Luke Cage
Saison 1

Luke Cage - Saison 1
L'affiche
Titre original :
Luke Cage - Season 1
Production :
Marvel
Date de sortie USA :
Le 30 septembre 2016
Genre :
Fantastique
Création :
Cheo Hodari Coker
Durée :
698 minutes

Liste et résumés des épisodes

1. Moment of Thruth
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 1
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Paul McGuigan
Durée : 54 minutes
Luke Cage enchaîne les petits boulots dans le but de vivre normalement à Harlem. Mais les agissements des criminels l'obligent à intervenir.
2. Code of the Streets
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 2
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Paul McGuigan
Durée : 59 minutes
Pop's cherche à aider un jeune en danger.
3. Who's Gonna Take the Weight
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 3
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Guillermo Navarro
Durée : 56 minutes
Luke décide de s'attaquer à Cottonmouth.
4. Step in the Arena
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 4
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Vincenzo Natali
Durée : 52 minutes
Le passé de Luke est dévoilé.
5. Just to Get a Rep
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 5
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Marc Jobst
Durée : 52 minutes
Stokes organise la contre-attaque.
6. Suckas Need Bodyguards
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 6
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Sam Miller
Durée : 53 minutes
Claire retourne à Harlem.
7. Manifest
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 7
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Andy Goddard
Durée : 52 minutes
Mariah Dillard est prête à tout pour garder le contrôle de son quartier.
8. Blowin' Up the Spot
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 8
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Magnus Martens
Durée : 48 minutes
Une nouvelle menace met à mal Luke Cage.
9. DWYCK
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 9
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Tom Shankland
Durée : 65 minutes
Misty doit faire face à un traumatisme.
10. Take it Personal
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 10
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Stephen Surjik
Durée : 48 minutes
Mariah doit assumer ses choix.
11. Now You're Mine
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 11
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : George Tillman Jr.
Durée : 51 minutes
Le Harlem's Paradise est victime d'une prise d'otages.
12. Soliloquy of Chaos
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 12
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Phil Abraham
Durée : 62 minutes
Les habitants d'Harlem prenent position.
13. You Know My Steez
Genre : Episode télé
Série : Luke Cage
Saison 1 Épisode 13
Date de Sortie USA : Le 30 septembre 2016
Réalisé par : Clark Johnson
Durée : 46 minutes
Luke livre un combat décisif pour Harlem.

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 15 octobre 2016

Luke Cage est une série produite par Marvel Television et ABC Studios, proposée dans son intégralité sur la plateforme Netflix à compter du 30 septembre 2016. Elle met en scène le personnage de comics Luke Cage et s'inscrit dans le Marvel Cinematic Universe. Si elle est moins marquante que ses consœurs Daredevil et Jessica Jones, elle offre, grâce son ambiance unique et ses personnages bien sentis, une vision respectueuse du héros à la peau indestructible.

Luke Cage apparaît le 1er juin 1972 dans le comics Hero for Hire d'Archie Goodwin et John Romita Sr qui marque l'histoire de Marvel, Luke Cage étant le tout premier super-héros afro-américain de la Maison des Idées.
Né Carl Lucas, il va dans un premier temps intégrer le gang des Bloods en compagnie de son meilleur ami, Willis Stryker. Ils formeront ensuite eux-mêmes un gang avec deux autres camarades : les Rivals. Le jeune Lucas a ainsi pour but de devenir le parrain du racket à New York ! Pourtant, au fur et à mesure des années, il se rend compte du tort qu'il cause à sa famille et décide donc de changer tout en conservant les liens d'amitiés avec Stryker. A l'opposé, la violence de Willis ne cesse, elle, d'augmenter ! Ainsi, quand sa petite amie Reva le quitte, Stryker, persuadé que Lucas est la cause de la rupture, provoque son arrestation en dissimulant de la drogue chez lui...
C'est donc en prison que Lucas obtient ses pouvoirs. Persécuté par un maton véreux, désireux de retrouver liberté et innocence, il accepte, en effet, de devenir le sujet d'une expérience. Mais le garde qui le tyrannise en cellule ne voit pas d'un bon œil cette opportunité et décide de saboter le processus. Il en résulte alors un résultat imprévu : Lucas voit sa peau devenir quasi-indestructible et sa force surhumaine. Profitant de ses nouveaux pouvoirs, il s'évade et se retrouve sur la route de criminels. Recevant une récompense pour les avoir mis hors d'état de nuire, il choisit néanmoins de faire passer Carl Lucas pour mort. Adoptant le nom de Luke Cage, il embrasse une carrière de héros mercenaire en facturant ses services afin de tirer profit de ses pouvoirs, tout en aidant ceux qui sont prêts à y mettre le prix.

Le personnage est ainsi un incontournable de l'écurie Marvel. Pourtant, ses apparitions dans d'autres médias sont très limitées. Il est ainsi possible de le voir dans un épisode de la saison 2 de Super Hero Squad et dans Avengers : L'Équipe des Super Héros. En 2012, il est mis à l'honneur dans Ultimate Spider-Man. Il intervient également dans le motion comic Spider-Woman: Agent of S.W.O.R.D. et Wolverine Weapon X : Tomorrow Dies Today mais aussi dans les jeux vidéo Marvel : Ultimate AllianceMarvel Ultimate Alliance 2 : FusionSpider-Man : Le Règne des ombresMarvel Héroes, et Lego Marvel Super Heroes.
Il faut attendre 2013 pour que le héros bénéficie enfin d'une plus grande exposition dans le cadre de l'accord passé entre Netflix et Marvel.

En novembre 2013, la filiale de The Walt Disney Company annonce en effet un partenariat entre Marvel Television et ABC Studios afin de produire et diffuser sur Netflix, qui sort gagnant face à Amazon, 60 épisodes pour un budget de 200 millions de dollars ! Cinq séries sont ainsi mises en chantier. DaredevilJessica JonesLuke Cage et Iron Fist, toutes prévues pour  afficher chacune treize épisodes au compteur et enfin The Defenders réunissant les 4 héros sous la forme de huit épisodes.
En plus du budget conséquent, Disney précise, dans une conférence de presse entre Bob Iger, le PDG de The Walt Disney Company, Joe Quesada le producteur de la série et directeur créatif de Marvel Entertainment, qui veille au bon respect des adaptations des comics, et enfin le Gouverneur Andrew M. Cuomo, que les séries seront tournées en extérieurs réels à New York. Exit donc les fonds verts et les décors à faible coût, Marvel voit grand !
La volonté du studio est de mettre en avant ses héros urbains, tout en développant une facette plus sombre et plus intimiste du MCU, loin des invasions d'aliens ou des menaces planétaires que peuvent rencontrer les Vengeurs.

La saison 1 de Daredevil est ainsi mise en ligne le 11 avril 2015 et remporte tous les suffrages. Les critiques sont unanimes et saluent la qualité et la maturité du show. De plus, bien que Netflix ne partage pas officiellement ses chiffres, de nombreuses études rapportent que Daredevil devient rapidement la série la plus suivie. Ainsi, douze jours après la sortie de la première saison, une seconde est officialisée pour le 18 mars 2016.
Cette annonce bouleverse quelque peu l'agenda des séries Netflix. La volonté de Marvel est, il est vrai, de proposer une nouvelle saison tous les six mois, soit deux par an. Si la première saison de Jessica Jones sort bien le 20 novembre 2015, Luke Cage est elle repoussée en septembre 2016 par la seconde saison de Daredevil ; Iron Fist et The Defenders  étant prévue pour 2017...
Mais nouveau rebondissement ! La seconde saison de Daredevil réussit l'exploit de surpasser son aînée. Le succès est énorme, et un personnage sort unanimement du lot, le Punisher, incarné par Jon Berthal. L'accueil du public est tel que Marvel officialise rapidement une série consacrée uniquement au Punisher. Parallèlement, Daredevil est renouvelée pour une troisième saison et Jessica Jones pour une seconde. La volonté de Netflix de proposer deux saisons par an est donc mise à rude épreuve avec le nombre de projets croissant. Tous les signaux semblent ainsi indiquer que la plateforme de diffusion va passer à trois saisons par an, avec notamment le 17 mars 2017 Iron Fist et courant 2017 The Punisher et The Defenders. A moins qu'une annonce ne vienne  finalement bouleverser une nouvelle fois ce planning !
Mais retour à Luke Cage, une série créée par Cheo Hodari Coker .

Cheo Hodari Coker est un ancien journaliste spécialiste de musique, né le 12 décembre 1972 dans le Connecticut. A partir de 1999, il intervient dans de nombreux documentaires sur le hip-hop en plus de ses rencontres avec les plus grands noms du rap américain. Fort de sa connaissance musicale et de son talent de journaliste, il se lance dans l'écriture pour le cinéma et la télévision, en signant en 2009 Notorious B.I.G., un biopic consacré au pilier du rap new-yorkais, The Notorious B.I.G. (qui apparaît d'ailleurs dans la série à de nombreuses reprises via un portrait gigantesque).
Il travaille ensuite en tant que scénariste et producteur sur les séries Southland, NCIS: Los Angeles, Almost Human et Ray Donovan. Il est enfin approché par Marvel en 2015 afin de devenir showrunner de la série Luke Cage.

L'approche de Cheo Hodari Coker est ainsi assez unique dans le Marvel Cinematic Universe. Il utilise, en effet, la série comme un pamphlet social et politique. Luke Cage n'est ainsi pas un héros comme les autres. Sa création en comics remonte à la blaxploitation : ce mouvement des années 70 mettant en protagoniste principal des personnages noirs, trop souvent vus avant comme les seconds ou troisièmes rôles. La série fait donc de même, 50 ans après, en brisant les stéréotypes et les clichés, tout en délivrant un message contestataire fort. Un héros noir à capuche qui ne craint pas les balles de la police blanche ? La scène fait malheureusement trop penser aux faits d'actualités américains où  régulièrement de jeunes noirs sont abattus simplement sur des suspicions, comme le simple port d'une capuche, par exemple.
Si le créateur se défend de n'avoir pas fait qu'une série politisée, ni même ancrée dans le mouvement Black Lives Matter, il reconnaît toutefois que rien n'est laissé au hasard. Le meilleur exemple de sa ligne éditoriale est l'apparition lors d'un épisode du rappeur Method Man qui compose pour l'occasion une chanson intitulée Bulletproof Love dans laquelle il déclame que Luke Cage, avant d'être résistant aux balles, est surtout noir. Et que c'est bien cela qui le rend suspect aux yeux de certains !
La série ne s'arrête pas là. Il est possible de citer l'utilisation par de nombreux personnages du terme "nigger" ("nègre"). Si le mot est toujours politiquement incorrect outre-atlantique, il a cependant changé de significations selon Cheo Hodari Coker. Il y a plusieurs siècles, il était, en effet, synonyme d'"esclave" et "persécution". Dans les années 70, le mot, utilisé par la communauté afro-américaine, se veut être dénué de tout racisme et perçu comme un symbole de force et de résistance. Maintenant, il est employé à tord et à travers par la jeunesse noire, d'où le souhait de Luke Cage de refuser de se voir nommer de la sorte. Dans un dialogue poignant avec un jeune de quartier, le héros indestructible explique ainsi ne pas oublier d'où vient ce terme et d'où vient Harlem.
Une des principales forces de la série se trouve bien là : elle est ancrée dans l'Amérique moderne traversée par ses questions ethniques et sociales.

Si les sujets d'actualités prennent une place importante dans Luke Cage, la série se tourne aussi vers toute la culture emblématique noire. C'est un condensé de grands noms intellectuels, d'artistes de jazz, soul et rap mais aussi de sportifs qui s'y succèdent. Régulièrement, les personnages se prêtent, il est vrai, au jeu du name-dropping. Cette figure de style consiste à citer tout un tas de personnes plus ou moins connues. Si les néophytes peuvent alors se trouver perdus, force est de constater que les connaisseurs se régaleront devant toutes ces références bien senties. Luke Cage est de la sorte une série qui pousse le spectateur non spécialiste de cette culture à découvrir des artistes, à se renseigner et sortir de sa zone de confort. Par de nombreuses touches subtiles, les créateurs se font plaisir et toute le récit baigne dans une ambiance rarement aussi bien construite dans aucune autre production Marvel
Harlem est ainsi toujours mis en avant et semble exister avec les autres personnages qui évoluent dans les lieux mythiques du quartier new-yorkais, des églises gospel au célèbre Appolo Theatre... Les noms de Malcom X et James Baldwin ne sont, en outre, jamais bien loin, entre deux rues couvertes de graffitis et des terrains de basket où la jeunesse du quartier se ressemble. 
De célèbres personnalités d'Harlem font également des caméos remarqués. Quant à la musique, elle joue un rôle primordial. Régulièrement, des morceaux de Jazz ou de rap rythment en effet le show, quand ce ne sont pas les artistes eux-mêmes qui viennent jouer sur la scène du Harlem's Paradise, le club que tient l'un des personnages de la série. La bande originale, composée par Ali Shaheed Muhammad et Adrian Younge, s'inspire, pour sa part, du travail d'Ennio Morricone dans l'idée de donner à Luke Cage une aura de Western Modern. Les références à la culture noire vont enfin encore plus loin puisque tous les épisodes de Luke Cage sont nommés selon des titres de morceaux du groupe Gang Starr, célèbre dans les années 90 pour avoir réinventé la musique new-yorkaise. Cette particularité fait d'ailleurs que les noms des épisodes n'ont logiquement aucune traduction française.

Daredevil est une série sombre et violente qui fait tomber brutalement son héros au sol. Jessica Jones est une série psychologique et malsaine qui fait sombrer son héroïne dans l'alcool. Dans les deux cas, le justicier aveugle et la détective privée sont deux protagonistes dépressifs qui se complaisent dans la douleur et les tendances masochistes. Luke Cage est différent. Le personnage est plus joyeux, plus ouvert et ne se bat pas quotidiennement avec son passé. Il cherche à avancer et à vivre "normalement" malgré ses capacités. Il connaît évidemment des moments difficiles mais ne cherche pas à vivre en ermite solitaire. 
L'ambiance de Luke Cage est dès lors bien différente de celles de Daredevil ou Jessica Jones. De par la nature même du personnage, tout est ici un peu plus enjoué, musical et surtout, rempli d'espoir. Malgré cela, Netflix oblige, la série se veut assez mature (dans son propos) et réaliste dans sa forme. Il y a donc toujours ce standard de qualité Netflix qui offre une réalisation excellente et des dialogues pertinents (pour la plupart) ; le tout porté par une galerie de personnages bien définis et interprétés par un casting impeccable 

Mike Colter a, ainsi et enfin, l'occasion d'être sur le devant de la scène, après son apparition dans Jessica Jones. Toujours aussi massif, l'acteur offre au personnage de Luke Cage une vision fidèle et réussie même si c'est au prix de se faire voler la vedette par les personnages secondaires.
En première place, Mahershala Ali (House of Cards), interprète de Cottonmouth. Cynique et sadique, le personnage n'a qu'un seul but : garder Harlem sous son contrôle. Succédant à Vincent d'Onofrio (Le Caïd dans Daredevil) et David Tennant (Kilgrave dans Jessica Jones), le comédien est brillant et rend son personnage passionnant. Assurément la révélation de la saison !  
A ses cotés, Alfre Woodard (Desperate Housewives) incarne la politicienne Mariah Dillard. L'actrice a suffisamment de prestance pour parvenir à séduire le téléspectateur avec ce personnage troublant. Alfre Woodard n'est toutefois pas une inconnue chez Marvel : elle apparaît en effet brièvement dans Captain America : Civil War (qui se passe, chronologiquement parlant, après les évènements de Luke Cage) dans un rôle malheureusement différent... De quoi accentuer un peu plus le fossé qui existe entre la télévision et le cinéma avec au bout du chemin, la vaine promesse de voir un jour un véritable univers partagé.
Le reste de la distribution est tout aussi réussi. De l'homme de main Shades (Theo Rossi), à la détective de police Misty Knight (Simone Missick) en passant par le touchant barbier d'Harlem Pop's (Frankie Faison), Luke Cage dispose, il est vrai, de seconds rôles superbement écrits et interprétés. Un parfait sans faute !
Enfin, Rosario Dawson semble faire le lien entre toutes les séries Marvel de Netflix. Elle y incarne en effet toujours Claire Temple, l'infirmière déjà présente dans DaredevilJessica Jones et en 2017 Iron Fist. Son rôle est ici plus étoffé ; le personnage se voyant plongé au centre de l'action et de l'intrigue. Elle permet également d'apporter des informations concernant la chronologie des séries puisqu'à travers l'une de ses répliques, il est possible de situer l'action de Luke Cage par rapport à la saison 2 de Daredevil.

Luke Cage a ainsi de nombreuses qualités. Elle se situe qualitativement parlant au dessus de la grande majorité des séries super-héroïques. Mais elle ne s'épargne pas plusieurs défauts. Tout d'abord, un énorme problème de rythme se fait sentir. Il faut dire qu'offrir 13 heures consécutives à un personnage secondaire comme Luke Cage (l'équivalent de six films Marvel Studios !) amène à étirer un peu trop l'intrigue principale. Luke Cage (et c'était aussi le cas pour Jessica Jones) n'a pas le même historique de publication que Daredevil. L'univers de Daredevil est riche. Plusieurs auteurs talentueux se sont succédés pour lui offrir des années d'aventures, de rebondissements et d'évolution. De quoi assurer un "background" profond à l'image d'un Spider-Man. Et assurer ainsi plusieurs saisons très complètes. 
Si sa création a une connotation historique importante, Luke cage évolue, lui, au fil des années sans véritablement émerger. Quelques auteurs lui offrent de temps à autre des coups d'éclats (comme Brian Bendis lors de la période New Avengers), mais il demeure toujours ce héros indestructible symbole d'un quartier. 
Cela se ressent dans la série qui aurait indéniablement gagné à être raccourcie de quelques épisodes. La saison connaît ainsi des facilités scénaristiques, et ne s'épargne pas un air de déjà-vu dans sa construction narrative. Les séries Netflix semblent dès lors un peu toutes sortir du même moule et suivre un schéma tout tracé. Un schéma certes soigné et regorgeant de qualités, mais toujours le même schéma ! Et quand Daredevil bénéficiait de scènes d'actions dantesques (jamais vues dans une série super-héroïque) et Jessica Jones de moments angoissants avec une montée en force à chaque épisode, Luke Cage se contente elle "seulement" de suivre son intrigue avec quelques rebondissements de-ci de-là. 
Quand, en plus, certains dialogues semblent moins soignés que d'autres et que l'intrigue fait du sur-place, Luke Cage donne la sensation de se perdre. Mais hors de question de bouder son plaisir : une fois ce constat passé, il serait en effet dommage de ne retenir que les quelques défauts d'une série qui a tant de belles choses à offrir par ailleurs...

Luke Cage est une bonne série. Son créateur y crie tout l'amour qu'il a pour Marvel, ses histoires et ses personnages dès les premières minutes, sans jamais se priver de rendre hommage à une culture et une communauté trop souvent persécutées. Luke Cage se révèle aussi être l'oeuvre la plus politique jamais vue chez Marvel signant pour le label une mise en avant réussie de son tout premier grand super-héro afro-américain.