Titanic
20 Ans Après avec James Cameron

Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron
L'affiche
Titre original :
Titanic : 20 Years Later with James Cameron
Production :
Earthship Productions, Inc.
Mob Scene, LLC
Date de diffusion USA :
Le 26 novembre 2017
Distribution :
National Geographic
Genre :
Documentaire
Réalisation :
Thomas C. Grane
Musique :
Brian Saur
James Horner
Durée :
46 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Le 20 décembre 1997, le réalisateur James Cameron marquait pour toujours l’histoire du cinéma grâce à son nouveau film, Titanic, une romance à bord du mythique paquebot qui, en 1912, sombra au milieu de l’Atlantique nord après avoir heurté un iceberg. Après des mois d’exploitation et plus de deux milliards de dollars de recettes, le long-métrage couronné par onze Oscars se proposait alors d’offrir au public une reconstitution parfaite de ce voyage inaugural tragique. Vingt ans plus tard, James Cameron et une batterie d’experts décident de revenir sur cette expérience cinématographique extraordinaire avec une question en tête : ce qui est montré dans le film est-il fidèle à la réalité ou bien des erreurs ont-elles été commises ?

La critique

rédigée par
Publiée le 06 juin 2020

« Êtes-vous prête à retourner sur le Titanic ? ». En 1997, le personnage de Brock Lovett incarné par l’acteur Bill Paxton invitait Rose Dewitt-Bukater (Gloria Stuart) à se remémorer ses quelques jours passés à bord du plus grand paquebot du monde. Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron offre aux spectateurs de vivre la même expérience en retournant eux aussi à bord du plus célèbre paquebot du monde, deux décennies après la sortie triomphale de Titanic.

En juillet 1996, James Cameron débute avec ses équipes le tournage de Titanic à Dartmouth, au Canada. Embarqué à bord du navire d’expédition Keldysh, le réalisateur pose ensuite sa caméra à Rosarito, au Mexique, où commencent dès septembre les prises de vues à bord de la reconstitution grandeur nature du célèbre paquebot. Pendant près de six mois, Cameron dirige ainsi ses acteurs pour ce qui est alors le projet de toute une vie. Né le 16 août 1954 à Kapuskasing, dans la province canadienne de l’Ontario, James Cameron nourrit depuis longtemps une fascination pour l’océan. Enchaînant les petits boulots après son départ soudain du Fullerton College en 1974, il commence à écrire sur son temps libre avant d’intégrer par la petite porte l’industrie du cinéma. Impressionné par la sortie sur les écrans de Star Wars : Un Nouvel Espoir, il produit et réalise son premier court-métrage, Xenogenesis, en 1978 puis collabore à différents projets parmi lesquels Les Mercenaires de l’Espace et New York 1997 avant de diriger son premier long-métrage, Piranhas 2 : Les Tueurs Volants. Symbolisée par les triomphes de Terminator, Aliens, le Retour, Terminator 2, le Jugement Dernier et d’Avatar, la filmographie de James Cameron est profondément marquée par son amour pour les fonds marins comme en témoignent des productions comme Abyss, Aliens of the Deep et bien sûr Titanic pour lequel il décroche le Golden Globe et l’Oscar du Meilleur réalisateur.

Lorsqu’il se lance dans la production de Titanic, James Cameron sait qu’il doit faire mieux que les longs-métrages précédents consacrés au naufrage du navire, notamment Titanic de Jean Negulesco, une production Twentieth Century Fox de 1953 avec Barbara Stanwyck et Clifton Webb. Surtout, contrairement à tous ces films produits à une époque où l’épave n’avait pas encore été découverte, Cameron souhaite absolument offrir au public une reconstitution parfaite des lieux et des événements qui, au milieu des années 1990, ont été oubliés par la majorité des gens. Pour ce faire, une maquette à taille réelle du paquebot construite à partir des plans originaux du bateau est assemblée au Mexique. D’autres modèles réduits sont également fabriqués. Des milliers d’accessoires, de meubles, de costumes, de véhicules d’époque sont par ailleurs rassemblés. Certaines pièces et certains endroits du paquebot sont entièrement reconstitués comme les coursives, la salle à manger de première classe, le Grand escalier, le café parisien, ou bien encore quelques suites, l’entrepont et le fumoir de première classe. La société Digital Domain, créée par Cameron en 1993, a ainsi reproduit les parties manquantes des différentes maquettes et les plans larges du navire voguant au milieu de l’océan. En plus de Leonardo DiCaprio, Kate Winslet, Frances Fisher et Billy Zane dans les rôles fictifs de Jack Dawson, Rose Dewitt-Bukater, de sa mère Ruth et de son fiancé Caledon Hockley, le casting rassemble en outre plusieurs acteurs choisis pour leur ressemblance avec les personnages historiques à l’image de Bernard Hill (le capitaine E. J. Smith), Jonathan Hyde (Bruce Ismay) ou bien encore Victor Garber (Thomas Andrews).

Enfin, James Cameron s’est rendu une douzaine de fois sur l’épave du Titanic localisée par une expédition franco-américaine le 1er septembre 1985. À l’époque, Jean-Louis Michel de l’IFREMER et le docteur Robert D. Ballard de l’Institut océanographique de Woods Hole, dans le Massachussetts, sont en effet chargés par le gouvernement des États-Unis de retrouver les restes de l’USS Thresher et de l’USS Scorpion, deux sous-marins nucléaires américains mystérieusement perdus en mer en 1963 et en 1968. Dans ce contexte de Guerre froide où chacun craint que les Soviétiques ne mettent la main sur les deux vaisseaux et leur technologie, Michel et Ballard parviennent à localiser rapidement les deux épaves. Il leur reste alors douze jours d’expédition. Tous les deux se mettent alors en tête de retrouver la trace du Titanic, finalement localisé à 3 821 mètres de profondeur à 650 kilomètres au large de Terre-Neuve. La découverte est extraordinaire. Elle confirme ce que certains témoins ont affirmé à l’époque, à savoir que le navire s’est bel et bien brisé en deux parties au niveau du Grand escalier arrière. Distantes de 800 mètres, celles-ci sont séparées par un champ de débris et d’objets ramenés pour certains à la surface afin d’être préservés et montrés au public.

Proposé en salle dès le 20 décembre 1997, Titanic, à l’époque le film le plus cher de toute l’histoire du cinéma, emporte immédiatement le cœur du public qui, en plus de l’histoire d’amour tragique entre Jack et Rose, découvre alors sur grand-écran le voyage inaugural du paquebot parti de Southampton le 12 avril 1912 et qui, après avoir heurté un iceberg, sombra au fond de l’océan dans la nuit du 14 au 15 avril suivants… Vendu comme la reconstitution parfaite de cette traversée tragique, le long-métrage est alors autant acclamé par les spectateurs que par les historiens qui, au vue des connaissances de l’époque encore très sommaires, saluent l’effort et les précautions prises pour recréer exactement cette époque révolue. La fascination du public est d’ailleurs telle que l’épave, à présent protégée par la Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique de l’UNESCO, a immédiatement suscité l’intérêt de la communauté scientifique qui, au cours des années suivantes, a multiplié les expéditions dessus afin de l’étudier en détail avec les outils et les appareils les plus perfectionnés du moment. James Cameron est d’ailleurs lui-même allé une trentaine de fois sous la surface pour explorer le navire échoué, rapportant au cours de certaines de ses descentes avec son ami le comédien Bill Paxton, de nombreuses images magnifiques rassemblées dans le documentaire Les Fantômes du Titanic.

Année après année, les progrès de la science ont permis d’en savoir plus sur le Titanic, sur son naufrage et sur son siècle d’existence au fond de l’océan. Aidés de machines, d’outils informatiques, d’appareils et de submersibles de plus en plus perfectionnés, les scientifiques ont en effet beaucoup appris sur l’épave. Témoin de ces découvertes, James Cameron s’est rapidement posé la question de savoir si son film, sorti en 1997, n’avait pas donné une vision erronée de la vérité. Est alors née dans son esprit l’envie d’emporter de nouveau les spectateurs sur l’épave afin d’éclaircir certains points de son histoire et, le cas échéant, de rectifier les erreurs commises lors de la conception du long-métrage.

« Nous leur devions la vérité. Nous avions une responsabilité envers les vivants et les morts », explique ainsi James Cameron au début de Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron en repensant aux 1 496 victimes du naufrage, aux près de 700 survivants et à leurs descendants, « Avons-nous été à la hauteur ? Qu’est-ce qui était bon ? Et qu’est-ce qui ne l’était pas ? ». C’est sur ces questions que débute le documentaire. Offrant aux spectateurs de revivre le tournage de Titanic avec des images des coulisses, Cameron s’est entouré pour l’occasion de Don Lynch et Ken Marschall, deux historiens parmi les plus grandes sommités sur le Titanic qui avaient déjà apporté leurs connaissances au moment de la réalisation du film. Tous les trois sont par ailleurs épaulés par l’ingénieur en systèmes navals Parks Stephenson et par Robert Ballard, l’un des chefs de l’expédition ayant retrouvé l’épave en 1985. Gene Warren, Jr., le responsable des effets visuels oscarisé de Terminator, Abyss, Terminator 2, le Jugement Dernier, Dracula, Underworld et Moonrise Kingdom complète le tableau devant la caméra du documentariste Thomas C. Grane.

Partant des découvertes de ces vingt dernières années, tous s’interrogent tout d’abord sur la reconstitution des lieux et sur les décors montrés dans le film. Ces derniers étaient-ils exacts ? Grâce aux images rapportées du fond de l’océan, de photographies d’époque et de certaines pièces reconstituées pour être montrées aux visiteurs des différentes expositions sur le Titanic présentées depuis des années à travers le monde, tous s’arrêtent notamment sur la cabine occupée par Rose Dewitt-Bukater et sa famille. La salle Marconi avec sa radio sans fil est également étudiée tout comme le Grand escalier, entièrement détruit pendant le naufrage. Avec émerveillement, James Cameron et ses partenaires analysent alors leurs réussites parfois étonnantes, à l’image de la suite de Rose recréée à partir de photos de l'Olympic, le navire jumeau du Titanic. Ils se rendent alors compte que la suite recréée est absolument fidèle à celle des époux Isidor et Ida Straus avec sa cheminée en bois sculptée sur laquelle trônait bel et bien une pendule. La surprise est d'autant plus énorme que la suite des Straus n'a été retrouvée que bien longtemps après le tournage ! Avec dépit, le réalisateur comprend également que l’agencement de la salle des radios montrée dans le film n’est pour sa part pas fidèle à la réalité. Cameron profite toutefois de ce passage du documentaire pour saluer le courage extraordinaire d’Harold Bride et Jack Phillips, les deux opérateurs radio qui, grâce à leur dévouement et leur audace, ont permis de sauver des centaines de vies.

James Cameron s’interroge ensuite sur une question qui, comme en 1912, a fait couler beaucoup d’encre lors de la sortie du film : « Le Titanic, en coulant, s’est-il brisé en deux ? ». Si la découverte de l’épave en 1985 a évidemment apporté une réponse positive à cette interrogation, Cameron cherche alors à savoir si la cassure s’est faite comme dans son long-métrage. Dans celui-ci, le navire s’enfonce par la proue (l’avant). La poupe (l’arrière) se soulève. Le navire se brise. La proue sombre. La poupe se retrouve quelques minutes à la verticale avant de s’enfoncer à son tour. À l’aide d’une maquette, Cameron, aidé par Gene Warren, recrée alors les conditions d’un naufrage en pleine mer à l’intérieur d’un bassin entouré de caméras et bardé de capteurs informatiques. Le naufrage est ainsi simulé sur ordinateur. Les techniciens doivent s’y reprendre à de nombreuses fois. James Cameron perd ses nerfs dès lors qu’il n’obtient pas ce qu’il veut. La maquette est alors bricolée et remplie d’éponges et de morceaux de polystyrène. Après des dizaines de tentatives, les questions d’origine trouvent enfin des réponses. La structure s’est cassée, évidemment. Mais si le film montre une cassure à 90 degrés, les expériences démontrent qu’en réalité, la poupe n’est pas montée si haut, la destruction du navire s’étant produite à seulement 23 degrés. James Cameron aide également les spectateurs à comprendre ce qu’il appelle lui-même la « théorie de la banane ». Le fond de la coque, loin de se briser net, est en réalité resté un temps fixé à la proue et à la poupe. Après la cassure du bateau, lorsque la proue s’est enfoncée, elle a alors entraîné avec elle la poupe encore attachée à elle par le fond de la coque, un peu comme une banane qui serait coupée en deux et dont les deux parties seraient encore tenues l’une à l’autre par un lambeau de peau. Entraînée par l’avant du navire, l’arrière ne s’est donc pas relevé à 90 degrés comme dans le film, mais seulement à 23 degrés. Cameron reconnaît l’erreur, impossible à éviter au moment du tournage faute de connaissances solides dans ce domaine.

James Cameron pose enfin une dernière question : avec plus de canots, aurait-il été possible de sauver plus de passagers ? Le Titanic comptait vingt canots de sauvetage. Dix-huit ont été mis à l’eau. Il a fallu pour cela une heure et demie aux membres d’équipage pour évacuer le maximum de gens. Un canot de sauvetage fabriqué pour le tournage est alors utilisé pour chronométrer le temps nécessaire à sa préparation puis à la descente le long de la coque. Cameron donne même de sa personne pour voir combien de temps il a fallu à certains passagers pour couper les cordages avec un simple canif. Le résultat, finalement très impressionnant, démontre que plus de canots n’auraient pas forcément permis de limiter les pertes humaines…

La partie la plus mémorable et certainement la plus émouvante de Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron reste incontestablement la rencontre du réalisateur avec les descendants de certains survivants du naufrage. Agrémentant son propos avec une scène inédite coupée au montage et donc non présente dans Titanic, Cameron s’entretient notamment avec Paul Kurzman, l’arrière-petit-fils d’Isidor et Ida Straus, les propriétaires des grands magasins Macy’s qui périrent tous les deux, Ida refusant d’embarquer dans un canot de sauvetage afin de mourir aux côtés de son mari. Le metteur en scène fait également la rencontre de Jacqueline Astor Drexel, la petite-fille de John Jacob Astor, l’homme le plus riche du navire, et de sa femme Madeleine. Avec Muffett Laurie Brown, l’arrière-petite-fille de « l’insubmersible » Molly Brown, James Cameron évoque la scène du suicide de l’officier en second William Murdoch et explique avoir regretté cette séquence qui, forcément, a choqué ses descendants…

Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron est un documentaire fascinant à plusieurs titres. Tout d’abord, il offre aux spectateurs de retourner à bord du Titanic avec des documents d’archives, des images du tournage et des extraits du film sublimés grâce à la partition composée à l'époque par James Horner. Les images de l’épave sont notamment de toute beauté. Celles montrant les objets échoués au fond de l’océan, en particulier des chaussures ou bien encore un miroir et un peigne, sont d’une poésie remarquable malgré leur caractère macabre, chacun de ces artefacts ayant accompagné un passager dans la mort… Choquantes mais très belles, ces scènes tournées au fond de l’océan donnent l’envie d’en savoir plus et d’en voir plus. Titanic et Les Fantômes du Titanic sont un bon moyen de satisfaire cette envie.

Titanic : 20 ans après avec James Cameron est également un documentaire fascinant de par son aspect très ludique. Les expériences menées par James Cameron sont en effet très simples. Elles sont savamment montrées et pédagogiquement expliquées. Il ne s’agit pas de faire du sensationnel mais de prendre des faits, de les interroger et de chercher les réponses. Il n'est pas question ici d’encenser le travail de James Cameron qui, sans mal, admet les faiblesses de son film et regrette parfois les erreurs commises à l’époque du tournage.

Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron est également un documentaire fascinant car il offre une âme à un événement souvent déshumanisé. Le metteur en scène, en invitant les descendants des survivants, permet aux spectateurs de comprendre que l’événement est un drame humain tragique. Beaucoup de documentaires ont la fâcheuse tendance à se focaliser sur le seul navire en dépeignant ses prouesses techniques, son naufrage terrible... Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron offre ainsi la parole aux hommes et aux femmes qui ont vécu l’histoire. Les passagers sont montrés. Certains noms sont évoqués. Le documentaire offre par ailleurs une jolie note positive en montrant que certains survivants sont parvenus à refaire leur vie après le naufrage en donnant naissance à de belles familles dont les membres, un siècle après la catastrophe, continuent de garder dans leur cœur leurs ancêtres parfois illustres.

Avec Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron, le public qui a découvert Titanic au moment de sa sortie sera ravi d’en apprendre plus sur la tragédie et de connaître les faits plus dans le détail. L’idée de confirmer ou d’infirmer ce qui est montré dans le film est excellente et permet d’offrir un aperçu historique à ce que beaucoup considèrent comme une simple fiction. Quant au jeune public qui n’a pas vu Titanic en salle et qui ne l’a peut-être même jamais regardé à la télévision, le documentaire offrira à coup sûr une bonne raison de découvrir un long-métrage qui, dès sa sortie, est devenu un classique du cinéma et qui, pour les scientifiques, est une pièce historique de premier ordre pour entrapercevoir et comprendre cette époque révolue marquée par la mise à flots de ces superbes bateaux de croisière symboles de l’Âge industriel…

Titanic : 20 Ans Après avec James Cameron est la preuve que le Titanic a encore de nombreuses histoires à raconter. Il s’agit là indéniablement d’un documentaire fascinant au sujet d’un film fascinant inspiré lui-même d’un événement fascinant…

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