Oswald, le Lapin Chanceux - Dessin d'Henrieke
Dessin d'Henrieke
Date de création :
Le 05 septembre 1927
Nom Original :
Oswald the Lucky Rabbit
Autre(s) Nom(s) :
Oswald the Rabbit
Créateur(s) :
Walt Disney
Ub Iwerks
Apparition :
Cinéma
BD
Jeux Vidéo
Parcs
Télévision
Voix Originale(s) :
Bill Nolan (1929)
Pinto Colvig (1930-1931)
Mickey Rooney (1931-1932)
Bernice Hansen (1932-1938)
Walter Lantz (1935)
Divers (1932-1938)
June Foray (1943)
Frank Welker (Depuis 2010)

Le portrait

Publié le 02 septembre 2017

Malgré la croyance populaire, Oswald, le Lapin Chanceux n'est pas le premier personnage de Walt Disney. Avant lui, il y a eu un certain Julius le Chat, héros de la série Alice Comedies. Et dans cette série, un personnage plus emblématique encore apparaît : Pat Hibulaire. Pour autant, Oswald est un véritable cas d'école. Personnage créé par le Maître de l'Animation, il est vite devenu son premier grand succès avant de s'en faire tout aussi rapidement déposséder. Mais à toute chose, malheur est bon : cette mésaventure incite, en effet, Walt Disney à créer Mickey Mouse... et l'empire qui ira avec. Oswald, lui, tombera peu à peu dans l'oubli jusqu'à ce que les studios Disney récupèrent les droits du personnage près de 80 ans après sa création.

Une création de Walt Disney

La collection des Alice Comedies offre à Walt Disney, de 1924 à 1927, un premier et vrai succès d'estime. Pourtant, après trois saisons, son producteur Charles Mintz et lui-même considèrent que le mélange "live-toons", utilisé jusque là, a fait son temps et qu'il est nécessaire de se renouveler. Alice est donc stoppée dans ses aventures et contrainte de laisser sa place à une nouvelle série, entièrement animée en 2D : Oswald, le Lapin Chanceux.

Les esquisses d'un lapin

En 1927, Charles Mintz est assurément en position de force. Les séries qu'il distribue ont, en effet, suffisamment de succès pour les proposer à des majors. Sa propre production, Krazy Kat, est ainsi achetée par Paramount tandis qu'il signe avec Universal la sortie de la toute nouvelle collection de Walt Disney. Ce dernier découvre à l'occasion les avantages d'une distribution à grande échelle, en terme de qualité d'exposition de ses œuvres et de puissance de marketing. Mieux, Universal le soutient, contre son distributeur attitré, dans sa volonté de ne pas poursuivre avec Julius, dont il a été, un temps, question de réaliser sa propre série détachée des Alice Comedies. Walt Disney souhaite, en effet, se tourner vers un personnage inédit et propose, dans ce but, les premières ébauches de sa "nouvelle star", Oswald. Universal est emballé, Charles Mintz se résigne, lui, à dire adieu définitivement au compagnon félin d'Alice qu'il voyait bien concurrencer Félix le Chat.

Walt Disney
Ub Iwerks

Le changement de personnage étant acquis, Walt Disney et Ub Iwerks se concentrent sur le design du lapin. Ils travaillent notamment sur ses grands pieds et ses longues oreilles, en le structurant à partir de cercles, bien plus faciles pour faire mouvoir un toon. Mais très vite, celui qui ne s'appelle pas encore Oswald leur donne du fil à retordre tant ses caractéristiques physiques sont complexes. Ses oreilles, spécifiquement, ne sont pas sans poser de problèmes de fluidité et de concordance dans les mouvements. Pour se faire la main, les deux compères mettent d'ailleurs les Alice Comedies à contribution : ainsi, certaines des souris apparaissant dans l'un des derniers épisodes, Alice the Whaler, se voient gratifiées d'oreilles particulièrement protubérantes... Le nom du lapin est, en revanche, laissé au choix d'Universal. Il est, en effet, dû au responsable du Département Publicité de la major bien que Walt Disney, un brin revanchard, fera dire plus tard à sa fille Diane qu'il a été, en fait, tiré d'un chapeau. Universal croit dur comme fer au succès d'Oswald. Elle mise, il est vrai, beaucoup sur le personnage, renouant grâce à lui, depuis bien longtemps, avec une série animée. Des pages entières sont notamment achetées dans les journaux et vantent, avec enthousiasme, son arrivée au cinéma.

A la mi-mars 1927, le nom et le design du personnage sont scellés. Walt Disney et ses artistes se lancent alors dans la production du premier cartoon de la série, Poor Papa. Le film, terminé au début du mois suivant, est soumis pour avis à Charles Mintz et Universal. Les deux sont unanimes pour le rejeter en bloc. Le héros est trouvé peu sympathique, trop vieux et trop gros tandis que ses gags sont jugés poussifs et répétitifs. Walt Disney encaisse les critiques et accepte de recommencer intégralement le travail, non sans défendre farouchement la contribution d'Ub Werks qu'il considère alors exemplaire. Oswald subit donc une cure de jouvence. Ses aventures gagnent également en action, humour et fluidité. Poor Papa rejeté, Walt Disney tente un nouvelle fois sa chance avec un deuxième opus, Trolley Troubles, qu'il soumet, là encore, à l'approbation de ses distributeurs. L'accueil est radicalement différent tant Universal et Charles Mintz sont emballés. La major le prouve d'ailleurs en accordant au premier cartoon d'Oswald proposé au public une large promotion à travers le pays tout entier et une présence simultanée aussi bien sur la cote Est que la cote Ouest des États-Unis. La critique, quant à elle, est unanime dans l'éloge.

Poor Papa (1928)
Trolley Troubles (1927)
Les raisons d'un succès

Avec le recul, Oswald est vu aujourd'hui comme la transition parfaite entre Julius, le chat des Alice Comedies, et Mickey Mouse, la souris. Il faut dire que ce nouveau personnage a de quoi épater la galerie. Libéré des contraintes de prises de vues réelles inhérentes à la série précédente, Oswald explose, il est vrai, littéralement grâce à son énergie exubérante, son optimisme sans faille et son esprit de gentilhomme. L'adoption par le public est ainsi quasi instantanée et partage, après coups, avec Mickey Mouse, le même processus d'addiction. La qualité et l'invention de son animation invitent, en effet, le spectateur à vite s'attacher au personnage tandis que son comportement épouse toutes les conventions d'Hollywood. A la grande différence de Julius, Oswald est ainsi un héros romantique, Don Juan à ses heures, ne ratant jamais une occasion de séduire la gente féminine, qu'elle soit d'ailleurs ou non, de son espèce. Peu importe, même, si ses décisions le plongent dans des situations inconfortables ou dangereuses, il sait toujours tirer son épingle du jeu. Mickey Mouse héritera deux ans plus tard, dans son tout premier cartoon, Plane Crazy, des mêmes traits de caractère. Il partagera également avec Oswald le fait d'avoir une petite amie attitrée même si le coquin lapin se fait fort d'hésiter, lui, entre Fanny, une lapine et Hortensia une autre fiancée féline (son infidélité se limitant toutefois à seulement quelques cartoons !).

Great Guns ! (1927)
Oh, What a Knight (1928)

Si Julius n'a plus droit de citer depuis l'avènement de la série Oswald, le Lapin Chanceux, un personnage issu des Alice Comedies est, lui, rappelé sous les feux des projecteurs. Pat Hibulaire, qui, dans les derniers épisodes de la collection précédente avait évolué vers une attitude moins menaçante et plus bouffonne, reprend, en effet, du service au côté du lapin chanceux. Auprès de Mickey Mouse, celui qui s'impose comme le plus ancien personnage récurrent de la galaxie Disney changera à nouveau de caractère pour revenir à son tout premier, vil et malfaisant.

Hungry Hobos (1928)
Tall Timber (1928)

Fort d'une commande de vingt-six cartoons dès la première saison, Walt Disney s'empresse d'agrandir son équipe pour assurer la cadence de production. L'une de ses recrues la plus notable à l'époque reste assurément Les Clark qui rejoindra plus tard le club très fermé des Neufs Vieux Messieurs correspondant à la crème de la crème des animateurs mythiques des studios Disney. Parallèlement, le Maitre de l'Animation en devenir met au point - c'est une première dans la profession - un système de primes rémunérant individuellement ses artistes et récompensant notamment l'apport d'idées nouvelles de gags. Walt Disney découvre également avec Oswald un aspect de son métier qu'il va, dès Mickey Mouse, développer au point d'en faire une véritable marque de fabrique de sa signature toute entière. Il bâtit, en effet, toute une stratégie de marchandisage, avec la ferme intention d'envahir le marché par tous les produits dérivés imaginables à l'effigie du lapin. Il entend ainsi décupler les possibilités de rentabiliser son personnage.

Les causes d'un divorce

En février 1928, alors que la moitié des cartoons de la série Oswald, le Lapin Chanceux est déjà réalisée et que le succès du lapin va grandissant, Walt Disney rejoint New York en train, pour - pense-t-il alors - simplement renégocier son contrat avec son distributeur, Charles Mintz. Sa série remportant tous les suffrages, il espère, en effet, obtenir une rallonge notable sur le prix d'un film, l'imaginant passer de 2250 $ à 2500 $. Le rendez-vous avec le distributeur tourne malheureusement vite à la bérézina. Non seulement, ce dernier exige une baisse du coût par épisode mais annonce aussi avoir conclu, avec tous les animateurs clés, des contrats à son nom. Il a purement et simplement dépecer, à son profit, l'équipe de Walt Disney et sa capacité de production. Considéré aujourd'hui par tous les fans du papa de Mickey comme un véritable mécréant, Charles Mintz n'a pourtant agi que dans la stricte légalité. Le futur Maître de l'Animation n'était pas, en effet, sans savoir que les contrats de l'époque donnaient alors le contrôle des séries et les droits sur les personnages exclusivement au distributeur et non pas au producteur. Si l'issue du contrat est douloureuse pour le grand Walt, elle n'est pas, sur ce point précis, une vraie surprise. La déception est, en revanche, légitime pour le comportement des animateurs qui n'ont, à deux exceptions prés, Les Clark et Ub Iwerks, fait preuve d'aucune loyauté et se sont "vendus" en secret au distributeur.


Les Clark

Charles Mintz commet pourtant une erreur qui sera fatale à son business : il n'a pas pris à l'époque la mesure de la personnalité de Walt Disney. Son objectif n'est, alors, absolument pas de le court-circuiter au point de se passer de ses services. Au contraire, il souhaite l'intégrer à son équipe. Il n'envisage pas un instant que Walt Disney n'accepte pas sa proposition. Il n'est d'ailleurs ni le premier, ni le dernier à autant l'avoir sous-estimé. Le papa d'Oswald déchu se rend vite à l'évidence. Il abandonne scandalisé toute ambition sur son lapin chanceux, rompt tout contact avec Charles Mintz et Universal, se limitant strictement à honorer son contrat initial et terminer la livraison des cartoons prévus. Walt Disney est désormais convaincu qu'il lui faut voler de ses propres ailes. Avec l'aide de son frère Roy et des animateurs qui lui sont restés fidèles, Les Clark et Ub Iwerks, il entend ravir son indépendance et la protéger jalousement. La légende veut d'ailleurs que, dans le train le ramenant à Hollywood, Walt Disney imagine déjà un nouveau personnage : une petite souris...

The Fox Chase (1928)
Sagebrush Sadie (1928)

Charles Mintz se retrouve vite dans une situation extrêmement délicate. N'ayant pas envisagé que Walt Disney lui claque la porte au nez, il se retrouve, en effet, seul, face à Universal, qui, ravi du succès d'Oswald, le Lapin Chanceux, commande, sans se soucier des péripéties de production, une deuxième saison. Il s'organise donc, tant bien que mal, pour honorer le contrat et produire les cartoons lui-même, simultanément avec son autre série, Krazy Kat. Pour gagner du temps, il prend la décision de sortir le tout premier cartoon d'Oswald, Poor Papa, qu'il avait pourtant refusé un an plus tôt car jugé trop peu qualitatif ! Il ressort également deux anciens opus, The Fox Chase et Sagebrush Sadie.

Pour l'anecdote, près de huit ans après la perte des droits d'Oswald, Walt Disney envoya une lettre au patron d'Universal en souvenir des jours où il produisait des cartoons du lapin pour son studio. Cette lettre fut offerte au fondateur, Carl Laemmle, pour les vingt ans de l'ouverture des locaux des studios Universal. Mais ce qui est intéressant dans cette lettre c'est le dessin qui l'accompagne. Il serait de la main d'Hank Porter, qui était un des rares artistes à être autorisé à signer au nom de Walt Disney. D'autres sources parlent de Ted Thwaites, encreur de nombreux comics strips de Floyd Gottfredson. D'un côté il y a un Mickey rayonnant qui est, en 1935, au somment de sa gloire. De l'autre, Oswald regarde son petit frère en faisant la tête car lui, il faut bien l'admettre, tombe irrémédiablement dans l'oubli...

Les Années Universal
Winkler Productions

Charles B. Mintz est né en 1889. En 1924, il épouse Margaret J. Winkler qui posséde alors le studios de production new-yorkais d'animation, Winkler Productions. Elle avait ainsi à son actif de belles réussites à l'image de séries comme Out of the Inkwell des frères Fleischer, Félix le Chat de Pat Sullivan mais aussi une certaine Alice Comedies par Walt Disney. En 1925, son label récupère les droits de la série Krazy Kat tandis qu'il supervise la création d'Oswald, le Lapin Chanceux en 1927. Un an an plus tard, une fois récupérés les droits et presque tous les animateurs de la série, Charles Mintz ouvre une succursale à Hollywood en mettant à sa tête son beau frère, George Winkler. De nombreux animateurs ont, en effet, été débauchés des studios Disney tels que Hugh Harman, Rollin Hamilton, Rudolf Ising, Friz Freleng, Ben Clopton tandis que des nouveaux viennent grossir les rangs comme Tom Palmer, Pinto Colvig ou Walter Lantz. Tout semble donc aller pour le mieux pour Winkler Productions car, à l'exception du départ de Walt Disney, les compétences sont là et Universal a renouvelé les droits du personnage pour une deuxième saison de vingt-cinq cartoons.


Charles B.Mintz

Les dessins animés de cette époque ne se démarquent de la sorte pas vraiment de la période de Walt Disney. Il faut dire que, même du temps du futur créateur de Mickey Mouse, la série Oswald, le Lapin Chanceux n'avait pas été créée dans l'esprit  d'innover mais juste pour occuper l'espace en proposant une série comique à succès afin de rivaliser avec Félix le Chat. Ainsi, les courts-métrages se ressemblent tous plus ou moins même si, au fil des épisodes, une baisse de budget se fait ressentir. Le premier cartoon produit sans Walt Disney est ainsi Mississippi Mud qui sort peu de temps après le dernier produit par ses studios, le 17 septembre 1928. Toujours à l'affut, en 1929, George Winkler entend suivre la tendance initiée par le Papa de Mickey qui a converti le monde de l'animation au son avec son tout premier cartoon sonore, Willie, le Bateau à Vapeur. Hen Fruit sort le 4 février 1929 avec une bande originale qualitativement très éloignée de celle de Walt Disney. A partir de cette date, les cartoons d'Oswald sont ainsi présentés avec ou sans bande son, celle-ci étant joué à côté. Difficile toutefois d'en jauger exactement la portée : des cartoons d'Oswald produit par Winkler Productions, plus de la moitié sont perdus et de ce qui reste, quasi toutes les bandes sons ont disparu...

Fiery Firemen (1928)
Jungle Jingles (1929)

Il faut dire que le destin joue parfois de drôles de tours ; Charles Mintz et George Winkler allant vivre eux-mêmes ce qu'ils ont fait subir à Walt Disney ! Deux de leurs animateurs phares opèrent, en effet, en sous-mains pour prendre le contrôle du personnage et monter à leur tour leurs propres studios. Hugh Harman et Rudolf Ising sollicitent ainsi le patron d'Universal, Carl Laemmle, afin de lui proposer de reprendre la destinée d'Oswald, tout en le produisant pour moins cher. Fatigué de cette guerre de tranchée, et des aléas de productions, Carl Laemmle tranche dans le vif. Déjà, il refuse la proposition des deux animateurs qui quittent le studio Winkler et vont donc créer leurs propres personnages, aidés par Rollin Hamilton. Ils sont ainsi les papas des Looney Tunes pour Warner. Ce n'est pas pour autant que le patron d'Universal choisit de conserver Charles Mintz et George Winkler avec qui il a des désaccords de plus en plus saillants. Carl Laemmle veut désormais produire les cartoons directement en interne sans dépendre d'un studio tiers. Il récupère donc définitivement les droits d'Oswald, le Lapin Chanceux tandis que Charles Mintz et George Winkler vont se concentrer sur la série Krazy Kat. À terme, leur studio sera racheté par leur distributeur, Columbia Pictures...

Walter Lantz Productions

Quand Carl Laemmle décide l'éviction de Charles Mintz et George Winkler, il a déjà une carte en main. Le président d'Universal joue, en effet, régulièrement au poker et à l'une de ses tables de jeu se trouve un animateur qui travaille pour la série de cartoons qu'il distribue, Oswald, le Lapin Chanceux : un certain jeune homme du nom de Walter Lantz.
Né le 27 avril 1899 à la Nouvelle-Rochelle dans l'État de New York, il débute adolescent dans le groupe de presse de William Randolph Hearst dans son studio de création de comics. Il travaille ensuite aux Bray Studios puis rejoint Hollywood où il collabore au studio de Mack Sennett en tant que gagman avant de rentrer finalement aux Winkler Studios. Avec ce contact informel et hebdomadaire, Carl Laemmle, le grand patron d'Universal, a donc accès, sans le vouloir, à une sorte d'informateur sur la manière dont les cartoons sont produits chez son sous-traitant. Carl Laemmle se persuade ainsi qu'il peut les produire pour moins chers en interne, surtout que le jeune Lantz lui annonce qu'il a l'habitude des budgets serrés suite à ses expériences dans les studios d'animation new-yorkais. Le patron d'Universal se laisse convaincre lors d'une partie de poker où l'animateur parie le poste de directeur du futur studio d'animation s'il gagne la mise. Ce qu'il fait ! Après tout, Carl Laemmle est impressioné par Walter Lantz qui est un jeune homme ambitieux avec une solide expérience dans l'animation. Pourquoi ne pas lui donner sa chance ? Walter Lantz commence donc son nouveau studio aidé d'animateurs comme Tom Palmer, Pinto Colvig ou Bill Nolan tandis que Bert Fiske puis David Broekman composeront les musiques des premiers courts-métrages sortis sous son autorité. Avant cela, Walter Lantz ira déjeuner avec Walt Disney afin de lui demander l'autorisation d'utiliser le personnage qu'il avait créé. Rien ne l'obligait à faire cela mais Walter Lantz a souhaité honorer son créateur initial par stricte correction, ce qu'apprécia beaucoup Walt qui lui donnera l'autorisation sans embage. Ce geste de courtoisie scèlle alors leur amitié !

Carl Laemmle
Walter Lantz

Le premier cartoon d'Oswald à être produit par Walter Lantz est donc Race Riot qui se voit diffusé le 2 septembre 1929. A partir de là, Oswald va vivre de nombreuses aventures mais sans jamais connaitre un énorme succès, juste assez pour voir ses peripéties se poursuivre d'années en années dans près de cent-quarante deux courts-métrages plus quatre apparitions dans des œuvres tiers. S'il garde dans un premier temps l'apparence d'Oswald que lui avait donné Walt Disney et dont Charles Mintz avait conservée par paresse les caractéristiques, petit à petit, Walter Lantz va faire évoluer le personnage. Il va lui ainsi adjoindre des gants blancs à ses mains, puis lui faire porter des chaussures et un t-shirt. Son visage va également changer en adoptant des oreilles plus courtes et de plus grands yeux sur une tête grossie. En 1935, changement radical avec le cartoon, Case of the Lost Sheep : Oswald est dessiné de façon plus réaliste avec une fourrure totalement blanche. Il perd égarement tous ses habits, gangs et chaussures inclus, pour se voir attifé d'une saloppette. Le design de cet Oswald est en réalité adapté directement à partir d'un autre lapin du cartoon Fox and the Rabbit tiré d'une autre série de Walter Lantz, Cartune Classics, sorti en 1935 en Cinecolor. Les changements continueront ensuite avec le dernier cartoon en noir-et-blanc, et avant dernier de la série, Happy Scouts en 1938. Ici, Oswald endosse une fourrure mélangeant le blanc et le gris.

Race Riot (1929)
The Candy House (1934)

Tous ces changements vont logiquement avoir des conséquences sur la personnalité d'Oswald qui va s'affadir au fil du temps. Il faut dire que, dès 1931, Walter Lantz rencontre des problèmes de trésorerie et se voit obligé de couper dans les budgets. La qualité des scénarios s'en fait ressentir et le personnage perd peu à peu la personnalité vivace originellement insuflée par Walt Disney. La période blanche du personnage voit même un changement total de paradigme et les spectateurs se demandent encore s'il s'agit bien du même toon. L'intérêt qu'il dégage s'amenuise peu à peu au point que Walter Lantz, lui-même, prend conscience que le personnage a vécu et que, malgré sa rencontrer avec de nouveaux personnages secondaires, Oswald a fait son temps ! Il a donc besoin urgemment d'une nouvelle star. Elle viendra en 1939 avec Andy Panda et surtout en 1940 avec Woody?Woodpecker !

Kiddie Revue (1936)
Happy Scouts (1938)

Oswald aura vécu quasiment toute sa carrière cinématographique en noir-et-blanc. Il n'apparait en effet que cinq petites fois en couleur. La plus emblématique est assurément sa toute première : le film de 1930, King of Jazz (La Féerie du Jazz). Cette comédie musicale extravagante est une revue ambitieuse qui était à l'époque ce qui se faisait de mieux techniquement. Ella avait, entre autre, la particularité d'être tournée en technicolor à deux couleurs : une prouesse alors. L'opus possède, en outre, près de trois minutes d'animation produites par Walter Lantz et parmi elles, la star animée d'Universal, y fait une brève apparition de trente secondes. C'est ainsi la première fois que le lapin est montré avec sa culotte bleue. Donc, et mine de rien, le premier vrai grand personnage créé par Walt Disney à être apparu en couleur est bien Oswald, deux ans avant Mickey ! Certes, il ne s'agit ici que de bi-chromie là où Mickey apparaîtra lui réellement en couleur via le procédé à trois teintes de Technicolor le 18 novembre 1932 dans le cartoon Parade of Award Nominee. Oswald revient ensuite deux fois en couleurs, dans la technique royale trois couleurs cette fois-ci, au sein de la série Cartune Classics : dans Toyland Premiere en 1934 avec le Père Noël mais aussi dans Springtime Serenade en 1935. Son dernier cartoon produit en 1943, marquant son champ du signe, est lui aussi entièrement en couleur. The Egg Cracker Suite marque également une énième évolution du personnage où il a désormais un pelage beige. Enfin, il fait un ultime caméo toujours en couleur dans le cartoon de 1951, The Woody Woodpecker Polka.

King of Jazz (1930)
Toyland Premiere (1934)

Au début de la carrière d'Oswald chez Walter Lantz, le lapin est muet. Ses premières lignes de dialogues se remarquent ainsi dans le cartoon Cold Turkey le 14 octobre 1929. C'est alors l'animateur Bill Nolan qui lui prête sa voix. L'année suivante, Pinto Colvig prend le relais et le double à son tour. Cette prestation le fera d'ailleurs connaître et lui servira de carte de visite quand il entre chez les studios Disney où il deviendra la voix officielle du personnage de Dingo. L'année suivante après le départ de Pinto Colvig, Oswald se voit doublé par le jeune Mickey Rooney, le futur Lampie dans Peter et Elliot le Dragon en 1977. À partir de 1932, le personnage n'a plus de voix attitrée et de nombreux artistes se relayent pour l'incarner dont Walter Lantz lui-même en 1935 mais aussi Bernice Hansen de temps à autre de 1932 à 1938 ou encore June Foray qui sera la dernière à lui prêter sa voix dans The Egg Cracker Suite en 1943.

The Egg Cracker Suite
(1943)
The Woody Woodpecker Polka
(1951)

Tout au long de sa carrière, Oswald s'est donc vu confié à nombre d'artistes. Et ce fut vrai également durant sa période chez Universal. En 1929, quand Walter Lantz crée le studio d'animation pour Carl Laemmle, il n'est, en effet, qu'un simple employé du label dont les locaux se situent au sein même de ceux d'Universal. En 1928, Carl Laemmle cède la direction de son empire de cinéma à son fils de vingt ans Carl Laemmle Jr. Beaucoup, à l'intérieur de l'entreprise mais aussi en dehors, prennent alors cette décision pour du népotisme. Le fils a, quant à lui, de grandes ambitions pour le studio et des idées novatrices ; il va produire, entre autre, les fameux films d'horreur de la collection Universal Monsters ou encore les grandes comédies musicales comme King of Jazz (1930) ou Show Boat (1936). Mais ses actionnaires trouvent qu'il gère mal l'empire avec des budgets faramineux et peu de retour sur investissement. En 1936, ils décident donc d'évincer le créateur du studio et son fils et placent des financiers à la tête d'Universal. Profitant de cette révolution de palais, Walter Lantz s'affaire à racheter le studio d'animation d'Universal, le rendant indépendant sous le nom de Walter Lantz Productions. En 1940, l'animateur devenu patron récupère les droits des personnages. Il continue un temps à faire distribuer ses productions par Universal jusqu'à 1947 puis se tourne en 1948 et 1949, du côté d'United Artists. Il subit alors une première banqueroute qui le contraint à fermer pendant près de deux ans. Il parvient à remonter une affaire et rouvrir avec un nouveau contrat de distribution de 1951, à nouveau avec Universal, et ce jusqu'à sa fermeture définitive en 1972. En 1984, Walter Lantz revend ses personnages et ses droits à Universal mais le producteur restera actif à superviser l'utilisation de ceux-ci par le studio jusqu'à sa mort le 22 mars 1994.

Une deuxième vie en comics

Les premiers pas d'Oswald sur papier ont lieu en février 1935 dans le magazine New Fun publié par DC Comics. Dessiné par Al Stahl ou John Lindermayer, l'identité de l'artiste étant difficile à vérifier, il est proposé sous forme d'un seul strip en noir-et-blanc avec son apparence à fourrure noire alors qu'en animation, il était déjà passé en blanc. La publication est un échec et ne durera qu'à peine un an.


Première apparition papier d'Oswald dans New Fun #1 (1935)

La deuxième apparition d'Oswald en bandes dessinées se fait en 1942 dans le dernier numéro de The Funnies, l'issue #64, publié par Dell Comics. A partir du numéro #65, il devient New Funnies et ne proposera plus que des histoires tournant autour du personnage de Walter Lantz. En juin 46, à partir de l'issue 112, il devient logiquement Walter Lantz New Funnies et durera jusqu'au numéro 288 en avril 1962. En parallèle de cette série, Oswald a droit à vingt numéros spéciaux à son nom dans la série Four Color toujours chez Dell Comics du numéro 21 en 1943 au numéro 1268 en février 1962. Suite à cela, le personnage tombe dans l'oubli et n'apparaît plus sur papier, ayant déjà disparu des écrans depuis plus de dix ans... Côté dessin, le premier artiste à avoir travaillé sur le personnage est Dan Gormley avant d'être suivi par Dan Noonan, Lloyd White ou Jack Bradbury.


Renaissance d'Oswald en comics dans The Funnies #65 (1942)

Durant sa seconde renaissance en comics, Oswald est dessiné selon le dernier design du personnage et influencé par le dessin de Walter Lantz. Au fur et à mesure des histoires, son univers va également évoluer et partir dans une direction complètement différente des cartoons. Dans un premier temps, Oswald est présenté comme une peluche avec des amis jouets comme un ours ou une poupée et même un certain Woody Woodpecker, alors représenté comme un oiseau mécanique. En 1944, Oswald redevient un "vrai" animal vivant dans le village de Lantzville. En 1948, il va adopter deux petits lapins, Floyd et Lloyd, devenant donc père adoptif. Vers la fin de sa carrière, ses histoires se concentreront sur lui et ses fils partant à l'aventure ou cherchant du travail.

New Funnies #65
(1942)
Four Color #21
(1943)
Four Color #1268
(1962)
Walter Lantz New
Funnies #112 (1962)
De retour chez Disney

A partir de 1962, le lapin Oswald disparait complètement des radars et tombe totalement dans l'oubli. L'année 2006 marque pourtant un regain d'intérêt sur le personnage qui va être l'objet du deal le plus improbable qu'ait jamais connu Hollywood. En février 2006, Bob Iger, alors PDG de The Walt Disney Company passe, en effet, un marché assez inhabituel avec Universal. Cette dernière veut alors récupérer le présentateur sportif Al Michaels qui était sous contrat avec les chaînes de Disney, ABC et ESPN, pour le faire venir sur une de ses chaines, NBC Sports. ABC venait tout juste de perdre les droits du football américain, et, malgré un contrat récemment signé par Michaels pour ESPN, le présentateur voulait lui-aussi reformer son duo avec son ancien collègue John Madden dans l'émission NBC Sunday Night Football. Disney accepte donc le transfert à quelques conditions : des droits de retransmission de golf, des jeux olympiques... et surtout le retour du personnage d'Oswald chez le studio qui l'a créé ! Le rachat porte ainsi sur les copyrights du personnage, dans son apparence de 1928, ainsi que les droits des vingt-six cartoons réalisés par les studios Disney (en réalité vingt-sept car en 2017 le cartoon High Up a été retrouvé et il a été prouvé qu'il a été réalisé par les studios Disney là où tout le monde pensait qu'il était le premier court-métrage du personnage de Winkler Productions).
Le retour d'Oswald chez Disney produit rapidement ses effets. L'une des premières décisions du studio est, en effet, de proposer en 2007 une édition DVD de treize de ses cartoons au sein de la prestigieuse collection Walt Disney Treasures. Parallèlement, les Walt Disney Animation Studios mènent des recherches actives pour récupérer les cartoons disparus remettant la mains sur six de plus à la mi 2017. Pendant ce temps, le personnage reprend une vie commerciale en étant proposé en marchandisage "vintage" pour le plus grand bonheur des fans.

Bob Iger
Al Michaels

À y regarder de plus près, le retour au bercail d'Oswald n'est pas le fruit du hasard mais bien le résultat d'une opportunité attendue. The Walt Disney Company, via sa filiale Disney Interactive Studios, avait, il est vrai, une idée de jeu vidéo depuis 2005. Ses dirigeants sollicitent ainsi pour elle, le concepteur Warren Spector avec l'idée d'un jeu consacré à Mickey selon un concept très précis tournant autour de trois idées principales : Mickey enfermé dans un monde d'éléments disneyens oubliés et/ou rejetés, l'utilisation du Fantôme Noir en grand méchant et surtout le retour d'Oswald, le Lapin Chanceux. Warren Spector est directement emballé par l'idée et donne naissance à Epic Mickey qui sort sur la Nintendo Wii le 25 novembre 2010. Mickey plonge ainsi dans un univers aussi fantastique qu'étrange où vivent les personnages oubliés de Disney sous l'autorité d'Oswald. Mickey devra s'associer avec le lapin mais aussi avec Gus le Gremlins pour libérer le monde perdu de l'emprise du Fantôme Noir. Le jeu est un succès critique et public et a donc droit à une suite sous le nom de Epic Mickey 2 : Le Retour des Héros, le 18 novembre 2012 sur PlayStation 3, Wii, Xbox 360, Wii U, Microsoft Windows, PlayStation Vita ainsi qu'un spin-off Epic Mickey : Power of Illusion sur Nintendo 3DS. Malheureusement, le second opus réalise un contre-performance et s'écoule à moitié moins d'exemplaires. La franchise s'arrête impliquant la fermeture de Junction Point Studios de Warren Spector que Disney Interactive Studios avait racheté pour produire le jeu.

Epic Mickey
(2010)
Epic Mickey 2
Le Retour des Héros (2012)
Epic Mickey
Power of Illusion (2012)

Le jeu Epic Mickey a eu une autre conséquence : celle de faire revivre le marchandisage d'Oswald. En particulier, une série de bandes dessinées adaptant le jeu a été proposée. Peter David scénarise ainsi les deux tomes tandis que Fabio Celoni et Paolo Motturar dessinent le premier et Fabrizio Petrossi le second. L'adaptation papier est aussi enthousiasmante que colorée et propose un univers vraiment ambitieux qui permet de faire découvrir au non gamer cet univers hors du commun. Le jeu aura droit également à une préquelle en BD numérique, Epic Mickey : Tales of Wasteland. Toujours en bandes dessinées mais sans rapport avec le jeu Epic Mickey, en 2011 sort en Norvège l'histoire de sept pages, Just Like Magic !, dessinée par Mark Kausler et scénarisée par David Gerstein.

Le retour d'Oswald dans leur giron permet, en outre, aux Walt Disney Animations Studios de le proposer en caméo dans plusieurs œuvres. En 2013, il apparaît dans le cartoon de Mickey Mouse, À Cheval ! où il peut être vu à la fin quand tous les personnages célèbrent leur victoire contre Pat Hibulaire (Il est sur le coin droit en bas de l'écran). En 2014, dans Les Nouveaux Héros, un dessin de la tête d'Oswald se remarque sur le plafond de la chambre d'Hiro. Enfin, en 2016, dans Zootopie, quand Judy et Nick tombent sur le wagon de tramway qui sert à un trafic douteux, là encore, un dessin d'Oswald est peint dessus.

À Cheval ! (2013)
Les Nouveaux Héros (2014)
Zootopie (2016)

En dehors des Walt Disney Animation Studios, Oswald a été animé par d'autres studios. Une pastille, Oswald Holiday Greeting Card, sortie pour la période de Noël, est, en effet, produite en 2013 par la division japonaise de Walt Disney Television Animation. Il faut avouer que l'animation est totalement calamiteuse et indigne de Disney.
Enfin, sa maison mère américaine propose, elle, en 2017 un caméo dans l'épisode Canned de la Saison 4 de la série Mickey Mouse.

Oswald Holiday Greeting Card
(2013)
Mickey Mouse
(2017)

Le retour du personnage chez Disney permet le voir désormais dans les Parcs à Thème du monde entier. Oswald a ainsi droit à son personnage à Tokyo Disney Resort, Disneyland Resort et brièvement à Disneyland Paris. Lors de la refonte en 2012 de Disney California Adventure à Disneyland Resort, une boutique lui est carrément dédiée, Oswald's Tires, et propose quelques produits exclusifs. Shanghai Disneyland le met également à l'honneur dans son land Mickey Avenue où des illustrations d'Oswald apparaissent de-ci de-là.

Disney California Adventure
Shanghai Disneyland

Oswald, le Lapin Chanceux est un personnage singulier chez Disney. C'est en effet le seul, créé par Walt Disney, dont le Maître de l'Animation a perdu les droits. Cette mésaventure changera d'ailleurs à jamais sa carrière et sa vie car, sans elle, Mickey n'aurait jamais été créé.
Le retour en 2006 chez son studio d'origine fait donc revenir Oswald dans la cour des grands alors qu'il était oublié depuis plus de quarante ans.

À noter

De part sa singularité, la filmographie d'Oswald tord une règle de Chronique Disney qui est de faire apparaître uniquement les œuvres dont The Walt Disney Company, via ses filiales présentes ou passées, a distribué ou produit au moins un des éléments constitutifs, à un moment de son histoire. Ainsi, tous les courts-métrages de 1928 à 1953 appartiennent toujours à Universal et Disney n'a aucun droit ou royalties dessus. Pourtant, il apparaissait important, pour comprendre la carrière de ce personnage Disney hors norme, de les lister.

La filmographie

▼ Aller en bas de la liste ▼
001
Trolley Troubles
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
002
Oh Teacher
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
003
The Mechanical Cow
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
004
Great Guns !
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
005
All Wet
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
006
The Ocean Hop
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
007
The Banker's Daughter
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
008
Empty Socks
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
009
Rickety Gin
Animation 2D
1927
Cinéma
1927
Cinéma
010
Harem Scarem
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
011
Neck 'n' Neck
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
012
The Ol' Swimmin' Hole
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
013
Africa Before Dark
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
014
Rival Romeos
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
015
Bright Lights
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
016
Sagebrush Sadie
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
017
Ride'em Plow Boy
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
018
Ozzie of the Mounted
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
019
Hungry Hobos
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
020
Oh, What a Knight
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
021
Sky Scrappers
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
022
The Fox Chase
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
023
Tall Timber
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
024
Sleigh Bells
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
025
Poor Papa
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
026
High Up
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
027
Hot Dog
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
028
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
029
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
030
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
031
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
032
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
033
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
034
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
035
Animation 2D
1928
Cinéma
1928
Cinéma
036
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
037
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
038
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
039
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
040
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
041
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
042
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
043
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
044
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
045
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
046
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
047
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
048
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
049
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
050
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
051
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
052
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
053
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
054
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
055
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
056
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
057
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
058
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
059
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
060
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
061
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
062
Animation 2D
1929
Cinéma
1929
Cinéma
063
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
064
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
065
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
066
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
067
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
068
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
069
Caméo • Animation 2D / Film "Live"
1930
Cinéma
1930
Cinéma
070
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
071
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
072
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
073
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
074
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
075
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
076
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
077
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
078
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
079
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
080
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
081
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
082
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
083
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
084
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
085
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
086
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
087
Animation 2D
1930
Cinéma
1930
Cinéma
088
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
089
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
090
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
091
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
092
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
093
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
094
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
095
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
096
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
097
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
098
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
099
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
100
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
101
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
102
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
103
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
104
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
105
Animation 2D
1931
Cinéma
1931
Cinéma
106
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
107
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
108
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
109
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
110
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
111
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
112
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
113
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
114
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
115
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
116
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
117
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
118
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
119
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
120
Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
121
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
122
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
123
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
124
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
125
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
126
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
127
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
128
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
129
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
130
Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
131
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
132
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
133
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
134
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
135
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
136
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
137
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
138
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
139
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
140
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
141
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
142
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
143
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
144
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
145
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
146
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
147
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
148
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
149
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
150
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
151
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
152
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
153
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
154
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
155
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
156
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
157
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
158
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
159
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
160
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
161
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
162
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
163
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
164
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
165
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
166
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
167
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
168
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
169
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
170
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
171
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
172
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
173
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
174
Animation 2D / Film "Live"
1936
Cinéma
1936
Cinéma
175
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
176
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
177
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
178
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
179
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
180
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
181
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
182
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
183
Caméo • Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
184
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
185
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
186
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
187
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
188
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
189
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
190
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
191
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
192
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
193
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
194
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
195
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
196
Caméo • Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
197
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
198
Caméo • Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
199
Mickey Mouse
Animation 2D
2013 • ....
Télévision
2013 • ....
Télévision
200
À Cheval !
Caméo • Animation 2D / Animation 3D • 3-D
2013
Cinéma
2013
Cinéma
201
Oswald Holiday Greeting Card
Animation 2D • Japon
2013
Internet
2013
Internet
202
Les Nouveaux Héros
Caméo • Animation 3D • 3-D
2014
Cinéma
2014
Cinéma
203
Zootopie
Caméo • Animation 3D • 3-D
2016
Cinéma
2016
Cinéma
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