Titre original :
The Last Duel
Production :
20th Century Studios
TSG Entertainment
Scott Free Productions
Date de sortie USA :
Le 15 octobre 2021
Genre :
Drame
Réalisation :
Ridley Scott
Musique :
Harry Gregson-Williams
Durée :
152 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Paris, 29 décembre 1386. Le chevalier Jean de Carrouges affronte l’écuyer Jacques Le Gris dans le champ clos du monastère de Saint-Martin. Le premier accuse en effet le second d’avoir violé sa femme, Marguerite. Faute de preuves suffisantes pour statuer et rendre son verdict, le Parlement de Paris, sous l’autorité du roi Charles VI, a alors fait le choix de s’en remettre à Dieu en acceptant que les deux hommes se livrent à un duel judiciaire...

La critique

rédigée par
Publiée le 21 octobre 2021

Vingt-et-un ans après le puissant Gladiator et seize après le magnifique Kingdom of Heaven, Ridley Scott revient au drame historique – un genre aujourd’hui de plus en plus rare sur les écrans – avec Le Dernier Duel, l’adaptation du roman Le Dernier Duel : Paris, 29 décembre 1386 de l’historien américain Eric Jager. Publié aux États-Unis en 2004 sous le titre The Last Duel: A True Story of Trial by Combat in Medieval France, l’ouvrage de Jager relate le dernier duel judiciaire jamais autorisé par le Parlement de Paris et qui opposa le 29 décembre 1386 le chevalier normand Jean IV de Carrouges à l’écuyer Jacques Le Gris.

Né dans les années 1330 et adoubé en 1357, le premier est le fils de Jean III de Carrouges, capitaine et vicomte de Bellême, un fief situé dans le sud de la Normandie, entre Alençon, Le Mans et Chartres. Nommé en 1364 écuyer auprès de Bertrand Du Guesclin lors de la bataille de Cocherel durant laquelle s’affrontèrent les troupes du roi Charles V le Sage à celles de Charles II de Navarre, Carrouges épouse Jehanne de Tilly, elle-même issue d’une ancienne famille de la noblesse originaire du Calvados. Tous les deux ont un fils, Colin, qui meurt en 1376. Il n’avait que quatre ans. Sa disparition est suivie, deux ans plus tard, par celle de sa mère. Veuf, Jean de Carrouges se remarie avec Marguerite de Thibouville qui mettra au monde trois garçons, Robert, Thomas et Jean. Nommé chevalier d’honneur par le roi Charles VI le Fou, Jean de Carrouges sert durant la Guerre de Cent Ans et combat notamment dans les Flandres et en Écosse. Il participe également en 1396 à la Croisade lancée par le roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg. Il meurt alors durant la bataille de Nicopolis, dans le nord de la Bulgarie, laquelle se termine par la victoire des Ottomans.

Peu d’informations circulent sur le second, Jacques Le Gris. Issu d’un milieu plus modeste, il est lui aussi né en Normandie dans les années 1330. Bon ami de Jean de Carrouges, il est choisi par ce dernier pour être le parrain de son premier fils, Colin. Sachant lire et écrire, chose rare à l’époque, il devient écuyer et s’illustre également durant la Guerre de Cent Ans en servant entre autres dans les Flandres. Son intelligence lui vaut d’être remarqué par le comte Pierre d’Alençon qui, malgré une réputation sulfureuse, le nomme chambellan et le place dès lors sous sa protection.

Pourtant ancienne, l’amitié entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris est bientôt mise à mal lorsque le comte Pierre II d’Alençon, le petit-fils de Charles de Valois et petit-neveu du roi Philippe le Bel, place le second sous sa protection. La jalousie vient dès lors perturber leur fidélité. Au bord de la ruine, Carrouges ne comprend pas toutes les faveurs octroyées par le comte à son compagnon de route dont la fortune est florissante. Malgré une réconciliation en public, la rupture est définitivement consommée lorsque Marguerite de Carrouges accuse Le Gris de l’avoir violée en l’absence de son mari, parti à Paris pour rendre compte au roi de la désastreuse expédition en Écosse. Si nombre de femmes auraient gardé le silence, celle-ci reçoit le soutien de Jean qui décide de porter l’affaire devant le Parlement de Paris. Faute de preuves pour condamner Le Gris, fermement soutenu par le comte d’Alençon et sa cour, les juges décident de s’en remettre à Dieu et d’autoriser, avec l’accord de Charles VI, un duel entre les deux hommes.

Cette pratique du duel judiciaire, ou ordalie bilatérale, remonte au début du Moyen Âge et fait partie des privilèges que la noblesse perpétue siècle après siècle. Pourtant décriée par les rois successifs, qui y voyaient une entrave à leur propre justice, et par les papes, qui la considéraient comme un défi à Dieu totalement contraire au dogme, la méthode est utilisée par les élites pour régler avec honneur les litiges les plus graves en faisant appel au destin et à la force divine. L’idée est alors de départager par les armes le plaignant et l’accusé, la mort de l’un ou de l’autre étant vue comme le verdict incontestable rendu par Dieu. Dans l’affaire opposant Carrouges à Le Gris, la vie de Marguerite est d’ailleurs elle-même mise en jeu. Le bûcher est en effet promis à celles et ceux qui se risquent à formuler des accusations mensongères. Le résultat du duel est ainsi également utilisé pour savoir si cette dernière a bien dit la vérité ou tout simplement menti. Jugée rétrograde, la pratique de l’ordalie ne sera finalement abandonnée que deux siècles plus tard, sur ordre du Cardinal de Richelieu. L’opposition entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, tout comme le jugement rendu, continuent aujourd’hui encore de diviser les historiens.

Basé sur une quantité pléthorique de documents et d’archives, l’ouvrage d’Eric Jager suscite dès sa publication un intérêt tout particulier de la part d’Hollywood. En racontant le duel entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, le livre possède en effet tous les ingrédients pour concevoir un beau film historique pouvant captiver un public qui, y compris en France, n’a certainement jamais entendu parler de cette histoire. 20th Century Fox se porte ainsi acquéreur des droits. Le projet d’adaptation est alors annoncé en juillet 2015 avec Francis Lawrence, le réalisateur de Constantine, Je Suis une Légende et Hunger Games, aux commandes. Shaun Grant, l’un des scénaristes des séries Killing Time et Janet King, se penche sur le sujet. En vain...

Aux oubliettes pendant plusieurs années, l’idée d’adapter Le Dernier Duel : Paris, 29 décembre 1386 ne ressort finalement des cartons qu’en juillet 2019. Entre-temps, les droits sont passés entre les mains des studios Disney suite à l’acquisition de 20th Century Fox. Ridley Scott est à présent annoncé à la réalisation. L’écriture du scénario est quant à elle confiée à Ben Affleck et Matt Damon, le duo de comédiens qui, vingt-deux ans après Will Hunting, leur première expérience en tant que scénaristes, rédigent le script en collaboration avec la réalisatrice Nicole Holofcener (Sex and the City, La Beauté du Geste, All About Albert).

Leur idée est de découper le long-métrage comme un livre, avec trois chapitres et une séquence finale. Chaque partie permet alors de présenter les faits ayant conduit à ce fameux duel du point de vue des trois protagonistes principaux, Jean de Carrouges, Jacques Le Gris et Marguerite. Le film offre dès lors la possibilité de vivre la même histoire avec trois regards différents et de voir les interprétations de chacun des personnages, le tout avant d’assister au combat exaltant entre les deux héros. Au moment de sortir de la salle, le spectateur, qui connaît à présent le dénouement du duel, peut par conséquent se demander quelle version de l’histoire est la vraie. Celle de Jean de Carrouges ? Celle de Jacques Le Gris ? Ou bien celle de Marguerite, présentée dans le film comme la pure vérité ?

Alors que l’écriture du script se poursuit, le casting commence déjà à se constituer. Dès septembre 2019, la comédienne anglaise Jodie Comer est annoncée pour incarner Marguerite de Carrouges, le personnage féminin principal. Née à Liverpool le 11 mars 1993, l’actrice débute modestement dans la série télévisée The Royal Today produite par la chaîne ITV. Enchaînant les apparitions ponctuelles dans d’autres programmes tels que Holby City, Affaires non Classées, Londres, Police Judiciaire ou Les Enquêtes de Vera, elle se fait véritablement connaître en 2013 grâce à son rôle de Chloe Gemmel dans la série Jounal d’une Ado Hors Norme puis avec celui d’Ivy Moxam dans Thirteen. Débutant au cinéma en 2017 dans England in Mine de Mark Gill, elle joue dans la série Killing Eve qui lui vaut de remporter le British Academy Television Award et l’Emmy Award de la Meilleure Actrice en plus d’une nomination aux Golden Globes. Jodie Comer joue ensuite dans Star Wars : L’Ascension de Skywalker et Free Guy. Elle retrouve Ridley Scott dans Kitbag, un biopic sur Napoléon 1er dans lequel elle prête ses traits à Joséphine de Beauharnais.

Pour donner la réplique à Jodie Comer, les studios engagent Matt Damon et Adam Driver.
Matt Damon incarne le chevalier Jean de Carrouges. Né le 8 octobre 1970 à Cambridge, dans le Massachusetts, l’acteur débute modestement sa carrière dans les années 1980 avant de véritablement se faire un nom durant la décennie 1990 grâce à ses rôles dans Will Hunting, Il Faut Sauver le Soldat Ryan et Le Talentueux Monsieur Ripley. À l’affiche de films comme Ocean’s Eleven, La Mémoire dans la Peau, Les Infiltrés, Invictus, True Grit, Monuments Men et Le Mans 66, il retrouve Ridley Scott six ans après Seul sur Mars.

Adam Driver prête pour sa part ses traits à Jacques Le Gris. Originaire de San Diego, où il naît le 19 novembre 1983, l’acteur étudie le théâtre à Juilliard avant d’enchaîner les castings pour différentes séries télévisées. Présent au générique de J. Edgar et Lincoln, il est choisi pour interpréter Kylo Ren dans la saga Star Wars. Désormais incontournable, il complète sa filmographie avec des apparitions dans L’Homme qui Tua Don Quichotte ou BlacKkKlansman, J’ai infiltré le Ku Klux Klan. Ridley Scott le dirige de nouveau dans House of Gucci.

Entre la fin de l’année 2019 et le début de l’année 2020, le casting est complété avec le recrutement de Ben Affleck (Armageddon, Pearl Harbor, Argo, Justice League) choisi pour jouer le comte Pierre d’Alençon. Il est rejoint par Harriet Walter dans le rôle de Nicole de Buchard, la mère de Jean de Carrouges (Raison et Sentiment, Babel, Le Procès du Siècle). Nathaniel Parker joue Robert de Thibouville, le père de Marguerite (Hamlet, Le Manoir Hanté et les 999 Fantômes). Michael McElhatton est engagé dans le rôle de Bernard Latour (Game of Thrones, Togo). Alex Lawther prête ses traits au roi Charles VI (Imitation Game, Goodbye Christopher Robin). Marton Csokas reçoit le rôle de Crespin (Le Seigneur des Anneaux, Kingdom of Heaven, Alice au Pays des Merveilles).

Porté par Jodie Comer, Matt Damon, Adam Driver et Ben Affleck, le casting se retrouve dès le mois de février 2020 sous la direction de Ridley Scott. Né à South Shields le 30 novembre 1937, le réalisateur renoue alors avec le genre historique rencontré plus de quarante ans plus tôt avec Les Duellistes, son premier long-métrage couronné à Cannes. Véritable touche-à-tout capable de se frotter à tous les styles, Scott s’est ensuite imposé comme l’un des meilleurs metteurs en scène d’Hollywood avec des classiques tels qu’Alien, le Huitième Passager, Blade Runner, Legend et Thelma et Louise. En 1992, il dirige Gérard Depardieu dans 1492, Christophe Colomb qui célèbre les cinq-cents ans de la découverte de l’Amérique. La filmographie de Ridley Scott comprend d’autres succès tels que À Armes Égales : G.I. Jane, Gladiator, Hannibal, La Chute du Faucon Noir, Kingdom of Heaven, Robin des Bois, Prometheus, Seul sur Mars et Tout l’Argent du Monde.

Ridley Scott débute le tournage du (Le) Dernier Duel le 14 février 2020 au château de Beynac, au château de Fénelon et à Monpazier, au cœur de la Dordogne, dans le sud-ouest de la France. Il pose ensuite sa caméra en Bourgogne, dans le château médiéval de Berzé-le-Châtel, près de Mâcon. Recrutant des dizaines de figurants français, le tournage se poursuit à l’abbaye de Fontfroide, dans l’Aude. Le 13 mars 2020, tout travail est cependant stoppé à cause de la pandémie de Covid-19. Les captations ne reprennent finalement que le 7 septembre 2020. D’autres prises de vues sont alors réalisées en Irlande, à Bective Bridge et Bective Abbey, dans le château de Cahir, ainsi qu’aux studios Ardmore, dans le comté de Wicklow, jusqu’au 14 octobre 2020.

À l’heure de l’utilisation à outrance des fonds verts et autres incrustations numériques plébiscitées par la plupart des studios hollywoodiens, le choix fait par Ridley Scott de filmer certaines scènes en décors naturels demeure à n’en pas douter l’une des forces du (Le) Dernier Duel. Bien sûr, les trucages et autres matte paintings numériques ne sont pas totalement absents du film. La reconstitution du Paris du XIVe siècle, avec en son cœur le chantier pharaonique de la cathédrale Notre-Dame, nécessitait évidemment l’usage de l’outil informatique. Mais le public appréciera forcément de voir également les acteurs déambuler dans des paysages authentiques et fouler de leurs pieds les pierres ancestrales de véritables édifices historiques.

Mieux ! À l’heure où les tournages sont la plupart du temps délocalisés dans des pays où les coûts sont moins élevés, en particulier en Europe de l’est, Ridley Scott fait le pari osé de poser sa caméra en Dordogne et en Bourgogne. Balayant d’un revers de main les châteaux de Roumanie ou de République Tchèque qui, pourtant, auraient pu faire l’affaire, il se paye même le luxe d’engager les habitants du coin comme figurants pour peupler ses scènes. Rarement l’Hexagone avait été aussi joliment mis en valeur par Hollywood qui, sans aucun mal, aurait tout simplement pu reconstituer les forteresses françaises du Moyen Âge à grand renfort de carton-pâte et de palettes numériques. Ainsi, le public – français mais aussi international – aura le plaisir de découvrir certains des plus beaux châteaux du sud-ouest et de l’est de la France et de voir à quel point la belle campagne française est magnifique sur grand écran.

La deuxième force du (Le) Dernier Duel, outre ses paysages superbes, n’en reste pas moins l’interprétation sans faille de ses têtes d’affiches. Tous, qu’il s’agisse de Jodie Comer, de Matt Damon, d’Adam Driver ou bien de Ben Affleck, livrent une prestation intelligente. Comer, en particulier, est remarquable dans le rôle de Marguerite de Carrouges. Tout en retenue, l’actrice offre une vision subtile et émouvante de cette femme victime des hommes de son temps et de la misogynie omniprésente. Matt Damon incarne avec force le chevalier éreinté et marqué par la guerre qui se retrouve malgré lui plongé dans une disgrâce à laquelle il aurait aimé échapper. Adam Driver impose sa carrure dans le rôle du chambellan capable du pire pour assouvir ses pulsions. Ben Affleck campe avec talent un comte d’Alençon aux mœurs outrancières et à la morale douteuse. Le public saluera également le jeu des seconds rôles, discrets mais sincères.

Bien sûr, les puristes auront forcément à redire sur la reconstitution historique livrée par Ridley Scott. Pour des raisons évidentes de clarté, et afin de répondre au cahier des charges d’un long-métrage dont la durée s’élève déjà à 152 minutes, la vérité a nécessairement été altérée. Les scènes de bataille sont reléguées au second plan. L’accent est principalement mis sur les mœurs de l’époque, surtout sur ce patriarcat, cette misogynie et ce sexisme qui, forcément, feront écho avec l’époque actuelle. Si le passé a essentiellement laissé comme héritage le rôle joué par les hommes, les scénaristes, Nicole Holofcener en tête, ont en outre été obligés de broder autour du personnage de Marguerite afin de construire le personnage et lui offrir une belle personnalité.

La scène du viol, commis par Le Gris et son complice, Adam Louvel, également mentionné dans les archives, a par ailleurs été modifiée. Le but n’était pas de faire dans le sensationnel et surtout pas que le public se lève de son siège pour quitter la salle avec dégoût. Déjà particulièrement violente à l’écran, la scène a donc été purgée de ses éléments les plus brutaux, lesquels sont pourtant mentionnés dans les rapports de l’époque. La scène du duel, elle aussi, a été adaptée pour le grand écran. Dans le roman d’Eric Jager, il est rapidement fait mention du fait que les deux hommes en armure se sont retrouvés au sol. Vêtus de leur armure, ils se sont battus à coups de poing pendant de longues minutes. Les voir se rouler de la sorte dans le sable n’étant pas très cinématographique, choix a donc été fait d’allonger le combat, de montrer quelques belles passes d’armes à dos de cheval, puis un combat à l’épée et à la hache, le tout dans le but d’obtenir une scène absolument sensationnelle et pleine de suspense quant à son issue.

Épique et captivant, Le Dernier Duel ne souffre finalement que de quelques écueils. Sa bande originale, premièrement, ne laissera aucun souvenir au spectateur. Si Harry Gregson-Williams livre un travail honnête, aucune mélodie ne passera à la postérité et les fans purs et durs de l’œuvre de Ridley Scott regretteront forcément de ne pas profiter des envolées lyriques d’un Hans Zimmer trop occupé à écrire, entre autres, la musique de Dune. L’autre écueil du film se retrouve dans sa durée. Les deux heures et demies de film passent parfois très lentement, plus encore lorsque le spectateur comprend qu’il devra regarder certaines séquences trois fois pour comprendre le point de vue des trois personnages principaux. Certaines scènes, bavardes, et certaines répétitions, inutiles, empêchent ainsi l’intrigue d’avancer de manière limpide.

Les spectateurs les plus susceptibles auront de plus peut être un regret... Que ce film ne soit pas davantage porté par des Français. Comme à l’époque du Jeanne d’Arc de Luc Besson, la polémique est présente et certains regretteront en effet peut-être de voir ainsi l’histoire de France réécrite, interprétée et mise en scène par des Anglo-Saxons. À croire que la France ne sait pas, elle-même, porter à l’écran les récits les plus épiques de son histoire... À croire que le vivier de comédiens français n’est pas suffisant ou assez estimable aux yeux d’Hollywood qui engage uniquement des acteurs anglais ou américains... Regarder Le Dernier Duel en version originale sous-titrée accentue d’ailleurs encore plus ce sentiment, surtout au moment d’entendre les acteurs étrangers prononcer les noms de leurs personnages avec un accent à couper au couteau ! Bien sûr, il est aisé de comprendre qu’un film à gros budget ait besoin de têtes d’affiches reconnues dans le monde entier, qui plus est pour une sortie aux États-Unis où les acteurs français restent pour la plupart inconnus. Mais se pose quand même la question de la fierté nationale que chacun, néanmoins, saura mettre dans sa poche pour profiter avec passion du spectacle !

Présenté le 10 septembre 2021 lors du Festival de Venise, Le Dernier Duel a, comme toutes les productions du moment, largement été pénalisé par la pandémie de Covid-19. Celle-ci a eu un impact délétère sur la production, retardée de presque six mois. Surtout, la sortie de l'opus a plusieurs fois dû être modifiée. Le film devait ainsi sortir le 25 décembre 2020 dans un nombre limité de salles avant une diffusion dans tous les États-Unis à partir du 8 janvier 2021. Finalement, Le Dernier Duel n’arrive sur les écrans que le 15 octobre 2021, deux jours après la sortie française. Malgré la réouverture des salles, les prévisions au box-office, fixées à 10 millions de dollars durant le premier week-end d’exploitation, ont déjà été réduites de moitié... Afin de ne pas être trop impacté par la crise et l’absence des spectateurs dans les salles, la carrière du film sur grand écran est par ailleurs volontairement limitée à quarante-cinq jours avant une mise à disposition sur les plate-forme de vidéo à la demande américaines...

Très belle fresque épique alternant entre séquences remarquables et scènes bavardes, Le Dernier Duel reste un très bon divertissement et une belle plongée dans l’Histoire de France avec des thèmes de prédilection, le viol, le sexisme et les superstitions misogynes, qui ont forcément une résonnance toute particulière à l'heure contemporaine.

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