Indiscrétion Assurée

Indiscrétion Assurée
L'affiche du film
Titre original :
Another Stakeout
Production :
Touchstone Pictures
Date de sortie USA :
Le 23 juillet 1993
Genre :
Action
Réalisation :
John Badham
Musique :
Arthur B. Rubinstein
Durée :
105 minutes

Le synopsis

Miraculeusement rescapée d’une explosion criminelle dont elle était la cible, Lu Delano qui doit témoigner contre la mafia, s’est évanouie dans la nature. L’impétueux duo de détectives Chris Lecce et Bill Reimers doit donc mettre en place un plan inédit pour la retrouver : aidés de Gina Garrett, responsable de l’opération, ils jouent à la parfaite petite famille pour tenter d’entrer en contact avec des amis de Delano, alors en grand danger…

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 12 mars 2018

Six ans après le premier opus introduisant le duo de choc interprété par Richard Dreyfuss et Emilio Estevez, Indiscrétion Assurée signe la dernière aventure de ces deux compères, pourtant prometteurs. Toujours produit par Touchstone Pictures, Indiscrétion Assurée réussit le tour de force de faire mieux que son aîné, scénaristiquement parlant, tout en confortant un duo d’acteurs visiblement faits pour jouer ensemble et à qui est attribué un nouveau partenaire, féminin cette fois, pour former un trio explosif. Malheureusement, véritable flop au box office, il précipite la chute d’une franchise naissante, aussitôt enterrée…

En 1987, le label Touchstone Pictures, filiale de The Walt Disney Company, qui permet de viser un public beaucoup plus adulte, ose produire son premier film d’action, Étroite Surveillance, un buddy movie avec pour duo phare Estevez et Dreyfuss en détectives de Seattle, toujours prêts aussi bien à l’action qu’à la rigolade. Franc succès cinématographique, il est un savant mélange d’humour et de romance sur fond de traque policière, une recette détonante à attribuer notamment à son réalisateur britannique John Badham qui signe six ans plus tard la suite des aventures de ses policiers bouts-en-train avec Indiscrétion Assurée.

Né le 25 août 1939, à Luton en Angleterre, Charles John Smith, qui se nommera plus tard John Badham, est le fils d’un général de l’armée américaine et d’une actrice britannique. En 1944, à la faveur du déménagement de sa famille aux États-Unis, il passe son enfance et adolescence à Birmingham en Alabama, obtenant bien plus tard, en 1970, la nationalité américaine. Il commence d’abord sa carrière à la télévision où il assiste à la production de la nouvelle série de Rod Serling (créateur de La Quatrième Dimension), Night Gallery sur NBC. Il décroche véritablement le succès en 1977, lorsqu’il dirige John Travolta dans son rôle de Tony Manero dans l’immense succès disco La Fièvre du Samedi Soir. Le film reçoit une pluie de nominations aux Golden Globes et aux Oscars et propulse la carrière du jeune Travolta. Quelques années plus tard, il révèle un autre acteur, Matthew Broderick, et effraie le monde dans son thriller sur la Guerre Froide, WarGames. Il enchaîne ensuite les petits succès à l’image de Short Circuit (1986) ou encore Étroite Surveillance et sa suite Indiscrétion Assurée (1993) avec le duo de choc Dreyfuss – Estevez puis Nom de Code : Nina mettant en vedette Bridget Fonda et Gabriel Byrne. Il tourne également aux côtés de Johnny Depp dans Meurtre en Suspens, un thriller se déroulant en temps réel. Il revient par la suite à ses premières amours, la télévision, en produisant de nombreux épisodes de séries télévisées dont Heroes (NBC), Supernatural ou encore Arrow.

Cette nouvelle aventure policière de deux détectives complices en met plein la vue dès la scène d’introduction : l’explosion répétée et filmée sous tous les angles de la maison où le témoin est logé est, en effet, l'un des temps forts de l’opus ! Dans cette séquence, il est d'ailleurs possible d’apercevoir un clin d’œil au premier film qui passe au même moment à la télévision branchée dans le salon ! John Badham s’amuse aussi, avec l’aide du scénariste Jim Kouf à y introduire quelques codes de son prédécesseur : l'opus devient au passage plus violent au point d'écoper de la désignation PG-13 « Déconseillé aux moins de treize ans » pour deux scènes précises. Il peut ainsi être cité la fois où Dreyfuss tombe dans un camion poubelle (rappelant dans Étroite Surveillance son plongeon dans une poissonnerie) ou encore la manière dont les deux compères apprennent leur nouvelle mission. Il s'agit toutefois là de vrais clins d'oeil et non de fruits d'un schéma scénaristique paresseux. Cette fois-ci, les compères ne sont, il est vrai, plus deux mais se voient attribuer l’aide de Gina Garrett, responsable de l’opération et substitut du procureur en charge de l’affaire, au tempérament bien trempé et au chien quelque peu encombrant. Elle fait ainsi partie de ces femmes au caractère affirmé dispersées dans l’opus qui lui donnent un charme tout particulier.

En tête d’affiche, une fois de plus chez Touchstone Pictures, c’est Richard Dreyfuss qui renfile son costume de détective et se rase alors la moustache pour l’occasion ! L’acteur new-yorkais, né en 1947, est une figure du septième art, notamment pour avoir joué l'océanographe dans Les Dents de la Mer mais également dans Le Clochard de Beverly Hills, ou encore en tenant le rôle-titre dans Rencontres du Troisième Type. Il obtient l’Oscar du Meilleur Acteur à l’âge de ses trente ans pour le film Adieu, Je Reste et enchaîne les distinctions. Il forme avec Emilio Estevez un duo exquis, dont la complicité et les dialogues sont de véritables plaisirs pour le spectateur.
Né en 1962, le frère de Charlie Sheen est, pour sa part, membre du Brat Pack, ce groupe de jeunes stars des années 80 comprenant notamment Tom Cruise ou Brad Pitt. Son premier rôle à succès est celui d’Otto Maddox dans La Mort en Prime tout en enchaînant avec d’autres productions comme Étroite Surveillance, Young Guns et le Walt Disney Pictures Les Petits Champions. Indiscrétion assurée permet de confirmer l’authenticité et la sincérité du duo formé avec Dreyfuss, cependant mis à rude épreuve par un troisième acolyte inattendue…

Le premier rôle féminin est attribué ici à Rosie O’Donnell qui vole ainsi la vedette à la pétulante Madeleine Stowe très en retrait par rapport au premier film (et curieusement absente dans le générique de fin). Actrice américaine née en 1962, O ‘Donnell se fait connaître dans la série Allô Nelly Bobo dès 1986 et décroche plusieurs rôles par la suite notamment dans Indiscrétion Assurée ou La Famille Pierrafeu mais également dans des séries télévisées comme Une Nounou d’Enfer et Beverly Hills 90210. Elle produit dès 1996 son premier talk-show, The Rosie O’Donnell Show démontrant ses talents d’humoriste. Dans Indiscrétion Assurée, elle campe une assistante du procureur rigide, peu démonstrative et surtout réticente à l’idée de travailler avec ce duo hors-norme qui se révèlera au fil de l'aventure véritablement attachante.

D’autres rôles secondaires sont reconnaissables et méritent d’être cités avec une mention spéciale pour Dennis Farina et Marcia Strassman, jouant le couple des O’Hara servant l’une des meilleurs scènes du film, celle du dîner et ses quiproquos à répétition. Le premier, ayant joué le capitaine de police dans Piège en Eaux Troubles ou encore un Lieutenant Colonel dans Il Faut Sauver le Soldat Ryan est absolument irrésistible aux côtés de Marcia Strassman, l’inoubliable Diane Szalinski de Chérie, J’ai Rétréci Les Gosses, qui brille elle aussi. Dans le rôle du méchant, Miguel Ferrer (RoboCop, Iron Man 3) se glisse parfaitement dans la peau d’un tueur à gages mandaté par la mafia en livrant une interprétation juste et convaincante. Enfin, Lu Delano (Casper, La Belle et le Clochard 2 : L’Appel de la Rue) joue le témoin en fuite et s’ajoute à la liste des femmes fortes du scénario qui les met définitivement à l’honneur.

Bien que légèrement supérieur à son aîné, avec un budget notamment doublé, Indiscrétion Assurée échoue royalement au box-office, atteignant péniblement les 20 millions de recettes, là où son prédécesseur en avait engrangé le triple. Une sortie certainement trop tardive par rapport au premier opus – six années se sont ainsi écoulés depuis les premières aventures de Lecce et Reimers – et une concurrence farouche dans les salles de cinéma (Sauvez Willy et Jurassic Park sortis en même temps remportant de francs succès) ont ainsi eu raison d'un duo cinématographique qui fonctionnait pourtant à merveille. Il faut également noter l’absence presque totale de bande originale, signée comme pour le premier film Arthur B. Rubinstein, compositeur fétiche du réalisateur John Badham, qui ne daigne même pas reprendre les entraînantes sonorités d’Étroite Surveillance. Cela n’aide évidemment pas le public à adhérer à une aventure qui en valait en réalité le coup.

Deuxième et dernière aventure du duo de détectives espiègles joué par Dreyfuss et Ramirez qui donnent de leur personne - et de leur moustache -, mais ratage complet au box-office, Indiscrétion Assurée signe ainsi la fin prématurée d’une franchise prometteuse. Mélange efficace de quiproquos en tout genre et de scènes d’action convaincantes, il fait partie de ces productions à l’ambiance typique des années 90 à voir et à revoir pour lui redonner la chance qu’il n’a pas eu dans les salles obscures…

L'édition vidéo

Jaquette Indiscrétion Assurée
Jaquette Indiscrétion Assurée
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