Le succès commercial et critique de Qui
Veut la Peau de Roger Rabbit donne l'idée aux studios Disney de poursuivre
l'aventure, sans la trahir. Et quoi de mieux pour cela que de revenir à la
production de cartoons, un domaine laissé en friche depuis 1965 et
Goofy’s Freeway Trouble. Après lui, en effet, seuls des moyens-métrages sont
sortis des chaines de productions disneyennes (Winnie
l'Ourson et l'Arbre à Miel, Le Petit Ane de Bethléem)
ainsi que des courts-métrages expérimentaux explorant différentes techniques
d'animation (Vincent,
Fun With Mr. Future). En revanche, aucun cartoon (c'est-à-dire un dessin
animé de 7 minutes) n'a plus vu le jour.

Dans l'optique faire vivre le personnage de Roger Rabbit au-delà de son film,
en permettant au public de se l'approprier pour mieux l'insérer ensuite dans les
parcs à thèmes et développer autour de lui un merchandising juteux, Disney met
donc en production, tout juste après la sortie de Qui Veut la Peau de Roger Rabbit,
un court-métrage. Son thème s'inscrit logiquement dans l'ambiance et le
dynamisme du cartoon d'ouverture de l'opus, Somethin's Cookin', présenté
sous le label imaginaire Studios Maroon.

Bobo Bidon est ainsi commandé aux Walt Disney Animation Studios
de Burbank en Californie. Il est réalisé par Rob Minkoff et produit par les
créateurs d'Amblin Entertainment (Steven Spielberg, Kathleen Kennedy et Frank
Marshall) associés à l'artiste des studios Disney, Don Hahn. Le cartoon sort le
23 juin 1989, sous le label Walt Disney, en première partie de
Chérie, J'ai Rétréci les Gosses dont il
profite du beau succès. Les spectateurs le découvrent, il est vrai, en nombre et
tombent sous le charme ; les plus attentifs d'entre eux s'enflammant même en
remarquant la participation de personnages animés emblématiques comme Mickey
Mouse, Donald Duck, les Trois Petits Loups, le
Mad Doctor, et même Droopy,
le chien de la MGM...

Si Bobo Bidon lorgne du côté de la folie de Qui Veut la Peau de Roger Rabbit
et de son introduction, Somethin's Cookin', il reste néanmoins un cran au
dessous. Très vite, l'élément qui fait le succès du long-métrage lui manque, il
est vrai, cruellement car, plus que les gaffes cinématographiques, c'est bien
l'interaction des toons et des humains qui fait toute la différence. Le cartoon
reste toutefois fort sympathique, offrant aux personnages de Baby Herman,
Jessica et Roger quelques scènes truculentes, notamment au sein de l'hôpital.
Bobo Bidon souffre à l'évidence de sa comparaison frontale avec son
film de référence : aussi convient-il, donc, pour vraiment l'apprécier, de
l'envisager indépendamment. Ses atouts font alors le reste...