Magic Camp
L'affiche du film
Titre original :
Magic Camp
Production :
Disney
Date de mise en ligne USA :
Le 14 août 2020 (Disney+)
Genre :
Comédie
Réalisation :
Mark Waters
Musique :
Rolfe Kent
Durée :
100 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Un magicien dans une mauvaise passe aide dans un camp de vacances un groupe d'enfants atypiques à prendre confiance en eux...

La critique

rédigée par
Publiée le 18 septembre 2020

Prévu à l'origine pour le cinéma, Magic Camp arrive finalement en catimini sur la plateforme Disney+. Le problème vient surtout de l'un des acteurs dont la réputation a été, depuis le tournage du film, mise à mal. Le manque de promotion du long-métrage est ainsi un effet de bord de cette affaire. Et c'est bien dommage car l'opus ne démérite pas en proposant une gentille comédie avec des personnages attachants et une belle morale parfaitement en capacité de divertir les spectateurs.

Magic Camp est réalisé par Mark Waters. Né le 30 juin 1964, il signe son premier film, The House of Yes, diffusé d'abord au festival de Sundance en 1997 puis distribué un peu plus tard par Miramax Films. Par la suite, il se spécialise dans les comédies burlesques, romantiques ou dramatiques, souvent axées autour d'adolescents, en se faisant connaitre du grand public en 2003 avec notamment Freaky Friday : Dans la Peau de ma Mère chez Disney avec Lindsay Lohan dans le rôle principal. Il retrouve d'ailleurs l'actrice dans Lolita Malgré Moi en 2004. Après une autre comédie romantique, Et Si C'Était Vrai... en 2005, Mark Waters explore de nouveaux genres comme le fantastique avec Les Chroniques de Spiderwick en 2008, puis la comédie loufoque avec M. Popper et ses Pingouins avec Jim Carrey en 2011 et la comédie noire avec Bad Santa 2 en 2016 pour finalement revenir en 2014 à la comédie adolescente avec Vampire Academy puis Magic Camp six ans plus tard.

Magic Camp est donc un projet totalement original dont le scénario se base sur un premier jet imaginé par l'acteur Steve Martin quand il était attaché au film avant qu'il n'abandonne le chantier. L'acteur du (Le) Père de la Mariée s'est sûrement inspiré de sa jeunesse lorsqu'il tenait la boutique de magie Merlin's Magic Shop à Fantasyland à Disneyland Park en Californie dans les années 50. Comme le titre du film l'indique, il est question ici d'une école de magiciens et non de pouvoir magique comme cela peut être le cas dans la saga Harry Potter ou encore récemment dans le Disney Channel Original Movie, Upside-Down Magic. Le camp de vacances a ainsi pour but d'apprendre aux enfants tous les trucs et astuces pour devenir des parfaits prestidigitateurs et illusionnistes. Il faut dire que les camps de vacances pour les jeunes sont une institution aux États-Unis et le label Disney adore aborder cette thématique. L'une des premières œuvres qu'il y consacre est ainsi la série télévisée The Adventures of Spin & Marty, diffusée en 1955 dans l'émission Mickey Mouse Club, et montrant le fameux camp de garçons du Triple-R. Un autre exemple est le camp de jeunes filles où les jumelles Susan Evers et Sharon McKendrick se rencontrent dans le film de cinéma La Fiancée de Papa en 1961. Plus récemment, il met en valeur un camp de vacances pour obèses dans La Colo des Gourmands en 1995, un camp de vacances pour musiciens en herbe dans Camp Rock en 2008 ou une colonie de vacances plus classique avec la série Disney Channel Camp Kikiwaka, réunissant les enfants Emma Ross, Ravi Ross et Zuri Ross. Magic Camp reprend lui l'idée de proposer à des enfants d'apprendre à faire des tours de magie. Rien de bien nouveau sous le soleil mais le fait que ce camp soit ancré dans la réalité et non dans un univers fantastique apporte étonnamment une certaine fraîcheur.

Évidemment placer l'action du film dans un camp de vacances amène son lot d'images routinières : l'arrivée des enfants dans un lieu nouveau, la découverte de leurs camarades de chambrée, les repas aux saveurs douteuses, les batailles entre cabanes et bien sûr le spectacle de fin de séjour. En plus de tout cela, s'ajoutent ici tous les tours de magie qu'apprennent les enfants : du jeu de cartes aux disparitions d'animaux en passant par les tentatives d'évasions que ce soit après avoir été attachés à une corde ou enfermés dans une camisole de force. Magic Camp arrive ainsi à rester en terrain balisé tout en distillant quelques petites originalités faisant que l'ennui n'a jamais sa place. De plus, le film regorge de petits gags visuels que les séries de Disney Channel ne renieraient pas mais qui s'avèrent plutôt drôles et font souvent sourire. Enfin, l'ambiance est également franchement sympathique et le spectateur s'étonne définitivement à passer un moment agréable devant un univers bienveillant et bon enfant.

Magic Camp est un film destiné aux adolescents et sa thématique principale leur est clairement destinée. Ils trouveront ainsi forcément un personnage qui leur ressemble et avec lequel ils arriveront à s'identifier. Alors certes, ils sont tous plus ou moins caricaturaux mais globalement la personnification fonctionne. Ainsi, il y a le garçon doué mais qui s'est renfermé sur lui-même après le décès de son père, le loser doté une grande capacité de calcul mental mais nul dans les interactions sociales, la fillette enjouée qui a peur des lapins, la fille taciturne jamais positive, le garçon qui ne voulait pas être magicien mais styliste, la jeune fille riche souffrant du peu de disponibilité de ses parents ou encore le gros lourdaud qui martyrise les plus faibles que lui. Tous ces profils atypiques font que le long-métrage prône l'acception et la confiance en soi. Andy, le moniteur de magie qui s'occupe de cette équipe de bras cassés, va d'ailleurs permettre, petit à petit, à chacun de ces adolescents de se concentrer sur leurs points forts au lieu de rester coincés sur leurs défauts ou leurs échecs. En les prenant en main, il va les aider à s'épanouir et à devenir autonomes. La morale se veut ainsi particulièrement optimiste, montrant aux plus jeunes qu'ils peuvent réussir à condition qu'ils suivent leur propre chemin et non pas celui dicté d'avance pour eux par les adultes ou le regard des autres enfants.

Même si dans son ambition et dans son thème, Magic Camp se rapproche beaucoup d'un téléfilm Disney Channel, le film montre tout de même qu'il est prévu pour une cible un peu plus large en proposant notamment de ne pas se focaliser uniquement sur les enfants du camp mais en insistant également sur le parcours du personnage adulte d'Andy. Le jeune homme, alors qu'il se destinait à une grande carrière de magicien, voit son ambition stoppée nette à la suite d'un accident de parcours et se retrouve ainsi à faire un petit boulot de chauffeur de taxi à Las Vegas. Son ancien mentor lui propose alors de remplacer un moniteur absent dans son camp de vacances et de se reprendre enfin en main. Andy doit d'abord se détacher de sa frustration qui est à l'origine de son échec et de son décrochage avant d'arriver à finalement trouver sa voie. Le film permet ainsi d'avoir un héros adulte, certes légèrement loufoque et caricatural, mais parfait pour une comédie, faisant de Magic Camp l'archétype même du film familial dans toute sa noblesse.

Magic Camp sait ainsi, avec une écriture simple mais efficace, parfaitement faire vivre ses personnages portés par un casting convaincant.
Adam DeVine (Modern Family, Tron La Révolte) tient le rôle d'Andy Duckerman, le moniteur qui revient dans le camp de son enfance dans l'espoir de relancer sa carrière de magicien. Frustré, avec un ego surdimensionné, le personnage passe du jeune homme sûr de lui, malgré le fait qu'il ait raté sa vie, à l'adulte qui comprend enfin à quoi il est destiné. Tout au long de son parcours, il arrive à se rendre vraiment attachant d'abord en envoyant des répliques bien senties aux enfants pour lesquels il n'a aucune considération puis par l'attachement progressif qu'il développe à leur endroit. En faisant grandir les adolescents, il finit par se trouver lui-même.
Andy est persuadé d'avoir raté sa vocation uniquement à cause de son ancienne partenaire, Kristina Darkwood (campée très sincèrement par la ravissante Gillian Jacobs), qui l'aurait trahie quand ils étaient jeunes. Il lui voue une rancœur tenace et la jeune femme a alors du mal à lui justifier les raisons de leur rupture.
Les enfants, quant à eux, sont interprétés par de jeunes acteurs vraiment sympathiques. Il sera noté particulièrement Nathaniel McIntyre en tant que Theo, le garçon qui a perdu son père ; Cole Sand dans le rôle de Nathan, le doué en calcul mental ; Isabella Cramp qui joue Ruth, la jeune fille ayant peur des chats ; J. J. Totah campant Judd, le styliste ; Izabella Alvarez interprétant Vera, la jeune fille négative ; Hayden Crawford endossant Vic, le harceleur ; ou Bianca Grava dans le rôle de Janelle, la riche jeune fille délaissée par ses parents.
Enfin, Jeffrey Tambor (Dr. Dolittle, Arrested Development) est Roy Preston, le mentor d'Andy mais aussi le propriétaire du camp de magie. En plus d'être relativement cynique, surtout quand il annonce tous les jours le menu des repas, le vieil homme sait particulièrement s'occuper de ses élèves, récents comme anciens. Il essaye de réveiller en eux le talent qui permettra d'en faire des parfaits magiciens.

Magic Camp était prévu à l'origine pour sortir au cinéma en tant que petit film avec un budget modeste de 24 millions de dollars. Le long-métrage était ainsi calé au 6 avril 2018, puis repoussé au 3 août 2018, avant d'être finalement remplacé par Jean-Christophe & Winnie. Il est, par la suite, annoncé qu'il sortira directement sur la nouvelle plateforme Disney+. Magic Camp est donc mis en ligne en catimini le 14 août 2020 sans qu'aucune promotion ne soit faite sur lui mis à part un poster et une bande-annonce à une semaine à peine de sa diffusion. Pourquoi un tel silence radio de Disney sur ce long-métrage, qui qualitativement ne démérite pas ? Même si le studio n'a jamais communiqué dessus, la raison se trouve peut-être dans la participation de l'acteur Jeffrey Tambor, accusé de harcèlement sexuel dans le cadre du mouvement #MeToo. Le film ayant été bouclé au début de l'année 2017, soit plus de six mois avant l'Affaire Harvey Weinstein, il était impossible de changer le casting. Dès lors, Disney ne s'est pas senti permis de faire une promotion trop importante sur le long-métrage en raison du rôle assez central de l'acteur incriminé. Le studio a donc préféré enterrer Magic Camp en le mettant sans fanfare sur sa plateforme et cachant Jeffrey Tambor sur le poster comme dans la bande annonce.

Magic Camp est une comédie sympathique comme Walt Disney Pictures n'en avait plus fait depuis longtemps. Amusant, bon enfant, divertissant, son ambition modeste ne lui empêche pas d'avoir une qualité d'écriture pour ses personnages et de permettre au public de passer un bon moment. Il est juste dommage que des circonstances étrangères au film aient empêché de le promouvoir auprès du public. Magic Camp ne mérite pas cette indifférence.

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