Titre original :
The Liberators
Production :
Walt Disney Television
Date de diffusion USA :
Le 8 février 1987
Genre :
Aventure
Réalisation :
Kenneth Johnson
Musique :
Joseph Harnell
Durée :
90 minutes

Le synopsis

En 1848 dans le Kentucky, John Fairfield grandit avec Bill Jackson, un esclave noir, dans la plantation que possède l'oncle de John. Une véritable amitié lie les deux jeunes hommes qui, ne pouvant plus supporter les rapports maître-esclave décident de fuir vers le Nord. Bravant les dangers, ils arrivent chez un quaker aidant les esclaves à fuir les États du Sud. Ils décident alors tous deux de retourner dans le Kentucky pour faire la même chose...

La critique

rédigée par
Publiée le 22 juin 2021

Les Libérateurs est un téléfilm diffusé, en 1987, sur ABC dans l'émission hebdomadaire nouvellement intitulée The Disney Sunday Movie et héritière du show créé sur la même chaîne en 1954 par Walt Disney lui-même, sous le titre de Disneyland.

Le téléfilm raconte de façon romancée la vie de John Fairfield, une homme qui dédia son existence au « chemin de fer souterrain » ; un réseau de routes secrètes et de refuges établis aux États-Unis du début au milieu du XIXe siècle et utilisés par les esclaves en fuite pour rejoindre les États libres et le Canada. John Fairfield est ainsi né dans une famille d'esclavagistes en Virginie. Une fois devenu adulte, il montre bien vite son désaccord avec le système en aidant un ami d'enfance à s'échapper de la ferme de son oncle et l'emmène au Canada. Il s'implique alors rapidement dans le mouvement abolitionniste et, au cours des années 1850, s'impose comme l'un des conducteurs les plus rusés du « chemin de fer souterrain », se spécialisant dans la réunion des familles brisées. Il aidera ces hommes et ces femmes libérés de leurs chaînes pendant près de douze ans. Malgré ses méthodes extrêmes, n'hésitant pas à utiliser la violence quand elle était nécessaire, il était considéré par tous ceux qu'il avait aidés comme un homme bon et fiable. Sa trace fut perdue en 1861, un peu avant la Guerre de Sécession. Personne ne sait s'il a été tué lors d'une de ses opérations de sauvetage ou s'il a organisé sa propre disparition pour se construire une nouvelle vie.

Les Libérateurs propose un récit qui va romancer deux événements majeurs de la vie de John Fairfield mais en en changeant quelques éléments, à commencer par les lieux où se déroule l'action. Le téléfilm insiste aussi sur l'amitié de John Fairfield avec Bill Jackson, qui le suit dans toutes ses aventures même si dans la réalité, son ami esclave semble avoir quitté le jeune homme pour le Canada après la fuite de la ferme familiale de son oncle. Le premier tiers du récit raconte ainsi cet événement marquant de la vie de l'abolitionniste. Bien que les deux hommes soient poursuivis, ils acceptent aussi de prendre sous leurs ailes cinq autres esclaves en fuite et de les aider à trouver les « chemins de fer souterrains » ; notamment en les conduisant auprès du quaker Levi Coffin qui les aidera à passer la frontière pour entrer au Canada. Dès le début du téléfilm, les images mettent d'ailleurs particulièrement mal à l'aise. Non pas qu'elles soient particulièrement violentes ou sanglantes, mais parce que la cruauté philosophique de l'esclavage est montrée sans détour. Certes, Disney oblige, tout reste ici assez policé et peu d'esclaves sont fouettés ou maltraités physiquement et, quand c'est le cas, leurs blessures restent cachées. Mais les propos de certains sudistes, adultes comme enfants, restent insoutenables et font que le téléspectateur ressort bouleversé devant tant d'injustice, épousant instantanément la cause du héros.

La deuxième partie du téléfilm s'intéresse elle à un autre événement marquant dans la vie de John Fairfield qui le fera entrer dans la légende. Il repart en effet dans le Sud, dans une petite ville, afin de libérer des esclaves dont les membres de leurs familles ont déjà pu retrouver leur liberté. Il se fait alors passer pour un investisseur voulant construire deux bateaux afin de transporter des marchandises via la rivière locale. Pendant la construction, il en profite pour se lier d'amitié avec les propriétaires d'esclaves afin de retrouver les personnes qu'il doit libérer. Une fois cela fait, les bateaux chargés d'esclaves fugitifs remontent tranquillement la rivière. Fairfield sonne lui l'alarme quelques heures plus tard, furieux de la « perte » de ses biens, et organise une équipe de recherche en les dirigeant sur une fausse piste. Il s'arrange ensuite pour retrouver le groupe de fuyards et les emmener au Canada. Ici, le récit, encore une fois, romance beaucoup les faits et rend d'ailleurs la fuite bien plus compliquée qu'elle ne semble l'avoir été. La duperie des habitants de la petite ville est aussi moins facile, s'éventant d'ailleurs de façon dramatique. Le téléfilm mélange enfin ce passage avec un autre fait marquant de la vie de John Fairfield ; celui où il déguisa des esclaves en comédiennes ultra maquillées pour leur faire prendre le train incognito.

Côté casting, Les Libérateurs vaut principalement pour ses deux acteurs principaux.
John Fairfield est ainsi joué par Robert Carradine. L'acteur obtient ici son premier rôle pour Disney. Il reviendra aux studios au début des années 2000, principalement en campant Sam McGuire dans la série Disney Channel Lizzie McGuire ; rôle qu'il reprendra dans le long-métrage Lizzie McGuire - Le Film. Il sera également aux génériques du film Le Grand Coup de Max Keeble et du téléfilm Chasseurs de Vampire. L'acteur s'avère ici plutôt attachant et surtout convaincant, notamment dans sa révolte contre les pratiques de l'esclavage. Son amitié avec Bill Jackson semble aussi sincère et la relation des deux hommes est relativement bien construite.
Bill Jackson est, lui, interprété par Larry B. Scott qui participe ici à sa seule production Disney. L'acteur est parfait dans son rôle et sait se rendre à la fois touchant et bouleversant. Il sera apprécié particulièrement son dialogue avec des esclaves qui refusent de quitter leurs maisons et de s'enfuir avec lui. Il n'arrive en effet pas à leur faire comprendre l'importance de la liberté ; ces derniers lui rétorquant qu'ils sont avec une famille qui les traite bien et se sentent dès lors en sécurité. Ils préfèrent une sûreté réelle à court terme qu'une liberté hypothétique et risquée.

Le téléfilm a par ailleurs été écrit et réalisé par un habitué de la télévision américaine, Kenneth Johnson. Ce dernier a, en effet, notamment créé les séries Super Jaimie, V ou encore L'Incroyable Hulk avec le fameux personnage Marvel. Il a aussi réalisé le pilote de la série Alien Nation pour 20th Century Fox Television ainsi que les cinq téléfilms dérivés de celle-ci, Futur Immédiat 2 : Les Esclaves du Futur, Futur Immédiat 3 : La Naissance des Hybrides, Futur Immédiat 4, Les Mutants et Esprits sous Contrôle. Pour Disney, il signe le scénario du film Les Petits Champions 3 et réalise les deux Disney Channel Original Movies, Ne Regarde Pas Sous le Lit et Zenon, la Fille du 21ème Siècle. Il propose ici une mise en scène classique, très en vogue dans les années 1980, mais qui manque un peu de caractère et de vivacité.

Les Libérateurs est un téléfilm convaincant qui aborde un sujet difficile sans édulcorer la réalité mais en la drapant tout de même d'une pudeur toute disneyenne.

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