Star Tours
L'affiche
Date d'ouverture :
Le 12 avril 1992
Date de fermeture :
Le 16 mars 2016
Type d'attraction :
Simulateur de vol
Musique :
Richard Bellis
John Williams
Durée :
5 minutes
(sans file d'attente)

Le synopsis

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, existait une agence de voyage, Star Tours. Elle propose alors aux touristes de découvrir les confins de l'univers et la multitude de planètes luxuriantes et de paysages de l'espace aussi inédits les uns que les autres. Pour ce faire, ses passagers embarquent depuis l'astroport privé de la compagnie à bord d'un StarSpeeder 3000 flambant neuf, piloté par l'un des nouveaux droïdes RX-24 (surnommés Rex).

L'expérience

Épisode VI.V. À la suite de la décisive bataille d'Endor ayant mis fin aux jours de l'Empereur et à la seconde Étoile de la Mort, la Lune forestière d'Endor a soudainement gagné en popularité. Espérant capitaliser sur sa renommée, l'agence de voyage Star Tours ouvre dans la foulée une nouvelle ligne vers le satellite, l'Endor Express. Bien qu'elle ait déjà subi de nombreuses catastrophes, la compagnie Star Tours n'apprend décidément pas de ses erreurs : alors qu'ils étaient supposés être renvoyés au fabricant, ses droïdes pilotes défectueux de la série RX reçus à l'époque de l'inauguration de la société sont, en réalité, déballés et réparés tant bien que mal, en interne, par ses droïdes de maintenance. Or, à l'image des G2, ces RX développent des personnalités propres et sont sujets à de fréquentes pertes de mémoire, loin des standards de qualité vantés par la société Industrial Automaton and Reubens Robotic Systems qui les a conçus. Avant de pouvoir entrer au sein même de l'astroport, les futurs touristes de l'espace peuvent admirer un authentique chasseur Aile-X T-65 décorant l'entrée du bâtiment de l'agence de voyage.

Une fois à l'intérieur, Ils empruntent un premier couloir leur présentant les différentes planètes situées à proximité et potentiellement visitables. Désormais dans l'astroport, les visiteurs peuvent apprécier le travail de deux contrôleurs calamariens nichés dans leur tour de contrôle, tous occupés à gérer les flux de départs et d'arrivées des vaisseaux de la compagnie. 

De l'autre côté de la salle, un écran géant présente à la clientèle la large palette de choix de destinations desservies par Star Tours. Des clips vidéo vantent ainsi les mérites d'une excursion sur la Lune forestière d'Endor ou de destinations plus exotiques comme Hoth ou Tatooine. L'agence indique également les potentiels retards de ses vols. De même, de nombreuses annonces provenant de la Tour de Contrôle se font régulièrement entendre, certaines indiquant des changements de quais, des annulations ou l'imminence de décollages, d'autres plus personnels à l'attention notamment de Messieurs Egroeg Sacul et Tom Morrow. Continuant leur avancée mais toujours dans la même salle, les voyageurs en partance côtoient un hangar de maintenance où deux droïdes, Z-6PO et R2-D2 s'affairent à réparer, chacun à leur manière, un des nouveaux modèles de la flotte de Star Tours, le StarSpeeder 3000. En effet, alors que la Nouvelle République combat ce qui reste de l'ancien Empire (mais aussi les nouveaux ennemis Tof), les deux droïdes se retrouvent de nouveau confiés à Star Tours afin d'assurer la maintenance des nouveaux vaisseaux mais aussi, s'agissant de R2-D2, d'assurer le rôle de robot navigateur sur le vol inaugural de l'Endor Express.

Plus loin, dans le Secteur 2 où s'entreposent bon nombre de pièces mécaniques et d'outils, ils parviennent au centre droïdnostique où des robots sont en plein travail. Le robot ouvrier G2-9T, chargé de la réparation des pilotes et des navigateurs, retient particulièrement l'attention des visiteurs. Il est en effet assez bavard, croit reconnaître des passagers qu'il aurait déjà croisés et se fait rappeler à l'ordre bon nombre de fois par l'ordinateur central qui constate une baisse de la productivité. Il prend le temps d'évoquer son ancien domicile sur Tatooine, de partager ses goûts musicaux (il est fan de Danny et les Droïdes) mais aussi de montrer un tas de ferraille qu'il présente comme son père, pilote ayant suivi une formation accélérée s'étant mal terminée.

Les visiteurs font ensuite la connaissance de G2-4T qui tient à comptabiliser le nombre de passagers de la journée. Interrompu suite à une panne de fonctionnement, il entreprend ensuite de vérifier les passeports et visas de chacun, en vain. Il se plaint alors de la piètre qualité des pilotes RX, ironise sur le destin tragique qui pourrait attendre les futurs passagers et se jure de ne plus jamais embarquer à bord d'un StarSpeeder, gardant un très mauvais souvenir de celui qui l'a conduit ici. Rappelé à l'ordre par son chef, il se force enfin à vanter les mérites de la flotte, sans pour autant avoir l'air convaincu. Derrière cette salle de maintenance, les visiteurs accèdent enfin au hall d'embarquement pour rejoindre leur StarSpeeder. Une fois le tourniquet passé, ceux qui sont désormais les passagers du vol ST-45 sont invités à se rendre vers la droite ou la gauche pour patienter devant l'une des six aires d'embarquement chacune composée de cinq portes.

Une fois devant les portes de la zone d'embarquement, les visiteurs peuvent observer sur des écrans de contrôle le temps restant avant le décollage et surtout les différents préparatifs effectués par les équipes de Star Tours pour rendre le StarSpeeder 3000 fin prêt à décoller. Avant d'emprunter les rampes d'accès à la cabine, les futurs passagers se voient tout de même rappeler les procédures d'embarquement et les consignes de sécurité par le biais d'une vidéo-conférence d'une hôtesse de l'air de la compagnie.

Après avoir accédé à la cabine et s'être attachés sur l'un des quarante sièges du vaisseau, les passagers reçoivent un dernier rappel des consignes de sécurité effectué par un steward ou une hôtesse de Star Tours. La fermeture des portes et le relèvement des passerelles d'embarquement opérés, le pilote, RX-24, plus communément nommé Rex, l'un des droïdes RX défectueux et réparés sur place, se présente à ses passagers via à un écran situé à l'avant de l'appareil sur la droite. Il abaisse ensuite le rideau de protection séparant la cabine du poste de pilotage, une manipulation qui le fait découvrir « en chair et en os » mais qui dévoile surtout l'immense pare-brise du véhicule. Rex indique alors au public qu'il s'agit là de son premier vol puis présente le robot-navigateur de bord, R2-D2, en train d'être opportunément installé sur le toit de l'appareil. Tout est prêt pour que le vol à destination de la Lune forestière d'Endor soit paisible... Mais c'est sans compter sur l'amateurisme du pilote débutant qui, dès les premières manœuvres de décollage, se trompe de route et emprunte une voie de service.

Cherchant désespérément les freins, Rex ne les trouve pas et va alors faire plonger littéralement le vaisseau le temps d'une lourde chute avant finalement de reprendre les commandes de son StarSpeeder et éviter les différents obstacles que constituent les gigantesques machines du hangar de réparation. Il réussit alors à quitter la station et se retrouve dans l'espace côtoyant tout de même d'autres véhicules de Star Tours sur sa droite.

S'excusant auprès des passagers pour ce qu'il qualifie de petit « raccourci », Rex annonce à l'assemblée que le StarSpeeder va maintenant passer en vitesse-lumière. Les passagers sont immédiatement plaqués à leurs sièges tandis que le pilote visiblement étonné annonce à R2-D2, qu'ils ont dépassé la destination initiale, Endor. Sans même avoir le temps de faire demi-tour, le vaisseau se retrouve face à une gigantesque poche d'astéroïdes. Rex contourne brusquement chacun des obstacles jusqu'à ce que le véhicule soit confronté à un très gros morceau, impossible à éviter. Le vaisseau s'engouffre alors à l'intérieur et réussit tant bien que mal à se frayer un chemin dans l'astéroïde, au prix de nombreux virages brusques. Il se retrouve néanmoins devant un véritable mur de glace qu'il percute violemment pour se libérer de son emprise. Miraculeusement indemnes, le vaisseau et ses passagers se retrouvent à l'abri de ces astéroïdes.

Tandis que la situation semble revenue à la normale et que Rex s'apprête à reprendre sa route en direction d'Endor, son StarSpeeder est pris dans le rayon tracteur d'un des destroyers de l'Empire. Le vol ST-45 se retrouve ainsi plongé au beau milieu d'un combat opposant les forces de la Nouvelle République à celles de l'ancien Empire. La situation est visiblement inédite puisqu'un pilote de X-Wing apparait à l'écran situé à droite du cockpit et demande à Rex ce que fabrique ici au beau milieu d'une bataille un des appareils de Star Tours, lui rappelant au passage que cette zone est strictement interdite. Après ce bref rappel à l'ordre, deux X-Wings viennent au secours du vol commercial en détruisant le rayon tracteur du destroyer.

De nouveau totalement maitre de son véhicule, Rex s'empresse de reprendre sa conduite, les passagers pouvant eux observer ce qui semble être une troisième Étoile de la Mort au loin. Mais le StarSpeeder n'en reste pas moins sous le feu des chasseurs TIE et des X-Wings quand soudain, il est touché par un vaisseau ennemi. L'appareil se met alors à perdre de l'altitude et se rapproche dangereusement de l'Étoile de la Mort. Paniqué par la perte des commandes, Rex demande son aide à R2-D2 pour qu'il répare au plus vite le stabilisateur ! Cela fait, le vaisseau capte à nouveau une fréquence en provenance des X-Wings où l'un des pilotes rebelles annonce qu'il va rentrer dans la tranchée pour l'attaque finale contre l'Étoile de la Mort et demande aux deux autres X-Wings de le suivre. Rex comprend mal l'échange et pense que le pilote lui a demandé d'en faire autant.

Il évite alors les tirs ennemis et s'engouffre dans la tranchée en suivant les vaisseaux rebelles jusqu'au moment précis où le X-Wing de tête lâche ses deux missiles avant de rapidement passer en vitesse-lumière pour s'éloigner de l'explosion de l'Étoile de la Mort. 

Rex l'imite : les passagers sont donc de nouveau scotchés au fond de leurs sièges ! À la sortie de l'hyperespace, l'astroport réapparait enfin sous leurs yeux. Un peu trop vite d'ailleurs. Le StarSpeeder 3000 s'engouffre en effet à toute vitesse dans le hangar d'arrivée et s'arrête finalement in extremis évitant de justesse une collision avec un train citerne remplie d'essence. 

Le vaisseau amorce ensuite sa descente jusqu'au quai de débarquement tandis que Rex se confond en excuses quand le rideau de séparation de la cabine et du poste de pilotage se relève l'empêchant de finir son petit discours. Z-6PO, via l'écran de l'appareil, indique alors aux passagers les consignes à suivre pour quitter leurs places. Les visiteurs sains et saufs sortent du StarSpeeder 3000 et rejoignent l'extérieur via L'Astroport Services Interstellaires.

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 27 janvier 2018

La rencontre des forces créatrices de Disney et de George Lucas a donné vie à Star Tours, la toute première collaboration entre Walt Disney Imagineering et - à l'époque - un studio extérieur à The Walt Disney Company pour créer une attraction dans l'un des Parcs Disney. Il s'agit en outre du premier simulateur de vol pour un Parc de la compagnie qui constitue dès son ouverture une véritable prouesse technologique.

La célèbre agence de voyages Star Tours a donc décidé d'ouvrir plusieurs astroports aux quatre coins de la planète Terre. Ainsi, c'est en 1987 que le premier d'entre eux ouvre au Disneyland Park, en Californie. En juillet 1989, Tokyo Disneyland lui emboite le pas et ouvre sa version, avant que, quelques mois plus tard en décembre 1989, le Parc Disney's Hollywood Studios de Walt Disney World Resort propose également l'attraction. Star Tours est inauguré à Disneyland Paris en même temps que tout le reste du Parc Disneyland, à Discoveryland, le 12 avril 1992.

Pour découvrir les origines de Star Tours, il faut remonter aux années 1970. À l'époque est proposée pour le Disneyland Park, Discovery Bay, un nouveau Land censé redynamiser le site quelque peu délaissé depuis la mort de son créateur, Walt Disney, quelques années plus tôt. Ainsi, en 1976, une attraction utilisant la technologie des simulateurs de vol est imaginée, thémée autour des aventures sous-marines du Capitaine Nemo. Le projet est pourtant stoppé, la technologie étant jugée trop coûteuse et surtout trop peu fiable.

Pour réentendre parler du projet de simulateur de vol, il faut donc attendre 1979. À cette époque sort sur les écrans Le Trou Noir. Cherchant à profiter du succès de la nouvelle franchise concurrente, Star Wars, Disney compte, en effet, elle aussi cartonner au box-office avec son propre film de science-fiction. Pour accompagner sa sortie, les équipes de Walt Disney Imagineering préparent ainsi dessus une attraction, estimée à cinquante millions de dollars et utilisant la technologie des simulateurs de vol. Mais voilà, l'échec tonitruant du Trou Noir stoppe subitement toutes les recherches liées à la conception de l'attraction, même si l'idée d'utiliser cette technologie reste en tête...

Quelques années plus tard, en 1984, Charles Bright, un Imaginieur, découvre une technologie développée par la société anglaise, Rediffusion Simulation Incorporated, spécialisée dans le domaine des simulateurs de vol. Seul problème, il n'a alors pas d'idée pour utiliser à bien cette technique dans les Parcs Disney : une fois encore, l'affaire est classée sans suite par Walt Disney Imagineering.

Ces pérégrinations font qu'aussi exceptionnelle et unique que puisse être l'expérience Star Tours, l'attraction, fruit d'une collaboration étroite entre les équipes de chez Disney et de chez Lucasfilm Ltd., ne constitue plus, lors de son lancement, une véritable révolution technologique. Une attraction utilisant la technologie des simulateurs de vol, conçue par Showscan Film à partir d'outils utilisés d'ailleurs par la société aéronautique Boeing a en effet déjà ouvert ses portes au Canada en 1985 : construite par Redifusion Ltd, Tour of the Universe fait alors le bonheur des touristes visitant la célèbre Tour CN, icône de Toronto.

En 1984, The Walt Disney Company n'est pas en grande forme. C'est une société malade que Roy E. Disney va tenter de sauver en débauchant de pontes du métier pour la relancer. Ce coup d'état qui ne dit pas son nom déloge donc les dirigeants de l'époque et sollicite notamment un certain... George Lucas ! Le créateur de Star Wars, flatté, refuse tout de même la proposition de devenir numéro un de la compagnie, ne se sentant pas apte à assurer les fonctions de PDG d'une multinationale, poids lourd du divertissement. Toutefois, c'est grâce à lui que The Walt Disney Company prend un tournant décisif, puisqu'il soumet les noms de Michael Eisner et Frank Wells au détriment d'un ponte de la Fox en lice pour le poste. La relation entre Michael Eisner et George Lucas a en effet commencé quand le créateur de Star Wars faisait du porte à porte chez les studios hollywoodiens pour trouver un producteur acceptant de financer le très coûteux, Indiana Jones et Les Aventuriers de l'Arche Perdue. Et c'est Eisner alors directeur des studios Paramount Pictures qui met en jeu sa réputation et sa carrière en donnant le feu vert au futur succès réalisé par Steven Spielberg.

Dès son arrivée à la tête de The Walt Disney Company, le nouveau PDG de la société, Michael Eisner ne perd pas de temps et décide un plan de relance tout azimut. Les studios de la compagnie sont bien sûr les premiers concernés mais aussi de manière intensive les Parcs à thème. Il souhaite, en effet, redonner vie au Disneyland Park où les vieilles attractions sont légions et dont la réputation a perdu de sa superbe. Dès lors, et pour attirer dans ses Parcs un nouveau public plus jeune, plus adolescent, il se tourne vers George Lucas. Invité par Eisner dans les bureaux de Walt Disney Imagineering, il tombe sur des concept-arts d'une attraction utilisant la technologie du simulateur de vol, alors classée au rang des projets sans suite. Il est littéralement emballé par l'idée et prend la décision de collaborer avec les Parcs Disney.

La mise en chantier de l'attraction commence après que George Lucas ait signé un contrat de six millions de dollars au bénéfice de sa société d'effets spéciaux, Industrial Light & Magic, pour la réalisation des effets visuels de Star Tours. De plus, le partenariat prévoit un pourcentage conséquent sur les produits dérivés vendus dans les Parcs. La réalisation de l'attraction est ensuite confiée à deux Imaginieurs, aujourd'hui associés aux meilleures réalisations de chez Walt Disney Imagineering, Tony Baxter et Tom Fitzgerald.

Né en 1947 à Los Angeles, Tony Baxter débute sa carrière en tant que simple vendeur de glaces au Disneyland Park d'Anaheim en 1965 avant d'intégrer WED Entreprises, aujourd'hui appelé Walt Disney Imagineering. À l'origine de certaines des attractions les plus iconiques des Parcs Disney à travers le monde, Tony Baxter s'est notamment occupé de la réalisation d'un de ses plus grands classiques, Big Thunder Mountain. Il est aussi responsable du projet avorté Discovery Bay et de la conception d'attractions telles qu'Indiana Jones Adventure - Temple of the Forbidden Eye et Splash Mountain. Pour le public européen, il est surtout le directeur de projet de l'incursion de The Walt Disney Company en Europe, Disneyland Paris !
Tom Fitzgerald s'est affairé quant à lui, tout au long de sa carrière, à la création de nombreuses productions filmiques pour les Parcs Disney. Du Visionarium - Voyage à Travers le Temps à Chérie, J'ai Rétréci le Public en passant par It's Tough to Be a Bug!, inspiré du film 1001 Pattes (a bug's life) pour Disney's Animal Kingdom. Il s'est aussi occupé de la relève de Star Tours, avec la deuxième version de l'attraction, Star Tours : L'Aventure Continue. Pour Paris, il est également le chef de projet de l'attraction Ratatouille : L'Aventure Totalement Toquée de Rémy ouverte en 2014 au Parc Walt Disney Studios.

L'une des forces de l'attraction Star Tours est bien entendu la franchise qu'elle utilise pour faire vivre une expérience véritablement inédite aux visiteurs des Parcs Disney à travers le monde. Elle devient également un moyen unique pour les fans de Star Wars de prendre part à la saga qu'ils adorent et de participer à son aventure. À ce stade, une question cruciale se pose : quand les péripéties que les visiteurs ont la chance de vivre à bord du StarSpeeder 3000 se déroulent-elles dans la chronologie Star Wars ? Et bien... La réponse ne va pas de soi ! La version officielle veut que l'histoire de Star Tours se place après les évènements du sixième épisode de la franchise, soit quelques mois après Star Wars : Le Retour du Jedi. Selon ces dires, c'est juste après un début de paix retrouvée que va se créer l'agence de voyages, Star Tours, où officieront Z-6PO (anciennement appelé C-3PO dans la version originale) et R2-D2. Mais voilà, il est difficile d'imaginer que depuis la mort de l'Empereur à bord de l'Étoile de la Mort encore en construction, une autre totalement semblable à cette dernière soit déjà terminée et comporte la même faille qui avait permis aux rebelles de la détruire lors de la bataille de Yavin (Star Wars : Un Nouvel Espoir) ! Comment alors accepter cette explication pour le moins bancale ? Star Tours se déroule probablement dans un univers parallèle, excluant les péripéties de l'attraction de la chronologie principale, dite « canon ». Cette argumentation est d'ailleurs renforcée depuis 2013, année où Lucasfilm, Ltd. (désormais sous le giron de Disney) a annoncé reléguer au statut de Légendes toutes les œuvres précédentes (romans, jeux vidéo, etc.), en dehors de la saga cinématographique et de la série Star Wars : The Clone Wars ; les œuvres créées après cette annonce étant, elles, automatiquement incluses. Mais les péripéties ne s'arrêtent pas là ! Le vol ST-45 n'est ni le premier ni le dernier désastre de la compagnie ; un futur vol Endor Express sera notamment attaqué par des Sanyassans à la surface de la lune forestière. Ainsi, plusieurs mois après la bataille d'Endor, divers accidents et problèmes de gestion conduisent inexorablement Star Tours à la faillite. Ses droïdes et vaisseaux sont alors revendus et disséminés dans toute la galaxie tandis que des modèles de la flotte StarSpeeder sont encore utilisés durant la guerre desYuuzhan Vong. G2-9T et G2-4T connaissent, quant à eux, plusieurs maîtres, passant de main en main avant de finalement rejoindre le contrebandier allié de la Nouvelle République, Talon Karrde. Quinze ans après la disparition de Star Tours, au cours de la crise du Document de Caamas, Luke Skywalker, accompagné de son fidèle R2-D2, finit par le rencontrer. Le droïde reconnaît alors G2-9T et tous deux bavardent comme autant d'anciens collègues au sujet du bon vieux temps.

Si Star Tours est une attraction aussi réussie et totalement immersive par rapport à la saga Star Wars, c'est tout simplement parce que le film projeté dans les simulateurs est réalisé par les studios d'origine de la franchise de George Lucas ! Les magnifiques maquettes et modèles réduits utilisés dans le film afin d'immerger totalement les passagers dans un voyage interstellaire sont, en effet, réalisés par Industrial Light & Magic, la société d'effets spéciaux de Lucasfilm. Pour ce faire, ses équipes ont eu recours à de nombreuses techniques pour un film qui devait à la base durer vingt minutes, avant d'être réduit à quatre, histoire de rendre le tout plus digeste. Anecdote marquante, comme les maquettes représentent quasiment tous les décors et que tout n'a bien entendu pas pu être capté en une seule prise, le film est découpé en neuf séquences : ses transitions se faisant au cours d'explosions ou de virages brusques.

Parallèlement, le studio de montage et de mixage sonore Skywalker Sound s'est occupé de l'audio de Star Tours à quelques exceptions près : un autre petit studio d'effets spéciaux habitué des Parcs Disney pour avoir collaboré avec Walt Disney Imagineering sur des attractions comme Chérie, J'ai Rétréci le Public ou encore Captain EO, Available Light Ltd. a en effet notamment livré tous les tirs lasers des vaisseaux.

La réalisation de la bande originale de l'attraction est, quant à elle, confiée à Richard Bellis, un compositeur habitué des Parcs Disney. L'homme n'en est pas à son premier coup d'essai ! Il a, il est vrai, écrit tout au long de sa carrière des partitions pour de nombreuses attractions présentes dans tous les Parcs Disney du monde. À l'origine de la bande originale de Moteurs... Action ! Stunt Show Spectacular, de toutes les attractions inspirées d'Indiana Jones ou encore de The Twilight Zone Tower of Terror - Un Saut Dans la Quatrième Dimension, Richard Bellis va ici devoir jongler entre ses propres créations originales et les célèbres partitions écrites par John Williams pour composer l'ensemble de la bande originale de Star Tours. Accompagné d'un orchestre de quatre-vingt-six musiciens, le compositeur enregistre alors ses propres partitions inédites mais aussi bon nombre d'airs déjà entendus dans Star Wars : L'Empire Contre-Attaque. Se remarquent le morceau The Asteroid Field, collant parfaitement à la scène où le StarSpeeder s'engouffre dans une comète, mais aussi certains autres venus de Star Wars : Le Retour du Jedi pour la partie de l'attaque de l'Étoile de la Mort. Bellis est également à l'origine du fameux jingle à cinq notes de la compagnie Star Tours. Il avoue d'ailleurs s'être inspiré du travail de John Williams sur le film de Steven Spielberg, Rencontre du Troisième Type pour la création de ces quelques notes désormais indissociables de l'attraction. Le compositeur explique avoir voulu créer un jingle dans la pure veine de ceux utilisés par de nombreuses marques dans leurs campagnes publicitaires et pouvant également servir dans un univers comme celui de Star Wars.

Si toutes les versions de Star Tours à travers le monde possèdent exactement le même film, les deux versions américaines et la française ont des intérieurs semblables, à l'exception près qu'en Californie, il n'existe que quatre vaisseaux au lieu de six dans les autres Parcs Disney. La version japonaise quant à elle, bénéficie d'une file d'attente plus grande et plus élaborée. En France, c'est la célèbre voix de Luq Hamet qui donne vie au personnage de Rex, le pilote du StarSpeeder 3000. Il est notamment connu pour avoir doublé Marty McFly dans la trilogie Retour Vers le Futur ou encore Roger Rabbit dans le Touchstone Pictures Qui Veut la Peau de Roger Rabbit. Toujours dans le domaine du doublage, il est étonnant de constater qu'Anthony Daniels, qui, comme à son habitude double le personnage de C-3PO en version originale signe aussi la version française du personnage, Z-6PO, au détriment de son doubleur français historique, Roger Carel. Autre spécificité de la version française de l'attraction : son entrée ! À Paris, c'est en effet un X-Wing (ou Aile-X, terme utilisé à l'époque de l'ouverture) qui trône fièrement à l'entrée de l'attraction pour accueillir les visiteurs dans l'astroport.

Comme bon nombre des attractions qui composent les Parcs de l'empire Disney, Star Tours n'échappe pas à la règle d'incorporer de nombreux détails et autres clins d'œil à la conception même de l'attraction. Il n'est donc pas étrange de découvrir dans l'une des premières scènes, celle dans laquelle Rex perd le contrôle de l'appareil dans un hangar de service, une machine à rétrécir ! Non pas celle du Professeur Szalinski de Chérie, J'ai Rétréci le Public, mais la machine utilisée dans l'attraction Adventure Thru Inner Space, ouverte en 1967 au Disneyland Park en Californie, qui sera remplacée dès 1987 par... Star Tours ! Tout au long du parcours, les malheureux spationautes peuvent apercevoir de temps à autres des techniciens et autres employés de chez Star Tours ; tous, d'ailleurs, étant confrontés aux prouesses du tout jeune pilote Rex. Pour remplir ces petits rôles de figuration, Walt Disney Imagineering et ILM ne sont pas allés chercher bien loin puisqu'ils ont demandé les services des pontes des effets spéciaux de l'époque. À ce titre, Dennis Muren est alors, toujours dans la scène du hangar de maintenance tout au début du film, l'un des techniciens victime des talents peu fiables de pilotage de RX : maître des effets spéciaux, Muren aura œuvré dans sa carrière à de nombreuses productions signées George Lucas et Steven Spielberg, qui lui auront valu pas moins de neuf Oscars. Ira Keeler, maquettiste d'ILM ayant travaillé sur plusieurs épisodes de Star Wars et Indiana Jones, endosse de son côté le rôle de l'employé Star Tours qui aurait pu périr si RX n'avait pas finalement retrouvé les freins de son StarSpeeder. Pour finir ce petit tour de table des hommes de l'ombre à la base des effets spéciaux de classiques du cinéma, Steve Gawley, artiste de l'illusion chez ILM, interprète pour sa part le pilote du X-Wing menant l'attaque contre l'Étoile de la Mort qui entre en contact avec RX pendant le vol.

Les équipes d'ILM livrent donc un film dans la pure veine de la première trilogie Star Wars alliant la magie et le réalisme des maquettes qui ont fait le succès de la saga au cinéma avec de nombreuses techniques mises au point par l'un des meilleurs studios d'effets spéciaux du monde. Et c'est véritablement l'alliance des séquences remarquables créées par ILM avec les mouvements du simulateur et de tous les effets présents à l'intérieur de l'appareil qui feront la force et la renommée de l'attraction. La cabine est alors ballottée dans tous les sens pour recréer la sensation de mouvement et accompagner les images projetées sur l'écran à l'intérieur de l'appareil. Les séquences dans lesquelles RX entraine le vaisseau en vitesse lumière sont d'ailleurs particulièrement ingénieuses. Pour créer cette impression de vitesse, la cabine va alors basculer en arrière et adopter un angle de près de 45 degrés afin de faire tomber bien au fond de leurs sièges les passagers. Cette alliance parfaite de l'image, du son et des mouvements souvent brusques rend l'expérience complètement immersive et donne vraiment le sentiment de partir à bord d'un vaisseau aux confins de la galaxie...

Véritable chef d'œuvre des Parcs Disney et initiatrice d'un renouveau technologique, Star Tours est le fruit d'une magnifique alliance entre deux géants du monde du divertissement : l'attraction est ainsi devenu un classique du monde des Parcs à thème.

La disponibilité

Cette attraction était située à Discoveryland, dans le Parc Disneyland de Disneyland Paris.

D'autres versions ont existé au sein du Disneyland Park (Disneyland Resort), de Disney's Hollywood Studios (Walt Disney World Resort) et de Tokyo Disneyland (Tokyo Disney Resort) et ont été remplacées par Star Tours : The Adventures Continue.

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