Palm Springs

Palm Springs
L'affiche du film
Titre original :
Palm Springs
Production :
Limelight Productions
Sun Entertainment Culture
The Lonely Island
Culmination Productions
Date de mise en ligne USA :
Le 10 juillet 2020 (Hulu)
Distribution :
Hulu
Genre :
Comédie romantique
Réalisation :
Max Barbakow
Musique :
Cornbread Compton
Durée :
90 minutes

Le synopsis

Bien malgré lui, Nyles se réveille à Palm Springs afin d’assister à un mariage auquel sa copine est invitée…

La critique

rédigée par
Publiée le 09 mars 2021

Comédie romantique légèrement cynique portée par deux acteurs attachants, Palm Springs est un feel good movie qui fait beaucoup de bien et s’amuse à sa manière avec l’idée de la boucle temporelle. Drôle, romantique, avec énormément de bons sentiments mais un vrai propos sur le temps qui passe, il est de ses films au capital sympathie instantané !

L’idée de la boucle temporelle est un genre vu et revu au cinéma ou dans la littérature. Fortement associée au film Un Jour sans Fin (1993) de Harold Ramis et qui mettait en scène Bill Murray et Andie MacDowell, la boucle temporelle marche toujours grâce à son concept de revivre interminablement la même journée, sans que le monde autour ne s’en aperçoive, à part, évidemment, le protagoniste de l’histoire, qui cherche à s’en défaire tout en expérimentant différents scénarios à mesure qu’il revit les mêmes moments, inlassablement. Palm Springs, de ce côté-là, ne réinvente ainsi pas la poudre, mais, et c’est là toute la finesse du film, il le sait très bien ! Ayant conscience que le spectateur est familier avec cette idée, le long-métrage ne se perd ainsi pas dans des expositions interminables. Le concept est là, admis par le public, et Palm Springs va s’en amuser tout du long.

Le film, au delà de son postulat, sort en réalité à une période propice (sur Hulu aux États-Unis le 10 juillet 2020 et Prime Video en France le 12 février 2021). Fable sur le temps qui passe, sur la peur de l’engagement et l’immobilisme, Il fait écho non seulement, en 2020 et 2021, à la crise sanitaire de la COVID-19, les confinements qu’elle impose et cette situation de surplace vécue par beaucoup, mais aussi à toute une génération qui se cherche, à une époque où les enjeux climatiques pèsent et où le futur semble plus que jamais incertain. Il est en effet parfois bon et réconfortant de savoir de quoi demain sera fait, de rester dans sa zone de confort, de ne pas faire le saut dans l'inconnu, et Palm Springs, par de petites touches au travers des dialogues ou des situations, sait traiter de tout cela. Le film gagne ainsi en sens et profondeur derrière la simple blague ou la petite romance.

Joliment onirique, parfois contemplatif et surtout bien drôle, l'opus se laisse porter autant qu’il porte les spectateurs. Sans perdre de temps, il introduit les deux personnages principaux et la situation exceptionnelle qu’ils rencontrent. Huis-clos temporel qui ne dit pas son nom plongé dans un désert ensoleillé imperturbable de Californie, son casting resserré et ses décors immobiles donnent rapidement une ambiance propre au long-métrage, véritable cocon et parenthèse pour ceux qui sont devant autant que pour ceux qui sont dans l’écran. Finement écrit dans ses deux premières parties, un peu plus faible ou convenu dans son dernier tiers qui s’assume moins, Palm Springs est un bel objet scénaristique aux personnages efficaces, aux scènes dramatiques déchirantes ou aux moments comiques succulents, le tout sur une construction qui fait ressentir exactement ce qu’il faut au bon moment.

Naturellement, la force principale du film vient de son duo principal, leur alchimie et leur interaction. Nyles, incarné par le loufoque Andy Samberg (Brooklyn Nine-Nine), qui accepte sa condition et s’en accommode du mieux possible, et Sarah, interprétée par la pétillante mais trop rare Cristin Milioti (Le Loup de Wall Street), qui lutte sans résignation. À eux deux, ils forment un faux couple imparfait, plein de malice et friand d’humour noir, divisé ou complice et se renvoyant réplique cinglante sur réplique cinglante dans un jeu de ping-pong particulièrement agréable à suivre tout au long de l'aventure. Si Samberg ne change pas de registre par rapport à ses autres rôles et garde toujours les mêmes tics de jeu qui le caractérisent, entre humour déplacé, second degré et un joli lot de tendresse, Milioti trouve enfin une belle exposition et convainc pleinement dans ce rôle quelque peu désabusé, au caractère affirmé, affranchie des autres et indépendante. Ces deux personnages, très humains et qui débordent d’énergie, portent tout le film et c’est bien dans les échanges les plus sincères, intimes et authentiques, allant de la comédie pure au dramatique poignant, que Palm Springs brille le plus.

L'histoire débute donc le matin d’un mariage alors que Nyles, invité par alliance, se réveille et… c’est en réalité tout ce que le spectateur curieux doit savoir avant de découvrir Palm Springs. Même en connaissant le thème de la boucle temporelle, ce qui ne gâche en rien l’introduction réussie, le film est agrémenté de plusieurs surprises très agréables à découvrir au fur et à mesure. Il évite ainsi beaucoup d’écueils liés au genre, toujours grâce à son ton non moralisateur et à sa finesse d’écriture. Il balaye les questions évidentes, apporte les réponses qu’il faut et se focalise vite sur ses personnages. Le duo principal évidemment, mais aussi tout le petit monde gravitant autour, de la famille aux amis jusqu’aux inconnus qui, de facto, ne le sont plus. Sans sacrifier une seule fois l’importance accordée à Nyles et Sarah, les personnages secondaires disposent aussi de moments savoureux. Archétypes assumés ou clichés volontaires, de la copine écervelée (l’hilarante Meredith Hagner) au fiancé propret (l’étonnant Tyler Hoechlin). Mais le second rôle le plus surprenant est sans aucun doute tenu de main de maître par l’excellent J.K. Simmons (La La Land, Spider-Man), électron libre tout du long, assuré par le charisme impérial de l’acteur.

Pour sa toute première réalisation de long-métrage, Max Barbakow assure ainsi un film solide. Avec sa mise en scène qui ne cherche pas à trop en faire mais va à l’essentiel, il saisit les petits regards et les sourires en coin des personnages qui donnent de la vie à l'ensemble. Rien de forcément original ou transcendant à ce niveau-là, mais aidé par un bon casting, des décors chauds et des dialogues incisifs, le cinéaste livre un très bon premier opus, et s’offre même quelques plans particulièrement beaux. Là où Palm Springs surprend, c’est dans son discours, qui lorgne vers des thèmes philosophiques quand la question du bien et du mal est abordée. Si plus rien n’a de sens, que les conséquences n’existent plus, qu’est-il acceptable de faire ou de ne pas faire chaque (nouveau) jour ? Mais Palm Springs, et c’est tout à son honneur, n’a aucune prétention et ne cherche pas à paraître plus intelligent qu’il ne l’est. Le film pose des idées, confronte les personnages et laisse les spectateurs s’interroger d’eux-mêmes tout en gardant son aspect un peu cru.

Entre les plaines sauvages désertiques et les piscines au fond bleu, les chemises hawaïennes et les déguisements délirants, le soleil torride et le ciel sans nuage, Palm Springs fait tout pour entretenir son sentiment doux-amer, nostalgique d’un temps qui n’avance pas, d’une mélancolie statique. La musique, composée par Cornbread Compton, va d'ailleurs complètement dans ce sens avec une partition lancinante, synthétique, aux notes qui restent suspendues dans les airs et qui semblent ne vouloir jamais retomber.

Derrière sa simplicité volontaire, Palm Springs est donc un film qui marque et reste avec le spectateur. Son principal défaut réside en fait dans sa troisième partie, qui délaisse l’aspect original de l’ensemble pour tomber dans quelque chose de plus convenu. Pourtant même là, plusieurs scènes fonctionnent toujours (notamment un long échange entre Andy Samberg et J.K. Simmons, vraiment réussi) et offrent de belles interactions au sein du duo principal, tandis que toute une partie du film s’oriente elle vers quelque chose d’un peu plus cliché ou plus difficile à accepter. Rien qui ne gâche le film ou entache son capital sympathie, mais qui démontre peut-être d’une légère frilosité à aller encore plus loin dans les idées, ou assumer le concept jusqu’au bout pour en faire vraiment un objet unique. Reproche à légèrement nuancer puisque l'opus s'en moque un peu lui-même.

Film à ambiance, vu et revu dans son concept mais sincère et authentique dans son développement, Palm Springs s'affranchit de certains codes et séduit. Avec son casting efficace, ses dialogues percutants et sa bonne humeur communicative qui s'octroie des moments plus doux, il est de ces petits films qu'il est bon de voir et de conserver longtemps en tête !

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