Robots
L'affiche du film
Titre original :
Robots
Production :
Blue Sky Studios
Date de sortie USA :
Le 11 mars 2005
Genre :
Animation 3D
IMAX
Réalisation :
Chris Wedge
Carlos Saldanha
Musique :
John Powell
Durée :
91 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Dans un monde peuplé de robots, Rodney Copperbottom part à Robotville afin d'y réaliser son rêve : travailler en tant qu'inventeur au côté de son héros Bigweld...

La critique

rédigée par
Publiée le 16 novembre 2019

Il est évidemment difficile pour un studio de faire mieux après un immense premier succès mondial. Avec le triomphe de L'Âge de GlaceBlue Sky a, en effet, signé une entrée fracassante dans l'univers du cinéma d'animation, et notamment 3D. Poursuivant son ouvrage, il enchaîne alors avec Robots ; une nouvelle occasion pour lui de montrer au public son aisance dans le domaine du numérique tout en proposant un nouvel univers attrayant.

Robots est de nouveau dirigé par Chris Wedge et Carlos Saldahna. Nés respectivement le 20 mars 1957 et le 24 janvier 1965, les deux animateurs se sont rencontrés à la School of Visual Arts de Manhattan avant de fonder ensemble les studios Blue Sky. Wedge produira ainsi la majorité des films du label et les talents de directeur de Saldahna seront salués dans des opus comme L'Âge de Glace 2, L'Âge de Glace 3 : Le Temps des Dinosaures, Ferdinand ou encore la saga Rio. Sur Robots, les deux fondateurs travaillent toutefois de conserve avec l'écrivain et illustrateur William Joyce. Né le 11 décembre 1957, il a écrit et illustré de nombreux livres pour enfants qui ont pour la plupart donné lieu à une adaptation à la télévision ou au cinéma. Le public le connaît d'ailleurs pour avoir créé la série Rollie Pollie Ollie, ou encore signé les livres The Leaf Men and the Brave Good Bugs et A Day with Wilbur Robinson adaptés à l'écran sous les noms de Epic : La Bataille du Royaume Secret et Bienvenue Chez les Robinson. À l'origine donc, Chris Wedge et William Joyce tentent d'adapter le livre Santa Calls, l'histoire de trois enfants qui vont aider le Père Noël à sauver Noël en défaisant une armée d'elfes maléfiques. Mais après quelques essais, 20th Century Fox refuse le projet. Les producteurs se voient alors contraints d'écrire une nouvelle histoire et choisissent de la développer dans un monde entièrement peuplé de robots.

Le personnage de Rodney Copperbottom est dans ce nouveau contexte un robot qui espère depuis tout petit devenir inventeur. Inspiré par son idole Bigweld, le plus grand robot du monde, il décide alors de se rendre à Robotville afin de le rencontrer et de concrétiser son rêve. Arrivé en ville, il se rend toutefois bien vite compte que les choses ont changé : les habitants deviennent de plus en plus obsolètes et plutôt que de les réparer et de les laisser tels qu'ils sont, la société de Bigweld leur impose une mise à jour coûteuse. La ténacité de Rodney, épaulé par de nouveaux amis, ne sera pas de trop pour arranger la situation. Le scénario est donc à l'évidence très basique. Les péripéties du héros sont en effet loin d'être étonnantes pour le spectateur qui est déjà habitué à ce genre de trames narratives : un personnage bienveillant se bat pour poursuivre son rêve en suivant les traces de son héros. Rien de bien neuf sous le soleil, certes. Mais le tout reste bien exécuté. Le long-métrage adopte, il est vrai, un bon rythme, alternant passages émouvants et posés avec des scènes plus dynamiques et originales. Se retrouve d'ailleurs dans Robots une problématique cohérente avec la nature même des personnages : l'obsolescence programmée au profit de la cupidité des antagonistes ou de leurs idéologies eugéniques. Le tout tient alors la route sans que le récit ne tombe dans des explications pompeuses qui pourraient éloigner les spectateurs, même si cela se fait au prix d'une simplification à outrance des enjeux des personnages.

S'il est une chose remarquable dans Robots, c'est bel et bien l'animation ! Les décors et les personnages brillent il est vrai par leur inventivité et ingéniosité. La scène de l'arrivée de Rodney à Robotville est à ce titre exceptionnelle tant elle est sensationnelle, drôle et créative. Il en est de même des courses-poursuites qui démontrent l'aisance des studios Blue Sky à animer la rapidité. Le character design est aussi à souligner. Les personnages ne sont ainsi pas tous humanoïdes comme ils le seraient dans la plupart des films de robots. Leur formes et leurs caractéristiques sont en effet variées, les principaux sortant du lot grace à des couleurs vives ; les secondaires, voire tertiaires, étant quant à eux, tout aussi honorables.

Rodney Copperbottom est donc le personnage principal typique, rêveur, déterminé et courageux. Il demeure ainsi valeureux dans sa noble quête et constant dans l'amour qu'il porte à son père, ce qui le rend tout à fait attachant. Wonderbot est, pour sa part, le sidekick comique du film, à l'instar de Scrat dans la saga L'Âge de Glace. Bien que ces deux personnages quasi-muets soient doublés par le producteur Chris Wedge en personne, Wonderbot affiche une présence à l'image bien plus importante que l'écureuil préhistorique. Là où Scrat est constamment la cause des problèmes des personnages, ici le robot apporte son aide à Rodney, son créateur, ce qui le rend particulièrement sympathique.

Si Wonderbot singe Scrat, Robots propose un autre personnage qui présente les mêmes similitudes que Sid le paresseux venu lui aussi de L'Âge de Glace. Fender est, il est vrai, clairement créé pour faire rire le spectateur, ses répliques étant du même acabit que celles de son illustré aîné, livrant un humour imprévisible. Si son excentricité fera assurément rire les plus jeunes, les plus vieux, moins enclin à apprécier ses facéties, ne pourront toutefois pas s'empêcher de sourire face à ses références à Chantons Sous la Pluie ou Britney Spears. Côté méchant, Ratchet est un antagoniste honorable. Ses motivations semblent certes au début très simples - la richesse et le pouvoir - mais très vite, une autre justification à ses méfaits se met en place : plaire à sa mère encore plus diabolique que lui ! Cette nouvelle motivation les rend d'ailleurs tous deux ridicules à souhait lorsqu'ils interagissent, Mme Gasket étant la véritable ordonnatrice de l'histoire. Son design n'est certes pas très impressionnant, mais le spectateur comprend très vite qu'il ne faut pas la sous-estimer tellement ses intentions sont mauvaises.

En plus du character design, Robots brille par sa voxographie. La version originale propose des voix de grande qualité, notamment en donnant à Fender, celle iconique de Robin Williams (Aladdin, Flubber, Madame Doubtfire, La Nuit au Musée) ou encore en attribuant à Rodney le talent d'un Ewan McGregor (Obi-Wan Kenobi dans Star Wars, Lumière dans La Belle et la Bête, Jean-Christophe dans Jean-Christophe & Winnie) décidément très en forme.
La version française, quant à elle, ne s'en laisse pas conter même si elle joue en terrain connu. Rodney y est ainsi interprété convenablement par Vincent Cassel, qui doublait déjà Diego dans la saga L'Âge de Glace tandis qu'Elie Semoun, la voix de Sid le paresseux, supporte à merveille l'excentricité de Fender. Monica Belucci se débrouille, pour sa part, comme elle peut avec Cappy ; son accent donnant certes du charme au personnage mais son interprétation globale restant très maladroite. La présence de deux légendes de la voxographie française est, également, à souligner. Jean Rochefort (Les Aventures de Winnie l'Ourson) double ici à merveille l'imposant Bigweld ; sa voix chevrotante et chantante collant parfaitement au robot rondouillard. Roger Carel, autre grand Monsieur du doublage, est remarquable dans le rôle de Mme Gasket, la terrible mère de Ratchet. L'acteur donne littéralement vie au personnage en lui conférant une voix éraillée, correctement modulée avec toute la justesse nécessaire.

La bande-originale est, quant à elle, signée de John Powell. Né le 18 septembre 1963 à Londres, le compositeur étudie au Trinity College of Music dès 1986. Après son arrivée aux États-Unis, il travaille sur bon nombre de films d'animation des studios Dreamworks, notamment Fourmiz, Shrek ou encore Dragons. Il compose également pour des longs-métrages du studio Blue Sky, comme les deuxième, troisième et quatrième volets de la saga L'Âge de Glace ainsi que les deux volets de la saga Rio. La musique de Robots se rend juste acceptable dans son ensemble. Elle est assez travaillée pour porter le film dans ses moments drôles, d'action ou ses petits instants d'émotions mais ne comporte aucune mélodie notable. Particularité française, l'opus dispose d'une chanson inédite pour l'occasion : Mon Paradis interprété par Jonatan Cerrada.

Avec un budget de 75 millions de dollars, Robots rapporte au final 260,7 millions de dollars au box-office mondial. S'il n'est clairement pas le film le plus rentable du studio - les plus profitables étant les sagas L'Âge de Glace et Rio - il signe un score honorable se payant l'audace d'atteindre dès sa première semaine la première place au box-office en engrangeant 36 millions de dollars. La grande première du film se déroule le 6 mars 2005 à Westwood à Los Angeles avant qu'il ne sorte dans les salles obscures le 11 mars 2005 aux États-Unis puis le 6 avril 2005 en France. En édition vidéo, il se voit en outre accompagné d'un court-métrage inédit de cinq minutes intitulé Visite avec la Tante Fanny.

Malgré quelques beaux poncifs et grosses facilités, Robots demeure un très bon divertissement. Son animation est de qualité, son humour décapant et ses scènes d'action étonnantes au point de voir le film briller au sein du catalogue du studio Blue Sky . Robots fait pourtant partie de ces oeuvres sous-estimées qui méritent un peu plus de reconnaissance.

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