Jazz
La jaquette
Éditeur :
Hollywood Records
Date de sortie USA :
Le 18 juin 1991 (US / Hollywood Records)
Le 10 novembre 1978 (UK / EMI / Elektra)
Genre :
Rock
Artiste(s) :
Queen
Durée :
44 minutes

Liste des morceaux

01. Mustapha - 3:03
(Freddie Mercury)
02. Fat Bottomed Girls - 4:14
(Brian May)
03. Jealousy - 3:14
(Freddie Mercury)
04. Bicycle Race - 3:04
(Freddie Mercury)
05. If You Can’t Beat Them - 4:15
(John Deacon)
06. Let Me Entertain You - 3:01
(Freddie Mercury)
07. Dead on Time - 3:23
(Brian May)
08. In Only Seven Days - 2:30
(John Deacon)
09. Dreamer’s Ball - 3:30
(Brian May)
10. Fun It - 3:29
(Roger Taylor)
11. Leaving Home Ain’t Easy - 3:15
(Brian May)
12. Don’t Stop Me Now - 3:29
(Freddie Mercury)
13. More of That Jazz - 4:12
(Roger Taylor)

La critique

rédigée par
Publiée le 06 novembre 2020
Les chansons

Toutes les chansons ont été produites par Queen & Roy Thomas Baker
01. Mustapha
L’album s’ouvre sur la chanson Mustapha dont les paroles, mélange de langues anglaise, arabe et d'un sabir aux accents perses (une référence aux origines de Mercury), ne contiennent que six mots, pas un de plus, incluant le prénom Mustapha qui revient tel un mantra. Une chanson à la construction intéressante qui introduit l'originalité de l’album en beauté.

02. Fat Bottomed Girls
Un morceau devenu emblématique de la discographie du groupe. Écrit par Brian May qui dit avoir été inspiré par l'affection que portait Freddie Mercury aux fessiers charnus féminins comme masculins. La chanson est formée d’un air de folk supporté par lignes de guitare aux sonorités métalliques et, fait original, commence directement par le refrain. Un titre qui frôle la perfection et montre toute l’étendue du talent de Queen.

03. Jealousy
La partition de guitare de Brian May donne à ce morceau une résonance acoustique singulière. La voix de Mercury aux nuances suaves omniprésentes s'harmonise parfaitement avec le piano, rappelant à l'audience dans des notes douceâtres que l'envie est un péché mortel.

04. Bicycle Race
Une chanson très pop et entraînante, mêlant références religieuses, multiethniques, ou issues de la pop culture (Freddie y avoue ne pas aimer Star Wars !) allant même jusqu’à réaliser une mise en abîme de leur titre Fat Bottomed Girls. Une composition à plusieurs lectures survitaminée.

05. If You Can’t Beat Them
Sur des paroles de John Deacon, cette chanson emporte l'auditoire dans une expérience hard rock, calquant ses transitions vocales sur celles des guitares. Encore une fois, Mercury démontre sa maîtrise du chant, jouant avec sa tessiture et sa colorature comme personne. À noter qu'ici Roger Taylor offre l'une des meilleures prestations de batterie de l’album.

06. Let Me Entertain You
Avec ce morceau, Freddie Mercury s'adresse directement à ses fans, notamment avec la phrase "We’ll see you in Japan" où il fait référence à la chanson Teo Torriatte de l’album A Day at the Races. Il parle également de leur manager de tournée Gerry Stickwells ainsi que de leur label de l’époque EMI/Elektra. Le riff de guitare fut ensuite réutilsé bien plus tard dans l’album Innuedo sur la chanson The Hitman.

07. Dead on Time
La chanson la plus agressive de l’album, avec ses guitares appuyées et sa batterie martelée. Elle serait parfaite pour être jouée en concert (même si le morceau ne le fut jamais). Une référence à la chanson Keep Yourself Alive de leur premier album y est faite en reprenant une partie de ses paroles.

08. In Only Seven Days
Après la chanson dynamique qu’est Dead on Time, In Only Seven Days ralentit le rythme sans être pour autant une ballade. Écrite par John Deacon, elle reste agréable mais pas mémorable.

09. Dreamer’s Ball
Voulue comme un hommage à Elvis Presley, mort un an avant la sortie de l’album, la chanson emprunte des sons de pur rock’n roll typique des fifties. Une belle réussite qui aurait charmé l’éternel King.

10. Fun It
Passant du rock à une pop-disco plus contemporaine, Roger Taylor chante sur des sonorités funk typiques des années 70, une chanson désuète aujourd'hui et qui ne sonne bien que dans le contexte de l'époque de sa création.

11. Leaving Home Ain’t Easy
Sous des airs de ballade pop, la chanson au son plus acoustique est agréable à l'oreille. Écrite par Brian May, qui démontre là encore sa virtuosité, passant d'une écriture des plus rock à une plus mélodique et apaisée.

12. Don’t Stop Me Now
Comment ne pas penser à la magie musicale de Queen tant la chanson Don’t Stop Me Now est devenue aujourd’hui l'une des signatures du groupe. Introduite par un piano-voix de Mercury, se poursuivant avec les envolées progressives de la basse de John Deacon et de la guitare de Brian May, puis rattrapée par les percussions endiablées de Roger Taylor, la chanson accélère son tempo au fur et à mesure que le morceau progresse. Encore aujourd’hui le titre, notamment comparé à Fun It, n’a pas pris une ride et fait toujours les belles heures des nightclubs autour de la planète. Son rythme si particulier, proche du rythme cardiaque d'une course de fond, en a fait d'après des études scientifiques sérieuses publiées dans Nature et Sciences, LE morceau le plus feel-good de l'histoire de la musique profane moderne.

13. More of That Jazz
L’album se termine sur une chanson plus obscure, basée sur un loop et interprétée par Roger Taylor. Particularité, elle se referme en faisant un mix de plusieurs morceaux proposés dans l’album comme si l’auditeur revenait sur les meilleures moments de Jazz en allant de Dead on Time à Mustapha.

L'album

Jazz, septième album studio du groupe anglais Queen, sort le 10 novembre 1978 distribué par EMI en Angleterre et Hollywood Records aux États-Unis. Produit par Rob Thomas Baker et les membres du groupe, il s’agit d’un album assez controversé à l’époque. Ses influences pop ne firent en effet pas l'unanimité au sein même de Queen. Pourtant, les différents styles de l’album ont été reçus avec succès par le public comme par la critique. Avant-gardiste, la couverture très graphique est, pour sa part, née d'une idée de Roger Taylor lui-même inspiré par un dessin similaire vu sur le mur de Berlin. Lors de sa sortie, Jazz arrive à la deuxième place des charts anglais et à la sixième du Billboard 200 aux États-Unis.

Il y a certainement beaucoup d’histoires autour de l’album Jazz de Queen, considéré jusqu'à "fasciste" par Dave Marsh, journaliste pour Rolling Stone. Comme lui, plusieurs personnes n’ont en effet pas compris le style et la direction prise par cet album empreint d’humour. Se voyant aussi qualifié de "campy" (signifiant ici extravagant), il peut être trop différent de leur disque sorti un an auparavant et somme toute plus classique, News of the World. Avec lui, le groupe essaye de recréer la recette qui assura le succès d'A Night at the Opera, sans pourtant faire de la pure copie. Queen parvient en fait une fois de plus à montrer une évolution tant dans ses compositions originales que dans ses orchestrations subtiles, tout en retrouvant ses racines en associant le producteur de leurs quatre premiers albums, Roy Thomas Baker.

Jazz est donc peut-être l'album le plus varié du groupe, passant du hard rock à la ballade pop tout en traversant le disco et la pop pur jus. Pourtant et étonnamment, malgré une volonté novatrice affichée, il comporte aussi de nombreux retours aux sources. Si parfois il donne l'impression de contenir plusieurs chansons de remplissage, les singles choisis pour le promouvoir comme Fat Bottomed Girls et Don’t Stop Me Now restent des pierres angulaires dans le panthéon musical de Queen et correspondent aux attentes de leur public, Ainsi, même si une partie des treize titres peut être facilement mise de côté, voir oubliée, qui s’en soucie vraiment quand y figure Don’t Stop Ne Now ? ; ce seul morceau rendant quasiment l'album inoubliable !

Trois autres singles seront choisis pour la promotion de Jazz après Fat Bottomed Girls. Le deuxième, Don’t Stop Me Now, connaît alors un succès jamais démenti depuis, se retrouvant souvent dans plusieurs films (notamment Shaun of the Dead en 2014), séries et publicités. Bicycle Race sort lui en octobre 1978 en support publicitaire d'une course cycliste féminine en tenue d'Ève au Stade Wimbledon de Londres. Une affiche se retrouve d'ailleurs dans la pochette du vinyle de Jazz, même si, pour éviter le scandale, un short rouge se voit ajouté sur ces dames pour l’édition CD (la version américaine ayant elle carrément censuré la photo jugée trop osée et subversive). Mustapha sortira quant à lui seulement en Allemagne, Yougoslavie, Espagne et Bolivie en 1979 tandis que Jealousy est proposé en single aux États-Unis, Canada, Brésil, Nouvelle-Zélande et en URSS : le titre ne décrochera aucune place dans les TOP 50 de l’époque, bien qu'il fut choisi pour promouvoir les Jeux olympiques de Moscou en 1980, boycottés il faut le dire par nombre de nations occidentales dont les États-Unis.

Dans l’ensemble, Jazz est un album solide pour les fans du groupe et ce bien que les opinions divergent à son écoute. Comme le courant musical dont il emprunte le nom, il est en réalité riche d'influences multiples, que ce soit dans les thèmes abordés, dans l'humour de ses paroles ou l'innovation de ses orchestrations et harmonies vocales.
Jazz n'est pas seulement un album aux titres emblématiques de Queen, il est une expérience à part entière.

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