L'Apprenti Sorcier

L'Apprenti Sorcier
L'affiche du film
Titre original :
The Sorcerer's Apprentice
Production :
Disney
Date de sortie USA :
Le 14 juillet 2010
Genre :
Fantastique
Réalisation :
Jon Turteltaub
Musique :
Trevor Rabin
Durée :
105 minutes

Le synopsis

La guerre fait rage dans le monde de la Magie depuis qu’Horvath l’un des disciples de Merlin s’est allié à la fée Morgane, son ennemie jurée. Balthazar et Veronica, ses autres élèves restés fidèles, tentent de s’interposer mais la progression du Mal semble irrésistible. Le bilan de la lutte est d’ailleurs vite désastreux pour le camp du Bien : Véronica est contrainte de se sacrifier pour obtenir l’emprisonnement de Morgane dans le Grimhold (une prison magique) tandis que Merlin trépasse. Balthazar, seul rescapé de son équipe, reçoit alors l’ordre de trouver le Premier Merlinien et d'en faire son disciple. Lui seul est, en effet, en capacité d'occire la fée Morgane. La quête dure plus de mille ans et amène Balthazar à New-York à l’époque contemporaine auprès d’un adolescent dénommé Dave. Mais le temps presse : Horvath se fait de plus en plus menaçant…

La critique

rédigée par
★★★

Le timing est décidément impressionnant du côté du producteur Jerry Bruckheimer. Moins de quatre mois après Prince of Persia : Les Sables du Temps, l’allié de choix de Disney livre, en effet, une nouvelle super production : L'Apprentie Sorcier. Situé à mis chemin entre Benjamin Gates et le Trésor des Templiers et Gargoyles, ce film aux ambitions de blockbuster se révèle être une agréable surprise, un sentiment d’autant plus grand que sa bande-annonce aux relents de Dragon Ball de pacotille laissait craindre le pire : qu’il soit clair que le combat par boules de feu ne fait pas vraiment bon ménage avec la fantasmagorie « merlienne » !

Jon Turteltaub signe donc avec L’Apprenti Sorcier sa cinquième réalisation pour Walt Disney Pictures et la troisième produite par Jerry Bruckheimer, après Rasta Rockett en 1993, Sale Môme en 2000, Benjamin Gates et le Trésor des Templiers en 2004 et sa suite, Benjamin Gates et le Livre des Secrets en 2007. Sa patte est indéniablement présente. L’introduction prend, en effet, le rythme de celle observée dans la première aventure de Gates tandis que sa manière de révéler les éléments de l’histoire est presque sans surprise, tant elle suit une logique académique.

Il faut dire que le scénario ne donne pas vraiment dans l’originalité : le spectateur est assurément en terrain conquis. Le coup de l’élève sorcier lui a déjà été fait : ce n’est donc pas de ce côté-là qu’il trouvera son plaisir. Non, c’est d’abord et avant tout l’aspect « fun » du récit qui emporte l’adhésion. Nombre d’adolescents et de jeunes adultes ont, en effet, plaisir à s’imaginer dotés des pouvoirs (bons ou mauvais d’ailleurs) qu’ils découvrent à l’écran. Et L'Apprenti Sorcier n’est pas avare en ce domaine. Les scènes d'action y sont ainsi légion et particulièrement haletantes, à l’exception notable de celle située à Chinatown, ridicule avec son dragon de plastique et son méchant par trop timoré. Ce gros raté ne porte pourtant pas préjudice au film : les combats sont, il est vrai, trop nombreux et réussis pour s’ennuyer un instant. Là où Harry Potter se complait à sortir vainqueur en deux coups de baguettes magiques, Dave doit, lui, batailler ferme. Les boules de feu, par exemple, qui prêtent à sourire dans la bande annonce, prennent tous leurs sens dans le déroulement du récit. L’Apprenti Sorcier est en réalité une œuvre assurément décomplexée. Les références extérieures et les répliques bien senties y fusent et font le bonheur des spectateurs.

Rien d’étonnant à cela. La genèse du film provient, en effet, du plus célèbre segment du dessin animé Fantasia, créé par Walt Disney en 1940, et dans lequel Mickey livre le rôle emblématique de toute sa carrière. Revêtant le chapeau magique de son Maître, il déclenche une série d’évènements (qui sont autant de catastrophes) que L’Apprenti Sorcier (le film « live ») reprend à son compte dans une séquence jubilatoire pour tout fan Disney. Alors bien sûr, l’hommage en reste au rang des clins d’œil : le titre, la scène et l’idée d’un apprenti. Une riche mythologie est ensuite imaginée autour du thème des sorciers tout droit venus de l'époque des Chevaliers de la Table Ronde et projetés à l’ère contemporaine. Rien de bien neuf  donc sous la plume des scénaristes ? Certes, mais la réalisation fait le reste ! L’action placée à New-York trouve, il est vrai, un cadre idéal pour s’épanouir. Chaque lieu est magnifié par une superbe photographie qui donne un rendu exceptionnel, à la fois mystique et magique. La Grosse Pomme dispose à l’évidence d’une partition sans limites. Ville du Spectacle, de la Mode, de l’Edition et de la Finance, elle est aussi - et peut-être avant tout - l’unique endroit au monde où toutes les situations deviennent possibles. Elle permet ainsi l’incroyable paradoxe qui revient à donner à des actions improbables autre part une surprenante crédibilité. Cette impression se trouve d’ailleurs renforcée par le parti-pris du réalisateur qui, plébiscitant les scènes de nuits ou d'intérieur et délaissant l’ambiance de journée, obtient une atmosphère mystérieuse et envoutante à souhait. Oubliant Fantasia, L’Apprenti Sorcier prend alors des airs de Gargoyles, savant mélange de codes moyenâgeux et de modernité newyorkaise.

Les effets spéciaux jouent d’ailleurs à plein ! Clairement de bonne facture (le dragon de Chinatown excepté), ils offrent au public de grands moments de cinéma spectaculaire. La poursuite dans les rues de New-York est par exemple époustouflante, à grands coups d’images de synthèse, toujours bien amenées. Les effets recherchés avec les miroirs et vitrines sont, en ce sens, de purs moments de bonheur pour qui apprécie l’exercice. L’esthétique générale est, il est vrai, en permanence envoutante jusque dans les séquences plus intimistes à l’exemple de celles se déroulant à l’intérieur du labo de Dave ou avec la gargouille de l'Empire State Building.

Côté casting, Jerry Bruckheimer re-signe pour la sixième fois dans une production pour les studios Disney, Nicolas Cage après Rock (1996) chez Hollywood Pictures, Les Ailes de L'Enfer (1997) et 60 Secondes Chrono (2000) chez Touchstone Pictures, Benjamin Gates et le Trésor des Templiers (2004) et Benjamin Gates et le Livre des Secrets (2007) chez Walt Disney Pictures. L’acteur fait ici son numéro habituel en livrant une prestation maitrisée. Finalement, seule sa tignasse crée la surprise !
Monica Bellucci assume pour sa part une, somme toute, très courte apparition. Et c’est heureux ! L’actrice ne convainc guère, en effet, dans un genre –le blockbuster– pas véritablement taillé pour elle. Elle semble sans cesse se demander ce qu’elle fait là et a visiblement du mal à donner à son personnage toute l’envergure qu’il mérite pourtant.
Plus à l'aise, Alfred Molina, venu tout droit de Prince of Persia : Les Sables du Temps, s'amuse, lui, à l’évidence, beaucoup, à jouer Horvath, le méchant conspirateur impeccablement vêtu, charmeur et mortifère. Son acolyte, Drake Stone, interprété par Toby Kebbell, en provenance lui aussi (!) de Prince of Persia : Les Sables du Temps est à ses côtés tout simplement excellent en sorcier-magicien « à la Broadway ». Sa nonchalance et son goût vestimentaire gothique et dandy font mouche et déclenchent l’hilarité.
Enfin, Dave, le héros dont le rôle est tenu par Jay Baruchel, est l'archétype du jeune scientifique doué pour les études mais totalement maladroit avec les filles. Sa prestation d'apprenti sorcier, certes sympathique et plutôt attachante, reste néanmoins sans véritable imagination.

Dépourvu d’originalité scénaristique et servi par des personnages académiques, L'Apprenti Sorcier vaut surtout pour ses scènes d’action et sa « cool attitude » jouissive : un divertissement qui a défaut d’être inspiré est parfaitement efficace.

L'édition vidéo

Jaquette L'Apprenti Sorcier
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