Petit(e) Prince(sse)

Petit(e) Prince(sse)
L'affiche
Titre original :
The Little Prince(ss)
Production :
Disney
Date de mise en ligne USA :
Le 28 mai 2021 (Disney+)
Genre :
Comédie dramatique
Réalisation :
Moxie Peng
Musique :
Robert Ouyang Rusli
Durée :
19 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Alors que Gabriel et Rob sont amis, le père de Rob s'interroge sur le manque de virilité de Gabriel...

La critique

rédigée par
Publiée le 21 juin 2021

Petit(e) Prince(sse) est un court-métrage particulièrement touchant de la nouvelle collection de Disney+, Launchpad.

La plateforme Disney+ est une opportunité pour promouvoir et proposer des œuvres différenciantes. La série de courts-métrages Launchpad est de celles-là. Il s'agit d'un programme chapeauté par Mahin Ibrahim, directrice de la diversité et de l'inclusion chez Disney, ayant pour but de donner sa chance à de jeunes créateurs issus de la diversité américaine. Six ont été sélectionnés parmi plus de 1100 candidatures lors de la première salve, dont les histoires prennent pour thème la découverte. Chacun des metteurs en scène a alors été suivi par un mentor venu de l'une des filiales de The Walt Disney Company dont Disney+, Lucasfilm, Ltd., Marvel Studios, Pixar, Walt Disney Animation Studios et Walt Disney Studios Motion Picture. Leurs courts-métrages cherchent ainsi à être à la fois émouvants, provocants ou divertissants tout en apportant un point de vue singulier sur les États-Unis contemporains. Le projet a tellement plu à la Direction des studios qu'une deuxième salve sur les thèmes de la connexion et de l’interaction est déjà lancée.

À la réalisation de Petit(e) Prince(sse), Moxie Peng, avoue que le court-métrage s'inspire beaucoup de son expérience personnelle. En effet, iel se définit comme non genré. La situation qui arrive à Gabriel, iel l'a donc vécue dans son enfance. Grandissant en Chine, iel est alors un garçon différent des autres, une condition qui lui a été reprochée régulièrement. Heureusement, iel a toujours pu compter sur l'amour et la protection de sa famille. Et c'est d'ailleurs ce soutien sans faille qui lui a donné le courage d'affronter la vie et de se rendre compte qu'il fallait au contraire tout faire pour être soi-même, et ce peu importe ce que les gens en disent autour de soi. S'iel n'en est pas à son premier court-métrage, la plupart tourne autour du thème du genre, aussi bien ceux qu'iel a tournés en Chine que ceux réalisés aux États-Unis ; preuve d'un sujet qui lui tient particulièrement à cœur.

Petit(e) Prince(sse) est ainsi un court-métrage réellement touchant porté par deux jeunes acteurs qui arrivent à transmettre des émotions vraiment bouleversantes. Le petit Gabriel (Kalo Moss) est donc un gentil garçon, aimable, gentil et attentionné qui aime jouer à la poupée et apprendre la danse classique. Un jour, il rencontre Rob (Ching Yin Ryan Hu), un garçon sportif nouvellement immigré de Chine, et se lie d'amitié avec lui. Rob, après quelques réticences, va très vite apprécier la gentillesse du petit Gabriel. Malheureusement, son père trouve cette relation toxique et craint notamment que ce garçon hors norme « pervertisse » son enfant. Il va alors faire une démarche d'une violence psychologique incroyable à en faire pleurer le petit Gabriel, mais aussi le spectateur qui est bouleversé par ce à quoi il assiste. Il est même étonné, voire révolté, par le côté apathique des parents de Gabriel alors même que ceux-ci réagissent de façon exemplaire, surtout le père. Ses paroles sont d'une justesse incroyable, sûres d'émouvoir le public tant elles sont remplies d'amour et d'espoir.

Petit(e) Prince(sse) a ainsi une jolie morale. Non seulement elle montre que chacun doit essayer d'être lui-même sans se préoccuper du jugements des autres, mais surtout qu'avec l'âge, certains adultes s'enlisent dans des avis préconçus qui leur empêchent de voir le monde, et les gens, avec un œil neuf et bienveillant. Au contraire, les enfants, à l'image de Rob sont eux beaucoup plus ouverts d'esprits. Et c'est donc en grandissant, influencés par la société et l'éducation, qu'ils rentrent dans des cases et qu'ils deviennent persuadés que tout le monde doit faire de même. Ce constat fait, aussi beau que soit ce message, à la fois personnel et touchant, le court-métrage propose une thématique loin d'être inédite. Le film belge, Ma Vie en Rose, sorti en 1997 avec Michèle Laroque dans le rôle d'une mère devant gérer le questionnement de genre de son fils, avait par exemple déjà abordé le sujet de belle façon. Pour le label Disney,en revanche, c'est ici une première et il est vraiment heureux de voir le studio de Mickey aborder ce genre de récit avec délicatesse et bienveillance.

Petit(e) Prince(sse) est un court-métrage qui aborde un sujet difficile avec beaucoup d'émotion et de cœur. Moxie Peng propose ici une œuvre aussi personnelle que juste et touchante.

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