus folles et de rétablir la vérité sur ces Royaumes Magiques empreints de mystères.

Mythe N°1
Au sommet de Matterhorn Mountain se trouve un demi-terrain de basket-ball.

Vrai ! Reproduction au 1/100 du célèbre Mont Cervin (ou « Matterhorn » en anglais) en Suisse, Matterhorn Mountain abrite depuis le 14 juin 1959 les premières montagnes russes tubulaires au monde, appelées Matterhorn Bobsleds. Saupoudré de neige et traversé par un circuit enchevêtré de tubes d’acier parcouru par des visiteurs chevronnés, le Matterhorn culmine à environ quarante-cinq mètres, faisant de cette structure la plus haute du comté d’Orange à son inauguration (depuis, dépassé par une armée de gratte-ciels) et le plus haut élément du Parc. Au-delà de son unicité dans la galaxie Disney et d’autres caractéristiques le rendant particulièrement intéressant, le Matterhorn a longtemps été au cœur d’une rumeur, celle de la présence d’un terrain de basket-ball à son sommet.

L’histoire dit même que sa seule existence est due à une loi de la ville d’Anaheim interdisant toute structure d’une certaine hauteur, à part si celle-ci est destinée à un usage sportif. La création de ce demi-terrain aurait donc permis à Walt Disney de contourner cette loi. Bien que ce terrain existe bel et bien, il n’est pas pour autant le résultat d’un Oncle Walt faisant un pied de nez à une législation qui, par ailleurs, n’existait pas à l’époque. La raison est toute autre : dans les années 60, des équipes d’alpinistes donnaient vie au Matterhorn en le grimpant et pour partir du sommet, ils se faufilaient par ce grenier, accessible par ascenseur, qu’ils utilisaient comme pied-à-terre… en altitude ! Les Cast Members ont donc aménagé l’endroit à leur guise, donnant naissance à un mini terrain de basket-ball pour des pauses bien méritées.

Mythe N°2
Des visiteurs ont déjà répandu les cendres de leurs proches dans The Haunted Mansion.

Vrai ! Il s'agit de l’une des légendes urbaines les plus tenaces de la destination californienne. Et pourtant, quand Walt Disney a lancé son invitation à tous les fantômes du monde entier pour se retrouver dans son attraction alors en construction, il ne pensait certainement pas que des visiteurs le prendraient au mot ! Bien qu’illégale et éminemment déconseillée par la direction de Disneyland Park, cette pratique n’est pourtant pas un cas isolé. Un récent article du (The) Wall Street Journal a ainsi révélé, à travers la rencontre avec des anciens employés et visiteurs s’étant déjà adonnés à cette pratique, que ce type d'événements pouvait arriver jusqu’à une fois par mois !

Mais les Cast Members, bien au fait de cette étrange coutume, sont armés pour y faire face. La vidéosurveillance permet ainsi de détecter les visiteurs en pleine action qui sont alors escortés vers la sortie du Parc tandis qu’un code interne a été créé pour ce genre de situations : dès qu’il est utilisé, les employés savent qu’il est temps de sortir les aspirateurs à particules ultrafines pour réparer l’abus ! Même si plusieurs attractions sont la cible de ces visiteurs ayant choisi Disneyland comme dernière demeure pour leurs proches défunts, The Haunted Mansion semble être la plus prisée pour y faire un dernier adieu ; mais les cendres ont plus de chance de se retrouver dans l'une des poubelles de la propriété que dans la salle de la célèbre voyante Mme Leota...

Mythe N°3
Placée sous le Sleeping Beauty Castle, une marque au sol indique le centre géographique du Parc.

Faux ! Au bout de Main Street, U.S.A., un petit château marque l’entrée d’un monde magique, celui de Fantasyland, où les contes européens prennent vie. Après avoir passé le pont-levis baissé depuis des décennies, un clou doré au sol a depuis longtemps fait parler de lui. Nombreux ont été ceux qui l'ont désigné comme étant le centre géographique du premier Parc à Thèmes Disney, placé exactement sous le Sleeping Beauty Castle.

Cette marque dorée n’est pourtant pas au milieu du Parc, il suffit pour cela d’observer une vue aérienne de la destination pour réaliser que ce point sur la carte est placé bien trop haut pour en être au centre. Cependant, ce repère au sol n’est pas anodin et a eu une fonction par le passé. Il fut utilisé lors de la construction de Disneyland pour assurer un parfait alignement du Sleeping Beauty Castle avec la rue principale de Main Street, U.S.A. Ainsi, cette légende urbaine popularisée par les guides touristiques et autres fans répétant des faits sans véritablement les vérifier est bel et bien, un mythe.

Mythe N°4
Le jour de l’ouverture de Disneyland a été un tel désastre que Walt Disney ne souhaitait plus en parler.

Vrai ! Parmi les journées mémorables d’une vie entière, l’ouverture de son propre parc à thèmes peut marquer l’esprit pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Désigné comme la nouvelle folie de Walt Disney, Disneyland ouvrit ses portes un an jour pour jour après le début de sa construction, le 17 juillet 1955. Situé à une quarantaine de kilomètres de Los Angeles, le Parc flambant neuf issu du génie du patron du Studio aux grandes oreilles attire la presse pour cette journée qui restera définitivement dans les annales. Pour l'occasion, plus de six mille invitations avaient été envoyées à des médias de tous horizons, employés du Studio, ouvriers du chantier, sponsors, cela n'empêchant pas la multiplication de billets contrefaits qui, ajoutés aux tickets non-falsifiés, conduisit à l’accueil d’un total de 28 154 visiteurs, selon le décompte officiel. Mais le véritable problème de cette toute première journée de ce Parc plein à craquer sous le soleil de plomb de Californie réside dans les multiples difficultés techniques rencontrées : les talons aiguilles s'enfonçaient dans le béton encore frais de Main Street, U.S.A., une fuite de gaz et une coupure de courant menèrent à la fermeture de Fantasyland, le Mark Twain Steamboat manqua de couler dans les Rivers of America tandis que les restaurants du Parc n’avaient pas assez de nourriture !

Pour couronner le tout, une grève des plombiers obligea Walt à choisir entre réparer les fontaines ou les toilettes, ce dernier préférant finalement voir ses visiteurs boire des sodas plutôt que faire leurs besoins sur Main Street. Le chaos de cette journée, dont il est possible d’en connaître la saveur grâce à l'émission Dateline Disneyland de la chaine d’ABC qui diffusait alors l'événement, marqua les mémoires, les employés s’y réferant en la nommant Black Sunday (le « Dimanche noir ») tandis que Walt ne voulait même plus en parler ! Mais les visiteurs ne s’y sont pas trompés et sont venus en masse dans ce qui sera surnommé L’Endroit le Plus Joyeux sur Terre. Des ajustements ont été apportés par la suite, des erreurs corrigées et sept semaines plus tard, le Parc atteignait déjà son million de visiteurs ! Des années plus tard, le souvenir de cette journée noire plane au-dessus de l’ouverture du Magic Kingdom en Floride le 1er octobre 1971 en Floride : et pour cause, alors que cent-mille personnes étaient attendues (voire trois-cent-mille selon la Florida Highway Patrol, patrouille routière de l'État), seulement environ dix-mille personnes avaient fait le déplacement, moins que pour Disneyland !

Mythe N°5
Le premier ticket d'entrée à Disneyland a été acheté par Walt Disney lui-même.

Faux ! Certains mythes ont la vie dure. Après la journée chaotique du 17 juillet 1955 qui n'empêchera pas Disney de devenir un modèle à suivre dans le domaine du divertissement, le 18 juillet 1955 marque celui de l’ouverture du Parc au public. Et pour marquer l’occasion, le premier billet sera vendu à un des défenseurs du projet : Roy Oliver Disney, le frère de Walt Disney ! Formant un duo détonnant avec son frère Walt, transformant tout risque financier en véritable poule aux œufs d’or, Roy Disney croyait en la vision de Walt Disney et son projet de Parc à thèmes. Il s’arrangea donc avec Curtis Lineberry, le manager des entrées, pour acheter en avance, au guichet numéro 2, le premier ticket, numéroté 000001, pour la modique somme de 1 dollar (dont neuf centimes de taxe fédérale) !

Mais ce jour-là, les médias retiennent un autre nom, celui de David MacPherson, un étudiant de 22 ans venant de Long Beach et qui commença à faire la queue dès 2 heures du matin pour acheter le deuxième ticket à l’ouverture du Parc à 10 heures ! À l'époque, le ticket d’entrée permettait d'accéder à l'intérieur du Parc tandis que, pour chaque attraction, il fallait se rendre à son guichet pour se procurer d'autres billets. Mais grâce à sa patience devant les grilles du Parc, David a eu le droit à un pass lui permettant de faire toutes les attractions sans payer de supplément ! Roy Disney reste pour autant le premier visiteur de Disneyland. Ce Graal, retrouvé des années plus tard dans son bureau, le papier jauni par le temps, fait partie intégrante de l’Histoire au sein des Walt Disney Archives et prouve qu’avec ténacité et courage, tous les rêves peuvent devenir réalité.

Mythe N°6
Le chandelier-horloge à l’entrée du Sleeping Beauty Castle indique l’heure à laquelle Walt Disney est mort.

Faux ! Placé sous les voûtes du Sleeping Beauty Castle et attaché par de lourdes chaînes en métal, un somptueux chandelier servant aussi d’horloge, veille sur les visiteurs depuis 1996. Ses délicates dorures et ses dix chandelles à la lueur vacillante sont du plus bel effet, surtout de nuit. Mais pourtant, ce n’est pas ce qui turlupine les badauds depuis son installation. Ses aiguilles sont en effet au cœur d’une rumeur persistante, celle que l’heure affichée par sa petite et grande aiguille est en réalité l’heure de la mort de Walt Disney, le 16 décembre 1966 à 9 h 35.

D’autres affirmeraient qu’elle indique le moment où Walt Disney prononça son discours inaugural lors de l’ouverture de Disneyland le 17 juillet 1955, à 11 h 20 précisément. En y regardant de plus près et même si ses deux aiguilles sont de taille à peu près identique, il n’en est rien : l’horloge n’ayant jamais véritablement fonctionné au cours des années, l’heure a varié au gré des rénovations et autres opérations de maintenance, sans avoir de signification particulière.

Mythe N°7
Les squelettes de Pirates of the Caribbean sont de véritables squelettes.

Vrai et faux. Ouverte en 1967, après la mort de Walt Disney, dans un tout nouveau Land s’inspirant de la Nouvelle-Orléans et nommé New Orleans Square sur les rives des Rivers of America, l’expérience immersive Pirates of the Caribbean a assurément révolutionné le monde du divertissement familial. D’abord envisagée comme un musée de cire dans lequel les visiteurs se seraient promenés, Walt Disney décida de reprendre le concept de croisière, qui avait alors fait sensation pour la Foire Internationale de New York 1964 - 1965 pour l’attraction “it’s a small world”, mais cette fois direction les Caraïbes et ses eaux infestées de forbans et contrebandiers sanguinaires ! Avec ses innombrables Audio-Animatronics - un total de cent-vingt-deux pirates, villageois et animaux confondus - ses effets techniques bluffants et sa taille offrant l’une des plus longues attractions Disney, Pirates of the Caribbean est devenue instantanément un classique et un modèle dans l’univers des parcs à thèmes.

Mais pour s’assurer d’une immersion totale dans le monde de la piraterie, les Imagineers ont usé de multiples techniques de cinéma et d’éléments de décors plus vrais que nature. Alors que de nombreux objets ont été créés de toute pièce, les os et autres restes humains étaient particulièrement difficiles à reproduire avec réalisme. Walt Disney et son équipe d’Imagineers, qui ne reculaient devant aucun obstacle pour rendre le Parc le plus crédible possible, s'adressèrent alors à l’école de médecine de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA Medical Center) afin de se procurer… de vrais squelettes ! Des années plus tard et technologie aidant, les vrais os ont été peu à peu remplacés par des reproductions et selon Disney, ils ont tous été renvoyés dans leurs pays d’origine afin qu’ils soient enterrés respectueusement. Mais beaucoup de fans s’accordent à dire que des restes humains perdureraient toujours dans l’attraction, entre squelettes assoiffés et pilleurs de trésors… Le mythe reste entier !

Mythe n°8
Le corbillard à l'entrée de The Haunted Mansion a été utilisé pour transporter le corps du mormon Brigham Young.

Faux ! Entre fantômes apparaissant sur des caméras de vidéosurveillance et cendres de visiteurs répandues dans l’attraction, The Haunted Mansion reste sans aucun doute un endroit empreint de mystères, en proie à une mystification presque naturelle. L’un de ses fameux mythes concerne le corbillard trônant à l'entrée de la demeure coloniale et semblant être tiré par un cheval fantôme. En effet, nombreux prétendent qu’il a été utilisé pour l'enterrement de Brigham Young, ancien président d’une religion dérivée de la confession chrétienne, et fortement controversé pour ses positions tranchées sur l’esclavage et la polygamie. Pour la destination familiale, avoir un tel artefact chargé d’histoire, et pas la plus reluisante, ne serait pas la meilleure des publicités… Mais heureusement, il n’en est rien.

La légende s’est propagée lorsque Disneyland racheta le véhicule funéraire auprès de Dale Rickards, un antiquaire et collectionneur de Malibu dans les années 90 et qui était persuadé de l’histoire de cette pièce. Mais la vérité est tout autre et réside dans un fait historique : l’enterrement du célèbre prêcheur mormon ne fait pas mention d’un corbillard tandis que son corps fut en réalité porté par des employés durant ses funérailles. Le corbillard blanc installé dans la cour de la demeure la plus hantée de la Nouvelle-Orléans n’en reste pas moins une magnifique pièce de menuiserie, appartenant dorénavant au Ghost Relation Department qui gère les allées et venues des revenants de The Haunted Mansion, précisant sur le véhicule hippomobile qu’il vaut mieux « ne pas y postuler en personne ! ».

Mythe N°9
De nombreux chats errants vivent dans les Parcs afin d'y contrôler la population de rongeurs.

Vrai ! Les humains ne sont pas les seuls à fouler le sol de la propriété de la souris la plus célèbre au monde… Une armée de chats y a aussi élu domicile ! La toute première mention de ces habitants inattendus remonte à l’époque où le Sleeping Beauty Castle n’était pas encore aménagé. Les Imagineers qui voulaient alors inspecter les lieux pour y installer le fameux Sleeping Beauty Castle Walkthrough se retrouvèrent nez à nez avec toute une famille de chats (chacun avec son lot de puces en prime) ayant fait de la demeure royale leur pied-à-terre ! Alors que certains chats ont été adoptés par des Cast Members, d’autres plus farouches sont restés sur la propriété pour un rôle de la plus haute importance : réguler la population de rongeurs à l’époque grandissante dans le Parc !

Étant le plus actif la nuit, les chats de Disneyland Resort sont assez peu visibles des visiteurs. Pour contrôler leur population, ils sont stérilisés et les portées accidentelles de chatons se voient adoptées par les employés de la firme. Il est ainsi difficile de dater l’arrivée des félins à Disneyland Resort mais il ne fait aucun doute qu’ils font partie intégrante du paysage des Parcs californiens : aujourd'hui, plus de deux cents chats errants au compteur parcourent les allées de Disneyland et Disney California Adventure !

Mythe N°10
Walt Disney avait son propre appartement au premier étage du Sleeping Beauty Castle.

Faux ! Le roi en son royaume se doit de résider dans la plus royale des résidences, son château… Mais pas à Disneyland ! Pour découvrir l’appartement privé de Walt Disney et sa famille, il faut parcourir Main Street jusqu'à Town Square et se tourner vers la Fire Station : au premier étage, par la fenêtre donnant sur la rue, une lumière vacille, comme un hommage à l'homme qui occupa cette résidence au cœur de sa création. Dès la construction de Disneyland, Walt Disney avait pensé à ce pied-à-terre dans son monde fantastique, si éloigné de son bureau dans les Studios de Burbank, situé à plus de 60 kilomètres du Parc.

Complètement fonctionnel, l’appartement est décoré dans le ton de l’univers de Main Street, U.S.A. avec des meubles antiques victoriens, des colonnes blanches carrées et de lourds rideaux rouges. D'atmosphère cosy et (presque) hors d'accès des visiteurs, la résidence secondaire n’a cependant qu’une surface d’environ quarante-six mètres carrés et contient une petite kitchenette, une salle de bain, un vestiaire et une pièce centrale équipée d’une banquette-lit mais aussi - caserne de pompiers oblige - une barre de pompiers qui permettait à Walt Disney de descendre plus rapidement au rez-de-chaussée pour faire un tour dans son Royaume Magique ! Par ailleurs, le Maître des lieux avait pour coutume de signifier sa présence à ses employés en laissant allumée une lampe à la fenêtre au premier étage ; après sa mort, les Cast Members ont continué cette tradition, comme pour se souvenir que Walt Disney n’a jamais quitté les lieux et veille toujours sur sa création, l’Endroit le Plus Joyeux sur Terre...

Poursuivre la visite

Le Forum et les Réseaux Sociaux

www.chroniquedisney.fr
Chronique Disney est un site amateur, non officiel, sans lien avec The Walt Disney Company, ni publicité,
utilisant des visuels appartenant à The Walt Disney Company ou des tiers par simple tolérance éditoriale, jamais commerciale.