Tomorrowland
Titre original :
Tomorrowland
Production :
Walt Disney Animation Studios
Walt Disney Television
Walt Disney Pictures
Date de sortie USA :
Le 18 mai 2004
Série :
Walt Disney Treasures - Vague 3
Genre :
Cartoons
Courts-métrages
Épisode Télé
Présentation :
Leonard Maltin
Durée :
319 minutes

Le contenu

DISQUE 1
DISQUE 2
6. E.P.C.O.T.
Genre : Court-métrage "live"
Série : Courts-Métrages Commerciaux ou Educatifs
Numéro 4
Date de Sortie USA : Mars 1967
Durée : 25 minutes
Deux mois avant sa mort, Walt Disney présente, en personne, aux habitants de Floride, dans un ultime moyen-métrage, son rêve de Disney World et sa vision d'une ville futuriste et idéale : E.P.C.O.T. (Experimental Prototype COmmunity of Tomorrow).

La critique

rédigée par
★★★★

Pas de film ici mais une simple compilation de shows télé et de moyens-métrages réalisés par les studios Disney entre les années 1955 et 1966. Mais replaçons-nous, sans tarder, dans le contexte : Walt Disney, en parfait précurseur, a vite compris tout l'intérêt du média télévision pour soutenir la réalisation de son parc à thèmes Disneyland et en assurer ainsi le succès populaire. Il se décide, en effet, à présenter une série hebdomadaire dénommée Disneyland ( ! ) et revisitant les différents mondes du parc. En bon maître de cérémonie, (et véritable VRP !), il enchante ainsi l'Amérique chaque semaine dans une émission qui reprend sans détour les quatre thèmes du parc : de Fantasyland, nous plongeant dans l'univers de ses films d'animation et cartoons, à Adventureland, reprenant des documentaires animaliers ou géographiques (True Life Adventures, People and Places), en passant par Frontierland, nous présentant des séries "western" (Davy Crockett) et sans oublier Tomorrowland, nous invitant dans le futur et l'espace.

C'est ce dernier thème que nous abordons dans cet excellent DVD à ranger au titre des collectors.

Walt Disney était un homme à la fois grand visionnaire et fervent optimiste sur le devenir de l'humanité. Passionné de technologies, il a d'ailleurs toujours été à la pointe de la technique de l'animation. N'est-il pas le premier à avoir "osé" un long métrage d'animation ? Il ne fut d'ailleurs pas en reste pour le passage du muet au son de ses cartoons, l'utilisation de la couleur ou l'emploi de la caméra multiplane... Le parc Disneyland se devait de représenter ainsi tout ce qui le fascinait. Rien d'étonnant dans ces conditions qu'une part entière du site, totalement inédite et révolutionnaire pour l'époque (1950), soit consacrée à la vision que Walt se faisait du futur. Si l'avancée des technologies avait permis le développement de la science-fiction, personne n'avait jusqu'ici en effet osé représenter, grandeur nature, sa vision du futur. Le succès fut à la hauteur de l'ambition : immense et généreuse.

Walt Disney confia la réalisation de trois shows télé sur la conquête de l'espace à l'un des "Neufs Vieux Messieurs" et grand maître de l'animation, Ward Kimball. Man in space, Man and the moon et Mars and beyond étaient nés. Ces épisodes, mêlant l'animation aux prises de vues réelles, ont été plébiscité par le public qui y trouvait, à la fois, une précision scientifique (en tout cas pour l'époque ! ) et une présentation ludique, facile d'accès et profondément optimiste. Ces shows sont en fait à l'image de Walt lui-même qui restait persuadé du bien fondé des thèses qui lui étaient chères. L'avenir lui donnera d'ailleurs raison, pour Man in space et Man and the moon en tous cas. D'autres épisodes de Tomorrowland, moins ambitieux mais tout aussi bluffants, furent réalisés dans le but de présenter les bienfaits de la science dans l'avenir de l'homme. Eyes in outer space nous annonce - excusez du peu - un prochain contrôle du climat tandis que Our friend the atom ne renierait en rien le titre de propagande pour le développement du nucléaire civil.

Walt Disney fut également très impliqué dans la préparation de quatre attractions pour l'exposition universelle de New York de 1965 qu'il recyclera d'ailleurs dans Disneyland et plus tard dans Disney World. Magic Skyway, sponsorisé par Ford, offrira ainsi une partie de ses dinosaures à l'attraction, Universe of Energy, d'EPCOT à Disney World tandis que Les grands moments avec Mr Lincoln, sponsorisé par l'état américain d'Illinois, sera repris dans Maint Street USA à Disneyland. Mais c'est sans aucun doute la troisième attraction qui marquera à jamais des générations de visiteurs ! Sponsorisée par Pepsi et l'Unicef, It's a small world, (qui bénéficie d'une chanson des frères Sherman, compositeurs incontournables de la Compagnie à l'époque et papas de la bande-son de Mary Poppins), aura d'ailleurs l'honneur d'être présente dans tous les parcs Disney, sans exception. Enfin, la quatrième attraction, The caroussel of progress, sponsorisée par General Electrics, également mise en musique par les frères Sherman mais réinstallée uniquement au Magic Kingdom de Disney World, résumera à elle seule le génie de Walt Disney dans une présentation des bienfaits de l'électricité tout au long du 20e siècle et au delà.

Walt Disney conservera tout au long de sa vie sa passion pour le futur. Il rêvera d'ailleurs jusqu'au bout d'une ville idéale, au sein d'un complexe qu'il appellerait Disney World, véritable vitrine de ce qu'il se faisait de mieux en matières de technologies, d'urbanisme et d'art de vivre. Walt ira d'ailleurs jusqu'à acquérir un immense terrain en friche à l'état de Floride pour y construire EPCOT, dont il présente les grandes lignes dans un moyen métrage. Mais le Maître ne verra pas son projet aboutir. Après son décès, son frère Roy reprend néanmoins le flambeau. Pour financer le rêve fou de Walt, il entreprit de réunir des fonds considérables et commença, comme son frère l'avait prévu, par construire le Magic Kingdom, copie de Disneyland en Californie. Le parc ouvrit en octobre 1971 quelques mois avant le décès Roy Disney lui-même. EPCOT verra son inauguration repoussée finalement en 1982, mais sous la forme d'un simple parc d'attractions comprenant une exposition universelle permanente (le World Showcase) et une vision du futur (le Futur World). Si réussi soit-il, le parc reste ainsi à des lieux du projet initial, jugé par trop irréaliste.

EPCOT marque la fin d'un temps : la Walt Disney Compagnie n'est plus gérée par des visionnaires mais par de redoutables financiers qui placent le profit avant le rêve et le défi. Ce sont ces mêmes financiers qui laissent la compagnie à la traîne de toutes les évolutions du métiers de l'animation et font pâlir Disney sous de flamboyants Pixar ou Dreamworks. A quand le sursaut ?

A manipuler avec le plus grand soin, tant il contient de véritables pépites, ce DVD collector nous présente, s'il en était encore besoin, un Walt Disney époustouflant de passions et de rêves. Conteur hors pair, le Maître de l'Animation parvient en effet à rendre accessible au plus grand nombre le sujet le plus obscur (la fusion nucléaire !) ou le rêve le plus fou (le contrôle du temps). Son génie humaniste se révèle dans toute sa dimension avec son ultime projet (EPCOT) et lui fait prendre, pour nous Français, une posture toute particulière, proche de notre Jules VERNE national : celle de l'ultime Visionnaire !

A voir pour continuer à espérer...

L'édition vidéo

Jaquette Tomorrowland
Jaquette Tomorrowland
Edition DVD Video
Zone 1 Collector 2004