The Curse of Maleficent
The Tale of a Sleeping Beauty

The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty
La couverture
Titre original :
The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty
Éditeur :
Disney Press
Date de publication USA :
Le 29 avril 2014
Genre :
Fantasy
Auteur(s) :
Elizabeth Rudnick (Texte)
Nicholas Kole (Illustrations)
Nombre de pages :
222

Le synopsis

Au cœur de la Lande, la fée Maléfique vit paisiblement entourée de ses nombreux amis. Un jour, un jeune garçon du nom de Stéphane fait irruption dans la forêt merveilleuse pour y dérober une pierre précieuse. Le garçon, qui se voit bien vite forcé de restituer son larcin, s'empare aussitôt de quelque chose de bien plus précieux : pas moins que le cœur de Maléfique !
Mais voilà, quelques années plus tard, poussé par son ambition et son désir de devenir roi, il trahit son amour et l'abandonne. Maléfique, totalement brisée, finit par succomber aux ténèbres et réclame bientôt vengeance...

La critique

rédigée par
Publiée le 30 octobre 2020

Petit roman illustré sorti dans les librairies étasuniennes à peine un mois avant que ne soit présenté au public le film Maléfique, mettant en vedette Angelina Jolie, The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty se révèle tout à fait charmant. À destination du jeune lectorat, qui se délecte de ses chapitres courts et des merveilleuses illustrations ornant ses pages, le roman peut tout aussi bien être apprécié par les plus grands, qui ne se font pas prier pour (re)plonger au cœur de la Lande, en compagnie de ses personnages enchanteurs.

Elizabeth Rudnick, l'autrice de The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty, a officié durant quelques années en tant qu'Éditrice Senior chez Disney Publishing Worldwide, où elle a notamment édité plusieurs romans adaptés de la saga Pirate des Caraïbes, avant de franchir le pas et d'épouser à son tour une carrière d'écrivaine. En 2010, elle publie ainsi un roman chez Hyperion Books sans lien avec l'univers de Disney, Tweet Heart, une romance sur fond de réseaux sociaux. Par la suite, Elizabeth Rudnick fait de la novélisation de films Disney sa spécialité ; grâce à elle, le lectorat peut ainsi revivre sur papier les histoires extraordinaires présentées dans Captain America - First Avenger, Frankenweenie, Lone Ranger : Naissance d'un Héros, La Belle et la Bête (2017), Le Roi Lion (2019), La Belle et le Clochard (2019) ou encore Mulan (2020), pour ne citer que ceux-là.
Né quant à lui le 7 septembre 1987, Nicholas Kole est diplômé en 2009 de la Rhode Island School of Design. Graphiste freelance, il a participé à de nombreux projets pour de multiples compagnies et licences, dont Hasbro et DreamWorks Animation. Il s'est également illustré dans le domaine vidéoludique, notamment grâce à son travail sur le jeu Spyro Reignited Trilogy ; pour cet opus sorti en 2018, Nicholas Kole est engagé en qualité de Concept Artist et Concepteur du Design des personnages. Pour Disney Publishing Worldwide, il illustre deux romans écrits par Elizabeth Rudnick : The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty et Pete's Dragon : The Lost Years, inspiré du film Peter et Elliott le Dragon en 2016.

The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty ne doit pas être confondu avec le roman titré sobrement Maléfique. Le premier, richement illustré, est alors destiné à un public assez jeune quand le second, lui, vise un lectorat un peu plus âgé. Et si les deux romans ont en commun d'avoir été écrits par la même autrice et d'être sortis le même jour dans les librairies étasuniennes, seul le second a été proposé en France, édité par Hachette Romans dans la collection Black Moon. The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty reste donc inédit pour le lectorat francophone, et c'est dommage ! Fort de son style littéraire simple et efficace, de ses quelques ajouts à la psychologie et à l'histoire des personnages et surtout de ses illustrations somptueuses, ce petit livre est en effet véritablement le compagnon idéal du film dont il s'inspire.

The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty se divise en cinq parties, chacune correspondant aux événements majeurs racontés à travers les yeux d'un personnage au centre de l'intrigue. La première partie s'ouvre d'ailleurs sur l'introduction d'un personnage inédit, Robin. Jeune fée espiègle, Robin est le meilleur ami de Maléfique, et celui par lequel le lectorat apprend quelques informations sur le passé de cette dernière, des éléments absents du long-métrage original. Évidemment, Elizabeth Rudnick a dû s'en tenir, pour la majorité de l'écriture de son roman, à la transposition fidèle du scénario écrit par Linda Woolverton, aussi ces petits ajouts inédits restent rares ; ils sont en revanche toujours les bienvenus, tant ils approfondissent de jolie manière le bagage émotionnel de Maléfique. Le lectorat apprend ainsi notamment, grâce à Robin, le nom des parents de Maléfique et dans quelles circonstances ils ont trouvé la mort.
Robin, qui n'apparaît que dans la première partie du roman et qui est placé davantage en observateur, pour ne pas contredire les événements dépeints dans le long-métrage, sait se faire apprécier immédiatement du lectorat. Il faut dire que l'autrice a tiré son inspiration de la pièce Le Songe d'une Nuit d'Été (1600) de William Shakespeare, et plus particulièrement du personnage de Robin ''Puck'' Goodfellow, pour offrir à Robin son caractère farceur et malicieux. Le nom de la fée revêt d'ailleurs une signification amusante, puisque « Robin » désigne dans la langue anglaise un merle d'Amérique ou un rouge-gorge, des espèces d'oiseaux à la poitrine colorée, ce qui contraste avec le plumage sombre de Diaval, le corbeau qui se mettra au service de Maléfique dans la suite du roman.

La seconde partie de l'histoire, quant à elle, est racontée du point de vue d'Hortense, l'une des trois bonnes fées chargées d'élever Aurore. Dans le long-métrage, immédiatement après la malédiction lancée par Maléfique, les trois fées se voient en effet confier l'enfant par le roi Stéphane, avant d'aller trouver un refuge dans la forêt. Dans le roman toutefois, les motivations des trois créatures magiques sont différentes, et leur caractère léger, pour ne pas dire leur sottise et leur égoïsme, s'en trouvent renforcés. Ayant fui la Lande au retour de Maléfique, les trois fées sont en réalité allées demander l'asile au château du roi Stéphane, craignant une guerre qu'elles savent imminente. Ainsi, quand le monarque leur confie le bébé, les fées sont fort mécontentes et objectent, désireuses de rester à l'abri ; c'est donc finalement sous les menaces qu'elles acceptent à contrecœur d'obéir au souverain, de peur de moisir dans un cachot lugubre.
Déjà dans Maléfique, le film, Hortense, Capucine et Florette ne semblaient guère avoir la fibre maternelle ; Elizabeth Rudnick s'en donne dès lors à cœur joie dans sa novélisation en poussant au paroxysme le caractère frivole et étourdi des fées ! Ces développements sont certes très drôles pour le lectorat, mais ils donnent dans le même temps le sentiment que, pas une seule fois, les « tantines » d'Aurore n'ont ressenti de l'amour, ou même seulement de l'affection pour elle, comme le souligne d'ailleurs la princesse à plusieurs reprises, cette dernière ressentant clairement qu'elle est un fardeau.

Après ces deux premières parties qui prennent leur temps en proposant plusieurs scènes inédites, le rythme du récit s'accélère dans les chapitres suivants, pour venir épouser bien davantage la narration du long-métrage. Peu d'éléments nouveaux sont alors introduits dans la suite, à l'exception d'une séquence très drôle durant laquelle Aurore est endormie, au grand désespoir des fées qui ne parviennent pas à la réveiller et craignent l'ire de Stéphane. À l'inverse, quelques scènes du long-métrage sont coupées ou raccourcies. La troisième partie du roman, qui est racontée du point de vue d'Aurore, est notamment amputée d'un passage pourtant poignant dans le long-métrage : celui dans lequel Maléfique, penchée au chevet de la princesse dans la chaumière, tente de révoquer sa propre malédiction, sans succès. Si l'absence de cette scène est quelque peu regrettable, son ablation n'en reste pas moins parfaitement logique et justifiée par la narration des événements, que le lectorat découvre à ce moment-là à travers les yeux d'Aurore. La belle dormant à poings fermés, elle n'a en effet aucun moyen de savoir que sa Marraine a tenté de briser l'envoûtement. Les scènes de batailles et les descriptions de lieux, à l'exemple de la merveilleuse Lande, sont également grandement réduites, dans le but d'adapter au mieux le récit pour le jeune lectorat ou pour coller aux canons du genre du conte de fées.

Si cette novélisation de Maléfique se révèle charmante dans l'ensemble, l'expérience de lecture se voit véritablement sublimée par les illustrations de Nicholas Kole. Avec sa superbe maîtrise des couleurs douces et oniriques et son trait tour à tour voluptueux ou très anguleux, l'artiste donne en effet vie aux scènes emblématiques du roman sans jamais trahir l'ambiance du long-métrage original. Chaque nouvelle illustration est alors l'occasion de faire une pause dans la lecture pour admirer ses remarquables dessins, qui confèrent à The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty un charme tout particulier, tout en lui octroyant une place à part dans la grande collection des novélisations de films Disney.

The Curse of Maleficent : The Tale of a Sleeping Beauty est au final un très joli roman qui se savoure aussi bien seul qu'en famille. Avec ses chapitres courts et ses superbes illustrations, il invite au partage à l'heure du coucher, en se laissant volontiers lire comme un conte de fées pour endormir les enfants. Pour les plus grands, qui ne boudent certainement pas leur plaisir, il est aussi source de francs moments de drôlerie, en plus d'apporter quelques éléments nouveaux au passé de Maléfique, poursuivant ainsi d'habile manière l'extraordinaire légende de la fée noire.

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