Helstrom

Helstrom
La jaquette
Titre original :
Helstrom
Production :
Marvel Television
ABC Signature
Date de mise en ligne USA :
Le 16 octobre 2020 (Hulu)
Genre :
Fantastique
Création :
Paul Zbyszewski
Musique :
Danny Bensi
Saunder Jurriaans
Durée :
504 minutes
Disponibilité(s) en France :

Liste et résumés des épisodes

1. Mother's Little Helpers
Les Enfants de Mère
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 1
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Daina Reid
Durée : 55 minutes
Mère libère une créature démoniaque…
2. Viaticum
Viaticum
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 2
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Anders Engstrom
Durée : 49 minutes
Ana confronte enfin Mère…
3. The One Who Got Away
Celle Qui a Survécu
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 3
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Michael Offer
Durée : 45 minutes
Ana et Daimon rencontrent une victime de leur père…
4. Containment
Confinement
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 4
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Amanda Row
Durée : 53 minutes
Les Helstrom recherchent le crâne du Cerbère…
5. Committed
Internée
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 5
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Jovanka Vuckovic
Durée : 45 minutes
Alors que l'état de Victoria se détériore, des secrets sont révélés…
6. Leviathan
Le Léviathan
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 6
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Sanford Bookstaver
Durée : 48 minutes
Les démons attaquent l'Institut…
7. Scars
Cicatrices
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 7
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Bill Roe
Durée : 53 minutes
Le Fossoyeur doit rendre des comptes aux Blood…
8. Underneath
Renaissance
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 8
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Cherie Nowlan
Durée : 50 minutes
Daimon part chercher la seule arme capable de tuer un démon…
9. Vessels
Le Démon en Moi
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 9
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Kevin Tancharoen
Durée : 52 minutes
Gabriella est en grand danger…
10. Hell Storm
Bienvenue en Enfer
Genre : Épisode
Série : Helstrom
Saison 1 Épisode 10
Date de diffusion USA : 16 octobre 2020
Réalisé par : Jim O'Hanlon
Durée : 54 minutes
Le destin de la famille Helstrom repose entre les mains d'Ana…

La critique

rédigée par
Publiée le 01 juin 2021

Au mois de mai 2019, lorsque la plateforme Hulu annonce l'arrivée prochaine de la série Helstrom, produite par Marvel Televison en partenariat avec ABC Signature, les fans de Marvel ont sérieusement de quoi être interpellés. Avec son ton horrifique assumé et ses personnages particulièrement sombres, la série se présente en effet comme l'une des productions venant lancer le nouveau cycle de Marvel Television, surnommé Adventure into Fear. Hélas, voguant de déconvenues en déconvenues, la société de production ne parvient pas à lancer son nouvel univers partagé, et Helstrom sort finalement sur Hulu le 16 octobre 2020, dans l'indifférence générale. Surprise de taille néanmoins, Helstrom est l'une des séries figurant au catalogue de Star, le sixième univers de Disney+ déployé le 23 février 2021 sur plusieurs territoires, et notamment en France ; la série devient alors, en dehors des États-Unis, une série estampillée Star Original.
Jamais vraiment effrayante et bien trop terne et fade, tant dans son scénario que dans sa photographie, Helstrom accumule les faux pas et ne tarde pas à rejoindre Inhumans dans le cercle très fermé des séries Marvel les plus dispensables.

Au début du mois de mai 2019, Marvel Television annonce donc se lancer pour Hulu dans la production de deux séries destinées à entamer un cycle inédit appelé Adventure into Fear : Ghost Rider et Helstrom. Avec ces deux premiers programmes, Marvel Television a en réalité l'ambition de recréer un petit univers partagé au sein du bien plus vaste Marvel Cinematic Universe, à l'image de ce que le studio télévisé avait déjà proposé en 2015 avec la saga des héros Urbains sur Netflix, entamée avec Daredevil. Jeph Loeb, alors Vice-Président Exécutif de Marvel Television, explique qu'il a la volonté de mettre en place un univers dans lequel les séries du cycle Adventure into Fear sont interconnectées et où les anti-héros souvent monstrueux sont craints par leur entourage comme par la population.
Prévue pour ouvrir ce cycle qui semble sur la papier des plus ambitieux, Ghost Rider suscite immédiatement l'engouement des fans de la série Les Agents du S.H.I.E.L.D., en promettant le retour de Gabriel Luna dans le rôle du motard enflammé Robbie Reyes, un personnage qui a déjà fait rugir sa bécane dans la quatrième saison des aventures de Phil Coulson et de son équipe. Bien qu'il la présente comme une toute nouvelle histoire et non comme un « simple » spin-off des (Les) Agents du S.H.I.E.L.D., Jeph Loeb indique tout de même que quelques références aux précédentes aventures de Robbie Reyes sur le petit écran seront bien présentes dans Ghost Rider, ancrant de fait pleinement ce nouveau cycle horrifique dans le MCU. Malheureusement, le 25 septembre 2019, le couperet tombe : Ghost Rider est annulée en pleine pré-production, Marvel Television et Hulu se justifiant par une assertion qui laisse plus d'un fan songeur : des différends créatifs irréconciliables empêchent tout bonnement la série de poursuivre son développement.

Le 15 octobre 2019, moins d'un mois après l'annulation de Ghost Rider, et alors que le projet Adventure into Fear a déjà sérieusement du plomb dans l'aile, Kevin Feige, le grand architecte du MCU et Président de Marvel Studios, est officiellement nommé Chief Creative Officer chez Marvel, ce qui lui octroie de facto un contrôle total sur les productions de Marvel Television et de sa filiale, Marvel Animation. Désormais seule rescapée du nouvel univers horrifique prévu pour Hulu, Helstrom continue bon gré mal gré sa production, alors qu'en coulisses tout périclite ; le processus de fusion entre l'unité cinématographique et le studio télévisuel de Marvel est déjà lancé à plein régime. En décembre 2019, Marvel Television est officiellement absorbé par Marvel Studios, et les annulations de séries en cours de diffusion ou en phase de développement pleuvent : Cloak & Dagger (Freeform) est annulée en octobre 2019 au terme de deux saisons, suivie de peu par Runaways (Hulu) au mois de novembre après trois saisons ; quant aux nombreux programmes animés pour adultes annoncés pour Hulu, et qui étaient à l'origine destinés à former le cycle Offenders, seules les séries M.O.D.O.K. et Hit-Monkey parviennent à en réchapper de justesse, Tigra & Dazzler, Howard the Duck et The Offenders passant à la trappe. Suite à la disparition de Marvel Television, une chose est en tout cas certaine : maintenant que Kevin Feige est à la barre, Disney+ est destinée à accueillir les prochaines séries Marvel, avec un ancrage dans le MCU bien plus profond et solide qu'il ne l'était durant l'ère de Marvel Television.

Au final, Helstrom devient bien malgré elle la toute dernière série en prises de vues réelles produite par Marvel Television, et force est de constater qu'elle n'a rien d'un baroud d'honneur pour le studio qui a su si souvent proposer avant elle des séries engageantes sur des plateformes et des chaînes de télévision très diverses. Pour finir d'enfoncer le clou, Helstrom perd la mention « Marvel » présente à l'origine dans son titre, quand le créateur de la série Paul Zbyszewski, lui, fait complètement machine arrière en octobre 2020, pour annoncer que la série ne fait pas partie du MCU, en contradiction totale avec ce qui avait été annoncé jusqu'alors. Pourtant, il est évident que le programme a été entièrement pensé pour intégrer l'univers super-héroïque, comme en témoignent quelques petits détails cachés et plusieurs références, tels une station-essence appartenant à la société Roxxon aperçue dans l'épisode pilote ou encore des coupures de presse. Avec ses clins d’œil à la série Ghost Rider avortée, Helstrom est le dernier témoin de ce qui aurait dû être une exploration inédite de tout un pan plus méconnu des comics Marvel ; sans la création de l'univers dans lequel elle était censée éclore, en revanche, elle n'est plus qu'une œuvre médiocre dont la genèse mouvementée est plus fascinante que la série elle-même. Un comble.

À la barre de ce bateau ivre se trouve Paul Zbyszewski. Scénariste et producteur né en 1970, Zbyszewski débute sa carrière en 2001 dans la version étasunienne du jeu télévisé Le Maillon Faible (NBC), où il officie en tant qu'auteur, avant de co-écrire avec Craig Rosenberg le scénario du film Coup d'Éclat, sorti en 2004 sur grand écran avec Pierce Brosnan et Salma Hayek dans les rôles-titres. En 2005, Paul Zbyszewski entame ensuite un partenariat avec ABC Signature ; avec le studio, il créé pour la chaîne ABC la série télévisée Day Break, dont la diffusion démarre à l'automne 2006. Day Break ne rencontre toutefois pas son public, si bien qu'elle est déprogrammée en milieu de saison, laissant les spectatrices et spectateurs découvrir les épisodes non-diffusés sur le site officiel d'ABC. En 2009 et 2010, Zbyszewski est ensuite engagé en qualité de producteur et occasionnellement de scénariste sur les Saisons 5 et 6 de Lost, Les Disparus, avant de rejoindre l'équipe créative des (Les) Agents du S.H.I.E.L.D., pour laquelle il produit l'immense majorité des épisodes des quatre premières saisons.
Pour Marvel Television, il développe donc en 2020 la série Helstrom, qui met en scène Daimon Helstrom et sa sœur, Ana, deux êtres aux pouvoirs surnaturels que tout oppose, mais qui tentent chacun de leur côté de se débarrasser de la lie de l'humanité et des démons qui rôdent dans les ténèbres.

Malgré une production chaotique et un contexte de création pour le moins particulier, Helstrom ne débute pas si mal. Mieux même, elle laisse présager durant ses premières minutes d'une proposition créative convaincante et très éloignée du MCU, parvenant sans mal à se montrer suffisamment engageante pour donner au public l'envie de plonger en immersion dans ce tout nouvel univers. La série s'ouvre d'ailleurs sur une scène plutôt efficace dans laquelle spectatrices et spectateurs font la connaissance du Docteur Louise Hastings. En un simple mouvement de caméra présentant les objets posés sur son bureau, le personnage est parfaitement introduit, en même temps que le décor est planté, à travers les quelques plans présentant les lugubres couloirs déserts de l'institut Sainte-Thérèse pour patients atteints de troubles mentaux. Occupée à rédiger un rapport sur son ordinateur, Louise est rapidement tirée de son travail par une série d'évènements paranormaux qui la poussent à prendre les choses en main, et cela alors même qu'elle est complètement démunie face à cette énième menace démoniaque qui empoisonne son existence depuis vingt ans.
Très bien menée, cette première scène introduit superbement non seulement l'un des personnages secondaires les plus attachants dans Helstrom, mais aussi et surtout l'une des principales menaces de la série, en la personne de Victoria Helstrom/Mère, sans même que l'antagoniste ne soit encore apparue à l'écran. Une scène d'à peine deux minutes débordant d'efficacité qui ne réinvente pas la poudre, certes, mais qui se trouve toutefois sublimée par quelques plans vraiment réussis.

Malheureusement, après cette jolie introduction pleine de promesses, Helstrom peine à réitérer l'exploit, tant sa qualité fléchit à mesure que les épisodes passent. En vérité, tout dans Helstrom transpire le déjà-vu, et le programme n'arrive jamais à se forger une identité propre, se reposant sur des clichés de réalisation mille fois vus auparavant dans d'innombrables séries où le fantastique fleurte avec l'horreur, comme Supernatural (The CW) ou bien Constantine (NBC). De trop nombreuses scènes de tension sont en prime fréquemment mal montées ou coupées trop abruptement pour laisser l'angoisse s'installer ; quant aux démons, qui sont pourtant la principale menace de la série, ils ne parviennent jamais à déclencher le moindre sentiment de peur chez les spectatrices et spectateurs. Une fois les premiers épisodes passés, les seuls qui tentent d'installer une atmosphère angoissante, la série échoue totalement dans le registre horrifique ; Helstrom semble d'ailleurs baisser les bras en cours de route pour ne plus offrir que quelques rares scènes sanglantes qui sont pour leur part bien exécutées techniquement parlant, mais très convenues et fades.

Il faut dire que Helstrom n'est pas aidée par une direction artistique très inspirée, même si de bonnes idées parviennent péniblement à se démarquer. L'utilisation de la musique notamment, plutôt discrète durant une bonne partie de la série, est plutôt juste ; la bande-originale souligne très bien les rares scènes d'angoisse et d'action en abusant de sons très métalliques et de bruits sourds, le tout soutenu à l'occasion par des cordes stridentes. Certes, il n'y a là rien de révolutionnaire ou qui n'ait été entendu ailleurs auparavant, mais les compositeurs Danny Bensi and Saunder Jurriaans n'ont cependant pas à rougir de leur partition, qui fait preuve de son efficacité tout au long de Helstrom.
Du côté des effets visuels, assez peu nombreux, ils sont eux aussi bien réalisés dans l'ensemble, sans jamais étonner néanmoins ; rien n'est jamais grandiose dans Helstrom, rien ne parvient à rappeler au public qu'il s'agit-là d'une adaptation de comics, et rien ne semble pouvoir différencier le programme d'une banale série fantastique diffusée sur n'importe quelle autre plateforme ou chaîne américaine. L'éclairage et le traitement des couleurs dans la série, enfin, sont complètement ratés. La plupart des scènes donnent au public le sentiment qu'un filtre bleuté est posé devant l'objectif de la caméra, tant les décors, dont le pourtant très bel Institut Sainte-Thérèse, sont ternes. Vraisemblablement, il y a ici la volonté d'ancrer la série dans la ville de Portland, dans l'Oregon, réputée pour ses pluies fréquentes et son ciel nuageux, tout en donnant à Helstrom une ambiance morne et sans vie, insistant sur l'absence d'espoir possible pour les héros rattrapés par leur passé. Toutefois, la réalisation est si maladroite que durant les scènes nocturnes en intérieur, les plans deviennent rapidement très sombres et presque dénués de contraste, rendant la lecture de l'action présentée à l'écran pénible. Ces problèmes sont d'autant plus préjudiciables que Helstrom n'est pas dénuée de toute ambition artistique ; certains plans très esthétiques se détachent de cette bouillie bleuâtre et montrent bien, de nouveau, à quel point la série gâche son potentiel.

Le scénario de Helstrom, sans être véritablement mauvais, peine lui aussi à convaincre. À dire vrai, les éléments les plus intéressants de l'histoire, et notamment l'enfance des personnages principaux Daimon et Ana ou encore les origines de leur père, un tueur en série notoire, sont presque inexploités, le public devant se contenter de quelques bribes de réponses disséminées çà et là au fil de la saison. Au final, spectatrices et spectateurs sont laissés sur le carreau, suite à l'annulation manu militari de la série par Marvel Studios, laissant le public avec la frustration d'avoir visionné une série dont il se rend compte qu'elle a un potentiel terriblement sous-exploité, et alors même que le dernier épisode suggère que la mythologie des personnages devait tenir une place importante dans la seconde saison.
Si les cas de possessions et la quête vengeresse d'Ana et de Daimon semblaient être sur le papier les éléments les plus intéressants du scénario, c'est ultimement le drame familial, incarné par la condition misérable de leur mère, Victoria Helstrom, qui porte la série à bout de bras. Jamais Helstrom n'est aussi intéressante que lorsqu'elle se pose un instant pour laisser ses personnages respirer, au lieu de les faire partir en vadrouille à la poursuite d'un humain possédé. Le cinquième épisode de la série, qui est sans aucun doute l'un des meilleurs, repose d'ailleurs presque entièrement sur la lutte intérieure que mène Victoria Helstrom face à ses propres démons. Véritablement touchant, cet épisode de mi-saison offre un dernier moment de répit bienvenu aux spectatrices et spectateurs, avant que Helstrom ne commence sérieusement à dérailler en multipliant les sous-intrigues trop nombreuses et mal développées et en déployant une histoire globalement ennuyeuse.

Au cœur de la série se trouve Daimon Helstrom, un jeune professeur d'éthique qui possède de multiples pouvoirs, dont celui d'exorciser les démons. Chez Marvel Comics, Roy Thomas, Gary Friedrich et Herb Trimpe font apparaître Daimon Hellstrom dans les pages de Ghost Rider #1 en septembre 1973 avant que ses origines et son histoire ne soient plus amplement dévoilées dans les numéros #12 à #24 de Marvel Spotlight : The Son of Satan. Durant sa première apparition, Daimon est présenté comme étant le fils de l'humaine Victoria Wingate et de Satan. Le démon, se sachant immortel mais résolu néanmoins à parer à toute éventualité, décide d'adopter une apparence humaine afin de séduire une jeune femme qui pourrait lui donner un héritier. Bien plus proche de sa mère que de son diable de père, Daimon se raccroche à son humanité et manque de se faire ordonner prêtre, avant de finalement découvrir sa part d'obscurité. Quelques années plus tard en 1994, il est révélé dans la série Hellstorm : Prince of Lies, dans laquelle le personnage altère légèrement son nom de famille, que le père de Daimon est en réalité le démon Marduk Kurios, qui s'est fait passer pour Satan.
C'est l'acteur britannique Tom Austen (The Royals, E!) qui prête ses traits à Daimon pour la série Helstrom, dans laquelle le nom de famille des personnages se voit d'ailleurs amputé d'une lettre L, sans doute dans un effort d'atténuer le côté quelque peu caricatural du matériau d'origine. Si, dans les comics, Daimon adopte immédiatement le surnom de Fils de Satan, embrassant d'une certaine manière son héritage infernal afin de mieux mener une vendetta contre son père, dans la série, le personnage est beaucoup plus effacé et morose. Les origines de Daimon y sont d'ailleurs partiellement réécrites, puisqu'il devient le fils d'un tueur en série démoniaque qui a trouvé la mort quelques temps après avoir kidnappé la sœur de Daimon, Ana. Resté vivre seul avec sa mère Victoria, Daimon voit son ultime repère s'écrouler lorsque cette dernière est internée à l'Institut Sainte-Thérèse. Depuis ce jour, le jeune homme dédie sa vie à tenter de libérer Victoria de l'emprise de Mère, la créature infernale qui a pris possession de son corps il y a bien des années de cela. Helstrom substitue de manière très intéressante la croisade de Daimon contre son père dans les comics par une mission non moins difficile : le sauvetage de sa mère. Plus personnelle, la bataille que livre Daimon est l'une des intrigues les plus intéressantes de la série, mais le personnage manque trop d'épaisseur psychologique pour parvenir à rallier spectatrices et spectateurs à sa cause ; ces défauts apparaissent plus nettement encore à travers l'interprétation de Tom Austen, dont le jeu est parfois trop rigide et dénué d'émotions.

Ana Helstrom, la sœur de Daimon, est quant à elle interprétée par la talentueuse Sydney Lemmon, qui a joué avant cela dans quelques épisodes de séries télévisées, parmi lesquelles Fear the Walking Dead (AMC) ou encore Succession (HBO). Apparue adulte pour la première fois en octobre 1973 dans les pages de Vampire Tales #2 sous la coupe de Roy Thomas et de John Romita Sr., Satana Hellstrom semble à ses débuts bien plus encline à faire le mal que son frère Daimon. Il faut dire que durant son enfance, Satana a été entraînée par son père à la pratique des arts occultes ; contrairement à Daimon, la jeune femme a pleinement embrassé ses origines infernales et s'est vouée corps et âme à Satan, qui l'a conduite en enfer. Devenue adulte, et alors qu'elle est envoyée en mission sur Terre, Satana refuse de prendre l'âme du seul mortel qu'elle respecte, Michael Heron ; ce faisant, elle s'attire les foudres de son père qui la bannit de la dimension infernale.
Le personnage, renommé Ana dans Helstrom, est bien plus plaisant à découvrir que celui de Daimon, et elle est la seule à pouvoir amener un brin de légèreté dans une série qui se prend décidément trop au sérieux. Accompagnée de son meilleur ami Chris Yen (joué par le fringuant Alain Uy, qui est notamment apparu dans la série de HBO True Detective), Ana dirige une salle d'enchères le jour, mais c'est la nuit qu'elle révèle son vrai visage. Traumatisée par la cruauté de son père et les actes qu'il l'a forcée à commettre avec lui, Ana utilise désormais ses pouvoirs pour aspirer l'énergie vitale des criminels. Délicieusement sarcastique et prête à tout pour arriver à ses fins, Ana devient de plus en plus attachante au fil des épisodes, à mesure qu'elle laisse entrevoir ses failles, le personnage étant sublimé par le jeu de Sydney Lemmon qui lui offre juste ce qu'il faut de fragilité.

La bien nommée Elizabeth Marvel, qui a déjà tenu le rôle de Heather Dunbar dans House of Cards (Netflix) et celui d'Elizabeth Keane dans Homeland (Showtime), incarne pour sa part le rôle de Victoria Helstrom, la mère de Daimon et Ana. Très peu présente dans les comics en comparaison de sa progéniture démoniaque, la première apparition de Victoria remonte à Marvel Spotlight : The Son of Satan #13 en janvier 1974. Dans ces pages, la jeune femme y est décrite comme une belle ingénue qui tombe immédiatement sous le charme de Satan, déguisé en être humain. Un jour, Victoria surprend son mari et sa jeune fille Satana en train de pratiquer un sacrifice sataniste ; là, Satan révèle son vrai visage à Victoria qui, pétrifiée d'horreur, perd immédiatement la raison et passe le restant de ses jours internée.
Alors que son rôle est somme toute mineur chez Marvel Comics, Victoria vole véritablement la vedette dans Helstrom. Suite au départ de son mari, qui a emmené de force sa fille Ana avec lui, Victoria tente de garder la raison, attendant jour après jour le retour de son enfant. Internée à l'Institut Sainte-Thérèse alors que Daimon est encore un tout jeune homme, Victoria devient le réceptacle d'un puissant démon, d'abord surnommé Mère, qui prend peu à peu l'ascendant sur son esprit. À chacune de ses apparitions, Elizabeth Marvel crève l'écran dans son double rôle, à la fois tendre et maternelle quand elle joue Victoria, avant de se faire menaçante en un claquement de doigts lorsqu'elle endosse le rôle de Mère. Son interprétation est tout simplement stellaire, et de loin la meilleure de la série Helstrom.

Parmi les autres personnages gravitant autour de la décidément bien dangereuse famille Helstrom se trouve en premier lieu la très irritante Gabriella Rosetti, campée par Ariana Guerra (Comment Élever un Super-Héros, Netflix), et qui se trouve être une réécriture féminine du personnage de Gabriel le chasseur de démons, apparu dans les séries Haunt of Horror, Fantastic Four et Hellstorm : Prince of Lies. Nonne en formation envoyée par le Vatican à Portland, le personnage de Gabriella souffre de quelques problèmes d'écriture ; tour à tour incrédule et imprudente avant de se voir réduite au rôle de demoiselle en détresse à mesure que le récit se déroule, elle est l'archétype du personnage qui pense être de taille à lutter dans une guerre qui la dépasse de loin. Gabriella ne parvient en réalité à se révéler intéressante qu'à la toute fin de la série ; trop tard, donc.
À l'inverse, June Carryl (Mindhunter, Netflix), joue avec brio le personnage du Docteur Louise Hastings. Grande connaisseuse des arts occultes et pourfendeuse de démons dans les comics, Louise incarne bien plutôt une figure maternelle pour Daimon dans Helstrom, après s'être occupée de lui du mieux qu'elle le pouvait suite à l'internement forcé de sa mère. Magnifique et touchante, June Carryl déborde d'humanité dans ce rôle de mère de substitution, forcée de s'occuper de la terrifiante famille Helstrom depuis vingt ans.
Enfin, l'immense Robert Wisdom, dont les apparitions, souvent secondaires au cinéma, s'étalent des films Volte/Face (1997) à Mon Ami Joe (1998) en passant par Ray (2004), The Dark Knight Rises (2012) ou encore Brooklyn Affairs (2019) jusqu'à la télévision, avec ses grands rôles dans les séries Sur Écoute (HBO), Prison Break (FOX) ou bien The Fix (ABC), endosse de façon convaincante le rôle de Henry, dit le Fossoyeur. Membre du groupe des Blood, une organisation aux méthodes discutables qui opère dans l'ombre pour débarrasser la Terre des démons depuis des générations, Henry partage un lien tout particulier avec Ana, sur qui il s'est efforcé de veiller durant son enfance. Henry, grâce à l'interprétation juste et au charisme inégalable de Robert Wisdom, est un bon personnage, mais il souffre lui aussi de problèmes d'écriture, en partie à cause de l'annulation de la série Ghost Rider, qui a fatalement amputé une large partie de son développement. Apparaissant fréquemment aux côtés du motard au crâne enflammé dans les comics, ainsi que dans l'adaptation douteuse du personnage sortie au cinéma en 2007, sous les traits de Sam Elliott dans un rôle fortement altéré toutefois, le Fossoyeur était destiné à tenir un rôle crucial dans le cycle Adventure into Fear envisagé par Marvel Television, tant il devait être lié à plusieurs des personnages les plus sombres de Marvel.

Outre son scénario bancal et ses trop nombreuses errances artistiques, Helstrom est-elle une bonne adaptation de comics en série ? La réponse n'est pas si certaine. Pour beaucoup, les réinterprétations à l'écran de l'histoire de Satana et de Daimon Hellstrom sont bien trouvées. Ana possède toujours ses pouvoirs de succube dans la série, bien qu'elle ne se nourrisse plus directement de l'âme de ses victimes, et son goût prononcé pour les armes est présenté d'une façon intelligente à l'écran. La meilleure idée de Helstrom reste cependant d'avoir conservé le personnage de Victoria bien vivant, et plus encore, d'avoir axé tout l'enjeu de la série sur son sauvetage impossible. De là découlent de très jolis moments où la famille déchirée tente de renouer des liens ; les quelques scènes partagées par Victoria et Ana, notamment, comptent parmi les meilleures de Helstrom. À l'inverse, la trop rare exploration du passé de la famille nuit grandement à la série, qui peine vraiment à rendre Daimon attachant. Une scène très puissante durant le huitième épisode vient toutefois apporter une nuance bienvenue à la psychologie de Daimon. Malheureusement, le développement du personnage s'arrête net à compter de la fin de cet épisode, et pour le reste de la série. De manière générale, Helstrom manque singulièrement non seulement de fun, mais également de toute la flamboyance paradoxale des comics, présente même dans les aventures les plus noires des héros. Helstrom, à l'inverse, hésite toujours à explorer des recoins vraiment sombres, se contentant d'être tout juste terne.
La série s'en sort-elle mieux dans les registres du fantastique et de l'horreur ? Là encore, Helstrom nage en permanence entre deux eaux. Dans ses premières scènes, le programme tente bien d'installer une atmosphère angoissante, en mettant en place toute une mythologie autour des démons dont l'exploration seule aurait largement suffi à rendre la saison intéressante. Bien vite, toutefois, le scénario semble hésiter entre le format du « possédé de la semaine » dans ses premiers épisodes, le drame familial, l'horreur psychologique et les démonstrations de violence plus frontales en de très rares occasions, quand ce qui fait précisément la force de la scène d'ouverture relève de l'invisible et de la puissance encore méconnue de la menace enfermée dans les bas-fonds de l'Institut Sainte-Thérèse. À force de constamment jongler entre ses différentes intrigues et en abandonnant progressivement son ambiance lugubre pour devenir une énième série fantastique aussitôt vue, aussi oubliée, Helstrom accumule contre elle les griefs et s'égare complètement en chemin.

Dernière série produite par Marvel Television avant son absorption par Marvel Studios, Helstrom a toutes les peines du monde à justifier de son existence. Anomalie pure et simple pensée d'abord pour intégrer le MCU avant d'en être écartée, de manière plus ou moins officielle, d'une pichenette, Helstrom vivote dans son propre univers où les monstres n'ont d'effrayant que le nom et où le héros principal évolue parfois sous perfusion. Seules quelques scènes poignantes emmenées par une Elizabeth Marvel magistrale, soutenue par les excellentes Sydney Lemmon et June Carryl, parviennent à rendre intéressant le drame familial qui se déroule en toile de fond de Helstrom, qui échoue en dehors de cela dans tous les registres, malgré un potentiel certain.

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