Walt Disney’s Silly Symphonies
The Complete Disney Classics : Volume 4 • 1942 - 1945

Walt Disney’s Silly Symphonies - The Complete Disney Classics : Volume 4 • 1942 - 1945
La couverture
Titre original :
Walt Disney’s Silly Symphonies - The Complete Disney Classics : Volume 4 • 1942 - 1945
Éditeur :
IDW Publishing
Date de publication USA :
Le 17 septembre 2019
Genre :
Sunday Strips
Auteur(s) :
Merrill De Maris (Scénario)
Hubie Karp (Scénario)
Bill Walsh (Scénario)
Bob Grant (Dessin)
Karl Karpé (Dessin)
Paul Murry (Dessin)
Dick Moores (Dessin)
Nombre de pages :
189

Le sommaire

Essai :
• Introduction

Les histoires :
• Bambi : 19/07/1942 - 04/10/1942
• José (Joe) Carioca : 11/10/1942 - 01/10/1944
• Panchito : 08/10/1944 - 07/10/1945

La critique

rédigée par
Publiée le 24 juin 2020

Ce quatrième et dernier volume de l'intégrale des strips des Silly Symphonies est un pur bonheur proposant l'adaptation d'un classique Disney ainsi que les aventures papier de deux personnages nés des voyages sud-américains de Walt Disney et de ses animateurs.

La première des trois histoires à suivre, compilées dans ce recueil, est donc Bambi, tirée du film d'animation éponyme. Comme pour Snow White and the Seven Dwarfs et Pinocchio quelques années plus tôt, le but de l'adaptation papier est en réalité de soutenir la sortie cinéma. Les dessins sont signés de Bob Grant, l'encrage de Karl Karpé tandis que le scénario et le texte sont de Merrill De Maris. S'étalant du 19 juillet 1942 au 4 octobre de la même année, l'adaptation de Bambi est de belle facture. Certes, la bande dessinée n'a pas la possibilité d'arriver à égaler la beauté des images du film d'animation mais cela n'empêche pas les strips d'être superbes, par exemple dans la toute première planche où la qualité et la minutie des dessins constituent un régal pour les yeux. Du point de vue du récit, Bambi, version papier, est très proche du long-métrage même si la séquence de La Chanson de la Pluie n'a pas pu être proposée en raison de sa musicalité impossible à retranscrire en bande dessinée. Par contre, les aspects sombres et tristes du récit ne sont pas gommés, que cela soit la terreur qu'inspirent les chasseurs ou la tragédie de la mort de la mère de Bambi.

Les deux histoires suivantes sont, quant à elle, liées à l'Histoire avec un grand H. Au début des années 40, alors que l'Europe s'enfonce irrémédiablement dans la guerre, les États-Unis ne sont, en effet, eux, que très légèrement impliqués même si de sombres nuages s'amoncèlent à l'horizon. Le Président américain, Franklin D. Roosevelt, s'inquiète, il est vrai, de l'influence grandissante de l'Allemagne nazie sur ses voisins d'Amérique du Sud. Il semble, avec le recul, vouloir déjà préparer le peuple américain à entrer dans le conflit. Son gouvernement demande d'ailleurs, très vite, à Walt Disney de se tenir prêt à participer à l'effort de guerre en défendant, en interne et en externe, les valeurs américaines. Ce dernier met ainsi à profit un voyage en Amérique Latine pour rencontrer des artistes et capter, avec son équipe, l'ambiance des pays visités. Walt Disney s'implique, d'ailleurs, bien volontiers dans ce projet, tout bousculé qu'il est alors par une grève, extrêmement dure, qui frappe ses studios. Le 17 août 1941, il s'envole donc, non seulement avec ses propres collaborateurs mais aussi avec des représentants du gouvernement américain, pour l'Argentine, le Chili et le Brésil. Le petit groupe se fera alors surnommer Walt & El Grupo. Deux films d'animation, mettant en vedette la star des studios de l'époque, Donald, germeront de ce voyage : Saludos Amigos (1943) et Les Trois Caballeros (1945). Les strips des Silly Symphonies mettront alors en avant deux personnages emblématiques de ces longs-métrages : le perroquet José Carioca et le coq Panchito Pistoles.

José (Joe) Carioca commence le 11 octobre 1942, quelques mois après la première sud-américaine de Saludos Amigos mais un trimestre avant sa sortie aux États-Unis. D'un point de vue graphique, le perroquet est d'abord dessiné par Bob Grant et se voit encré par son assistant Karl Karpé. Mobilisé pendant la guerre, Bob Grant cède ensuite sa place à Paul Murry tandis que l'encrage est confié à Dick Moores. Les récits seront, quant à eux, écrits par Hubie Karp. Les histoires se suivent alors de semaine en semaine, permettant ainsi de proposer des aventures denses et haletantes mais aussi de nombreux personnages secondaires. Les strips se déroulent dans un Brésil contemporain et les textes américains sont écrits de façon à ce que l'accent du pays ressorte dans la prononciation. Le personnage papier de José Carioca s'avère être un bonimenteur optimiste qui croit à sa bonne étoile pour se sortir de tous les mauvais pas où ses mensonges le font se fourvoyer. Vivant dans un bidonville, il tente ainsi par tous les moyens de sortir de sa condition en essayant d'intégrer la haute société. Joli cœur, il ne peut en outre jamais s'empêcher de séduire toutes les belles filles qu'il croise, chacune devenant à chaque fois la femme de ses rêves, la suivante remplaçant la précédente. Ainsi, il rencontre Maria, la fille d'un riche industriel ; Rae, une soi-disant chanteuse d'opéra ; Gloria, la fille d'un grand amateur de chasse ; Mimi, la fille d'un propriétaire de haras. En voulant les séduire, José affabule autant qu'il peut et se retrouve alors dans des situations plus inextricables les unes que les autres. Le pire étant atteint quand il croise deux jeunes filles à qui il fait la cour en même temps. Les strips de José (Joe) Carioca seront très populaires aux États-Unis, expliquant la durée de leur publication, durant deux ans jusqu'au 1er octobre 1944.

Le personnage de Panchito, quand à lui, fait ses débuts dans le strip de José (Joe) Carioca le 23 avril 1944. José Carioca et Panchito partageront la vedette durant plusieurs semaines jusqu'au 27 août 1944. Panchito obtient ensuite sa propre série le 8 octobre 1944, près de quatre mois avant l'avant-première du film Les Trois Caballeros. Le dessin est toujours confié à Paul Murry avec un encrage de Dick Moores ; par contre le scénario change de main, pris en charge par Bill Walsh. Deux modifications majeures se constatent alors. D'abord, si les aventures brésiliennes de José Carioca étaient contemporaines, celles de Panchito sont ramenées dans un Mexique de la fin du XIXème siècle. De plus, tandis que le récit des strips du perroquet se suivait d'un dimanche à un autre, ceux du coq sont indépendants les uns des autres. Ce sont ainsi plus des gags que des aventures. En revanche, comme son prédécesseur, le texte utilise la phonétique pour bien mettre en avant l'accent de son protagoniste. Amusants, les strips se situent tout de même un cran en dessous de ceux de José Carioca. Pour la bonne et simple raison qu'à la différence du personnage animé de Panchito qui était exubérant ou de José qui avait une personnalité papier bien définie par ses caractéristiques sociales, Panchito dans les strips est un simple caballero, un peu fade, qui est seulement à la recherche de romance ou d'un travail, mais toujours trop maladroit pour y arriver. En réalité, le véritable attrait de la série Panchito est la relation que le personnage entretient avec son cheval, Señor Martinez. L'animal ressemble d'ailleurs beaucoup graphiquement à celui de la séquence Dingo Fait de l'Équitation du film Le Dragon Récalcitrant. L'intérêt moindre du public se fait sentir sur la durée de publication puisque les aventures de Panchito se concluent au bout d'un an le 7 octobre 1945. Cet arrêt signe alors la fin des comics strips des Silly Symphonies qui se voient remplacés alors par une nouvelle série, dès le 14 octobre 1945, Uncle Remus and His Tales of Brer Rabbit, tirée du film Mélodie du Sud, et qui dureront des décennies jusqu'au 31 décembre 1972.

Une fois leur lecture terminée, les comics strips des Silly Symphonies révèlent que, comme leurs contrepoints animés, ils étaient un vivier d'idées proposant plusieurs univers et plusieurs styles. Ils ont vu ainsi l'apparition du premier personnage Disney, Bucky Bug, né en dehors de l'animation ; les premiers pas en solo de Donald Duck dans une série papier mais également ceux de Pluto ; et bien sûr l'adaptation de cartoons de la série des Silly Symphonies soit d'une façon littérale, soit sous forme de suites. Avec l'arrêt de la série animée, les strips se sont peu à peu transformés en ambassadeur des longs-métrages du studio soit via des adaptations strictes de l'histoire des films, soit via l'utilisation de certains personnages dans des récits inédits. La sortie de ce quatrième volume marque ainsi la conclusion de l'intégrale de la série, un projet éditorial extraordinaire entamé par IDW Publishing, via sa filiale Library of American Comics. Elle permet au plus grand nombre de profiter de cet incroyable trésor, un pan entier de l'histoire Disney, qui était peu connu du grand public mais que de nombreux fans souhaitaient lire dans leur entièreté. C'est désormais chose faite avec cette magnifique et magnifiée collection.

Ce quatrième volume des Silly Symphonies est peut-être celui que les fans attendaient le plus. Il faut dire que les strips de José (Joe) Carioca et de Panchito étaient très difficiles à lire. Les avoir tous réunis dans un seul livre est un vrai cadeau. À savourer sans modération !

À noter : la troisième illustration de cette critique de José (Joe) Carioca n'est pas extraite du recueil analysé mais est un fac-similé d'une précédente parution du strip. Il ne présage en rien de la superbe restauration, aussi bien sur les traits que les couleurs, qu'a effectuée IDW sur cette magnifique série.

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