Ghost Rider
L'Esprit de Vengeance

Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance
L'affiche du film
Titre original :
Ghost Rider: Spirit of Vengeance
Production :
Marvel
Columbia Pictures
Date de sortie USA :
Le 17 février 2012
Genre :
Fantastique
3-D
Réalisation :
Mark Neveldine
Brian Taylor
Durée :
105 minutes

Le synopsis

Roarke, un homme maléfique doté de grands pouvoirs, cherche à s’emparer de Danny, un jeune garçon porteur d’une prophétie. Johnny Blaze accepte alors de s’interposer dans l’espoir d’obtenir en retour, la récompense suprême de se voir libéré de l’emprise du Ghost Rider...

La critique

rédigée par

Produit et distribué par Columbia Pictures, avec la participation de Marvel Studios, une filiale appartenant à 100% à la Walt Disney Company, Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance est le second film à sortir sous Marvel Knights après The Punisher - Zone de Guerre en 2008. Suite de Ghost Rider, résident permanent au Panthéon des navets cinématographiques, il se paye le luxe de faire pire que son prédécesseur. Difficile à croire et pourtant, stricte vérité !
Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance
est assurément le plus mauvais film de supers-héros Marvel jamais réalisé. Mal filmé et mal joué, il fait aussi preuve d'un mauvais gout malsain quand il n’affiche pas une bêtise sans nom, allant jusqu’à contredire le premier opus ou le comics. Stratagème juridique destiné à permettre à Columbia Pictures de conserver ses droits contre Marvel Studios (il se veut une sorte de reboot de la franchise comme The Amazing Spider-Man l’est pour Spider-Man toujours chez Columbia Pictures), ce nanar signera à probablement et paradoxalement la mort clinique du Ghost-Rider au cinéma : qui osera encore miser un kopek sur le « motard fantôme » après cela ? Peut-être un producteur mais surement pas un spectateur !

Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance revient donc rapidement en introduction sur le premier film afin d'expliquer aux spectateurs qui est le Ghost Rider. Comme dans L'Incroyable Hulk qui fait un résumé d'Hulk dans son générique, les premières séquences réexpliquent les raisons de la transformation de Johnny Blaze en motard fantôme. Sauf que… La génèse du pacte est bâclée, le diable a changé d'apparence et de nom et l'amour de Roxanne est passé sous silence ; le tout servi par des séquences d'animation voulues "cools", mais parfaitement risibles. La plus idiote est ainsi assurément la scène où le Ghost Rider s’adresse au spectateur en lui expliquant que le téléchargement illégal fait de lui un pécheur et qu'il devra donc lui rendre des comptes. Les scénaristes de Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance n’étant pas parvenus à conserver dans leur récit le personnage de Roxanne, ils décident de contourner l’obstacle en expédiant le héros en Europe de l'Est, histoire – comme c’est pratique – de lui permettre de fuir ses démons… A croire que la destination est connue pour être expiatoire ?! En réalité, il y a derrière tout cela, une justification économique peu glorieuse : filmer en Roumanie revient, en effet, une bouchée de pain à l’échelle d’un budget hollywoodien. Columbia Pictures aurait voulu montrer le peu d’ambition qu’elle plaçait pour le film, qu’elle ne s’y serait pas prise autrement !

Si le premier opus de la franchise était relativement proche du comics (ou du moins, ne le nie pas trop), Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance fait, lui, bien peu de cas de la mythologie développée dans les aventures sur papier du héros de Marvel. Mis à part le Ghost Rider en lui même, il ne demeure, il est vrai, dans le film, plus grand chose du background du personnage. Son enfance étant vite réglée, il n’a ainsi plus grand rapport avec la bande-dessinée. La désillusion est d’ailleurs terrible tant le sous-titre laisse à penser que le film va justement revenir sur un élément clé du comics alors qu’il n’en est rien ! Il reste juste un vague rappel à un fait récemment développé dans la bande dessinée : celui de l'origine du démon qui transforme Johnny Blaze en Ghost Rider.

Dans le comics, Méphisto insuffle, en effet, l'esprit du démon Zarathos dans le corps de Johnny. Chaque nuit, transformé en squelette enflammé, chevauchant une moto aux roues de feu et armé d'une chaine mystique, il lutte donc contre la violence urbaine sous l'identité du Ghost Rider. Il tire en réalité cette volonté de faire le bien du passé même de Zarathos : un ange déchu qui, après avoir succombé au mal, conserve en lui une part de bonté…
Mais voilà, le film s’égare et parvient difficilement à capitaliser sur cette idée. Il s'en suit une séquence de mysticisme avec des moines perdus dans la montagne encore plus violents que les êtres qu'ils sont censés combattre ; idée aussi saugrenue que mal venue ! Et que penser de l’énorme contradiction avec le comics quand le Ghost Rider parvient à sortir en plein jour à la fin du film dont le timing est tout simplement imbécile. Pourquoi avoir placé le point culminant de la cérémonie maléfique au lever du jour et non le faire coïncider à la tombée de la nuit ? Il n’est pourtant pas compliqué de prendre en considération l’incapacité du super-héros d’exister en journée ? Se rendre coupable d’une hérésie pareille a vraiment de quoi faire s’interroger sur la qualité de scénaristes des auteurs de l’aventure !

Et la catastrophe ne s'arrête pas là. Non seulement, le récit regorge d’approximations et d’erreurs quand il n’est pas simplement insipide, mais il est en plus d'un mauvais gout absolu. Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance en fournit d’ailleurs la preuve ultime avec une séquence destinée à expliquer comment, quand le Ghost Rider urine, il dispose d’un lance-flamme personnel. C'est consternant !
La réalisation, quant à elle, est du même acabit. Voulant absolument offrir au long-métrage un style différenciant, elle donne à tout-va dans les mouvements de caméras saccadés, tout azimut, et sert une photographie faussement pâlotte. Le rendu est grotesque à l’exemple de la transformation de Johnny en Rider, avec gros plans à la clé sur le visage d’un Nicolas Cage qui sur-joue un trop-plein de grimaces ridicules.

Du premier casting, seul Nicolas Cage a, donc, re-signé : il tient bien sûr toujours le rôle de John Blaze. Malheureusement, il est encore moins attachant que dans l'opus précédent, une belle gageüre en soi. Mais qu’est-il venu faire dans cette galère ? Cet acteur a décidément le don d’alterner les bons et les mauvais rôles dans sa carrière, y compris chez Disney où sa liste de films est assez conséquente. En plus de son rôle dans Ghost Rider en 2007 chez Marvel Studios, il a, il est vrai, joué dans Fire Birds (1990), Les Ailes de l'Enfer (1997), Volte / Face (1997), Snake Eyes (1998), À Tombeau Ouvert (1999) et 60 Secondes Chrono (2000) chez Touchstone Pictures, Rock (1996) chez Hollywood Pictures, Benjamin Gates et le Trésor des Templiers (2004), Benjamin Gates et le Livre des Secrets (2007) et L'Apprenti Sorcier (2010) chez Walt Disney Pictures, un label chez lequel il a également prêté sa voix pour Mission G (2009)...
Si Nicolas Cage réalise ici une piètre performance, que penser du reste du casting ? Il est permis de se demander si le film n’est pas majoritairement monté avec ses rushs tant le jeu des acteurs est mauvais. Peut-être le réalisateur a-t-il constamment retenu la mauvaise prise ? Quoiqu’il en soit, Ciarán Hinds -qui joue le diable- est catastrophique tant sa prestation est risible et se situe à des années lumières de celle de Peter Fonda. D'ailleurs, pour éviter la comparaison, les auteurs ont décidé de changer le nom du personnage - de Méphistophélès à Roarke – par le biais d’une pirouette scénaristique aussi inspirée que le coup du lance-flamme précédemment dénoncé...
Son acolyte maléfique est le dealer Ray Carrigan interprété par un Johnny Whitworth, tout juste convaincant en humain mais pathétique en zombie, plombant de la sorte l’un des rares éléments rescapés du comics originel.
Enfin, Fergus Riordan et Violante Placido, jouant respectivement Danny et sa mère, ont visiblement de belles années de cours de comédies à prendre avant d’envisager de postuler pour des spots de télé-achat américain tandis que la seule évocation de la participation de Christophe Lambert a de quoi effrayer le plus téméraire des spectateurs. Ne trahissant pas sa réputation, l’acteur français est égal à lui-même c’est-à-dire mauvais !

Que reste-t-il à Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance ? Pas grande chose sauf à lui accorder ses effets spéciaux dans l'apparence du héros, mieux réussies et moins risibles que dans le premier... Et c’est tout ! SND, qui s'occupe de la distribution française, a d’ailleurs pris conscience de la gravité de la situation puisqu’elle a pris soin d’éviter de montrer le long-métrage à la presse, avant sa sortie.

Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance est assurément le plus mauvais film de super-héros Marvel jamais produit. Inutile de chercher à le voir pour s’en convaincre, c’est lui faire bien trop d’honneur…

L'édition vidéo

Jaquette Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance
Jaquette Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance
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