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Le New York Comic Con 2019

L'article

rédigé par Alexandre Chierchia
Publié le 17 mai 2020

Tokyo, Londres, San Diego ou encore Paris, le Comic Con se décline à travers le monde depuis de nombreuses années. Mais l’expérience ultime pour les fans de comics reste avant tout le New York Comic Con, qui rassemble tous les ans la plus grande Artist Alley avec en moyenne 300 artistes ! Pour les non-initiés, une piqûre de rappel est nécessaire : le Comic Con est une convention qui s’articule autour des thèmes forts de la pop culture : les comics, les mangas, le cosplay, mais pas que !
Pour la première fois, Chronique Disney était sur place pour l'édition 2019 et livre son avis et ses conseils pour un événement où l’organisation personnelle doit faire la différence !

Les Préparatifs

Le rendez-vous est donné le jeudi 3 octobre 2019 pour quatre jours (et trois nuits) de festivités en plein cœur de Manhattan au Jacob K. Javits Convention Center, au pied de la High Line – une ancienne ligne de métro aérien transformée en balade, un incontournable pour commencer la journée de bon pied ! – , le tout en face de l’Hudson River. Et ce n'est pas tout ! Malgré ses presque 80 000 m2 disponibles, l'endroit ne suffit pas pour accueillir entièrement le festival. Certains panels se trouvent donc délocalisés au Madison Square Garden et au Manhattan Center tandis qu’une convention dans la convention est organisée un "block" (quartier) plus loin : le Anime Fest@NYCC, centré sur le manga et l’animation japonaise.

La première étape consiste donc à effectuer les réservations d'hôtels. Les dates de la convention sont connues un an à l’avance et les pieds-à-terre les plus proches partent rapidement ! Pas de panique toutefois, New York regorge d'hôtels et les transports en commun fonctionnent 24 heures sur 24. Il est toutefois conseillé de privilégier Manhattan plutôt que les autres arrondissements afin d’éviter une perte de temps en transport, et donc d’énergie et/ou de sommeil.

La deuxième étape, et pas la moindre, est la réservation des billets. L’ouverture des ventes des précieux sésames se fait en plusieurs vagues avec un système de « Fan Verification ». La Fan Verification est un simple questionnaire qui relève plus du ciblage commercial que du jugement du niveau du fan. Il sera ainsi demandé si le visiteur est plus intéressé par l’Artist Alley ou le cosplay par exemple. Il ne s’agit donc pas d’un test requérant de connaître les ville et année de naissance de Stan Lee (au cas où : New York, 1922). Les premiers à accéder à la vente sont les personnes avec le statut de fan validé de l’année précédente. Ensuite, les inscriptions pour obtenir la vérification ouvrent, ainsi que les ventes pour ces derniers peu de temps après. Enfin, en dernier les ventes accessibles à tous sont ouvertes.
Autant dire qu’après tout cela, les places les plus prisées (les pass 4 jours et les jours du week-end) sont très limitées et partent très vite ! Le jeudi est par contre le jour le plus « calme », c’est d’ailleurs le seul qui n’est pas complet pour l’édition 2019.

À ce stade de la préparation (les dernières ventes ouvrent courant juillet), peu de choses auront encore été annoncées, que cela soit à propos des invités et des artistes, ou encore les différents panels. Les annonces commenceront en fait dans les jours suivants et continueront jusqu’à la semaine précédant l’événement ! ReedPOP (organisateur de l’événement) met alors en place une application dédiée avec la liste des participants, les panels et le plans des étages : des éléments essentiels pour pouvoir s’y retrouver ! 

Le centre de convention se divise en quatres parties.

  • L’entrée se fait au niveau 2. Simple endroit de passage, il permet de rejoindre les autres étages et possède une décoration qui plonge immédiatement dans l’ambiance de la pop culture, avec notamment moult panneaux géants ! C’est aussi là que se fait l’accès aux nombreux food trucks présents ainsi qu’à la boutique officielle.
  • Le niveau 3 correspond au Show Floor, c’est-à-dire l’endroit où sont réunis les boutiques et stands (ainsi que certains artistes) les plus prestigieux ! Funko, Marvel, DC Comics, Alex Ross sont ainsi quelques uns des noms les plus célèbres présents sur place, chacun proposant ses produits exclusifs au New York Comic Con ! De nombreuses animations sont en outre disponibles, comme des bornes d’arcade géantes ou la possibilité de découvrir le costume de Spider-Man pour la future attraction de Avengers Campus !
  • Au niveau 4 se trouve le Cosplay Central, soit le lieu où se déroulent les panels en lien avec l’art du déguisement.
  • Enfin, petit retour en arrière pour le niveau 1 qui est le principal (avec le 2) avec la scène principale et les secondaires, les panels et avant-premières, les rencontres pour dédicaces et photographies avec les acteurs notamment et pour finir l’Artist Alley, réunissant les plus grands artistes de comics.

Malgré la présence d’artistes hors normes et rares de ce côté de l’Atlantique, Paul Rudd, Benedict Wong et Tom Hiddleston représentant par exemple le Marvel Cinematic Universe ou encore Anika Noni Rose, Jodi Benson et Paige O’Hara, respectivement les voix originales de Tiana, Ariel et Belle, Chronique Disney fait l’impasse sur l’achat d’un ticket autographe ou photo, les prix affichés étant particulièrement élevés selon les vedettes voulues. 
Mais la volonté de participer à un panel précis ou une rencontre avec un acteur/artiste nécessite d’établir un planning à la fois strict pour ne pas louper l’essentiel mais aussi suffisamment souple pour laisser de la place à l’imprévu et notamment aux files d’attentes conséquentes. Cela est d’ailleurs d’autant plus vrai que des choix devront obligatoirement être opérés. Il y a en effet douze panels ou présentations vidéo qui se déroulent en même temps, de l’ouverture à la fermeture, et cela chaque jour ! 
De même, l’Artist Alley est immense et demande une préparation minutieuse pour que le visiteur soit certain de retrouver les artistes facilement et ne pas perdre de temps.

L’expérience de la visite 

Après un réveil aux aurores, direction le Javits Center pour une journée de folie ! En étant sur place « seulement » une journée, le planning risque d’être très vite surchargé. Il est donc décidé de faire l’impasse sur les panels, ceux-ci étant beaucoup trop chronophages avec des files d’attente interminables pour y accéder. Sans tickets réservés non plus pour une rencontre avec un acteur ou une actrice , il ne reste plus « que » l’Artist Alley et le Show Floor sur la liste. Le résultat de la loterie ne sera pas non plus favorable, dommage. Car oui, le Comic Con organise chaque jour une loterie avec des places prioritaires pour une sélection de panels ou de séances de dédicace ! 

Après avoir difficilement trouvé l’accès presse et celui pour retirer les badges achetés en ligne (deux chroniqueurs sont sur place, l’un avec une accréditation presse et l’autre avec un billet acheté en ligne), l’entrée se fait dans le centre de convention mais les portes du Show Floor et de l’Artist Alley sont encore closes et la file d’attente à l’intérieur se forme. Le Comic Con préfère en effet faire entrer les visiteurs et créer une file d’attente intérieure, environ une heure avant l’ouverture officielle afin de gérer les questions de sécurité, et donc l’accès au centre. Une bonne idée, surtout que le temps s'est rafraîchi sur New York.
Le plan imprimé et annoté en main, il est temps de commencer la visite et de découvrir l’Artist Alley. Et absolument rien ne peut préparer les fans habitués aux conventions qui ont lieu en France (exception faite du Festival International de la Bande-Dessinée d'Angoulême) à ce qu'ils vont découvrir. Douze allées accueillent il est vrai plus de 400 artistes ! Et alors que dans les salons plus modestes, les auteurs/dessinateurs à la renommée internationale sont peu nombreux, et donc les files d’attentes pour les rencontrer sont par conséquent plutôt longues, ici, à chaque table, une star ! Frank Miller, Tom King, la superstar de chez DC Comics (accompagné de Mitch Gerads et Clay Mann), le duo Scott Snyder et Greg Capullo (Batman New 52, Batman Metal), Donny Cates le scénariste qui monte chez Marvel, Kevin Eastman, le frenchie assez rare Olivier Coipel, Jim Lee avec Scott Williams et Alex Sinclair et bien d’autres. Il est évidemment impossible de tous les citer, mais le plus impressionnant n’est pas le prestige de ses invités (quoique ?). Le plus incroyable se résume en réalité à la capacité de pouvoir passer d’une table à l’autre en deux minutes ! Rares sont les endroits où il y a de l’attente, exception notable pour le tandem Snyder-Capullo, toujours adulés pour leurs travaux chez DC Comics


Jim Starlin

Les rencontres s'enchaînent et une chose devient évidente : ici, l’argent est roi. Une chose dont les fans de comics, même en France, ont certes déjà eu un bref aperçu dans les conventions, mais les amateurs de BD Franco-belge habitués aux séances de dédicaces gratuites seront abasourdis.
En effet, rares sont les artistes pour lesquels il ne faudra pas sortir ses billets verts ne serait-ce que pour obtenir une signature sur ses comics… Une hérésie de ce côté de l’océan, et que les organisateurs de sa petite sœur parisienne ne permettent pas. Plusieurs modèles se démarquent :

  • Toutes les signatures gratuites (très rare).
  • Les signatures gratuites, sauf en cas de doublons de comics.
  • Un certain nombre de signatures gratuites, puis payantes dépassé un certain seuil.
  • Payantes, sauf si elles sont personnalisées.
  • Payantes dès la première signature, avec des prix variables.

Deux facteurs expliquent ce phénomène.
Le premier est le besoin de financement pour les artistes, que cela soit pour préparer l’avenir et prévoir un souci de santé par exemple (le système de retraite et d’assurance maladie étant quasi inexistant aux États-Unis) ou pour rembourser la table louée sur le salon.
Le deuxième est la volonté de ne pas soutenir des marchés secondaires et de spéculation. D’ailleurs, chaque artiste fait payer beaucoup plus cher en cas de certification de la signature par un organisme tel que CGC. CGC est en effet une entreprise spécialisée dans la protection et la notation des comics et sketchs, le principe étant de faire valider les signatures par des employés envoyés lors des événements et de noter après sur une échelle de 0 à 10 les comics, pour au final les enfermer dans des caissons de plastiques hermétiques à l’abri des intempéries notamment. À noter, CGC est aussi spécialisé dans la restauration des comics.
Les artistes le savent, certaines des oeuvres auxquelles ils ont participé peuvent atteindre des cotes phénoménales, et cela sans forcément attendre des années. 
Batman Damned #1, sorti chez DC Comics en septembre 2018 et signé par le duo vedette Brian Azzarello et Lee Bermejo, fait rapidement scandale. En cause : l’apparition brève et à peine visible du sexe de Bruce Wayne ! Censé inaugurer la gamme Black Label de l’éditeur (une ligne mature pour lecteurs avertis dans la veine de Vertigo, aujourd'hui disparue), le numéro fait scandale et l’éditeur aux deux lettres prend des mesures drastiques ; lors de la réimpression et pour les mises en pages futures (modèle Hardcover ou pour la version en ligne), le dessin est retravaillé avec un rajout d’ombrage cachant ce sexe que le public ne saurait voir. Sauf que les exemplaires déjà en circulation ne seront pas rappelés et la spéculation fait son oeuvre ! Azzarello, qui demande 5 $ pour chaque comics signé, fait passer ce prix à 40 voire 50 $ pour Batman Damned #1, une façon de casser le marché de la spéculation et/ou d’en profiter aussi un peu.

Les fans auront plus ou moins de mal à payer selon la notoriété de l’artiste et son rapport à son œuvre, et sur les motivations de ce dernier aussi. Par exemple, Jim Starlin fait payer 10 dollars la signature, une somme certaine même pour un auteur à la carrière astronomique. Mais l’argent récolté est mis dans un pot à destination de Hero Initiative, une association qui vient en aide aux artistes qui subissent certaines difficultés de la vie (maladie, retraite). Une cause noble au service de laquelle Starlin met son nom et de sa renommée pour apporter son aide. À l’inverse, certaines tables réunissent plusieurs artistes travaillant avec le même agent, et cette fois c’est ce dernier qui gère directement le cash qui circule… Mais même avec des agents, il y a des traitements différents car au final, seule la rencontre compte et c’est l’engagement et l'accessibilité de l’artiste auprès de son public qui est primordiale. Deux rencontres de dessinateurs vedettes (avec des agents différents) ont été marquantes car complètement à l’opposé dans leur déroulement :

  • Frank Cho, l’artiste derrière les couvertures géniales actuelles sur le titre Harley Quinn, demande 5 $ par signature. Chronique Disney lui présente la première édition française de Liberty Meadows volume 1, un recueil regroupant ses tous premiers travaux, des strips humoristiques se passant dans un refuge pour animaux. Une discussion commence sur sa carrière et l’amour porté sur son art. Frank fera ce qui est appelé un doodle, un petit dessin sommaire dans le livre. Alors que l'hôtesse se penche pour lui rappeler qu’une seule signature simple a été payée, il répond par un très sobre « I Know », digne de Han Solo avec comme sous-entendu : « Mon public, mes choix ». Une personne en or !
  • À l’inverse, un artiste français faisant partie des « cibles » principales ; la barrière de la langue en moins, la rencontre avec un compatriote est un plus ! Surtout qu’il y a une histoire derrière avec un air de revanche (il a été le premier artiste vu lors d’une séance de dédicace en boutique plus de dix ans en arrière, mais étant novice en la matière, il n’y avait même pas eu un arrêt alors qu’il n’y avait pas foule… Une hérésie !). Le repérage du stand se fait et là, première mauvaise impression, le dessinateur n’est pas encore présent, personne ne sait quand il sera là, mais surtout la table est tenue par des agents avec à disposition des classeurs entier de planches et de dessins originaux des artistes les plus en vogue, cela sent l’argent à plein nez… Et effectivement quand enfin l’artiste arrive, la signature est à 10 dollars dès la première. Même l'anecdote ne fera rien (et pourtant les souvenirs remontent pour les deux parties) et il fera clairement comprendre que c’est le tarif affiché et rien d’autre. Un adage veut qu’il vaut mieux ne jamais rencontrer ses idoles. C’est parfois faux, mais malheureusement, pas cette fois-ci. 

Sur l’étage principal, une ambiance différente attend les visiteurs ! Malgré la lente traversée due à une foule très compacte, découvrir la Pop Culture à son apogée avec ses acteurs les plus emblématiques a quelque chose de grisant.
Disney est bien évidemment en bonne place avec plusieurs stands à ses couleurs, mettant en avant ses (nombreuses) filiales et branches. Marvel se place d'ailleurs au cœur de la convention avec la célébration de ses 80 ans. La division Disney Parks, Experiences and Products présente un peu plus Avengers Campus avec notamment un panel le jeudi et le costume que portera Le Tisseur dans son attraction Web Slingers: A Spider-Man Adventure, à venir à Disney California Adventure et dans le Parc Walt Disney Studios. Todd Mcfarlane dispose de son propre stand et non d'une table sur l’artist alley comme une poignée d’artistes (Alex Ross avec une exposition retraçant son oeuvre ou encore J. Scott Campbell) et cela afin de célébrer dignement son record obtenu avec sa création Spawn, premier comics indépendant à dépasser les 300 numéros ! Midtown Comics, célèbre boutique new-yorkaise de comics, est présente aussi avec des séances de dédicaces toute la journée sur son stand. Les artistes se placent donc véritablement au cœur de cette convention.
Là aussi, le merchandising fait son effet et de très nombreuses sociétés proposent des produits limités pour l’occasion, Funko en tête avec une file d’attente d’une heure pour seulement pouvoir accéder aux précieux goodies ! 
Mais l'aura du salon doit aussi beaucoup à son atmosphère électrique ! Car il n’y a pas que les artistes, les stands ou les acteurs qui contribuent à l’environnement. Les cosplayers sont aussi légion et se prêtent facilement au jeu des photos, qu’ils soient de simples amateurs ou même des professionnels. Et il n’est même pas nécessaire d'accéder à la convention pour cela, car c’est toute la ville qui vibre à la cadence de la pop culture durant quatre jours avec des surprises jusque dans le métro ! 

19h, une partie des portes se referment, l’Artist Alley pliant bagage elle, une heure plus tard. Impossible encore de se rendre compte qu’en l’espace d’une journée, autant de rencontres fabuleuses avec des artistes hors normes auront été possibles. Et avec une récolte de signatures et de dessins astronomiques ! Il est donc aisé de comprendre que le New York Comic Con est considéré comme LA convention spécialisée dans les comics. Deux petits points négatifs sont tout de même à souligner : la nécessité de payer pour tout, une façon de voir à l’opposé des dédicaces en France, et surtout la distance, qui empêche forcément les fans européens de réitérer la visite tous les ans ! Mais l’expérience est obligatoire pour tous les fans de comics et de pop culture en général : il est juste conseillé de prévoir plusieurs jours de convention et une bonne préparation en amont.

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