Ghost Rider

Ghost Rider
L'affiche du film
Titre original :
Ghost Rider
Production :
Marvel
Columbia Pictures
Date de sortie USA :
Le 16 février 2007
Genre :
Fantastique
Réalisation :
Mark Steven Johnson
Musique :
Christopher Young
Durée :
114 minutes

Le synopsis

Pour sauver son père victime d'un accident, le cascadeur Johnny Blaze a vendu son âme au diable. Mais ce marché a un prix qu'il ne tarde pas à découvrir : humain la journée, il devient le Ghost Rider la nuit, un chasseur de primes traquant les âmes échappées de l'enfer...

La critique

rédigée par

Produit et distribué par Columbia Pictures, avec la participation de Marvel Studios, une filiale appartenant à 100% à la Walt Disney Company, Ghost Rider est la première adaptation du personnage marvelien de Ghost Rider au cinéma. Preuve que tous les comics ne sont adaptables à l’écran, ou tout du moins qu'il faut un minimum de talent pour réussir l'entreprise, le film manque de profondeur et ne parvient jamais à restituer toute la mythologie patiemment construite dans la bande dessinée. Il accumule, en effet, les raccourcis faciles et les effets spéciaux ratés, frisant le plus souvent le ridicule...

Ghost Rider (John Blaze) est un personnage de comics créé par Roy Thomas, Gary Friedrich et Mike Ploog en 1972 et publié par Marvel Comics. Il fait sa première apparition sous sa forme définitive dans Marvel Spotlight #5.
John Blaze est ainsi le fils de Barton Blaze et Naomi Kale, des parents cascadeurs auprès desquels il vit au sein du Cirque Quentin en compagnie de Craig « Crash » Simpson et sa femme Mona, des amis de la famille. Un jour pourtant, sa mère quitte mystérieusement le domicile familial en abandonnant son mari Barton et son ainé John. Elle emmène, en effet, avec elle, ses jeunes frères et sœurs, Barbara et Daniel. Si cette décision est, en réalité, un déchirement pour Naomi, elle la croit rendue nécessaire par la malédiction de sa famille qui, remontant au 18ème siècle, transforme implacablement le premier né de la génération en Ghost Rider. Elle redoute de la sorte que son propre fils aîné vienne à souffrir des mêmes maux et décide donc de l’abandonner pour ne pas connaitre sa déchéance. Elle confie également ses deux autres enfants à une femme répondant au nom de Frances Ketch, qui les adopte tout de go. Très vite, la douleur et la tristesse ressenties par John à la suite de son abandon maternelle provoquent chez lui une forme d’amnésie sélective qui efface, peu à peu, toute trace de sa mère, de sa sœur et de son frère. Il n’est pourtant pas au bout de ses peines. Son père meurt, en effet, bientôt au cours d’une cascade. L’adolescent est alors pris en charge par Crash Simpson et sa femme Mona qui l’aident ainsi à se fabriquer un nouveau passé, visant à gommer les souvenirs douloureux de son enfance. John finit par se convaincre que sa vraie mère, qu’il baptise « Clara Blaze », est, elle aussi, morte et devient, enfin, un membre heureux du clan Simpson. Il se rapproche ainsi de leur fille, Roxanne ; tous deux, bien vite inséparables, grandissent et voient leurs sentiments confraternels se muer peu à peu en amour...
Mais le destin a décidé de ne pas laisser tranquille John. Il vit un nouveau traumatisme avec la mort de sa mère adoptive dans un accident où est impliquée sa propre moto. Il fait alors croire à Crash qu'il ne remontera plus jamais sur un deux-roues, mais continue pourtant à s'entrainer en secret. Quelques temps plus tard, il révèle la supercherie et, pardonné, décide de s'associer avec lui pour monter le numéro de cascades à moto « le plus spectaculaire au monde ». Mais, Crash Simpson déclare alors une grave maladie qui le contraint à rendre son tablier et stopper son activité. Désemparé, Johnny fait appel à Méphistophélès, qui n'est autre que le diable en personne. Il lui vend son âme en échange de la guérison de son père adoptif. Chose faite, Crash Simpson se remet à l’ouvrage et tente même un nouveau record. Le Diable lui réserve alors un tour pendable : l’homme perd la vie au cours du saut ! Le pacte diabolique n’est ainsi pas rompu puisque la cause du décès est accidentelle. Johnny s’insurge contre ce qu’il estime être une duperie mais essuie une fin de non-recevoir : il doit son âme au Mal ! C’est donc l’intervention de Roxanne (contre sa propre vie) qui lui permettra de se soustraire partiellement au paiement de sa dette. Partiellement parce que le Diable, qui ne s’avoue jamais vaincu, lui insuffle l'esprit de Zarathos. Depuis, Johnny partage son corps avec ce démon qui, la nuit, le transforme, sous l'identité de Ghost Rider, en squelette enflammé chevauchant une moto aux roues de feu, armé d'une chaine mystique pour lutter contre la violence urbaine...

Ghost Rider choisit de zapper toute la complexité du personnage : la malédiction de la mère et le père adoptif sont ainsi passés en perte et profit tandis que le cancer et la mort accidentelle frappent le vrai père de John Blaze. Son lien avec Roxanne est, par ricochet, bien moins fort puisqu’il ne sera jamais question de le voir recueilli un temps par sa famille. Pire, la belle ne s'opposera jamais à Méphisto s’inscrivant, dès lors, un peu plus dans un rôle de potiche. Pour autant, même si l'enfance du héros est simplifiée à outrance, elle sert à l’évidence correctement le début du film qui reste le passage le plus intéressant de tout l’opus. Car il faut bien reconnaitre, qu’ensuite, le récit flirte avec l'encéphalogramme plat. John Blaze en adulte trompe-la-mort est insipide à souhait et n'arrive jamais à toucher son auditoire. Pire, en Ghost Rider, il est en plus ridicule sans parler de l’hérésie qui le voit disposer d’un pouvoir supplémentaire par rapport à la bande dessinée : un « regard expiatoire » qui inflige à une victime tout le poids des péchés commis ! Cette démarche n’est pas condamnable en soi mais n’aurait-il pas fallu avant d’envisager de lui adjoindre des pouvoirs supplémentaires que le personnage soit déjà, à la base, respecté dans sa genèse ?! Autre incongruité du film : Johnny contrôle sa transformation en Ghost Rider, le faisant apparaître, plus ou moins, quand il le désire, alors que, dans la bande dessinée, il est clairement possédé par un démon qui contrôle son corps comme bon lui semble... Pourquoi cette facilité ?! Enfin, le fil rouge du contrat avec la recherche du millier d'âmes corrompues aurait pu être intéressant (d’autant qu'il entraine l’affrontement du Diable contre son fils, Blackheart) mais sa finalité reste trop fouillie pour en comprendre véritablement l'enjeu. Pourquoi le père, qui est le Diable, veut-il empêcher son fils de mettre le chaos sur Terre au point de lui opposer son homme de main, le Ghost Rider ? Et pourquoi, dans le combat final, Blackheart semble plus faible avec les cents âmes que sans : quel était donc l'intérêt de les rechercher ?!

Si l'histoire a de grandes faiblesses - et c'est un euphémisme - les effets spéciaux sont eux totalement ratés. Alors, certes, Ghost Rider ne sombre pas dans le grotesque avant la transformation... Mais l'apparence du héros, après, a de quoi laisser perplexe ! Cette tête de squelette qui flotte dans un océan de flammes au dessus du cou est assurément crédible en bande dessinée mais totalement pathétique en vrai, sans parler des chaines et des flammes au bout des doigts qui ne peuvent que faire s’esclaffer les spectateurs. La moto n'est, d’ailleurs, pas en reste avec une transformation censée être cool mais qui tourne aux Power Rangers. Enfin, que dire des trois acolytes de Blackheart qui viennent compléter un tableau déjà bien noir ; la palme du mauvais goût revenant à celui qui utilise l'élément « eau » ?...

Scénario abscond, personnages pathétiques, effets spéciaux risibles : les dialogues pouvaient, dans ces conditions, difficilement briller... Le vide intersidéral est logiquement atteint avec eux ; la plus « belle » joute verbale étant le combat avec le démon de l'élément du vent qui, fanfaronnant devant le Ghost Rider au prétexte qu’il est impossible d’attraper le vent, se rend compte - en le commentant ! - qu’un simple vortex aspirateur va n’en faire qu’une bouchée...

Côté casting, Ghost Rider peine à rendre ses personnages attachants, une fois l'enfance de John Blaze passée.
A ce sujet, Matt Long, le jeune acteur qui joue le héros, enfant, réalise un sans-faute en livrant la prestation la plus convaincante de tout l’opus. Difficile d’en dire autant de Nicolas Cage dans un rôle dont il ne comprend manifestement pas l’exigence, ni l’envergure. Rien d’étonnant à cela, le comédien ne cesse d’alterner les bons et les mauvais rôles tout au long de sa carrière, y compris chez Disney où sa liste de films est assez conséquente : Fire Birds (1990), Les Ailes de l'Enfer (1997), Volte / Face (1997), Snake Eyes (1998), À Tombeau Ouvert (1999) et 60 Secondes Chrono (2000) chez Touchstone Pictures, Rock (1996) chez Hollywood Pictures, Benjamin Gates et le Trésor des Templiers (2004), Benjamin Gates et le Livre des Secrets (2007) et L'Apprenti Sorcier (2010) chez Walt Disney Pictures. Il prête également sa voix dans Mission G (2009), toujours chez Walt Disney Pictures, et reprend son rôle de Ghost Rider chez Marvel Studios dans Ghost Rider 2 : L'Esprit de Vengeance (2012).
Roxanne est, elle, jouée par une Eva Mendes sans charme et totalement transparente quand elle n’est pas, en plus, insupportable. Chose notable, comme pour John Blaze, là aussi, le personnage adolescent (ici joué par Raquel Alessi) est bien mieux mené...
Mephistopheles est, pour sa part, interprété par Peter Fonda de façon plutôt convaincante (de sorte que le spectateur regrette de ne pas le voir suffisamment) tandis que son fils, Blackheart, n’a pas trop à rougir de la prestation de Wes Bentley.
Enfin, la participation de l’acteur Sam Elliott qui incarne Carter Slade doit être soulignée. Cet intervenant est, en effet, inspiré du personnage homonyme présent dans le lancement en comics de Ghost Rider en 1967, sous la plume de Roy Thomas et Gary Friedrich et le crayon de Dick Ayers. Cette version, qui n'a pas duré plus de sept numéros, narre ainsi les aventures d'un cowboy justicier vêtu d'un long manteau blanc. Pour éviter toute confusion avec le personnage incarné par Johnny Blaze lors du reboot de la série en 1972, il est renommé en anglais Night Rider puis Phantom Rider. En français, il prend logiquement l’appellation du (Le) Cavalier Fantôme. Hérésie supplémentaire dans le film, il est également nommé le Fossoyeur – alors même s’il s’agit de deux personnages distincts dans le comics initial. De plus, ses traits le font ressembler plus au Ghost Rider qu’au Cavalier Fantôme présent dans la B.D.

Passée son introduction qui fonctionne correctement, Ghost Rider a tout du navet ! Ce film rappelle une règle cinématographique simple : ce qui marche sur le papier, ne fonctionne pas automatiquement à l'écran. C’est d’autant plus vrai quand les responsables de l’adaptation en question se trompent, peu ou prou, dans toutes leurs décisions et utilisent des ressources, techniques et narratives, juste pathétiques...

L'édition vidéo

Jaquette Ghost Rider
Jaquette Ghost Rider
Editions DVD Video
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Zone 1 Collector 2007
Zone 2 Simple 2007
Zone 2 Collector 2007
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