Lincoln
L'affiche du film
Titre original :
Lincoln
Production :
DreamWorks Pictures
20th Century Fox
Date de sortie USA :
Le 09 novembre 2012
Distribution :
Touchstone Pictures
Genre :
Drame
Réalisation :
Steven Spielberg
Musique :
John Williams
Durée :
149 minutes

Le synopsis

Le seizième Président des États-Unis aborde les derniers mois de son premier mandat dans la tourmente. Son pays est déchiré par la guerre civile et sa nation secouée par le vent du changement : Abraham Lincoln œuvre ainsi d’arrache-pied pour non seulement résoudre le conflit mais aussi abolir l'esclavage...

La critique

rédigée par
★★★★

Lincoln est un film étonnant ! Échappant aux affres d’un cours magistral sur une période méconnue des Français de l’histoire américaine et de son président devenu légendaire, il offre au contraire, grâce au talent de Steven Spielberg, une aventure politique passionnante révélant la force d'un homme d’état qui parvient, malgré sa part d’ombre, à défendre jusqu'au bout ses convictions dans l'exercice d'équilibriste qu'est la démocratie moderne. Furieusement d’actualités au moment de sa sortie dans l’hexagone, Lincoln résonne alors avec la préoccupation franco-française du moment concernant la réforme du mariage pour tous et son affrontement de deux blocs politiques puissants : les réactionnaires contre les progressistes...

Devenu l'une des personnalités les plus emblématiques et influentes du septième art, Steven Spielberg est né le 18 décembre 1946 à Cincinnati dans l'Ohio. Cinéaste très précoce, il réalise, enfant, quelques petits films amateurs puis, toujours très jeune, abandonne rapidement ses études pour tenter sa chance à Hollywood. Assistant monteur sur la série Wagon Train en 1957, il apprend alors son métier sur le tas, dans les années 60, en réalisant des courts-métrages tels que Firelight ou Amblin (dont il emprunte l'appellation pour sa future maison de production), puis travaille pour le petit écran, dirigeant notamment des épisodes de Columbo.
Son talent de mise en scène se révèle au grand jour en 1971 avec le téléfilm Duel (exploité en qualité de film à l'international) qui remporte notamment, en France, le Grand Prix du Festival d'Avoriaz. Le cinéaste réalise ensuite Sugarland Express (1974). Prix du scénario à Cannes, ce drame confirme ses belles aptitudes et annonce une jolie carrière qui prend un virage dans le fantastique dès l'année suivante.
Il y a, à l'évidence, pour Steven Spielberg, un avant et un après 1975 ! Cette année-là, il terrifie, en effet, le monde entier avec Les Dents de la Mer, une référence dans le cinéma d'épouvante qui le propulse star internationale de la mise en scène à seulement 29 ans. Ses films suivants remportent tous le même succès, atteignant pour la plupart les cimes du box-office international et s'inscrivant dans l'imaginaire de millions de spectateurs. Steven Spielberg est d'ailleurs le créateur (avec son ami George Lucas et sa Guerre des étoiles) d'une catégorie enviée du tout Hollywood : les films à plus de 100 millions de dollars de recettes sur le seul territoire national. Cette manne colossale pour les majors permet ainsi aux deux cinéastes de revendiquer par la suite une totale autonomie vis-à-vis des studios.
En 1977, Rencontres du Troisième Type initie son rapport étroit avec la science-fiction qui se poursuit en 1982 avec E.T. l'Extra-Terrestre puis A.I. Intelligence Artificielle (2001), Minority Report (2002) et La Guerre des Mondes (2005). Son goût pour l'aventure lui permet par ailleurs de donner naissance à la légendaire saga des Indiana Jones tombée dans l'escarcelle de Disney en 2012 à la faveur du rachat de Lucasfilm : Les Aventuriers de l'Arche Perdue (1981) , Indiana Jones et le Temple Maudit (1984), Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989) et Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (2008).
En 1983, Steven Spielberg participe à un film collectif avec John Landis : La Quatrième Dimension, dont il réalise la deuxième séquence. Il aborde ensuite dès 1985, dans sa filmographie, des sujets différents, moins orientés sur le cinéma dit « de divertissement » et plus axés sur l'Histoire : La Couleur Pourpre (1985) et Empire du Soleil (1987), deux œuvres qui racontent respectivement la vie d'une famille noire aux États-Unis du début à la moitié du XXe siècle, et celle d'un jeune Britannique pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Ce conflit le passionne à l’évidence. Il reviendra deux autres fois sur le sujet avec La Liste de Schindler (1993) et Il Faut Sauver le Soldat Ryan (1998), des long-métrages qui lui font gagner la consécration auprès des critiques et de ses pairs en remportant, notamment, de nombreux Oscars.
Par contre, il ne s'intéresse qu'une seule fois à la Première Guerre Mondiale avec le touchant Cheval de Guerre (2011).
Ne délaissant pas le divertissement à grand spectacle, il continue à relever les paris les plus fous en allant jusqu'à ressusciter, grâce à une combinaison novatrice de maquettes animées et d'images de synthèse, plusieurs espèces de dinosaures pour Jurassic Park (1993) et sa suite Le Monde Perdu (1997).
Tout aussi bien, il s’amuse également à revisiter les thèmes de l'enfance et de la famille (Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet en 1991, Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne en 2011) et à explorer la comédie burlesque avec 1941 (1980), la plus légère avec Arrête-Moi Si Tu Peux (2002) ou la romantique avec Le Terminal (2004). Il sait aussi prendre ses distances vis-à-vis des œuvres de pur divertissement pour aborder des sujets plus graves : le deuil (Always, 1989), l'esclavage (Amistad, 1997), la géopolitique (Munich, 2006) sont ainsi autant de thèmes délicats qui prouvent l'éclectisme et la sensibilité du cinéaste.
Parallèlement et dès 1981, Steven Spielberg, qui a créé sa propre société de production, supporte en plus de ses films, ceux d'autres cinéastes, considérés avec le recul comme les plus imaginatifs des années 80 : Gremlins (1984), Les Goonies (1985), Retour Vers le Futur (1985), Bigfoot et les Henderson (1987), L'Aventure Intérieure (1987), Miracle sur la Huitième Rue (1987) ou Qui Veut la Peau de Roger Rabbit (1988).

Né le 12 février 1809, Abraham Lincoln est le seizième Président des États-Unis. Issu d'un milieu modeste, il est très tôt animé par une volonté de réussite sociale. Après des études de droit, il commence une carrière politique alors qu'il n'a pas trente ans. Élu député républicain en 1834, il entre au Congrès en 1847. A partir de 1854, il défend l'introduction d'une législation anti-esclavagiste dans le Kansas et le Nebraska. En 1860, son influence devient telle qu'il se porte candidat à la présidence du tout jeune parti républicain. Son élection soulève l'opposition des États esclavagistes et provoque immédiatement la sécession de la Caroline du Sud, puis de six autres États. Après avoir mené lui-même les opérations militaires, il en confie la direction au général Grant en mars 1864. Sorti vainqueur de la guerre civile, Abraham Lincoln met au point un programme de « reconstruction » avec le souci de ménager les anciens États esclavagistes. Cette volonté ne l’empêche pas d’œuvrer activement pour l’abolition de l’esclavage jusqu’à la victoire politique du 1er janvier 1863 où il fait promulguer le décret d'émancipation des Noirs et signe le 13e amendement abolissant l’esclavage le 31 janvier 1865. Il est finalement assassiné, le 14 avril 1865, par un acteur sudiste, John Wilkes Booth, alors qu'il assiste à une représentation théâtrale. Sa mort a des conséquences dramatiques pour les États du Sud, livrés aux pillages sous les présidences de ses successeurs.

Depuis l'âge de sept ans, Steven Spielberg nourrit une fascination pour le personnage d'Abraham Lincoln au point de décider de lui consacrer un film. C’est ainsi en 1999 que le cinéaste découvre Team of Rivals : The Political Genius Abraham Lincoln, un livre biographique consacré au seizième président des États-Unis par Doris Kearns Goodwin. Fini d’achevé et publié en 2005, il voit ses droits acquis immédiatement par le cinéaste qui demande dans la foulée à Tony Kusher, lauréat du prix Pulitzer 1993 pour la pièce Angels of America, et auteur du scénario nommé à l'Oscar d'un de ses précédents films, Munich, de s'atteler à la lourde tâche d’en signer l’adaptation en scénario. Il s'en suit un premier jet de 500 pages tout bonnement impossible à coucher sur la pellicule. Steven Spielberg décide alors de se concentrer sur les derniers mois de la vie d'Abraham Lincoln, juste après sa réélection mais avant son serment pour son second mandat. Il traite également de sa mort même si ce n'est pas le propos principal du film. Il s'agit ici de retranscrire, par le choix de cette période précise, tout ce qui fait du seizième président des États-Unis, un homme d’État exceptionnel, grand stratège, à la ténacité hors norme mise au service d'un idéal fort.

Lincoln se concentre donc sur les tractations politiques autour de la ratification du treizième amendement de la Constitution américaine. Le 31 janvier 1865, la Chambre des Représentants proclame en effet qu’ « il n'existera dans les États-Unis, et dans toute localité soumise à leur juridiction, ni esclavage, ni servitude involontaire, si ce n'est à titre de peine d'un crime dont l'individu aurait été dûment déclaré coupable. »
Le film est assurément le plus prenant quand il se consacre précisément aux manœuvres politiques. En ce sens, il est incroyablement d'actualités : aujourd’hui comme hier, dans toute démocratie, l'avancée des droits et des libertés des citoyens est un long processus de compromis, de trahison, de tractation à la limite de la légalité et du moralement acceptable, et parfois même des idéaux défendus. Le spectateur a de quoi être abasourdi par les chemins de traverse que doit prendre l'homme politique aguerri pour obtenir une majorité sur des sujets jugés primordiaux. Abraham Lincoln a ainsi utilisé tout son sens politique et sa force de persuasion pour abolir l'esclavage. Le contraste entre l'effervescence parlementaire lors de ce vote historique et la solitude d'Abraham Lincoln attendant les résultats de cette décision qu'il manipule en coulisses est ainsi saisissant d’autant plus que Steven Spielberg fait preuve, là, d'une grande sobriété dans sa réalisation pour mieux appuyer l'ambivalence de la démocratie parlementaire.

Lincoln montre également un aspect du seizième président peu connu, même des Américains eux-mêmes : sa vie privée. Si celui-ci est un grand homme politique loué pour ses convictions, actions et succès, il n’aura pas la même chance dans son couple. En 1938, il se fiance, en effet, à Mary Todd qu’il épouse le 4 novembre 1842. Ils s'installent ensuite dans une petite maison à proximité de son étude d'avocat où sa femme peine alors à s'habituer, elle qui menait jusque là une existence choyée, toujours servie par les nombreux esclaves que possédait sa famille. Si des tensions se font jour entre Abraham et Mary dès les premières années de leur mariage, elles ont tendance à s'atténuer lorsque naît leur premier fils, Robert Todd Lincoln, le 1er août 1843, à Springfield dans l'Illinois. Il sera d'ailleurs le seul de leurs enfants à atteindre l'âge adulte. Les autres, nés également à Springfield, vont mourir pendant leur enfance ou durant l'adolescence. Edward Baker Lincoln naît ainsi le 10 mars 1846 et meurt le 1er février 1850 ; William Wallace Lincoln vient au monde le 21 décembre 1850 et décède à Washington D.C. le 20 février 1862, lors du premier mandat présidentiel de son père ; enfin, Thomas « Tad » Lincoln naît le 4 avril 1853  pour mourir le 16 juillet 1871, à Chicago...
Le film met donc l'accent sur trois point essentiels dans la vie de famille du président : la relation conflictuelle avec sa femme, en dépression après la mort de son troisième fils ; la surprotection d'Abraham vis à vis de Tad, son plus jeune fils ; et enfin la réaction de l'ainé qui ne veut pas être surprotégé car étant le fils du président. Ces scènes d'intimités sont profondément touchantes portant l'émotion et le drame à son comble. Elle révèle l’incroyable poids de la fonction qui empêche le président de se laisser aller à la tristesse du père qu’il est. Paradoxe incroyable : Abraham Lincoln est un homme malheureux en couple avec une épouse qui s'écroule dans le privé alors qu’elle sait être une alliée politique de poids dans le public. Une vision fascinante d'une forme curieuse de courage.

Lincoln n’est pas qu’un film politique, c’est, également et avant tout, le formidable portrait d’un homme. Daniel Day-Lewis (Le Dernier des Mohicans, Gangs of New York) ne se contente pas ainsi de prêter ses traits au mythique président : il habite son personnage ! Sa remarquable prestation offre aux spectateurs l’opportunité de saisir toute la complexité de la personnalité d'Abraham Lincoln, et en particulier, sa maitrise de la parole. Pour arriver à convaincre ses alliés comme ses adversaires, l’homme ne va que très rarement à l’affrontement. Il commence par un long silence, presque mélancolique, puis fait une digression sur une histoire (souvent savoureuse) pour amener son auditoire où il veut, avant d’arriver à la conclusion finale, toujours brillante dans sa capacité à démontrer de façon magistrale le bien-fondé de l’idée qu’il voulait défendre de prime abord. La finesse de la démarche n’est d’ailleurs pas toujours appréciée : nombre des membres de son gouvernement se plaignent de cette façon de faire, réclamant des actes plus directifs. Pourtant, ce talent exceptionnel de conteur permet souvent à Abraham Lincoln de rallier à sa cause des détracteurs qui se seraient braqués par une approche directe, vue d’ailleurs, ici ou là, et notamment quand il se met à taper du point sur la table dès que les débats tergiversent trop à son goût. Daniel Day-Lewis, tour en tour dans la gravité, l’humour et la prestance, apporte énormément au rayonnement de ce président, aux prises avec la dureté du pouvoir...

Les autres personnages sont tout aussi fantastiques.
Sally Field (actrice dans L'Incroyable Voyage, L'Incroyable Voyage 2 à San Francisco, The Amazing Spider-Man et réalisatrice du téléfilm L'Arbre de Noël) assume le rôle de Mary Todd Lincoln, l’épouse du président. Cette femme est ambivalente : d’un côté, victime d'une grave dépression à la suite de la perte de son fils, elle fait vivre un enfer à Abraham Lincoln dans sa vie privée tandis que, d’un autre côté, elle affiche une force inouïe en public. Indéfectible alliée de son mari, elle manœuvre parfaitement pour l’aider dans les soirées mondaines aussi rébarbatives que primordiales stratégiquement.
Tommy Lee Jones (Fire Birds, Captain America - First Avenger) joue, quant à lui, Thaddeus Stevens, un homme politique fervent défenseur de l’égalité raciale. L’acteur est tout simplement brillant dans chacune des scènes où il apparait. Son personnage comme son interprétation sont magistraux : ils apportent beaucoup à la compréhension du processus politique qui, partant d’une position intransigeante, se heurte irrémédiablement au mur de la réalité et aboutit finalement au compromis.
Joseph Gordon-Levitt (Angels : Une Equipe aux Anges, Dix Bonnes Raisons de Te Larguer, Miracle à Santa Anna) est Robert Todd Lincoln, le fils ainé de Lincoln. Bizarrement, son personnage ne lui permet pas de vraiment briller. Caricatural dans une posture de « fils de... » qui veut s’émanciper de l’autorité à la fois paternelle et présidentielle, il laisse de marbre les spectateurs peu enclins à croire à sa démarche...
Le reste des intervenants est, quant à lui, formé d’une multitude de personnages évoluant autour du Président et de la Cour des Représentants, tous portés par des acteurs, pour la plupart, très convaincants. Le casting parfait n’est pas loin !

Lincoln est donc une œuvre exigeante. Déjà, pour l’apprécier, il faut savoir qu’il ne s’agit pas d’un film sur la Guerre de Sécession. Même s’il dispose de quelques séquences montrant l’atrocité de ce conflit particulièrement meurtrier, son récit tourne, en effet, quasi-exclusivement autour de la politique politicienne. Beaucoup de scènes se passent ainsi à la Maison Blanche, dans les bureaux des décideurs. Alors certes, l'opus peut paraitre long, lent et verbeux. Mais, loin d’être un défaut, c’est une qualité tant l’ensemble est passionnant et prenant de bout en bout. La vraie réussite de Lincoln se situe justement dans la qualité de ses dialogues et discours. La force du propos est ici clairement la priorité du réalisateur. Steven Spielberg a ainsi filmé avec une grande humilité et la sobriété adéquate, la part d’un destin exceptionnel. Il n’y a pas d’émotions à profusion, ni de scènes de guerre démonstratrices. L’essentiel est ailleurs : dans ces petits moments où le sort d’un pays tout entier se joue dans un bureau feutré. Si le verbe est sérieux, l’image est, elle, authentique ! La photographie est exemplaire, les décors minutieux et les costumes superbes. La musique de John Williams souligne enfin parfaitement cette envie de modestie : pas d’envolée lyrique mais de la retenue, toujours.

La critique américaine a encensé le film saluant unanimement la prestation de Daniel Day-Lewis mais aussi les talents de conteur de Steven Spielberg sur un sujet aussi ardu. L'opus a d'ailleurs reçu pas moins de 12 nominations aux Oscars : Meilleur Film, Meilleur Acteur pour Daniel Day-Lewis, Meilleur Acteur dans un Second rôle pour Tommy Lee Jones, Meilleure Actrice dans un second rôle pour Sally Field, Meilleur Photographie, Meilleur Costume, Meilleur Réalisateur, Meilleur Montage, Meilleure Musique, Meilleurs Décors, Meilleur Son et Meilleur Scénario Adapté.
Lincoln a aussi surpris au niveau de son box-office. Alors qu’au premier abord, il s’agit d’un film historique de 2H30, il s’est très bien maintenu en salles sur le territoire américain. Avec un budget de 65 millions de dollars, il en a rapporté plus de 145 millions, huit semaines seulement après sa sortie, rien que dans son pays d’origine. Une vraie performance - compte tenu de son sujet ! - qui fait oublier les résultats en demi-teinte des deux précédents films du réalisateur, Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne et Cheval de Guerre.

Lincoln est un superbe portrait. Tout en sobriété et retenu, il montre la force de conviction d’un homme politique hors norme apte à mener son pays vers la modernité et la paix. Steven Spielberg réalise un hommage sincère, porté par des acteurs hors du commun et des dialogues finement ciselés. Exigeant, Lincoln est une leçon de démocratie et d’histoire, digeste et enthousiaste, apte à faire grandir le spectateur qui accepte de la suivre.

A noter :
Lincoln a remporté l'Oscar 2013 du Meilleur Acteur et des Meilleurs Décors.

L'édition vidéo

Jaquette Lincoln
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