Date de création :
Le 15 mai 1928
Date de création officielle :
Le 18 novembre 1928
Nom Original :
Mickey Mouse
Créateur(s) :
Walt Disney
Ub Iwerks
Apparition :
Cinéma
BD
Télévision
Parcs
Jeux Vidéo
Voix Originale(s) :
Walt Disney (1928-1947)
Jimmy MacDonald (1948-1977)
Wayne Allwine (1977-2009)
Bret Iwan (Depuis 2009)
Chris Diamantopoulos (Depuis 2013)
Voix Française(s) :
Jacques Bodoin
Roger Carel
Marc François
Vincent Violette
Jean-Paul Audrain
Jean-François Kopf
Laurent Pasquier

Le portrait

Publié le 18 octobre 2018

Mickey Mouse est plus qu'un personnage iconique, c'est une légende. Sa popularité fulgurante permet, en effet, à son créateur Walt Disney de vivre son premier grand succès et de sortir de l'ombre. Au fil des années, il devient l'ambassadeur des studios puis de la multinationale, The Walt Disney Company. Présent sur tous les supports, il est connu dans le monde entier depuis des générations. Il devient même, malgré lui, le représentant de l'Amérique impérialiste et inspire ainsi des artistes qui le détournent pour mettre en avant ses formes ou dénoncer ce qu'il représente. Aucun autre personnage animé, même Bugs Bunny chez Warner, n'impactera autant le cinéma et la culture du 20ème siècle.

Une Naissance Légendaire

La naissance de Mickey Mouse a toujours été entourée d'une aura de légende. De nombreuses versions circulent, il est vrai, sur sa création, dont plusieurs de la bouche même de Walt Disney ou d'Ub Iwerks.

Walt Disney
Lillian Disney
Roy O.Disney

En février 1928, alors que la moitié des cartoons de la série Oswald, le Lapin Chanceux est déjà réalisée et que le succès du lapin va grandissant, Walt Disney rejoint New York en train, pour - pense-t-il alors - simplement renégocier son contrat avec son distributeur, Charles Mintz. Sa série remportant tous les suffrages, il espère, en effet, obtenir une rallonge notable sur le prix d'un film, l'imaginant passer de 2250 $ à 2500 $. Le rendez-vous avec le distributeur tourne malheureusement vite à la bérézina. Non seulement, ce dernier exige une baisse du coût par épisode mais annonce aussi avoir conclu, avec tous les animateurs clés, des contrats à son nom. Il a purement et simplement dépecé, à son profit, l'équipe de Walt Disney et sa capacité de production. Les animateurs, à deux exceptions prés, Les Clark et Ub Iwerks, n'ont fait preuve d'aucune loyauté et se sont "vendus" en secret au distributeur. Le papa d'Oswald déchu se rend vite à l'évidence. Il abandonne scandalisé toute ambition sur son lapin chanceux, rompt tout contact avec Charles Mintz et Universal, se limitant strictement à honorer son contrat initial et terminer la livraison des cartoons prévus. Walt Disney est désormais convaincu qu'il lui faut voler de ses propres ailes. Il quitte ainsi New York le 13 mars 1928 après avoir envoyé un télégramme à son frère Roy O.Disney lui indiquant que tout va bien et qu'il lui donnera des détails à son retour.


Télégramme de Walt Disney à son frère daté du 13 mars 1928

C'est ici que la légende commence. Walt Disney aurait en effet imaginé Mickey dans le train qui le ramenait à Hollywood après son entrevue houleuse à New York. Le Maître de l'animation en devenir est, à ce moment précis, aussi bien scandalisé qu'effondré et le voyage de retour vers la Californie, effectué en train avec sa femme Lillian, reste pour lui l'un de ses pires moments professionnels. Son studio était, il est vrai, désormais orphelin et son équipe, décimée même si elle comprenait toujours ses plus précieux piliers. Pourtant, le grand Walt conserve une foi inébranlable en ses capacités de rebonds. Cet épisode fâcheux n'est, en réalité, pas son premier et il a appris depuis longtemps que la réussite est tout sauf un long fleuve tranquille. Mieux, il tire de cette mésaventure une règle à laquelle il ne dérogera plus jamais. Il connaît désormais l'impérieuse nécessité de toujours garder pour soi la totale propriété de ses œuvres et d'en assurer, en permanence, un contrôle draconien. Walt Disney se trouve donc dans l'obligation absolue de trouver un nouveau héros pour relancer la machine et produire une nouvelle série de cartoons. Une souris anthropomorphisée lui apparaît bien vite comme la solution idéale puisque il n'en existait aucune autre ayant le rôle principal : les chiens, chats ou lapins lui étant toujours préférés... La légende veut également que le choix de se porter sur une souris viendrait du fait que Walt était parvenu, dans son ancien studio de Kansas City, à en apprivoiser un spécimen qu'il avait dénommé Mortimer, nom qu'il attribue dans la foulée à son nouveau personnage. Sa femme Lillian, n'adhérant pas au patronyme, jugé par trop solennel pour un animal de dessin animé, le rebaptise rapidement Mickey.


Les premières souris de Walt Disney

Le choix de faire de son personnage une souris n'est pas vraiment une surprise. La petite histoire sur la souris apprivoisée révèle en effet que Walt Disney éprouvait un certain attachement pour ces rongeurs. S'il est toutefois bien difficile de savoir si l'anecdote est véridique, il est aisé de retrouver des traces de ces petits animaux dans ses œuvres précédant la naissance de Mickey Mouse. De nombreuses souris parsèment, il est vrai, les cartoons des séries Alice Comedies et Oswald, Le Lapin Chanceux. Ce sont certes des personnages secondaires mais ils sont bien présents se permettant même d'apparaître dans les affiches publicitaires comme celles d'Alice the Peacemaker en 1924 ou de The Ol' Swimmin' Hole en 1928. De même, elles se remarquent dans les derniers épisodes des Alice Comedies et servent aux animateurs de Walt Disney de ban d'essai. Avec la disparition du chat Julius, de nombreux personnages secondaires font, il est vrai, leur apparition, et notamment, de précieuses souris qui voient leurs oreilles s'allonger au point de ressembler à des oreilles de lapins, une manière habile de s'entraîner à animer le bientôt-né Oswald ! Leur présence est particulièrement flagrante dans Alice the Whaler ou dans Alice in the Big League, tous les deux sortis en 1927.

Ub Iwerks
Les Clark
Wilfred Jackson

Walt Disney et sa femme rentrent donc à Hollywood le dimanche 18 mars 1928. Les témoignages de ce retour sont assez flous et plutôt contradictoires. Une réunion semble avoir eu lieu au domicile de Walt et de Lillian avec son frère Roy et l'animateur Ub Iwerks. La présence de Les Clark à cette réunion est parfois mentionnée. Il était important lors de ce brainstorming improvisé de trouver un nouveau personnage afin de planifier la succession d'Oswald. Impossible en effet d'attendre le lundi matin afin de le faire aux studios car les animateurs que Mintz avaient débauchés seraient toujours présents et pourraient écouter aux portes. C'est ainsi lors de ce meeting qu'a certainement eu lieu la naissance graphique de Mickey. Un feuillet, exposé au The Walt Disney Family Museum à San Francisco, propose d'ailleurs ce qui est présenté comme le Mickey N°1. Cette feuille est divisée en six rectangles et il peut s'y voir neuf souris. Deux dessins ressortent clairement du lot avec des traits appuyés. Deux dessins sont entourés au stylo bleu. Le dessin entouré au centre et parfaitement dessiné est donc devenu le Mickey tel qu'il apparaîtra dans son premier cartoon, L'Avion Fou : torse nu, sans chaussures, portant une culotte courte avec deux boutons. La paternité de ce dessin ne fait aucun doute et est attribuée à Ub Iwerks. Par contre, celui qui pose question est le Mickey en haut à gauche du feuillet, l'autre dessin clairement mis en valeur. Ce Mickey N°0 est, en effet, plus habillé avec un pantalon, des chaussures, une chemise blanche et un nœud papillon. Qui a pu avoir l'idée de cette version ? S'agit-il d'un croquis de Walt Disney réalisé dans le train de retour de New York ? Est-ce un dessin d'Ub Iwerks à partir d'un croquis de Walt ? Rien n'est sûr en l'espèce et il est impossible d'apposer une paternité précise à ce dessin même si certains spécialistes attribuent tous les dessins du feuillet à Ub Iwerks. Dans tous les cas, ce Mickey N°0 fait incroyablement penser à un personnage qui se serait appelé Mortimer... Cette version semble avoir été une base de travail puisque trois autres dessins moins aboutis s'en inspirent. Le feuillet présente également quatre têtes de Mickey, légèrement crayonnés. Enfin, il sera noté un neuvième dessin représentant le personnage qui deviendra Minnie Mouse.


Mickey N°1 (Cliquez sur l'image pour agrandir)

Walt Disney est tellement décidé à relancer - pour ne pas dire sauver - l'indépendance de son studio qu'il met en production le premier cartoon de "sa" souris alors même que les dernières aventures d'Oswald, encore sous contrat chez lui, sont, elles, en train d'être terminées par ses collaborateurs fraîchement débauchés par Charles Mintz. Ub Iwerks s'enferme, donc, secrètement dans son bureau et travaille seul sur le premier cartoon de Mickey. Il constitue d'ailleurs assurément le summum de sa carrière d'animateur. Il en a, il est vrai, assuré entièrement l'animation et ce, dans une période record de deux semaines seulement. Même s'il utilise la technique de la répétition et se résout à une grande pauvreté de la foule, Ub Iwerks réalise ici un véritable exploit puisqu'il signe un rendement journalier estimé à 700 dessins ! Début mai 1928, Walt Disney improvise un studio dans son garage pour monter le film et renoue avec les conditions dans lesquelles il avait réalisé sept ans plus tôt ses Laugh-O-Grams. Aidé de sa femme et de sa belle-sœur, il encre et peint les celluloïds qui sont transportées au studio, de nuit et dans le plus grand secret, afin de tourner le cartoon sur caméra, sans interférer avec la production, elle connue, des derniers courts-métrages d'Oswald. L'Avion Fou est ainsi bouclé à la mi-mai, presque en même temps que les ultimes aventures du lapin. Mais Walt Disney n'est pas encore au bout de ses peines. S'il est, en effet, prêt à offrir aux distributeurs un épisode de sa toute nouvelle série, aucun n'est intéressé par la première prestation de Mickey. Le premier cartoon de Mickey est diffusé, tout de même, de façon informelle le 15 mai 1928 dans une salle de Sunset Boulevard à Los Angeles. Comme il s'agit de la première projection publique d'un cartoon de Mickey, l'anniversaire du personnage peut donc être placé à cette date. Le 21 mai 1928, comme Walt Disney se l'était promis, il dépose le copyright du personnage Mickey Mouse et fait de même, le 26 mai, pour le cartoon en lui-même, L'Avion Fou. Avec ce geste, il change la manière d'aborder le métier en prenant le contre-pied de la profession. Fini le temps où le producteur ne sert que d'intermédiaire au distributeur qui contrôle et détient, lui, tous les droits des personnages et des œuvres elles-mêmes ! Walt Disney devient maître de son destin. Il sera bien vite suivi dans sa démarche par tous les producteurs de l'époque.


L'Avion Fou (1928)

Walt Disney peine en revanche à convaincre les distributeurs de la qualité de Mickey Mouse. Son deuxième cartoon, Mickey Gaucho, est aussi retoqué par les professionnels qui ont, purement et simplement, refusé de le présenter au public même s'il est diffusé, à la façon du premier, de façon informelle le 28 août 1929 à Los Angeles. Mais l'industrie du cinéma va fort heureusement connaître l'une des révolutions dont elle a le secret et indirectement donner au Maître de l'animation en devenir le coup de pouce qu'il lui manque alors. The Jazz Singer (1928) premier film parlant bouleverse, il est vrai, le tout Hollywood et remporte immédiatement un immense succès auprès du grand public. Walt Disney sait qu'il tient, là, la clé de son avenir. Il comprend, en effet, qu'il se doit d'intégrer le son à ses dessins animés. Il a conscience aussi qu'il lui faut dès lors trouver des trésors de soins et d'ingéniosité pour arriver à un résultat convaincant. Il décide donc de se consacrer à un cartoon spécialement créé pour être parlant. Une chose est claire : il devra regorger de personnages parfaitement synchrones avec une bande son correctement rythmée... Mais voilà... Personne dans l'équipe Disney n'a, à l'époque, la connaissance du solfège. Seul un jeune animateur fraîchement embauché, Wilfred Jackson, joue de l'harmonica. Il sait, en revanche, grâce à sa mère, professeur de musique, se servir d'un métronome. Il a ainsi l'heureuse idée de proposer cet instrument comme outil de synchronisation du rythme musical avec la succession d'images. Ce système sommaire et intuitif permet d'agencer musique et bruitages en décomposant les effets sonores tout en réinterprétant les chansons Turkey in the Straw et Steamboat Bill. Walt Disney se rend ensuite à New York pour rencontrer la société RCA qui propose un système sonore malheureusement trop cher et trop complexe pour ses petits studios. Fort heureusement, il fait, lors de la réunion, la connaissance de Pat Powers, un petit distributeur indépendant qui lui trouve le matériel nécessaire ainsi que la compétence pour enregistrer la bande son de son cartoon. Deux essais sont nécessaires pour arriver à un résultat satisfaisant après une rallonge budgétaire forçant Walt Disney à prodiguer les voix des personnages de Mickey et de Minnie. Au final, Willie, le Bateau à Vapeur est présenté au Colony Theater le 18 novembre 1928 en première partie de Gang War. Le cartoon - le tout premier de l'histoire du cinéma à avoir une bande son synchronisée et complexe - emporte, en moins d'une semaine, l'adhésion du grand public et des critiques. La carrière de Mickey est lancée : Walt Disney comme The Walt Disney Company ont donc par la suite toujours considéré la date d'anniversaire de la souris comme étant le jour de la première du tout premier dessin animé parlant de l'histoire du cinéma.


Willie, le Bateau à Vapeur (1928)

Des Caractéristiques Connues de Tous

Une des raisons du succès de Mickey est sans aucun doute son apparence reconnaissable entre toutes. Mais sa personnalité et sa voix ont aussi beaucoup apporté au personnage au fil du temps.

Le Design

Ub Iwerks, de loin, le meilleur animateur de l'époque, définit les premières caractéristiques physiques de la souris, même si Walt Disney a assurément aussi une grande influence dans son aspect final. Mickey a, en fait, une petit air d'Oswald avec un corps plus fin et des oreilles rondes. Il est construit à partir de deux grands cercles, un pour le tronc et l'autre pour la tête, complétés de deux autres, plus petits, pour les oreilles. Ses bras et jambes, en forme de tuyau d'arrosage, se terminent par des mains potelées et de grands pieds qui lui assurent la stabilité. Il possède des mains à quatre doigts dont un pouce. Enlever un doigt avait un sens artistique (cinq doigts étaient de trop pour une petite souris) mais également économique (car bien plus facile à animer). Il est également doté d'une longue et fine queue, d'un nez en forme de prune et de yeux ronds comme des boutons. Ses traits privilégient, en réalité, des formes circulaires bien plus faciles à animer à l'époque. L'une des caractéristiques du personnage est notamment que ses oreilles, peu importe sa position à l'écran, fassent toujours face aux spectateurs en pleins cercles. Leur forme va d'ailleurs vite devenir la marque de fabrique de Mickey et un signe distinctif facilement reconnaissable par le public.

Mickey est un personnage vivant, en cela qu'il ne va pas rester plongé dans la naphtaline et va évoluer au fil des époques et des technologies. Dès son deuxième cartoon, Mickey Gaucho, il gagne déjà une paire de chaussures. Dans son cinquième cartoon, L'Opéra en 1929, il commence à porter des gants. Le gant blanc a été rajouté afin de permettre de bien distinguer les doigts par rapport au reste du corps noir. Là aussi, le port de gant blanc va devenir une norme auprès des grands personnages animés, chez Disney bien-sûr (Dingo, Pat Hibulaire...) mais également chez la concurrence (Bugs Bunny, Woody Woodpecker...).  Dans The Karnival Kid, toujours en 1929, il prononce ses premiers mots "Hot dogs! Hot dogs!". Diffusé dans un premier temps en noir-et-blanc, la couleur du short de Mickey va évoluer au fur et à mesure des publications publicitaires que ce soit les posters, les dossiers de presse ou le marchandisage. Si celle-ci était principalement rouge avec deux boutons blancs, elle pouvait aussi être blanche avec des boutons rouges ou verte avec des boutons jaunes. Sa couleur se figera réellement au rouge en 1932 sous l'impact des sunday strips en couleur. Pour autant, un peu plus tard dans l'année, lors de sa première apparition en technicolor dans le cartoon promotionnel Parade des Nommés aux Oscars, Mickey verra la couleur de son short encore changer pour du vert à bouton blanc. Finalement, à partir de 1935 avec La Fanfare, les cartoons du personnage seront désormais uniquement en couleur et son short définitivement rouge.


Fred Moore

Ub Iwerks quittant les studios Disney en 1930, d'autres animateurs vont alors assumer la destinée graphique de Mickey. Durant la seconde moitié des années 30, l'un des plus talentueux animateurs assignés à la souris est sans contexte Fred Moore. En 1938, Walt Disney lui donne en effet la responsabilité de faire briller le personnage dans le court-métrage L'Apprentie Sorcier, qui deviendra une séquence du film concert Fantasia. Pour donner plus d'émotions à Mickey, il décide de faire évoluer son apparence sans en parler à son patron. Il ne lui dit rien jusqu'à lui montrer le résultat final en salle de projection. Walt Disney est conquis et s'exclame tout de go qu'il veut que désormais le héros soit toujours dépeint avec cette nouvelle apparence. Alors que Fantasia ne sortira finalement qu'en 1940, le cartoon de 1939 de Chien d'Arrêt, pensé à l'origine avec l'ancien design, se voit donc remodelé pour accueillir le "nouveau" Mickey. La souris gagne un corps un peu plus épais, voit ses jambes raccourcir un peu et sa tête grossir en proportion. Mais c'est surtout son visage qui évolue le plus permettant une plus grand palette d'émotions. Mickey voit ses yeux changer désormais, faits de ronds blancs avec des pupilles noires. Enfin, sa couleur de peau est retouchée également puisqu'elle passe du blanc à la couleur chair.


Mickey par Fred Moore en 1938
(Cliquez sur l'image pour agrandir)

La souris évoluera ensuite, pendant longtemps, extrêmement peu même si dans les années 40, il se voit de moins en moins affublé de son short rouge mais d'habits à la Monsieur tout le monde. Dans les années 50, son dessin se fait légèrement moins rond dans la mouvance de l'animation de l'époque. En réalité, il faudra attendre les années 2000 et 2010 pour que le personnage évolue de façon significative. En 2003, il a droit à sa première apparition en image de synthèse dans l'attraction Mickey's PhilharMagic au Magic Kingdom à Walt Disney World. Cette apparence numérique sera utilisée ensuite dans certains films vidéo ou séries télévisées. Mais le plus grand changement que subit Mickey depuis celui de Fred Moore est assurément dû à Paul Rudish pour sa série animée de 2013 diffusée sur Disney Channel. Afin de revenir à un design et une personnalité plus proches de ceux des années 20, Mickey devient, en effet, plus anguleux pour coller avec un état d'esprit qui retrouve l'espièglerie de ses débuts.

Mickey en 2013
Paul Rudish
La Personnalité

Encore plus important que son apparence, Mickey a une particularité qui est alors une véritable nouveauté dans le milieu de l'animation. Le futur ambassadeur de Disney dispose, en effet, d'une personnalité. Cet élément est sans aucun doute la contribution la plus durable de Walt Disney au succès de Mickey. Si l'apparence de la souris est à l'évidence due au talent d'Ub Iwerks, le contrôle par Walt Disney des situations dans lesquelles évolue le personnage lui ouvre la voie à une existence quasi-humaine. Le papa de Mickey a compris, avant tout le monde, que les "toons" se devaient de donner l'illusion de penser par eux-mêmes...

Comme son design, la personnalité de Mickey a beaucoup évolué au fil du temps. À ses débuts, la souris est aventurière, téméraire, aimant faire la fête, chanter et danser. Surtout, elle est fortement optimiste et volontaire. De plus, c'est un personnage venant plutôt de la campagne ; plusieurs de ses premières aventures s'y déroulant. En réalité, Mickey était le miroir de son époque : celui de la Grande Dépression des années 30, où la vie était dure pour beaucoup de gens et où l'Américain moyen, malgré les difficultés, gardait la tête haute et des ambitions de réussite intactes. Néanmoins, au fur et à mesure que sa popularité augmente, sa personnalité s'assagit. Il devient bien plus charitable, prévenant, gentil tout en gagnant un rôle de leader, en particulier dans son trio avec Dingo et Donald. Mais, plus il devenait le symbole des studios Disney et un modèle pour le public, en particulier les plus jeunes, plus les artistes avaient du mal à lui trouver des histoires drôles qui sortent de l'ordinaire.

Paradoxalement, son passage du noir-et-blanc à la couleur va accentuer son retrait par rapport à d'autres personnages moins linéaires. Son côté aventurier va disparaître des écrans pour se limiter à ses aventures papiers. À partir des années 40, ses escapades au cinéma vont ainsi se raréfier mais aussi changer de ton. Mickey passe du campagnard torse nu en culotte courte à l'Américain moyen vêtu d'un pantalon et d'une chemise, vivant en banlieue. La fin des ses aventures sur grand écran termine de le transformer en icône quasi intouchable. Il devient un symbole pour le public et une marque pour les studios : impossible dès lors de lui faire faire n'importe quoi. Seule la bande dessinée, et encore uniquement au format comics book, permet au personnage de Mickey d'avoir des aventures innovantes. Les années 80 le remettront en avant aux yeux du public qui l'avait un peu oublié. Avec son retour à la télévision à la fin des années 90, il est, en effet, redécouvert par une nouvelle génération. Il prend ici une dimension nouvelle : celui de la transmission de savoirs et de conseils aux touts petits. Désormais Mickey est considéré comme un héros gentil et attentionné, même s'il n'est pas à l'abri de maladresse. Par contre, il conserve, envers et contre tous, et depuis sa naissance, son côté joyeux et positif.

La Voix

Le dernier élément à finir d'asseoir les caractéristiques du personnage de Mickey est évidemment sa voix. Walt Disney avait doublé la souris au pied levé pour son premier dessin animé parlant, Willie, le Bateau à Vapeur. Au fil du temps, il va lui donner une voix de fausset, plutôt timide, et le rendre ainsi reconnaissable entre tous. Walt Disney éprouvera beaucoup de fierté de doubler son personnage fétiche durant des années. Jusqu'en 1946, c'est en effet lui qui sera responsable de la voix de Mickey. Il y aura tout de même quelques exceptions. Carl W. Stalling sera ainsi la première personne à faire prononcer des mots à Mickey dans The Karnival Kid, sûrement par facilité puisqu'il composait également la musique du court-métrage. Walt Disney reprendra ensuite sa tâche. Bien plus tard, en 1934, alors que le maître de l'animation est en voyage en Europe pour des vacances bien méritées, c'est Clarence Nash, le doubleur de Donald, qui prodigue la voix de la souris dans le cartoon Un Enlèvement de Chien. D'autres doubleront ensuite Mickey notamment J. Donald Wilson, Joe Twerp et John Hiestand dans l'émission de radio diffusée en 1938, The Mickey Mouse Theater of the Air. En 1946, Walt Disney reconnait enfin qu'il n'est plus en mesure de faire la voix de Mickey. Officiellement, car son emploi du temps devient incompatible avec un doublage régulier mais officieusement car, fumeur invétéré, sa propre voix s'était fatiguée avec le temps. Ses deux dernières prestations seront donc entendues en 1947 : le film Coquin de Printemps et le cartoon Rendez-vous Retardé. Walt Disney assumera tout de même la voix de Mickey pour l'émission Mickey Mouse Club en 1955.

Jimmy Macdonald
Wayne Allwine

Niveau vocal, Walt Disney est remplacé par Jimmy Macdonald, dit John James MacDonald. Embauché par les studios Disney en 1934, il est, quand son patron vient le trouver pour faire la voix du personnage iconique des studios, un employé du département Disney Sound Effects Department travaillant dans les effets sonores des films ainsi que sur certaines voix des personnages. Il est carrément adoubé par Walt Disney pour devenir la nouvelle voix officielle de la souris jusqu’en 1977 quelques années avant sa retraite en 1983. Il commence ainsi en 1946 sur certaines scènes de Coquin de Printemps puis doublera tous les cartoons restants, en commençant par Mickey, Pluto et l'Autruche en 1948 mais aussi diverses publicités et passages à la télévision. En 1977, il laisse lui-même sa place à un jeune apprenti de son équipe d'effets spéciaux : Wayne Allwine. Ce dernier fera ses débuts avec le personnage sur l'émission The New Mickey Mouse Club en 1977 puis au cinéma en 1983 dans Le Noël de Mickey. Il fera ensuite la voix de la souris aussi bien à la télévision qu'au cinéma, sur les films sortis directement en vidéo, les jeux vidéo ou dans les Parcs. Il meurt prématurément en 2009 alors qu'il venait finir de doubler en anglais le jeu, Kingdom Hearts: Birth by Sleep. Il est remplacé par Bret Iwan, notamment sur la série La Maison de Mickey. Alors que Bret Iwan est la nouvelle voix officielle de Mickey, Chris Diamantopoulos sera choisi pour le rôle de la souris sur la série Mickey Mouse pour Disney Channel ; toujours dans l'idée, avec son nouveau design, de rajeunir et de rendre plus espiègle le personnage.
En France également, Mickey aura droit à de nombreux doubleurs. Il peut être notamment cité Jacques Bodoin, Roger Carel, Marc François, Vincent Violette, Jean-Paul Audrain, Jean-François Kopf ou Laurent Pasquier.

Bret Iwan
Chris Diamantopoulos

Une Star de Cinéma

Mickey Mouse devient vite un personnage extrêmement populaire, principalement grâce au grand écran. La carrière au cinéma de la souris est, en effet, plutôt imposante avec près de 140 courts-métrages à son actif sans compter sa participation à une dizaine de longs-métrages, d'abord au cinéma puis directement en vidéo. Mais, même s'il reste le personnage le plus iconique de Disney, son passage à la couleur va étrangement le rendre de plus en plus rare dans les salles. Le plus gros de sa carrière cinématographique se fera ainsi avant 1940, sans l'empêcher toutefois d'apparaître dans des rôles emblématiques par la suite. Les studios Disney aiment, en effet, de temps à autre,s le reproposer en souvenir au public et à chaque fois Mickey brille au firmament.

1928 • 1935 : Les années noir-et-blanc

Bal de Campagne (1929)
When the Cat’s Away (1929)

Après la première projection de Willie, le Bateau à Vapeur, Walt Disney se voit proposer un contrat de distribution par l'homme d'affaires Pat Powers associé à Celebrity Productions. Le créateur de Mickey aurait assurément préféré signer avec un grand studio, mais ces derniers le snobent encore à l'époque. Il signe donc un "timide" contrat d'un an. L'Avion Fou et Mickey Gaucho sont ainsi sonorisés et ouvrent la voie à la mise en production d'autres cartoons dont le premier est Bal de Campagne qui sort le 14 mars 1929. Très vite, les courts-métrages s'enchaînent... Walt Disney décide, alors, de modifier quelque peu le processus de fabrication de ses cartoons et pose comme règle préalable à toute nouvelle production, l'enregistrement de la bande sonore avant la réalisation de l'animation. Sans le savoir, il fait faire au dessin animé un bond en avant. Les animateurs peuvent, en effet, travailler sur les images et arriver à un bien meilleur rythme et une excellente synchronisation. D'ailleurs, pour parfaire le résultat et gérer la partie musicale, Walt Disney embauche Carl Stalling, une vieille connaissance de Kansas City qui a, derrière lui, des années d'expérience dans l'accompagnement de films muets...

The Plow Boy (1929)
Les Folies de Mickey (1929)

De cartoon en cartoon, la mythologie de Mickey se met en place, même si comme tout nouveau personnage, des tâtonnements se font jour. Par exemple, dans le sixième cartoon, When the Cat’s Away, Mickey et Minnie voient leur échelle de grandeur changer. Alors qu'ils avaient jusqu'à maintenant la taille d'humain anthropomorphe, ils se retrouvent ici aussi grands que des... souris ! The Plow Boy commence, lui, à développer l'entourage de Mickey avec l'apparition des personnages d'Horace Horsecollar et Clarabelle Cow tandis que Pluto voit le jour un an plus tard dans Symphonie Enchaînée. Les Folies de Mickey permet, lui, d'entendre pour la première fois la chanson Minnie's Yoo Hoo, composée par Walt Disney et Carl Stalling, qui va devenir un temps un hymne de la série. Le 15 mai 1930, Qui s'y Frotte s'y Pique marque aussi la dernière fois où Ub Iwerks, son créateur graphique, animera Mickey.

Symphonie Enchaînée (1930)
Qui s'y Frotte s'y Pique (1930)

Le studio connaît, en effet, en 1930, une nouvelle crise de taille avec le départ d'Ub Iwerks et Carl Stalling. Le contrat de distribution qui lie Pat Powers à Walt Disney arrive, en fait, à son terme, et comme Charles Mintz avant lui, ce dernier sous-estime l'importance du grand Walt dans la réussite de l'entreprise de Mickey. Pat Powers pense ainsi qu'Ub Iwerks a autant, si ce n'est plus, de talent que son Maître et lui propose, en sous-main, de réaliser sa propre série de dessins animés. L'accord conclu, il s'empresse de contacter les frères Disney en leur proposant de déchirer le contrat qui les liait avec leur fidèle collaborateur. Walt et Roy refusent aussitôt si bien qu'Ub Iwerks, pris entre deux chaises, décide finalement de quitter de son propre chef les studios Disney pour rallier l'entreprise de Powers. Terrible erreur ! Il ne connaîtra, il est vrai, jamais le même succès qu'avec Disney et reviendra finalement en 1940 aux studios de Mickey mais seulement en tant que spécialiste caméra et effets-spéciaux. Un peu après le départ de l'animateur fétiche des studios, Carl Stalling quitte lui aussi le navire, apparemment persuadé que la bulle Disney allait éclater sans Iwerks. Imperturbables, les frères Disney signent alors un nouveau contrat avec Columbia Pictures. La popularité croissante de Mickey assure à leurs studios un succès grandissant. Fin 1930, Mickey est, il est vrai, devenu une célébrité internationale. Columbia Pictures, flairant le succès, met en place une distribution nationale des dessins animés Disney, allant même jusqu’à organiser une ressortie pour nombre d’entre eux. Il reste le distributeur des studios Disney jusqu'en 1932 avant d'être remplacé par United Artists puis à nouveau changé en 1937 par RKO Pictures.

Burt Gillett
Dave Hand
Ben Sharpsteen
Webb Smith

L'équipe du studio se consolide au fur et à mesure. De nouveaux artistes vont, en effet, prendre les rênes de la réalisation des cartoons de Mickey : Wilfred Jackson d'abord puis Burt Gillett jusqu'au milieu des années 30 mais aussi Dave Hand puis plus tard Ben Sharpsteen. C'est d'ailleurs, à cette époque, qu'un département attaché aux histoires et scénarios des films estampillés Disney est tout spécialement créé. Au tout début, les récits sont notés à la façon de bandes-dessinées sur un simple carnet. Bien vite, le nouveau service, par l'intermédiaire de Webb Smith, un dessinateur maison, commence à faire des dessins sommaires sur des feuilles de papier séparées, puis à les punaiser les unes après les autres sur un panneau. Cette technique de story board qui ne dit pas son nom permet ainsi au réalisateur d'avoir une vision globale du film sans avoir à passer par le stade coûteux de l'animation. Si des changements s'avèrent nécessaires, il suffit d'enlever des dessins ou d'en rajouter. De plus, elle offre à Walt Disney, pour son plus grand bonheur, la possibilité de s'impliquer totalement dans l'élaboration des scénarios et de demander à ses collaborateurs de se démener dans l'inventivité, même si, lui-même, ne dessine déjà plus...

Les Orphelins de Mickey (1931)
Mickey Père Noël (1932)

Mickey devient une véritable institution en seulement trois ans. Le succès est tel que le public va au cinéma pour voir le court-métrage d'animation de la première partie plutôt que le film à l'affiche. En 1931, il est un personnage suffisamment populaire pour que le magazine Time lui consacre un article de fond. Au fur et à mesure, Mickey devient un symbole national, et en tant que tel, est censé se comporter correctement en toutes circonstances. S'il lui arrive de commettre un écart, le studio est, alors, immédiatement inondé de lettres de parents en colère ou d'associations de vigilance, inquiets de l'influence de la souris sur l'éducation de la jeunesse américaine. Il est ainsi de plus en plus difficile de lui trouver des situations comiques qui ne froissent pas telle ou telle partie de l'opinion. Mickey se retrouve dès lors de plus en plus cantonné dans le rôle de l'honnête homme. Mais cette évolution n'érode pas encore le fondement de sa personnalité et ses films du milieu des années trente sont tous inventifs. Il peut être cité Les Orphelins de Mickey (1931), Mickey Père Noël (1932), The Mad Doctor (1933) ou Mickey Gulliver (1934) parmi certains courts-métrages qui sont devenus des classiques.

The Mad Doctor (1933)
Mickey Gulliver (1934)

Afin de palier à ses tracas de bonne réputation forcée, Mickey Mouse est vite entouré de personnages secondaires récurrents qui prennent de plus en plus de place. Minnie, sa fiancée, et Pluto, son fidèle chien, sont là depuis plusieurs années déjà. Par contre, Clarabelle, la vache, et Horace, le cheval, vont voir leur aura s'estomper au cinéma. Ils sont remplacés par deux personnages bien plus charismatiques. Les meilleurs amis de Mickey, Dingo et Donald, font ainsi leur entrée respectivement, pour le premier, en 1932 dans Mickey au Théâtre et pour le second, en 1934 dans le cartoon Une Petite Poule Avisée de la série Silly Symphonies. En 1934, Mickey Bienfaiteur voit Donald intégrer pour la première fois la série des Mickey Mouse tandis que Dingo adopte son nom américain, Goofy. Ce cartoon est également la première occasion de voir réuni le trio Mickey, Donald et Dingo !

Mickey au Théâtre (1932)
Mickey Bienfaiteur (1934)

Un fait est peu connu. La carrière de Mickey au cinéma dans les années 30 ne s'est pas limité aux courts-métrages. Les studios Disney ont, en effet, prêté leur personnage afin qu'il apparaissent dans plusieurs longs-métrages d'autres studios. Le premier d'entre eux est Voyage Autour du Monde diffusé le 12 décembre 1931 qui propose un documentaire sur les voyages de l'acteur Douglas Fairbanks. La séquence de Mickey dans Voyage Autour du Monde dure toutefois moins d'une minute ! Il s'agit d'une scène de danse qui se trouve dans la partie consacrée au Siam. Après une présentation d'une danse locale, Douglas Fairbanks annonce, il est vrai, qu'une grande star va s’y essayer. La seconde apparition de Mickey dans un long-métrage a lieu dans La Quarante Chevaux du Roi sorti le 4 novembre 1933. Le film comporte une séquence futuriste dans laquelle un extrait du cartoon de Mickey, Mickey au Moyen-Âge, s'invite sur un écran de télévision (un appareil alors totalement avant-gardiste à l'époque !). Cette collaboration reste toutefois quantité négligeable puisque Walt Disney ne fournit là aucun travail spécifique mais se contente de mettre à disposition indirecte l'une de ses œuvres, intégrée dans le long-métrage dont elle n'est qu'un simple artifice. L'ambition est toutefois tout autre pour sa troisième participation à un film dans Hollywood Party le 1er juin 1934. Mickey apparaît ainsi au milieu du film lorsqu'une invitée apeurée s'écrie : "Une souris ! Une souris !". Jimmy Durante, le maître de cérémonie du film, se porte à son secours et se retrouve, à sa grande surprise, devant le plus célèbre des rongeurs. Cette séquence d'interactions d'un personnage toon avec un acteur en chair et en os jouit d'une parfaite maîtrise technique. Walt Disney reprend là, en les améliorant, ses habitudes prises dans la série des Alice Comedies du milieu des années 20.

Voyage Autour du Monde (1931)
Hollywood Party (1934)
1935 • 1953 : Les années couleur

Curieusement, la star Mickey doit patienter jusqu'en 1935 pour avoir l'honneur de la couleur (le tout premier cartoon en couleur, issu de la série des Silly Symphonies, remontant lui à 1932). L'affront est néanmoins réparé en grandes pompes avec La Fanfare qui constitue donc la toute première fois où Mickey est proposé en couleur au cinéma pour le grand public. Avant cela, il avait, il est vrai, eu droit à une apparition en couleur dans le court-métrage commercial, Parade des Nominés aux Oscars, au cours duquel, entouré de ses ses amis, il présentait les nommés pour l'Oscar du Meilleur Acteur et de la Meilleure Actrice de l'édition de 1932 de la fameuse cérémonie. La Fanfare comporte également une anecdote lourde de sens : Donald y reprend, en effet, le thème joué par Mickey, Turkey un the Straw, dans Willie, le Bateau à Vapeur : il y a, dans cette décision symbolique, un passage de relai évident. Le canard perturbateur se substitue à Mickey en reprenant, à son compte, le rôle du semeur de désordre pour le studio.

Parade des Nominés aux Oscars (1932)
La Fanfare (1935)

En 1935, Mickey est déjà à un tournant de sa carrière et le passage à la couleur va bizarrement entamer le long déclin de sa postérité au cinéma. Le personnage a, il est vrai, bien évolué depuis sa naissance en 1928. Du petit espiègle toujours prêt à l'aventure, il est devenu l'icône d'un studio, gentil et droit, et surtout ultra attachant. De même, l'humour ne vient plus principalement de lui. Les artistes ont d’ailleurs de plus en plus de mal à trouver des gags avec Mickey et se focalisent désormais sur des personnages secondaires comme Dingo, Pluto ou le petit dernier, Donald, dont les succès sont couronnés par la mise en production de leurs propres séries. Plusieurs cartoons proposent aussi des aventures tournés autour du trio formé par Mickey, Donald et Dingo au sommet de leurs formes et de leurs drôleries, et notamment Nettoyeurs de PendulesLes Revenants Solitaires ou La Remorque de Mickey.

Les Revenants Solitaires (1937)
La Remorque de Mickey (1938)

Pour autant, Mickey seul ne démérite pas. Certaines de ses prestations "en solo" sont de véritables petits bijoux, à l'image de De l'Autre Côté du Miroir ou du (Le) Brave Petit Tailleur qui est, en fait, son dernier grand cartoon. L'animation de Mickey dans ce court-métrage est ainsi tout simplement superbe. Le personnage y est plus expressif, charmant et courageux que jamais ! En plus de sa superbe animation, le cartoon s'illustre également par ses décors tout simplement magnifiques que cela soit dans la boutique de Mickey, dans la salle du trône du Roi ou dans la campagne où se déroule l'affrontement avec le géant. Tout est en réalité somptueux dans ce dessin-animé. Un peu trop peut-être... Il coûte, à l'époque, tellement cher à réaliser qu'il fit dire à un Walt Disney, décidément bon gestionnaire : "Plus jamais cela !".

De l'Autre Côté du Miroir (1936)
Le Brave Petit Tailleur (1938)

Mickey va ensuite vivre un gros changement en 1939. Afin d'avoir un personnage plus expressif dans l'émotion, son évolution graphique est actée. La révélation est proposée au public le 21 juillet 1939 dans le cartoon Chien d'Arrêt, le deuxième et dernier cartoon officiel de la série Mickey Mouse pour l'année. À partir de 1940, la souris va, en effet, voir ses aventures de plus en plus s'espacer. Jusqu'en 1942, il aura droit ainsi à des épisodes tous les ans avant d'attendre cinq ans sans aucune sortie reprenant timidement en 1947 avec le cartoon Rendez-vous Retardé. Pendant cette période, même si les courts-métrages autour de lui sont assez limités, ils n'en demeurent pas moins de qualité comme Le Tourbillon en 1941 ou The Nifty Nineties en 1942.

Chien d'Arrêt (1939)
The Nifty Nineties (1942)

Un court-métrage révolutionnaire est alors mis en projet en guise d'apothéose de la carrière de Mickey : L'Apprentie Sorcier, adapté du morceau classique de Paul Dukas. Si le chef d'orchestre Leopold Stokowski est emballé par l'idée de mettre en image la composition du musicien français, il n'est pas convaincu par l'utilisation du personnage de Mickey trouvant qu'il était incapable de montrer assez d'émotion. Mais le changement de design de Mickey est justement là pour lui prouver le contraire. L'ambition était telle qu'il est vite décidé de le sortir dans un film d'anthologie avant-gardiste tournant autour de la musique classique : Fantasia. Il s'agit là donc du premier long-métrage produit pour Mickey par les studios Disney. Walt Disney veut, en effet, redorer le blason de sa souris, dont l'aura est plus ou moins éclipsée par celles de ses autres personnages. Il décide ainsi de le mettre à l'affiche d'un grand rôle qui marquera à jamais l'inconscient collectif de générations entières. Les puristes remarqueront sans mal que la scène où Mickey est à son apogée, est aussi celle où il ne dit mot ! La Star des studios Disney revêt en effet les traits d'un personnage de pantomime. Rendu terriblement attachant, la plus célèbre des souris rayonne de bout en bout et assoit définitivement son rang d'ambassadeur des studios du grand Walt. Mickey revient après cela dans un autre long-métrage en 1947 dans Coquin de Printemps où il est le héros de la séquence Mickey et le Haricot Magique, basé sur le conte Jack et le Haricot Magique.

Fantasia (1940)
Coquin de Printemps (1947)

Mickey apparaît également dans des cartoons de Pluto en tant que rôle secondaire. Il a ainsi pu être vu dans Pluto Majordome, Mickey et Pluto Golfeurs ou Tends la Patte, tous trois sortis en 1941, mais aussi dans Pluto et l'Armadillo en 1943 ou Les Locataires de Mickey en 1946. À partir de 1947, et particulièrement dans les années 50, il est assez difficile de voir la différence entre certains cartoons de la série Mickey Mouse et ceux de la série PlutoPlutopie et La Fête de Pluto, par exemple, mettent plus en avant le chien de Mickey plutôt que son maître alors que, pourtant, le premier est rangé dans la série Pluto tandis que le second est intégré à la série Mickey Mouse. Les artistes n'ont ,en fait, tellement plus d'idées à développer pour le personnage que la souris est reléguée en tant que personnage secondaire dans sa propre série ! Parfois, même Tic & Tac ont plus de présence que Mickey comme dans L'Arbre de Noël de Pluto en 1952.

Pluto et l'Armadillo (1943)
Plutopie (1951)

En 1953, le constat est implacable : les cartoons, produits sur une base régulière, ne sont absolument plus rentables. Walt Disney décide donc stopper toutes ses séries principales. Pluto s'est déjà arrêtée en 1951 avec Pluto, le Chat et la Dinde et Dingo s'éteint quelques mois plus tard avec Comment Dormir en Paix. Seule la série Donald a une espérance de vie plus longue, pendant un temps encore, avec aléatoirement des cartoons "Special".  Mickey à la Plage marque donc un tournant dans la carrière de Mickey : c’est effet sa dernière apparition régulière au cinéma. Il faudra ensuite attendre trente ans pour le voir revenir sur grand écran.

L'Arbre de Noël de Pluto (1952)
Mickey à la Plage (1953)
Depuis 1983 : Les années modernes

L'attente a été très longue mais 1983 marque enfin le retour de Mickey au cinéma avec le moyen-métrage Le Noël de Mickey. Cette adaptation d'un classique de la littérature anglaise signé du célèbre écrivain Charles Dickens, Un Chant de Noël, est une véritable pépite devenu au fil du temps une oeuvre culte. Il est vrai qu'elle réunit tout le savoir-faire Disney et offre à Mickey l'autre rôle mythique de sa carrière, après celui de Fantasia. Le charme et l'émotion y sont omniprésents tandis que les personnages explosent littéralement leur capital sympathie. Les fans saluent, quant à eux, la réunion de toutes "leurs stars" dans des conditions optimales et notamment Picsou choisi pour le rôle d'Ebenezer Scrooge.


Le Noël de Mickey (1983)

L'apparition suivante de Mickey au cinéma se fait en 1988 dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit. Son rôle est anecdotique mais éminemment symbolique. Le film se déroule en 1947 et raconte, en effet, l'histoire d'un toon, Roger Rabbit, qui vient de se faire accuser du meurtre d'un humain : le propriétaire de Toonville. Le détective Eddie Valiant enquête alors dans la ville animée afin de confondre le vrai meurtrier. À un moment du film, il tombe d'un immeuble et durant sa chute, croise Mickey Mouse et Bugs Bunny qui lui proposent de lui venir en aide. Mais comme partout dans la ville, ils réagissent de façon totalement loufoque. L'intérêt de la scène est de voir les deux stars de Disney et de Warner dans la même séquence. Les plus observateurs remarqueront qu'ils sont apparus à l'écran durant la même durée et en même temps ; ceci afin de ne pas créer une hiérarchie d'importance entre les deux personnages iconiques. Mickey, apparaîtra en suite de nouveau en caméo, dans un autre long-métrage en 1995 au sein de Dingo et Max où il peut être vu brièvement en train de faire du stop avec Donald.

Qui Veut la Peau de Roger Rabbit (1988)
Dingo et Max (1995)

En 1990, Le Prince et le Pauvre marque, une fois encore, le retour sur grand écran de Mickey, sept ans après Le Noël de Mickey en 1983. Comme son prédécesseur, il s’agit d’un moyen-métrage de 25 minutes qui dispose du temps nécessaire pour développer son histoire, basée sur le fameux roman de Mark Twain tout en servant à merveille ses personnages. Il permet en effet de mettre en avant non pas un mais deux Mickey. Il y a d’abord le vrai Mickey Mouse qui est la souris que tout le monde connaît et qui joue le rôle du pauvre. Il y a aussi le prince, qui a la même apparence, mais qui est à la fois plus turbulent, plus espiègle tout en ayant plus de prestance et de noblesse.  Avec sa magnifique animation et ses superbe décors, le cartoon est devenu au fil du temps, un classique comme son illustre prédécesseur.


Le Prince et le Pauvre (1990)

Cinq ans plus tard, Mickey revient au cinéma, mais cette fois, au format court-métrage qu'il n'avait pas connu depuis plus de quarante ans. Dans Mickey Perd la Tête, le personnage retrouve, il est vrai, ses traits de caractère de son tout début de carrière (espiègle, aventurier et téméraire...) tout en s'ancrant clairement dans les années 90. Mickey joue, par exemple, à la console de jeu tandis que les décors, le sens du rythme, le mouvement de caméra sont complètement contemporains ! Pour autant, le cartoon est un vibrant hommage à ses aventures noir-et-blanc et en particulier à toutes ses parodies horrifiques comme The Mad Doctor en 1933. Ici, le mélange entre Frankenstein et King Kong est tout simplement jubilatoire même si l'apparence de Mickey en monstre fou peut déstabiliser le jeune public ne connaissant pas le personnage d'antan.


Mickey Perd la Tête (1995)

Mickey revient ensuite dans un long-métrage pour fêter le nouveau millénaire avec Fantasia 2000. Le film, porté par le neveu de Walt Disney, Roy Edward Disney, concrétise une ambition voulue par le Maître de l'Animation : proposer une suite à Fantasia qui mélangerait des anciennes séquences et des nouvelles, toujours portée autour de la musique classique. Finalement, seul L'Apprenti Sorcier est repris de l'ancien film. Par contre, une nouvelle scène avec une animation inédite de Mickey est proposée à la fin du morceau afin d'introduire la séquence suivante. Mickey vient, en effet, féliciter James Levine puis lui demande de faire patienter le public en attendant qu'il trouve Donald. La scène est encore un joli tour de force technique avec un Mickey en animation qui repositionne le nœud papillon en prises de vue réelle du chef d'orchestre. L'opus offre aussi l'occasion de voir le personnage évoluer pour la première fois au format IMAX.


Fantasia 2000 (2000)

En 2013, Mickey revient au cinéma après plus dix ans d'absence dans un court-métrage à nul autre pareil : À Cheval !. Le cartoon est tout à la fois un hommage vintage avec son animation traditionnelle en noir-et-blanc, une prouesse technique en mélangeant animation à plat avec celle assistée par ordinateur en volume et en couleur, un retour aux sources en réutilisant des dialogues de Walt Disney lui-même et une expérience bluffante en permettant aux personnages de sortir de l'écran grâce à une utilisation bluffante de la 3-D. Chacun trouvera donc son compte dans ce court-métrage qui utilise à fond les prouesses de toutes les technologies. Certaines scènes sont ainsi extraordinaires notamment celle de la grande course-poursuite sous forme de farandole où les personnages crèvent littéralement l'écran en passant du dessin au CGI et de deux à trois dimensions.


À Cheval ! (2013)

En dehors du cinéma, Mickey apparaît également dans un certain nombre de longs-métrages sortis directement en vidéo. Le premier d’entre eux est Mickey, Il Était Une Fois Noël en 1999 où, dans l'une des séquences, il veut faire le plus beau cadeau de Noël à la belle Minnie. Il est enrolé ensuite deux fois dans des films dérivés de la série Disney’s Tous en Boite : Mickey, la Magie de Noël (2001) et Mickey, le Club des Méchants (2002). Enfin, en 2004, il est présent dans deux longs-métrages, chacun avec leur importance. Le premier, Mickey, Donald, Dingo - Les Trois Mousquetaires, voit le trio de héros se reformer à nouveau dans cette libre adaptation du classique d’Alexandre Dumas qui constitue l'un des meilleurs films de DisneyToon Studios. Le second, Mickey, Il Était Deux Fois Noël, est moins réussi mais présente la particularité de proposer l'une des toutes premières apparitions du personnage en animation assistée par ordinateur. Mickey y truste deux des cinq séquences dont une spécialement centrée sur lui.

Mickey, Donald, Dingo
Les Trois Mousquetaires (2004)
Mickey, Il Était Deux Fois Noël
(2004)

Une Vedette de Télévision

Au moment où sa carrière s'éteint au cinéma, Mickey devient une vedette de télévision au cours des années 50 avant qu'il ne tombe dans l'oubli du petit écran pendant près de 20 ans, du moins sur le critère de l'animation inédite, avant de faire son retour, petit à petit, à la fin des années 80. Mais c'est réellement à partir de la fin des années 90 et surtout avec les années 2000, que le personnage se replace durablement dans le cœur des jeunes téléspectateurs.

The Fourth Anniversary Show (1957)
Four Tales on a Mouse (1958)

Walt Disney s’essaie donc au média télévision dès 1950 en prenant les rênes d’une émission spéciale : One Hour in Wonderland. Le show possède déjà tous les ingrédients qui feront, pendant des années, la renommée de ses programmes hebdomadaires. Une deuxième tentative avec The Walt Disney Christmas Show finit de le convaincre de l’intérêt pour sa compagnie toute entière d’une présence récurrente sur le petit écran. Dans cet esprit, Walt Disney accepte de collaborer sur la durée avec la chaîne ABC en produisant, pour elle, dès 1954, plusieurs émissions dont le sujet central est son parc à thèmes, Disneyland. En bon maître de cérémonie (et véritable VRP !), il enchante ainsi l'Amérique chaque semaine dans un show qui traite sans détour des quatre « lands » du resort naissant. Fantasyland décortique alors l'univers des films d'animation et cartoons ; Adventureland sert de base aux documentaires animaliers ou géographiques (True-Life Adventures, People and Places) ; Tomorrowland explore le futur et l'espace tandis que Frontierland présente des séries "western" dont le fameux Davy Crockett. Ces émissions d'anthologie changeront de nom ou de chaîne au fil des années passant de Disneyland à Walt Disney Presents ou Walt Disney's Wonderful World of Color mais garderont toujours le même principe.
Bizarrement, Mickey est l'un des personnages à avoir eu le moins de compilations centrées sur lui à la différence de Dingo et de Donald. Il est tout de même à l'honneur dans The Disneyland Story (1954), A Further Report from Disneyland / A Tribute to Mickey Mouse (1955), Adventures of Mickey Mouse (1955) et Four Tales on a Mouse (1958). Il apparaît aussi dans d'autres épisodes non centrés sur lui comme On Vacation (1956), The Fourth Anniversary Show (1957), From All of Us to All of You (1958) et Donald, Vedette de Télévision (1960). Il faudra attendre ensuite la mort de Walt Disney et son quarantième anniversaire pour le revoir mis en avant dans l'émission d'anthologie dans The Mickey Mouse Anniversary Show (1968).


Mickey Mouse Club (1955)

Mais c'est une autre émission qui va finir d'asseoir la popularité du personnage auprès de la génération américaine des années 50. Parallèlement à l'émission d'anthologie, Disney produit, en effet, pour la chaîne ABC, du 3 octobre 1955 et ce jusqu'au 25 septembre 1959, une émission, portant le titre de Mickey Mouse Club, d'une durée d'une heure, du lundi au vendredi, présentant 24 talentueux enfants. Surnommés les "mouseketeers", ces enfants, triés sur le volet, font des claquettes, jouent de la musique et introduisent les invités, séries et autres cartoons, sous la direction de deux adultes, Jimmie Dodd et Roy Williams. Ils portent chacun les Mickey Mouse Ears, les fameux couvre-chefs en forme d'oreille de Mickey qui ont été créés spécialement pour l'émission, et qui sont encore aujourd'hui extrêmement populaires en merchandising, notamment dans les différents Parcs Disney du monde. Nombreux de ces "mouseketeers" (Annette, Tommy, Darlene, Lonnie, Sharaon, Sherry, Doreen, Bobby, Cubby, Karen, Dennis ou Cheryl) connaissent d'ailleurs instantanément la célébrité. Sur le plan du contenu, Mickey Mouse Club dispose d'une mécanique, à l'américaine, très bien huilée. L'émission présente ainsi chaque jour un thème spécifique. Le lundi : la musique, le mardi : l'invité spécial, le mercredi : la spontanéité, le jeudi : le cirque et, enfin, le vendredi : le talent. L'émission propose également des séries inédites comme Spin & Marty, The Hardy Boys, Annette ou Adventure in Dairyland. Les "news" permettent quant à elles de présenter aux petits américains les us et coutumes des enfants du monde entier tandis que des séries d'animation spécialement créées pour le show (I'm No Fool présenté par Jiminy Crickett) tentent d'instruire en distrayant. Tout ceci fait que l'émission pour enfant est devenu, sans doute à jamais, la plus populaire de la télé outre-Atlantique.

Fun With Music Day
Guest Star Day
Anything Can Happen Day

Bien que Mickey Mouse Club soit principalement en prises de vues réelles, elle met pour autant le personnage de Mickey en avant en proposant quelques animations inédites ; Walt Disney reprenant d'ailleurs spécialement le doublage de la souris pour l'occasion. Chaque show commence ainsi avec une séquence d'ouverture totalement animée où Mickey introduit le thème du jour. Il y est déguisé pour bien illustrer de quoi parle l'épisode de la semaine. Ainsi, le lundi il est endimanché à la façon de la fin du XIXème siècle pour le "Fun With Music Day" ; le mardi il est en smoking jouant du piano pour le "Guest Star Day" ; le mercredi il reprend sa toge de L'Apprentie Sorcier dans Fantasia pour "Anything Can Happen Day" ; le jeudi il est le Monsieur Loyal du "Circus Day" ; enfin, le vendredi c'est en cowboy qu'il présente le "Talent Round-up Day". Un peu plus loin dans l'épisode, il peut apparaître aussi une autre fois en animation, habillé en journaliste tenant une caméra, pour lancer le "Mickey Mouse Club Newsreel". Il est également impossible de ne pas parler du générique annonçant le début de l'émission dont le refrain "M-I-C", "K-E-Y", "M-O-U-S-E" est désormais ancré dans l'inconscient collectif de millions d'américains. L'entêtante chanson Mickey Mouse Club March, composée par le présentateur de l'émission Jimmie Dodd, est en plus illustrée par une animation reprenant tous les personnages populaires Disney de l'époque célébrant le leader du club : Mickey Mouse. Walt Disney savait décidément comment scotcher son audience dès la première minute de son programme.

Circus Day
Talent Round-up Day
Mickey Mouse Club Newsreel

Mickey Mouse Club renaît par deux fois : une première sur NBC de 1977 à 1979 dans une vision très proche de celle des années 50 mais désormais en couleur ; une deuxième fois sur Disney Channel de 1989 à 1995 dans un concept assez éloigné mais qui verra aussi éclore des futures stars comme Christina Aguilera, Justin Timberlake, Ryan Gosling ou Britney Spears. Dans ces deux cas, aucune animation supplémentaire du personnage de Mickey Mouse n'est créée ; les émissions ne faisant que porter son nom. Le procédé sera repris avec d'autres émissions comme The Mouse Factory diffusée en syndication en 1972. Le programme consiste alors à utiliser des scènes de cartoons Disney pour alimenter un thème hebdomadaire. Chaque épisode est ainsi présenté par un invité connu (Don Knotts, Kurt Russel...) qui interagit avec des personnages en costume de Disneyland avant de lancer les extraits animés. Un autre exemple est Good Morning, Mickey !, l'une des premières émissions de Disney Channel  au moment de la création de la chaîne en 1983. Il ne s'agissait alors que d'une compilation de cartoons proposée à l'ouverture d'antenne. Enfin, le nom de la souris a été aussi utilisé pour des émissions en dehors des États-Unis. Il peut être cité, par exemple, le programme français Salut les Mickey, diffusée du 11 octobre 1983 au 24 décembre 1984 sur TF1. Lointain cousin du Mickey Mouse Club, l'émission est présentée par une troupe de comédiens, danseurs et chanteurs appelés les Mickey. Entre deux sketchs avec les invités du jour, alternent des chansons et des dessins animés issus du catalogue des studios Disney, cartoons ou extraits de longs métrages.

The Mouse Factory (1977)
Good Morning, Mickey ! (1983)
Salut les Mickey (1983)
Mickey Mouse Club (1989)

En 1984, une nouvelle équipe de dirigeants, intronisant à sa tête Michael Eisner, entreprend de réveiller la belle endormie qu'est la compagnie Disney. Le nouveau PDG reprend ainsi toute l'organisation de la firme et dynamise sa stratégie en revenant aux fondamentaux. Le succès du film Qui Veut la Peau de Roger Rabbit lui donne ainsi l'idée de remettre en avant Mickey à la télévision à travers quelques émissions spéciales où le personnage interagira avec des acteurs ou des personnalités en prises de vues réelles. Mickey apparaît, par exemple, dans l'émission de 1987, Funny, You Don't Look 200 : A Constitutional Vaudeville, qui revient sur les 200 ans de la Constitution Américaine. Un an plus tard, il est l'invité d'un programme qui fête dignement ses 60 ans : Mickey's 60th Birthday. Un autre exemple frappant est assurément l'émission de 1991, The Best of Disney : 50 Years of Disney Magic, où avec Michael Eisner il rend hommage aux oeuvres et aux artistes des Walt Disney Studios pour célébrer leurs 50 ans.

Funny, You Don't Look 200 : A
Constitutional Vaudeville (1987)
Mickey's 60th Birthday
(1988)
The Best of Disney : 50 Years
of Disney Magic (1991)

Les années 90 vont voir l'avènement de séries d'animation de qualité via la filiale Disney Television Animation. Le studio de télévision va, en effet, puiser dans le catalogue des personnages classiques pour y trouver des sujets à ses séries : Picsou (La Bande à Picsou), Tic & Tac (Tic & Tac - Rangers du Risque), Dingo (La Bande à Dingo) ou Donald (Couacs en Vrac). Bizarrement, Mickey va attendre plus d'une décennie pour enfin avoir droit à une série à son nom. L'affront est, il est vrai, réparé en 1999 grâce à Mickey Mania. Il faut dire que l'absence d'aventures inédites de la star du studio Disney fait pâlir son aura auprès de la nouvelle génération. Le concept de la série est donc celui d'une anthologie de courts-métrages plus ou moins longs allant de 2 minutes à 12 minutes en passant par une durée normale de 7 minutes. Chacune des séquences est totalement inédite et propose des aventures séparées ou groupées de plusieurs personnages tournant autour de l'univers de Mickey et de ses amis. Tous les cartoons sont ensuite montés les uns à la suite des autres pour former un ensemble d'une durée de 20 minutes. Au total, 30 épisodes sont agglomérés bien que seulement 25 possèdent, en réalité, de la matière inédite ; les cinq autres étant des rediffusions de ces cartoons "nouvelle génération" mais déjà diffusés au préalablement.


Mickey Mania (1999)

Mickey Mania est remplacée par Disney's Tous en Boîte à partir de 2001 et ceci durant 52 épisodes étalés sur 4 saisons. Il s'agit en réalité d'une évolution de la série précédente dont l'un des reproches était de lancer ses cartoons sans transition. La nouvelle série change donc la donne et offre des introductions inédites tout en rediffusant la plupart des courts-métrages de l'ancienne série ainsi que quelques-uns produits mais non diffusés. Mickey y est désormais le gérant d'un club où tous les personnages animés de Disney viennent passer leur samedi. Il est aidé dans sa tâche par tous ses acolytes historiques (Minnie, Donald, Daisy, Dingo, Pluto...) et doit aussi gérer les velléités de Pat Hibulaire. Chaque épisode a, dans ce cadre, un thème précis : il peut tourner autour d'un personnage unique, être dédié à une période festive de l'année (Noël, Halloween, la Saint-Valentin) ou insister de façon amusante sur un défaut ou un trait de caractère (le goût pour les commérages, la jalousie, l'inattention...). Cette construction des épisodes amène assurément beaucoup de rythmes et d'entrain au programme ; le téléspectateur s'attachant de la sorte, autant aux cartoons qu'aux petites scènes interludes.


Disney's Tous en Boîte (2001)

Mais la série qui va réellement replacer le personnage de Mickey dans le cœur de toute une génération de bambins, et de leurs parents, est clairement La Maison de Mickey. Réservée aux plus jeunes des téléspectateurs, sa diffusion a été la plus longue de toute l’histoire de la filiale Disney de productions animées télévisées puisqu’elle s’étale sur plus de dix ans, de 2006 à 2016, comprenant 4 saisons de 114 épisodes au total en plus de 11 téléfilms. Conçue en animation 3D, elle est étonnement très qualitative. Les scénarios, tout d'abord, exclusivement à destination des tout-petits, sont soignés et divertissants. Leur interactivité permanente fait, il est vrai, des merveilles tant le contact entre Mickey et l'auditoire semble réel. La plus célèbre des souris pose, en effet, des questions et tend l'oreille pour chaque réponse. Le bambin crée ainsi "sa" relation personnelle avec Mickey. Les énigmes prennent alors mille déclinaisons et, toujours ludiques, invitent l'enfant à s'ouvrir à la richesse des formes, couleurs, animaux, lettres, mots, chiffres et nombres... Une série dérivée d'épisodes courts, La Boutique de Minnie, a été également proposée de 2011 à 2016 et propose quelques apparitions de Mickey.


La Maison de Mickey (2006)

En 2013, Disney Television Animation apporte un vent de fraîcheur bienvenue aux personnages avec la série Mickey Mouse. Si La Maison de Mickey avait réconcilié les très jeunes téléspectateurs de Disney Junior avec la souris, la nouvelle série ambitionne, elle, de le faire pour les plus grands et leurs parents en la diffusant sur Disney Channel. À la fois ambitieuse et déjantée, elle allie une modernité dans le design et dans le comportement des personnages tout en montrant un profond respect nostalgique via de nombreux clins d'oeil au patrimoine Disney. Drôle, imaginative, irrévérencieuse, rythmée, apportant un bel hommage à destination des fans, la série est un véritable régal, n'en déplaise aux puristes rigoristes qui, ayant une vision séculaire de Mickey, se trompent assurément de combat ! Car, il est dans l’essence même de Mickey (et selon la volonté de Walt Disney lui-même !) de ne jamais tomber - durablement - dans la naphtaline : cette série est donc un sursaut salutaire et un pari réussi !


Mickey Mouse (2013)

2017 voit l'arrivée de la nouvelle série animée en 3D, héritière de La Maison de Mickey, pour Disney Junior : Mickey et ses Amis : Top Départ !. Mickey et ses amis s'affrontent dans des courses automobiles endiablées tout autour du monde leur permettant ainsi de découvrir de nombreux pays. L'animation, les décors, les personnages secondaires ont tous été ici étoffés. L'âge du public visé est légèrement plus élevé puisqu'il ne s'agit plus d'une série éducative mais d'épisodes de divertissement pur, même si la morale reste toujours présente. L'autre différence est que les épisodes comprennent deux histoires de 11 minutes chacun : l'un à destination des garçons avec les courses de Mickey et ses amis ; l'autre plutôt vers les filles avec les aventures de Minnie et Daisy en coulisses. Enfin, comme pour La Maison de Mickey, la série Mickey et ses Amis : Top Départ ! a droit à une une série courte dérivée basée sur les personnages de Tic & TacChip ‘N’ Dale Nutty Tales, où Mickey fait aussi des apparitions.


Mickey et ses Amis : Top Départ ! (2017)

Un Héros de Comics

Si Mickey est né puis est devenu populaire grâce au cinéma, l'autre médium qui a eu une importance primordiale dans la légende de la souris est clairement la bande dessinée. Ses premières aventures papiers se déroulent ainsi dans les journaux deux ans seulement après sa création. Son aura est telle que des publications sont, en effet, créées à son nom dès les années 30 tandis que les premiers comics book américains arrivent eux dans les années 40. Des auteurs américains et internationaux de renom se penchent alors sur le berceau des aventures de Mickey développant ainsi son univers.

Les Comics Strips

Les aventures de Mickey sur papier commence donc dans la presse quotidienne ; d'abord en noir-et-blanc pour des strips journaliers puis en couleur dans les strips dominicaux.

Floyd Gottfredson
Manuel Gonzales

Les premières idées de la création de comics strips remontent en réalité précisément à juin 1929. Walt Disney songe, il est vrai, à proposer des aventures en bandes dessinées de sa souris alors naissante. Mais un obstacle se dresse devant lui car, pour convaincre les syndicats de presse, il faut d'abord fournir un exemple en proposant un échantillon. Finalement, succès aidant, c'est la presse qui vient directement solliciter ses studios via la lettre de Joseph Connolly, le président de King Features Syndicate, une société s'occupant de la distribution des journaux aux États-Unis. Il écrit directement à Ub Iwerks le 24 juillet pour lui demander s'il a l'intention de retranscrire en bandes dessinées ses cartoons qu'il trouve si drôles et si vivants. Très vite, il est donc décidé d'accepter la proposition : la mise en chantier d'un strip quotidien se met en place avec Iwerks au dessin et Walt Disney au scénario. Mais les échantillons prennent du retard et ne sont finalement envoyés que le 18 novembre 1929. King Features Syndicate est enchanté et programme le lancement au 13 janvier 1930 soutenu par un grande campagne de presse. La première histoire sera Perdu sur une Île Déserte qui se base beaucoup sur les cartoons cinéma et constitue principalement une succession de gags. Patatras ! Ub Iwerks quitte les studios Disney en janvier 1930. Ni une, ni deux, le dessin est alors confié à Win Smith. Dès mars 1930, King Features Syndicate demande à Walt Disney de faire évoluer les histoires afin de créer une grande aventures à suivre à l'image des feuilletons radiophoniques. La première d'entre elle sera ainsi La Vallée de la Mort qui débute le 1er avril 1930. Walt Disney souhaite alors que Win Smith prenne aussi en charge le scénario des strips mais ce dernier refuse et décide de démissionner n'appréciant pas que son patron, bien plus jeune, lui donne des ordres. Walt Disney se rappelle alors d'un jeune intervalliste qui lui avait dit être intéressé par la bande dessinée : Floyd Gottfredson. L'auteur arrive ainsi en plein milieu de la deuxième histoire à suivre, La Vallée de la Mort. Son premier strip est publié le 5 mai 1930.


Premier strip de Mickey par Ub Iwerks (13 janvier 1930)

Walt Disney fait la transition sur le scénario jusqu'au 17 mai avant de laisser les rênes totales au jeune artiste. Alors qu'il devait être sur le poste de façon temporaire, il continuera à scénariser et illustrer les aventures de Mickey en strip quotidien jusqu'en 1975, date à laquelle il prend sa retraite. Le Mickey de Gottfredson reste depuis la référence pour tous les auteurs avertis. Il est d'ailleurs à l'origine des physiques définitifs de Dingo et Pat Hibulaire. De plus, la paternité de personnages tels le Commissaire Finot, Iga Biva, Jojo et Michou ou le Fantôme Noir lui revient. Si le dessinateur va se charger du scénario dans les premières années de sa carrière, il va ensuite se faire aider de nombreux scénaristes comme Merrill De Maris, Ted Osborne ou Bill Walsh. Pendant 25 ans jusqu'en 1955, l'auteur va ainsi proposer des aventures à suivre qui vont faire le bonheur des lecteurs. Par la suite, il ne proposera à la demande de son éditeur que des gags auto-conclusifs. Gottfredson publie son dernier strip le 15 novembre 1975 avant de passer la main à de nombreux artistes qui vont se succéder jusqu'au 29 juillet 1995, date du dernier strip de Mickey Mouse.


Premier strip de Floyd Gottfredson (5 mai 1930)

Au début de l’année 1932, le personnage de Mickey Mouse est à son apogée. King Features, le distributeur des daily strips de Mickey Mouse, tanne ainsi Walt Disney pour proposer en plus une planche dominicale en couleur. À cause d’un problème d’organisation, elle n'arrive pourtant qu’au début de l'année 1932. En effet, Floyd Gottfredson n'est alors que le seul artiste du département comics des studios Disney. Il n’a tout simplement pas le temps matériel de faire plus que les daily strips. Walt Disney va donc le soulager en embauchant une équipe à partir de la fin de l’année 1930. Earl Duvall est le premier et se charge d’encrer les dessins des strips quotidiens de Gottfredson. Il est rejoint en 1931 par un autre encreur Al Taliaferro et par le scénariste Ted Osborne. Le 10 janvier 1932 se voit ainsi lancée une page dominicale, toute en couleur, et entièrement Disney. Le premier tiers est constitué d’une histoire autour des Silly symphonies, les deux autres par une histoire sur Mickey Mouse. Au fil des années, le rapport change et le poids des deux strips parvient à l’équilibre parfait. La toute première planche sera intégralement dessinée et scénarisée par Earl Duvall. Néanmoins, Floyd Gottfredson ne va pas trop miser sur ce nouvel arrivant qui quitte les studios Disney au début de l’année suivante dans des circonstances assez floues. Al Taliaferro va en revanche prendre du galon et se voit chargé de dessiner les strips dominicaux des Silly symphonies. Floyd Gottfredson, quant à lui, va s’occuper des dessins strips du dimanche de Mickey Mouse, en plus de ceux des quotidiens. Il s’en occupera jusqu’à la fin 1938 avant d’être remplacé pour les strips dominicaux par Manuel Gonzales, se concentrant, lui, sur les strips quotidiens.


Mickey Mouse par Floyd Gottfredson (21 août 1932)

Manuel Gonzales se fait la main sur le dessin de Mickey à partir du strip du 7 août 1938 avant de reprendre de façon définitive les rênes à Floyd Gottfredson le 10 septembre 1938 en plein milieu de l'histoire à suivre The Brave Little Tailor. Il s'interrompt dans sa tâche de 1943 à 1946 le temps de sa mobilisation durant la Seconde Guerre Mondiale. Il reprend les dessins des strips dominicaux de Mickey le 22 décembre 1946 et il le restera jusqu'à sa retraite en 1981. La meilleure période de l'artiste se constate entre 1946 et 1963 alors que ses scénarios sont écrits par Bill Walsh. Si les strips quotidiens de Gottfredson proposent des histoires à suivre, Gonzales offre lui plutôt des tranches de vie quotidienne de Mickey mais aussi de Minnie ou Dingo. Le scénariste qui s'occupe des strips aussi bien quotidiens que dominicaux, a également tendance à être verbeux ; mais si Gottfredson était un artiste complet, n'hésitant pas à adapter les textes de son confrère, Manuel Gonzales respecte lui à la lettre les indications de son scénariste. Tous les deux vont dès lors proposer des aventures charmantes tout en étoffant l'univers de Mickey comme l'atteste la création du personnage de Génius le 30 octobre 1949. Quand les strips quotidiens deviennent des gags auto-conclusifs en 1955, nombreux vont considérer que l'élève a dépassé le maître ; les strips dominicaux de Manuel Gonzales devenant alors de meilleure qualité que ceux de Floyd Gottfredson.


Mickey Mouse par Manuel Gonzales (Strip du 25 juillet 1948)

Les Comic Books

Bizarrement, à la différence de Donald Duck, Mickey va mettre du temps à avoir une carrière importante avec des histoires longues pour le format comic book. C'est, en effet,uniquement à partir des années 50 que le personnage accédera à des histoires abondantes et de qualité.

Paul Murry
Romano Scarpa
Claude Marin

La première BD au format d'histoire longue et américaine de Mickey est ainsi publiée en 1943 dans Four Color Comics #27. Il s'agit de Mickey Mouse and the Seven-Colored Terror avec un dessin et un scénario de Ken Hultgren. Mais l'un des auteurs, plutôt oublié en France, qui va donner ses lettres de noblesses à Mickey est assurément le dessinateur Paul Murry. Ce dernier est connu particulièrement pour avoir créé le personnage de Super Dingo en 1965. Mais avant cela, il a repris le flambeau de Floyd Gottfredson sur le personnage de Mickey surtout au cours des années 50 à 70. S'il remplace un temps Manuel Gonzales pour les strips dominicaux pendant que ce dernier est mobilisé, il va se mettre au format comic book à partir de 1946 ; sa première histoire de Mickey, The Monster Whale, étant publiée en juillet 1950 dans Vacation Parade #1. Mais là où l'auteur va rester dans les mémoires, c'est pour ses histoires à suivre sur deux ou trois numéros, lui au dessin et Carl Fallberg au scénario. La première d'entre elle est The Last Resort publiée en 1953 dans les numéros 152, 153 et 154 de Walt Disney's Comics and Stories. Les auteurs vont ainsi proposer des récits de Mickey et Dingo emplis de mystères et d'aventures, et ce, autour du monde.


Mickey Mouse par Paul Murry dans The Last Resort (1953)

Il existe un autre auteur, non américain mais italien, qui a offert des aventures extraordinaires à Mickey : Romano Scarpa. Il est l'un des plus célèbres dessinateurs de l'univers Disney en dehors des États-Unis, autant sur celui de Donald Duck que sur celui de Mickey Mouse. Commençant sa carrière de bandes dessinées Disney en 1953, il s'est beaucoup inspiré à ses débuts de Gottfredson dont il a repris certains personnages comme Iga Biva ou Le Fantôme Noir. Il est un adepte des bandes dessinées noires, des ambiances où l'intrigue est voilée de mystère ; une marque de fabrique qui deviendra une composante constante de l'école italienne. Parmi ses histoires les plus célèbres de Mickey, les spécialistes désignent volontiers Mickey et le Mystère de Tap Yocca VI, Mickey et le Super-Champion, Le Double Secret du Fantôme Noir, Mickey et le Kangourou de Corail, Mickey Empereur de Calidornie, Mickey Rencontre le Professeur Neutron ou Mickey et le Mystère de Kali. Il créera également de nombreux personnages qui viendront étoffer l'univers de Mickey et de Donald. Pour Mickeyville, il peut être cité le drôle d'atome, Atominus Bip-bip, apparu en 1959 dans Alerte à la Dimension Delta ! ou Gertrude, la fiancée de Pat Hibulaire, vue dans Mickey et le Collier Chirikawa en 1960. En 1988, il a l’honneur d’être le premier auteur italien à se voir publié aux États-Unis par l'éditeur Gladstone.


Mickey par Romano Scarpa dans Mickey et le Mystère de Tap Yocca VI (1956)

En France, environ 80 auteurs ont proposé des histoires Disney. Le plus connu d'entre tous est assurément Claude Marin. Ce dernier commence à travailler pour Le Journal de Mickey à la fin des années 70 et dessinera pendant 20 ans des personnages Disney. Si sa plus grande réussite est la série Les Bébés Disney, reprenant le concept des Muppets Babies mais au format BD, il proposera aussi une quarantaine d'histoires sur Mickey dont les plus remarquables sont L'Enlèvement du Fantôme Noir (1984), Mickey et les Géants de la Planète Rong (1986) ou Mickey à Travers le Temps (1994). Claude Marin affiche un style de dessin tout en rondeur le rendant particulièrement disneyen et très avenant. Les lecteurs français des années 80 s'en souviennent encore et gardent de son oeuvre un souvenir impérissable.


Mickey par Claude Marin dans Mickey et les Géants de la Planète Rong (1986)

En octobre 2010, après une absence de plusieurs années, les bandes dessinées Disney reviennent enfin en librairie en France grâce à l'éditeur GlénatJacques Glénat, grand fan de Mickey devant l'Éternel, l'avait d'ailleurs annoncé lors de sa reprise des droits de publication : il souhaitait, en effet, créer une collection de luxe où des auteurs de la BD franco-belge réinventeraient des aventures de Mickey et ses amis, un peu à l'image de ce que fait Dupuis avec la collection Le Spirou de… où les auteurs donnent leur vision du personnage de Spirou. Si la négociation avec Burbank est longue et ardue, il parvient finalement à proposer les premiers titres chez Glénat le 2 mars 2016 avec Mickey's Craziest Adventures par le scénariste Lewis Trondheim et le dessinateur Nicolas Keramidas ainsi que Une Mystérieuse Mélodie ou Comment Mickey Rencontra Minnie de l'auteur Cosey. Suivent plus tard dans l'année La Jeunesse de Mickey par Tébo et Café Zombo par Régis Loisel puis en 2018 Mickey et l'Océan Perdu par le dessinateur Silvio Camboni et le scénariste Denis-Pierre Filippi.


Mickey par Silvio Camboni dans Mickey et l'Océan Perdu (2018)

Les Publications

Dès les années 30, le personnage de Mickey Mouse est si populaire qu'il se compte plusieurs publications à son nom à travers le monde.

Mickey Mouse Magazine
#1 • 1ère Série (1933)
Mickey Mouse Magazine
#1 • 2ème Série (1933)
Mickey Mouse Magazine
#1 • 3ème Série (1935)
Walt Disney's Comics
& Stories #33 (1943)

Aux États-Unis, le premier magazine Disney porte naturellement le nom de Mickey Mouse Magazine. Publiée le 27 décembre 1932, il s'agit d'une publication confidentielle qui comprenait des nouvelles, des articles, des gags, des jeux et des poèmes. Elle a duré seulement neuf numéros et était disponible uniquement via les cinémas et quelques magasins. En novembre 1933, une deuxième série, avec le même nom, est publiée sous un format identique mais cette fois-ci avec une audience augmentée puisque fournie en supplément de journaux qui mettent d'ailleurs leur nom sur la première page de la publication de Disney. Cette nouvelle formule dure jusqu'à octobre 1935. Elle est supplanteé par une troisième série, toujours du même nom, mais avec un contenu particulièrement étoffé. Le nouveau magazine débute ainsi à l'été 1935 avant de passer au rythme mensuel à partir d'octobre 1935. Au fil des années, le périodique va tester un certain nombre de format avant d'atteindre celui d'un comic book normal en 1940 ; taille toujours en vigueur aujourd'hui. Le Mickey Mouse Magazine verra son dernier numéro publié en septembre 1940 avant de subir à nouveau un changement de nom, définitif celui-là, en Walt Disney’s Comics and Stories dont le premier exemplaire sort en octobre 1940 avec Donald en couverture. Le canard va alors devenir le héros principal du magazine comme le démontre le fait que Mickey n'y apparaît en couverture qu'à partir du numéro 33 en juin 1943.

Four Color Comics
#27 (1943)
Mickey Mouse
#28 (1952)
Mickey Mouse Adventures
#1 • Disney Comics (1990)
Mickey Mouse Adventures
#1 • Gemstone (2004)

Le premier comic book entièrement consacré à Mickey apparaît, quant à lui, en 1943 avec le Four Color #27. Il s'agit d'un one-shot contenant trois histoires d'une vingtaine de pages. Le personnage continuera ensuite à se voir proposer des comic books hors série pendant 26 autres numéros pendant près de dix ans avant d'avoir enfin droit à sa série régulière portant le titre de Mickey Mouse et ce, à partir du mois de décembre 1952 commençant logiquement au numéro 28. La série est publiée sans discontinuer jusqu'à 1984 par Western Publishing via les labels respectifs Dell Comics (1952 à 1962), Gold Key (1962 à 1980) et Whitman Publishing (1980 à 1984). Western Publishing cesse la publication de comics en 1984 si bien que ceux de Disney s'arrêtent automatiquement. Il faut patienter ensuite deux ans avant que la licence Disney ne soit reprise par le petit éditeur Gladstone qui relance ainsi la série Mickey Mouse pendant quatre ans de 1986 à 1990. En 1990, Disney Comics reprend sa propre licence pendant trois ans mais bizarrement ne relance pas sa série sur Mickey. Il faut attendre l'éditeur Gemstone qui publie à son tour les comics Disney pour revoir la série Mickey Mouse en 2003. Elle continue toujours, poursuivie en 2009 par Boom! Studios puis en 2015 par IDW Publishing. Indépendamment de la série mère, Disney Comics va lancer un nouveau titre Mickey Mouse Adventures pendant 18 numéros d'avril 1990 à septembre 1991 ; Gemstone reprenant le titre pendant 12 numéros d'août 2004 à octobre 2006.

Topolino
#1 (1932)
Topolino
#1 (1949)

Mais le personnage de Mickey s'exporte bien au delà des États-Unis. Le tout premier périodique à porter le nom de Mickey est publié en Italie. Sous l'impulsion de l'éditeur Mario Nerbini, parait en effet en décembre 1932 Topolino, de la traduction italienne du nom personnage de Mickey Mouse. Le périodique parait ainsi sous forme de journal jusqu'en avril 1949 malgré un arrêt pendant la guerre entre 1943 et 1945. En avril 1949, Topolino change de formule pour devenir un magazine. Sa périodicité change passant de mensuel à bimensuel avant de trouver son rythme hebdomadaire en 1960. Le magazine est encore publié aujourd'hui et extrêmement populaire de l'autre côté des Alpes.

Mario Nerbini
Paul Winkler

Paul Winkler, fondateur de l'agence Opera Mundi, détentrice des droits des bandes dessinées Disney en France, décide de lancer lui aussi un hebdomadaire sur le territoire français, Le Journal de Mickey. Le premier numéro débarque en kiosque le 21 octobre 1934. Vendu à l'époque à près de 400 000 exemplaires, le magazine est un vrai succès qui révolutionne la presse jeunesse. Le journal cesse de paraître le 16 juin 1940 suite à l'occupation allemande et les bureaux du Journal de Mickey passe de Paris à Marseille, en zone libre. Mais le magazine subit les affres de la guerre. Les pénuries de papier le forcent à fusionner avec une autre revue pour enfants. Il perd également parfois ses couleurs et sa taille se retrouve considérablement diminuée en 1943. L'année 1944 est fatale puisque le magazine disparaît en juillet, avec le numéro 477. Le Journal de Mickey revient en juin 1952 dans les kiosques dans une nouvelle version de 16 pages éditée par EDI MONDE, que Winkler dirige jusqu'en 1977. Le succès est au rendez-vous, la revue se vendant entre 500 000 et 700 000 exemplaires chaque semaine. Il reste, encore aujourd'hui, l'un des périodiques pour enfant les plus populaires en France.

Le Journal de Mickey
#1 (1934)
Le Journal de Mickey
#1 (1952)

Un autre magazine sort également en France à partir du 3 avril 1966 : Mickey Parade. Conçu au départ comme un hors-série du Journal de Mickey, il porte à chaque sortie le numéro du magazine de la même semaine ; le premier étant donc le 723 bis. Il ne prend son nom de Mickey Parade qu'à partir du quatrième numéro. En 1980, il abandonne sa numérotation calquée sur la série mère pour adopter la sienne et redémarre donc au numéro 1. Mickey Parade va sortir de façon irrégulière passant d'une périodicité trimestrielle, bimensuelle, mensuelle pour se stabiliser à bimensuelle à partir de 2002. Le magazine change aussi régulièrement de format, et même de nom pour devenir Mickey Parade Géant à partir de 2002. Par contre, une constante demeure : le choix des histoires parues dedans privilégie toujours les récits italiens ou danois. Enfin, il sera noté un autre magazine français portant le nom de Mickey : Mickey Poche, un mensuel publié de 1974 et 1988 sur 169 numéros : il est le pendant et concurrent direct de Pif Poche, leader sur le marché dans les années 70 et 80.

Mickey Parade
#723 bis (1966)
Mickey Poche
#1 (1974)
Un Avatar de Jeux Vidéo

S'il existe un support où Mickey reste le plus populaire des personnages Disney, c'est clairement celui des jeux vidéo. Utilisé par Nintendo dès le tout début des années 80, avant même la création de leur propre star Mario, la souris va devenir incontournable au fur et à mesure que ce média va se démocratiser ; sa popularité atteignant un pic dans les années 90 grâce à des jeux mémorables. Malheureusement, au fil des années 2000 et surtout 2010, l'aura de Mickey va peu à peu perdre de sa superbe sur console et ordinateur.

1981 • 1989 : Les Premiers Pixels

Dès le début des années 80, une quantité impressionnante de jeux vidéo licenciés Disney sort sur toutes les machines de l'époque, des bornes d'arcade aux consoles de salon (sur Atari 2600, Master System ou encore sur la NES de Nintendo) et même sur les premiers ordinateurs personnels, comme la Commodore 64 ou l'Apple II. Le tout premier jeu à arborer l'effigie d'un personnage Disney remonte ainsi à 1981 et ce personnage est Mickey. Il apparaît, en effet, dans les jeux électroniques Game & Watch, une gigantesque collection de « consoles » éditées par Nintendo. Cousins lointains du jeu vidéo sur console, les jouets électroniques étaient alors vendus individuellement, et se composaient d'un ou deux écrans à cristaux liquides et de quelques boutons de commandes. Ils étaient évidemment très simples, puisque c'était en réalité différentes parties des écrans pré-imprimés qui s'allumaient ou s'obscurcissaient pour donner l'illusion d'un mouvement du personnage, le tout sur un décor fixe. Les Game & Watch seront extrêmement populaires dans les années 80 et inspireront plus tard les premières consoles portables à cartouches, dont la Game Boy de Nintendo. Certains d'entre eux, aujourd'hui très rares et prisés par les collectionneurs, se revendent d'ailleurs à prix d'or sur le marché de l'occasion. Trois jeux sur Mickey sortiront au début des années 80 dans cette collection, Mickey Mouse en 1981, Mickey & Donald en 1982 basé notamment sur le cartoon de 1935, Mickey Pompier, et Mickey Mouse II en 1984.

Mickey Mouse
(Game & Watch - 1981)
Mickey & Donald
(Game & Watch - 1982)

En 1983, Disney décide de créer sa compagnie de distribution, Walt Disney Personnal Computer Software, en marquant ainsi son envie de se dédier plus spécifiquement aux jeux sur ordinateur. Mickey in the Great Outdoors est alors le premier opus, développé pour l'Atari 8-bits. Le joueur en herbe y incarne Mickey qui doit tirer à l'arc sur des nuages pour recomposer des phrases, recréer des mots à partir de lettres mélangées sur des fleurs ou attraper des papillons pour compléter des opérations mathématiques. L'année suivante sort un jeu un peu différent, cette fois-ci pour ordinateurs personnels, comme le Commodore 64 ou l'Apple II, Mickey's Space Adventure, à cheval entre la réflexion et le point-and-click sur écran fixe.

Mickey in the Great Outdoors
(Atari 8-bits - 1983)
Mickey's Space Adventure
(Commodore 64 - 1984)

En 1988 est présenté le premier jeu dans lequel le joueur peut vivre des aventures épiques aux côtés de Mickey et ses amis. Développé par Capcom pour la NES, Mickey Mousecapade propose ainsi au gamer de guider la plus célèbre des souris, partie à la recherche d'Alice (Alice au Pays des Merveilles) qui a été enlevée par la redoutable Maléfique (La Belle au Bois Dormant). Le joueur évolue au travers de cinq niveaux, en devant parfois retrouver également Minnie, qui se fera enlever à plusieurs reprises. À la fin de chaque niveau, Mickey doit aussi se battre contre les méchants les plus emblématiques de Disney, qui sont différents selon que le joueur joue la version japonaise ou à l'américaine. Ainsi, la nippone propose de se battre contre des ennemis tirés tout droit d'Alice au Pays des Merveilles, du Chat du Cheshire à La Reine de Coeur. Dans la version US, les ennemis sont beaucoup plus variés, à l'exemple du Capitaine Crochet (Peter Pan), la sorcière Hazel (Donald et la Sorcière), Pat Hibulaire et Maléfique ! Si l'opus n'est pas une complète réussite, en raison de sa difficulté extrême, typique des jeux sur NES, il n'empêche qu'il est le tout premier jeu vidéo à proposer un cross-over entre les personnages issus de plusieurs films différents !


Mickey Mousecapade
(NES - 1988)

La même année, un nouveau jeu d'aventures, Mickey Mouse : The Computer Game, est disponible sur les ordinateurs personnels de l'époque, en réussissant l'exploit d'être à la fois long et terriblement pénible, en plus d'être assez monotone graphiquement. Le joueur ne fait qu'y gravir des tours en ramassant des objets pendant des heures et en se défendant contre des fantômes et les balais ensorcelés de Fantasia. Enfin, en 1989, sort le premier jeu de la souris sur la nouvelle console portable de Nintendo, la Game Boy, sobrement nommé Mickey Mouse. Cette version est disponible uniquement au Japon. Kemco, le développeur, ne possède en fait pas les droits du personnage en dehors de l'archipel nippon détenus, par exemple aux États-Unis par Capcom.

Mickey Mouse : The Computer Game
(Amiga - 1988)
Mickey Mouse
(Game Boy - 1989)

1990 • 1999 : Sega vs Nintendo

Le milieu des années 90 marque l'apogée de Mickey en jeux vidéo avec deux éditeurs de consoles rivalisant d'ingéniosité dans les jeux proposés autour du personnage. La décennie commence en fanfare avec Castle of Illusion starring Mickey Mouse en 1990. Sorti par SEGA sur les consoles Mega Drive, Master System et Game Gear, il est proposé au début du lancement de la console Mega Drive, avant même la création du personnage de Sonic. Sa version 16-bit va impressionner les premiers joueurs de la console d'autant plus que c'est la première fois que Mickey est proposé dans cette technologie. Son scénario, simple et efficace, voit donc le personnage sauver Minnie des griffes de la sorcière Mizrabel. Castle of Illusion Starring Mickey Mouse est depuis devenu un classique des jeux de plateformes grâce à ses superbes animations et sa jouabilité exemplaire. Il marquera d'ailleurs tellement les esprits des premières générations de gamers qu'il aura droit à un remake en 2013, sorti en version dématérialisée sur PC, Xbox 360 et PlayStation 3, et l'année suivante sur mobile. Il s'agit ici du premier gros succès de SEGA qui donnera lieu à plusieurs suites à commencer par World of Illusion Starring Mickey Mouse & Donald Duck en 1992 en 16-bits sur Mega Drive également et la même année, mais en 8-bits, Land of Illusion Starring Mickey Mouse, sur Master System et Game Gear suivi, enfin, par Legend of Illusion Starring Mickey Mouse en 1994 toujours en 8-bits sur Master System et Game Gear.

Castle of Illusion Starring Mickey Mouse
(Mega Drive - 1990)
World of Illusion Starring Mickey Mouse
& Donald Duck (Mega Drive - 1992)

En dehors de sa saga emblématique, SEGA va sortir encore quelques jeux autour de Mickey. Le premier d'entre eux est une adaptation de Fantasia en 1991 pour sa console Mega Drive. Il s'agit d'un jeu de plateforme où la souris doit affronter différents ennemis dans des environnements tournant autour des quatre éléments (l'eau, l'air, le feu et la terre), chacun basé sur une ou plusieurs séquences du film. Le jeu est alors descendu par la critique : il est aujourd'hui auréolée d'une réputation d'opus proprement injouable, souvent classé comme l'un des pires titres de la décennie, en raison de sa difficulté extrême et de sa jouabilité chaotique. Décidément mal né, à la demande de Roy E.Disney qui avait promis à son oncle de ne jamais proposer du merchandising autour de Fantasia et qui n'était pas au courant de sa sortie, l'opus est retiré rapidement du marché. Un jeu bien plus intéressant le fait vite oublier : Mickey Mania : The Timeless Adventures of Mickey Mouse qui sort en 1994 sur plusieurs plateformes (Mega Drive, Sega CD mais aussi Super NES de Nintendo et la PlayStation de Sony). Particulièrement réussi, il permet de se balader au fil des plateaux des débuts de Mickey dans Willie, le Bateau à Vapeur au dernier cartoon en date Le Prince et le Pauvre. Le jeu diffère en revanche légèrement d'une console à une autre. La version Super NES n'offre, par exemple, pas le niveau de La Fanfare tandis que celle de PlayStation propose elle seule une course poursuite avec Willie le Géant. Exclusivité oblige, à partir de 1994, Mickey n'apparaîtra plus dans un jeu SEGA devenant un personnage réservé à Nintendo (et dans une moindre mesure à PlayStation).

Fantasia
(Mega Drive - 1991)
Mickey Mania : The Timeless Adventures
of Mickey Mouse (Mega Drive - 1994)

Nintendo va alors proposer une série de jeux emblématiques autour de Mickey au début des années 90. Le premier d'entre eux, développé par Capcom, sort en 1992 sur Super NES sous le titre de The Magical Quest starring Mickey Mouse. Pat Hibulaire kidnappe Pluto et Mickey part à son secours où il troque en chemin des costumes de sorcier, de pompier et d'alpiniste pour lancer des sorts magiques, éteindre des flammes et escalader des parois rocheuses. Le titre est assez populaire pour avoir droit à une suite en 1994 sous le titre de The Great Circus Mystery starring Mickey and Minnie, toujours sur Super NES, où cette fois-ci, Mickey est aidé par sa petite amie Minnie dans le sauvetage de son chien. Un troisième volet, Disney's Magical Quest 3 starring Mickey and Donald, est proposé l'année suivante uniquement au Japon. Dans ce nouvel opus, toujours sur Super NES, Minnie se voit remplacée par Donald.

The Magical Quest starring Mickey Mouse
(Super NES - 1992)
The Great Circus Mystery starring Mickey
and Minnie (Super NES - 1994)

Le reste des jeux ayant comme héros Mickey chez Nintendo durant les années 90, et encore concentré sur la premier moitié, se voit principalement proposé sur Game Boy. Tout d'abord, la suite du jeu des années 80 sur cette console, sort en 1991 sous le nom de Mickey Mouse II. Puis enchaînent Mickey's Dangerous Chase en 1991, Mickey Mouse IV : The Magical Labyrinth en 1993 mais uniquement au Japon, Tokyo Disneyland : Mickey no Cinderella Shiro Mystery Tour en 1995 également uniquement pour le marché nippon, Mickey Mouse : Magic Wands ! en 1998 et Mickey's Racing Adventure en 1999 mais sur Game Boy Color cette fois. Sur l'ancienne console NES, trois jeux sont parallèlement proposés : un jeu de plateforme Mickey Mouse III : Balloon Dreams disponible en 1992 seulement au Japon et deux jeux éducatifs, Mickey's Safari in Letterland en 1993 et Mickey's Adventures in Numberland en 1994. En 1999, la Nintendo 64 accueille Magical Tetris Challenge, un titre qui propose 4 historiettes brodées grossièrement autour du concept célèbre du jeu Tetris ; l'opus ayant également droit à une sortie sur PlayStation et GameBoy Color. Enfin, sur la Super NES, sont offerts deux autres opus : un jeu de puzzle, Mickey's Ultimate Challenge, en 1994 et Mickey no Tokyo Disneyland Daiboken, un jeu de plateforme sorti en 1994 qu'au Japon.

Mickey's Ultimate Challenge
(Super NES - 1994)
Mickey no Tokyo Disneyland Daiboken
(Super NES - 1994)

Depuis 2000 : Un Royaume et des Échecs

Depuis le milieu des années 90, Mickey se fait très rare en jeux vidéo. Le début des années 2000 lui permet seulement d'apparaître dans un certain nombre de jeux sur des consoles de nouvelles génération, pour la plupart des jeux de sport, plus ou moins médiocres. Il y a d'abord le jeu de course, Mickey's Speedway USA sur Nintendo 64 en 2000 puis une ribambelle de jeux de sport sur GameCube, Disney Sports Soccer, Disney Sports Basketball, Disney Sports Football et Disney Sports Skateboarding, tous en 2002, suivi par Disney Sports Snowboarding en 2003. La console de Nintendo, GameCube, propose, elle, en 2002 Disney's Party, un assemblage sans saveur de mini-jeux similaires à ceux de la très populaire série Mario Party. La même année, la console accueille également deux jeux ennuyeux pour enfants où il faut pointer et cliquer : Disney's Magical Mirror Starrinsg Mickey Mouse en 2002 et Disney's Hide and Sneak en 2003 qui sera le dernier jeu prenant pour personnage principal Mickey avant au moins sept ans.

Mickey's Speedway USA
(Nintendo 64 - 2000)
Disney's Hide and Sneak
(GameCube - 2003)

Dans la période, les jeux vidéo les plus emblématiques auxquels participe Mickey sont assurément ceux de la licence Kingdom Hearts, développée conjointement par Disney et Square Enix dont le premier volet sort en 2002 sur la console PlayStation 2 de Sony. Il raconte ainsi l’histoire de Sora qui vit avec ses amis paisiblement sur une île paradisiaque quand l’irruption des Sans-Cœur, êtres énigmatiques tout droit sortis des Ténèbres, met fin à leur quiétude. Plongé dans une épopée rocambolesque, Sora découvre alors son destin d’élu de la Keyblade, une arme en forme de clé aux pouvoirs immenses et dont il devra découvrir le rôle. Il est rejoint par Donald et Dingo, à la recherche du roi Mickey, disparu depuis peu. Ensemble, ils explorent de nombreux mondes issus de l’univers Disney et affrontent ses plus grands méchants, à commencer par Maléfique. Donald, quant à lui, est au service du roi Mickey, en tant que magicien de la Cour Royale tandis que Dingo est, lui, capitaine de la Garde Royale. Malheureusement, Mickey a disparu si bien que Dingo et Donald décident de retrouver le possesseur de la Keyblade afin de sauver leur monarque. Plus d’une demi-douzaine de déclinaisons du jeu sont sortis, appréciés par les professionnels comme par le public. Mickey n'est en réalité qu'un personnage secondaire de la saga mais il n'en reste pas moins aussi central que charismatique. Le joueur ne sait jamais vraiment ce que fait Mickey, ce qu'il cherche et quel est son véritable but. Cette aura de mystère lui donne une nouvelle dimension...

Kingdom Hearts HD I.5 ReMIX
(PlayStation 3 - 2013)
Kingdom Hearts HD II.5 ReMIX
(PlayStation 4 - 2014)

Il faut attendre ensuite le 25 novembre 2010 pour revoir Mickey dans le rôle principal d'un jeu vidéo : Epic Mickey qui sort sur la Nintendo WiiDisney Interactive, la filiale consacrée aux jeux vidéo de Disney qui a changé de nombreuses fois de noms depuis sa création en 1983, sollicite en effet le concepteur Warren Spector avec l'idée d'un jeu consacré à Mickey. Ils ont en tête un concept très précis tournant autour de trois idées principales : Mickey enfermé dans un monde d'éléments disneyens oubliés et/ou rejetés, l'utilisation du Fantôme Noir en grand méchant et surtout le retour d'Oswald, le Lapin Chanceux. Mickey plonge ainsi dans un univers aussi fantastique qu'étrange où vivent les personnages oubliés de Disney sous l'autorité d'Oswald. Mickey devra s'associer avec le lapin mais aussi avec Gus le Gremlins pour libérer le monde perdu de l'emprise du Fantôme Noir. Le jeu est un succès critique et public et a donc droit à une suite sous le nom de Epic Mickey 2 : Le Retour des Héros, le 18 novembre 2012 sur PlayStation 3, Wii, Xbox 360, Wii U, Microsoft Windows, PlayStation Vita ainsi qu'un spin-off Epic Mickey : Power of Illusion sur Nintendo 3DS. Malheureusement, le second opus réalise un contre-performance et s'écoule à moitié moins d'exemplaires. La franchise s'arrête impliquant la fermeture de Junction Point Studios de Warren Spector que Disney Interactive avait racheté pour produire le jeu.

Epic Mickey
(Nintendo Wii - 2010)
Epic Mickey 2 : Le Retour des Héros
(Nintendo Wii - 2012)

Mickey apparaît aussi dans Disney INFINITY, le dernier jeu d'ampleur de Disney Interactive dont le premier volet sort le 18 août 2013. Et si les jouets prenaient vie à l'écran à travers des aventures dont le joueur contrôlerait chacun des rebondissements ? C'est le concept assez ambitieux de ce jeu, via un socle lumineux connecté à la console. Il suffit, en effet, pour cela de poser une figurine pour la voir se matérialiser dans l'univers coloré de Disney INFINITY. Il pourrait être pensé qu'il s'agit là qu'une copie conforme du jeu Skylanders d'Activision mais il n'en est rien grâce aux deux modes de jeux proposés : le mode Histoire et le mode totalement novateur de la Toy Box. Via les figurines, les Power Discs et une interface, le joueur décide en effet dans quelle aventure son héros se dirigera, en construisant lui-même son propre univers et ses propres mini-jeux. Bien que le concept puisse sembler nouveau, il ne constitue néanmoins pas une exclusivité dans la mesure où pas mal de jeux présentent de telles fonctions dites de bac-à-sable (dans l'idée de construction de château de sable). Mais la promesse tenue est surtout de faire interagir plein d'univers et de personnages de The Walt Disney Company dont, tout naturellement Mickey en habit d'apprenti sorcier. Une deuxième édition, qui rajoute les personnages Marvel, est proposée l'année suivante tandis qu'une troisième est, elle, mise sur le marché en 2015 sur les personnages Star Wars. Dans les deux cas, d'autres personnages Disney sont rajoutés dont un Mickey en habit classique dans la troisième édition.

Disney INFINITY
(PlayStation 3 - 2013)
Disney INFINITY 3.0
(Figurines - 2015)

Coup de théâtre toutefois en 2016, Disney Interactive annonce officiellement sa fermeture, invoquant des pertes financières trop importantes. Les services en ligne liés à Disney INFINITY sont notamment stoppés, de même que les nombreux studios de développement vidéoludiques acquis au cours des années 2000. Le 10 mai 2016, Disney Interactive ferme définitivement ses portes, annonçant que, dorénavant, la compagnie ne se chargerait plus que de l'édition et la distribution des prochains jeux vidéo estampillés Disney. Depuis, Mickey est apparu dans quelques jeux vidéo pour mobile dont Disney Emoji Blitz et Disney Magic Kingdom en 2016 mais rien de vraiment transcendant.

L'Hôte des Parcs Disney

Le cinéma, la télévision et les comics ont permis à Mickey de devenir l'icône populaire qu'il est aujourd'hui. Mais s'il y a bien un lieu où le public s'attend à voir le personnage, c'est dans les Parcs à thème Disney. Il y est en effet l'hôte qui accueille les visiteurs et qui leur dit au revoir en partant. Rien d'étonnant dès lors, qu'en France par exemple, « aller chez Mickey » soit devenu l'expression commune pour désigner une visite à Disneyland Paris. Si l'apparence du Personnage a changé au fil des années, une constante demeure : faire une photo avec lui reste l'un des meilleurs moments de la journée pour tout visiteur. De nombreux spectacles le mettent également en scène dans les Parcs Disney du monde entier tandis qu'étonnamment peu d'attractions où il tient le premier rôle ont été proposées. Pour autant, sa silhouette est présente partout car les fans ne peuvent s'empêcher de chercher les « Mickey Cachés » dissimulés par les Imaginieurs.

L'évolution du costume

L'origine du Personnage de Mickey Mouse remonte bien avant la création de Disneyland en 1955. Il existe, il est vrai, des preuves de personnes portant le costume de Mickey dès la première moitié des années 30. Il est néanmoins difficile de savoir si ces costumes étaient officiels et validés par les studios Disney. La première apparition du Personnage supervisée par Walt Disney a lieu, en revanche, avec certitude le 21 décembre 1937 lors de l'avant-première de Blanche Neige et les Sept Nains au Carthay Circle à Los Angeles. L'apparence est assez étrange comprenant un justaucorps noir avec un short de couleur, des gants et surtout une tête s'éloignant du design du dessin animé mais reprenant l'apparence des peluches de Mickey de l'époque.

Mickey en 1937
Mickey en 1950

Bien après, en 1949, Walt Disney prête ses personnages à la compagnie Ice Capades, spécialiste de spectacles sur glace. Le groupe fondé en 1940 à Hershey en Pennsylvanie par neuf patineurs a ainsi pour objet de produire des spectacles vivants de patinages artistique destinés à faire le tour du pays allant de ville en ville. Les spectacles Disney permettaient donc à ces professionnels du patinage déguisés en Personnages de proposer des histoires élaborées en reprenant les musiques, les chansons et les dialogues des films du Studio. Mickey y apparaît pour la première fois dans le spectacle de 1950, Walt Disney’s Toy Shop, en compagnie de Minnie, Pluto, Donald, Pinocchio et Dumbo. Le masque est alors fait pour permettre au patineur d'avoir un grand champ de vision avec de nombreux trous sur le visage le rendant plus ou moins hideux.

Mickey en 1955
Mickey en 1958

Le 17 juillet 1955, le Disneyland original, situé en Californie, ouvre en direct dans l'émission Dateline Disneyland. Au dernier moment, Walt Disney pense que le public comme les téléspectateurs seraient ravis de découvrir les personnages de ses films lors de la parade ou de les voir déambuler dans le Parc. Il emprunte ainsi les costumes à Ice Capades (sans les patins) et les fait défiler dans les allés du site. Peu satisfait du résultat, il commence par changer l'apparence des visages. En 1958, le costume de Mickey est ainsi légèrement modifié. Si le corps n'évolue pas beaucoup et reste loin du modèle d'origine, au moins le Personnage n'a plus les grands trous qui lui striaient le visage. L'année suivante, pour l'émission en direct Kodak Presents Disneyland '59, qui présente en grande pompe trois nouvelles attractions (Matterhorn Bobsleds, Submarine Voyage et Disneyland Monorail), le Parc propose un tout nouveau Mickey. Le visage est alors grandement amélioré, en devenant plus conforme au dessin animé, même si le reste du costume demeure un justaucorps comme précédemment. La différence entre la tête et le corps reste, par contre, disproportionnée.

Mickey en 1959
Mickey en 1960

Mais Walt Disney n'est toujours pas satisfait du résultat et demande à l'un de ses animateurs, Bill Justice, de repenser totalement le costume. Il imagine un ensemble qui fait bien plus cartoon, plus fidèle au personnage de Mickey. La tête et le corps sont cette fois-ci proportionnés même si les jambes et les bras sont tout petits. Le problème de ce nouveau costume est que la tête du Cast Member le portant se trouve dans le chapeau de Mickey ce qui ne permet pas un mouvement très naturel, surtout que les mains et les bras sont ballants ne pouvant donc pas interagir avec le public via la gestuelle. Walt Disney, toujours pas convaincu, demande alors à Bill Justice de revoir sa copie et en 1962, le costume change radicalement, devenant très proche de la version connue aujourd'hui. La tête est cartoonesque avec un corps aux proportions adéquates tout en ayant les bras qui peuvent bouger avec des gants à cinq doigts. Néanmoins, pour porter ces costumes, il est choisi des Cast Members de petite taille afin de pouvoir interagir avec les enfants plus facilement. Walt Disney est enfin ravi du résultat au point de se prendre régulièrement en photo dans le Parc avec le Personnage. Le costume reste des années sans changement jusqu'en 1978, pour le cinquantième anniversaire de Mickey Mouse, où il a droit à une mise mise à jour avec, en particulier, le fait de porter des gants épais à quatre doigts ainsi qu'une amélioration de son visage.

Mickey en 1962
Mickey en 1978

En 1987, au cours de la préparation de son soixantième anniversaire, Mickey a droit à une nouvelle évolution. Il a désormais une tête un peu plus ronde avec des yeux plus petits sur un visage plus avenant. Au milieu des années 2000, une grande innovation va être apportée à ces costumes avec l'ajout d'une tête articulée permettant au Personnage d'interagir encore plus avec les visiteurs. Mickey bouge désormais les lèvres et peut même fermer les yeux et les ouvrir en fonction de ses envies. 2016 voit l'arrivée d'une autre version de Mickey qui est présentée pour la première fois à Shanghai Disneyland, lors de l'ouverture du Resort, avant d'être reprise dans les autres Parcs Disney dans le monde. Ses yeux deviennent plus grands et se rapprochent un peu plus l'un de l'autre, ses lèvres inférieures sont plus rondes, et ses gants ont des lignes plus minces et plus longues. La tenue de Mickey change légèrement avec son pantalon qui laisse de côté les lignes noires.

Mickey en 1987
Mickey en 2016
Shows & Spectacles

Mickey Mouse est sans conteste le personnage le plus incontournable des Parcs à thèmes Disney. Il est présent dans tous les Resorts mais aussi à bord des croisières Disney Cruise Line. Il est impossible de lister tous les lieux et moments où il apparaît étant donné qu'il est au moins permis de le voir une fois dans chaque journée passée sur un site Disney, que cela soit lors d'une rencontre avec le Personnage, un spectacle ou encore une parade. Il s'agit donc ici juste de proposer un florilège des shows nocturnes et des spectacles à travers le monde où Mickey tient le premier rôle.

Le spectacle nocturne le plus populaire dans les Parcs Disney est assurément Fantasmic!. Nombreux sont d'ailleurs ceux à le considérer comme le meilleur, tous Parcs confondus. Sa première représentation a lieu dans le Disneyland Park de Disneyland Resort en Californie, le 13 mai 1992 sur les berges de Rivers of America, la rivière artificielle encerclant Tom Sawyer Island. Mickey y utilise ainsi la magie et l'imagination pour combattre une panoplie de Méchants Disney. Composé de feux d'artifices, d'effets hydrotechniques et pyrotechniques, Fantasmic! fait intervenir des Personnages de plusieurs films du studio dont Fantasia, Pocahontas, une Légende Indienne ou encore La Belle au Bois Dormant. Le spectacle est, par la suite, exporté en 1998 à Disney's Hollywood Studios à Walt Disney World Resort puis en 2011 à Tokyo DisneySea à Tokyo Disney Resort ; chaque fois dans des versions légèrement différentes.

Le 23 juin 2015 ouvre à Hong Kong Disneyland dans le Storybook Theater un spectacle fabuleux : Mickey and the Wondrous Book. Durant ce show, Mickey et Dingo, tout deux avec une tête articulée, tournent les pages d'un livre géant et rencontrent différents Personnages de films Disney ou Pixar dont Raiponce, La Princesse et la Grenouille ou Rebelle. Le tout est à la fois rythmé, superbement chorégraphié avec des décors impressionnants notamment le fameux livre géant aux effets spéciaux bluffants. Le show doit d'ailleurs beaucoup à Sylvia Hase qui avait déjà imaginé un précédent spectacle pour le Disneyland Park en Californie, Mickey and the Magical Map, qui débute pour sa part le 25 mai 2013 et qui utilise le même type de fonctionnement dans l'utilisation de décors aussi bluffants qu'inventifs.

Le 2 juillet 2016 est proposé au Parc Walt Disney Studios à Disneyland Paris, en remplacement d'Animagique, le spectacle Mickey et le Magicien. Dans un Paris d'un autre temps, Mickey, l'assistant du Magicien, y rêve de devenir un grand maître de la magie bien qu'il se cantonne pour le moment au rôle d'apprenti. Occupé à nettoyer de bout en bout l'atelier, il rencontre de nombreux amis issus de films Disney dont Aladdin, La Reine des Neiges ou La Belle et la Bête... Le show est assurément le plus ambitieux jamais créé à Disneyland Paris et le meilleur depuis sa création ! Il peut d'ailleurs se vanter d'être l'un des plus beaux spectacles Disney de tous les Parcs de la compagnie à travers le monde, tant il emporte ses spectateurs dans une belle histoire portée par des Personnages, décors, chansons, tours de magie, lumières et chorégraphies magnifiquement orchestrées !

Lands & Attractions

Au-delà de son apparition en tant que Personnage, Mickey est également la figure centrale de quelques attractions dont les plus fameuses méritent attention. La première à porter son nom est le Mickey Mouse Theater. Ouverte le 27 août 1955, dans le Disneyland original, elle est située à Fantasyland. À l'origine, il s'agit d'une simple salle de cinéma diffusant des cartoons de la souris. Le 16 juin 1956, elle propose pourtant un film inédit, 3D Jamboree, compilant deux cartoons, Les Cacahuètes de Donald et Adventures in Music : Melody, agglomérés à d'autres séquences en prises de vues réelles en couleurs interprétées par les Mouseketeers du Mickey Mouse Club pour une durée totale de 26 minutes. À cette occasion, l'attraction se voit d'ailleurs très justement renommée en Mickey Mouse Club Theater avant de changer à nouveau de nom en 1964 pour Fantasyland Theater.

Une autre ancienne attraction de renom est Mickey Mouse Revue. Son ouverture remonte au 1er octobre 1971 au Magic Kingdom de Walt Disney World Resort et s'installe dans une sorte de théâtre où un pré-show raconte la carrière de Mickey. À l'intérieur, le show principal consiste à réunir plusieurs séquences issues de films Disney, dont Les Trois Caballeros ou Mélodie du Sud, présentant des personnages de longs-métrages ou de cartoons chantant un ou plusieurs extraits musicaux. La grande originalité de l'attraction est que tous les personnages sont des Audio-Animatronics - 73 au total - conduits par Mickey en chef d'orchestre. Parmi les plus rares, il peut être cité Ludwig Von Drake, Bibi (Frère Lapin), Boniface (Frère Ours) et Basile (Frère Renard) mais aussi José Carioca ou Panchito Pistoles. L'attraction ferme ses portes 14 septembre 1980 avant d'être transférée telle quelle à Tokyo Disneyland pour l'ouverture du Parc le 15 avril 1983. Elle s'arrête définitivement le 25 mai 2009.

Mickey's PhilharMagic, nommé Mickey et son Orchestre PhilharMagique en français, est assurément l'attraction la plus connue de Mickey, ouverte au Magic Kindgom de Walt Disney World Resort en 2003, puis à Hong Kong Disneyland en 2005, Tokyo Disneyland en 2010 et au Parc Disneyland de Disneyland Paris en 2018. Il s'agit d'un film en 3D avec de nombreux effets physiques ou numériques dont l'histoire raconte comment Donald, contre l'avis de Mickey, utilise le chapeau du sorcier pour aller se promener dans les films d'animation Disney. Ainsi, il s’invite dans La Belle et la Bête, La Petite Sirène, Le Roi Lion, Peter Pan et Aladdin. Cette attraction présente la particularité d'être réalisée conjointement par Walt Disney Imagineering et les Walt Disney Animation Studios. Elle a, en fait, servi de banc d'essai aux animateurs pour travailler l'animation des personnages en images de synthèse. Glen Keane, alors qu'il travaillait sur Raiponce, y a ainsi animé Ariel pour s'aider dans la tâche de modéliser la princesse aux cheveux longs. Le style actuel de l'animation 3D des Walt Disney Animation Studios prend de la sorte à l’évidence son origine dans cette attraction ! Il faut également noter qu'il s'agit là de la toute première fois où les personnages de Mickey et de Donald sont proposés en animation CGI bien avant le film Mickey, Il Était Deux Fois Noël ou la série La Maison de Mickey.

Le 18 juin 1988, le premier Land consacré à Mickey, et portant même son nom, voit le jour. S'inspirant de Toonville du film Qui Veut la Peau de Roger Rabbit, le Magic Kingdom de Walt Disney World Resort en Floride propose ainsi Mickey's Birthdayland. L'endroit changera ensuite plusieurs fois de nom : de Mickey's Starland en 1990 à Mickey's Toyland en 1995 pour finir par s'appeler Mickey's Toontown Fair. Il fermera définitivement le 11 février 2011 afin d'être remplacé par la section Storybook Circus de Fantasyland. Le Land proposait alors la résidence de vacances de Mickey et ses amis. Sur la côte Ouest, le 24 janvier 1993 s'ouvre son pendant citadin au Disneyland Park en Californie avec Mickey's Toontown. Ce dernier sert ensuite de modèle à Toontown qui ouvre à Tokyo Disneyland le 15 avril 1996. Enfin, le dernier Land créé à porter le nom de la souris est Mickey Avenue à Shanghai Disneyland qui ouvre en même temps que le Parc, le 7 juin 2016. À la différence des autres Lands sur Mickey, il est bien plus urbain alors que les autres ressemblaient à des banlieues cossues, à la campagne ou à la ville. Le but est alors surtout de ne pas reproduire les Lands de type Main Street U.S.A., présents dans les autres royaumes magiques de Disney mais qui ne correspondent à aucun imaginaire collectif auprès du public chinois.

Mis à part à Shanghai Disneyland, tous les autres Lands encore ouverts proposent aux visiteurs de découvrir la maison de Mickey, sobrement nommé Mickey's House and Meet Mickey. Il s'agit d'un parcours scénique à pied qui offre la possibilité de découvrir le lieu de résidence de la souris la plus célèbre du monde : de sa cuisine à sa chambre, de son salon à son cellier. À la fin du parcours, il est alors proposé aux visiteurs de rencontrer Mickey en personne et prendre une photo avec lui. Le système de rencontre et de photo a été repris à Disneyland Paris mais via un système un peu différent. Meet Mickey Mouse - Rencontre avec Mickey, ouverte le 16 mai 2012 pour les 20 ans du Parc Disneyland, consiste en effet en une visite des loges du théâtre de Mickey Mouse ; l'attraction ayant été construite en lieu et place de l'ancien Fantasy Festival Stage au fond de Fantasyland.

Après des années sans aucune attraction d'envergure autour de la souris mythique, 2019 change enfin la donne avec l'ouverture de Mickey & Minnie's Runaway Railway, à Disney’s Hollywood Studios à Walt Disney World Resort en Floride, remplaçant The Great Movie Ride, dans ce qui se trouve être la réplique du Grauman's Chinese Theatre. Basée sur la série Mickey Mouse de Disney Channel, avec son design si caractéristique, l'attraction invite le public à entrer dans le cinéma pour assister à l'avant-première d'un nouveau cartoon où Mickey et Minnie partent en pique-nique. Sur le chemin, il rencontre Dingo qui conduit un train le long de la route qu'il emprunte. Mais par magie, les visiteurs assistant à l'avant-première, s'intègrent au film et se retrouvent dans un monde toonesque où tout défie la logique. Ils vont alors emprunter un véhicule aussi dingue que hors de contrôle...

Mickey Cachés

Les Hidden Mickeys ou « Mickey Cachés » en français sont une représentation de Mickey qui a été insérée de façon subtile dans le design ou les décors d'une attraction, d'un restaurant, d'une boutique ou de tout autre lieu dans une destination Disney. Les « Mickey Cachés » existent d'ailleurs aussi dans les films, les séries et les autres produits Disney. La forme la plus répandue est celle de trois ronds formant la tête et les oreilles de Mickey. Ces représentations peuvent être peintes, faites d'assemblage d'objet et surtout avoir différentes tailles du plus petit (un détail dans un décor ou une peinture) au plus grand (des éléments d'un bâtiment ou d'une attraction).

L'histoire des Hidden Mickeys dans les Parcs remonte principalement aux années 70 / 80 quand les Imaginieurs étaient en train de travailler sur l'élaboration du deuxième Parc de Walt Disney World Resort, EPCOT Center, qui deviendra plus tard Epcot. À l'origine, ce Parc devait, en effet, être largement éducatif et viser principalement un public adulte. D'ailleurs, pour la première fois dans un Parc Disney, de l'alcool y sera proposé à la consommation. Ainsi, la présence des Personnages, et en particulier de Mickey, ne collait pas du tout à l'ambiance recherchée pour le site. Frustrés, les Imaginieurs vont donc s'évertuer à placer des silhouettes de Mickey un peu partout dans les designs et les décors des lieux afin de rappeler inconsciemment qu'il s'agit là bien d'un Parc Disney. Très vite, pourtant, Epcot, alors en mal de fréquentation, appellera à la rescousse les Personnages qui vaqueront dans ses allées comme n'importe quel autre Parc Disney... La tradition des Hidden Mickeys va en revanche se perpétuer et même se répandre dans tous les Parcs du monde, y compris à Disneyland Paris. À la fin des années 80, le public découvre l'existence de la pratique si bien que les visiteurs vont peu à peu se mettre à chercher par eux-mêmes les désormais fameux « Mickey Cachés ». Même si The Walt Disney Company et Walt Disney Imagineering n'en ont jamais fourni de liste précise, il reste possible de distinguer ceux réellement voulus de ceux qui ne sont que des coïncidences ou de vagues ressemblances à la silhouette de la souris. Les fans eux s'amusent depuis dans une vaste chasse aux trésors que nombreux livres officieux essayent de répertorier.

Un Objet de Marchandisage

Il est difficile d'imaginer aujourd'hui un monde où aucun produit Disney ne serait disponible à la vente. Et pourtant, bien que né en 1928, Mickey reste toujours actuellement une franchise très lucrative pour The Walt Disney Company. Car au delà de son apport au cinéma ou à la bande dessinée, Mickey est surtout le personnage de fiction qui a fait rentrer Hollywood dans l'aire du merchandising moderne.


Merchandising sur Mickey au Walt Disney Family Museum

Avant la souris, les jouets et autres produits dérivés autour des personnages de cinéma sont traditionnellement proposés de façon cyclique et saisonnière, principalement à Noël. Mais le succès et la popularité grandissante de Mickey va peu à peu changer la donne et créer une forte demande du public, et ce tout au long de l'année. Les habitudes de consommation évoluent vite et le marketing va donner une place prépondérante dans la vente de produits dérivés désormais liées à la sortie de nouveaux films. Un petit studio d'animation, en essayant de garder la tête hors de l'eau financièrement, va ainsi jeter les bases modernes du marketing cinéma et du lucratif marché du merchandising tout en révolutionnant les entreprises du secteur du jouet, fabricants comme vendeurs. Les studios de cinéma, sous l'impulsion de Disney, vont ainsi rentrer dans la diversification pour faire fructifier au mieux leurs personnages en utilisant le consumérisme des années 30 et 50 puis la collectionnite des passionnés contemporains. En 1957, Walt Disney explique d'ailleurs cette pollinisation croisée dans un graphe très parlant où chaque film et personnage créés peuvent et doivent être utilisés par tous les pans de l'entreprise : la télévision, la bande dessinée, les disques, la vidéo, le Parc à thème, les produits dérivés... Sa stratégie de synergie est d'ailleurs toujours d'actualité et suivie à la lettre par les responsables de The Walt Disney Company, à commencer par les PDG successifs de l'entreprise de Michael Eisner à Bob Iger...


La stratégie marketing de Walt Disney
(Cliquez sur l'image pour agrandir)

L'idée de créer des licences de leurs personnages pour le merchandising remonte, selon la légende, à novembre 1929 quand Walt et Roy O.Disney font une rencontre impromptue dans le lobby de leur hôtel à New York alors qu'ils étaient en visite d'affaires. Un homme vient les voir et leur demande s'il peut utiliser l'image de Mickey sur un cahier d'écriture qu'il est en train de produire. Les frères Disney, alors toujours à la recherche de financement, acceptent les 300 dollars proposés pour le deal. C'est ainsi le début du merchandising des studios Disney ! Afin d'aider aux développements de ce nouveau pan de son activité, la société, qui avait été créée en 1923 sous le nom de Disney Brothers Studio, puis renommée en 1926 en Walt Disney Studio, se réorganise donc et se rebaptise en Walt Disney Productions, Ltd le 16 décembre 1929. Walt Disney en profite pour créer trois autres entités pour gérer les différentes parties de ses activités : Liled Realty and Investment Co, Walt Disney Film Recording Co et Walt Disney Enterprises, cette dernière étant précisément chargée de tout ce qui concerne les licences que cela soit pour le merchandising comme pour la publication.

Premier produit dérivé officiel de Mickey
(1930)
Jouet en bois par George Borgfeldt & Co.
(1930's)

Ce premier succès en appelle rapidement d'autres. En février 1930, Roy signe en effet le premier contrat de merchandising d'envergure avec la société new-yorkaise George Borgfeldt & Company qui l'autorise à fabriquer des figurines et des jouets à l'effigie de ses souris, Mickey et Minnie Mouse. Disney récupère alors seulement 2.5% des ventes pour les objets de moins de 50 cents et 5% pour les objets plus chers. La même année, Charlotte Clark propose aux frères Disney un contrat de fabrication de peluches Mickey. Le prototype leur plait tellement qu'ils installent Clark dans une petite maison à côté des studios avec des couturières supplémentaires afin de l'aider à fabriquer ses peluches faites-mains. À l'origine prévues pour les visiteurs, la famille ou les membres du studio, les peluches voient leur demande exploser. Disney donne alors pour mission à Borgfeldt de trouver un moyen de les produire de façon industrielle mais le résultat n'est pas satisfaisant. Ils décident alors de vendre un patron qui permettra à chacun de fabriquer soi-même sa peluche Mickey de façon artisanale, et ce avec la même qualité. Mais la déconvenue de Borgfeldt pour la peluche cache un problème qui gène de plus en plus les frères Disney. La qualité des produits Disney n'est pas assez élevée !


Walt Disney et la première peluche Mickey par Charlotte Clark
(1932)

Conscient du problème, l'homme providentiel qui va réellement révolutionner le marché du merchandising Disney - et faire exploser les ventes - s'appelle Kay Kamen. Devenu depuis peu publiciste à Kansas City, il passe un coup de fil à Walt Disney en 1932 et lui promet qu'il est capable de vendre beaucoup plus de produits à l'effigie de Mickey, tout en augmentant leur qualité. Walt et Roy, mécontents de leurs contrat avec Borgfeldt, acceptent donc bien volontiers de le recevoir à Los Angeles. Les deux frères sont alors impressionnés par l'énergie et les idées de l'homme d'affaires avec qui ils sont indéniablement sur la même longueur d'onde quant à l'importance de la qualité des produits. Avec beaucoup d'ambition, Kay Kamen promet ainsi que chaque maison américaine aura un produit Disney ! Il signe un contrat avec les studios le 1er juillet 1932, qui deviendra très vite exclusif, et ceci jusqu'à sa mort en 1949 dans un accident d'avion au dessus des Açores. Le contrat d'origine spécifie alors que les bénéfices entre les deux parties sont repartis à 60 % pour les studios Disney et 40% pour Kamen jusqu'à 100 000 dollars puis passent au delà de cette somme à 50/50.


Kay Kamen

Rapidement, Kay Kamen met en place sa vision qui va permettre à Mickey de s'afficher partout : des serviettes au papier peint, des livres aux phonographes, des brosses à cheveux aux jouets en passant sur tous types de vêtements. L'homme d'affaire a un style bien à lui pour vendre les produits. Il crée chaque année un catalogue des produits disponibles tout en n'hésitant pas à appeler personnellement fabricants et vendeurs pour suivre les commandes et soutenir ses ventes. Grâce à lui, les studios Disney récoltent des sommes confortables qui vont, entre autres, les aider à produire leur ambitieux projet du premier long-métrage d'animation, Blanche Neige et les Sept Nains. Kay Kamen prépare d'ailleurs, en amont, la mise en place du merchandising du film qui va se transformer en véritable eldorado. Il crée sans le savoir le marché moderne de la licence de personnage de cinéma. Tous les autres studios vont alors l'imiter. Un exemple parmi tant d'autres de la puissance mercantile que l'homme d'affaire aura mis sur Mickey est sûrement celui des montres d'Ingersoll-Waterbury Clock Company. Alors que l'entreprise d'horlogerie était en mauvaise posture financière, elle signe un contrat en 1933 pour produire les montres à l'effigie de Mickey, ces dernières ayant la particularité d'avoir les bras de la souris en guise de petite et grande aiguilles. Le succès est alors phénoménal au point, par exemple, que le magasin Macy's à New York réussit à atteindre un pic de vente de la montre à 11 000 exemplaires en une seule journée. Très vite, Ingersoll-Waterbury passe de 300 à 3000 employés pour satisfaire la demande ; une aubaine pour cette entreprise à l'époque de la Grande Dépression.

Montre Ingersoll-Waterbury
(1933)
Catalogue de Kay Kamen
(1936)

Après la mort de Kay Kamen, Roy Disney décide d'internaliser la gestion des licences et du merchandising au sein même des studios. Mickey reste évidemment toujours une valeur sure à l'image de la folie qui a suivi l'arrivée des produits autour du Mickey Mouse Club. L'ouverture de Disneyland puis de Walt Disney World Resort offre également une vitrine superbe pour la vente du merchandising de la marque, et en particulier de Mickey qui devient très vite l'hôte des Parcs Disney. Après la mort de Walt Disney puis de son frère Roy, si les studios Disney retombent peu à peu dans la naphtaline, ils restent soutenus par la vente de leurs produits dérivés toujours phénoménale. Avec la modernisation entreprise par Michael Eisner dans les années 80, le merchandising et la gestion de licences deviennent un pan important de la nouvellement nommée The Walt Disney Company, comme le prouve la création des boutiques Disney Store en 1987, et ce partout dans le monde. Peu à peu, en plus des produits de consommation grand public, Disney se lance aussi dans les produits de collection à l'image de la Walt Disney Classics Collection (WDCC), des sculptures de personnages ou de scènes Disney où Mickey était particulièrement mis à l'honneur.

Caméra du Mickey Mouse Club
(1956)
Disneyana par Cecil Munsey
(1974)

Le merchandising autour de Mickey et de Disney sera tellement fort au cours des décennies successives qu'une passion va rapidement se créer autour de la collection des objets de consommation à l'image des personnages Disney, Mickey occupant bien sûr la première place dans les thématiques de collections. Cette passion possède même un nom : Disneyana. À partir des années 70, des ventes aux enchères dédiées à cette collection sont même proposées tandis que des livres sur le sujets sont écrits. Des boutiques avec ce nom ouvriront dans les Parcs Disney à Anaheim, à Orlando et à Paris. Dans les années 90, une convention se tient sur le thème durant plusieurs années, alternant entre Walt Disney World Resort et Disneyland Resort pour que les passionnés puissent vendre, échanger et exposer leurs collections.

Walt Disney Classics Collection
(1993)
Disney Traditions par Jim Shore
(2012)

Encore aujourd'hui, Mickey reste parmi les franchises les plus rentables de The Walt Disney Company. La souris est présente partout, du premier âge avec les vêtements pour bébé aux jeunes enfants grâce aux produits de Disney Junior en passant par la mode adulte qui n'hésite par à utiliser le personnage dans le prêt-à-porter et  même la haute couture. Mickey est aussi présent dans les objets de collection allant des tableaux aux bijoux en passant par les sculptures de bois ou de porcelaines. Indéniablement, il est LE personnage incontournable du marché des produits dérivés à tel point qu'il est tout bonnement impossible de faire une liste exhaustive du merchandising sur lequel il apparaît.

Figurine Swarovski
(2016)
T-Shirt par MKT Studio
(2018)
L'Icône d'un Studio

Le personnage de Mickey est devenu populaire tellement vite et tellement fort qu'il a très vite été associé à Walt Disney et à son studio. La réussite de la souris a ainsi immédiatement fait d'elle l'icône et l'ambassadeur de l'entreprise, du nom et de la marque Disney. Mickey est alors logiquement utilisé en dehors des médias habituels afin de le promouvoir mais aussi pour asseoir la communication des studios voire même de s'inviter directement dans les logos des différentes filiales de l'entreprise connue désormais comme The Walt Disney Company.

Affiche et bagde du Mickey Mouse Club
Réunion du Mickey Mouse Club

Dès sa première apparition sur les écrans, l'aura de Mickey va donc grandir de façon exponentielle et sa popularité être fulgurante. Un exemple parmi d'autres de son immense succès instantané est la mise en place durant la première moitié des années 30 des fameux Mickey Mouse Clubs, clubs de membres qui donnera l'idée à Walt Disney, vingt ans plus tard, de créer la fameuse émission de télévision pour la jeunesse. Le tout premier de ces clubs ouvre en Californie le 11 janvier 1930, au Fox Dome Theater, dans le quartier d'Ocean Park à Santa Monica. Il s'agit alors d'un rendez-vous régulier, le samedi après-midi, où les enfants regardent des cartoons de Mickey. Mais au-delà de cette activité principale, le propriétaire du cinéma promeut en même temps un système d'éducation du parfait petit Américain avec une charte et une carte de membre pour chacun des enfants tout comme l'accès à de nombreuses activités comme le chant, le théâtre, des jeux et des concours. Très vite, l'idée va se répandre dans tout le pays et durant l'année 1932, plus d'un million de membres sont recensés. Chaque cinéma adapte alors le concept à sa manière, gardant tout de même le principe de la diffusion de plusieurs cartoons de Mickey. Pour sponsoriser ces événements, Walt Disney va proposer un petit court-métrage, Minnie's Yoo-Hoo. Il s'agit en réalité d'un remontage d'un court extrait du cartoon du 29 juin Les Folies de Mickey où Mickey chante la chanson Minnie's Yoo Hoo devenue l'hymne de la souris au début de sa carrière. Le court-métrage voit ainsi Mickey sortir d'un rideau, lancer la réunion du Mickey Mouse Club du jour, puis proposer un karaoké aux enfants. Malgré le succès de ces clubs, en 1935, les studios Disney vont tout de même décider d'arrêter de soutenir les salles de cinéma les abritant afin de ne pas les hiérarchiser, considérant à raison que toutes sont leurs clientes et que toutes peuvent potentiellement diffuser leurs films. Les Mickey Mouse Clubs vont alors s'éteindre d'eux-mêmes.

Carte de Membre du Mickey Mouse Club
Minnie's Yoo Hoo

Un aspect peu connu de Mickey et de Walt Disney est sûrement cette tentative de créer une émission de radio dès 1938 : The Mickey Mouse Theater of the Air. Dans les années 30, la radio est en effet le média de prédilection du public. Des grands postes sont disposés dans la majorité des salons, un peu comme le seront les téléviseurs ensuite. Pendant des années, de nombreux annonceurs comme la marque de cigarettes Lucky Strike essayent dès lors en vain de convaincre le créateur de Mickey de créer une émission de radio qu’ils acceptent de sponsoriser. Mais voilà, Walt Disney ne croit absolument pas au format, persuadé que la voix ne suffit pas à rendre ses personnages crédibles. Pour lui, il faut que le public les voit bouger. Néanmoins, afin de promouvoir son premier film d’animation, Blanche Neige et les Sept Nains, il finit par se laisser convaincre par l’annonceur du dentifrice Pepsodent qui lui promet un budget de 10 000 $ par épisode. L’émission débute ainsi le 2 janvier 1938 sur NBC (qui est alors une radio et pas encore une chaîne de télévision) et diffusée tous les dimanches après-midi. Dans le programme, Mickey et ses amis voyagent dans différents lieux et époques tout en racontant certains contes et autres épopées aidés par le Miroir Magique tiré de Blanche Neige et les Sept Nains. De nombreuses histoires de héros populaires sont ainsi narrées de Robin des Bois à Cendrillon, d'Ali Baba à la Belle au Bois Dormant... Walt Disney participe en personne aux trois premières émissions en prêtant sa voix à Mickey puis, débordé à cause de la sortie de son long-métrage, laisse alors pour les épisodes suivants d’autres artistes comme Joe Twerp, J. Donald Wilson ou John Hiestand s’occuper de sa voix ou de celles de ses personnages. Malheureusement, comme Walt Disney le pressentait dès le départ, le résultat n'est pas à la hauteur (ce qui explique peut-être aussi pourquoi il s’en est vite désintéressé). L’émission s’arrête le 15 mai 1938 dans l’indifférence générale au bout de 20 épisodes dont la liste exhaustive est affichée dans le tableau ci-dessous.

Épisodes de The Mickey Mouse Theater of the Air
01
Robin Hood 02 janvier 1938
02
Snow White Day 09 janvier 1938
03
Donald Duck’s Band 16 janvier 1938
04
The River Boat 23 janvier 1938
05
Ali Baba 30 janvier 1938
06
South of the Border 06 février 1938
07
Mother Goose and Old King Cole 13 février 1938
08
The Gypsy Band 20 février 1938
09
Cinderella 27 février 1938
10
King Neptune 06 mars 1938
11
The Pied Piper 13 mars 1938
12
Sleeping Beauty 20 mars 1938
13
Ancient China 27 mars 1938
14
Mother Goose and the Old Woman in a Shoe 03 avril 1938
15
Long John Silver 10 avril 1938
16
King Arthur 17 avril 1938
17
Who Killed Cock Robin ? 24 avril 1938
18
Cowboy Show 01 mai 1938
19
William Tell 08 mai 1938
20
Old MacDonald 15 mai 1938


The Mickey Mouse Theater of the Air

Les studios Disney vont vite utiliser Mickey dès qu'ils le peuvent, se rendant compte qu'il est un commercial hors pair pour promouvoir les activités du studio. L’une d’elle est la magnifique tradition des cartes de vœux de fin d’année envoyées aux employés du studio, aux partenaires commerciaux ou alors aux simples amis. Débutée au début des années 30, Mickey et ses amis apparaîtront dans un premier temps chaque année via des dessins de toute beauté au charme incroyable. Avec la sortie de Blanche Neige et les Sept Nains, la tradition évoluera légèrement afin que les cartes servent aussi à promouvoir les futurs films à venir. Dans les années 50, les illustrations se diversifient puisqu’en plus de l’animation, la télévision (comme le Mickey Mouse Club) ou encore Disneyland, peuvent également servir d’inspiration. Au fil des années, grâce aux talents d’illustrations de Bob Moore ou de Tom Wood, les cartes vont être de plus en plus belles et élaborées. Avec le numérique et le digital, cette tradition s’est perdue mais l’exercice est à son époque très apprécié ; les cartes constituant un patrimoine graphique des studios Disney peu connu mais pourtant absolument remarquable.



Cartes de vœux Disney

Mickey, un peu malgré lui, devient ainsi années après années l’ambassadeur des studios. C’est d’ailleurs pour cela que les artistes arrivent de moins en moins à trouver des histoires avec la souris. Celle-ci n’a en effet plus le droit à l’erreur. En bon ambassadeur, elle doit être irréprochable. Les parents attendent qu’il serve d’exemple à leurs enfants et les artistes vont donc, petit à petit, se réfréner, ne faisant plus faire n’importe quoi à Mickey. Dans les années 50, ce paradoxe devient complètement accepté et digéré par Walt Disney. Le personnage est devenu l’image des studios ; Mickey et Disney deviennent indissociables. Les studios Disney sont ainsi surnommés les studios de Mickey, voire carrément "la souris". Évidemment, quand le maître de l’animation décède le 15 décembre 1966, sa création lui survit. Le personnage de Mickey va d'ailleurs inspirer de nombreux artistes de presse afin d’illustrer la perte du Maître de l’animation. Parmi eux, deux restent dans les mémoires. La première est celle de Karl Hubenthal pour le Los Angeles Herald Examiner où un globe terrestre épouse la forme d'une tête de Mickey en pleurs montrant comment le monde entier s'attriste de la disparition de Walt Disney. La deuxième est française ; il s’agit de la fameuse Une de Paris Match du 24 décembre 1966 où le lecteur voit un Mickey pleurant dessiné par Pierre Nicolas à la façon des comic strips sur un fond jaune avec les simples mots "Adieu à Walt Disney". Ces deux dessins sont poignants car Walt Disney avait toujours refusé que Mickey soit dépeint triste en dehors de ses rôles en animation ou sur papier.

Dessin de Karl Hubenthal
pour le Los Angeles Herald Examiner
Une du 24 décembre 1966
de Paris Match par Pierre Nicolas

Après la mort de Walt, les studios Disney, qui vont ensuite devenir The Walt Disney Company, continuent à exposer fièrement Mickey en tant que mascotte. La souris va même intégrer plusieurs logos de différents pans de la société. Une des premières utilisations emblématiques est assurément le logo de la chaîne de télévision câblée Disney Channel. La forme des trois ronds dont deux pour les oreilles va être le symbole de la chaîne et rester un élément-clé qu'elle gardera toujours au fur et à mesure des modernisations de son logo. Encore plus symbolique, Mickey est apposé au logo de la société elle-même, Walt Disney Productions puis The Walt Disney Company. Dans la dernière déclinaison datant de 2009, il apparaît en noir-et-blanc avec son short rouge, marchant de façon volontaire, le poing en avant. Cette représentation de Mickey sera réutilisée dans de nombreux logos pour différentes filiales. Certaines d'entre elles utilisent également Mickey comme Disney Television Animation qui reprend la dernière apparence de Mickey, Disney Interactive avec une tête colorée et pixelisée de Mickey ou encore le logo créé pour Walt Disney Animation Studios qui reprend le Mickey de Willie, le Bateau à Vapeur.


Un Symbole Politique et Culturel

La popularité de Mickey est telle qu'il devient malgré lui, un symbole bien au-delà de sa condition initiale de personnage animé. Il voit ainsi rapidement son image associée à l'impérialisme américain, à la fois saluée et dénoncée par les intellectuels et les artistes à travers le monde. Il est pourtant, dans tous les cas, rentré définitivement dans l'Histoire et demeure un symbole politique et culturel incontournable du 20ème siècle.


Mickey durant la Seconde Guerre Mondiale

Malgré son immense popularité, Mickey est finalement peu utilisé par Walt Disney durant la Seconde Guerre Mondiale. Il faut dire que le conflit se déroule lors du creux de la popularité de la souris aux États-Unis. Il avait été alors supplanté dans le coeur du public par Donald Duck qui, en raison de son caractère, représentait bien plus l'Américain moyen. Le canard est ainsi plus apte à porter la bonne parole dans des courts-métrages de propagande. Pour autant, même si Mickey apparaît rarement, il a droit tout de même à des utilisations remarquées à commencer par des affiches où il conseille à la population de garder les yeux bien ouverts face à l'ennemi et aux espions potentiels. Si de nombreux personnages Disney furent à côté de lui plus ou moins utilisés en tant que mascotte pour différentes insignes de guerre pour l'armée américaine, Mickey l'est lui une seule et unique fois, pour la Marine Scout Bombing Squadron 245 - Marine Aircraft Group 23. Sur l'insigne, la souris, portant des lunettes de pilote, chevauche un missile en tenant dans ses mains une mitraillette, tout en tirant en même temps. Mickey peut être vu également, avec tous les autres personnages Disney, dans un album intitulé The Victory March. Le département américain, The Treasury Departement, va, en effet, pendant la guerre éditer des timbres de collection pour financer la défense du pays. L'album illustré avec les personnages Disney permet ainsi de collectionner les timbres et une fois complet, d'aller dans une banque et de le convertir en bons du trésor.


Mickey au Camp de Gurs par Horst Rosenthal
(1942)

Une autre utilisation de Mickey durant la guerre, beaucoup moins connue celle-ci, montre surtout l'importance et l'aura qu'avait déjà atteint le personnage dans l'inconscient collectif. Il apparaît dans une bande dessinée, sans aucun lien avec Disney, ayant pour titre Mickey au Camp de Gurs par Horst Rosenthal. Ce dernier est un juif allemand qui s'installe en France en 1933 à la suite de l'arrivée au pouvoir d'Hitler. Il pense y être à l'abri du régime nazi. Malheureusement, en 1940, il est envoyé au camp de Gurs dans les Pyrénées où il passe deux ans avant d'être envoyé à Auschwitz dont il ne reviendra jamais. Si aucune photo de l'auteur n'a pu être retrouvée, il reste son œuvre qu'il a produite sur place dont l'histoire avec Mickey. Dans ce récit, Horst Rosenthal se met en scène dans la peau de la souris en montrant l'absurdité de l'époque et la déshumanisation des prisonniers. Mickey est utilisé ici en tant qu'échappatoire, une figure animée qui peut se gommer de la réalité et repartir vers les États-Unis comme il le fait à la fin du récit. De plus, Mickey est à l'époque un symbole de modernité et de positivisme : il est là un spectateur surpris des atrocités qu'il voit. L'auteur, rempli d'espoir, est en réalité persuadé qu'il s'en sortira ce qui rend sa bande dessinée encore plus poignante. Foncièrement honnête, Horst Rosenthal précise bien que le personnage a été utilisé sans l'accord de Walt Disney, comme si, une fois sorti, il devrait s'inquiéter de problèmes de copyright...

Mickey et Jimmy Carter
Mickey et Ronald Reagan

L'ouverture de Disneyland en 1955 a ensuite un impact énorme auprès du public, et donc des électeurs. Le magazine Times précise d'ailleurs en 2008, pour le 80ème anniversaire de Mickey, que tous les Présidents des États-Unis, à partir de la présidence d'Harry Truman et à l'exception de Lyndon Johnson, ont visité un Parc Disney et fait une photo avec Mickey. Et ce ne seront pas les seuls personnalités à faire le déplacement à Disneyland et se faire prendre en photo avec la souris. Nombreux sont les politiques, les entrepreneurs ou les artistes, et ce, du monde entier, à s'afficher avec les Personnages Disney. Il faut dire que Mickey est devenu un symbole de l'Amérique, aussi bien pour ses soutiens comme ses détracteurs. D'un côté, il représente un certain impérialisme avec cette hégémonie politique et culturelle que l'Amérique semble vouloir imposer au reste du monde ; certains estimant en outre que les dessins animés de Mickey en particulier et de Walt Disney en général nivellent par le bas l'intérêt culturel du public. De l'autre, Mickey est la figure d'une Amérique positive qui croit en ses chances et en ses réussites. Il est l'ambassadeur parfait, fier et patriote, d'un pays où rien n'est impossible. Un exemple, parmi d'autres, de l'affect patriotique que suscite Mickey est assurément la peinture de Peter Emmerich, Mickey Salutes America, que The Walt Disney Company commande à l'artiste en 2001. Très vite, elle devient le poster le plus vendu par l'entreprise.


Mickey Salutes America par Peter Emmerich
(2001)

La proximité avec le pouvoir a aussi quelques avantages économiques. Il permet notamment à Walt Disney puis à The Walt Disney Company de protéger efficacement ses intérêts. En particulier, elle mène, pendant de longues années, une action de lobbying sans précédent pour obtenir une loi sur-mesure destinée à prolonger son droit patrimonial sur sa célèbre souris et l'allongement du droit d'auteur avant que celui-ci ne tombe dans le domaine public. Elle s’allie pour la circonstance avec les autres majors de la musique et du cinéma et obtient en 1998 le vote au congrès du Sony Bono Copyright Extension Act étendant de vingt ans la protection du copyright sur les œuvres intellectuelles, un texte confirmé en janvier 2003 par la Cour Suprême. Cette loi a été, depuis, surnommée The Mickey Mouse Protection Act. En 2023, les oeuvres de Mickey diffusée en 1928 devrait donc - enfin - tomber dans le domaine public... Mais Disney a trouvé une parade, car au delà de l'oeuvre, le personnage de Mickey Mouse est aussi une marque déposée. Ce faisant, les droits se perpétuent tant que la marque est utilisée commercialement par son propriétaire. En conséquence, peu importe que les premiers oeuvres entrent ou non dans le domaine public, l'utilisation du nom du personnage ou de sa silhouette reste illégale dans les pays où la marque est déposée et protégée.


Mickey par Andy Warhol
(1981)

Autre paradoxe, Mickey est d'un côté, le personnage le plus surveillé et contrôlé par ses ayants-droits qui combattent sa moindre captation frauduleuse. Ce combat est d'ailleurs parfois même mené jusqu'à l'absurde à l'image de cet anecdote qui s'est déroulée en 1989 où des avocats de The Walt Disney Company ont été envoyés dans un hôpital pour enfants de Floride afin de demander le retrait de peintures de personnages Disney, faites sur les murs de l'établissement de soin, certes sans autorisation mais dans le but d'égayer les jeunes malades.
De l’autre, Mickey est le personnage le plus repris et détourné par d’autres artistes dans le cadre de leurs créations. Walt Disney ne s’est jamais opposé à ce phénomène. Il y voyait, à juste titre - que le détournement artistique soit positif ou négatif, réussi ou raté - un hommage à son personnage participant, par la même, à la construction de son mythe. La souris est même devenu l'ambassadeur du Pop Art, phénomène artistique apparu dans la seconde moitié du 20ème siècle dont Andy Warhol est le meilleur représentant. L'artiste a d'ailleurs beaucoup utilisé la figure de Mickey réalisant plusieurs tableaux particulièrement populaires. Un autre exemple d'un détournement de Mickey, plus subtil cette fois, est apparu en 1987 au cinéma dans la dernière scène du film de guerre de Stanley Kubrick, Full Metal Jacket. Les soldats, dans une terrible scène de bataille où tout est détruit et brûle, chantent pour se donner du courage, la fameuse chanson du Mickey Mouse Club. Le contraste entre ce lieu de désolation et ce générique pour enfants est vraiment déstabilisant. Le personnage de Mickey, même utilisé en chanson, peut vraiment véhiculer des messages aussi forts que divers.


Full Metal Jacket par Stanley Kubrick
(1987)

Ce long portrait prouve combien Mickey Mouse est un personnage essentiel de Walt Disney. Le Maître de l'Animation disait d'ailleurs à son sujet que tout avait commencé par une souris et il est vrai que la carrière du personnage animé et du producteur d'Hollywood sont intiment liée. Le fait que Walt Disney ait voulu faire durant de nombreuses années la voix de son personnage fétiche en dit long sur son attachement à sa création. Mais Mickey est devenu bien plus que cela : l'icône d'un studio, la mascotte d'une entreprise, l'ambassadeur d'un pays, le symbole du 20ème siècle... Tout le monde connaît la souris grâce à son visuel d'une étonnante simplicité mais d'une totale efficacité. Chéri par des générations d'enfants et d'adultes, et ce dans le monde entier, Mickey est assurément le personnage culturel le plus connu au monde et le plus aimé du public car il renvoie une image positive de l'enfance de tout un chacun.


Spreading Happiness Around the World par Mark Henn
(2018)

À noter

La filmographie proposée ci-dessous, aussi complète que possible, est pourtant loin d’être exhaustive. En effet, seule la carrière en animation de la souris est proposée. Et encore, uniquement celle disposant d’animation inédite. Les compilations reprenant des œuvres passées ne sont ainsi pas listées. De même, les œuvres en tant que Personnage de Parcs Disney ne sont pas, non plus, proposées tant la tâche est immense. Mickey est en effet apparu en prises de vues réelles dans de très nombreuses émissions télévisées ou informercials sortis directement en vidéo et ce, à travers le monde.

La filmographie

▼ Aller en bas de la liste ▼
001
L'Avion Fou
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
002
Mickey Gaucho
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
003
Willie, le Bateau à Vapeur
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
004
Bal de Campagne
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
005
L'Opéra
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
006
When the Cat’s Away
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
007
Champ de Bataille
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
008
The Plow Boy
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
009
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
010
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
011
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
012
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
013
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
014
The Haunted House
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
015
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
016
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
017
Les Vagues Sauvages
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
018
Qui s'y Frotte s'y Pique
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
019
Combattants du Feu
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
020
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
021
Symphonie Enchaînée
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
022
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
023
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
024
Pioneer Days
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
025
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
026
Mickey et les Embouteillages
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
027
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
028
La Chasse à l'Élan
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
029
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
030
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
031
Rythme en Bleu
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
032
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
033
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
034
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
035
Mickey Jardinier
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
036
Les Orphelins de Mickey
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
037
Voyage Autour du Monde
Animation 2D / Film "Live" • United Artists
1931
Cinéma
1931
Cinéma
038
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
039
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
040
Chien Enragé
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
041
Olympiques Rustiques
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
042
Mickey au Théâtre
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
043
Le Fermier Musicien
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
044
Mickey in Arabia
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
045
Le Cauchemar de Mickey
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
046
Trader Mickey
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
047
The Whoopee Party
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
048
Mickey Marque un Essai
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
049
Mickey et le Canari
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
050
Mickey au Grand Nord
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
051
Animation 2D • Academy of Motion Picture Arts and Sciences
1932
Cinéma
1932
Cinéma
052
Mickey Père Noël
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
053
Bâtissons
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
054
The Mad Doctor
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
055
Mickey et son Ami Pluto
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
056
Mickey’s Mellerdrammer
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
057
Mickey au Moyen-Âge
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
058
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
059
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
060
Mickey's Gala Premier
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
061
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
062
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
063
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
064
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
065
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
066
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
067
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
068
Mickey Gulliver
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
069
Hollywood Party
Animation 2D / Film "Live" • Metro-Goldwyn-Mayer
1934
Cinéma
1934
Cinéma
070
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
071
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
072
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
073
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
074
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
075
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
076
La Fanfare
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
077
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
078
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
079
Le Jardin de Mickey
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
080
Mickey Pompier
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
081
Le Jour du Jugement de Pluto
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
082
Mickey Patine
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
083
L'Equipe de Polo
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
084
Partie de campagne
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
085
Grand Opéra
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
086
De l'Autre Côté du Miroir
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
087
Le Rival de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
088
Le Déménagement de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
089
Les Alpinistes
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
090
Le Cirque de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
091
L'Eléphant de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
092
Le Mouton Devient Loup
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
093
Mickey Magicien
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
094
Chasseurs d'Elans
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
095
Amateurs de Mickey
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
096
Vacances à Hawaï
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
097
Nettoyeurs de Pendules
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
098
Les Revenants Solitaires
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
099
Constructeurs de Bateau
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
100
La Remorque de Mickey
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
101
La Chasse au Renard
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
102
Chasseurs de Baleines
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
103
Le Perroquet de Mickey
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
104
Le Brave Petit Tailleur
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
105
Mickey à l'Exposition Canine
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
106
Animation 2D • National Biscuit Company
1939
Cinéma
1939
Cinéma
107
Animation 2D • Standard Oil Company
1939
Cinéma
1939
Cinéma
108
Chien d'Arrêt
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
109
Le Remorqueur de Mickey
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
110
Le Rêve de Pluto
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
111
Le Voyage de Mickey
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
112
Fantasia
Animation 2D / Film "Live"
1940
Cinéma
1940
Cinéma
113
Le Tourbillon
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
114
Pluto Majordome
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
115
Mickey et Pluto Golfeurs
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
116
The Nifty Nineties
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
117
Mickey Bienfaiteur
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
118
Tends la Patte
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
119
Animation 2D • National Film Board of Canada
1942
Cinéma
1942
Cinéma
120
L'Anniversaire de Mickey
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
121
L'Heure Symphonique
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
122
Pluto et l'Armadillo
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
123
Les Locataires de Mickey
Animation 2D
1946
Cinéma
1946
Cinéma
124
Coquin de Printemps
Animation 2D / Film "Live"
1947
Cinéma
1947
Cinéma
125
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
126
Mickey, Pluto et l'Autruche
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
127
Pluto Fait des Achats
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
128
Mickey et le Phoque
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
129
Mickey et Pluto au Mexique
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
130
Donald Amoureux
Animation 2D
1950
Cinéma
1950
Cinéma
131
Plutopie
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
132
Pluto et le Raton Laveur
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
133
La Fête de Pluto
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
134
L'Arbre de Noël de Pluto
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
135
Mickey à la Plage
Animation 2D
1953
Cinéma
1953
Cinéma
136
Jeunesse • 4 Saisons
1955 • 1959
Télévision
1955 • 1959
Télévision
137
On Vacation
Compilation
1956
Télévision
1956
Télévision
138
The Fourth Anniversary Show
Promotionnel
1957
Télévision
1957
Télévision
139
Four Tales on a Mouse
Compilation
1958
Télévision
1958
Télévision
140
From All of Us to All of You
Compilation
1958
Télévision
1958
Télévision
141
Donald, Vedette de Télévision
Compilation
1960
Télévision
1960
Télévision
142
Compilation
1968
Télévision
1968
Télévision
143
Compilation • 2 Saisons
1972 • 1973
Télévision
1972 • 1973
Télévision
144
Mickey Mouse Disco
Animation 2D
1980
Cinéma
1980
Cinéma
145
Once Upon A Mouse
Animation 2D / Film "Live"
1981
Cinéma
1981
Cinéma
146
Le Noël de Mickey
Animation 2D
1983
Cinéma
1983
Cinéma
147
Compilation • Animation 2D
1987
Télévision
1987
Télévision
148
Funny, You Don't Look 200 : A Constitutional Vaudeville
Educatif • Animation 2D / "Live"
1987
Télévision
1987
Télévision
149
Compilation • Animation 2D / "Live"
1988
Télévision
1988
Télévision
150
Qui Veut la Peau de Roger Rabbit
Animation 2D / Film "Live"
1988
Cinéma
1988
Cinéma
151
Mickey's 60th Birthday
Promotionnel
1988
Télévision
1988
Télévision
152
Bonne Saint-Valentin Mickey
Compilation
1989
Télévision
1989
Télévision
153
Le Prince et le Pauvre
Animation 2D
1990
Cinéma
1990
Cinéma
154
The Best of Disney : 50 Years of Disney Magic
Promotionnel • Animation 2D / "Live"
1991
Télévision
1991
Télévision
155
Dingo et Max
Animation 2D
1995
Cinéma
1995
Cinéma
156
Mickey Perd la Tête
Animation 2D
1995
Cinéma
1995
Cinéma
157
Mickey Mania
Animation 2D
1999 • 2000
Télévision
1999 • 2000
Télévision
158
Mickey, Il Était Une Fois Noël
Animation 2D
1999
Vidéo
1999
Vidéo
159
Fantasia 2000
Animation 2D / Animation 3D / Film "Live"
2000
Cinéma
2000
Cinéma
160
Disney's Tous en Boîte
Animation 2D
2001 • 2003
Télévision
2001 • 2003
Télévision
161
Mickey, la Magie de Noël
Animation 2D
2001
Vidéo
2001
Vidéo
162
Mickey, le Club des Méchants
Animation 2D
2002
Vidéo
2002
Vidéo
163
Mickey, Donald, Dingo - Les Trois Mousquetaires
Animation 2D
2004
Vidéo
2004
Vidéo
164
Mickey, Il Était Deux Fois Noël
Animation 3D
2004
Vidéo
2004
Vidéo
165
Animation 3D • 4 Saisons
2006 • 2016
Télévision
2006 • 2016
Télévision
166
La Maison de Mickey : La Chasse aux Œufs de Pâques
Animation 3D
2007
Vidéo
2007
Vidéo
167
Animation 3D
2009
Vidéo
2009
Vidéo
168
Animation 3D
2009
Télévision
2009
Télévision
169
Animation 3D
2010
Vidéo
2010
Vidéo
170
Animation 3D
2011
Télévision
2011
Télévision
171
La Boutique de Minnie
Animation 3D
2011 • 2016
Télévision
2011 • 2016
Télévision
172
Animation 2D
2012
Internet
2012
Internet
173
Mickey Mouse
Animation 2D
2013 • ....
Télévision
2013 • ....
Télévision
174
La Maison de Mickey : Le Magicien d'Izz
Animation 3D
2013
Vidéo
2013
Vidéo
175
À Cheval !
Caméo • Animation 2D / Animation 3D • 3-D
2013
Cinéma
2013
Cinéma
176
La Maison de Mickey : Une Super Aventure !
Animation 3D
2013
Télévision
2013
Télévision
177
Animation 3D
2014
Télévision
2014
Télévision
178
La Maison de Mickey : La Collection Hiver de Minnie
Animation 3D
2014
Vidéo
2014
Vidéo
179
La Maison de Mickey : Mickey et les Monstres en Fête
Animation 3D
2015
Vidéo
2015
Vidéo
180
La Maison de Mickey : Dingo au Pays des Contes de Fées
Animation 3D
2016
Télévision
2016
Télévision
181
Joyeux Noël, Mickey et Donald
Animation 2D
2016
Télévision
2016
Télévision
182
Animation 3D • 3 Saisons
2017 • ....
Télévision
2017 • ....
Télévision
183
L'Épouvantable Halloween de Mickey
Animation 2D
2017
Vidéo
2017
Vidéo
184
Les Histoires Toc-Toc de Tic & Tac
Animation 3D
2017 • 2017
Télévision
2017 • 2017
Télévision
▲ Retour en haut de la liste ▲

Poursuivre la visite

Les Réseaux Sociaux

www.chroniquedisney.fr
Chronique Disney est un site amateur, non officiel, sans lien avec The Walt Disney Company, ni publicité,
utilisant des visuels appartenant à The Walt Disney Company ou des tiers par simple tolérance éditoriale, jamais commerciale.