Jack the Giant Killer

Jack the Giant Killer
L'écran titre
Titre original :
Jack the Giant Killer
Production :
Laugh-O-Gram Films, inc
Date de sortie USA :
1922
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Walt Disney
Durée :
7 minutes

Le synopsis

Un garçon raconte à sa petite amie comment lui, son chat et son chien se rendent au pays des géants...

La critique

rédigée par
★★★

Jack the Giant Killer fait partie de ces œuvres au parcours atypique. Ce cartoon est ainsi tombé complètement dans l’oubli pendant près de 80 ans. Jusqu’à l’aube des années 2000, les historiens pensent, en effet, qu’il formait avec le court-métrage Jack and the Beanstalk un seul et même cartoon. Il faut dire, pour leur défense, que les documents de l’époque spécifiaient bien que le contrat passé entre Walt Disney et Pictorial Clubs comprenait six court-métrage et pas un de plus. Tous les analystes ont, de la sorte, abusivement inclus Little Red Riding Hood dans la liste des six alors même que ce tout premier cartoon, qui avait seulement eu pour mission de convaincre le distributeur, n’entrait pas dans le deal. C’est John Kenworthy, l’auteur de la biographie Ub Iwerks et l'Homme Créa la Souris qui découvre le pot-au-rose et déniche la preuve de l’existence autonome de Jack the Giant Killer, dans le document de banqueroute de Pictorial Clubs. Bizarrement, lors de la sortie de son livre, en mai 2001, l’information ne fait pas grand bruit. Il faut encore attendre le milieu de la décennie 2000 pour que d’autres historiens de l’animation comme David Gerstein ou Michael Barrier trouvent d’autres preuves (dont une critique présente dans une revue de presse datée de 1922 !) pour le faire enfin rentrer dans la longue liste des cartoons de Walt Disney considérés comme perdus.

Nouveau rebondissement en octobre 2010, mois où David Gerstein annonce qu’il a retrouvé au Museum of Modern Art des copies des versions sonores de six des sept cartoons de la série des Laugh-O-Grams dont Jack the Giant Killer et Goldie Locks and The Three Bears ! Mieux, il trouve également la trace du dernier des sept, Jack and the Beanstalk dans une collection privée. Grâce aux rééditions sonores, l’intégralité de la collection des Laugh-O-Grams est donc bel-et-bien de nouveau disponible. Une explication à cela : si Pictorial Clubs a vraiment fait faillite puis a été démembrée, des filiales ou des entreprises équivalentes ont pu ou su récupérer à l’époque les bobines et se les sont transmises au fil du temps. Car les cartoons de Walt Disney ont, en fait, été rediffusés avec du son dès 1929, pour surfer sur le succès des Mickey Mouse ; Jack the Giant Killer devenant, par exemple, dans sa version sonorisée The K-O Kid. Des traces de la diffusion de ces raretés se retrouvent même à l’international et, notamment, en Allemagne...

En dehors de son parcours historique tempétueux, Jack the Giant Killer est typique des cartoons de la série des Laugh-O-Grams. Il met ainsi en vedette un jeune garçon qui ressemble étrangement à celui de Puss in Boots, de Cinderella et probablement de Jack and the Beanstalk. Cet état de fait est révélateur de la volonté de Walt Disney de disposer très vite de personnages récurrents. L’histoire se base, elle, vaguement sur Jack le Tueur de Géants (Jack the Giant-Killer)), un conte populaire anglais. Situé au temps du roi Arthur, il met en scène Jack, un vaillant jeune homme des Cornouailles, qui use de sa ruse pour vaincre successivement plusieurs géants. Le cartoon transpose néanmoins l’action à l’époque contemporaine ; Jack y devenant un jeune garçon cherchant à impressionner sa belle. Le court-métrage est rempli pour cela de gags de situations, typiques du début des années 20. Il étonne bien plus par la qualité de son animation qui est d'ailleurs supérieure à celle des premiers Alice Comedies...

Jack the Giant Killer est donc une superbe trouvaille. Découvrir 80 ans après, un cartoon du Grand Walt alors que son existence même était inconnue, relève de la quête du Graal pour un fan Disney. Reste alors la frustration de ne voir aucun éditeur en proposer une édition DVD digne de ce nom. Situation ubuesque dans la mesure où il est, avec toute sa série, totalement libre de droits. Pour l’instant, il n’a été ainsi montré, avec d’autres raretés, que dans quelques festivals, principalement aux États-Unis (et une seule fois au Festival d'Animation d'Annecy en 2011). Il est aussi disponible via une piètre copie filmée sous le manteau par un téléphone portable et placée depuis sur une plateforme vidéo bien connue des internautes...

L'équipe du film

1901 • 1966
Producteur

L'édition vidéo

Les bobines de  Jack the Giant Killer existent et sont conservées dans la collection du Museum of Modern Art de New-York.