Victoria's Home-Style Restaurant
Vue d'ensemble
Date d'ouverture :
Le 12 avril 1992
Autre(s) Nom(s) :
Victoria’s Home-Style Cooking
Type de restaurant :
Restauration rapide
Crédit Photos :
 

Le synopsis

Alors qu’ils déambulent le long d’Edison Avenue, les visiteurs atteignent une petite maison discrètement nichée parmi les façades colorées. En jetant un œil à travers ses portes ouvertes, ils peuvent vite remarquer le nombre de tables dressées à l’intérieur et percevoir les sons d’une cuisine en activité. La propriétaire des lieux, une adorable grand-mère nommée Victoria, ouvre son petit chez-elle aux voyageurs de passage et les invite à prendre place dans l’un de ses salons pour déguster les spécialités dont elle a le secret. Cuisine maison et petits plats préparés avec soin font de ce lieu un havre de paix pour celles et ceux qui recherchent un peu de tranquillité loin de l’agitation urbaine.

L'expérience

Les passants, en flânant le long des innombrables enseignes de Main Street qui rivalisent d’ingéniosité pour attirer l’œil d’un potentiel client, se voient proposer un grand choix d’établissements culinaires aptes à satisfaire leurs ventres affamés. Devant tous ces restaurants, il leur est même possible de se retrouver devant l’embarras du choix. Cependant, en continuant à avancer vers l’extrémité de la rue en direction de Central Plaza, ils atteignent un embranchement qui leur donne accès sur leur droite à Edison Avenue. Cette petite artère d'apparence plus modeste et plus tranquille s’étend sur une quarantaine de mètres, bordée au nord par un jardin et au sud par des façades colorées. Un panneau mis en lumière par quelques lampes à gaz indique au numéro 1216 la présence d’une demeure particulière, surmontée de balcons décorés de fleurs. Il s’agit là d’une pension de famille appartenant à une certaine Victoria, l’une des doyennes de la ville et l’un de ses plus fins cordons bleus.

Cette pension semble déjà occupée par quelques résidents puisqu’une fenêtre ouverte à l’étage laisse entendre l’un des hôtes se réveiller en baillant bruyamment. Manquant outrancièrement de discrétion, il commence sa toilette matinale en chantant faux et n’hésite pas à faire profiter le voisinage de ses gargarismes et des cris qu’il pousse lorsqu’il se brûle avec l’eau chaude.

Juste en-dessous de cette fenêtre, l’entrée de la maison est mise en évidence par une mosaïque formant le mot « Welcome » tandis que les vitraux ouvragés de la double-porte affichent les formules « Boarding House » et « Rooms to Let » (signifiant respectivement « Maison de pension » et « Chambres à louer »). Comprenant que ces invitations leur sont destinées, les visiteurs passent le seuil et pénètrent alors dans un élégant vestibule spacieux s’ouvrant sur quatre autres pièces. Ce hall d’entrée aux tons pastels se double d’une petite alcôve, avec entrée secondaire depuis l’extrémité nord-ouest de Discovery Arcade, dans laquelle un miroir équipé de portes-manteaux permet de déposer ses affaires. Victoria, grand-mère un tantinet excentrique, a ici laissé libre cours à ses envies en matière de décorations : des maximes sont brodées sur des toiles pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux pensionnaires, et des fils électriques à peine dissimulés courent le long des murs pour relier interrupteurs et lampes au plafond, témoignage s’il en est de la volonté de la propriétaire à adopter les plus récentes technologies, quitte à les exposer à la vue de tous.

Immédiatement face à l’entrée se trouve sa petite cuisine d’où émanent les effluves d’un repas en cours de préparation. Cette pièce dispose d’ustensiles et d’équipements somme toute assez traditionnels, non seulement un fourneau de fonte mais également un « pie safe », un meuble typiquement américain de type garde-manger servant à conserver les tartes et autres aliments hors de portée des insectes.

En avançant jusqu’au comptoir surmonté d’un moucharabieh aux motifs floraux, les visiteurs peuvent jeter un œil sur les spécialités proposées, le choix allant d’assortiments de pâtisseries à des milkshakes fait maison, le tout éventuellement agrémenté d’une tasse de thé ou d’un verre de vin. Une fois leur choix fait, il ne leur reste plus qu’à prendre place dans l’une des trois autres pièces qui s’ouvrent autour d’eux : le salon à l’ouest, le solarium au nord ou la salle à manger à l’est.

Le salon est une longue pièce chaleureuse éclairée par une série de fenêtres devant lesquelles sont alignées quelques tables. En entrant, les invités constatent qu’un petit orgue occupe le coin gauche près de la porte, très probablement pour égayer en musique les soirées passées en famille. Les livrets de partitions disposés dessus soulignent la diversité des goûts musicaux de Victoria, avec des titres romantiques tels que Take Me Back to the Garden of Love de Nat. Osborne, It’s the Pretty Things You Say de Ted Snyder, Waltz Me ‘Till I’m Weary, Dearie de Tom Sherman, ou d’autres plus patriotiques comme Lincoln Centennial Grand March d’E.T. Paull. La mélomane a même pris soin d’y afficher les portraits de ses compositeurs préférés tels que Mozart, Bach, Haendel, Beethoven, Liszt, Chopin, Verdi et Wagner.

Ce salon, qui est à l’évidence le cœur de la maison, est agréablement réchauffé par un poêle placé dans un coin au fond de la pièce, séchant par la même occasion les courtepointes et édredons suspendus au-dessus de lui. Sur un grand vaisselier en chêne sont disposés toutes sortes de souvenirs que Victoria a amassés pendant sa vie : des objets décoratifs en porcelaine, des verres colorés, des bougeoirs, un service à thé, un gong et même un symphonion, une petite boîte à musique jouant avec des disques d’acier échangeables.

Difficile également de ne pas remarquer la décoration des murs, comprenant notamment des assiettes et des plats de faïences, des portraits de famille, des gravures, des natures mortes et une carte retraçant le périple des pionniers mormons partis de Nauvoo dans l’Illinois pour atteindre le Grand Lac Salé en Utah.

S’ils préfèrent néanmoins un endroit plus sobre et plus lumineux, les convives peuvent opter pour une place dans le solarium. Cette pièce octogonale, particulièrement ouverte sur l’extérieur, possède cinq larges baies vitrées laissant pénétrer la lumière du soleil et permettant d’en faire l’endroit le plus éclairé de la maison. Contrairement au salon, la décoration est ici très légère, se limitant à quelques cages d’oiseaux suspendues au plafond, à des gravures et à de délicats objets de porcelaine placés sur des étagères.

Enfin, pour celles et ceux qui préfèrent un peu plus d’intimité, la salle à manger est le choix idéal. Cette petite pièce, dont les fenêtres donnent sur l’exposition permanente nommée Discovery Arcade, est en effet plus discrète que les autres et plus faiblement éclairée. Les gourmets peuvent s’installer à table face à une petite cheminée noire surmontée d’une pendule qui égrène tranquillement les heures de la journée. Le papier-peint, aux motifs floraux très prononcés, apporte énormément de couleur et se voit orné d’une vingtaine de photographies de famille encadrées dont certaines remontent à plusieurs générations. C’est en mangeant ici qu'il est possible de prendre toute la mesure de l’histoire familiale de l’hôtesse des lieux.

Et en prime, les amoureux des espaces extérieurs peuvent profiter de la terrasse ensoleillée située en face de la maison de l’autre côté d’Edison Avenue, qui rassemble une vingtaine de tables abritées par des parasols offrant une agréable vue sur les alentours.

La demeure de Victoria constitue ainsi l’une des meilleures adresses pour toute personne souhaitant se détendre et déguster des plats raffinés dans un cadre chaleureux et informel. De quoi rivaliser avec les plus grands établissements gastronomiques présents sur Main Street, U.S.A. !

La critique

rédigée par
Publiée le 08 juin 2019

Victoria’s Home-Style Cooking a ouvert ses portes le 12 avril 1992 avec le reste du Parc Euro Disneyland. Fruit de la conception de Main Street, U.S.A. et renforçant l’offre de restauration disponible à proximité de l’entrée, il a bénéficié d’une genèse particulière lorsqu’Eddie Sotto, à la tête de l’équipe d’Imaginieurs chargée de donner vie au Land, a fait en sorte de permettre aux visiteurs d’y vivre ce qui pourrait s’apparenter à un séjour chez leurs propres grands-parents, dans une petite ville aussi chaleureuse que ses habitants. Cette idée avait par ailleurs été mise en œuvre dès l’ouverture du Parc Disney-MGM Studios (aujourd’hui Disney’s Hollywood Studios) en 1989 avec le 50’s Prime-Time Café, où les visiteurs prennent place à table dans une atmosphère familiale se mêlant à la nostalgie des années 1950.

Bien que la façade de Victoria’s Home-Style Cooking ait été directement inspirée de celle de The Plaza Restaurant au Magic Kingdom de Walt Disney World Resort, l’espace intérieur s’en éloigne considérablement. Son décor quelque peu surchargé joue d'ailleurs un rôle primordial dans l’histoire racontée : c’est, en effet, à travers la disposition hétéroclite d’objets en tous genres, glanés pour la plupart aux États-Unis, que les Imaginieurs sont parvenus à évoquer l’excentricité de la propriétaire et ses nombreuses années de collecte d’artefacts et souvenirs.

Les pièces de la maison rassemblent donc des éléments d’époques très diverses pour montrer leurs différentes évolutions à travers le temps. Cet aspect narratif est également renforcé par les nombreuses photographies et portraits de famille remontant aux premières années de la nation américaine, ou encore par des détails plus discrets comme l’éclairage au gaz avec les lampes situées autour du panneau d’entrée et son recul face à l’éclairage électrique de plus en plus envahissant avec les fils qui courent le long des murs.

Un autre détail qui démarque ce lieu des autres restaurants de Main Street, U.S.A. relève de son utilisation extensive du papier-peint. Lors de la conception du Land, Eddie Sotto et son équipe se sont beaucoup appuyés sur l’usage de boiseries et de moulures pour en décorer les différents intérieurs, si bien que les services chargés de contrôler le budget ont fini par y mettre un terme. Pour remédier à ce problème, Sotto a alors demandé l’autorisation d’employer plutôt du papier-peint pour compléter les espaces encore inachevés. Comme il n’y a pas eu d’objections, il a pu bénéficier de toute la liberté qu’il souhaitait pour embellir les intérieurs de Main Street, U.S.A. avec ce matériau.

Dans le cas de Victoria’s Home-Style Cooking, le papier-peint reproduit avec exactitude certains motifs américains originaux. Par exemple, le plafond présente par endroits une allure inspirée des travaux de William Morris, architecte, dessinateur et fabricant textile britannique qui a fortement influencé les arts décoratifs au XIXème siècle. De la même manière, les différents vitraux sont autant de témoins de l’art du vitrail américain visible fréquemment dans ce type de maisons.

La douce atmosphère des lieux ne saurait être complète sans une ambiance musicale adéquate. Une sélection de classiques de la musique américaine traditionnelle, évoquant à la fois le sentiment patriotique et religieux du cœur du pays, mais également l’époque de la Guerre de Sécession, y est fait donc son ouvrage. Les oreilles attentives reconnaîtront entre autres Ashokan Farewell et Angel Band interprétés par Russ Barenberg (des morceaux issus du documentaire The Civil War réalisé par Ken Burns et diffusé en 1990), Old Time Religion, Lily of the Valley et I Have Decided to Follow Jesus interprétés par les Studio Musicians, Amazing Grace, Simple Gifts, Be Thou My Vision, The King of Love My Shepherd Is et Joyful, Joyful, We Adore Thee interprétés par Jack Jezzro, My Grandfather’s Clock, The Battle Cry of Freedom, Hard Times Come Again No More, My Old Kentucky Home, The Glendy Burke, The Saint Louis Tickle et When I Get Home interprétés par Ed Sweeney, My Robe Is New, Mother Ann’s Song, Hop Up and Jump Up, Square Check, When Cheer Fills the Hearts of My Friends, Come Dance and Sing, Quick Dance et Back Manner Tunes interprétés par William Coulter ou encore Beautiful Dreamer et I Dream of Jeannie With the Light Brown Hair.

Dès son ouverture le 12 avril 1992, le restaurant a vite gagné ce statut de petit havre tranquille et discret donnant sur Central Plaza. Une fois qu’ils s’y étaient confortablement installés, les visiteurs pouvaient paisiblement savourer les recettes faites maison comme les terrines de pâté, les quelques choix de viandes et de fruits de mer garnis de salade, ainsi que la tarte aux pommes tout juste sortie du four qui faisait la renommée du lieu. Cependant, au fil des années, le restaurant a peu à peu orienté son menu vers la préparation rapide de sandwichs, beignets, brownies et muffins, voire de pizzas, quiches et lasagnes, avant de se voir rebaptisé Victoria’s Home-Style Restaurant.

Le 11 juin 2018, une nouvelle offre saisonnière proposant un service bar a été inaugurée en remplacement du service de restauration rapide. Pâtisseries, vins, champagnes, thés glacés infusés sur place et milkshakes à la fraise, au chocolat, à la banane ou encore au Nutella agrémentent ainsi la chaude saison estivale. À l’inverse, des victuailles plus consistantes et revigorantes, comme des vins chauds et des gaufres sucrées ou salées à l’effigie de Mickey Mouse, sont réservées pour la saison hivernale.

Non content d’être l’un des lieux de restauration les plus uniques de Disneyland Paris avec son offre et son cadre très particuliers, Victoria’s Home-Style Restaurant est également l’un des quelques joyaux de Main Street, U.S.A. à ne pas avoir connu de profondes transformations depuis son ouverture. Aujourd’hui encore, en passant ses portes, les visiteurs y retrouvent tout ce qui faisait son charme à l’origine sans pour autant se trouver dans un site figé dans le temps. Souci du détail, immersion et tranquillité ; voici la promesse tenue, certes à petite échelle, de ce lieu de restauration enthousiasmant.

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