Spirit Photography
L'affiche
Nom anglophone :
Spirit Photography
Date d'ouverture :
Le 6 juin 2018
Date de fermeture :
Le 23 avril 2019
Type de boutique :
Photographie
 

Le synopsis

Tandis que le shérif de Thunder Mesa enquête sur des phénomènes étranges au manoir des Ravenswood, le photographe de la ville James Collins Esq. tente d’immortaliser des revenants avec sa caméra spectrale ! Mais des esprits farceurs profitent de son absence pour s’amuser avec son équipement...

L'expérience

Projetant une ombre inquiétante sur la ville tranquille de Thunder Mesa, le vieux Manoir Ravenswood, que les habitants du coin surnomment « Phantom Manor », est d’ordinaire plutôt calme… Jusqu’au jour où des évènements étranges autour de l’ancienne bâtisse se multiplient, forçant le shérif local, Will Ketchum, à fermer les grilles du manoir au public, sur ordre du conseil municipal, dans le but de mener des investigations concernant des disparitions inquiétantes, des observations inexpliquées et des faits mystérieux survenus en ces lieux. Après avoir scellé le portail d’une lourde chaîne aux larges maillons impossible à retirer, il peut ainsi procéder à son enquête, écartant quiconque souhaitant rentrer visiter le Manoir Ravenswood… Mais est-ce suffisant pour empêcher les esprits d’en sortir ? Ça, c’est une autre histoire !

Depuis que l’accès au sinistre manoir a été bloqué, les rumeurs vont en effet bon train dans les saloons et les cafés de la petite ville de l’Ouest : plusieurs habitants affirment avoir vu une silhouette vêtue de noir et coiffée d’un chapeau haut-de-forme rôder dans les jardins du manoir, à la nuit tombée… Locaux ou visiteurs, chacun frissonne ainsi en entendant le vent siffler dans le toit de la demeure délabrée, emportant avec lui les notes grêles d’une étrange musique. Il se murmure que Thunder Mesa souffre de la vieille malédiction indienne provenant de l’impressionnant Big Thunder Mountain, et qu’il serait même plus prudent de quitter la ville pour échapper aux démons et fantômes qui vivraient, selon les racontars, dans « Phantom Manor ».

Pour James Collins, le photographe de Thunder Mesa installé au-dessus de Bonanza Outfitters, la boutique de vêtements de la ville, il s’agit d’une occasion unique d’acquérir une renommée dans les environs, et d’empocher quelques pièces d’or au passage ! Il décide de profiter de sa toute dernière acquisition, la caméra spectrale, une merveille de technologie mettant à l'honneur le daguerréotype, pour obtenir la preuve irréfutable de la présence de fantômes autour du manoir des Ravenswood. Après avoir implanté résolument son studio de photographie mobile devant les grilles, dont la devanture ornée d’un œil à l’allure surnaturelle annonce « Spirit Photography », il invite chacun à défier ses peurs pour tenter d’immortaliser les esprits farceurs hantant les abords du manoir. Collins a visiblement prévu de s’implanter là un certain temps, comme en témoignent les nombreuses valises empilées dans sa cabine. L’une d’entre elles porte d’ailleurs les initiales D et R tandis que l’étui pour ranger le trépied du matériel photographique est posé contre une poutre du magasin. Sur la façade en bois de la petite échoppe, un texte indique « Immortalize your visit to Thunder Mesa! Take a frightfully unique portrait with the extraordinary spectral camera, able to depict what the eye cannot perceive. Astounding! Enigmatic! » (ou en français « Immortalisez votre visite à Thunder Mesa ! Prenez un portrait effroyablement unique avec l’extraordinaire caméra spectrale, capable de montrer ce que l’œil ne peut percevoir. Stupéfiant ! Énigmatique ! »).

Les habitants les plus courageux et intrigués par ces mots captivants et troublants voient leur photo publiée dans le journal hebdomadaire de Thunder Mesa, The Mysterious Chronicle, vendu au prix de cinq centimes, afin de servir de preuves aux rumeurs ambiantes. Sur la une, est inscrit en gros titre « Are ghosts escaping from Phantom Manor? » (« Des fantômes s’échappent-ils de Phantom Manor ? » en français). Quelle n’est pas leur terreur en constatant qu’il y a bel et bien un esprit qui apparaît sur la photo : le Phantom lui-même, vêtu d’une cape noire et d’un haut de forme, souriant d’un air narquois ! Il semblerait qu’il s’agit bel et bien du même esprit aperçu dans les jardins du manoir des Ravenswood à la nuit tombée… 

Mais il y a plus étrange encore : même quand le photographe est absent, les fantômes farceurs continuent à se prendre en photo avec sa caméra spectrale et à imprimer des exemplaires du journal… Peut-être qu’un jour, quand le shérif rouvrira les grilles du manoir des Ravenswood, la vérité sur ces phénomènes fantomatiques pourra enfin éclater ?

La critique

rédigée par Victoire Beretton
Publiée le 09 octobre 2021

Le 7 janvier 2018, après près de vingt-six années de visites quotidiennes quoiqu’interrompues parfois par de facétieux revenants, Phantom Manor, l’une des attractions phare de Disneyland Paris, a fermé ses portes pour une réhabilitation bien méritée. En effet, la tant aimée demeure des Ravenswood avait bien besoin d’un rafraîchissement, tout comme ses hôtes fantomatiques, qui faisaient décidément pâle figure à côté des Audio-Animatronics de Pirates of the Caribbean, restaurés en 2017. Cette restauration d'ampleur, aussi bien d'ordre technique que scénaristique, s'étale alors pendant près d'un an et demi.

Le revers de la médaille toutefois reste alors le vide laissé par Phantom Manor dans une zone étendue de Frontierland : la problématique est double, puisqu’il s’agit à la fois de réfléchir à une façon d’amener les visiteurs dans ce coin désormais dépourvu d’attraction, et de proposer une expérience permettant de compenser quelque peu la fermeture prolongée d’un parcours très apprécié du public. L’inspiration est alors venue des États-Unis, et en particulier du Parc Magic Kingdom à Walt Disney World Resort : là-bas, en effet, l’attraction Haunted Mansion située à Liberty Square a droit depuis 2014 à sa boutique dédiée - Memento Mori - qui a remplacé la précédente boutique, The Yankee Trader Shop, le 6 octobre 2014. Dans cette petite échoppe inspirée du stand de voyance de Madame Leota (de son vivant !), se trouvait l’expérience Spirit Photography permettant aux visiteurs de se prendre en photo et de voir leur portrait transformé en revenant grâce au procédé d'imagerie lenticulaire en relief. Cette expérience fut par la suite fermée en 2018 au profit d’une autre expérience, Host-A-Ghost Jars.

Le nom même de Spirit Photography (ou « Photographie spectrale » en français) est une référence à une pratique de trucage photographique créée au XIXe siècle, et dont l’objectif était de capturer des images de véritables fantômes et esprits. Pratique très populaire notamment aux États-Unis à la fin de la guerre civile, elle a permis à des photographes tels que William Mumler et William Hope de faire fortune en proposant à leurs clients d’être photographiés avec leurs défunts ancêtres. Avec les années, il a été prouvé que ces deux photographes, et bien d’autres, étaient des imposteurs, et leur affaire du charlatanisme pur et simple consistant à profiter honteusement du deuil des braves gens : cependant, le « spirit photography » n'a de cesse de diviser, les théoriciens se disputant entre l’explication technique pure et simple de ces apparitions fantomatiques (souvent liés à des reflets de bijoux, à la vapeur, ou même à des insectes obstruant l’objectif) et les véritables croyants, persuadés de l’existence des esprits, dont notamment Sir Arthur Conan Doyle, créateur de la série de romans Sherlock Holmes !

Ce concept a donc plu aux équipes créatives de Disneyland Paris afin de mettre en scène les esprits du manoir des Ravenswood. Phantom Manor étant très différent des deux Haunted Mansion américaines, de par son apparence mais aussi par son scénario unique enchevêtré dans l’histoire du Land, il a fallu adapter quelque peu le concept, en l’ajustant notamment à la fermeture de l’attraction et au vide laissé dans la ville fictive de Thunder Mesa. C’est ainsi qu’au lieu d’un simple portrait comme l’expérience américaine le proposait, les équipes de Disneyland Paris ont imaginé un véritable point photo : les visiteurs se prenant en photo ont ainsi la surprise de voir apparaître le Phantom, l’un des personnages emblématiques de Phantom Manor, à leurs côtés, ainsi que la façade du manoir des Ravenswood en arrière-plan. De plus, la photo elle-même est imprimée sous la forme d’un journal, The Mysterious Chronicle, indiquant sur sa première page la date du 13 octobre 1885, dans un style graphique très fidèle aux journaux de la fin du XIXe siècle. Le nombre 13, souvent considéré comme portant malheur, fait aussi de multiples apparitions, notamment en haut de page, le numéro de cette édition de journal étant le 13 du volume XIII en chiffres latins mais aussi en bas de page avec la mention « Read the shocking story on page 13. » (ou en français « Lisez la choquante histoire en page 13. »). La bonne idée ne s’arrête pas là : en effet, au lieu de n’avoir qu’une face imprimée, Spirit Photography délivre toute une histoire sur son deuxième versant, via un article titré « Is Thunder Mesa becoming a ghost town? » (ou en français « La ville de Thunder Mesa serait-elle en train de devenir une ville fantôme ? ») expliquant l’enquête liée à la fermeture de Phantom Manor, ainsi que quelques amusants encarts publicitaires évoquant les séances de spiritisme de Madame Leota et les remèdes miracles de Doc Wassell, deux personnalités importantes de Thunder Mesa que les visiteurs ont bien évidemment pu rencontrer en faisant l’attraction Phantom Manor. 

L’expérience Spirit Photography en elle-même n’a rien de complexe : sur le principe d’un photomaton, les visiteurs ont simplement à choisir leur langue sur l’écran tactile, puis prendre la pose et appuyer sur le déclencheur placé sur l’écran. Trois photos sont prises : il suffit ensuite de choisir la version favorite, de récupérer le ticket correspondant et de payer pour récupérer la version imprimée sur journal sur une autre machine à l’arrière de la cabine. C’est ainsi l’occasion de prendre des poses amusantes, en ayant l’air effrayé par exemple. Il est à noter que la cabine permet une certaine intimité grâce aux valises empilées de chaque côté : de sorte que chaque groupe bénéficie d’espace et de tranquillité pour prendre la pose à sa guise, sans craindre les regards extérieurs.

Question prix, la photo imprimée ne coûte que douze euros, ou six euros pour les détenteurs de PhotoPass+ qui bénéficient en plus d’une copie digitale : l’un des bémols reste que la machine accepte uniquement les paiements en liquide (pas de possibilité de payer par carte bancaire) et refuse la monnaie étrangère, une obligation pour les visiteurs donc de veiller à avoir la monnaie adéquate sur soi. Ce coût cependant n’a rien d’excessif, surtout en considérant que plusieurs personnes peuvent être présentes sur la photo, intégrée sur un journal imprimé de chaque côté et conditionnée en rouleau dans un tube, plus facile à transporter pour le reste de la journée sur le Resort parisien. Il faut savoir que l’expérience Spirit Photography de Memento Mori coûtait quant à elle entre vingt et vingt-cinq dollars, pour un seul portrait !

Fort d’une thématisation détaillée et d’une approche originale, Spirit Photography souffre cependant de quelques points faibles comme l’absence de Cast Members permanents afin de fournir des explications ou détails techniques. Pour les visiteurs ne parlant pas l’une des quatre langues proposées sur le moniteur (français, anglais, espagnol et italien) notamment, il est parfois plus compliqué de saisir le fonctionnement de la cabine. Aussi, la technicité de l'ensemble garde encore une marge d’amélioration : une fois le déclencheur lancé, les trois photos se retrouvent en effet prises dans les quinze secondes, ce qui peut constituer pour certains un temps trop court pour trouver la pose adéquate. Un emplacement pour indiquer où se placer devant l'objectif, comme une croix au sol, aurait également été appréciable. Ces menus défauts techniques sont tout de même à tempérer, puisque les visiteurs possèdent au moins une chance sur trois d’avoir une photo qui leur convienne, et qu’ils décident eux-mêmes de payer, seulement après avoir sélectionné le cliché de leur choix, évitant ainsi de perdre de l’argent pour une photographie ratée.

Excellente manière de faire vivre l’histoire des revenants du manoir alors en réhabilitation, Spirit Photography reste installée pendant presque toute la durée des travaux de Phantom Manor qui s'étalent de janvier 2018 à mai 2019. Spirit Photography couvrira une bonne partie de ce temps de pause du manoir, s’installant devant ses grilles dès juin 2018 jusqu’en avril 2019, profitant du décalage de la réouverture alors prévue pour l’automne 2018. Rencontrant un franc succès, Spirit Photography marque sur le Resort parisien la toute première expérience de Magic Shot, un concept qui s’est par la suite très répandu dans les Parcs Disney à travers le monde puis qui s’est beaucoup développée en France en 2020 suite à la pandémie de Covid-19 afin de limiter les contacts entre visiteurs et Personnages Disney. Le principe reste ainsi le même, utilisant le montage photographique afin d’incruster un personnage Disney dans une prise de vue réelle et apparaissant à l’impression ou au visionnage numérique de la photographie, à l'instar du Phantom de Spirit Photography.

Précurseur d’un nouveau modèle hybride de « point-photo-boutique » autonome à Disneyland Paris, Spirit Photography a permis de pallier efficacement la fermeture de Phantom Manor, tout en mettant en scène l’univers des Ravenswood de manière ludique et intelligente. À la thématisation poussée et s’inscrivant parfaitement dans l’histoire de Thunder Mesa, la boutique mobile du photographe de la ville offre une expérience inédite, laissant les visiteurs repartir avec un souvenir original et unique. Une initiative très réussie de Disneyland Paris, témoignant de l'attention portée aux détails en termes d’expérience visiteurs.

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