Star Wars
Les Derniers Jedi

Titre original :
Star Wars : The Last Jedi
Production :
Lucasfilm Ltd.
Date de sortie USA :
Le 15 décembre 2017
Genre :
Science-fiction
IMAX
3-D
Réalisation :
Rian Johnson
Musique :
John Williams
Durée :
152 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Rey retrouve Luke Skywalker et lui demande de la guider vers le chemin de la Force... Pendant ce temps, la Résistance doit se remettre de la chute de la Nouvelle République et combattre le Premier Ordre.

La critique

rédigée par
Publiée le 14 décembre 2019

Star Wars : Les Derniers Jedi est surprenant à plus d'un titre et devient malgré lui le film Star Wars le plus controversé de la saga. D'une beauté esthétique indéniable, il ose beaucoup de choses dans son récit et casse même certains codes de la franchise tout en étant généreux dans ses révélations et ses surprises. Le spectacle est total, le divertissement et les frissons sont là. Pourtant, ce huitième épisode aura amené un nombre incroyable de débats de par son histoire et ses personnages qui prennent parfois des chemins étonnants, parfois même déstabilisants. Et alors que la presse a plutôt bien accueilli le long-métrage, le fan de Star Wars n'en est, lui, pas ressorti indemne. Malheureusement, quelques individus isolés donneront une image détestable des passionnés comme aucun autre film ne l'aura jamais fait auparavant. Star Wars : Les Derniers Jedi restera ainsi un cas d'école, plus pour le « monstre » qu'il aura engendré que pour le film en lui-même. Ce dernier n'a, en effet, pas grande chose à se reprocher mis à part d'avoir essayé de proposer des choses nouvelles qui ont juste eu le malheur de ne pas plaire à une minorité bruyante.

Le 30 octobre 2012, à la surprise générale, George Lucas annonce avoir vendu son entreprise ainsi que la totalité des droits sur ses films, dont Star Wars et Indiana Jones, à The Walt Disney Company. La nouvelle fait l’effet d’une bombe chez les fans et les professionnels du cinéma. Pourtant, ce rachat apparaît totalement logique. Tout d'abord, Disney a déjà prouvé sa parfaite capacité à digérer de précédentes franchises acquises : Les Muppets en 2004, Pixar en 2006 et Marvel en 2009. De plus, les deux labels (Disney et Lucasfilm) ont toujours eu des liens forts, non seulement de par les valeurs véhiculées dans leurs films mais aussi la maîtrise de l’art du marchandisage sans parler de leurs collaborations dans les parcs à thèmes. Star Tours, rebooté avec succès en 2011, est en effet toujours une valeur sûre des Resorts Disney. Les différentes attractions inspirées d’Indiana Jones sont elles aussi très populaires, que ce soit Indiana Jones Adventure: Temple of the Forbidden Eye (Disneyland), Indiana Jones Epic Stunt Spectacular! (Disney's Hollywood Studios), Indiana Jones Adventure: Temple of the Crystal Skull (Tokyo DisneySea) ou Indiana Jones et le Temple du Péril (Disneyland Paris).

Cerise sur le gâteau, en même temps que le rachat, Disney annonce la sortie de Star Wars : Le Réveil de la Force pour 2015, le 18 décembre 2015 précisément, premier volet d’une nouvelle trilogie que les fans n’attendaient plus... Il n’y avait, il est vrai, plus eu de film Star Wars depuis dix ans ! Les aficionados étaient aux aguets et le résultat finalement à la hauteur des attentes, faisant de Star Wars : Le Réveil de la Force un véritable raz-de-marée. Pourtant, une sortie à Noël n’était pas une date habituelle pour la saga et il y avait un (petit) risque que le succès soit freiné par les fêtes ou le mauvais temps. Que nenni : rien n'a résisté à Star Wars VII ! Plus de 2 milliards de recettes mondiales (soit le troisième film à réaliser cet exploit à l'époque après Titanic et Avatar) dont 936 rien qu’aux États-Unis (un record absolu dépassant de 175 millions de dollars le précédent détenu par Avatar - encore lui !). En France, avec plus de dix millions d’entrées, il obtient le meilleur résultat pour un film américain depuis Avatar (toujours lui !) en 2009. Plébiscité par la presse des deux côtés de l'Atlantique, le public a embrassé le film même si certains spectateurs ont reproché à J.J. Abrams, le réalisateur du nouveau Star Wars, de n'avoir livré qu'un copier / coller de Star Wars : Un Nouvel Espoir dans son scénario et ses planètes visitées. En revanche, tous s'accordent sur les nouveaux personnages jugés ultra-attachants. Rogue One : A Star Wars Story, le premier spin-off de Star Wars, arrive l'année suivante. Aussi bien accueilli par la critique, le public et les fans, tous saluent sa qualité. Et c'est encore un énorme succès pour la saga puisqu'il rapporte plus d'un milliard de dollars dans le monde dont 536 rien qu'aux États-Unis tandis qu'en France, il fait plus de cinq millions d'entrées.

Quand Disney rachète les droits de Star Wars, il se trouve que George Lucas a déjà écrit une première esquisse des trois épisodes suivants qui évolueront toutefois beaucoup sous la direction de Kathleen Kennedy, la nouvelle responsable de Lucasfilm Ltd.. En août 2014, elle annonce en effet qu'elle a choisi Rian Johnson pour écrire et réaliser le deuxième volet de la postlogie.
Né le 17 décembre 1973 dans le Maryland aux États-Unis, Rian Johnson grandit à San Clemente en Californie. Après le lycée, il fait ses études à l'University of Southern California, School of Cinematic Arts, décrochant son diplôme en 1996. Durant son cursus, il écrit, réalise et monte son premier court-métrage, Evil Demon Golfball From Hell!!!, une comédie horrifique. À la sortie de l'université, il a rapidement une idée pour son premier long-métrage mais sa recherche de financement lui demande du temps. En attendant, il réalise donc quelques spots publicitaires pour Disney Channel et assume le poste de monteur sur May, un film d'horreur à petit budget sorti en 2002. Rian Johnson arrive finalement à récolter les 500 000 dollars dont il a besoin pour réaliser son tout premier film Brick, un drame criminel avec dans le premier rôle Joseph Gordon-Levitt. Il présente son long-métrage en 2005 au Sundance Film Festival et y gagne le prix du jury pour sa vision originale. Focus Features en achète alors les droits et le propose au cinéma l'année suivante, lui apportant ainsi une certaine notoriété auprès des critiques. Son deuxième film, Une Arnaque Presque parfaite, lui fait changer de genre en développant une comédie dramatique d'escroquerie. Sorti en 2008 via Summit Entertainment, il est cependant moins bien accueilli. Rian Johnson s'essaye alors la réalisation d'épisodes télé notamment sur la série Breaking Bad. Son troisième film, Looper, sort en 2012 chez TriStar Pictures avec en têtes d'affiche Joseph Gordon-Levitt, Bruce Willis et Emily Blunt. Ce long-métrage de science-fiction lui apporte la reconnaissance attendue tant il est plébiscité par la critique et signe un joli succès public avec un box office mondial de 176 millions de dollars pour un budget d'à peine 30. Cette étape brillamment franchie lui ouvre les portes de Lucasfilm, Ltd. qui lui confie la réalisation de Star Wars : Les Derniers Jedi. Disney et Lucasfilm sont alors tellement ravis du résultat, avec une production qui s'est passée sereinement, qu'ils lui donnent, avant même la sortie de l'Épisode VIII, la mission d'écrire une nouvelle trilogie pour Star Wars, indépendante de la saga Skywalker, et d'en réaliser le premier opus. Entretemps, il écrit et réalise en 2019 le thriller à énigme À Couteaux Tirés porté par d'excellentes critiques et un bon bouche-à-oreille.
Il faut dire que le réalisateur est pour l'instant un cas un peu à part dans les derniers films Star Wars : il n'y a eu aucune vague sur le tournage de son film. Même J.J. Abrams, dont la production de Star Wars : Le Réveil de la Force s'était relativement bien passée malgré la pression sur ses épaules, n'avait pas connu une telle sérénité tout le long du processus de production. Gareth Edwards a dû accepter, lui, de gros reshoots sur Rogue One : A Star Wars Story ; quant à Phil Lord et Christopher Miller, ils ont carrément été virés de Solo : A Star Wars Story pour être remplacés par Ron Howard tout comme Colin Trevorrow, débarqué de l'Épisode IX pour voir revenir à sa place J.J. Abrams.

Star Wars : Les Derniers Jedi étonne rapidement par la richesse de ses thématiques. Ce qui frappe principalement dans le film, c'est le manque d'espoir qui transparaît bien vite. Suite aux événements de l'épisode précédent et la destruction de la Nouvelle République, la Résistance est, en effet, en forte mauvaise posture et la lumière de la liberté est sur le point de s'éteindre. Le huitième opus montre vraiment cet état de fait et amène les spectateurs à ressentir la précarité de la situation de la Résistance. Le Côté Lumineux diminue comme peau de chagrin sous les coups de butoir du Côté Obscur et de la tyrannie du Premier Ordre. Mais blanc ou noir, chacun des deux camps essaye de l'emporter sur l'autre. Le plus intéressant est alors peut-être ce qui se trouve entre les deux. La grande majorité qui ne se bat pas et qui laisse faire d'un côté ou de l'autre, ou pire, qui profite des deux. En cela, la scène du casino dans la ville de Canto Bight est passionnante à plus d'un titre car elle met bien en perspective ce qu'est devenue la galaxie. Elle s'est recroquevillée sur elle-même, sans croyance ni foi, l'égoïsme prenant le pas sur l'intérêt général. Le film devient en ce sens un peu le miroir de son époque quand les individus perdent l'intérêt pour les combats communs pour se concentrer sur leur propre survie ou leur propre bien-être. La postlogie est ainsi parfaitement ancrée dans son temps où le pessimisme, le laissez-faire et l'individualisme priment sur toute chose.

Le film montre aussi comment la nouvelle génération essaye de naviguer dans un univers qui a été façonné par les aînés et dont la trace reste incroyablement présente. Il est question d'héritage dans la postlogie, là où la prélogie mettait l'accent sur la politique et la trilogie sur l'héroïsme. Star Wars : Les Derniers Jedi est la pierre de voûte de cette réflexion sur la passation. Les mentors étaient déjà très présents dans les précédents films, mais le huitième épisode va à contre-courant du propos de ses prédécesseurs. Ils sont, ici, réfractaires à transmettre leur savoir. L'ancienne génération a fait des erreurs et ne veut pas (plus) prendre part au combat. Cette idée est particulièrement vraie avec le personnage de Luke Skywalker. Là où le public attendait un vieux sage prêt à jouer les héros une nouvelle fois, Rian Johnson propose plutôt un vieil ermite ressassant ses erreurs passées et se lavant les mains de la situation de la galaxie, croyant que son intervention ne pourrait que faire empirer les choses. Une autre idée effleurée est celle où l'ancienne génération laisse de côté les jeunes dans les prises de décision. Les personnages de la Vice Amirale Amilyn Holdo ou de la Générale Leia Organa ne se rendent pas compte que les "petits nouveaux" ont désormais besoin d'être intégrés aux prises de décisions. Les laisser dans le flou des situations n'est pas des plus habile car ils ont besoin d'agir pour essayer de faire bouger les choses. Ce manque de compréhension entre ces deux générations est une image proche de celle vécue dans la réalité où les jeunes essayent de trouver une vague d'espoir dans un quotidien qu'ils trouvent lugubre et d'agir pour un futur que leurs parents et grands-parents ont hypothéqué dans leur quête de bonheur consumériste. Comme dans la saga Star Wars, là où l'ancienne génération était éprise de liberté, la nouvelle cherche plutôt l'épanouissement dans un monde apaisé.

Rian Johnson se permet d'oser beaucoup de choses dans Star Wars : Les Derniers Jedi, à commencer par casser certains codes de Star Wars dont le schéma de construction des films. Jusqu'à maintenant, y compris dans Star Wars : Le Réveil de la Force, les longs-métrages étaient en effet séparés d'ellipses temporelles. Ici, le huitième épisode débute exactement là où s'est refermé le septième. Autre changement, le découpage en trois actes qui avait été la norme jusqu'à présent est délaissé cette fois-ci. Le réalisateur s'affranchit de ce découpage iconique et jongle avec les séquences des différents personnages en faisant avancer leurs histoires de façon parallèle pour arriver à leur conclusion concomitante. Ce parti pris narratif aboutit ainsi à ce que l'intégralité du film se passe en quelques jours à peine dans la chronologie de l'histoire. En cela, Rian Johnson propose un montage et un déroulé à contre-courant de ce qui a été fait jusqu'à présent dans la saga et apporte un véritable vent de fraîcheur. Seul en réalité le passage sur Crait représente un troisième acte en bonne et due forme offrant une conclusion du film aussi épique que déchirante.

Autre changement de taille, il se remarque une certaine nonchalance dans Star Wars : Les Derniers Jedi. Chaque film Star Wars a, il est vrai, toujours eu une dose d'humour, mais elle semble ici plus présente, gagnant aussi en irrévérence. Des personnages en prennent ainsi pour leur grade et certaines remarques acerbes permettent de bien mettre en avant leur personnalité et, même quelques fois, leur ego surdimensionné. Le début du film donne le ton avec un Poe Dameron qui ridiculise le Général Hux en se moquant de sa mère, insistant ainsi sur le fait que le militaire du Premier Ordre n'est qu'un roquet imbu de sa personne, aboyant plus qu'il ne mord. Une autre scène amusante est celle du fer à repasser où le montage laisse à penser que c'est un vaisseau qui atterrit alors que c'est en réalité un gros plan de la buanderie du Premier Ordre. Une troisième petite séquence plutôt drôle est celle où Chewbacca se met à vouloir manger un Porg rôti, une sorte de pingouin extraterrestre vivant sur la planète Ahch-To. Sauf que les remords vont l'empêcher de savourer son repas. En effet, les congénères survivants du malheureux font des yeux de merlan frit au pauvre Wookie qui n'a plus le cœur à manger sa proie.

Bien que le récit de Star Wars : Les Derniers Jedi se déroule en quelques jours, il est pourtant abondant et généreux. Il s'y passe beaucoup de choses et il propose énormément de révélations. Si le septième épisode était plutôt avare en informations (un bilan normal pour un film censé introduire une nouvelle trilogie), ici c'est manifestement tout l'inverse. Le spectateur reçoit des tonnes de nouvelles. Presque trop en fait. Le long-métrage est parfois trop dense, donnant l'impression d'être plus un film de conclusion que le volet intermédiaire d'une trilogie. Surtout que l'opus n'est pas chiche, non plus, en surprises. Et là encore, elles cassent les codes de la saga. Plusieurs fois, le spectateur sera étonné de ce qu'il voit à l'écran car le réalisateur se permet d'aller au-delà de ce que le public croit devoir arriver. Les théories les plus folles avaient été fomentées entre la sortie de l'Épisode VII et l'Épisode VIII sur divers mystères laissés en suspens dans l'entame de la postlogie. De nombreux fans étaient persuadés que Snoke, le Suprême Leader du Premier Ordre, n'était autre que Dark Plagueis, l'ancien maître de Dark Sidious cité brièvement dans Star Wars : La Revanche des Sith. Rey, quant à elle, s'est vue être la descendante à un moment ou à un autre des anciens Jedi des précédentes trilogies ou des membres de leur famille. Rian Johnson donne presque l'impression de se donner pour devoir d'infirmer toutes les suppositions des passionnés, ce qui forcément va en frustrer plus d'un.

Si les révélations ont déçu quelques spectateurs car elles n'allaient pas dans le sens de ce qu'ils avaient imaginé, une fois le choc absorbé, il faut avouer que les choix sont faits souvent pour le meilleur, particulièrement dans la façon de donner une nouvelle orientation à l'histoire ou à ses personnages. Notamment, ils permettent d'offrir une nouvelle perspective au duo formé par Rey et Kylo Ren. En totale opposition, ils sont aussi incroyablement complémentaires. La première penche plus du Côté Lumineux mais possède également une part d'ombre tandis que le second a plongé dans le Côté Obscur mais garde une part de lumière qui le ronge et le culpabilise. L'une est à la recherche d'une famille hypothétique tandis que l'autre a rejeté la sienne, pourtant réelle et aimante bien que maladroite. Tout donne l'impression qu'ils sont comme deux faces opposées d'une même pièce. Le côté gris et l'ambivalence des deux personnages principaux est réellement ce qui différencie la postlogie du manichéisme de la trilogie originelle. Cet entre-deux renforce encore plus l'aspect mélancolique presque sans espoir qui se dégage de ces nouveaux épisodes.

Pour autant, dans son désir de surprendre le spectateur, il arrive que le réalisateur se prenne les pieds dans le tapis. L'une des scènes les plus discutables est sûrement le sauvetage in extremis de Leia. Projetée dans l'espace, elle arrive par miracle à se hisser dans le vaisseau en faisant appel à la Force de manière inconsciente. Sur le papier, l'idée n'est pas mauvaise car la séquence permet de montrer que la sœur de Luke Skywalker a réussi, en trente ans depuis Star Wars : Le Retour du Jedi, à maîtriser un minimum la Force. De plus, ce n'est pas la première fois que ce genre d'acrobatie par des Jedi, ou en passe de l'être, a été vu dans la saga Star Wars, notamment dans la série Star Wars : Rebels. Pour autant ici, l'exécution et la réalisation du passage pêchent. Là où l'animation permet à ce que l'exagération passe mieux, ici Rian Johnson transforme sans le vouloir Leia en une Mary Poppins de l'espace et propose sûrement la séquence la plus ratée du film alors même que la tension et l'émotion auraient dû être à leur comble.

Toujours sur la réalisation et les choix du réalisateur, il faut à ce stade tordre le cou aussi à un mauvais procès qui pourrait avoir lieu. Non, Star Wars : Les Derniers Jedi n'est vraiment pas une redite de Star Wars : L'Empire Contre-Attaque. Alors bien sûr, il y a quelques réminiscences des précédents opus mais la saga Star Wars a toujours donné dans le rappel et la symétrie de ses épisodes. Ici, il pourra être noté quelques liens comme la bataille d'entame, un entraînement auprès d'un maître Jedi ou encore la visite d'une planète pleine de richesses sans parler d'une autre avec une grande étendue blanche. Mais il serait de mauvaise foi que de parler de remake, même déguisé. Ni dans le déroulé, ni dans le ton, ces rappels ne font, en réalité, penser à l'Épisode V. Il faut plutôt voir cela comme des hommages lointains, voire des clins d'œil. Enfin, si le cinquième épisode se terminait sur une note mélancolique, inversement l'espoir transparaît plutôt à la fin du huitième. Malgré les défaites, les pertes, l'abandon, la flamme de l'espérance ne s'éteint pas. Parfois d'ailleurs, l'étincelle vient de là où personne ne l'attend. Une chose même insignifiante peut représenter la plus grand beauté de l'univers. En cela, la scène de conclusion est tout sauf anodine et en dit finalement beaucoup, montrant comment un ancien héros est désormais une légende ; ses exploits devenant un modèle à suivre pour toute une nouvelle génération.

Les personnages évoluent beaucoup dans Star Wars : Les Derniers Jedi et vont dans des directions que le spectateur n'attendait pas d'eux pour la plupart.
Ce qui étonnera le plus dans le long-métrage est assurément le traitement de Luke Skywalker. Dire que le personnage était resté discret dans Star Wars : Le Réveil de la Force est plus qu'un euphémisme. Son absence avait d'ailleurs frustré plus d'un spectateur. Ici, le vieux Jedi a bien changé. Ermite, il se cache sur la planète reculée d'Ahch-To. Il a autant perdu foi en lui que dans l'ordre Jedi. Le pessimisme de la galaxie se retrouve ainsi jusqu'à l'étendard de l'espoir qu'était le héros Luke Skywalker. Il n'a plus du tout confiance dans ce qui l'a pourtant construit. Ou c'est peut-être son propre manque de foi qui transparaît sur le reste de la galaxie... Clairement, l'ancien héros est à l'opposé total de ce que le public voulait pour lui. Il attendait qu'il livre à nouveau bataille et sauve la Galaxie du joug du Côté Obscur. Rian Johnson a préféré partir dans une autre direction, qui en réfléchissant bien, est cohérente avec le film précédent. Après, il faut avouer que le réalisateur ne ménage pas les fans, comme par exemple dans la façon avec laquelle Luke jette le sabre de son père, sans aucun respect, au moment où Rey le rencontre pour la première fois. Pour autant, la construction du personnage est passionnante et ce qu'il dit, sur la Force et les Jedi, est particulièrement vrai. D'ailleurs, son discours se rapproche plus de la réalité des faits, de ce que la prélogie a raconté, plutôt que de l'aura de légende que la trilogie dépeignait d'eux. Luke a eu le temps en trente ans de sillonner la galaxie et de découvrir combien les Jedi étaient devenus trop sûrs d'eux et du bien fondé de leur ordre. Grâce à ce rôle écrit par Rian Johnson, Mark Hamill livre ici une superbe prestation, apportant beaucoup au personnage et lui donnant un charisme incroyable en particulier dans le dernier acte où il brille de mille feux.

La Générale Leia Organa a aussi une belle présence à l'écran, bien plus que dans l'épisode précédent. Elle essaye tant bien que mal de tenir la Résistance en un seul morceau mais sa tâche est ardue entre les pertes et les officiers qui n'en font qu'à leur tête. Si sa sortie dans l'espace sera vite oubliée, le personnage dispose d'autres beaux moments comme, par exemple, son affrontement emblématique avec son fils à travers la Force, sa confrontation avec Poe Dameron sur la façon de faire vivre l'espoir tout en ne sacrifiant pas inutilement les troupes déjà bien maigres, ses retrouvailles attendrissante avec son frère. Carrie Fisher tient son rôle de façon absolument remarquable et donne une classe incroyable à Leia. Malgré les années passées au combat et les épreuves personnelles, la princesse continue, coûte que coûte, de porter l'étendard de la liberté et de l'espoir. Le décès prématuré de l'actrice le 27 décembre 2016 plonge évidemment les fans dans une terrible tristesse. Un vrai pincement au cœur envahit d'ailleurs le spectateur dans ce qui est là son tout dernier rôle au cinéma même si des rushes de Carrie Fisher coupés lors du montage du premier épisode de la postlogie seront utilisés pour le troisième. Star Wars : Les Derniers Jedi lui est naturellement dédié...

Daisy Ridley reprend son personnage de Rey. La jeune fille est évidemment toujours à la recherche de son identité véritable. Elle vient chercher conseil auprès du Maître Skywalker mais se retrouve face à un mur et se résignera à dénicher un autre moyen pour obtenir des réponses. Le parcours de la jeune fille est intéressant à plus d'un titre car elle finit par accepter ce qu'elle savait au fond d'elle-même mais qu'elle refusait d'admettre. Elle arrive sur Ahch-To perdue à la recherche d'un guide sur la voix de la Force. Au final, celui avec qui elle se connecte n'est pas du tout celui qu'elle aurait cru de prime abord, même si ce rapprochement n'est qu'une manipulation grossière. Le parcours de Rey est intéressant car elle se forge elle-même et accepte sa petite part d'ombre pour réussir à aller de l'avant dans son introspection lui permettant de choisir clairement sa voie : celle de la lumière.
Kylo Ren change lui aussi énormément. C'est même peut-être le nouveau personnage qui gagne le plus d'un film à l'autre. Son principal intérêt, à l'évidence, est d'être beaucoup moins lisse qu'un Dark Vador et permet de surprendre plus d'une fois le spectateur. Il est un méchant complexe car il est rempli d'aspérités, ce qui lui donne une véritable contenance. De l'adolescent colérique du premier volet de la postlogie, il a gardé quelques réminiscences ici. Il se rend alors compte qu'il est manipulé par un mentor toxique tout en étant tiraillé par la culpabilité de ce qu'il a fait à son père. Il décide alors de s'émanciper dans tous les sens du terme, à la fois de ses émotions dévorantes que de sa relation subalterne. Le jeu d'Adam Driver apporte beaucoup au personnage et signe là clairement l'une des grandes réussites de cette trilogie avec un méchant fou et impulsif.

Finn a, quant à lui, droit une présence un peu en retrait dans l'aventure. Ses scènes n'en demeurent pas moins sympathiques et il demeure l'un des personnages-clés pour la survie de la Résistance. Mais là encore, le personnage évolue beaucoup. Après s'être remis de ses blessures subies dans le dernier film, il n'a qu'un objectif : retrouver Rey et la prévenir du danger qu'elle court. Égoïstement, pour lui rien d'autre n'a d'importance. Mais au fur et à mesure de l'aventure, il va se rendre compte que la cause à laquelle il participe, un peu par hasard, mérite finalement de se battre pour elle. La Résistance est la dernière lumière qui brille dans une Galaxie qui a baissé les bras et où certains profiteurs préfèrent s'enrichir grâce à la guerre plutôt que de faire bouger les lignes en combattant l'injustice. John Boyega est, pour sa part, égal à lui-même et livre une prestation convaincante sans forcément briller plus que ça.
Poe Dameron est un autre intervenant qui voit son rôle s'étoffer par rapport au film précédent. Décidément tête brûlée, il fonce sans réfléchir, préférant l'action à l'attente. Il a du mal à penser le coup d'après et surtout il met la vie de ses coéquipiers dans la balance sans penser aux conséquences de ses actes. Il n'arrive pas à accepter les ordres surtout quand ses supérieurs ne lui expliquent pas leurs plans alors qu'en bon militaire, il ne devrait aucunement discuter la stratégie de sa hiérarchie. À la fin, il comprendra enfin l'importance de savoir agir sur le long terme dans le but de garder l'étincelle de la Résistance vivace. Oscar Isaac a une classe incroyable dans le film et offre ainsi beaucoup de prestance à son personnage.
Enfin, de nombreux autres anciens personnages apparaissent aussi dans l'opus avec des rôles plus ou moins importants. Il peut être ainsi noté le Suprême Leader Snoke, le General Hux, la Capitaine Phasma, Chewbacca, C-3PO, R2-D2, BB-8, Nien Nunb ou l'Amiral Ackbar. Nombreux, d'ailleurs, n'en ressortiront pas vivant au grand étonnement des spectateurs et certains seront d'ailleurs effacés du récit sans que leurs mystères aient forcément été levés. La démarche est osée mais déstabilisera clairement la partie du public à la recherche d'une explication sur chacun des éléments. Inversement, un personnage déjà mort vient aussi donner des conseils à un ancien élève. Les spectateurs ont ainsi le plaisir de revoir Yoda qui vient aiguiller son ancien disciple à un moment où il est complètement perdu. Il faut saluer le visuel particulièrement réussi du petit être vert grâce à la bonne idée d'avoir repris son apparence de marionnette comme dans la première trilogie.

Parmi les nouveaux personnages, trois ressortent du lot.
Il y a d'abord Rose Tico, jouée par Kelly Marie Tran, une membre de la Résistance chargée de la maintenance. À la fois amusante, courageuse, téméraire et remplie de principes, elle est une véritable révélation tant son duo avec Finn fonctionne bien. Le film arrive également à montrer comment sa relation avec sa sœur Paige, pilote de bombardier, était importante et comment sa mort brutale place la jeune fille dans la solitude. Mais elle cherche à continuer le combat pour lui rendre hommage tout en défendant ses principes. Pour elle, le message que doit porter la Résistance est qu'il est plus important de protéger les gens aimés que de détruire l'ennemi haï.
La Vice Amirale Amilyn Holdo est aussi une autre grande réussite de l'opus. L'officier en second de la flotte de la Résistance sait, en effet, assumer ses choix avec conviction et détermination. Jouée par Laura Dern, l'actrice affiche une classe incroyable et crève l'écran à chacune de ses interventions. Même si elle est de la vieille école et ne sait pas communiquer avec la nouvelle génération, en particulier les têtes brûlées, elle n'en est pas moins entièrement dévouée à sa cause.
Enfin, il sera noté la présence de Benicio del Toro dans le rôle d'un décrypteur de codes. Là encore, l'acteur fait des merveilles et propose un personnage haut en couleur même s'il n'apparaît au final que dans peu de scènes.

La réussite visuelle de Star Wars : Les Derniers Jedi est incontestable. L'esthétique du film est, il est vrai, tout simplement éblouissante. Rian Johnson propose ici des images de toute beauté, apportant un vrai cachet à son film. Un exemple parmi d'autres est la planète Crait. Désertique, elle possède des minerais rouges qui affleurent à la surface, elle-même recouverte d'une couche de sel. Sur cette planète, se trouvent les Vulptex, des chiens de cristal vraiment magnifiques. La bataille finale est ainsi d'une beauté à couper le souffle, surtout quand le Faucon Millenium essaye d'échapper à des vaisseaux ennemis dans les grottes pourpres. Autre exemple, la ville casino de Canto Bight dont les décors sont splendides : elle est en outre peuplée de créatures comme le public aime en voir dans Star Wars. Les batailles spatiales ne sont, quant à elles, pas en reste d'autant plus qu'elles sont nombreuses et foisonnantes. Rian Johnson offre d'ailleurs une autre scène incroyable : celle où le vaisseau amiral de la Résistance fonce à bout portant en vitesse lumière sur celui du Premier Ordre. La séquence est tout simplement belle tout en étant particulièrement impressionnante notamment grâce à la merveilleuse idée de ne pas avoir sonorisé l'instant. Un autre moment superbement chorégraphié est le combat contre la Garde Prétorienne, les soldats d'élite personnels de Snoke, tout de rouge vêtus, avec des armes lasers toutes plus imaginatives les unes que les autres. Enfin, il faudra noter les petits personnages qui ont fait polémique car certains ont reproché à Disney de les avoir placés pour donner envie aux spectateurs de vendre des peluches : les Porgs. Ces manchots extraterrestres sont en réalité mignons à souhait et feront assurément craquer tous leurs détracteurs... De façon pratique, il faut savoir que l'île de Skellig Michael, au large de la côte sud-ouest de l'Irlande, ayant servi de décors à Ahch-To, a une forte colonie de macareux. La création de ses créatures extraterrestres a été ainsi une façon de transformer les nombreux oiseaux marins très présents sur le lieu de tournage au lieu de les effacer numériquement. Cela a ainsi permis de lier les contingences organisationnelles et techniques avec un aspect artistique.

Sur le registre de la musique, Star Wars : Les Derniers Jedi continue de surprendre son monde. John Williams parvient, en effet, toujours à apporter cette subtilité qui, au fil des visionnages et des écoutes, se fait magique. Sa partition est ainsi à la fois magnifique et poignante, reprenant ici, les thèmes entendus dans le dernier épisode et là, ceux de la trilogie originelle. À ce titre, les airs de Rey ou de Luke sont définitivement sublimes tandis que certains morceaux se démarquent des autres comme ceux de Canto Bight ou de la bataille de Crait. Au final, il manque peut-être - mais c'est sujet à débat - cette mélodie qui reste en tête dès la première écoute. Il n'empêche. John Williams sait ce qu'il fait : il réutilise avec un grand talent ses précédentes créations tout en livrant de nouvelles mélodies que les spectateurs ne peuvent qu'accepter pour ce qu'elles sont : de jolies réussites.

Star Wars : Les Derniers Jedi sort le 15 décembre 2017 sous les ovations de la presse. Le film rapporte 1,33 milliard de dollars au box office mondial dont 620 millions rien qu'aux États-Unis. Ce résultat est clairement en baisse par rapport aux deux milliards de l'Épisode VII. Ceci étant dit, il reste tout de même dans des proportions identiques aux deuxièmes épisodes des deux précédentes trilogies. À chaque fois, inlassablement, le film du milieu est celui qui rapporte le moins dans la saga Star Wars. Mais la vraie surprise viendra plutôt de la manière dont le film a clivé le public et les fans : certains adorant le long-métrage pour les choix que le réalisateur et scénariste, Rian Johnson, a osé prendre ; d'autres lui reprochant d'avoir trahi la saga mythique.

La réaction du fandom, portée par la caisse de résonance que sont les réseaux sociaux, sera sûrement une des données les plus incroyables liées à Star Wars : Les Derniers Jedi. Disney comme Lucasfilm ne se sont sûrement pas attendus à un tel déferlement négatif, peut-être un peu par suffisance et par surplus d'optimisme, mais surtout car jamais aucun film jusque là n'aura provoqué une telle haine et une telle ire. Alors bien sûr, il ne s'agit que d'une infime minorité, mais elle était tellement bruyante qu'elle en est devenue toxique. Surtout que se mélangeaient les fans et/ou les spectateurs qui ont honnêtement détesté le long-métrage avec des trolls qui avaient un ignoble message politique sous-jacent à faire passer, notamment en reprochant le libéralisme sociétal du film. La violence était telle que Rian Johnson a reçu des menaces de mort tandis que l'actrice Kelly Marie Tran fut obligée de quitter les réseaux sociaux suite à des harcèlements mêlant sexisme et racisme honteux. Les attaques contre Star Wars : Les Derniers Jedi resteront dans les annales et seront probablement étudiées dans le futur dans les écoles de marketing cinématographique. Il faut dire que certains fans sont même allés jusqu'à dire, tout en demi mesure, que le long-métrage avait violé leur enfance. Au final, malgré la sincérité qui peut poindre de-ci de-là, ces attaques nocives ne sont pas une bonne nouvelle pour les franchises, cinématographiques ou télévisuelles, car elles risquent au final d'être contre-productives tant elles ont été excessives. Elles risquent d'empêcher les studios de proposer des idées ou d'emprunter des voies qui sortent des sentiers battus et d'y préférer des récits balisés pour être sûrs de plaire à une majorité de fans et de ne pas soulever de débats. Ils vont choisir l'indifférence plutôt qu'une campagne de dénigrement comme en a vécu Star Wars : Les Derniers Jedi. C'est à la fois mieux pour l'image du label et la sérénité des artistes. Tout le monde n'est, en effet, pas capable de recevoir stoïquement le flot d'insultes comme l'a fait héroïquement Rian Johnson.

Mais pourquoi Star Wars : Les Derniers Jedi a-t-il autant déplu à une partie du public ? Le plus grand crime de la postlogie dépend de la catégorie de fans ou de spectateurs qui la regarde. En essayant de regrouper de façon un peu caricaturale et grossière les passionnés, il est possible de faire ressortir quelques points qui ont pu gêner. Chez les trilogistes, c'est-à-dire la première génération de fans Star Wars, ce qui déplait sûrement le plus est le traitement réservé aux personnages iconiques de la première trilogie. En particulier, le fait que Luke Skywalker soit devenu un ermite aigri ne passe pas du tout auprès de ceux qui s'attendaient à ce qu'il constitue le seul espoir de la Nouvelle République, placé à la tête d'une armée de Jedi formés dans une Académie qu'il aurait lancée avec succès. L'échec que pourrait avoir eu ce personnage était tout simplement inacceptable et inconcevable.
Pour les prélogistes, la nouvelle génération de spectateurs ayant découvert la saga au début des années 2000, les griefs sont différents. Le manque de contexte politique tout comme le peu de diversité des nouvelles planètes les ont peut-être un peu gênés. Mais c'est peut-être aussi principalement le manque de combats au sabre laser qui leur a déplu. Leur faible nombre s'explique pourtant par l'absence de Jedi expérimentés dans la postlogie. L'autre crime de lèse-majesté est de voir Rey, championne de la Force, sortir un peu de nulle part, et contredire la prophétie de la deuxième trilogie comme si elle était parole d'évangile alors même que, comme le dit Yoda, elle est sujette à interprétation.
Alors bien sûr, il s'agit d'une tentative d'explication parcellaire de ce qui peut être reproché au film. Certains ont pu se retrouver dans un cas comme dans l'autre sans forcément appartenir à une frange ou une autre du fandom Star Wars. Et pour beaucoup, leurs déceptions étaient sincères. C'est comme si Star Wars ne pouvait s'empêcher d'avoir une relation « je t'aime moi non plus » avec ses fans. Cela avait été déjà le cas pour la prélogie où George Lucas avait été conspué par certains passionnés reprochant au créateur de la saga d'avoir trahi lui-même son œuvre. Le seul avantage de cette polémique sur la postlogie est qu'il aura permis de réhabiliter la prélogie, désormais vue comme bonne par ses anciens détracteurs quand ils la comparent à la nouvelle trilogie qu'ils nomment de façon négative et péjorative comme la trilogie "Disney". En revanche, il ne faut pas non plus oublier que malgré cette minorité bruyante, le film a aussi été plutôt bien accueilli par le grand public et surtout par la nouvelle génération, celle des années 2010, à qui sont principalement destinés ces films et qui découvre la saga Star Wars avec la postlogie.

Malgré les polémiques, Star Wars : Les Derniers Jedi est une vraie et belle réussite. Généreux à plus d'un titre de par son esthétique léchée, ses nombreuses révélations et ses étonnantes surprises, le film de Rian Johnson ose beaucoup de choses et se permet de bousculer la saga Star Wars toute entière. À l'excès ? Sans doute pas : le réalisateur sait manifestement où il va et n'hésite pas à prendre des risques pour amener le public dans les directions inédites qu'il entend suivre. Dès lors, le spectacle est total et le plaisir toujours intact à condition de se laisser porter par ce qui est proposé à l'écran. Pour cela, il est nécessaire que le spectateur fasse le deuil de ce qu'il aurait aimé que le film soit pour profiter de ce que le film est ! Ainsi il peut se délecter de la vision artistique que propose le réalisateur et se rendre compte que décidément, Star Wars : Les Derniers Jedi a plein de choses à offrir, certes différentes, mais pas moins intéressantes.

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