Daredevil
Tome 3 : Le Roi de Hell's Kitchen

Daredevil - Tome 3 : Le Roi de Hell's Kitchen
La couverture
Éditeur :
Panini Comics
Date de publication France :
Le 06 juillet 2016
Genre :
Marvel Select
Auteur(s) :
Brian Michael Bendis (scénariste)
Alex Maleev (dessinateur)
Michael Golden (dessinateur)
Greg Horn (dessinateur)
P. Craig Russell (dessinateur)
Phil Hester (dessinateur)
Chris Bachalo (dessinateur)
Jae Lee (dessinateur)
David Finch (dessinateur)
Frank Quitely (dessinateur)
Nombre de pages :
256

Le sommaire

• Introduction
• Daredevil Vol. 2 #56 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #57 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #58 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #59 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #60 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #61 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #62 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #63 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #64 (2004)
• Daredevil Vol. 2 #65 (2004)
• Les créateurs

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 12 octobre 2018

« Qu’est ce que ça donne... Quand un homme qui se déguise en diable... Fait une dépression nerveuse ? »
Troisième tome pour le run de Brian M. Bendis et d’Alex Maleev avec ce Roi de Hell’s Kitchen. Véritable tournant dans l’histoire de Matt Murdock, cet album contient des thématiques fortes et questionne sur la légitimité des héros proclamés.

Après avoir subi les attaques de la presse et des différents criminels voulant lui faire la peau, Matt Murdock, qui voit sa vie se briser de tous cotés, décide de changer la donne. Son identité secrète ne tient qu’à un fil et les rues de son quartier sont constamment en proie à la violence et la misère. Wilson Fisk, le Caïd, est de retour et Matt ne compte pas le laisser reprendre la ville. Dans un accès de rage et de colère, il tabasse Fisk devant ses hommes et se proclame Roi de Hell’s Kitchen. Désormais, il n’est plus simplement le protecteur d’Hell’s Kitchen, il en est le gardien et compte bien nettoyer ses rues. 
Ce postulat posé, Daredevil - Tome 3 : Le Roi de Hell’s Kitchen va dépeindre un homme las de ses combats incessants, et désireux de faire une vraie différence. Matt Murdock a tout essayé pour enrayer la criminalité de son quartier. En utilisant la manière légale en tant qu’avocat et la manière forte en tant que justicier masqué. Pourtant, comme un éternel cycle sans fin, la criminalité ne s’estompe pas et le Diable rouge se voit contraint d'enfiler son masque chaque soir sans espoir de voir son combat prendre fin un jour. 
Brian Bendis utilise ici le désespoir de l'homme pour le pousser plus loin dans ses actions en tant que héros. Un héros peut-il contrôler la pègre en se proclamant roi tout en restant un héros ? Où est la limite entre le Caïd criminel et le Caïd héroïque ? Bien sûr, Matt conserve son credo de ne jamais prendre une vie mais son action provoque des dommages collatéraux. Les chefs de clan fuient le quartier pour s’installer ailleurs. Matt ne résout pas le problème, il ne fait que le déplacer ce qui n’est évidemment pas au goût de Luke Cage, Spider-Man, Docteur Strange ou Red Richards.

Avec cet arc narratif, Bendis propose une réelle nouveauté dans la vie de Daredevil. Véritable continuité des deux tomes précédents, il est intéressant de voir l’Homme sans Peur adopter cette posture inédite. Naturellement, les ennuis ne sont jamais bien loin et Matt sera vite rattrapé par la dure réalité malgré sa certitude d’avoir trouvé la solution. Le scénariste a ainsi l’occasion d’écrire des scènes puissantes et d’aborder le mythe du super-héros sous un angle différent. Son apport sur le personnage de Daredevil, et même sur le comics en général avec son run, est réellement stupéfiant. Pour conter l’ascension de ce nouveau Roi, Bendis utilise en effet un personnage déjà présent auparavant mais qui voit son importance grandir ici : Ben Urich. Ce reporteur du Daily Bugle est créé en 1978 dans Daredevil Vol. 1 #153 par Roger McKenzie, Gene Colan et Tony DeZuniga. Allié de Daredevil, il est l'un des rares à connaître son identité secrète et à la protéger. Doté d’une grande perspicacité, il se retrouve au cœur de la conclusion du récit qui semble aussi évidente qu’intelligente. Ben Urich dispose également de plusieurs monologues dans cet album qui éclairent sur le caractère de Matt et sa relation à la rue en tant que Daredevil. Toujours talentueux lorsqu’il s’agit de faire parler ses personnages, Bendis fait ici des merveilles !
Mais il n’est pas non plus en reste lorsqu’il s'agit de faire parler les poings : il livre ainsi un climax haletant lorsque Matt est contraint d’affronter en civil des dizaines de yakuzas de nuit et sous la pluie. Ballet mortel aussi beau que violent, le combat bénéficie du talent d’Alex Maleev (comme toujours !) qui éblouit avec des planches dynamiques et hypnotisantes. Le dessinateur parvient à donner à la violence brute un aspect poétique et beau.

La deuxième partie de l’album voit revenir dans la vie de Matt une ancienne amante : Natasha Romanoff, alias la Veuve Noire. Le personnage est créé par Stan Lee et Don Heck dans Tales of Suspense Vol. 1 #52 en avril 1964. Ancienne espionne russe, elle rejoint les États-Unis et le S.H.I.E.L.D. pour échapper à son passé. Experte dans le maniement des armes à feu et la manipulation, elle gagne en popularité grâce à l’interprétation de Scarlett Johansson au cinéma dans le Marvel Cinematic Universe. La Veuve Noire, ou Black Widow, apparaît ainsi dans plusieurs films, tels qu’Iron Man 2, Marvel’s Avengers, Captain America : Le Soldat de l’Hiver ou Avengers : Infinity War.
Dans Daredevil - Tome 3 : Le Roi de Hell’s Kitchen, l’espionne cherche refuge suite à une manipulation politique. Elle rejoint ainsi Hell’s Kitchen et s’installe chez Matt. Le justicier, en plein dilemme sentimental, accepte non sans penser que les choses vont mal tourner. Cet arc narratif, s'étalant de Daredevil Vol. 2 #61 à #64, met donc en scène un excellent duo aussi sexy et sensuel qu’attachant. La relation presque fusionnelle que les deux ex entretiennent offre, il est vrai, des moments attendrissants, pause salvatrice après les événements dramatiques ayant touché Matt Murdock. Cette seconde partie est ainsi plus légère que la précédente, mais reste complémentaire et enrichissante dans ce que Bendis cherche à développer. Un vrai coup de cœur pour ce vrai faux couple, qui donne envie d’en apprendre plus !

L’album, édité par Panini Comics dans la collection Marvel Select, contient ici les épisodes Daredevil Vol. 2 #56 à #65 alors que le précédent tome allait jusqu’à Daredevil Vol. 2 #50. Que le lecteur ne s’étonne pas de ne pas trouver les épisodes #51 à #55. Il s’agit en réalité d’une pause dans le run de Brian Bendis, puisque David Mack prend le relai le temps de ces 5 épisodes, en tant que scénariste et dessinateur, pour une histoire indépendante nommée Écho et qui n’a pas de lien avec celle développée par Brian M. Bendis, d’où leurs absences dans Daredevil - Tome 3 : Le Roi de Hell’s Kitchen.
Enfin, il est possible de mentionner l’épisode #65, interlude transitoire, qui revisite certaines scènes des tomes précédents d’un autre point de vue. Pour l’occasion, de nombreux dessinateurs se succèdent et enrichissent l'épisode. Des artistes talentueux tels que Michael Golden, Greg Horn ou encore David Finch se prêtent ainsi au jeu. De quoi constater que si certains s'en sortent bien, le style particulier d'Alex Maleev correspond nettement plus à l'écriture particulière de Bendis. La même histoire dessinée par un autre n'aurait à l'évidence pas eu la même saveur !

Daredevil - Tome 3 : Le Roi de Hell’s Kitchen est un comics coup de poing ! Toujours aussi ambitieux, Brian Michael Bendis garde le même ton mais ne fait jamais de surplace. Riche dans ses idées et particulièrement prenant, cet album est dans la lignée des deux précédents : beau, audacieux et percutant. Le comics à son apogée en somme.

Poursuivre la visite

1968 • 2014
1966 • 2018

Les Réseaux Sociaux

www.chroniquedisney.fr
Chronique Disney est un site amateur, non officiel, sans lien avec The Walt Disney Company, ni publicité,
utilisant des visuels appartenant à The Walt Disney Company ou des tiers par simple tolérance éditoriale, jamais commerciale.