Picsou Banquier
L'écran titre
Titre original :
Scrooge McDuck and Money
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 23 mars 1967
Série :
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Hamilton Luske
Musique :
Mel Leven
Franklyn Marks
Durée :
15 minutes

Le synopsis

Riri, Fifi et Loulou consultent leur oncle Picsou pour savoir comment investir les 1,95 $ qu'ils possèdent...

La critique

rédigée par
★★

Picsou est assurément un personnage à part dans l'univers Disney. Il a, en effet, pour origine la bande dessinée et non le cinéma.

Le canard le plus riche - et le plus pingre - du monde est, il est vrai, né sous le coup de crayon de Carl Barks. Embauché par Walt Disney en personne, en 1935, en qualité de simple assistant au sein de son studio naissant, il se trouve tout d'abord impliqué dans la carrière de Donald, dans les années de guerre et d'après guerre, tant pour les scénarios des cartoons que pour la bande dessinée. Il travaille, ensuite, sur différents dessins animés en tant que scénariste. Il signe, dans ce cadre, et par exemple, le truculent The Vanishing Private. En 1942, il prend en charge la réalisation d'une bande dessinée, base d'un scénario envisagé un temps, pour un long-métrage mettant en vedette Donald, Donald Duck Finds Pirates Gold. Carl Barks ne quittera, dès lors, plus le neuvième art. Il va ainsi faire carrière dans le support B.D. et écrire, jusqu'à sa retraite en 1966, planches après planches, des histoires mémorables sur le célèbre canard et sa famille. Il imagine ainsi tout un univers autour du palmipède aussi colérique que malchanceux, dont l'incontournable oncle Balthazar Picsou qui apparaît pour la première fois dans Christmas on Bear Mountain en 1947. Suivront le cousin chanceux de Donald, Gontran Bonheur (1948), les voleurs et frères Rapetou (1951), l'inventeur Géo Trouvetou (1952), le machiavélique Gripsou (1956), la sorcière Miss Tick (1961). Ces personnages sont tellement inscrits dans l'inconscient collectif qu'ils inspirent sans mal de grands noms du cinéma, notamment Steven Spielberg, pour la scène de la boule de pierre dans Les aventuriers de l'arche perdue.

La carrière cinématographique de Picsou ne va, en revanche, jamais vraiment décoller. En 1955, au sommet de sa popularité, il se contente, en effet, d'une brève apparition dans le générique du Mickey Mouse Club. La même année pourtant, Ken Peterson, à la tête du département Scénario des Walt Disney Studios, décide de lui accorder un premier rôle dans un cartoon. Il demande pour cela logiquement à Carl Barks de lui fournir l'idée du court-métrage. Son synopsis comprendra ainsi neuf pages et racontera les péripéties d'un travailleur lambda (Donald) jouissant d'une vie facile et insouciante comparée à celle, morne et stressante, de son riche patron (Picsou). Contre toute attente, le projet est purement et simplement abandonné. Les studios se concentrent, en effet, à l'époque sur le media télévision et tarissent peu à peu la production des cartoons pour le cinéma. Une raison plus artistique explique également le renoncement au court-métrage : Picsou ne parvient pas, il est vrai, à se rendre sympathique tant son personnage riche comme crésus est pingre à l'excès !

Fort heureusement pour lui, Walt Disney, un peu avant sa mort, relance l'idée du cartoon. Ce sera, d'ailleurs là, sa seule véritable intervention sur le projet qui débarquera finalement sur les écrans quelques mois seulement après la mort du Maître.
D'une durée double de celle d'un court-métrage animé ordinaire, Picsou Banquier s'inscrit vite dans une démarche éducative. Assis sur une approche totalement capitaliste, il véhicule l'idée selon laquelle il est nécessaire pour le bien-être des hommes de faire circuler l'argent en apprenant à investir et réinvestir sans cesse.
Ward Kimball se charge de l'animation qui, si elle est tout à fait réussie, pêche sur la caractérisation des personnages et sur l'histoire. Le design s'éloigne, en effet, de trop des créations de Carl Barks, à la retraite depuis 1966. Picsou a ainsi le mauvais goût d'apparaitre en simili "Donald" grimé avec des favoris et une redingote adoptant, qui plus est, la posture professorale de Ludwig Von Drake. Le personnage n'est dès lors que l'ombre de lui-même. Pire, Bill Thompson, qui lui prête sa voix, "oublie" d'insister sur son accent écossais ! L'histoire enfin est indigeste tant elle est dépourvue de gags ou de petites touches destinées à rendre attachants les personnages. Plombé par une succession d'erreurs dans le parti-pris artistique, Picsou Banquier rate le coche ; après un bref passage au cinéma, le cartoon tombe dans l'oubli et reste aujourd'hui encore remisé à l'abri des regards...

Clairement décevant, Picsou Banquier conserve comme seul intérêt celui de retrouver Picsou animé par le talent de Ward Kimball. Maigre consolation pour un personnage d'une telle envergure...

Les personnages

L'équipe du film

1914 • 2002
Animateur
1901 • 1966
Producteur

L'édition vidéo

Le cartoon n'est édité, à l'heure actuelle, sur aucun support.