Mickey et l'Océan Perdu
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 03 janvier 2018
Collection :
Créations Originales
Auteur(s) :
Silvio Camboni (Dessinateur)
Denis-Pierre Filippi (Dessinateur)
Nombre de pages :
64

Le sommaire

Alors que le monde a retrouvé la paix après des années de conflit, Mickey, Minnie et Dingo assument la fonction de récupérateurs. Leur mission consiste ainsi à explorer les épaves de l’ancienne guerre en quête de ressources technologiques. L'activité n'est d'ailleurs pas de tout repos tant Pat Hibulaire leur mène la vie dure... Répondant un jour à une annonce d'un commanditaire dont ils ignorent tout des motivations, les trois comparses mettent bien vite la main sur un étrange cube situé dans les profondeurs de l’océan...

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 19 janvier 2018

Mickey et l'Océan Perdu est une habile plongée des personnages de Mickey, Dingo et Minniee au sein de l'univers steampunk : une bande dessinée originale qui s'avère aussi belle que rafraîchissante.

Jacques Glénat, grand fan de Mickey devant l'Éternel, l'avait annoncé à Chronique Disney dès 2011 lors de sa reprise des droits de publication des bandes dessinées en France : il souhaitait créer une collection de luxe où des auteurs de la BD franco-belge réinventeraient des aventures de Mickey et ses amis. Si la négociation avec Burbank a été longue et ardue, il est finalement parvenu à proposer les premiers titres chez Glénat le 2 mars 2016 avec  Mickey's Craziest Adventures par le scénariste Lewis Trondheim et le dessinateur Nicolas Keramidas ainsi que Une Mystérieuse Mélodie ou Comment Mickey Rencontra Minnie de l'auteur Cosey. Suivent plus tard dans l'année La Jeunesse de Mickey par Tébo et Café Zombo par Régis Loisel. Mickey et l'Océan Perdu, le cinquième tome de la collection Créations Originales, arrive lui le 3 janvier 2018.

Né en 1967 en Italie, Silvio Camboni débute dans la bande dessinée à la fin des années 80 en travaillant pour Disney Italia sur différentes publications. Au final, c'est une centaine d'histoires sur Mickey et ses amis qu'il dessine. En 2004, il s'essaye à la bande dessinée franco-belge en reprenant le dessin de la série Gargouilles chez Les Humanoïdes Associés avec Denis-Pierre Filippi au scénario, et ce, pour six albums. La confiance qui s'installe entre les deux artistes fait qu'ils signent deux nouvelles séries ensemble : en 2006 avec Néfésis chez Dupuis sur deux albums et surtout Le Voyage Extraordinaire chez Vents d'Ouest, une oeuvre qui leur a donné une belle reconnaissance.
Denis-Pierre Filippi est né, pour sa part, en 1972 dans le sud-ouest de la France. Après des années d'études de philosophie, il se tourne vers le scénario de BD et arrive à publier sa première création, Orull le Faiseur de Nuages, à la fin des années 90. Se succèdent ensuite des publications comme Un Drôle d’Ange Gardien, Le Livre de Jack, Songes, John Lord, Marshall, Ethan Ringler, Agent Fédéral, Les Corsaires d’Alcibiade ou Nouveau Monde.

Ce qui frappe en premier lieu dans Mickey et l'Océan Perdu est l'incroyable beauté du dessin. Il offre, en effet, un subtile mélange entre le style steampunk version Le Voyage Extraordinaire et les personnages de Disney. Les décors sont ainsi à tomber à la renverse. Ils sont une véritable invitation aux voyages et aux rêves. Chaque planche est un ravissement et le plaisir de s'arrêter sur chaque dessin pour admirer l'incroyable foison de détails comme la superbe mise en couleur est intacte de la première à la dernière case. C'est beau, chatoyant et chaleureux ! Surtout, le dessinateur montre qu'il connaît bien les personnages et sait parfaitement les retranscrire dans un autre univers. En fait, il arrive à fusionner ses deux styles dans un mariage aussi harmonieux que réjouissant. D'un point de vue graphique, l'album est un sans faute spectaculaire et flamboyant digne d'une oeuvre d'art.

Sur le scénario, l'avis est plus nuancé. Mickey et l'Océan Perdu est certes agréable à suivre mais l'aventure semble un peu vaine. Divisé en plusieurs chapitre, l'album est ainsi coupé en deux dans son histoire via une ellipse. Le récit manque alors d'une vraie mise en situation tout en arrivant à être bavard inutilement. Il utilise, en effet, un certain nombre de termes technologiques qui semblent aussi superflus qu'inutiles tant ils n'apportent pas grand chose à l'histoire mis à part, peut-être, la volonté d'ancrer le côté steampunk de l'aventure ainsi que le statut de chasseurs de trésors mêlés de bricoleurs des héros. Pour autant, le fil des événements se laisse suivre sans déplaisir d'autant plus que la personnalité des personnages Disney, que ce soit Mickey, Minnie, Dingo, Pat Hibulaire ou le Professeur Mirandus, est plutôt bien respectée. Il ressort aussi un petit côté mystérieux sympathique tout en insufflant un zeste d'aventure et découverte de lieux inconnus. Enfin, il est impossible de ne pas saluer certaines idées ingénieuses dans le traitement et la mise en image qu'elles impliquent comme, par exemple, l'océan qui perd sa gravité.

Le sujet qui fâche avec cet album est assurément le contenant et la qualité d'édition indignes d'un éditeur de l'envergure de Glénat. Décidément, il a bien du mal avec la correction de ses publications Disney ! Pas une de ses éditions, notamment la collection Carl Barks, est exempte de critiques sur un manque de relecture avec fautes d'orthographes et erreurs de frappe à foison. Et c'est malheureusement le cas ici aussi puisque de l'aveu même de l'éditeur, c'est le mauvais fichier de texte qui a été envoyé à l'imprimeur ! Le livre va donc être réimprimé et il est conseillé aux lecteurs ayant acheté la première mouture à sa sortie de voir avec leur libraire la possibilité de l'échanger. Cette bourde, inexcusable, est un affront aux auteurs comme aux lecteurs et plombe un ouvrage qui ne souffrait d'aucunes autres critiques par ailleurs : un très bon papier, une couverture du plus bel effet avec un dos toilé donnant à l'ensemble un côté luxueux.

Mickey et l'Océan Perdu est un album dont les dessins feront tomber le lecteur à la renverse. Le scénario est, lui, par trop alambiqué pour convaincre totalement de son intérêt mais respecte ses personnages et apporte un lot de mystères et de péripéties somme toute bienvenues. Une fois réimprimé, Mickey et l'Océan Perdu occupera une place de choix dans la bibliothèque de tout collectionneur et fan de Mckey qui se respecte.

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