Contrasts in Rhythm, sorti le 11 mars 1955, combine Bumble Boogie
et Trees, deux extraits du long-métrage d'animation
Mélodie Cocktail, proposé sept ans
auparavant (le 27 mai 1948).
Bumble Boogie semble n'être que le résultat d'une collaboration
avortée entre Walt Disney et Salvador Dali. Les deux Maîtres, qui ont
prévu de réaliser ensemble un court-métrage, Destino, dès le milieu des
années 40, ne sont, en effet, jamais parvenus à le finaliser. C'est,
en fait, Roy Disney, le neveu de Walt, qui achèvera le fameux cartoon quelques
cinquante ans plus tard, en 2003. La séquence est totalement surréaliste et
rappelle le style d'After you've gone
de
La Boite à Musique. Le personnage
principal est terriblement attachant tandis que le décor mêle une nature
bucolique à l'univers musical : les pétales épousant la forme de touches de
piano et les papillons, les notes de musique. Petite merveille, ce cartoon
confirme, s'il en était besoin, le talent des studios Disney et leurs capacités
à sortir des sentiers battus.

Trees (A la gloire d'un arbre), véritable ode à la poésie, à la
chanson et la nature, est, par sa simplicité, véritablement époustouflant. Les
artistes ont, en effet, suivi un fil rouge somme toute réducteur - un arbre - pour
parvenir à d'étonnants tableaux et prouesses visuelles. Un tour de force qui en
met plein les yeux.
A la manière de Two for the Record, sorti un
an plus tôt, Contrasts in Rhythm est construit sous forme de diptyque
joignant deux courts-métrages d'une ancienne anthologie. Mais là où Two for the Record
choisissait deux extraits de même qualité et de même genre, Contrasts in
Rhythm, comme son nom l'indique, joue surtout le contraste. Le rythme et le
sujet des deux composants y sont, en effet, radicalement différents. Le premier
est abstrait et rythmé tandis que le second est, lui, contemplatif et lent.
L'association des deux peut ainsi apparaitre peu digeste. Si Bumble Boogie
est un petit bijou, Trees est, il est vrai, moins divertissant ; même
s'il est impossible d'être aujourd'hui catégorique sur la qualité intrinsèque de
l'ensemble, dans la mesure où Contrasts in Rhythm n'est plus visible sous
sa forme de cartoon autonome.