Mickey Mouse - Dessin d'Henrieke
Dessin d'Henrieke
Date de création :
Le 15 mai 1928
Date de création officielle :
Le 18 novembre 1928
Nom Original :
Mickey Mouse
Créateur(s) :
Walt Disney
Ub Iwerks
Apparition :
Cinéma
BD
Télévision
Parcs
Jeux Vidéo
Voix Originale(s) :
Walt Disney (1928-1947)
Jimmy MacDonald (1948-1977)
Wayne Allwine (1977-2009)
Bret Iwan (Depuis 2009)
Chris Diamantopoulos (Depuis 2013)
Voix Française(s) :
Jacques Bodoin
Roger Carel
Marc François
Vincent Violette
Jean-Paul Audrain
Jean-François Kopf
Laurent Pasquier

Le portrait

Publié le 15 mai 2018

Mickey Mouse est plus qu'un personnage iconique, c'est une légende. Sa popularité fulgurante permet, en effet, à son créateur Walt Disney de vivre son premier grand succès et de sortir de l'ombre. Au fil des années, il devient l'ambassadeur des studios puis de la multinationale, The Walt Disney Company. Présent sur tous les supports, il est connu dans le monde entier depuis des générations. Il devient même, malgré lui, le représentant de l'Amérique impérialiste et inspire ainsi des artistes qui le détournent pour mettre en avant ses formes ou dénoncer ce qu'il représente. Aucun autre personnage animé, même Bugs Bunny chez Warner, n'impactera autant le cinéma et la culture du 20ème siècle.

Une Naissance Légendaire

La naissance de Mickey Mouse a toujours été entourée d'une aura de légende. De nombreuses versions circulent, il est vrai, sur sa création, dont plusieurs de la bouche même de Walt Disney ou d'Ub Iwerks.

Walt Disney
Lillian Disney
Roy O.Disney

En février 1928, alors que la moitié des cartoons de la série Oswald, le Lapin Chanceux est déjà réalisée et que le succès du lapin va grandissant, Walt Disney rejoint New York en train, pour - pense-t-il alors - simplement renégocier son contrat avec son distributeur, Charles Mintz. Sa série remportant tous les suffrages, il espère, en effet, obtenir une rallonge notable sur le prix d'un film, l'imaginant passer de 2250 $ à 2500 $. Le rendez-vous avec le distributeur tourne malheureusement vite à la bérézina. Non seulement, ce dernier exige une baisse du coût par épisode mais annonce aussi avoir conclu, avec tous les animateurs clés, des contrats à son nom. Il a purement et simplement dépecé, à son profit, l'équipe de Walt Disney et sa capacité de production. Les animateurs, à deux exceptions prés, Les Clark et Ub Iwerks, n'ont fait preuve d'aucune loyauté et se sont "vendus" en secret au distributeur. Le papa d'Oswald déchu se rend vite à l'évidence. Il abandonne scandalisé toute ambition sur son lapin chanceux, rompt tout contact avec Charles Mintz et Universal, se limitant strictement à honorer son contrat initial et terminer la livraison des cartoons prévus. Walt Disney est désormais convaincu qu'il lui faut voler de ses propres ailes. Il quitte ainsi New York le 13 mars 1928 après avoir envoyé un télégramme à son frère Roy O.Disney lui indiquant que tout va bien et qu'il lui donnera des détails à son retour.


Télégramme de Walt Disney à son frère daté du 13 mars 1928

C'est ici que la légende commence. Walt Disney aurait en effet imaginé Mickey dans le train qui le ramenait à Hollywood après son entrevue houleuse à New York. Le Maître de l'animation en devenir est, à ce moment précis, aussi bien scandalisé qu'effondré et le voyage de retour vers la Californie, effectué en train avec sa femme Lillian, reste pour lui l'un de ses pires moments professionnels. Son studio était, il est vrai, désormais orphelin et son équipe, décimée même si elle comprenait toujours ses plus précieux piliers. Pourtant, le grand Walt conserve une foi inébranlable en ses capacités de rebonds. Cet épisode fâcheux n'est, en réalité, pas son premier et il a appris depuis longtemps que la réussite est tout sauf un long fleuve tranquille. Mieux, il tire de cette mésaventure une règle à laquelle il ne dérogera plus jamais. Il connaît désormais l'impérieuse nécessité de toujours garder pour soi la totale propriété de ses œuvres et d'en assurer, en permanence, un contrôle draconien. Walt Disney se trouve donc dans l'obligation absolue de trouver un nouveau héros pour relancer la machine et produire une nouvelle série de cartoons. Une souris anthropomorphisée lui apparaît bien vite comme la solution idéale puisque il n'en existait aucune autre ayant le rôle principal : les chiens, chats ou lapins lui étant toujours préférés... La légende veut également que le choix de se porter sur une souris viendrait du fait que Walt était parvenu, dans son ancien studio de Kansas City, à en apprivoiser un spécimen qu'il avait dénommé Mortimer, nom qu'il attribue dans la foulée à son nouveau personnage. Sa femme Lillian, n'adhérant pas au patronyme, jugé par trop solennel pour un animal de dessin animé, le rebaptise rapidement Mickey.


Les premières souris de Walt Disney

Le choix de faire de son personnage une souris n'est pas vraiment une surprise. La petite histoire sur la souris apprivoisée révèle en effet que Walt Disney éprouvait un certain attachement pour ces rongeurs. S'il est toutefois bien difficile de savoir si l'anecdote est véridique, il est aisé de retrouver des traces de ces petits animaux dans ses œuvres précédant la naissance de Mickey Mouse. De nombreuses souris parsèment, il est vrai, les cartoons des séries Alice Comedies et Oswald, Le Lapin Chanceux. Ce sont certes des personnages secondaires mais ils sont bien présents se permettant même d'apparaître dans les affiches publicitaires comme celles d'Alice the Peacemaker en 1924 ou de The Ol' Swimmin' Hole en 1928. De même, elles se remarquent dans les derniers épisodes des Alice Comedies et servent aux animateurs de Walt Disney de ban d'essai. Avec la disparition du chat Julius, de nombreux personnages secondaires font, il est vrai, leur apparition, et notamment, de précieuses souris qui voient leurs oreilles s'allonger au point de ressembler à des oreilles de lapins, une manière habile de s'entraîner à animer le bientôt-né Oswald ! Leur présence est particulièrement flagrante dans Alice the Whaler ou dans Alice in the Big League, tous les deux sortis en 1927.

Ub Iwerks
Les Clark
Wilfred Jackson

Walt Disney et sa femme rentrent donc à Hollywood le dimanche 18 mars 1928. Les témoignages de ce retour sont assez flous et plutôt contradictoires. Une réunion semble avoir eu lieu au domicile de Walt et de Lillian avec son frère Roy et l'animateur Ub Iwerks. La présence de Les Clark à cette réunion est parfois mentionnée. Il était important lors de ce brainstorming improvisé de trouver un nouveau personnage afin de planifier la succession d'Oswald. Impossible en effet d'attendre le lundi matin afin de le faire aux studios car les animateurs que Mintz avaient débauchés seraient toujours présents et pourraient écouter aux portes. C'est ainsi lors de ce meeting qu'a certainement eu lieu la naissance graphique de Mickey. Un feuillet, exposé au The Walt Disney Family Museum à San Francisco, propose d'ailleurs ce qui est présenté comme le Mickey N°1. Cette feuille est divisée en six rectangles et il peut s'y voir neuf souris. Deux dessins ressortent clairement du lot avec des traits appuyés. Deux dessins sont entourés au stylo bleu. Le dessin entouré au centre et parfaitement dessiné est donc devenu le Mickey tel qu'il apparaîtra dans son premier cartoon, L'Avion Fou : torse nu, sans chaussures, portant une culotte courte avec deux boutons. La paternité de ce dessin ne fait aucun doute et est attribuée à Ub Iwerks. Par contre, celui qui pose question est le Mickey en haut à gauche du feuillet, l'autre dessin clairement mis en valeur. Ce Mickey N°0 est, en effet, plus habillé avec un pantalon, des chaussures, une chemise blanche et un nœud papillon. Qui a pu avoir l'idée de cette version ? S'agit-il d'un croquis de Walt Disney réalisé dans le train de retour de New York ? Est-ce un dessin d'Ub Iwerks à partir d'un croquis de Walt ? Rien n'est sûr en l'espèce et il est impossible d'apposer une paternité précise à ce dessin même si certains spécialistes attribuent tous les dessins du feuillet à Ub Iwerks. Dans tous les cas, ce Mickey N°0 fait incroyablement penser à un personnage qui se serait appelé Mortimer... Cette version semble avoir été une base de travail puisque trois autres dessins moins aboutis s'en inspirent. Le feuillet présente également quatre têtes de Mickey, légèrement crayonnés. Enfin, il sera noté un neuvième dessin représentant le personnage qui deviendra Minnie Mouse.


Mickey N°1 (Cliquez sur l'image pour agrandir)

Walt Disney est tellement décidé à relancer - pour ne pas dire sauver - l'indépendance de son studio qu'il met en production le premier cartoon de "sa" souris alors même que les dernières aventures d'Oswald, encore sous contrat chez lui, sont, elles, en train d'être terminées par ses collaborateurs fraîchement débauchés par Charles Mintz. Ub Iwerks s'enferme, donc, secrètement dans son bureau et travaille seul sur le premier cartoon de Mickey. Il constitue d'ailleurs assurément le summum de sa carrière d'animateur. Il en a, il est vrai, assuré entièrement l'animation et ce, dans une période record de deux semaines seulement. Même s'il utilise la technique de la répétition et se résout à une grande pauvreté de la foule, Ub Iwerks réalise ici un véritable exploit puisqu'il signe un rendement journalier estimé à 700 dessins ! Début mai 1928, Walt Disney improvise un studio dans son garage pour monter le film et renoue avec les conditions dans lesquelles il avait réalisé sept ans plus tôt ses Laugh-O-Grams. Aidé de sa femme et de sa belle-sœur, il encre et peint les celluloïds qui sont transportées au studio, de nuit et dans le plus grand secret, afin de tourner le cartoon sur caméra, sans interférer avec la production, elle connue, des derniers courts-métrages d'Oswald. L'Avion Fou est ainsi bouclé à la mi-mai, presque en même temps que les ultimes aventures du lapin. Mais Walt Disney n'est pas encore au bout de ses peines. S'il est, en effet, prêt à offrir aux distributeurs un épisode de sa toute nouvelle série, aucun n'est intéressé par la première prestation de Mickey. Le premier cartoon de Mickey est diffusé, tout de même, de façon informelle le 15 mai 1928 dans une salle de Sunset Boulevard à Los Angeles. Comme il s'agit de la première projection publique d'un cartoon de Mickey, l'anniversaire du personnage peut donc être placé à cette date. Le 21 mai 1928, comme Walt Disney se l'était promis, il dépose le copyright du personnage Mickey Mouse et fait de même, le 26 mai, pour le cartoon en lui-même, L'Avion Fou. Avec ce geste, il change la manière d'aborder le métier en prenant le contre-pied de la profession. Fini le temps où le producteur ne sert que d'intermédiaire au distributeur qui contrôle et détient, lui, tous les droits des personnages et des œuvres elles-mêmes ! Walt Disney devient maître de son destin. Il sera bien vite suivi dans sa démarche par tous les producteurs de l'époque.


L'Avion Fou (1928)

Walt Disney peine en revanche à convaincre les distributeurs de la qualité de Mickey Mouse. Son deuxième cartoon, Mickey Gaucho, est aussi retoqué par les professionnels qui ont, purement et simplement, refusé de le présenter au public même s'il est diffusé, à la façon du premier, de façon informelle le 28 août 1929 à Los Angeles. Mais l'industrie du cinéma va fort heureusement connaître l'une des révolutions dont elle a le secret et indirectement donner au Maître de l'animation en devenir le coup de pouce qu'il lui manque alors. The Jazz Singer (1928) premier film parlant bouleverse, il est vrai, le tout Hollywood et remporte immédiatement un immense succès auprès du grand public. Walt Disney sait qu'il tient, là, la clé de son avenir. Il comprend, en effet, qu'il se doit d'intégrer le son à ses dessins animés. Il a conscience aussi qu'il lui faut dès lors trouver des trésors de soins et d'ingéniosité pour arriver à un résultat convaincant. Il décide donc de se consacrer à un cartoon spécialement créé pour être parlant. Une chose est claire : il devra regorger de personnages parfaitement synchrones avec une bande son correctement rythmée... Mais voilà... Personne dans l'équipe Disney n'a, à l'époque, la connaissance du solfège. Seul un jeune animateur fraîchement embauché, Wilfred Jackson, joue de l'harmonica. Il sait, en revanche, grâce à sa mère, professeur de musique, se servir d'un métronome. Il a ainsi l'heureuse idée de proposer cet instrument comme outil de synchronisation du rythme musical avec la succession d'images. Ce système sommaire et intuitif permet d'agencer musique et bruitages en décomposant les effets sonores tout en réinterprétant les chansons Turkey in the Straw et Steamboat Bill. Walt Disney se rend ensuite à New York pour rencontrer la société RCA qui propose un système sonore malheureusement trop cher et trop complexe pour ses petits studios. Fort heureusement, il fait, lors de la réunion, la connaissance de Pat Powers, un petit distributeur indépendant qui lui trouve le matériel nécessaire ainsi que la compétence pour enregistrer la bande son de son cartoon. Deux essais sont nécessaires pour arriver à un résultat satisfaisant après une rallonge budgétaire forçant Walt Disney à prodiguer les voix des personnages de Mickey et de Minnie. Au final, Willie, le Bateau à Vapeur est présenté au Colony Theater le 18 novembre 1928 en première partie de Gang War. Le cartoon - le tout premier de l'histoire du cinéma à avoir une bande son synchronisée et complexe - emporte, en moins d'une semaine, l'adhésion du grand public et des critiques. La carrière de Mickey est lancée : Walt Disney comme The Walt Disney Company ont donc par la suite toujours considéré la date d'anniversaire de la souris comme étant le jour de la première du tout premier dessin animé parlant de l'histoire du cinéma.


Willie, le Bateau à Vapeur (1928)

Des Caractéristiques Connues de Tous

Une des raisons du succès de Mickey est sans aucun doute son apparence reconnaissable entre toutes. Mais sa personnalité et sa voix ont aussi beaucoup apporté au personnage au fil du temps.

Le Design

Ub Iwerks, de loin, le meilleur animateur de l'époque, définit les premières caractéristiques physiques de la souris, même si Walt Disney a assurément aussi une grande influence dans son aspect final. Mickey a, en fait, une petit air d'Oswald avec un corps plus fin et des oreilles rondes. Il est construit à partir de deux grands cercles, un pour le tronc et l'autre pour la tête, complétés de deux autres, plus petits, pour les oreilles. Ses bras et jambes, en forme de tuyau d'arrosage, se terminent par des mains potelées et de grands pieds qui lui assurent la stabilité. Il possède des mains à quatre doigts dont un pouce. Enlever un doigt avait un sens artistique (cinq doigts étaient de trop pour une petite souris) mais également économique (car bien plus facile à animer). Il est également doté d'une longue et fine queue, d'un nez en forme de prune et de yeux ronds comme des boutons. Ses traits privilégient, en réalité, des formes circulaires bien plus faciles à animer à l'époque. L'une des caractéristiques du personnage est notamment que ses oreilles, peu importe sa position à l'écran, fassent toujours face aux spectateurs en pleins cercles. Leur forme va d'ailleurs vite devenir la marque de fabrique de Mickey et un signe distinctif facilement reconnaissable par le public.

Mickey est un personnage vivant, en cela qu'il ne va pas rester plongé dans la naphtaline et va évoluer au fil des époques et des technologies. Dès son deuxième cartoon, Mickey Gaucho, il gagne déjà une paire de chaussures. Dans son cinquième cartoon, L'Opéra en 1929, il commence à porter des gants. Le gant blanc a été rajouté afin de permettre de bien distinguer les doigts par rapport au reste du corps noir. Là aussi, le port de gant blanc va devenir une norme auprès des grands personnages animés, chez Disney bien-sûr (Dingo, Pat Hibulaire...) mais également chez la concurrence (Bugs Bunny, Woody Woodpecker...).  Dans The Karnival Kid, toujours en 1929, il prononce ses premiers mots "Hot dogs! Hot dogs!". Diffusé dans un premier temps en noir-et-blanc, la couleur du short de Mickey va évoluer au fur et à mesure des publications publicitaires que ce soit les posters, les dossiers de presse ou le marchandisage. Si celle-ci était principalement rouge avec deux boutons blancs, elle pouvait aussi être blanche avec des boutons rouges ou verte avec des boutons jaunes. Sa couleur se figera réellement au rouge en 1932 sous l'impact des sunday strips en couleur. Pour autant, un peu plus tard dans l'année, lors de sa première apparition en technicolor dans le cartoon promotionnel Parade des Nommés aux Oscars, Mickey verra la couleur de son short encore changer pour du vert à bouton blanc. Finalement, à partir de 1935 avec La Fanfare, les cartoons du personnage seront désormais uniquement en couleur et son short définitivement rouge.


Fred Moore

Ub Iwerks quittant les studios Disney en 1930, d'autres animateurs vont alors assumer la destinée graphique de Mickey. Durant la seconde moitié des années 30, l'un des plus talentueux animateurs assignés à la souris est sans contexte Fred Moore. En 1938, Walt Disney lui donne en effet la responsabilité de faire briller le personnage dans le court-métrage L'Apprentie Sorcier, qui deviendra une séquence du film concert Fantasia. Pour donner plus d'émotions à Mickey, il décide de faire évoluer son apparence sans en parler à son patron. Il ne lui dit rien jusqu'à lui montrer le résultat final en salle de projection. Walt Disney est conquis et s'exclame tout de go qu'il veut que désormais le héros soit toujours dépeint avec cette nouvelle apparence. Alors que Fantasia ne sortira finalement qu'en 1940, le cartoon de 1939 de Chien d'Arrêt, pensé à l'origine avec l'ancien design, se voit donc remodelé pour accueillir le "nouveau" Mickey. La souris gagne un corps un peu plus épais, voit ses jambes raccourcir un peu et sa tête grossir en proportion. Mais c'est surtout son visage qui évolue le plus permettant une plus grand palette d'émotions. Mickey voit ses yeux changer désormais, faits de ronds blancs avec des pupilles noires. Enfin, sa couleur de peau est retouchée également puisqu'elle passe du blanc à la couleur chair.


Mickey par Fred Moore en 1938
(Cliquez sur l'image pour agrandir)

La souris évoluera ensuite, pendant longtemps, extrêmement peu même si dans les années 40, il se voit de moins en moins affublé de son short rouge mais d'habits à la Monsieur tout le monde. Dans les années 50, son dessin se fait légèrement moins rond dans la mouvance de l'animation de l'époque. En réalité, il faudra attendre les années 2000 et 2010 pour que le personnage évolue de façon significative. En 2003, il a droit à sa première apparition en image de synthèse dans l'attraction Mickey's PhilharMagic au Magic Kingdom à Walt Disney World. Cette apparence numérique sera utilisée ensuite dans certains films vidéo ou séries télévisées. Mais le plus grand changement que subit Mickey depuis celui de Fred Moore est assurément dû à Paul Rudish pour sa série animée de 2013 diffusée sur Disney Channel. Afin de revenir à un design et une personnalité plus proches de ceux des années 20, Mickey devient, en effet, plus anguleux pour coller avec un état d'esprit qui retrouve l'espièglerie de ses débuts.

Mickey en 2013
Paul Rudish
La Personnalité

Encore plus important que son apparence, Mickey a une particularité qui est alors une véritable nouveauté dans le milieu de l'animation. Le futur ambassadeur de Disney dispose, en effet, d'une personnalité. Cet élément est sans aucun doute la contribution la plus durable de Walt Disney au succès de Mickey. Si l'apparence de la souris est à l'évidence due au talent d'Ub Iwerks, le contrôle par Walt Disney des situations dans lesquelles évolue le personnage lui ouvre la voie à une existence quasi-humaine. Le papa de Mickey a compris, avant tout le monde, que les "toons" se devaient de donner l'illusion de penser par eux-mêmes...

Comme son design, la personnalité de Mickey a beaucoup évolué au fil du temps. À ses débuts, la souris est aventurière, téméraire, aimant faire la fête, chanter et danser. Surtout, elle est fortement optimiste et volontaire. De plus, c'est un personnage venant plutôt de la campagne ; plusieurs de ses premières aventures s'y déroulant. En réalité, Mickey était le miroir de son époque : celui de la Grande Dépression des années 30, où la vie était dure pour beaucoup de gens et où l'Américain moyen, malgré les difficultés, gardait la tête haute et des ambitions de réussite intactes. Néanmoins, au fur et à mesure que sa popularité augmente, sa personnalité s'assagit. Il devient bien plus charitable, prévenant, gentil tout en gagnant un rôle de leader, en particulier dans son trio avec Dingo et Donald. Mais, plus il devenait le symbole des studios Disney et un modèle pour le public, en particulier les plus jeunes, plus les artistes avaient du mal à lui trouver des histoires drôles qui sortent de l'ordinaire.

Paradoxalement, son passage du noir-et-blanc à la couleur va accentuer son retrait par rapport à d'autres personnages moins linéaires. Son côté aventurier va disparaître des écrans pour se limiter à ses aventures papiers. À partir des années 40, ses escapades au cinéma vont ainsi se raréfier mais aussi changer de ton. Mickey passe du campagnard torse nu en culotte courte à l'Américain moyen vêtu d'un pantalon et d'une chemise, vivant en banlieue. La fin des ses aventures sur grand écran termine de le transformer en icône quasi intouchable. Il devient un symbole pour le public et une marque pour les studios : impossible dès lors de lui faire faire n'importe quoi. Seule la bande dessinée, et encore uniquement au format comics book, permet au personnage de Mickey d'avoir des aventures innovantes. Les années 80 le remettront en avant aux yeux du public qui l'avait un peu oublié. Avec son retour à la télévision à la fin des années 90, il est, en effet, redécouvert par une nouvelle génération. Il prend ici une dimension nouvelle : celui de la transmission de savoirs et de conseils aux touts petits. Désormais Mickey est considéré comme un héros gentil et attentionné, même s'il n'est pas à l'abri de maladresse. Par contre, il conserve, envers et contre tous, et depuis sa naissance, son côté joyeux et positif.

La Voix

Le dernier élément à finir d'asseoir les caractéristiques du personnage de Mickey est évidemment sa voix. Walt Disney avait doublé la souris au pied levé pour son premier dessin animé parlant, Willie, le Bateau à Vapeur. Au fil du temps, il va lui donner une voix de fausset, plutôt timide, et le rendre ainsi reconnaissable entre tous. Walt Disney éprouvera beaucoup de fierté de doubler son personnage fétiche durant des années. Jusqu'en 1946, c'est en effet lui qui sera responsable de la voix de Mickey. Il y aura tout de même quelques exceptions. Carl W. Stalling sera ainsi la première personne à faire prononcer des mots à Mickey dans The Karnival Kid, sûrement par facilité puisqu'il composait également la musique du court-métrage. Walt Disney reprendra ensuite sa tâche. Bien plus tard, en 1934, alors que le maître de l'animation est en voyage en Europe pour des vacances bien méritées, c'est Clarence Nash, le doubleur de Donald, qui prodigue la voix de la souris dans le cartoon Un Enlèvement de Chien. D'autres doubleront ensuite Mickey notamment J. Donald Wilson, Joe Twerp et John Hiestand dans l'émission de radio diffusée en 1938, The Mickey Mouse Theater of the Air. En 1946, Walt Disney reconnait enfin qu'il n'est plus en mesure de faire la voix de Mickey. Officiellement, car son emploi du temps devient incompatible avec un doublage régulier mais officieusement car, fumeur invétéré, sa propre voix s'était fatiguée avec le temps. Ses deux dernières prestations seront donc entendues en 1947 : le film Coquin de Printemps et le cartoon Rendez-vous Retardé. Walt Disney assumera tout de même la voix de Mickey pour l'émission Mickey Mouse Club en 1955.

Jimmy Macdonald
Wayne Allwine

Niveau vocal, Walt Disney est remplacé par Jimmy Macdonald, dit John James MacDonald. Embauché par les studios Disney en 1934, il est, quand son patron vient le trouver pour faire la voix du personnage iconique des studios, un employé du département Disney Sound Effects Department travaillant dans les effets sonores des films ainsi que sur certaines voix des personnages. Il est carrément adoubé par Walt Disney pour devenir la nouvelle voix officielle de la souris jusqu’en 1977 quelques années avant sa retraite en 1983. Il commence ainsi en 1946 sur certaines scènes de Coquin de Printemps puis doublera tous les cartoons restants, en commençant par Mickey, Pluto et l'Autruche en 1948 mais aussi diverses publicités et passages à la télévision. En 1977, il laisse lui-même sa place à un jeune apprenti de son équipe d'effets spéciaux : Wayne Allwine. Ce dernier fera ses débuts avec le personnage sur l'émission The New Mickey Mouse Club en 1977 puis au cinéma en 1983 dans Le Noël de Mickey. Il fera ensuite la voix de la souris aussi bien à la télévision qu'au cinéma, sur les films sortis directement en vidéo, les jeux vidéo ou dans les Parcs. Il meurt prématurément en 2009 alors qu'il venait finir de doubler en anglais le jeu, Kingdom Hearts: Birth by Sleep. Il est remplacé par Bret Iwan, notamment sur la série La Maison de Mickey. Alors que Bret Iwan est la nouvelle voix officielle de Mickey, Chris Diamantopoulos sera choisi pour le rôle de la souris sur la série Mickey Mouse pour Disney Channel ; toujours dans l'idée, avec son nouveau design, de rajeunir et de rendre plus espiègle le personnage.
En France également, Mickey aura droit à de nombreux doubleurs. Il peut être notamment cité Jacques Bodoin, Roger Carel, Marc François, Vincent Violette, Jean-Paul Audrain, Jean-François Kopf ou Laurent Pasquier.

Bret Iwan
Chris Diamantopoulos

Une Star de Cinéma

Mickey Mouse devient vite un personnage extrêmement populaire, principalement grâce au grand écran. La carrière au cinéma de la souris est, en effet, plutôt imposante avec près de 140 courts-métrages à son actif sans compter sa participation à une dizaine de longs-métrages, d'abord au cinéma puis directement en vidéo. Mais, même s'il reste le personnage le plus iconique de Disney, son passage à la couleur va étrangement le rendre de plus en plus rare dans les salles. Le plus gros de sa carrière cinématographique se fera ainsi avant 1940, sans l'empêcher toutefois d'apparaître dans des rôles emblématiques par la suite. Les studios Disney aiment, en effet, de temps à autre,s le reproposer en souvenir au public et à chaque fois Mickey brille au firmament.

1928 • 1935 : Les années noir-et-blanc

Bal de Campagne (1929)
When the Cat’s Away (1929)

Après la première projection de Willie, le Bateau à Vapeur, Walt Disney se voit proposer un contrat de distribution par l'homme d'affaires Pat Powers associé à Celebrity Productions. Le créateur de Mickey aurait assurément préféré signer avec un grand studio, mais ces derniers le snobent encore à l'époque. Il signe donc un "timide" contrat d'un an. L'Avion Fou et Mickey Gaucho sont ainsi sonorisés et ouvrent la voie à la mise en production d'autres cartoons dont le premier est Bal de Campagne qui sort le 14 mars 1929. Très vite, les courts-métrages s'enchaînent... Walt Disney décide, alors, de modifier quelque peu le processus de fabrication de ses cartoons et pose comme règle préalable à toute nouvelle production, l'enregistrement de la bande sonore avant la réalisation de l'animation. Sans le savoir, il fait faire au dessin animé un bond en avant. Les animateurs peuvent, en effet, travailler sur les images et arriver à un bien meilleur rythme et une excellente synchronisation. D'ailleurs, pour parfaire le résultat et gérer la partie musicale, Walt Disney embauche Carl Stalling, une vieille connaissance de Kansas City qui a, derrière lui, des années d'expérience dans l'accompagnement de films muets...

The Plow Boy (1929)
Les Folies de Mickey (1929)

De cartoon en cartoon, la mythologie de Mickey se met en place, même si comme tout nouveau personnage, des tâtonnements se font jour. Par exemple, dans le sixième cartoon, When the Cat’s Away, Mickey et Minnie voient leur échelle de grandeur changer. Alors qu'ils avaient jusqu'à maintenant la taille d'humain anthropomorphe, ils se retrouvent ici aussi grands que des... souris ! The Plow Boy commence, lui, à développer l'entourage de Mickey avec l'apparition des personnages d'Horace Horsecollar et Clarabelle Cow tandis que Pluto voit le jour un an plus tard dans Symphonie Enchaînée. Les Folies de Mickey permet, lui, d'entendre pour la première fois la chanson Minnie's Yoo Hoo, composée par Walt Disney et Carl Stalling, qui va devenir un temps un hymne de la série. Le 15 mai 1930, Qui s'y Frotte s'y Pique marque aussi la dernière fois où Ub Iwerks, son créateur graphique, animera Mickey.

Symphonie Enchaînée (1930)
Qui s'y Frotte s'y Pique (1930)

Le studio connaît, en effet, en 1930, une nouvelle crise de taille avec le départ d'Ub Iwerks et Carl Stalling. Le contrat de distribution qui lie Pat Powers à Walt Disney arrive, en fait, à son terme, et comme Charles Mintz avant lui, ce dernier sous-estime l'importance du grand Walt dans la réussite de l'entreprise de Mickey. Pat Powers pense ainsi qu'Ub Iwerks a autant, si ce n'est plus, de talent que son Maître et lui propose, en sous-main, de réaliser sa propre série de dessins animés. L'accord conclu, il s'empresse de contacter les frères Disney en leur proposant de déchirer le contrat qui les liait avec leur fidèle collaborateur. Walt et Roy refusent aussitôt si bien qu'Ub Iwerks, pris entre deux chaises, décide finalement de quitter de son propre chef les studios Disney pour rallier l'entreprise de Powers. Terrible erreur ! Il ne connaîtra, il est vrai, jamais le même succès qu'avec Disney et reviendra finalement en 1940 aux studios de Mickey mais seulement en tant que spécialiste caméra et effets-spéciaux. Un peu après le départ de l'animateur fétiche des studios, Carl Stalling quitte lui aussi le navire, apparemment persuadé que la bulle Disney allait éclater sans Iwerks. Imperturbables, les frères Disney signent alors un nouveau contrat avec Columbia Pictures. La popularité croissante de Mickey assure à leurs studios un succès grandissant. Fin 1930, Mickey est, il est vrai, devenu une célébrité internationale. Columbia Pictures, flairant le succès, met en place une distribution nationale des dessins animés Disney, allant même jusqu’à organiser une ressortie pour nombre d’entre eux. Il reste le distributeur des studios Disney jusqu'en 1932 avant d'être remplacé par United Artists puis à nouveau changé en 1937 par RKO Pictures.

Burt Gillett
Dave Hand
Ben Sharpsteen
Webb Smith

L'équipe du studio se consolide au fur et à mesure. De nouveaux artistes vont, en effet, prendre les rênes de la réalisation des cartoons de Mickey : Wilfred Jackson d'abord puis Burt Gillett jusqu'au milieu des années 30 mais aussi Dave Hand puis plus tard Ben Sharpsteen. C'est d'ailleurs, à cette époque, qu'un département attaché aux histoires et scénarios des films estampillés Disney est tout spécialement créé. Au tout début, les récits sont notés à la façon de bandes-dessinées sur un simple carnet. Bien vite, le nouveau service, par l'intermédiaire de Webb Smith, un dessinateur maison, commence à faire des dessins sommaires sur des feuilles de papier séparées, puis à les punaiser les unes après les autres sur un panneau. Cette technique de story board qui ne dit pas son nom permet ainsi au réalisateur d'avoir une vision globale du film sans avoir à passer par le stade coûteux de l'animation. Si des changements s'avèrent nécessaires, il suffit d'enlever des dessins ou d'en rajouter. De plus, elle offre à Walt Disney, pour son plus grand bonheur, la possibilité de s'impliquer totalement dans l'élaboration des scénarios et de demander à ses collaborateurs de se démener dans l'inventivité, même si, lui-même, ne dessine déjà plus...

Les Orphelins de Mickey (1931)
Mickey Père Noël (1932)

Mickey devient une véritable institution en seulement trois ans. Le succès est tel que le public va au cinéma pour voir le court-métrage d'animation de la première partie plutôt que le film à l'affiche. En 1931, il est un personnage suffisamment populaire pour que le magazine Time lui consacre un article de fond. Au fur et à mesure, Mickey devient un symbole national, et en tant que tel, est censé se comporter correctement en toutes circonstances. S'il lui arrive de commettre un écart, le studio est, alors, immédiatement inondé de lettres de parents en colère ou d'associations de vigilance, inquiets de l'influence de la souris sur l'éducation de la jeunesse américaine. Il est ainsi de plus en plus difficile de lui trouver des situations comiques qui ne froissent pas telle ou telle partie de l'opinion. Mickey se retrouve dès lors de plus en plus cantonné dans le rôle de l'honnête homme. Mais cette évolution n'érode pas encore le fondement de sa personnalité et ses films du milieu des années trente sont tous inventifs. Il peut être cité Les Orphelins de Mickey (1931), Mickey Père Noël (1932), The Mad Doctor (1933) ou Mickey Gulliver (1934) parmi certains courts-métrages qui sont devenus des classiques.

The Mad Doctor (1933)
Mickey Gulliver (1934)

Afin de palier à ses tracas de bonne réputation forcée, Mickey Mouse est vite entouré de personnages secondaires récurrents qui prennent de plus en plus de place. Minnie, sa fiancée, et Pluto, son fidèle chien, sont là depuis plusieurs années déjà. Par contre, Clarabelle, la vache, et Horace, le cheval, vont voir leur aura s'estomper au cinéma. Ils sont remplacés par deux personnages bien plus charismatiques. Les meilleurs amis de Mickey, Dingo et Donald, font ainsi leur entrée respectivement, pour le premier, en 1932 dans Mickey au Théâtre et pour le second, en 1934 dans le cartoon Une Petite Poule Avisée de la série Silly Symphonies. En 1934, Mickey Bienfaiteur voit Donald intégrer pour la première fois la série des Mickey Mouse tandis que Dingo adopte son nom américain, Goofy. Ce cartoon est également la première occasion de voir réuni le trio Mickey, Donald et Dingo !

Mickey au Théâtre (1932)
Mickey Bienfaiteur (1934)

Un fait est peu connu. La carrière de Mickey au cinéma dans les années 30 ne s'est pas limité aux courts-métrages. Les studios Disney ont, en effet, prêté leur personnage afin qu'il apparaissent dans plusieurs longs-métrages d'autres studios. Le premier d'entre eux est Voyage Autour du Monde diffusé le 12 décembre 1931 qui propose un documentaire sur les voyages de l'acteur Douglas Fairbanks. La séquence de Mickey dans Voyage Autour du Monde dure toutefois moins d'une minute ! Il s'agit d'une scène de danse qui se trouve dans la partie consacrée au Siam. Après une présentation d'une danse locale, Douglas Fairbanks annonce, il est vrai, qu'une grande star va s’y essayer. La seconde apparition de Mickey dans un long-métrage a lieu dans La Quarante Chevaux du Roi sorti le 4 novembre 1933. Le film comporte une séquence futuriste dans laquelle un extrait du cartoon de Mickey, Mickey au Moyen-Âge, s'invite sur un écran de télévision (un appareil alors totalement avant-gardiste à l'époque !). Cette collaboration reste toutefois quantité négligeable puisque Walt Disney ne fournit là aucun travail spécifique mais se contente de mettre à disposition indirecte l'une de ses œuvres, intégrée dans le long-métrage dont elle n'est qu'un simple artifice. L'ambition est toutefois tout autre pour sa troisième participation à un film dans Hollywood Party le 1er juin 1934. Mickey apparaît ainsi au milieu du film lorsqu'une invitée apeurée s'écrie : "Une souris ! Une souris !". Jimmy Durante, le maître de cérémonie du film, se porte à son secours et se retrouve, à sa grande surprise, devant le plus célèbre des rongeurs. Cette séquence d'interactions d'un personnage toon avec un acteur en chair et en os jouit d'une parfaite maîtrise technique. Walt Disney reprend là, en les améliorant, ses habitudes prises dans la série des Alice Comedies du milieu des années 20.

Voyage Autour du Monde (1931)
Hollywood Party (1934)
1935 • 1953 : Les années couleur

Curieusement, la star Mickey doit patienter jusqu'en 1935 pour avoir l'honneur de la couleur (le tout premier cartoon en couleur, issu de la série des Silly Symphonies, remontant lui à 1932). L'affront est néanmoins réparé en grandes pompes avec La Fanfare qui constitue donc la toute première fois où Mickey est proposé en couleur au cinéma pour le grand public. Avant cela, il avait, il est vrai, eu droit à une apparition en couleur dans le court-métrage commercial, Parade des Nominés aux Oscars, au cours duquel, entouré de ses ses amis, il présentait les nommés pour l'Oscar du Meilleur Acteur et de la Meilleure Actrice de l'édition de 1932 de la fameuse cérémonie. La Fanfare comporte également une anecdote lourde de sens : Donald y reprend, en effet, le thème joué par Mickey, Turkey un the Straw, dans Willie, le Bateau à Vapeur : il y a, dans cette décision symbolique, un passage de relai évident. Le canard perturbateur se substitue à Mickey en reprenant, à son compte, le rôle du semeur de désordre pour le studio.

Parade des Nominés aux Oscars (1932)
La Fanfare (1935)

En 1935, Mickey est déjà à un tournant de sa carrière et le passage à la couleur va bizarrement entamer le long déclin de sa postérité au cinéma. Le personnage a, il est vrai, bien évolué depuis sa naissance en 1928. Du petit espiègle toujours prêt à l'aventure, il est devenu l'icône d'un studio, gentil et droit, et surtout ultra attachant. De même, l'humour ne vient plus principalement de lui. Les artistes ont d’ailleurs de plus en plus de mal à trouver des gags avec Mickey et se focalisent désormais sur des personnages secondaires comme Dingo, Pluto ou le petit dernier, Donald, dont les succès sont couronnés par la mise en production de leurs propres séries. Plusieurs cartoons proposent aussi des aventures tournés autour du trio formé par Mickey, Donald et Dingo au sommet de leurs formes et de leurs drôleries, et notamment Nettoyeurs de PendulesLes Revenants Solitaires ou La Remorque de Mickey.

Les Revenants Solitaires (1937)
La Remorque de Mickey (1938)

Pour autant, Mickey seul ne démérite pas. Certaines de ses prestations "en solo" sont de véritables petits bijoux, à l'image de De l'Autre Côté du Miroir ou du (Le) Brave Petit Tailleur qui est, en fait, son dernier grand cartoon. L'animation de Mickey dans ce court-métrage est ainsi tout simplement superbe. Le personnage y est plus expressif, charmant et courageux que jamais ! En plus de sa superbe animation, le cartoon s'illustre également par ses décors tout simplement magnifiques que cela soit dans la boutique de Mickey, dans la salle du trône du Roi ou dans la campagne où se déroule l'affrontement avec le géant. Tout est en réalité somptueux dans ce dessin-animé. Un peu trop peut-être... Il coûte, à l'époque, tellement cher à réaliser qu'il fit dire à un Walt Disney, décidément bon gestionnaire : "Plus jamais cela !".

De l'Autre Côté du Miroir (1936)
Le Brave Petit Tailleur (1938)

Mickey va ensuite vivre un gros changement en 1939. Afin d'avoir un personnage plus expressif dans l'émotion, son évolution graphique est actée. La révélation est proposée au public le 21 juillet 1939 dans le cartoon Chien d'Arrêt, le deuxième et dernier cartoon officiel de la série Mickey Mouse pour l'année. À partir de 1940, la souris va, en effet, voir ses aventures de plus en plus s'espacer. Jusqu'en 1942, il aura droit ainsi à des épisodes tous les ans avant d'attendre cinq ans sans aucune sortie reprenant timidement en 1947 avec le cartoon Rendez-vous Retardé. Pendant cette période, même si les courts-métrages autour de lui sont assez limités, ils n'en demeurent pas moins de qualité comme Le Tourbillon en 1941 ou The Nifty Nineties en 1942.

Chien d'Arrêt (1939)
The Nifty Nineties (1942)

Un court-métrage révolutionnaire est alors mis en projet en guise d'apothéose de la carrière de Mickey : L'Apprentie Sorcier, adapté du morceau classique de Paul Dukas. Si le chef d'orchestre Leopold Stokowski est emballé par l'idée de mettre en image la composition du musicien français, il n'est pas convaincu par l'utilisation du personnage de Mickey trouvant qu'il était incapable de montrer assez d'émotion. Mais le changement de design de Mickey est justement là pour lui prouver le contraire. L'ambition était telle qu'il est vite décidé de le sortir dans un film d'anthologie avant-gardiste tournant autour de la musique classique : Fantasia. Il s'agit là donc du premier long-métrage produit pour Mickey par les studios Disney. Walt Disney veut, en effet, redorer le blason de sa souris, dont l'aura est plus ou moins éclipsée par celles de ses autres personnages. Il décide ainsi de le mettre à l'affiche d'un grand rôle qui marquera à jamais l'inconscient collectif de générations entières. Les puristes remarqueront sans mal que la scène où Mickey est à son apogée, est aussi celle où il ne dit mot ! La Star des studios Disney revêt en effet les traits d'un personnage de pantomime. Rendu terriblement attachant, la plus célèbre des souris rayonne de bout en bout et assoit définitivement son rang d'ambassadeur des studios du grand Walt. Mickey revient après cela dans un autre long-métrage en 1947 dans Coquin de Printemps où il est le héros de la séquence Mickey et le Haricot Magique, basé sur le conte Jack et le Haricot Magique.

Fantasia (1940)
Coquin de Printemps (1947)

Mickey apparaît également dans des cartoons de Pluto en tant que rôle secondaire. Il a ainsi pu être vu dans Pluto Majordome, Mickey et Pluto Golfeurs ou Tends la Patte, tous trois sortis en 1941, mais aussi dans Pluto et l'Armadillo en 1943 ou Les Locataires de Mickey en 1946. À partir de 1947, et particulièrement dans les années 50, il est assez difficile de voir la différence entre certains cartoons de la série Mickey Mouse et ceux de la série PlutoPlutopie et La Fête de Pluto, par exemple, mettent plus en avant le chien de Mickey plutôt que son maître alors que, pourtant, le premier est rangé dans la série Pluto tandis que le second est intégré à la série Mickey Mouse. Les artistes n'ont ,en fait, tellement plus d'idées à développer pour le personnage que la souris est reléguée en tant que personnage secondaire dans sa propre série ! Parfois, même Tic & Tac ont plus de présence que Mickey comme dans L'Arbre de Noël de Pluto en 1952.

Pluto et l'Armadillo (1943)
Plutopie (1951)

En 1953, le constat est implacable : les cartoons, produits sur une base régulière, ne sont absolument plus rentables. Walt Disney décide donc stopper toutes ses séries principales. Pluto s'est déjà arrêtée en 1951 avec Pluto, le Chat et la Dinde et Dingo s'éteint quelques mois plus tard avec Comment Dormir en Paix. Seule la série Donald a une espérance de vie plus longue, pendant un temps encore, avec aléatoirement des cartoons "Special".  Mickey à la Plage marque donc un tournant dans la carrière de Mickey : c’est effet sa dernière apparition régulière au cinéma. Il faudra ensuite attendre trente ans pour le voir revenir sur grand écran.

L'Arbre de Noël de Pluto (1952)
Mickey à la Plage (1953)
Depuis 1983 : Les années modernes

L'attente a été très longue mais 1983 marque enfin le retour de Mickey au cinéma avec le moyen-métrage Le Noël de Mickey. Cette adaptation d'un classique de la littérature anglaise signé du célèbre écrivain Charles Dickens, Un Chant de Noël, est une véritable pépite devenu au fil du temps une oeuvre culte. Il est vrai qu'elle réunit tout le savoir-faire Disney et offre à Mickey l'autre rôle mythique de sa carrière, après celui de Fantasia. Le charme et l'émotion y sont omniprésents tandis que les personnages explosent littéralement leur capital sympathie. Les fans saluent, quant à eux, la réunion de toutes "leurs stars" dans des conditions optimales et notamment Picsou choisi pour le rôle d'Ebenezer Scrooge.


Le Noël de Mickey (1983)

L'apparition suivante de Mickey au cinéma se fait en 1988 dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit. Son rôle est anecdotique mais éminemment symbolique. Le film se déroule en 1947 et raconte, en effet, l'histoire d'un toon, Roger Rabbit, qui vient de se faire accuser du meurtre d'un humain : le propriétaire de Toonville. Le détective Eddie Valiant enquête alors dans la ville animée afin de confondre le vrai meurtrier. À un moment du film, il tombe d'un immeuble et durant sa chute, croise Mickey Mouse et Bugs Bunny qui lui proposent de lui venir en aide. Mais comme partout dans la ville, ils réagissent de façon totalement loufoque. L'intérêt de la scène est de voir les deux stars de Disney et de Warner dans la même séquence. Les plus observateurs remarqueront qu'ils sont apparus à l'écran durant la même durée et en même temps ; ceci afin de ne pas créer une hiérarchie d'importance entre les deux personnages iconiques. Mickey, apparaîtra en suite de nouveau en caméo, dans un autre long-métrage en 1995 au sein de Dingo et Max où il peut être vu brièvement en train de faire du stop avec Donald.

Qui Veut la Peau de Roger Rabbit (1988)
Dingo et Max (1995)

En 1990, Le Prince et le Pauvre marque, une fois encore, le retour sur grand écran de Mickey, sept ans après Le Noël de Mickey en 1983. Comme son prédécesseur, il s’agit d’un moyen-métrage de 25 minutes qui dispose du temps nécessaire pour développer son histoire, basée sur le fameux roman de Mark Twain tout en servant à merveille ses personnages. Il permet en effet de mettre en avant non pas un mais deux Mickey. Il y a d’abord le vrai Mickey Mouse qui est la souris que tout le monde connaît et qui joue le rôle du pauvre. Il y a aussi le prince, qui a la même apparence, mais qui est à la fois plus turbulent, plus espiègle tout en ayant plus de prestance et de noblesse.  Avec sa magnifique animation et ses superbe décors, le cartoon est devenu au fil du temps, un classique comme son illustre prédécesseur.


Le Prince et le Pauvre (1990)

Cinq ans plus tard, Mickey revient au cinéma, mais cette fois, au format court-métrage qu'il n'avait pas connu depuis plus de quarante ans. Dans Mickey Perd la Tête, le personnage retrouve, il est vrai, ses traits de caractère de son tout début de carrière (espiègle, aventurier et téméraire...) tout en s'ancrant clairement dans les années 90. Mickey joue, par exemple, à la console de jeu tandis que les décors, le sens du rythme, le mouvement de caméra sont complètement contemporains ! Pour autant, le cartoon est un vibrant hommage à ses aventures noir-et-blanc et en particulier à toutes ses parodies horrifiques comme The Mad Doctor en 1933. Ici, le mélange entre Frankenstein et King Kong est tout simplement jubilatoire même si l'apparence de Mickey en monstre fou peut déstabiliser le jeune public ne connaissant pas le personnage d'antan.


Mickey Perd la Tête (1995)

Mickey revient ensuite dans un long-métrage pour fêter le nouveau millénaire avec Fantasia 2000. Le film, porté par le neveu de Walt Disney, Roy Edward Disney, concrétise une ambition voulue par le Maître de l'Animation : proposer une suite à Fantasia qui mélangerait des anciennes séquences et des nouvelles, toujours portée autour de la musique classique. Finalement, seul L'Apprenti Sorcier est repris de l'ancien film. Par contre, une nouvelle scène avec une animation inédite de Mickey est proposée à la fin du morceau afin d'introduire la séquence suivante. Mickey vient, en effet, féliciter James Levine puis lui demande de faire patienter le public en attendant qu'il trouve Donald. La scène est encore un joli tour de force technique avec un Mickey en animation qui repositionne le nœud papillon en prises de vue réelle du chef d'orchestre. L'opus offre aussi l'occasion de voir le personnage évoluer pour la première fois au format IMAX.


Fantasia 2000 (2000)

En 2013, Mickey revient au cinéma après plus dix ans d'absence dans un court-métrage à nul autre pareil : À Cheval !. Le cartoon est tout à la fois un hommage vintage avec son animation traditionnelle en noir-et-blanc, une prouesse technique en mélangeant animation à plat avec celle assistée par ordinateur en volume et en couleur, un retour aux sources en réutilisant des dialogues de Walt Disney lui-même et une expérience bluffante en permettant aux personnages de sortir de l'écran grâce à une utilisation bluffante de la 3-D. Chacun trouvera donc son compte dans ce court-métrage qui utilise à fond les prouesses de toutes les technologies. Certaines scènes sont ainsi extraordinaires notamment celle de la grande course-poursuite sous forme de farandole où les personnages crèvent littéralement l'écran en passant du dessin au CGI et de deux à trois dimensions.


À Cheval ! (2013)

En dehors du cinéma, Mickey apparaît également dans un certain nombre de longs-métrages sortis directement en vidéo. Le premier d’entre eux est Mickey, Il Était Une Fois Noël en 1999 où, dans l'une des séquences, il veut faire le plus beau cadeau de Noël à la belle Minnie. Il est enrolé ensuite deux fois dans des films dérivés de la série Disney’s Tous en Boite : Mickey, la Magie de Noël (2001) et Mickey, le Club des Méchants (2002). Enfin, en 2004, il est présent dans deux longs-métrages, chacun avec leur importance. Le premier, Mickey, Donald, Dingo - Les Trois Mousquetaires, voit le trio de héros se reformer à nouveau dans cette libre adaptation du classique d’Alexandre Dumas qui constitue l'un des meilleurs films de DisneyToon Studios. Le second, Mickey, Il Était Deux Fois Noël, est moins réussi mais présente la particularité de proposer l'une des toutes premières apparitions du personnage en animation assistée par ordinateur. Mickey y truste deux des cinq séquences dont une spécialement centrée sur lui.

Mickey, Donald, Dingo
Les Trois Mousquetaires (2004)
Mickey, Il Était Deux Fois Noël
(2004)

Une Vedette de Télévision

Au moment où sa carrière s'éteint au cinéma, Mickey devient une vedette de télévision au cours des années 50 avant qu'il ne tombe dans l'oubli du petit écran pendant près de 20 ans, du moins sur le critère de l'animation inédite, avant de faire son retour, petit à petit, à la fin des années 80. Mais c'est réellement à partir de la fin des années 90 et surtout avec les années 2000, que le personnage se replace durablement dans le cœur des jeunes téléspectateurs.

The Fourth Anniversary Show (1957)
Four Tales on a Mouse (1958)

Walt Disney s’essaie donc au média télévision dès 1950 en prenant les rênes d’une émission spéciale : One Hour in Wonderland. Le show possède déjà tous les ingrédients qui feront, pendant des années, la renommée de ses programmes hebdomadaires. Une deuxième tentative avec The Walt Disney Christmas Show finit de le convaincre de l’intérêt pour sa compagnie toute entière d’une présence récurrente sur le petit écran. Dans cet esprit, Walt Disney accepte de collaborer sur la durée avec la chaîne ABC en produisant, pour elle, dès 1954, plusieurs émissions dont le sujet central est son parc à thèmes, Disneyland. En bon maître de cérémonie (et véritable VRP !), il enchante ainsi l'Amérique chaque semaine dans un show qui traite sans détour des quatre « lands » du resort naissant. Fantasyland décortique alors l'univers des films d'animation et cartoons ; Adventureland sert de base aux documentaires animaliers ou géographiques (True-Life Adventures, People and Places) ; Tomorrowland explore le futur et l'espace tandis que Frontierland présente des séries "western" dont le fameux Davy Crockett. Ces émissions d'anthologie changeront de nom ou de chaîne au fil des années passant de Disneyland à Walt Disney Presents ou Walt Disney's Wonderful World of Color mais garderont toujours le même principe.
Bizarrement, Mickey est l'un des personnages à avoir eu le moins de compilations centrées sur lui à la différence de Dingo et de Donald. Il est tout de même à l'honneur dans The Disneyland Story (1954), A Further Report from Disneyland / A Tribute to Mickey Mouse (1955), Adventures of Mickey Mouse (1955) et Four Tales on a Mouse (1958). Il apparaît aussi dans d'autres épisodes non centrés sur lui comme On Vacation (1956), The Fourth Anniversary Show (1957), From All of Us to All of You (1958) et Donald, Vedette de Télévision (1960). Il faudra attendre ensuite la mort de Walt Disney et son quarantième anniversaire pour le revoir mis en avant dans l'émission d'anthologie dans The Mickey Mouse Anniversary Show (1968).


Mickey Mouse Club (1955)

Mais c'est une autre émission qui va finir d'asseoir la popularité du personnage auprès de la génération américaine des années 50. Parallèlement à l'émission d'anthologie, Disney produit, en effet, pour la chaîne ABC, du 3 octobre 1955 et ce jusqu'au 25 septembre 1959, une émission, portant le titre de Mickey Mouse Club, d'une durée d'une heure, du lundi au vendredi, présentant 24 talentueux enfants. Surnommés les "mouseketeers", ces enfants, triés sur le volet, font des claquettes, jouent de la musique et introduisent les invités, séries et autres cartoons, sous la direction de deux adultes, Jimmie Dodd et Roy Williams. Ils portent chacun les Mickey Mouse Ears, les fameux couvre-chefs en forme d'oreille de Mickey qui ont été créés spécialement pour l'émission, et qui sont encore aujourd'hui extrêmement populaires en merchandising, notamment dans les différents Parcs Disney du monde. Nombreux de ces "mouseketeers" (Annette, Tommy, Darlene, Lonnie, Sharaon, Sherry, Doreen, Bobby, Cubby, Karen, Dennis ou Cheryl) connaissent d'ailleurs instantanément la célébrité. Sur le plan du contenu, Mickey Mouse Club dispose d'une mécanique, à l'américaine, très bien huilée. L'émission présente ainsi chaque jour un thème spécifique. Le lundi : la musique, le mardi : l'invité spécial, le mercredi : la spontanéité, le jeudi : le cirque et, enfin, le vendredi : le talent. L'émission propose également des séries inédites comme Spin & Marty, The Hardy Boys, Annette ou Adventure in Dairyland. Les "news" permettent quant à elles de présenter aux petits américains les us et coutumes des enfants du monde entier tandis que des séries d'animation spécialement créées pour le show (I'm No Fool présenté par Jiminy Crickett) tentent d'instruire en distrayant. Tout ceci fait que l'émission pour enfant est devenu, sans doute à jamais, la plus populaire de la télé outre-Atlantique.

Fun With Music Day
Guest Star Day
Anything Can Happen Day

Bien que Mickey Mouse Club soit principalement en prises de vues réelles, elle met pour autant le personnage de Mickey en avant en proposant quelques animations inédites ; Walt Disney reprenant d'ailleurs spécialement le doublage de la souris pour l'occasion. Chaque show commence ainsi avec une séquence d'ouverture totalement animée où Mickey introduit le thème du jour. Il y est déguisé pour bien illustrer de quoi parle l'épisode de la semaine. Ainsi, le lundi il est endimanché à la façon de la fin du XIXème siècle pour le "Fun With Music Day" ; le mardi il est en smoking jouant du piano pour le "Guest Star Day" ; le mercredi il reprend sa toge de L'Apprentie Sorcier dans Fantasia pour "Anything Can Happen Day" ; le jeudi il est le Monsieur Loyal du "Circus Day" ; enfin, le vendredi c'est en cowboy qu'il présente le "Talent Round-up Day". Un peu plus loin dans l'épisode, il peut apparaître aussi une autre fois en animation, habillé en journaliste tenant une caméra, pour lancer le "Mickey Mouse Club Newsreel". Il est également impossible de ne pas parler du générique annonçant le début de l'émission dont le refrain "M-I-C", "K-E-Y", "M-O-U-S-E" est désormais ancré dans l'inconscient collectif de millions d'américains. L'entêtante chanson Mickey Mouse Club March, composée par le présentateur de l'émission Jimmie Dodd, est en plus illustrée par une animation reprenant tous les personnages populaires Disney de l'époque célébrant le leader du club : Mickey Mouse. Walt Disney savait décidément comment scotcher son audience dès la première minute de son programme.

Circus Day
Talent Round-up Day
Mickey Mouse Club Newsreel

Mickey Mouse Club renaît par deux fois : une première sur NBC de 1977 à 1979 dans une vision très proche de celle des années 50 mais désormais en couleur ; une deuxième fois sur Disney Channel de 1989 à 1995 dans un concept assez éloigné mais qui verra aussi éclore des futures stars comme Christina Aguilera, Justin Timberlake, Ryan Gosling ou Britney Spears. Dans ces deux cas, aucune animation supplémentaire du personnage de Mickey Mouse n'est créée ; les émissions ne faisant que porter son nom. Le procédé sera repris avec d'autres émissions comme The Mouse Factory diffusée en syndication en 1972. Le programme consiste alors à utiliser des scènes de cartoons Disney pour alimenter un thème hebdomadaire. Chaque épisode est ainsi présenté par un invité connu (Don Knotts, Kurt Russel...) qui interagit avec des personnages en costume de Disneyland avant de lancer les extraits animés. Un autre exemple est Good Morning, Mickey !, l'une des premières émissions de Disney Channel  au moment de la création de la chaîne en 1983. Il ne s'agissait alors que d'une compilation de cartoons proposée à l'ouverture d'antenne. Enfin, le nom de la souris a été aussi utilisé pour des émissions en dehors des États-Unis. Il peut être cité, par exemple, le programme français Salut les Mickey, diffusée du 11 octobre 1983 au 24 décembre 1984 sur TF1. Lointain cousin du Mickey Mouse Club, l'émission est présentée par une troupe de comédiens, danseurs et chanteurs appelés les Mickey. Entre deux sketchs avec les invités du jour, alternent des chansons et des dessins animés issus du catalogue des studios Disney, cartoons ou extraits de longs métrages.

The Mouse Factory (1977)
Good Morning, Mickey ! (1983)
Salut les Mickey (1983)
Mickey Mouse Club (1989)

En 1984, une nouvelle équipe de dirigeants, intronisant à sa tête Michael Eisner, entreprend de réveiller la belle endormie qu'est la compagnie Disney. Le nouveau PDG reprend ainsi toute l'organisation de la firme et dynamise sa stratégie en revenant aux fondamentaux. Le succès du film Qui Veut la Peau de Roger Rabbit lui donne ainsi l'idée de remettre en avant Mickey à la télévision à travers quelques émissions spéciales où le personnage interagira avec des acteurs ou des personnalités en prises de vues réelles. Mickey apparaît, par exemple, dans l'émission de 1987, Funny, You Don't Look 200 : A Constitutional Vaudeville, qui revient sur les 200 ans de la Constitution Américaine. Un an plus tard, il est l'invité d'un programme qui fête dignement ses 60 ans : Mickey's 60th Birthday. Un autre exemple frappant est assurément l'émission de 1991, The Best of Disney : 50 Years of Disney Magic, où avec Michael Eisner il rend hommage aux oeuvres et aux artistes des Walt Disney Studios pour célébrer leurs 50 ans.

Funny, You Don't Look 200 : A
Constitutional Vaudeville (1987)
Mickey's 60th Birthday
(1988)
The Best of Disney : 50 Years
of Disney Magic (1991)

Les années 90 vont voir l'avènement de séries d'animation de qualité via la filiale Disney Television Animation. Le studio de télévision va, en effet, puiser dans le catalogue des personnages classiques pour y trouver des sujets à ses séries : Picsou (La Bande à Picsou), Tic & Tac (Tic & Tac - Rangers du Risque), Dingo (La Bande à Dingo) ou Donald (Couacs en Vrac). Bizarrement, Mickey va attendre plus d'une décennie pour enfin avoir droit à une série à son nom. L'affront est, il est vrai, réparé en 1999 grâce à Mickey Mania. Il faut dire que l'absence d'aventures inédites de la star du studio Disney fait pâlir son aura auprès de la nouvelle génération. Le concept de la série est donc celui d'une anthologie de courts-métrages plus ou moins longs allant de 2 minutes à 12 minutes en passant par une durée normale de 7 minutes. Chacune des séquences est totalement inédite et propose des aventures séparées ou groupées de plusieurs personnages tournant autour de l'univers de Mickey et de ses amis. Tous les cartoons sont ensuite montés les uns à la suite des autres pour former un ensemble d'une durée de 20 minutes. Au total, 30 épisodes sont agglomérés bien que seulement 25 possèdent, en réalité, de la matière inédite ; les cinq autres étant des rediffusions de ces cartoons "nouvelle génération" mais déjà diffusés au préalablement.


Mickey Mania (1999)

Mickey Mania est remplacée par Disney's Tous en Boîte à partir de 2001 et ceci durant 52 épisodes étalés sur 4 saisons. Il s'agit en réalité d'une évolution de la série précédente dont l'un des reproches était de lancer ses cartoons sans transition. La nouvelle série change donc la donne et offre des introductions inédites tout en rediffusant la plupart des courts-métrages de l'ancienne série ainsi que quelques-uns produits mais non diffusés. Mickey y est désormais le gérant d'un club où tous les personnages animés de Disney viennent passer leur samedi. Il est aidé dans sa tâche par tous ses acolytes historiques (Minnie, Donald, Daisy, Dingo, Pluto...) et doit aussi gérer les velléités de Pat Hibulaire. Chaque épisode a, dans ce cadre, un thème précis : il peut tourner autour d'un personnage unique, être dédié à une période festive de l'année (Noël, Halloween, la Saint-Valentin) ou insister de façon amusante sur un défaut ou un trait de caractère (le goût pour les commérages, la jalousie, l'inattention...). Cette construction des épisodes amène assurément beaucoup de rythmes et d'entrain au programme ; le téléspectateur s'attachant de la sorte, autant aux cartoons qu'aux petites scènes interludes.


Disney's Tous en Boîte (2001)

Mais la série qui va réellement replacer le personnage de Mickey dans le cœur de toute une génération de bambins, et de leurs parents, est clairement La Maison de Mickey. Réservée aux plus jeunes des téléspectateurs, sa diffusion a été la plus longue de toute l’histoire de la filiale Disney de productions animées télévisées puisqu’elle s’étale sur plus de dix ans, de 2006 à 2016, comprenant 4 saisons de 114 épisodes au total en plus de 11 téléfilms. Conçue en animation 3D, elle est étonnement très qualitative. Les scénarios, tout d'abord, exclusivement à destination des tout-petits, sont soignés et divertissants. Leur interactivité permanente fait, il est vrai, des merveilles tant le contact entre Mickey et l'auditoire semble réel. La plus célèbre des souris pose, en effet, des questions et tend l'oreille pour chaque réponse. Le bambin crée ainsi "sa" relation personnelle avec Mickey. Les énigmes prennent alors mille déclinaisons et, toujours ludiques, invitent l'enfant à s'ouvrir à la richesse des formes, couleurs, animaux, lettres, mots, chiffres et nombres... Une série dérivée d'épisodes courts, La Boutique de Minnie, a été également proposée de 2011 à 2016 et propose quelques apparitions de Mickey.


La Maison de Mickey (2006)

En 2013, Disney Television Animation apporte un vent de fraîcheur bienvenue aux personnages avec la série Mickey Mouse. Si La Maison de Mickey avait réconcilié les très jeunes téléspectateurs de Disney Junior avec la souris, la nouvelle série ambitionne, elle, de le faire pour les plus grands et leurs parents en la diffusant sur Disney Channel. À la fois ambitieuse et déjantée, elle allie une modernité dans le design et dans le comportement des personnages tout en montrant un profond respect nostalgique via de nombreux clins d'oeil au patrimoine Disney. Drôle, imaginative, irrévérencieuse, rythmée, apportant un bel hommage à destination des fans, la série est un véritable régal, n'en déplaise aux puristes rigoristes qui, ayant une vision séculaire de Mickey, se trompent assurément de combat ! Car, il est dans l’essence même de Mickey (et selon la volonté de Walt Disney lui-même !) de ne jamais tomber - durablement - dans la naphtaline : cette série est donc un sursaut salutaire et un pari réussi !


Mickey Mouse (2013)

2017 voit l'arrivée de la nouvelle série animée en 3D, héritière de La Maison de Mickey, pour Disney Junior : Mickey et ses Amis : Top Départ !. Mickey et ses amis s'affrontent dans des courses automobiles endiablées tout autour du monde leur permettant ainsi de découvrir de nombreux pays. L'animation, les décors, les personnages secondaires ont tous été ici étoffés. L'âge du public visé est légèrement plus élevé puisqu'il ne s'agit plus d'une série éducative mais d'épisodes de divertissement pur, même si la morale reste toujours présente. L'autre différence est que les épisodes comprennent deux histoires de 11 minutes chacun : l'un à destination des garçons avec les courses de Mickey et ses amis ; l'autre plutôt vers les filles avec les aventures de Minnie et Daisy en coulisses. Enfin, comme pour La Maison de Mickey, la série Mickey et ses Amis : Top Départ ! a droit à une une série courte dérivée basée sur les personnages de Tic & TacChip ‘N’ Dale Nutty Tales, où Mickey fait aussi des apparitions.


Mickey et ses Amis : Top Départ ! (2017)

Un Héros de Comics

Si Mickey est né puis est devenu populaire grâce au cinéma, l'autre médium qui a eu une importance primordiale dans la légende de la souris est clairement la bande dessinée. Ses premières aventures papiers se déroulent ainsi dans les journaux deux ans seulement après sa création. Son aura est telle que des publications sont, en effet, créées à son nom dès les années 30 tandis que les premiers comics book américains arrivent eux dans les années 40. Des auteurs américains et internationaux de renom se penchent alors sur le berceau des aventures de Mickey développant ainsi son univers.

Les Comics Strips

Les aventures de Mickey sur papier commence donc dans la presse quotidienne ; d'abord en noir-et-blanc pour des strips journaliers puis en couleur dans les strips dominicaux.

Floyd Gottfredson
Manuel Gonzales

Les premières idées de la création de comics strips remontent en réalité précisément à juin 1929. Walt Disney songe, il est vrai, à proposer des aventures en bandes dessinées de sa souris alors naissante. Mais un obstacle se dresse devant lui car, pour convaincre les syndicats de presse, il faut d'abord fournir un exemple en proposant un échantillon. Finalement, succès aidant, c'est la presse qui vient directement solliciter ses studios via la lettre de Joseph Connolly, le président de King Features Syndicate, une société s'occupant de la distribution des journaux aux États-Unis. Il écrit directement à Ub Iwerks le 24 juillet pour lui demander s'il a l'intention de retranscrire en bandes dessinées ses cartoons qu'il trouve si drôles et si vivants. Très vite, il est donc décidé d'accepter la proposition : la mise en chantier d'un strip quotidien se met en place avec Iwerks au dessin et Walt Disney au scénario. Mais les échantillons prennent du retard et ne sont finalement envoyés que le 18 novembre 1929. King Features Syndicate est enchanté et programme le lancement au 13 janvier 1930 soutenu par un grande campagne de presse. La première histoire sera Perdu sur une Île Déserte qui se base beaucoup sur les cartoons cinéma et constitue principalement une succession de gags. Patatras ! Ub Iwerks quitte les studios Disney en janvier 1930. Ni une, ni deux, le dessin est alors confié à Win Smith. Dès mars 1930, King Features Syndicate demande à Walt Disney de faire évoluer les histoires afin de créer une grande aventures à suivre à l'image des feuilletons radiophoniques. La première d'entre elle sera ainsi La Vallée de la Mort qui débute le 1er avril 1930. Walt Disney souhaite alors que Win Smith prenne aussi en charge le scénario des strips mais ce dernier refuse et décide de démissionner n'appréciant pas que son patron, bien plus jeune, lui donne des ordres. Walt Disney se rappelle alors d'un jeune intervalliste qui lui avait dit être intéressé par la bande dessinée : Floyd Gottfredson. L'auteur arrive ainsi en plein milieu de la deuxième histoire à suivre, La Vallée de la Mort. Son premier strip est publié le 5 mai 1930.


Premier strip de Mickey par Ub Iwerks (13 janvier 1930)

Walt Disney fait la transition sur le scénario jusqu'au 17 mai avant de laisser les rênes totales au jeune artiste. Alors qu'il devait être sur le poste de façon temporaire, il continuera à scénariser et illustrer les aventures de Mickey en strip quotidien jusqu'en 1975, date à laquelle il prend sa retraite. Le Mickey de Gottfredson reste depuis la référence pour tous les auteurs avertis. Il est d'ailleurs à l'origine des physiques définitifs de Dingo et Pat Hibulaire. De plus, la paternité de personnages tels le Commissaire Finot, Iga Biva, Jojo et Michou ou le Fantôme Noir lui revient. Si le dessinateur va se charger du scénario dans les premières années de sa carrière, il va ensuite se faire aider de nombreux scénaristes comme Merrill De Maris, Ted Osborne ou Bill Walsh. Pendant 25 ans jusqu'en 1955, l'auteur va ainsi proposer des aventures à suivre qui vont faire le bonheur des lecteurs. Par la suite, il ne proposera à la demande de son éditeur que des gags auto-conclusifs. Gottfredson publie son dernier strip le 15 novembre 1975 avant de passer la main à de nombreux artistes qui vont se succéder jusqu'au 29 juillet 1995, date du dernier strip de Mickey Mouse.


Premier strip de Floyd Gottfredson (5 mai 1930)

Au début de l’année 1932, le personnage de Mickey Mouse est à son apogée. King Features, le distributeur des daily strips de Mickey Mouse, tanne ainsi Walt Disney pour proposer en plus une planche dominicale en couleur. À cause d’un problème d’organisation, elle n'arrive pourtant qu’au début de l'année 1932. En effet, Floyd Gottfredson n'est alors que le seul artiste du département comics des studios Disney. Il n’a tout simplement pas le temps matériel de faire plus que les daily strips. Walt Disney va donc le soulager en embauchant une équipe à partir de la fin de l’année 1930. Earl Duvall est le premier et se charge d’encrer les dessins des strips quotidiens de Gottfredson. Il est rejoint en 1931 par un autre encreur Al Taliaferro et par le scénariste Ted Osborne. Le 10 janvier 1932 se voit ainsi lancée une page dominicale, toute en couleur, et entièrement Disney. Le premier tiers est constitué d’une histoire autour des Silly symphonies, les deux autres par une histoire sur Mickey Mouse. Au fil des années, le rapport change et le poids des deux strips parvient à l’équilibre parfait. La toute première planche sera intégralement dessinée et scénarisée par Earl Duvall. Néanmoins, Floyd Gottfredson ne va pas trop miser sur ce nouvel arrivant qui quitte les studios Disney au début de l’année suivante dans des circonstances assez floues. Al Taliaferro va en revanche prendre du galon et se voit chargé de dessiner les strips dominicaux des Silly symphonies. Floyd Gottfredson, quant à lui, va s’occuper des dessins strips du dimanche de Mickey Mouse, en plus de ceux des quotidiens. Il s’en occupera jusqu’à la fin 1938 avant d’être remplacé pour les strips dominicaux par Manuel Gonzales, se concentrant, lui, sur les strips quotidiens.


Mickey Mouse par Floyd Gottfredson (21 août 1932)

Manuel Gonzales se fait la main sur le dessin de Mickey à partir du strip du 7 août 1938 avant de reprendre de façon définitive les rênes à Floyd Gottfredson le 10 septembre 1938 en plein milieu de l'histoire à suivre The Brave Little Tailor. Il s'interrompt dans sa tâche de 1943 à 1946 le temps de sa mobilisation durant la Seconde Guerre Mondiale. Il reprend les dessins des strips dominicaux de Mickey le 22 décembre 1946 et il le restera jusqu'à sa retraite en 1981. La meilleure période de l'artiste se constate entre 1946 et 1963 alors que ses scénarios sont écrits par Bill Walsh. Si les strips quotidiens de Gottfredson proposent des histoires à suivre, Gonzales offre lui plutôt des tranches de vie quotidienne de Mickey mais aussi de Minnie ou Dingo. Le scénariste qui s'occupe des strips aussi bien quotidiens que dominicaux, a également tendance à être verbeux ; mais si Gottfredson était un artiste complet, n'hésitant pas à adapter les textes de son confrère, Manuel Gonzales respecte lui à la lettre les indications de son scénariste. Tous les deux vont dès lors proposer des aventures charmantes tout en étoffant l'univers de Mickey comme l'atteste la création du personnage de Génius le 30 octobre 1949. Quand les strips quotidiens deviennent des gags auto-conclusifs en 1955, nombreux vont considérer que l'élève a dépassé le maître ; les strips dominicaux de Manuel Gonzales devenant alors de meilleure qualité que ceux de Floyd Gottfredson.


Mickey Mouse par Manuel Gonzales (Strip du 25 juillet 1948)

Les Comic Books

Bizarrement, à la différence de Donald Duck, Mickey va mettre du temps à avoir une carrière importante avec des histoires longues pour le format comic book. C'est, en effet,uniquement à partir des années 50 que le personnage accédera à des histoires abondantes et de qualité.

Paul Murry
Romano Scarpa
Claude Marin

La première BD au format d'histoire longue et américaine de Mickey est ainsi publiée en 1943 dans Four Color Comics #27. Il s'agit de Mickey Mouse and the Seven-Colored Terror avec un dessin et un scénario de Ken Hultgren. Mais l'un des auteurs, plutôt oublié en France, qui va donner ses lettres de noblesses à Mickey est assurément le dessinateur Paul Murry. Ce dernier est connu particulièrement pour avoir créé le personnage de Super Dingo en 1965. Mais avant cela, il a repris le flambeau de Floyd Gottfredson sur le personnage de Mickey surtout au cours des années 50 à 70. S'il remplace un temps Manuel Gonzales pour les strips dominicaux pendant que ce dernier est mobilisé, il va se mettre au format comic book à partir de 1946 ; sa première histoire de Mickey, The Monster Whale, étant publiée en juillet 1950 dans Vacation Parade #1. Mais là où l'auteur va rester dans les mémoires, c'est pour ses histoires à suivre sur deux ou trois numéros, lui au dessin et Carl Fallberg au scénario. La première d'entre elle est The Last Resort publiée en 1953 dans les numéros 152, 153 et 154 de Walt Disney's Comics and Stories. Les auteurs vont ainsi proposer des récits de Mickey et Dingo emplis de mystères et d'aventures, et ce, autour du monde.


Mickey Mouse par Paul Murry dans The Last Resort (1953)

Il existe un autre auteur, non américain mais italien, qui a offert des aventures extraordinaires à Mickey : Romano Scarpa. Il est l'un des plus célèbres dessinateurs de l'univers Disney en dehors des États-Unis, autant sur celui de Donald Duck que sur celui de Mickey Mouse. Commençant sa carrière de bandes dessinées Disney en 1953, il s'est beaucoup inspiré à ses débuts de Gottfredson dont il a repris certains personnages comme Iga Biva ou Le Fantôme Noir. Il est un adepte des bandes dessinées noires, des ambiances où l'intrigue est voilée de mystère ; une marque de fabrique qui deviendra une composante constante de l'école italienne. Parmi ses histoires les plus célèbres de Mickey, les spécialistes désignent volontiers Mickey et le Mystère de Tap Yocca VI, Mickey et le Super-Champion, Le Double Secret du Fantôme Noir, Mickey et le Kangourou de Corail, Mickey Empereur de Calidornie, Mickey Rencontre le Professeur Neutron ou Mickey et le Mystère de Kali. Il créera également de nombreux personnages qui viendront étoffer l'univers de Mickey et de Donald. Pour Mickeyville, il peut être cité le drôle d'atome, Atominus Bip-bip, apparu en 1959 dans Alerte à la Dimension Delta ! ou Gertrude, la fiancée de Pat Hibulaire, vue dans Mickey et le Collier Chirikawa en 1960. En 1988, il a l’honneur d’être le premier auteur italien à se voir publié aux États-Unis par l'éditeur Gladstone.


Mickey par Romano Scarpa dans Mickey et le Mystère de Tap Yocca VI (1956)

En France, environ 80 auteurs ont proposé des histoires Disney. Le plus connu d'entre tous est assurément Claude Marin. Ce dernier commence à travailler pour Le Journal de Mickey à la fin des années 70 et dessinera pendant 20 ans des personnages Disney. Si sa plus grande réussite est la série Les Bébés Disney, reprenant le concept des Muppets Babies mais au format BD, il proposera aussi une quarantaine d'histoires sur Mickey dont les plus remarquables sont L'Enlèvement du Fantôme Noir (1984), Mickey et les Géants de la Planète Rong (1986) ou Mickey à Travers le Temps (1994). Claude Marin affiche un style de dessin tout en rondeur le rendant particulièrement disneyen et très avenant. Les lecteurs français des années 80 s'en souviennent encore et gardent de son oeuvre un souvenir impérissable.


Mickey par Claude Marin dans Mickey et les Géants de la Planète Rong (1986)

En octobre 2010, après une absence de plusieurs années, les bandes dessinées Disney reviennent enfin en librairie en France grâce à l'éditeur GlénatJacques Glénat, grand fan de Mickey devant l'Éternel, l'avait d'ailleurs annoncé lors de sa reprise des droits de publication : il souhaitait, en effet, créer une collection de luxe où des auteurs de la BD franco-belge réinventeraient des aventures de Mickey et ses amis, un peu à l'image de ce que fait Dupuis avec la collection Le Spirou de… où les auteurs donnent leur vision du personnage de Spirou. Si la négociation avec Burbank est longue et ardue, il parvient finalement à proposer les premiers titres chez Glénat le 2 mars 2016 avec Mickey's Craziest Adventures par le scénariste Lewis Trondheim et le dessinateur Nicolas Keramidas ainsi que Une Mystérieuse Mélodie ou Comment Mickey Rencontra Minnie de l'auteur Cosey. Suivent plus tard dans l'année La Jeunesse de Mickey par Tébo et Café Zombo par Régis Loisel puis en 2018 Mickey et l'Océan Perdu par le dessinateur Silvio Camboni et le scénariste Denis-Pierre Filippi.


Mickey par Silvio Camboni dans Mickey et l'Océan Perdu (2018)

Les Publications

Dès les années 30, le personnage de Mickey Mouse est si populaire qu'il se compte plusieurs publications à son nom à travers le monde.

Mickey Mouse Magazine
#1 • 1ère Série (1933)
Mickey Mouse Magazine
#1 • 2ème Série (1933)
Mickey Mouse Magazine
#1 • 3ème Série (1935)
Walt Disney's Comics
& Stories #33 (1943)

Aux États-Unis, le premier magazine Disney porte naturellement le nom de Mickey Mouse Magazine. Publiée le 27 décembre 1932, il s'agit d'une publication confidentielle qui comprenait des nouvelles, des articles, des gags, des jeux et des poèmes. Elle a duré seulement neuf numéros et était disponible uniquement via les cinémas et quelques magasins. En novembre 1933, une deuxième série, avec le même nom, est publiée sous un format identique mais cette fois-ci avec une audience augmentée puisque fournie en supplément de journaux qui mettent d'ailleurs leur nom sur la première page de la publication de Disney. Cette nouvelle formule dure jusqu'à octobre 1935. Elle est supplanteé par une troisième série, toujours du même nom, mais avec un contenu particulièrement étoffé. Le nouveau magazine débute ainsi à l'été 1935 avant de passer au rythme mensuel à partir d'octobre 1935. Au fil des années, le périodique va tester un certain nombre de format avant d'atteindre celui d'un comic book normal en 1940 ; taille toujours en vigueur aujourd'hui. Le Mickey Mouse Magazine verra son dernier numéro publié en septembre 1940 avant de subir à nouveau un changement de nom, définitif celui-là, en Walt Disney’s Comics and Stories dont le premier exemplaire sort en octobre 1940 avec Donald en couverture. Le canard va alors devenir le héros principal du magazine comme le démontre le fait que Mickey n'y apparaît en couverture qu'à partir du numéro 33 en juin 1943.

Four Color Comics
#27 (1943)
Mickey Mouse
#28 (1952)
Mickey Mouse Adventures
#1 • Disney Comics (1990)
Mickey Mouse Adventures
#1 • Gemstone (2004)

Le premier comic book entièrement consacré à Mickey apparaît, quant à lui, en 1943 avec le Four Color #27. Il s'agit d'un one-shot contenant trois histoires d'une vingtaine de pages. Le personnage continuera ensuite à se voir proposer des comic books hors série pendant 26 autres numéros pendant près de dix ans avant d'avoir enfin droit à sa série régulière portant le titre de Mickey Mouse et ce, à partir du mois de décembre 1952 commençant logiquement au numéro 28. La série est publiée sans discontinuer jusqu'à 1984 par Western Publishing via les labels respectifs Dell Comics (1952 à 1962), Gold Key (1962 à 1980) et Whitman Publishing (1980 à 1984). Western Publishing cesse la publication de comics en 1984 si bien que ceux de Disney s'arrêtent automatiquement. Il faut patienter ensuite deux ans avant que la licence Disney ne soit reprise par le petit éditeur Gladstone qui relance ainsi la série Mickey Mouse pendant quatre ans de 1986 à 1990. En 1990, Disney Comics reprend sa propre licence pendant trois ans mais bizarrement ne relance pas sa série sur Mickey. Il faut attendre l'éditeur Gemstone qui publie à son tour les comics Disney pour revoir la série Mickey Mouse en 2003. Elle continue toujours, poursuivie en 2009 par Boom! Studios puis en 2015 par IDW Publishing. Indépendamment de la série mère, Disney Comics va lancer un nouveau titre Mickey Mouse Adventures pendant 18 numéros d'avril 1990 à septembre 1991 ; Gemstone reprenant le titre pendant 12 numéros d'août 2004 à octobre 2006.

Topolino
#1 (1932)
Topolino
#1 (1949)

Mais le personnage de Mickey s'exporte bien au delà des États-Unis. Le tout premier périodique à porter le nom de Mickey est publié en Italie. Sous l'impulsion de l'éditeur Mario Nerbini, parait en effet en décembre 1932 Topolino, de la traduction italienne du nom personnage de Mickey Mouse. Le périodique parait ainsi sous forme de journal jusqu'en avril 1949 malgré un arrêt pendant la guerre entre 1943 et 1945. En avril 1949, Topolino change de formule pour devenir un magazine. Sa périodicité change passant de mensuel à bimensuel avant de trouver son rythme hebdomadaire en 1960. Le magazine est encore publié aujourd'hui et extrêmement populaire de l'autre côté des Alpes.

Mario Nerbini
Paul Winkler

Paul Winkler, fondateur de l'agence Opera Mundi, détentrice des droits des bandes dessinées Disney en France, décide de lancer lui aussi un hebdomadaire sur le territoire français, Le Journal de Mickey. Le premier numéro débarque en kiosque le 21 octobre 1934. Vendu à l'époque à près de 400 000 exemplaires, le magazine est un vrai succès qui révolutionne la presse jeunesse. Le journal cesse de paraître le 16 juin 1940 suite à l'occupation allemande et les bureaux du Journal de Mickey passe de Paris à Marseille, en zone libre. Mais le magazine subit les affres de la guerre. Les pénuries de papier le forcent à fusionner avec une autre revue pour enfants. Il perd également parfois ses couleurs et sa taille se retrouve considérablement diminuée en 1943. L'année 1944 est fatale puisque le magazine disparaît en juillet, avec le numéro 477. Le Journal de Mickey revient en juin 1952 dans les kiosques dans une nouvelle version de 16 pages éditée par EDI MONDE, que Winkler dirige jusqu'en 1977. Le succès est au rendez-vous, la revue se vendant entre 500 000 et 700 000 exemplaires chaque semaine. Il reste, encore aujourd'hui, l'un des périodiques pour enfant les plus populaires en France.

Le Journal de Mickey
#1 (1934)
Le Journal de Mickey
#1 (1952)

Un autre magazine sort également en France à partir du 3 avril 1966 : Mickey Parade. Conçu au départ comme un hors-série du Journal de Mickey, il porte à chaque sortie le numéro du magazine de la même semaine ; le premier étant donc le 723 bis. Il ne prend son nom de Mickey Parade qu'à partir du quatrième numéro. En 1980, il abandonne sa numérotation calquée sur la série mère pour adopter la sienne et redémarre donc au numéro 1. Mickey Parade va sortir de façon irrégulière passant d'une périodicité trimestrielle, bimensuelle, mensuelle pour se stabiliser à bimensuelle à partir de 2002. Le magazine change aussi régulièrement de format, et même de nom pour devenir Mickey Parade Géant à partir de 2002. Par contre, une constante demeure : le choix des histoires parues dedans privilégie toujours les récits italiens ou danois. Enfin, il sera noté un autre magazine français portant le nom de Mickey : Mickey Poche, un mensuel publié de 1974 et 1988 sur 169 numéros : il est le pendant et concurrent direct de Pif Poche, leader sur le marché dans les années 70 et 80.

Mickey Parade
#723 bis (1966)
Mickey Poche
#1 (1974)

La suite le mois prochain...

La filmographie

▼ Aller en bas de la liste ▼
001
L'Avion Fou
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
002
Mickey Gaucho
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
003
Willie, le Bateau à Vapeur
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
004
Bal de Campagne
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
005
L'Opéra
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
006
When the Cat’s Away
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
007
Champ de Bataille
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
008
The Plow Boy
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
009
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
010
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
011
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
012
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
013
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
014
The Haunted House
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
015
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
016
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
017
Les Vagues Sauvages
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
018
Qui s'y Frotte s'y Pique
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
019
Combattants du Feu
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
020
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
021
Symphonie Enchaînée
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
022
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
023
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
024
Pioneer Days
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
025
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
026
Mickey et les Embouteillages
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
027
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
028
La Chasse à l'Élan
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
029
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
030
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
031
Rythme en Bleu
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
032
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
033
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
034
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
035
Mickey Jardinier
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
036
Les Orphelins de Mickey
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
037
Voyage Autour du Monde
Animation 2D / Film "Live" • United Artists
1931
Cinéma
1931
Cinéma
038
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
039
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
040
Chien Enragé
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
041
Olympiques Rustiques
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
042
Mickey au Théâtre
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
043
Le Fermier Musicien
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
044
Mickey in Arabia
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
045
Le Cauchemar de Mickey
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
046
Trader Mickey
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
047
The Whoopee Party
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
048
Mickey Marque un Essai
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
049
Mickey et le Canari
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
050
Mickey au Grand Nord
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
051
Animation 2D • Academy of Motion Picture Arts and Sciences
1932
Cinéma
1932
Cinéma
052
Mickey Père Noël
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
053
Bâtissons
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
054
The Mad Doctor
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
055
Mickey et son Ami Pluto
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
056
Mickey’s Mellerdrammer
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
057
Mickey au Moyen-Âge
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
058
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
059
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
060
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
061
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
062
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
063
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
064
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
065
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
066
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
067
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
068
Mickey Gulliver
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
069
Hollywood Party
Animation 2D / Film "Live" • Metro-Goldwyn-Mayer
1934
Cinéma
1934
Cinéma
070
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
071
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
072
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
073
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
074
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
075
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
076
La Fanfare
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
077
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
078
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
079
Le Jardin de Mickey
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
080
Mickey Pompier
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
081
Le Jour du Jugement de Pluto
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
082
Mickey Patine
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
083
L'Equipe de Polo
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
084
Partie de campagne
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
085
Grand Opéra
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
086
De l'Autre Côté du Miroir
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
087
Le Rival de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
088
Le Déménagement de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
089
Les Alpinistes
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
090
Le Cirque de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
091
L'Eléphant de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
092
Le Mouton Devient Loup
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
093
Mickey Magicien
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
094
Chasseurs d'Elans
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
095
Amateurs de Mickey
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
096
Vacances à Hawaï
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
097
Nettoyeurs de Pendules
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
098
Les Revenants Solitaires
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
099
Constructeurs de Bateau
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
100
La Remorque de Mickey
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
101
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
102
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
103
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
104
Le Brave Petit Tailleur
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
105
Mickey à l'Exposition Canine
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
106
Animation 2D • National Biscuit Company
1939
Cinéma
1939
Cinéma
107
Animation 2D • Standard Oil Company
1939
Cinéma
1939
Cinéma
108
Chien d'Arrêt
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
109
Le Remorqueur de Mickey
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
110
Le Rêve de Pluto
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
111
Le Voyage de Mickey
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
112
Fantasia
Animation 2D / Film "Live"
1940
Cinéma
1940
Cinéma
113
Le Tourbillon
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
114
Pluto Majordome
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
115
Mickey et Pluto Golfeurs
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
116
The Nifty Nineties
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
117
Mickey Bienfaiteur
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
118
Tends la Patte
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
119
Animation 2D • National Film Board of Canada
1942
Cinéma
1942
Cinéma
120
L'Anniversaire de Mickey
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
121
L'Heure Symphonique
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
122
Pluto et l'Armadillo
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
123
Les Locataires de Mickey
Animation 2D
1946
Cinéma
1946
Cinéma
124
Coquin de Printemps
Animation 2D / Film "Live"
1947
Cinéma
1947
Cinéma
125
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
126
Mickey, Pluto et l'Autruche
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
127
Pluto Fait des Achats
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
128
Mickey et le Phoque
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
129
Mickey et Pluto au Mexique
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
130
Donald Amoureux
Animation 2D
1950
Cinéma
1950
Cinéma
131
Plutopie
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
132
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
133
La Fête de Pluto
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
134
L'Arbre de Noël de Pluto
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
135
Mickey à la Plage
Animation 2D
1953
Cinéma
1953
Cinéma
136
Jeunesse • 4 Saisons
1955 • 1959
Télévision
1955 • 1959
Télévision
137
On Vacation
Compilation
1956
Télévision
1956
Télévision
138
The Fourth Anniversary Show
Promotionnel
1957
Télévision
1957
Télévision
139
Four Tales on a Mouse
Compilation
1958
Télévision
1958
Télévision
140
From All of Us to All of You
Compilation
1958
Télévision
1958
Télévision
141
Donald, Vedette de Télévision
Compilation
1960
Télévision
1960
Télévision
142
Compilation
1968
Télévision
1968
Télévision
143
Compilation • 2 Saisons
1972 • 1973
Télévision
1972 • 1973
Télévision
144
Mickey Mouse Disco
Animation 2D
1980
Cinéma
1980
Cinéma
145
Once Upon A Mouse
Animation 2D / Film "Live"
1981
Cinéma
1981
Cinéma
146
Le Noël de Mickey
Animation 2D
1983
Cinéma
1983
Cinéma
147
Compilation • Animation 2D
1987
Télévision
1987
Télévision
148
Educatif • Animation 2D / "Live"
1987
Télévision
1987
Télévision
149
Compilation • Animation 2D / "Live"
1988
Télévision
1988
Télévision
150
Qui Veut la Peau de Roger Rabbit
Animation 2D / Film "Live"
1988
Cinéma
1988
Cinéma
151
Mickey's 60th Birthday
Promotionnel
1988
Télévision
1988
Télévision
152
Bonne Saint-Valentin Mickey
Compilation
1989
Télévision
1989
Télévision
153
Le Prince et le Pauvre
Animation 2D
1990
Cinéma
1990
Cinéma
154
Promotionnel • Animation 2D / "Live"
1991
Télévision
1991
Télévision
155
Dingo et Max
Animation 2D
1995
Cinéma
1995
Cinéma
156
Mickey Perd la Tête
Animation 2D
1995
Cinéma
1995
Cinéma
157
Mickey Mania
Animation 2D
1999 • 2000
Télévision
1999 • 2000
Télévision
158
Mickey, Il Était Une Fois Noël
Animation 2D
1999
Vidéo
1999
Vidéo
159
Fantasia 2000
Animation 2D / Animation 3D / Film "Live"
2000
Cinéma
2000
Cinéma
160
Disney's Tous en Boîte
Animation 2D
2001 • 2003
Télévision
2001 • 2003
Télévision
161
Mickey, la Magie de Noël
Animation 2D
2001
Vidéo
2001
Vidéo
162
Mickey, le Club des Méchants
Animation 2D
2002
Vidéo
2002
Vidéo
163
Mickey, Donald, Dingo - Les Trois Mousquetaires
Animation 2D
2004
Vidéo
2004
Vidéo
164
Mickey, Il Était Deux Fois Noël
Animation 3D
2004
Vidéo
2004
Vidéo
165
Animation 3D • 4 Saisons
2006 • 2016
Télévision
2006 • 2016
Télévision
166
La Maison de Mickey : La Chasse aux Œufs de Pâques
Animation 3D
2007
Vidéo
2007
Vidéo
167
Animation 3D
2009
Vidéo
2009
Vidéo
168
Animation 3D
2009
Télévision
2009
Télévision
169
Animation 3D
2010
Vidéo
2010
Vidéo
170
Animation 3D
2011
Télévision
2011
Télévision
171
La Boutique de Minnie
Animation 3D
2011 • 2016
Télévision
2011 • 2016
Télévision
172
Animation 2D
2012
Internet
2012
Internet
173
Mickey Mouse
Animation 2D
2013 • ....
Télévision
2013 • ....
Télévision
174
La Maison de Mickey : Le Magicien d'Izz
Animation 3D
2013
Vidéo
2013
Vidéo
175
À Cheval !
Caméo • Animation 2D / Animation 3D • 3-D
2013
Cinéma
2013
Cinéma
176
Animation 3D
2013
Télévision
2013
Télévision
177
Animation 3D
2014
Télévision
2014
Télévision
178
La Maison de Mickey : La Collection Hiver de Minnie
Animation 3D
2014
Vidéo
2014
Vidéo
179
La Maison de Mickey : Mickey et les Monstres en Fête
Animation 3D
2015
Vidéo
2015
Vidéo
180
La Maison de Mickey : Dingo au Pays des Contes de Fées
Animation 3D
2016
Télévision
2016
Télévision
181
Joyeux Noël, Mickey et Donald
Animation 2D
2016
Télévision
2016
Télévision
182
Animation 3D • 2 Saisons
2017 • ....
Télévision
2017 • ....
Télévision
183
L'Épouvantable Halloween de Mickey
Animation 2D
2017
Vidéo
2017
Vidéo
184
Chip ‘N’ Dale Nutty Tales
Animation 3D
2017 • ....
Télévision
2017 • ....
Télévision
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