The Golden Palace

The Golden Palace
L'écran titre
Titre original :
The Golden Palace - Season 1
Production :
Touchstone Television
Date de sortie USA :
18 septembre 1992 – 14 mai 1993
Genre :
Comédie
Création :
Susan Harris
Musique :
George Aliceson Tipton
Durée :
528 minutes

Liste et résumés des épisodes

1. Pilot
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 1
Date de Sortie USA : 18 septembre 1992
Réalisé par : Terry Hughes
Durée : 22 minutes
Rose, Blanche et Sophia achètent un hôtel…
2. Promotional Considerations
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 2
Date de Sortie USA : 25 septembre 1992
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Rose fait de la publicité pour l'hôtel et attire un client un peu particulier...
3. Miles, We Hardly Knew Ye
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 3
Date de Sortie USA : 2 octobre 1992
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Blanche a la preuve de l'adultère de Miles et hésite à l'annoncer à Rose…
4. One Old Lady to Go
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 4
Date de Sortie USA : 9 octobre 1992
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Rose se prend d'amitié pour une vieille femme déboussolée…
5. Ebbtide for the Defense
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 5
Date de Sortie USA : 16 octobre 1992
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Les filles accueillent à l'hôtel des bikers et des avocats la même nuit…
6. Can't Stand Losing You
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 6
Date de Sortie USA : 23 octobre 1992
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Rose et Blanche parient qu'elles trouveront une petite amie pour Roland...
7. Seems Like Old Times : Part 1
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 7
Date de Sortie USA : 30 octobre 1992
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Dorothée visite l'hôtel et s'inquiète de voir sa mère trop travailler…
8. Seems Like Old Times : Part 2
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 8
Date de Sortie USA : 6 novembre 1992
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Sophia s'enfuit pour ne pas avoir à choisir entre ses amies et sa fille…
9. Just a Gigolo
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 9
Date de Sortie USA : 13 novembre 1992
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Blanche tombe amoureuse d'un gigolo…
10. Marriage on the Rocks with a Twist
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 10
Date de Sortie USA : 20 novembre 1992
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Les parents de Roland viennent lui annoncer leur séparation…
11. Camp Town Races Aren't Nearly as Much Fun as They Used to Be
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 11
Date de Sortie USA : 4 décembre 1992
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Blanche et Roland se disputent sur la pose d'un drapeau confédéré sudiste à la réception…
12. It's Beginning to Look a Lot (Less) Like Christmass
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 12
Date de Sortie USA : 18 décembre 1992
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Chuy, aidé de Blanche, de Rose et de Sophia, revisite son passé le soir de Noël…
13. Rose and Fern
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 13
Date de Sortie USA : 8 janvier 1993
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Miles vient annoncer à Rose qu'il compte épouser une autre femme…
14. Runaways
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 14
Date de Sortie USA : 15 janvier 1993
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Blanche n'assure plus ses responsabilités à l'hôtel depuis qu'elle sort avec un homme…
15. Heartbreak Hotel
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 15
Date de Sortie USA : 29 janvier 1993
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Un vieil ami de Blanche a des vues sur Rose…
16. Senor Stinky Learns Absolutely Nothing About Life
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 16
Date de Sortie USA : 5 février 1993
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Chuy et Roland disputent un important match de beach volley…
17. Say Goodbye, Rose
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 17
Date de Sortie USA : 12 février 1993
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Rose rencontre un homme qui ressemble exactement à son mari décédé…
18. You've Lost That Livin' Feeling
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 18
Date de Sortie USA : 19 février 1993
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Les filles doivent cacher le corps d'un critique culinaire décédé à l'hôtel…
19. A New Leash on Life
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 19
Date de Sortie USA : 2 avril 1993
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Roland n'aime pas voir sa mère sortir avec Chuy…
20. Pros and Concierge
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 20
Date de Sortie USA : 9 avril 1993
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Blanche renvoie Roland à la suite d'un quiproquo…
21. Tad
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 21
Date de Sortie USA : 16 avril 1993
Réalisé par : Peter D. Beyt
Durée : 22 minutes
Tad, le frère déficient mental de Blanche, débarque à l'hôtel sans prévenir…
22. One Angry Stan
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 22
Date de Sortie USA : 30 avril 1993
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Un notaire vient annoncer aux filles que Stan, l'ex-mari de Dorothée, est décédé…
23. Sex, Lies and Tortillas
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 23
Date de Sortie USA : 7 mai 1993
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Rose tente de dissuader sa petite-fille de coucher avec son petit ami…
24. The Chicken and the Egg
Genre : Episode télé
Série : The Golden Palace
Saison 1 Épisode 24
Date de Sortie USA : 14 mai 1993
Réalisé par : Lex Passaris
Durée : 22 minutes
Blanche demande à sa fille de lui offrir un de ses ovules…

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 10 avril 2017

The Golden Palace, le spin-off de la série Les Craquantes, est une série américaine créée par Susan Harris et coproduite par Touchstone Television et Witt/Thomas/Harris Productions. L'unique saison de la série a été diffusée aux États-Unis du 18 septembre 1992 au 14 mai 1993 sur la chaîne CBS. En France, The Golden Palace ne débarque qu'en février 2000 sur la chaîne Téva, en version originale sous-titrée uniquement.

Susan Harris est née le 28 octobre 1940, à New York. Durant son adolescence, elle passe des heures devant la télévision, en poursuivant le rêve d'écrire un jour, elle aussi, des scénarios pour le petit écran. Et force est de constater qu’elle relèvera haut-la-main le défi tant l'auteure sera prolixe durant ses quelques quarante-cinq ans de carrière, malgré le syndrome de fatigue chronique dont elle souffre depuis qu'elle est toute petite.
Dès 1969, elle écrit ainsi son premier scénario pour un épisode de la petite série d'NBC, Then Came Bronson. L'année d'après, ce sont dix scénarios que la jeune femme signe pour le show à succès d'ABC, Love, American Style. Elle travaille ensuite sur diverses séries, mais c'est véritablement avec l'un des scénarios pour la série Maude (qui a servi de base à la série française Maguy avec Rosy Varte dans le rôle-titre !) que le nom de Susan Harris se fait durablement connaître.
Maude est une série créée en 1972 qui met en scène l'une des actrices principales des (Les) Craquantes, Beatrice Arthur. Le créateur de Maude, Norman Lear, demande ainsi à Susan Harris d'écrire le scénario du double épisode Le Dilemme de Maude, dans lequel la protagoniste décide de se faire avorter. Cet épisode se voit ensuite diffusé deux mois avant que les interruptions volontaires de grossesse ne soit légalisées aux États-Unis ! Susan Harris s'attire ainsi les foudres de l'église catholique, mais obtient en même temps le respect de ses pairs, ainsi que le très prestigieux Humanitas Award pour son engagement sociétal. À compter de ce moment, elle s'autorisera à traiter de tous les sujets, même des plus sulfureux, sans crainte des censeurs.
En 1976, Harris rencontre Paul Junger Witt et Tony Thomas, avec qui elle fonde la Witt/Thomas/Harris Productions, une société de production qui lui donne encore plus de crédits et une liberté scénaristique quasi-totale. Les trois producteurs travaillent sur de nombreuses séries durant la fin des années soixante-dix, dont Soap sur ABC ou encore Benson, toujours sur la même chaîne.
En 1985, elle écrit le pilote de ce qui deviendra Les Craquantes pour NBC. La série est un succès sans démenti pendant sept années et rapporte même à la scénariste un Emmy Award en 1987.
Après son arrêt en 1992, Susan Harris crée pour CBS The Golden Palace, un spin-off qui ne connaît cependant qu'une saison. Deux autres séries seront par la suite considérées comme des spin-off des (Les) Craquantes et de The Golden Palace en raison de leurs nombreux épisodes cross-over : La Maison en Folie (1988) et Nurses (1991), toutes les deux diffusées sur NBC.

L'histoire de The Golden Palace prend place immédiatement après celle des (Les) Craquantes. Dans la dernière saison des (Les) Craquantes, Dorothée rencontre un homme avec lequel elle refait sa vie, ce qu'elle pensait impossible après l'échec de son premier mariage. Alors que sa mère Sophia décide de rester avec ses meilleures amies Rose et Blanche, Dorothée part donc vivre avec son nouvel époux, laissant ses trois anciennes colocataires seules dans leur maison de Miami. Peinées par ce départ, le trio décide alors de vendre la maison pour pouvoir acheter un hôtel, le Golden Palace. Sur place, elles rencontreront Chuy, le cuisinier mexicain grincheux, Roland, le jeune manager de l'hôtel, et Oliver, un jeune garçon dont Roland a la garde après que sa mère l'ait abandonné. Les trois amies vont alors tenter de gérer l'hôtel sans aucune expérience et, bien entendu, les catastrophes s'enchaîneront très rapidement.

La genèse de la série (Les) Craquantes est pour le moins curieuse. Warren Littlefield, alors vice-président d'NBC Entertainment, assiste au (The) NBC All Star Hour en 1984, un show destiné à présenter les nouveautés de la chaîne NBC aux téléspectateurs. Durant la soirée, Doris Roberts et Selma Diamond, deux grandes actrices comiques d'un certain âge, sont invitées à monter sur la scène pour présenter le nouveau show d'NBC, Deux Flics à Miami (Miami Vice en version originale). Les deux actrices font rire aux éclats Warren Littlefield en interprétant le rôle de deux femmes âgées terriblement caustiques, pas du tout sur la même longueur d'onde, incapables de prononcer correctement le nom de Miami Vice. Warren Littlefield a alors l'idée de mettre en scène des femmes d'un certain âge, des personnages alors très peu représentés dans les productions télévisées des années 80. Littlefield rapporte l'idée au patron d'NBC, Bandon Tartekoff, qui adopte aussitôt le projet. Reste alors à trouver la bonne personne pour écrire le show.
Plusieurs versions de l'épisode pilote sont d’ailleurs écrites, mais aucune ne satisfait véritablement les deux hommes. Paul Junger Witt, le mari de Susan Harris, et également son partenaire dans leur société de production commune, propose alors sa femme comme scénariste du show. Depuis son travail sur Maude, mais également sur Soap, l'auteure est, en effet, connue pour ne pas avoir peur des sujets sulfureux qui sortent des sentiers battus. Celle-ci accepte immédiatement et écrit dans la foulée le pilote des (Les) Craquantes.
Le scénario est présenté à Michael Eisner, alors président de The Walt Disney Company, au début de l'année 1985. Ce dernier aime l'idée mais trouve qu'il manque quelque chose ; il a en effet peur que la série ne s'adresse à un public trop restreint. Susan Harris réécrit alors le script en ajoutant le personnage de Sophia Petrillo, la mère de Dorothée Zbornak. Eisner est enchanté car, grâce à cet ajout, la série ne dépeint plus seulement des problèmes de femmes quinquagénaires, mais également des problèmes de relations mère-fille savoureux et qui parleront au plus grand nombre. Il est à noter que Les Craquantes devient alors la seconde série produite par Touchstone Television, juste après la première et courte série d'aventure de son catalogue, Le Gang des Justiciers.

En 1992, après sept années passées à faire rire les téléspectateurs, les quatre personnages des (Les) Craquantes font partie des personnages télévisés favoris du public américain et l'alchimie qui existe entre les héroïnes est tellement forte que les quatre femmes semblent tout bonnement inséparables. Pourtant, à plusieurs reprises, Beatrice Arthur, qui campait la formidable Dorothée dans la série, manifeste son envie de quitter la série. Il faut dire que le rôle de Dorothée est très similaire à celui de Maude que l'actrice campait dans la série éponyme. Beatrice Arthur avait d'ailleurs bien failli quitter le navire au terme de la cinquième saison des (Les) Craquantes, avant d'accepter de renouveler son contrat pour deux années supplémentaires. Conscients que la septième saison serait la dernière, les scénaristes de la série offrirent au personnage de Dorothée une véritable fin, tout en laissant aux trois autres protagonistes des intrigues en suspens. Avec ou sans Beatrice Arthur, l'équipe créative des (Les) Craquantes était en effet bien décidée à offrir de nouvelles aventures aux trois « golden girls » restantes ; The Golden Palace étant de la sorte sur le point de voir le jour.

Au début de l'année 1992 donc, alors que l'équipe de la série Les Craquantes termine de mettre en boîte les derniers épisodes de la septième saison, Susan Harris, la créatrice de la série, frappe à la porte de Warren Littlefield, le vice-président d'NBC Entertainment, pour lui proposer le scénario de ce qui deviendra The Golden Palace. Alors que les audiences des (Les) Craquantes s'étaient étiolées au cours de la dernière saison et suite au départ de Beatrice Arthur, la chaîne se montre quelque peu réticente au nouveau projet. Elle décide tout de même de commander l'écriture de treize épisodes à Susan Harris pour une diffusion prévue à l'automne 1992, tout en promettant une commande supplémentaire si la série rencontrait le succès. La chaîne concurrente CBS, qui était alors à la recherche d'une nouvelle sitcom pour occuper sa grille de diffusion, offre quant à elle à Susan Harris de commander une saison complète de The Golden Palace. Des négociations s'entament donc entre Susan Harris et NBC mais la chaîne refuse de s'aligner. C'est donc tout naturellement que Rose, Blanche et Sophia déménagent de NBC, qui avait accueilli leurs aventures sept années durant, pour aller s'installer sur CBS. Le network a en effet cruellement besoin de sitcoms le vendredi soir pour contrer ABC, dont la série La Vie de Famille écrase alors tout sur son passage grâce à ses audiences incroyables. CBS pense ainsi tenir là une affaire en or, avec une série dont les personnages sont déjà installés depuis sept années et adorés des foyers américains. Malheureusement, The Golden Palace ne trouvera jamais son public, et la série s'éteindra après tout juste une saison.

Rue McClanahan reprend dans The Golden Palace son rôle de Blanche Deveraux, une « Southern Belle » (Belle du Sud) fière de ses racines. Issue d'une famille riche d'Atlanta, elle est également une croqueuse d'homme invétérée. Rue McClanahan sait en réalité se rendre attachante sans jamais tomber dans la vulgarité, ce qui en a fait l'un des personnages télévisés chouchous des années 80.
Devenue la principale gérante de l'hôtel dans The Golden Palace, Blanche reste, elle, toujours aussi frivole malgré ses nouvelles responsabilités ; le personnage semblant néanmoins acquérir une certaine maturité bienvenue. L'actrice avait auparavant joué dans des séries inconnues en France mais acclamées outre-atlantique, dont Topper ou Maude, la série dans laquelle Beatrice Arthur (Dorothée dans Les Craquantes), jouait le personnage principal. Elle a également été aperçue au cinéma dans le film Starship Troopers, en 1997.

Betty White, habituée des séries télévisées, aperçue notamment dans Ma Sorcière Bien-Aimée, interprète toujours le rôle de Rose Nylund dans The Golden Palace. Norvégienne-américaine, Rose a grandi dans une petite ferme dans l'état du Minnesota. Naïve et bienveillante, elle est une récente veuve incapable de comprendre le second degré, ce qui en fait la cible parfaite des moqueries de ses amies. Dans The Golden Palace, Rose est toujours aussi candide et continue inlassablement de barber ses amies avec ses histoires de Saint-Olaf, son village natal, pour le plus grand bonheur du téléspectateur. Pourtant, le personnage s'affirme dans The Golden Palace et, curieusement, après le départ de Dorothée, c'est en quelque sorte Rose qui devient le pivot du groupe. Un intéressant retournement de situation pour celle qui avait à l'origine auditionnée pour le rôle de Blanche dans Les Craquantes ! La superbe Betty White possède aujourd'hui une carrière colossale ;  elle a par exemple été vue dans La Proposition et dans Encore Toi ! (You Again).

Finalement, Estelle Getty reprend elle aussi du service dans The Golden Palace avec le rôle de Sophia Petrillo, la mère de Dorothée Zbornak. Immigrée Sicilienne, Sophia est une octogénaire ayant subi un accident vasculaire cérébral. Depuis cet incident, la vieille femme n'a plus aucun filtre et dit tout ce qui lui passe par la tête, souvent de la manière la moins délicate qui soit, si bien que chaque phrase qui sort de sa bouche plonge systématiquement le téléspectateur dans l'hilarité la plus totale. Sophia est très certainement le personnage qui a le plus changé depuis Les Craquantes. Le poids des années se fait de plus en plus lourd à porter pour la vieille dame et, après le départ de sa fille, Sophia semble réellement déboussolée. En réalité, les scénaristes de The Golden Palace ont tenté d'aborder les thèmes de la sénilité naissante et du vieillissement à travers le personnage, mais ils n'ont guère réussi à exploiter pleinement ces nouvelles idées. Le développement du personnage de Sophia dans Les Craquantes passait, en effet, beaucoup par sa relation avec sa fille, et après le départ de Dorothée, les scénaristes ont visiblement eu du mal à trouver comment faire évoluer de manière convaincante la vieille femme. Ses interactions avec les autres personnages s'en trouvent donc limitées mais, comme toujours, chacune de ses sorties est l'occasion de beaux moments de rires.

À ces actrices de légende s'ajoutent trois nouveaux venus. D'abord, l'acteur Cheech Marin, qui campe le personnage de Chuy Castillos, le chef cuisinier du Golden Palace. Mexicain bougon, il semblait être la personne idéale pour tenir tête à la sicilienne Sophia : malheureusement, le personnage se révèle vite assez insipide. Peu attachant, Chuy n'est pas non plus véritablement drôle ni franchement mémorable. Don Cheadle interprète pour sa part le rôle de Roland Wilson, le jeune manager du Golden Palace. Tout à l'inverse de Chuy, Roland est un personnage dynamique, pétillant et très sympathique. Tenant sans cesse tête à Blanche qui a tendance à tout prendre à la légère, Roland est clairement le seul nouveau personnage digne de figurer aux côtés des craquantes. Oliver (Billy L. Sullivan) complète le trio de nouveaux arrivants. Jeune garçon abandonné par sa mère et recueilli par Roland, il séjourne à l'hôtel aux côtés des filles. Là encore, le personnage n'est pas des plus attachants, si bien qu'il sera évincé dès l'épisode 14 de la série.

Après le départ de Beatrice Arthur des (Les) Craquantes, il était plus que nécessaire que The Golden Palace change complètement l'intrigue de ses héroïnes. Il était, en effet, impensable que le spin-off des (Les) Craquantes se déroule toujours dans la maison de Miami qui avait abrité les aventures de ces quatre femmes sept années durant, car la série aurait alors ployé sous le deuil constant de Dorothée. L'alchimie entre les personnages était remarquablement forte et Dorothée réellement le pilier du groupe. C'était toujours vers elle que les autres se tournaient pour avoir des conseils, c'était elle qui s'occupait de sa mère inlassablement, c'était elle encore qui faisait la morale à Blanche à propos de ses multiples conquêtes, c'était elle, enfin, qui se moquait de Rose chaque fois que cette dernière se montrait trop naïve. Il est donc tout à fait logique et compréhensible que Susan Harris ait décidé de donner à ses trois personnages un tout nouveau but, loin de la maison pleine de souvenirs de Miami : s'occuper d'un hôtel ensemble. L'introduction de nouveaux personnages est alors tout à fait logique, d'autant que The Golden Palace entend clairement se démarquer de la série mère en mettant en scène des personnages masculins principaux contrairement aux (Les) Craquantes qui, à l'image de Miles, le petit-ami de Rose, n'étaient que sporadiques ; l'action tournant autour des filles, et uniquement d'elles.

Mais comment réussir à proposer des personnages capables de rivaliser avec les légendaires Rose, Blanche et Sophia, qui étaient alors les coqueluches du petit écran ? Les scénaristes ont à moitié rempli leur pari en proposant de nombreuses intrigues intéressantes autour du personnage de Roland, le jeune manager Noir du Golden Palace. L'un des épisodes les plus marquants de The Golden Palace est à ce titre celui dans lequel Blanche organise une réunion à l'hôtel avec un club de femmes sudistes. Pour l'occasion, Blanche fait son apparition dans une robe qui aurait fait pâlir d'envie Scarlett O'Hara, le personnage principal d'Autant en Emporte le Vent, mais surtout, accroche dans l'hôtel le drapeau confédéré, le symbole très controversé des états du sud des États-Unis. Fièrement agité par les sudistes durant la guerre de Sécession, le drapeau confédéré est depuis toujours sujet à controverse ; si de nombreux sudistes l'utilisent aujourd'hui comme un étendard symbolisant leur héritage culturel et historique, il est également devenu par ricochet le symbole de la ségrégation raciale et de la suprématie Blanche. The Golden Palace fait alors très fort en proposant au détour d'un épisode une véritable réflexion sur la question de ce drapeau, en mettant en opposition les origines sudistes fièrement revendiquées de Blanche et le malaise social de la communauté afro-américaine dont Roland fait partie. Les Craquantes s'était déjà permis d'aborder tous les sujets les plus sulfureux et les plus problématiques de la société des États-Unis des années 80, et force est de constater que cette nouvelle série s'inscrit pleinement dans cette veine : en cela, l'écriture de The Golden Palace est réellement intelligente. Roland apporte également un certain dynamisme à la série de par sa jeunesse et son flegme, ce qui contribue davantage encore à en faire un personnage très réussi. Moqueur, mais aussi très fier, il est celui qui empêchera souvent les filles de faire n'importe quoi avec l'hôtel, au prix de nombreuses disputes avec Blanche.

Chuy aurait également pu devenir un personnage très intéressant. À son arrivée à l'hôtel, Sophia est affectée au poste de cuisinière, et doit donc partager la cuisine avec Chuy. L'un veut cuisiner mexicain, l'autre ne jure que par les plats de sa Sicile natale. Il y avait là de quoi donner lieu à de francs moments de rire si cet antagonisme entre les deux personnages avait été constant. Il en va de même pour le personnage d'Oliver qui est sporadique dans la série. S'il est assez touchant de voir Roland veiller sur le petit garçon comme un grand frère, le téléspectateur constatera pourtant bien vite que le personnage est très creux. En réalité, le personnage d'Oliver a été intégré à la série pour s'assurer un plus large public. The Golden Palace étant prévue pour une diffusion à l'automne 1992 sur CBS, la chaîne cherchait à s'accaparer une part des audiences de sa rivale ABC, qui proposait à l'époque le vendredi soir son bloc TGIF (Thanks God, it's Friday), durant lequel elle diffusait toutes ses sitcoms à destination d'un public familial. Susan Harris a donc décidé d'inclure un personnage d'enfant à sa série pour toucher toutes les générations avec The Golden Palace, en mettant ainsi en scène des personnages allant de 10 à 87 ans ! Malheureusement, le jeune garçon n'avait aucun potentiel comique, tout juste était-il parfois le partenaire de Sophia dans ses mauvais coups, à l'image de l'épisode où elle vole une voiture pour faire une virée en ville. Le personnage d'Oliver sera alors rapidement évincé de la série, aussitôt oublié par les personnages comme par les téléspectateurs.

Malgré tous ses efforts pour se distancer de sa série mère, The Golden Palace se tire pourtant elle même une balle dans le pied dès le début en évoquant constamment l'absence de Dorothée, les trois amies se lamentant sur l'absence du personnage durant les premiers épisodes de la série. Susan Harris a même réussi à faire revenir Beatrice Arthur le temps de deux épisodes, qui sont d'ailleurs parmi les meilleurs de The Golden Palace. Le double épisode consacré à la visite de Dorothée est ainsi l'occasion de réunir à l'écran les quatre héroïnes pour un dernier tour de piste. Comme si rien ne s'était passé, Dorothée redevient le temps de quelques jours le pilier du groupe, se chamaillant avec sa mère, dégustant avec ses amies le fameux cheesecake emblématique de la série et se moquant largement de la simplette Rose. Le départ de Dorothée n'en est dès lors que plus déchirant pour le téléspectateur qui doit, une fois encore, faire le deuil d'un personnage mythique, et qui reste aujourd'hui encore une véritable perle d'écriture scénaristique. Lorsque Dorothée s'en va, elle jette ainsi un dernier regard à ses amies et à sa mère qui sont affairées à leurs tâches administratives. Une façon de dire que cette fois, ça y est, Dorothée quitte définitivement le tableau pour laisser place aux aventures de ses trois acolytes. Et pourtant, la production de The Golden Palace a tenté par tous les moyens possibles de faire revenir Beatrice Arthur dans la série ; les producteurs lui ont même offert de réduire le nombre d'épisodes des saisons futures et de travailler en fonction de son emploi du temps ; en vain, cependant. Il aurait en vérité été plus malin de ne pas constamment appuyer sur l'absence de Dorothée dans la série pour lui donner une véritable chance de briller. Ce faisant, The Golden Palace a davantage des airs de huitième saison des (Les) Craquantes, au lieu de revendiquer son originalité.

Si la série accumule, certes, quelques défauts, il n'en reste pas moins que l'écriture de ses gags est, elle, du même niveau que celle des (Les) Craquantes. L'un des meilleurs épisodes est ainsi incontestablement celui de Noël, qui parodie Un Chant de Noël, le conte de Charles Dickens. Le conte, qui a notamment donné lieu à des adaptations comme Le Noël de Mickey, Noël Chez les Muppets, ou encore Le Drôle de Noël de Scrooge, est ici réadapté d'une façon terriblement comique, puisque ce sont les filles qui incarnent les différents fantômes de Noël dans un rêve de Chuy ! Rose est ainsi le fantôme des Noëls passés, Blanche, le fantôme du Noël présent, et Sophia, le fantôme des Noëls à venir ! Les trois personnages sont ornés de costumes ridicules, et alors que Chuy refuse de fêter Noël, les filles font comprendre à ce dernier que ce qui compte le plus, c'est d'être ensemble pour les fêtes. Rien de très novateur bien sûr, pour autant, le tout est tellement bien écrit que l'épisode tient assurément la dragée haute aux meilleurs épisodes des (Les) Craquantes !

CBS misait beaucoup sur The Golden Palace pour redresser la barre de ses audiences du vendredi soir. Il faut dire qu'ABC écrasait tout sur son passage au début des années 90 avec son bloc TGIF. Programmée à 20 heures, The Golden Palace ouvrait la soirée du vendredi sur CBS, suivie par Major Dad, Femmes d'Affaires et Dames de Coeur et Bob. De son côté, ABC proposait dès 20 heures La Vie de Famille, Notre Belle Famille, Dinosaures et Camp Wilder. Le constat est pourtant sans appel, puisqu'ABC réunit alors systématiquement presque 50% de téléspectateurs de plus que CBS sur l'ensemble de sa programmation du vendredi soir. Des quatre séries programmées sur CBS le vendredi soir, seule Bob se verra d'ailleurs prolongée d'une nouvelle saison, sur le fil, avec Betty White au casting. Le 18 septembre 1992, The Golden Palace débute donc devant presque 17 millions de téléspectateurs curieux de découvrir le nouveau quotidien de Blanche, Rose et Sophia. Les audiences n'auront de cesse chuter durant toute la saison, et l'épisode final ne rassemblera plus que 8,9 millions de fidèles. La concurrente directe de The Golden Palace, La Vie de Famille, rassemblera pour sa part une moyenne de 20 millions de téléspectateurs par épisode. Un vrai coup dur pour The Golden Palace donc, puisque la seconde saison pourtant bel et bien prévue est annulée au dernier moment par CBS, la veille de la révélation de la grille de diffusion 1993-1994 de la chaîne. Il est à noter que, si l'intégrale des (Les) Craquantes est disponible depuis longtemps en DVD (en version originale non sous-titrée), The Golden Palace n'a, quant à elle, jamais eu droit à une sortie en vidéo, au grand dam des fans.

Si les personnages de Blanche Devereaux, Dorothée Zbornak et Rose Nylund apparaissent pour la dernière fois à l'écran dans la série The Golden Palace, il n'en est pourtant pas de même pour leur aînée, Sophia Petrillo. Après l'arrêt de The Golden Palace, Sophia retourne, en effet, dans son ancienne maison de retraite, Shady Pines, et elle devient alors l'un des personnages principaux dans les deux dernières saisons de la série Empty Nest, sur NBC ! Une façon pour les téléspectateurs de continuer à suivre les aventures de l'un de leurs personnages préférés, pour repousser encore un peu le moment où il faudra définitivement dire adieu.

The Golden Palace n'aura pas véritablement pu s'affranchir de sa série mère, Les Craquantes. Tantôt jouant la carte de la nostalgie, tantôt essayant de se distinguer en affirmant son identité propre, la série n'a jamais su sur quel pied danser. Malgré de nouveaux personnages en demi-teintes, l'écriture des scènes comiques est toujours superbement maîtrisée, et ce trio de femmes d'exception vaut à lui seul que le téléspectateur accorde sa chance à The Golden Palace. Pour le reste, il convient de s'incliner devant le talent de ces actrices légendaires qui, année après année, ont apporté leur joie de vivre et leur éternelle jeunesse dans les foyers du monde entier ; un grand merci, Mesdames.

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