Le
petit âne de Bethléem est une adaptation d'une histoire de Charles
Tazewell publiée en 1947. A l'origine, Walt Disney en achète les droits en
1960 et projette, alors, sur leurs bases, un film de télévision. Mais, comme c'est
le cas parfois, le projet n'aboutit pas et se trouve remisé après le décès
du Maître. Il faut ainsi attendre1973 pour que le scénariste, Pete Young,
redécouvre le livre dans la bibliothèque des studios Disney et tombe
littéralement sous le charme du récit. Approuvée par Ron Miller, mari de l'une
des filles de Walt Disney, mais également vice président - en charge des
productions - des studios de feu
son beau-père, son adaptation est alors relancée.
Pete Young, aidé de Vance Gerry, rédige ainsi le script et, après de
nouvelles péripéties et retards en tous genres, lance la production en 1977.

Le petit âne de Bethléem marque une étape importante dans la
vie des studios Disney. Il est, en effet, la toute première réalisation de
la nouvelle équipe d'animateurs fraichement embauchée par la firme de
Mickey. Le projet leur permet, il est vrai, de démontrer l'étendue de leurs
capacités et talents. Plus de cent cinquante artistes et techniciens sont
ainsi mobilisés pour tous les aspects du film qui comptabilise au final cent
mille dessins. Trois chansons sont également, tout spécialement, écrites.
Parmi les jeunes recrues, se distingue, déjà, un certain Don Bluth qui,
quelques années plus tard, pendant la production de
Rox et Rouky, témoignera, avec
d'autres, par son départ fracassant, de l'incroyable état de déliquescence
managériale des studios Disney. Il signe ici sa toute première réalisation
et production et se charge même, en parfait multi cartes, de deux des trois
chansons du moyen-métrage. Le futur réalisateur d'Anastasia ou
de Fievel et le Nouveau Monde annonce ici sa marque de
fabrique. Il insiste, en effet, de façon touchante sur la grande amitié qui
lie le garçon à son animal et livre également un passage très sombre dans la
boutique du tanneur. Cette propension à mettre en valeur la profondeur des
sentiments, qu'ils se situent dans le registre de la lumière ou de la
noirceur, sera toujours très présente dans son œuvre comme le révèle, de la
meilleur façon, Le secret de N.I.M.H..

Le petit âne de Bethléem est assurément un moyen-métrage très
réussi qui se démarque à l'évidence des productions historiques des studios
Disney. L'action est, en effet, lente et l'accent mis essentiellement sur la
nature des sentiments et l'interaction des personnages. Il constitue
également l'une des rares œuvres sorties sous la signature du grand Walt
reprenant un élément clairement religieux. Présenté en première partie d'une
reprise de
Pinocchio, Le petit âne de
Bethléem est finalement bien accueilli par le public qui en apprécie
autant le discours que la réalisation.