Avengers
Infinity War

Titre original :
Avengers : Infinity War
Production :
Marvel Studios
Date de sortie USA :
Le 27 avril 2018
Genre :
Fantastique
IMAX
3-D
Réalisation :
Anthony Russo
Joe Russo
Musique :
Alan Silvestri
Durée :
155 minutes

Le synopsis

Les Avengers et leurs alliés sonnent la mobilisation générale pour neutraliser le redoutable Thanos qui vise la destruction complète de l’univers.

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 25 avril 2018

Avengers : Infinity War est un rêve de geek, le film que Marvel Studios a imaginé depuis dix ans et teasé depuis six. Après une si longue attente, le résultat est au rendez-vous aussi, épique que grandiose fort d'un casting impressionnant. Mieux encore, malgré un tel rassemblement de super-héros, l'opus ne tombe jamais dans les pièges souvent inhérents à ce genre d'œuvre sommes. Il se permet même d'offrir des moments émouvants et intimes là où le spectateur s'y attend le moins. Et surtout, avec Thanos, il propose assurément le méchant le plus réussi de tout le Marvel Cinematic Universe.
Avant de revenir plus en détails sur ce monument Marvel, sans rien dévoiler de l'intrigue, il est d'abord nécessaire de procéder à un rapide bilan du MCU et de rappeler où se trouve les Pierres d'Infinité au tout début du film.

La sortie d'Avengers : Infinity War coïncide en effet avec les 10 ans du Marvel Cinematic Universe. Marvel Studios a ainsi une vision artistique solidement ancrée qui lui vient principalement du producteur Kevin Feige. Il a pour ambition de créer un univers cohérent au travers de toutes ses franchises dont les contours s'entremêlent, se croisent et partagent leurs personnages d'une œuvre à l'autre. En fait, il est question de reconstruire sur grand écran un univers cinématographique proche de celui développé, sur papier, dans les comics. Cette vision ambitieuse est embrassée par le public qui plébiscite les films à chaque sortie. Kevin Feige, ambitieux et visionnaire, pose de la sorte les premières briques de son univers partagé dès le premier opus du studio, réalisé et produit de façon totalement indépendante, Iron Man. Jamais jusqu'à présent, de multiples franchises n'avaient chercher à cohabiter dans un seul et même univers créé de façon cohérente et chronologique. Kevin Feige ne le sait pas encore mais il est sur le point de révolutionner, d'une certaine façon, l'industrie du blockbuster, et sa formule va devenir le modèle à suivre pour de nombreux studios y compris le concurrent de toujours, DC Comics. Forte elle-aussi d'un catalogue de super-héros iconiques, la filiale de Warner va, il est vrai, tenter de copier tant bien que mal le processus mais en se précipitant et ne prenant pas le soin d'installer tranquillement et sereinement son univers comme Marvel Studios l'a fait. Le studio de la Maison des Idées a, en effet, pris son temps : pourtant, le grand canevas de départ était conditionné par la réception par le public du premier film. Un échec et Kevin Feige pouvait dire adieu à sa grande ambition. Heureusement, dès sa sortie le 2 mai 2008 , les spectateurs se ruent dans les salles pour suivre les personnages et l'histoire d'Iron Man. Surtout, les fans se révèlent formidablement réceptifs lorsqu'ils découvrent la scène post-générique (la première d'une longue série qui deviendra une marque de fabrique du studio) où Nick Fury, directeur du S.H.I.E.L.D., vient rencontrer Tony Stark pour lui parler des Avengers et du Projet Initiative.

La première phase du Marvel Cinematic Universe a donc pour objectif de former la première équipe de super-héros. Kevin Feige va alors s'atteler à présenter un à un ses membres dans des films indépendants avant de tous les faire se rencontrer dans l'opus événement de 2012 : Marvel's Avengers. Encensé par la critique et plébiscité par le public, il explose sans mal les résultats au box-office mondial. Avec 1.5 milliard de dollars de recettes, il devient pas moins que le troisième long-métrage le plus rentable de tous les temps au niveau mondial derrière Titanic et Avatar, tous deux réalisés par James Cameron. Depuis, il n'a été dépassé que par deux autres films : Star Wars : Le Réveil de la Force et Jurassic World, tous deux sortis en 2015. Marvel's Avengers marque aussi la fin de la Phase I et Kevin Feige en profite pour lancer une Phase II et une Phase III. En plus des suites des franchises débutées durant la première Phase, le producteur se permet aussi de prendre quelques risques à commencer par le film de 2014 Les Gardiens de la Galaxie, qui lance avec brio, une équipe de super-héros cosmiques inconnus. Chose impossible encore quelques années auparavant, le nom de Marvel permet ici d'installer une nouvelle franchise située pourtant aux antipodes du label : il s'agit ici de science-fiction débonnaire, qui, contre toute attente, est saluée une nouvelle fois par le public et la critique. Kevin Feige reste par ailleurs à l'affût. Au fait des difficultés de Sony, il parvient à récupérer partiellement les droits cinématographiques de Spider-Man et obtient la possibilité d'intégrer le personnage dans le MCU et de produire un film solo, Spider-Man : Homecoming. Marvel Studios propose aussi de faire découvrir d'autres héros plus obscurs qui viennent agrandir son panel de personnages et de possibilité : l'infiniment petit avec Ant-Man, la magie avec Doctor Strange ou l'Afrique de Black Panther. Ce dernier surprend au passage son monde en devenant un véritable phénomène de société aux États-Unis grâce à sa vision positive du continent africain mais aussi aux rôles donnés aux femmes. C'est bien simple : il explose les compteurs en rapportant plus de 1.3 milliard de dollars et devient alors le plus gros succès pour un héros solo Marvel, troisième résultat du studio derrière les deux Avengers. Au total, pas moins de 18 films sont donc proposés par Marvel Studios en 10 ans. Chacun va apporter des pistes ou des indices qui vont amener petit à petit à la grande bataille qu'est Avengers : Infinity War, la plus grande réunion de super-héros jamais vue au cinéma.

Kevin Feige a toujours prévu que le grand méchant de cette grande histoire d'un seul tenant qu'est le Marvel Cinematic Universe serait Thanos.
Le personnage a été créé par Jim Starlin dans Iron Man (Vol. 1) #55 en février 1973. Thanos est donc un Titan, une branche de la race des Éternels qui quittèrent la Terre il y a plusieurs siècles pour la lune de Saturne, Titan, à laquelle ils donnent leur nom. Il est le fils du mentor Alars et de Sui-san. Contrairement à son frère Éros, Thanos naît avec un physique ingrat : peau bleue et corps massif. Il passe auprès des autres Titans pour anormal, porteur du mal génétique connu sous le nom du syndrome des Déviants, le rendant incapable de succéder à son père à la tête de son peuple. Ce rôle est ainsi confié à son frère Éros. Rejeté par les siens, sa haine envers son peuple grandit au point de commettre des exactions qui justifient, malgré son rang, son bannissement du royaume. Il reviendra d'ailleurs se venger bien des siècles plus tard en tentant d'éradiquer son peuple et sa planète. La suite de sa vie n'est ainsi que combats, intrigues et quêtes des instruments du pouvoir ultime dont les fameuses six Gemmes de l'Infini.

Le personnage apparaît dans le Marvel Cinematic Universe la toute première fois dans la scène post-générique de Marvel's Avengers créant une hystérie collective des fans. Il revient une nouvelle fois dans Les Gardiens de la Galaxie où il détient un rôle un peu plus important : il ordonne en effet au Kree Ronan l'Accusateur de récupérer l'Orbe contenant la Pierre de Pouvoir. Le spectateur y apprend aussi qu'il est le père adoptif de Gamora et de Nébula. Enfin, il réapparaît une dernière fois dans la scène post-générique d'Avengers : L'Ère d'Ultron où il annonce qu'il va aller chercher lui-même les Pierres d'Infinité. Thanos est aussi vu dans différentes séries animées à la télévision, mais sans rapport avec le MCU pour le coup et sans vraiment briller : Silver Surfer (1998), Super Hero Squad (2009), Avengers Rassemblement (2013) et Les Gardiens de la Galaxie (2015).

Les Gemmes de l'Infini sont, pour leur part, des artefacts essentiels de l'univers cosmique des comics Marvel. La première d'entre elle, la Gemme de l'Âme (Soul Gem), apparaît en août 1972 dans Marvel Premiere #1. Les Gemmes du Temps et du Pouvoir sont dévoilées dans Marvel Team-Up #55 en mars 1977. Un peu plus tard dans l'année, au sien d'Avengers Annual #7, elles sont rejointes pas les Gemmes de l'Espace, de l'Esprit et de la Réalité pour former tous ensemble les six Gemmes de l'Infini (portant le nom anglais de Soul Gems dans un premier temps avant de prendre celui de Infinity Gems puis Infinity Stones). Le Gant de l'Infini apparaît, quant à lui, dans la mini-série éponyme, Le Gant de l'Infini, publiée sur six issues en 1991. Ce comics, qui sert en partie d'inspiration au film Avengers : Infinity War, voit Thanos accéder à une arme, le Gant de l’Infini, qui fait de lui l’être le plus puissant de l’univers. Orné des six gemmes de l'Infini, cette arme représente, entre les mains du Titan Fou une terrible menace pour toutes les réalités. Un danger que les héros de la Terre espèrent bien repousser. Cette saga, écrite par Jim Starlin, a connu deux suites La Guerre de l'Infini en 1992 et La Croisade de l'Infini en 1993.

Les Gemmes de l'Infini, appelées les Pierres d'Infinité en français dans les films, sont donc le fil rouge de tout le Marvel Cinematic Universe. Comme l'explique le Collectionneur dans Les Gardiens de la Galaxie, avant la création de l'Univers, il existait six singularités. Puis dans une explosion, l'Univers est né. Et le reste de ses systèmes a été fondu, concentré et ensuite moulé en autant de lingots donnant naissance aux Pierres d'Infinité. Ces gemmes ne peuvent être manipulées que par des êtres dotés d'une force surnaturelle. Si leurs couleurs et pouvoirs ont été modifiés par rapport au comics, le MCU les a dévoilées de façon plus ou moins subtile, au fur et à mesure des films et ce, jusqu'au dernier en date, Black Panther. Il est convient donc de faire un point sur l'état des Pierres d'Infinité au moment où commence Avengers : Infinity War sachant que pour bien comprendre toutes les allusions de l'opus, il est fortement recommandé d'avoir vu les 18 longs-métrages précédents !

La première à faire son apparition est la Pierre de l'Espace, de couleur bleue. Elle donne le pouvoir de téléportation dans tous les mondes de l'univers en ouvrant un trou de ver, sorte de portail. Sa forme connue est le Tesseract. Dans Captain America - First Avenger, le spectateur fait ainsi connaissance du fameux Cube Cosmique amené par Odin sur Terre à la fin du premier millénaire après Jésus-Christ. En 1942, durant la Seconde Guerre Mondiale, Johann Schmidt, qui deviendra Crâne Rouge, s'en empare alors qu'il était caché dans une église norvégienne depuis des siècles. Après la défaite de Crâne Rouge, et au cours de sa recherche de Captain America tombé dans l'Arctique, Howard Stark récupère finalement le Tesseract puis le confie au S.H.I.E.L.D., l'organisation extra-gouvernementale qu'il va créer. Dans Marvel's Avengers, Loki s'en empare dans l'idée de faire envahir la Terre par une horde de Chitauris mais les Avengers l'en empêchent et Thor ramène le Tesseract sur Asgard. Nouveau soubresaut dans Thor : Ragnarok, avec, lors de la destruction d'Asgard par Surtur, un Loki qui semble récupérer et sauver le Tesseract de la destruction. Mais voilà, dans la scène post-générique du film, le vaisseau avec lequel lui, Thor et les habitants d'Asgard s'enfuient est intercepté par un mystérieux immense navire spatial...

La deuxième à apparaître, de façon très subtile cette fois, est la Pierre de l'Esprit, de couleur jaune. Elle peut contrôler l'esprit des gens, tirer des projectiles d'énergie et effectuer des projections astrales de son utilisateur à des distances très éloignées. Elle se trouve à l'origine dans le Sceptre de Loki que lui offre Thanos dans Marvel's Avengers afin de l'aider à conquérir Midgard (la Terre). Suite à sa défaite, le Sceptre est conservé par le S.H.I.E.L.D. mais la chute de l'organisation orchestrée par HYDRA dans Captain America : Le Soldat de l'Hiver  le fait tomber aux mains du Baron Strucker. Ce dernier s'en sert pour créer des « optimisés », des personnes ayant des pouvoirs surhumains, mais seuls les jumeaux Wanda et Pietro Maximoff, alias la Sorcière Rouge et Vif-Argent, survivent. Dans Avengers : L'Ère d'Ultron, les Avengers retrouvent fort heureusement le Sceptre de Loki. Tony Stark et Bruce Banner en l'étudiant donne vie à Ultron, qui se rebelle contre ses créateurs. En voulant évoluer, il se crée même un corps humanoïde que finalement les Avengers récupèrent. Ils y placent sur son front la Pierre de l'Esprit, qui était enfermée dans le Sceptre de Loki, et y insère l'esprit de JARVIS, l'intelligence artificielle de Tony Stark. Le corps prend vie et donne naissance à Vision qui se joint finalement aux Avengers.

La troisième est la Pierre de la Réalité, de couleur rouge. Elle transforme les choses en leur côté sombre, altère la réalité et puise la force vitale des corps. Elle est enfermée dans l'Éther de Svartalfheim. Elle apparaît pour la première fois dans Thor : Le Monde des Ténèbres. Malekith, voulant détruire Asgard, tente en effet de s'en emparer mais se trouve empêché par le père d'Odin et condamné à l'exil. Des millénaires plus tard, Jane Foster découvre par hasard un portail qui la mène au lieu où est caché l'Éther. Il prend possession de son corps et Malekith, de retour de son exil, va dès lors essayer de récupérer la jeune fille, et la pierre, en vain grâce aux efforts de Thor. Les Asgardiens, possédant déjà le Tesseract, craignent néanmoins de devoir conserver deux Pierres d'Infinité au même endroit. Dans la scène post-générique, Sif et Volstagg apportent donc la Pierre de la Réalité au Collectionneur. La destruction de sa collection dans Les Gardiens de la Galaxie, laisse ensuite planer le doute : nul ne sait ce qu'il est advenu de la Pierre de la Réalité.

La quatrième est la Pierre de Pouvoir, de couleur violette. Elle possède le pouvoir de destruction pouvant anéantir une planète par le seul contact sur son sol. Elle se trouve placée dans l'Orbe de Morag et apparaît pour la première fois dans Les Gardiens de la Galaxie. Elle est ainsi découverte par Star-Lord sur la planète Morag où il a pour mission de récupérer l'Orbe, également convoitée par le Kree, Ronan l'Accusateur, lui-même chargé par Thanos de le récupérer. En allant voir le Collectionneur, Star-Lord apprend donc que l'Orbe cache en réalité l'une des Pierres d'Infinité. Ronan parvient alors à le récupérer mais a l'idée saugrenue de trahir Thanos en gardant la Pierre pour lui. Il décide même de s'en servir pour détruire la Planète Xandar. Il est finalement tué par les Gardiens unis pour partager l'énergie de la Pierre que Star-Lord avait décidé de prendre à pleines mains malgré sa dangerosité. L'Orbe, quant à lui, est finalement gardé auprès des Cohortes de Nova sur Xandar.

La cinquième est la Pierre du Temps, de couleur verte. Elle possède le pouvoir de contrôler le temps. Elle est enfermée dans l'Œil d'Agamotto et apparaît pour la première fois dans Doctor Strange. Stephen Strange l'utilise d'abord sans précaution après avoir lu un livre gardé par l'Ancien. Ne connaissant pas la puissance de l'objet, il est mis en garde par Wong et Mordo sur le risque de destruction du temps si l'Œil était utilisé à mauvais escient. Strange l'utilise deux autres fois à la fin du film: d'abord pour empêcher Kaecilius de détruire le Sanctum de Hong Kong puis contre Dormammu qu'il emprisonne dans une boucle temporelle négociant sa libération contre la préservation de la Terre et la reddition de Kaecilius. Le danger passé, l'Œil d'Agamotto est entreposé à nouveau à Kamar-Taj tandis que Wong révèle à Strange que le médaillon contient en réalité une Pierre d'Infinité.

La sixième et dernière pierre, la Pierre de l'Âme, de couleur orange, est finalement la seule à ne pas être apparue avant Avengers : Infinity War. Elle fait donc l'objet de nombreuses spéculations...
Enfin, le Gant de l'Infini se révèle une première fois dans Thor dans la salle des trophées d'Odin mais il s'agit en réalité d'une simple contrefaçon comme le révèle Hela dans Thor : Ragnarok. Thanos est, en effet, déjà en possession du Gant de l'Infini comme le montre la scène post-générique d'Avengers : L'Ère d'Ultron.

Pour réaliser Avengers : Infinity War, Kevin Feige fait appel de nouveau aux frères Russo qui s'étaient fait remarquer sur les solides réalisations de Captain America : Le Soldat de l'Hiver et de Captain America : Civil War. Ce sont d'ailleurs également eux qui se chargeront de celle du prochain Avengers en 2019 refermant ainsi la Phase III et l'histoire d'ampleur du Marvel Cinematic Universe débutée en 2008 dans Iron Man.
Fils d'un avocat, Anthony et Joe Russo grandissent à Cleveland, dans l'Ohio. Avant de suivre une formation aux métiers du cinéma, ils écrivent, réalisent et produisent une comédie, Pieces. Le film est présenté en 1997 au Slamdance Film Festival de Park City, dans l'Utah, et à l'American Film Institute Festival à Los Angeles, où Joe obtient le Prix du Meilleur Acteur de l'American Film Institute. Steven Soderbergh découvre alors le talent des frères Russo et leur propose de produire en 2001, via sa société Section Eight, leur prochain long-métrage : Bienvenue à Collinwood. En 2006, ils réalisent leur troisième long-métrage et troisième comédie, Toi et Moi... et Duprée. Parallèlement à partir de 2003, ils continuent de réaliser et produire plusieurs épisodes de séries telles que Lucky, LAX, Arrested Development, Community ou bien encore Happy Endings.

Avengers : Infinity War se voit parfaitement résumé dans son titre : il s'agit d'une guerre pour récupérer les Pierres d'Infinité. À partir de là, il est difficile d'en dire plus sans dévoiler des éléments de l'intrigue et gâcher ainsi la surprise des spectateurs. L'opus ne fait, il est vrai, pas dans la dentelle et va directement à l'essentiel. Il part du principe que le public connaît déjà ses protagonistes et tout ce qui s'est passé auparavant. Il rentre donc directement dans l'action et offre alors de très nombreux moments de bravoures. C'est bien simple sur une durée de 2h30, ce ne sont pas moins de 2h de scènes virevoltantes qui sont proposées. L'ennui n'a ainsi jamais sa place et, au contraire même, le spectateur doit s'accrocher car le récit est très dense. Pour autant, Avengers : Infinity War sait aussi être émouvant quand personne ne s'y attend. Plusieurs scènes s'avèrent en effet d'une justesse incroyable quand elles s'attachent à l'intime de certains personnages. Malgré son statut de film d'action non stop, l'opus prend ainsi le soin d'approfondir certaines relations et situations. Vu le nombre, les scénaristes ont su d'ailleurs mener des choix judicieux sur celles qu'ils devaient développer et celles dont ils savent que le public les maîtrise déjà. Une telle réunion aurait pu faire sombrer l'ensemble dans le piège d'une simple galerie de figuration. Et bien, il n'en est rien ! Non seulement le rythme est parfait grâce à un découpage aux petits oignons qui offre à chacun l'occasion de briller mais, en plus, il se révèle carrément jouissif de voir autant de personnages iconiques regroupés dans une seule aventure. Avoir construit patiemment un tel univers pendant 18 films rend tout bonnement Marvel Studios légitime à porter à l'écran un rassemblement si généreux.

Avengers : Infinity War est donc épique à souhait. Les événements qui s'y déroulent rabattent d'ailleurs totalement les cartes et vont laisser scotcher les spectateurs à leurs sièges. Mieux encore, le film propose également quelques choix dramaturgiques forts intéressants sur les liens qui unissent les personnages. Même s'il était facile d'imaginer l'opus en coquille vide selon ce jugement hâtif portés par ceux qui détestent le cinéma à grand spectacle, Avengers : Infinity War sait développer des thèmes intéressants. Son rapport à la famille, au sens large, tout comme ses réflexions sur la surpopulation apporte en effet des pistes de questionnement pour les spectateurs qui désirent aller au delà du simple enjeu des batailles. Enfin, il pose l'épineuse question du sacrifice et du poids d'une vie face à celle de milliards d'autres. Là encore, chaque spectateur en fonction de sa philosophie et de ses valeurs s'interrogera sur la réponse qu'il aurait lui-même apporter... En revanche, pas de dramatisation à outrance : Marvel oblige, malgré les enjeux, l'humour reste très présent tout au long du récit au moyen de répliques souvent bien senties. C'est là, la marque de fabrique du studio et il eut été dommage de s'en passer. Néanmoins, si de nombreuses font mouches, quelques unes auraient pu être gommées afin de ne pas trop atténuer la portée de certaines scènes. Il y a manifestement ici la volonté de faire un film certes tragique mais jamais violent ; il se veut tout public sans aucune image choquante. Seule la fin risque en réalité d'abasourdir le public tant elle change la donne, anéantissant au passage toutes les théories les plus abouties comme les plus folles émises sur le film avant sa sortie...

Parmi les nombreux personnages qui apparaissent dans Avengers : Infinity War, celui qui ressort le plus est, une fois n'est pas coutume, le méchant. Dans les comics, Thanos est considéré comme le plus grand méchant de l'univers Marvel. Ici, il est clairement le personnage principal du film et il est tout autant sa plus grand réussite ! De part ses précédentes apparitions, le personnage laissait supposer qu'il constituait une grande menace. Il était donc primordial que les frères Russo ne se trompent pas dans son traitement. Et force est de constater qu'ils relèvent à merveille le défi. Le Titan Fou est, en effet, à la fois impressionnant physiquement tout en bénéficiant d'un charisme incroyable et d'une psychologie parfaitement travaillée et crédible. Josh Brolin qui lui prête sa voix et lui sert  de référence dans la capture des mouvements, lui apporte ainsi beaucoup de prestance. Si les méchants des films Marvel sont souvent les points faibles des films, ici, il en est au contraire, le premier atout. Assurément, Thanos est LE méchant du Marvel Cinematic Universe !
En digne "Maître du Mal", il est accompagné d'une garde personnelle, appelée l'Ordre Noir, formé de quatre membres et au sein de laquelle une mention spéciale se doit d'être donnée à Ebony Maw, incarné par Tom Vaughan-Lawlor, dont la prestance est bluffante.
Enfin, parmi le reste du casting, il est à noter que certains personnages voient leur psychologie particulièrement étoffée notamment Vision, la Sorcière Rouge et Gamora tandis que d'autres ont une nouvelle aura tout spécialement développée à commencer par Captain America, Thor et Doctor Strange.

Côté réalisation, les frères Russo s'en sortent mieux dans les scènes d'action que dans Captain America : Le Soldat de l'Hiver et Captain America : Civil War qui avaient tendance à être un peu tournés caméra au point rendant illisibles certaines chorégraphies de combat. Cette fois-ci, au contraire, tout est beaucoup plus fluide avec certaines séquences particulièrement impressionnantes comme celle tournée au Wakanda.
L'autre grand réussite de leur opus est l'incroyable variété des décors. C'est bien simple, le film est dépaysant à souhait en proposant aussi bien sur Terre que dans l'espace, des lieux différents et étonnants. Le montage passant de l'un à l'autre aide également le récit à intensifier son côté épique et ses enjeux dramaturgiques. Le tout est ensuite rehaussé par des effets spéciaux de toute beauté où aucune fausse note n'est à regretter. Fait notable, le film a été tourné intégralement en caméra IMAX : les projections sur ce type d'écran propose donc une image 26% plus grande que dans les salles dites normales offrant le format standard cinémascope. Il est ainsi plus que tout autre Marvel préférable de voir Avengers : Infinity War en IMAX pour jouir d'une expérience optimale. Enfin, quelques mots pour saluer la musique d'Alan Silvestri : efficace, elle sait toujours appuyer les moments intenses, que soit dans l'action ou dans l'émotion.

Avengers : Infinity War propose un spectacle dantesque : une réunion de super-héros d'envergure inédite contre le plus grand méchant Marvel ! Les conséquences du film ont en outre de quoi faire trembler le Marvel Cinematic Universe et la fin risque de laisser coi plus d'un spectateur.

Avengers : Infinity War est un divertissement à l'état pur aussi grandiose que minutieux, épique qu'intime, drôle que dramatique : il est la promesse tenue d'un ascenseur émotionnel de la première seconde à la toute dernière.

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