Big Cat Games
L'affiche
Titre original :
Big Cat Games
Production :
National Geographic
Date de diffusion Royaume-Uni :
Le 02 décembre 2015
Genre :
Documentaire
Réalisation :
Jeremy Turner
Musique :
Audio Network
Durée :
44 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Trois des plus grands prédateurs terrestres - les lions, les tigres et les guépards - se lancent dans une compétition acharnée en quatre étapes afin de remporter le titre de champion des félins.

La critique

Publiée le 02 novembre 2020

En 2009, National Geographic Society crée la Big Cats Inititive pour financer la préservation des félidés dont les multiples espèces sont menacées par l'Homme. En association avec cette campagne, la chaîne National Geographic Wild lance en 2012 la Big Cat Week (qui deviendra en 2019 le Big Cat Month), un événement télévisé mettant à l'honneur cette grande famille en voie d'extinction afin de sensibiliser le public. Parmi les documentaires proposés, Big Cat Games - diffusé fin 2015 en Grande-Bretagne - inaugure la cinquième édition du programme planifié entre le 6 et le 12 février 2016 en France, avant de faire son arrivée sur Disney+ le 31 juillet 2020.
Les alter ego de Scar, Shere Khan et Benjamin Clawhauser (en meilleure forme physique ici) n'ont donc qu'à bien se tenir !

Les jeux (comme le nom de l'émission l'indique) sont conçus et présentés par l'écologiste et spécialiste des fauves de père en fils Boone Smith, fidèle habitué de la Big Cat Week qui apparaît dans plusieurs documentaires animaliers entre 2011 et 2018. En dehors de ses activité télévisées, il est également reconnu de ses pairs pour avoir créé parmi les meilleures et plus sûres techniques permettant de doter les grands mammifères de colliers d'études limitant l’interaction avec l'Homme. Il prend place ici dans le parc à thème et zoologique Busch Gardens Tampa Bay en Floride, ouvert en 1959 et propriété du groupe SeaWold Parks & Entertainment.
Le principe de la compétition est simple : confronter trois équipes de félins non apprivoisés et non entraînés lors de quatre défis ayant pour but de mettre à l'épreuve leurs différentes capacités. Ainsi, après chaque manche, le candidat le plus performant remporte dix points, le second cinq points et le troisième, trois petits points. Chaque équipe se doit d'avoir son capitaine ! Simon est donc à la tête du trio qu'il forme avec deux lionnes. Bhutan domine le duo tigré qu'il partage avec sa sœur. Et Jenna mène les trois autres guépards de son escouade. Après une rapide présentation des règles et des points forts de chaque espèce, le tournoi peut enfin commencer.

Le premier test de Big Cat Games est une épreuve de chasse, ayant vocation à comparer l'instinct des compétiteurs en lice au travers de la vitesse d'identification de leur proie. Activité rudimentaire de la vie animale, elle consiste ici à l'approche d'un appât statique en carton. Le deuxième est une épreuve de saut, visant à mesurer l'agilité et la détermination des fauves face à une récompense suspendue. Car si tous effectuent des sauts horizontaux, aucun n'a pour habitude de réaliser des sauts purement verticaux (le lion et le tigre ne font que sauter sur leurs victimes quand le guépard se contente de les faucher).
Le troisième test est une épreuve de recherche, ayant pour but de tester l'intelligence et le raisonnement des participants. Une nouvelle fois, tous doivent faire appel à leurs sens pour trouver au plus vite la nourriture cachée au sein de leur espace, un exercice de routine mais qui peut révéler quelques surprises. La quatrième et dernière manche consiste tout simplement pour les joueurs à réceptionner avec leur seule mâchoire de délicieuses boulettes de viande, afin de tester avec simplicité l'attention et la précision des félins. Ce n'est qu'après ces quatre petits jeux que l'ultime classement révélera le grand gagnant !

L’étude proposée sur ces trois espèces féroces mais différentes - tant dans leurs habitudes que dans leurs capacités inégales mais complémentaires - est en soi intéressante, mais revient toutefois à comparer l’incomparable. Sa pertinence semble donc assez aléatoire selon le compétiteur choisi au sein d'une même famille, quand concourent alternativement le lion (mâle bien connu pour ne pas s'adonner à la chasse), sa femelle, ou le groupe au grand complet en fonction des épreuves attendues. Il en est de même pour les guépards qui agissent tantôt en solo tantôt en équipe, alors que les tigres de nature solitaire opèrent forcément à tour de rôle.
Dommage également que l'expérience de Big Cat Games ne soit pas réalisée en milieu naturel. Le spectateur lambda qui n'a rien d'un scientifique peut très justement penser que les résultats s'en retrouvent forcément légèrement faussés. Lequel de ces animaux aurait en effet l'occasion de se retrouver museau à museau avec une proie inhabituelle qui n'essaye pas de fuir ? Tel le leurre de la première manche, une véritable piñata sur pattes ! S'il ne faut donc rien voir de réellement scientifique dans cette approche, assez originale il est vrai mais quelque peu faussée de la réalité, le spectacle s'avère cependant et bien évidemment distrayant.

Le téléspectateur prend ainsi plaisir à regarder la longiligne Jenna et ses semblables préférer les caméras aux proies lors d'une épreuve que le groupe finit par abandonner pour vaquer à d'autres occupations, observer le noble Simon ne pas daigner sauter en direction de l'appât qui lui fait de l’œil et rester longuement planté devant celui caché pourtant reniflé depuis un moment déjà, ou encore voir le lourdaud Bhutan sauter maladroitement pour atteindre son dû. Il peut également s'amuser du concours de mangeurs de boulettes de viande qui fait office d'épreuve finale. Avec un peu plus de sérieux, chaque fin de round permet tout de même d'analyser les résultats obtenus.
Entre chaque épreuve, c'est également l’opportunité pour Big Cat Games de mettre en valeur les compétences spéciales de ses acteurs phares à travers de courtes mais intéressantes pastilles : la vitesse du félin tacheté le plus rapide du monde aux foulées de sept mètres, la qualité de nageur du fauve rayé qui peut parcourir trente kilomètres en une journée, ou encore le rang social et le grand pouvoir de séduction qu'offre la crinière du roi hirsute. Avec tant de diversité au sein de la compétition, qui donc de la lionne prudente et instinctive, du guépard curieux et svelte, ou du tigre précis et concentré remportera le titre de champion ?

Malgré cet insoutenable suspense, rien de neuf sous le soleil de Big Cat Games, si ce n'est une petite émission ludique (pourtant déconseillée aux moins de douze ans) et une petite expérience sympathique, menée au coude-à-coude jusqu'au dernier moment - puisque chaque compétiteur remporte bien sûr et à son tour un des trois premiers défis. Entaché par quelques redites qui cassent le rythme, sonorisé lors des diverses épreuves par une musique rock digne d'un match de catch, le programme est toutefois - comme toute œuvre offerte par National Geographic - sublimé par des images d'archives de toute beauté pour illustrer et mettre en valeur les propos du spécialiste.

Enfin, le téléspectateur se doute bien que les prétendants au titre n'ont que faire de cette compétition, mais celui ayant un petit penchant pour l'une des espèces représentées se surprendra peut-être à suivre le tableau d’avancement avec intérêt en espérant voir gagner son favori.

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