Star Wars
L'Ascension de Skywalker

Titre original :
Star Wars : The Rise of Skywalker
Production :
Lucasfilm Ltd.
Date de sortie USA :
Le 20 décembre 2019
Genre :
Science-fiction
IMAX
3-D
Réalisation :
J.J. Abrams
Musique :
John Williams
Durée :
142 minutes

Le synopsis

La Résistance apprend que Palpatine a survécu et compte de nouveau soumettre la galaxie. Rey et ses compagnons de lutte partent aussitôt à la recherche d'un moyen de le localiser tandis que l'ancien Empereur charge, dans le même temps, Kylo Ren de lui ramener la jeune apprentie Jedi...

La critique

rédigée par
Publiée le 22 décembre 2019

Avertissement : une fois n'est pas coutume sur Chronique Disney, cette critique va se permettre de divulgâcher des pans entiers de l'intrigue et des révélations amenées au cours du film, ceci afin de pouvoir analyser en profondeur toutes ses thématiques. Il est donc vivement conseillé de l'avoir vu avant de lire les mots qui suivent...

Star Wars : L'Ascension de Skywalker a l'immense tâche de conclure la postlogie ainsi que l'entièreté de la saga Skywalker tout en essayant de réconcilier les fans déçus des Épisodes VII et VIII. La mission est d'ailleurs quasi impossible tant chaque spectateur a sa propre vision de Star Wars et de la fin qu'il pense idéale. Manifestement convaincu de relever le défi, J.J. Abrams signe pourtant une conclusion qui fait admirablement le pont entre les thèmes de la postlogie, tout en proposant un miroir inversé de la prélogie et en livrant un poignant adieu aux héros de la trilogie. Même si l'opus n'est pas parfait, notamment en raison de son scénario trop dense qui laisse paradoxalement quelques blancs, sa dernière heure offre sûrement les moments les plus émouvants de la saga toute entière.

Le 30 octobre 2012, à la surprise générale, George Lucas annonce avoir vendu son entreprise ainsi que la totalité des droits sur ses films, dont Star Wars et Indiana Jones, à The Walt Disney Company. La nouvelle fait l’effet d’une bombe chez les fans et les professionnels du cinéma. Pourtant, ce rachat apparaît totalement logique. Tout d'abord, Disney a déjà prouvé sa parfaite capacité à digérer de précédentes franchises acquises : Les Muppets en 2004, Pixar en 2006 et Marvel en 2009. De plus, les deux labels (Disney et Lucasfilm) ont toujours eu des liens forts, non seulement de par les valeurs véhiculées dans leurs films mais aussi la maîtrise de l’art du marchandisage sans parler de leurs collaborations dans les parcs à thèmes. Star Tours, rebooté avec succès en 2011, est en effet toujours une valeur sûre des Resorts Disney. Les différentes attractions inspirées d’Indiana Jones sont elles aussi très populaires, que ce soit Indiana Jones Adventure: Temple of the Forbidden Eye (Disneyland), Indiana Jones Epic Stunt Spectacular! (Disney's Hollywood Studios), Indiana Jones Adventure: Temple of the Crystal Skull (Tokyo DisneySea) ou Indiana Jones et le Temple du Péril (Disneyland Paris).

Cerise sur le gâteau, en même temps que le rachat, Disney annonce la sortie de Star Wars : Le Réveil de la Force pour 2015, le 18 décembre 2015 précisément, premier volet d’une nouvelle trilogie que les fans n’attendaient plus... Il n’y avait, il est vrai, plus eu de film Star Wars depuis dix ans ! Les aficionados étaient aux aguets et le résultat finalement à la hauteur des attentes, faisant de Star Wars : Le Réveil de la Force un véritable raz-de-marée. Pourtant, une sortie à Noël n’était pas une date habituelle pour la saga et il y avait un (petit) risque que le succès soit freiné par les fêtes ou le mauvais temps. Que nenni : rien n'a résisté à Star Wars VII ! Plus de 2 milliards de recettes mondiales (soit le troisième film à réaliser cet exploit à l'époque après Titanic et Avatar) dont 936 millions rien qu’aux États-Unis (un record absolu dépassant de 175 millions de dollars le précédent détenu par Avatar - encore lui !). En France, avec plus de dix millions d’entrées, il obtient le meilleur résultat pour un film américain depuis Avatar (toujours lui !) en 2009. Plébiscité par la presse des deux côtés de l'Atlantique, le public a embrassé le film même si certains spectateurs ont reproché à J.J. Abrams, le réalisateur du nouveau Star Wars, de n'avoir livré qu'un copier / coller de Star Wars : Un Nouvel Espoir dans son scénario et ses planètes visitées. En revanche, tous s'accordent sur les nouveaux personnages jugés ultra-attachants. Rogue One : A Star Wars Story, le premier spin-off de Star Wars, arrive l'année suivante. Aussi bien accueilli par la critique, le public et les fans, tous saluent sa qualité. Et c'est encore un énorme succès pour la saga puisqu'il rapporte plus d'un milliard de dollars dans le monde dont 536 millions rien qu'aux États-Unis tandis qu'en France, il fait plus de cinq millions d'entrées. En 2017 sort Star Wars : Les Derniers Jedi sous, une nouvelle fois, les acclamations de la presse en rapportant 1.3 milliard de dollars dans le monde donc 620 aux États-Unis et 7 millions d'entrées en France, certes en deçà de l'Episode VII mais dans des proportions identiques aux épisodes du milieu des précédentes trilogies Star Wars. Mais le public, lui, est bien plus divisé. Si une majorité a aimé le film, une minorité bruyante le descend sur les réseaux sociaux. Il reçoit une campagne de dénigrement comme aucun autre opus d'une grosse franchise n'en a jamais vécu. Cinq mois plus tard, alors que la grogne n'est toujours pas éteinte, sort Solo : A Star Wars Story. Plombé par un limogeage de réalisateur et un désintérêt du public, le film est un échec avec seulement 392 millions de dollars dans le monde dont 213 aux États-Unis et à peine 1.4 million d'entrées en France. Ce flop fait que la production des films spins-off est stoppée tandis que Bob Iger, le PDG de The Walt Disney Company, avoue s'être trompé en voulant proposer des films trop rapprochés pour la franchise Star Wars comme il l'avait fait entre 2015 et 2019 avec un nouvel opus tous les ans. Après l'Épisode IX, une pause de trois ans est donc actée puis, à partir de 2022, ne sera proposé qu'un long-métrage tous les deux ans.

Après J.J. Abrams et Rian Johnson, Kathleen Kennedy, la patronne de Lucasfilm, Ltd., choisit Colin Trevorrow, sortant tout juste de Jurassic World, pour être le réalisateur de l'Épisode IX. L'embauche est annulée pourtant en septembre 2017, à la suite d'un désaccord artistique entre les parties. Et ce n'est d'ailleurs pas le premier aléa de production que connaît Lucasfilm. Gareth Edwards a, en effet, dû accepter, lui, de gros reshoots sur Rogue One : A Star Wars Story ; quant à Phil Lord et Christopher Miller, ils ont carrément été virés de Solo : A Star Wars Story pour être remplacés par Ron Howard tandis qu'en 2019 les scénaristes David Benioff et D. B. Weiss, connus pour leur adaptation de Game of Thrones, abandonnent aussi leur projet de films Star Wars après avoir été enrôlés un an plus tôt. De là à penser que Lucasfilm ne sait ni retenir ni dialoguer avec les talents d'Hollywood, il n'y a qu'un pas sachant que la faute semble incomber à Kathleen Kennedy plutôt qu'à sa tutelle, The Walt Disney Company. Après tout, les autres labels comme Marvel ou Disney ont beaucoup moins de soucis et parviennent à produire et cartonner sans histoire en coulisses... J.J. Abrams est alors appelé à la rescousse pour conclure la trilogie qu'il avait commencée. Il s'aide alors de Chris Terrio qui est le scénariste oscarisé de l'excellent Argo mais aussi des moins reluisants films DC, Batman v Superman : L'Aube de la Justice et Justice League.

Né en 1966 à New York, aux États-Unis, Jeffrey Jacob Abrams se découvre, au cours de son adolescence, une passion pour les films de science-fiction et d’aventure. Comme bon nombre de cinéphiles, il considère très vite Steven Spielberg et George Lucas comme faisant partie des plus brillants réalisateurs de tous les temps en se passionnant pour leurs filmographies. Jeune adulte, il s’essaye à la réalisation de petits films faits-maison avant de véritablement commencer sa carrière en tant que scénariste à Hollywood sur des productions Disney, notamment avec Pêche Party en 1997 ou encore Armageddon en 1999. Entre temps, en 1998, J.J. Abrams lance sa propre société de production, Bad Robot, en compagnie d’ABC Studios, filiale de The Walt Disney Company, avec laquelle se conclut jusqu’en 2006 un contrat d’exclusivité de production d’œuvres de télévision. Va suivre de cette alliance la mise en chantier de la série Felicity produite par ABC Studios de 1998 à 2002. Mais c’est bien un an plus tôt, en 2001 que commence le premier véritable succès de sa carrière, Alias. Chemin faisant, quelques années plus tard, J.J. Abrams refait son apparition avec un futur hit, Lost : Les Disparus ; série devenue culte alors même que la Direction de la chaîne, et Robert Iger en particulier, n’y croyait pas du tout jugeant la complexité du scénario trop difficile ; un reproche déjà formulé à l’encontre des dernières saisons d’Alias.
En 2006, J.J. Abrams et Bad Robot s’émancipent de Disney après deux succès relatifs, What About Ryan et Six Degrees sur ABC. Tandis que sa société continue à produire pour la télévision, son créateur se tourne lui vers le 7ème art !
Il s’engage pour ce faire aux côtés de Paramount avec qui il va produire de nombreux films. Il reprend notamment les rênes dès 2006 de la saga Mission Impossible en signant le troisième opus, jugé alors le meilleur de la franchise avant l’arrivée du petit génie de chez Pixar, Brad Bird, qui réalisera lui en 2012 le succès commercial et critique Mission Impossible : Protocole Fantôme, toujours coproduit avec Paramount par Bad Robot. Après un passage par la case production, avec le long-métrage de science-fiction / catastrophe Cloverfield, il reprend les commandes de la plus vaste saga de tous les temps, Star Trek, en 2009, avec audace et succès, en alliant suite et reboot ! Surfant sur sa nouvelle notoriété et son influence grandissante, Paramount lui offre en quelque sorte la possibilité de réaliser un film « hommage » à ses propres inspirations : Super 8 salue alors la filmographie de Steven Spielberg, mélangeant les genres pour finalement devenir une petite pépite mêlant étrangement Les Goonies à Rencontre du Troisième Type ! J.J. Abrams revient en 2013 avec un nouvel opus génialissime des aventures du Capitaine Kirk et du Commandeur Spock pour Star Trek : Into Darkness avant de se voir confier la lourde tâche de relancer en 2015, une nouvelle fois, la plus emblématique des sagas de science-fiction, Star Wars, et chez Disney cette fois-ci !

Pour suffisamment consolider, auprès du public, les liens entre Star Wars : Les Derniers Jedi et Star Wars : L'Ascension de Skywalker, Lucasfilm, Ltd. met en place un dispositif marketing d'envergure, connu sous l’appellation de Voyage vers Star Wars : L'Ascension de Skywalker, qui comprend entre autre un comics Allégeance, un roman "adulte" Resistance Reborn, un roman "jeune adulte" Le Collectionneur et un roman "jeunesse" Spark of the Resistance. Ces sorties littéraires permettent ainsi de comprendre ce qui s'est passé entre les deux films et notamment comment la Résistance a pu se reconstruire en trouvant des alliés, comment le Premier Ordre opère sous le règne du nouveau Suprême Leader, Kylo Ren, mais aussi ce qui est advenu de la relation entre les personnages, à l'exemple de celle de Finn et de Rose. Ces derniers ont, en effet, acté que leur aventure amoureuse ne pouvait aller plus loin et décident simplement de rester amis. Le comics permet aussi d'introduire le personnage de Aftab, le fils de l'Amiral Ackbar, aperçu dans le film.

La première chose qui ressort au visionnage de Star Wars : L'Ascension de Skywalker est son schéma de construction. Le film est à la fois la conclusion de la postlogie comme celle de la saga des neuf films dans son ensemble, mais aussi la fin des personnages de la trilogie tout en étant un miroir inversé de la prélogie. Déjà, en raison de sa thématique et de sa position chronologique, il se situe un peu à part face à Star Wars : Le Réveil de la Force et Star Wars : Les Derniers Jedi. Un an sépare chronologiquement l'Épisode VIII de l'Épisode IX alors qu'au contraire, l'Épisode VIII reprenait exactement là où l'Épisode VII s'était refermé. Dès lors, Star Wars : L'Ascension de Skywalker est un peu l'épilogue de la postlogie comme de la saga toute entière, dans une construction selon le schéma "2 / 1". Il est manifestement un miroir inversé de la prélogie qui offre elle une construction "1 / 2" ; Star Wars : La Menace Fantôme étant un film prologue se démarquant de Star Wars : L'Attaque des Clones et de Star Wars : La Revanche des Sith qui entamait pour le second et concluait pour le troisième la fameuse Guerre des Clones.

Star Wars : L'Ascension de Skywalker est donc l'épilogue de la saga mais aussi la synthèse de la postlogie. Si Star Wars : Le Réveil de la Force et Star Wars : Les Derniers Jedi peuvent être vus presque comme la thèse et l'antithèse de la postlogie de la saga Skywalker, l'Épisode IX arrive, lui, à mixer les deux films en proposant de prolonger les idées les plus intéressantes de chacun d'eux. D'ailleurs, il faut tordre le coup à une idée reçue : non, le neuvième volet ne vient pas contredire (sanctionner diront certains) l'Épisode VIII ! Empli de malignité, J.J. Abrams a en fait décidé de monter certains éléments dans l'idée de faire croire à ce pseudo désaveu, histoire de brosser dans le sens du poil toutes les sensibilités des spectateurs en fonction de la façon dont ils avaient reçu Star Wars : Les Derniers Jedi. Par exemple, un personnage iconique prononce une phrase - analysée un peu plus loin dans cette critique - qui peut paraître contradictoire mais qui est en réalité totalement conforme à son évolution dans le précédent film. Ainsi, si certaines idées ne sont tout de même pas reprises (par exemple la relation entre Finn et Rose comme indiqué plus haut), d'autres en sont au contraire le parfait prolongement. La connexion entre Rey et Ben avait, en effet, été initiée par Rian Johnson et se retrouve placée ici au cœur du récit. La technologie du pistage dans l'hyperespace est aussi reprise au début du long-métrage. J.J. Abrams aborde également une autre thématique que son prédécesseur avait mise en place sur le fait que personne dans la galaxie ne vient aider la Résistance, car tous les systèmes sont tétanisés par la peur des représailles du Premier Ordre. À partir de là, le réalisateur tisse une morale selon laquelle le Côté Obscur fait croire que l'étincelle d'espoir s'est éteinte car les membres de la Résistance sont seuls et isolés alors qu'en réalité, l'espérance est bien là, toujours vivace, prête à renaître dans la galaxie tandis que les peuples n'attendent qu'un signal fort pour se soulever contre la tyrannie.

La densité est frappante dans Star Wars : L'Ascension de Skywalker, surtout dans sa première moitié. Comme si le film avait plein de choses à raconter et qu'il ne disposait pas d'assez de temps pour le faire. C'est d'ailleurs là l'un des reproches à formuler contre lui. Plus que des coupes, l'opus aurait besoin de quelques minutes ici ou là pour faire respirer le tout et donner quelques éléments de contexte supplémentaires. Des bruits couraient d'ailleurs sur la volonté de Lucasfilm, Ltd. de diviser l'histoire en deux en faisant un Épisode X et donc en abandonnant le système de trilogie. Avec le recul, l'idée qui peut paraître hérétique aurait plutôt été bonne tellement le neuvième film donne l'impression de trop en dire et de ne pas avoir le temps nécessaire pour poser correctement les choses. Faire tenir l'ensemble dans une durée proche des précédents épisodes a conduit J.J. Abrams à rester longtemps dans la salle de montage, coupant plusieurs minutes du récit, et ce quasiment jusqu'à quelques semaines avant la sortie. Or, il faut bien l'avouer : dix à quinze minutes de plus auraient vraiment apporté plus de fluidité. Mais voilà, pour tout faire rentrer, le réalisateur a préféré abandonner la construction en trois actes en fusionnant les deux premiers pour donner une quête sur une multitude de lieux avec une multitude d'artefacts à récupérer. Chaque planète mène ainsi à un indice permettant d'avancer dans les recherches, un peu à la façon d'Indiana Jones, le tout avec un compte à rebours accentuant l'oppression du chronomètre. Cette course-poursuite autorise en revanche plusieurs atouts. D'abord, de développer un peu le folklore en visitant des endroits inconnus de la galaxie à la rencontre de nouvelles espèces. Ensuite, de distiller petit à petit les révélations utiles à l'enrichissement des enjeux. Enfin, et surtout, de mettre en avant les personnages principaux qui disposent désormais d'une vraie aventure commune aux côtés des personnages secondaires qui, venant de la première trilogie, les accompagnent toujours et disposent eux-mêmes de leur moment de gloire...
Le dernier acte est, quant à lui, bien plus standard tout en étant aussi plus posé. Dans la dernière heure, une fois la dramaturgie mise en place, l'émotion prend le dessus et se fait intense comme jamais dans un film Star Wars, offrant des scènes poignantes qui bouleverseront les spectateurs. Et bien sûr, il offre une grande bataille finale à la fois spatiale où les troupes de la Résistance affrontent l'armée ennemie mais aussi spirituelle où le Côté Obscur et le Côté Lumineux s'opposent une nouvelle et dernière fois.

Le déroulé de Star Wars : L'Ascension de Skywalker, présent dans chaque épisode numéroté de la saga Star Wars, donne évidemment le "la" : Palpatine est de retour. Il sera noté que le personnage est nommé ici simplement Palpatine et non plus Dark Sidious comme dans la prélogie ou l'Empereur comme dans la trilogie. Les spectateurs qui le pensaient jusque-là mort dans Star Wars : Le Retour du Jedi le retrouvent donc dans cet ultime épisode. Le public apprend ainsi que le Sith tirait les ficelles depuis le début de la postlogie en mettant en place, petit à petit, tous les éléments afin de mûrir sa vengeance et organiser la restauration de son empire. Étonnamment, l'information du retour de ce méchant iconique est donnée d'emblée dans le film sans réelle explication. Mort et ressuscité ou ayant réussi à survivre grâce à ses pouvoirs Sith, aucun éclaircissement n'est donné. Et c'est bien dommage ! Il aurait, en effet, été intéressant de prendre le temps de conter ce retour et de l'expliciter un tant soit peu. De même, une levée progressive du suspense aurait été préférable. Mais le film en profite tout de même pour donner certaines réponses. Il est ainsi expliqué que Snoke, du moins celui vu dans les deux films précédents, n'était en réalité qu'une création de Palpatine et de ses partisans : il n'est qu'un clone, comme le montrent plusieurs spécimens flottant en gestation dans des cuves dans le repaire du Seigneur Sith. Il n'empêche. Malgré le manque de conceptualisation, l'entame est visuellement superbe et intense. L'apparence de l'ancien Empereur, toujours interprété par l'iconique Ian McDiarmid, est d'ailleurs osée, presque effrayante avec un corps rabougri, quasiment en décomposition avec des globes blancs à la place des yeux. Dans ces passages, l'imagerie proposée se rapproche de certains films d'horreur, une sensation amplifiée par les décors du temple Sith qui amènent une mythologie mystique plutôt bluffante. En s'y intéressant de plus près, toute cette partie du retour de l'Empereur, clone ou résurrection, rappelle grandement l'un des premiers comics des années 90, depuis devenu LégendesL'Empire des Ténèbres. L'œuvre avait été assez décriée à l'époque et, dès lors, il y a de grandes chances pour que ce retour inopiné du personnage ne plaise pas à tout le monde...

Le retour de Palpatine est-il une mauvaise chose ? Il aurait certes eu besoin d'éclaircissements (ce que de futurs romans ou comics viendront combler pour le plus grand bonheur des fans de l'Univers Étendu). Néanmoins, il permet de relier les trois trilogies en devenant le méchant de l'Épisode I à l'Épisode IX, un mal qui décidément n'arrive pas à être éradiqué. Lors de la promotion de Star Wars : L'Ascension de Skywalker, J.J. Abrams et Kathleen Kennedy ont avoué que la réapparition de Palpatine était prévue depuis le début du lancement de la postlogie, bien que Colin Trevorrow eut affirmé qu'il ne comptait pas utiliser l'Empereur dans le traitement qu'il avait fait de l'Épisode IX. J.J. Abrams précise au contraire dans une autre interview qu'il avait écrit Star Wars : Le Réveil de la Force en ayant en tête que le Seigneur Sith serait le grand méchant, mais sans rien acter de définitif. Il est reparti sur son idée quand il a repris les rênes du dernier volet, surtout que le récit de Star Wars : Les Derniers Jedi n'avait pas fait dérailler ses plans. Or, il se trouve que l'Univers Étendu semble depuis toujours pointer vers le fait que le Premier Ordre a dans tous les cas été initié par l'Empereur, comme le montre l'excellent roman Riposte : Chute de l'Empire écrit par Chuck Wendig et publié le 17 janvier 2017, soit avant même la sortie de l'Épisode VIII. Le roman explique ainsi comment Gallius Rax, un fidèle de Palpatine, met en place la Contingence en enrôlant les meilleurs éléments de ce qui reste de l'Empire afin de les envoyer dans les Régions Inconnues pour créer ce qui deviendra le Premier Ordre. Il a aussi pour mission de détruire ce qu'il reste de l'Empire mais aussi la Nouvelle République naissante. Son projet se trouve en revanche stoppé définitivement lors de la bataille de Jakku qui marque la fin de l'Empire...

Au delà du retour de Palpatine, le cœur de Star Wars : L'Ascension de Skywalker, et de la postlogie toute entière, repose bien sur la relation entre Rey et Kylo Ren, faite d'attirance et de rejet, d'ombre et de lumière, de je t'aime moi non plus. Elle permet surtout de remettre en avant la thématique principale des deux premiers volets de la dernière trilogie, à savoir l'héritage familial et spirituel. Le personnage de Rey constitue d'ailleurs le véritable porte-étendard de cette narration. Daisy Ridley brille alors de nouveau sous les traits de la jeune Jedi et la rend incroyablement attachante avec ses doutes, ses peurs et ses bravoures. Même si Rey a fini par s'accepter elle-même à la fin de Star Wars : Les Derniers Jedi, elle craint en effet toujours ce ou qui elle est. Elle ressent une part d'ombre au fond d'elle-même, emplie de colère et de peur, des sensations qu'elle sait mener au Côté Obscur. La révélation sur sa filiation va alors totalement la bouleverser : elle n'est pas moins que la petite fille de Palpatine ! De nombreux fans de Star Wars attendaient une clarification sur ce point car ils ne se remettaient pas de l'affirmation de Rian Johnson affirmant que Rey était la fille de personne, juste de simples ferrailleurs sans importance. J.J. Abrams propose lui une explication complémentaire à ce que le réalisateur de Star Wars : Les Derniers Jedi avait offert. Il avait d'ailleurs précisé après la sortie du huitième volet que ce que Kylo Ren avouait à Rey était vrai mais pouvait aussi être incomplet car mal interprété par l'apprenti de Snoke, laissant la porte ouverte à bien des mystères. Ainsi, Rey aurait pu rester la fille de personne que cela n'aurait pas gêné le développement du personnage ! En faire la descendante de Palpatine, une héritière dont la maîtrise de la Force est puissante, a l'avantage aussi d'expliquer pourquoi la jeune fille a autant de facilités dans son utilisation. Cela gomme un peu le côté don miraculeux des deux premiers films pour développer une raison plus logique et moins merveilleuse, basée sur la génétique. Le choix fait par J.J. Abrams apporte en outre une vision intéressante qui permet de creuser la notion d'héritage de la postlogie. Une personne n'est, en effet, pas définie par son sang ou son patronyme mais par ses actes et sa personnalité. L'idée véhicule ainsi un beau message quand les Jedi choisissent et soutiennent en tant que championne du Côté Lumineux Rey, la petite fille de Palpatine, afin de combattre l'ancien Empereur, son grand-père, représentant le mal absolu. Avec cette filiation, la saga principale Star Wars ne se limite plus à n'être que celle de la famille Skywalker mais devient aussi, par ricochet, celle des Palpatine avec des destins qui s'entrecroisent au cours de chacun des épisodes.

Malgré la belle évolution de Rey, la clé et la plus grande réussite de Star Wars : L'Ascension de Skywalker sont à rechercher du côté du personnage de Kylo Ren, soit Ben Solo sous son masque. Porté par le jeu d'un Adam Driver fabuleux, le petit-fils de Dark Vador passe par tous les stades : de Suprême Leader commandant aux armées du Premier Ordre au vassal de Palpatine appâté par la flotte de super destroyers destructeurs, de sa relation dans la Force avec Rey jusqu'à sa rédemption où il redevient Ben Solo. L'idée de la dyade dans la Force, deux êtres complémentaires ayant une connexion forte pouvant, par exemple, communiquer à des années lumières l'un de l'autre, est plutôt excellente et offre de belles interactions entre les deux personnages. La conclusion magnifie l'intensité du lien, d'une force incroyable mais d'une ambivalence remarquable. Il est alors vraiment grisant de voir Rey et Ben combattre ensemble contre Palpatine. Il est tout aussi émouvant de voir Ben ressusciter Rey et cette dernière le remercier via un baiser avant qu'il ne retourne à la Force à la suite de son sacrifice : une vie pour une vie. Autre fait intéressant, le parcours de Ben Solo dans le film, et en prolongement dans la postlogie, est à mettre en parallèle avec celui de son grand-père Anakin Skywalker. Là encore, le spectateur remarque un miroir inversé de la prélogie avec un être mauvais tombé dans le Côté Obscur qui va finalement retrouver la lumière et être capable de sauver la femme qu'il aime en lui offrant sa vie. Il s'agit là du total inverse de celui qui allait devenir Dark Vador qui restera en vie mais sera à l'origine de la mort de l'amour de sa vie, qu'il disait pourtant vouloir à tout prix sauver.

Ben Solo est aussi au centre de l'une des séquences les plus intenses de toute la saga et qui fera sûrement couler des larmes à bien des spectateurs lors de son premier visionnage. Le vrai climax du film se produit, en effet, lors du combat sur Kef Bir, la lune océanique d'Endor, où Rey et le Suprême Leader se battent sur les débris de l'Étoile de la Mort. Le point d'orgue est alors le basculement de Kylo Ren vers le Coté Lumineux grâce au sacrifice de sa mère Leia Organa qui atteint son fils perdu via la Force, puis le secours que lui porte Rey après l'avoir frappé et enfin l'apparition en rêve de son père Han Solo. Cette dernière scène, en particulier, est extraordinaire. Le jeu d'Harrison Ford apporte beaucoup de tendresse tandis que la symbolique inversée par rapport à Star Wars : Le Réveil de la Force est superbe. Dans le premier film de la postlogie, la séquence se déroulait en intérieur, sombre et rouge avec une atmosphère oppressante. Ici, elle se joue en extérieur autour d'éléments naturels (l'océan) qui viennent juste de s'apaiser après s'être déchaînés durant le combat. La colorimétrie est, elle aussi, bien plus douce grâce au bleu de l'eau. Ce passage restera sûrement comme la scène la plus touchante du film même si la fin entre Ben et Rey est aussi émouvante, bien que plus clivante.

Le décès prématuré de Carrie Fisher le 27 décembre 2016 plonge évidemment les fans dans une terrible tristesse... et Lucasfilm, Ltd. dans un grand embarras. Après Harrison Ford dans l'Épisode VII et Mark Hamill dans l'Épisode VIII, l'actrice devait, en effet, jouer un rôle central dans le dernier volet de la postlogie. Malheureusement, ce ne peut plus être le cas et cela pose un problème narratif puisque son personnage n'était pas mort dans le huitième volet. Pour pallier ce souci, J.J. Abrams décide d'utiliser des rushes de Carrie Fisher coupés lors du montage du septième épisode. Même si certains dialogues sont un peu vagues, laissant aux autres personnages le soin d'approfondir ses pensées, la présence de la Générale Leia Organa n'est pas si anecdotique que ça dans Star Wars : L'Ascension de Skywalker : le réalisateur arrive, il est vrai, à rendre son parcours cohérent, en la faisant devenir le maître de la jeune Jedi, et surtout, particulièrement touchant dans les circonstances de sa mort. L'idée de donner sa vie pour toucher son fils à travers la Force, et ainsi sauver son apprentie, est remarquablement cohérente et permet en outre d'amener beaucoup d'émotions. Le plus déchirant est alors le cri de Chewbacca quand il apprend que le dernier membre de leur fine équipe, formée il y a 30 ans, vient de mourir. Sa détresse bouleversera plus d'un spectateur et permet de dire adieu au personnage - et à l'actrice iconique - de la plus belle des manières.

Le dernier membre du trio originel de la trilogie, Luke Skywalker, fait lui aussi une apparition via les traits de Mark Hamill. Le Jedi revient, il est vrai, en tant que fantôme de la Force et prodigue de sages conseils à Rey à un moment où elle perd confiance en elle, comme lui-même avait pu perdre la foi. Il est d'ailleurs amusant de voir un dialogue et un geste qui seront compris différemment par les spectateurs en fonction de leur opinion sur Star Wars : Les Derniers Jedi. Certains verront dans le discours de Luke qui rappelle la nécessité d'avoir plus de respect pour l'arme d'un Jedi comme une critique directe de Rian Johnson par J.J. Abrams et un rétropédalage à propos du personnage. En réalité, c'est tout le contraire ! Luke Skywalker a déjà, durant le huitième volet, fait son mea culpa. Après sa conversation avec Yoda, il comprend, en effet, ses erreurs et ses échecs. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il donne toute son énergie, jusqu'à la mort, pour permettre à sa sœur et ses alliés de s'enfuir. D'ailleurs, il dit clairement à son neveu qu'il n'est pas le dernier Jedi en désignant Rey alors qu'au début du film, il était persuadé qu'il fallait en finir avec cet ordre. Le discours dans Star Wars : L'Ascension de Skywalker s'inscrit ainsi parfaitement dans la continuité du précédent.
Le personnage de Luke Skywalker, toujours lui, offre également un autre détail intéressant au détour d'une scène apparemment anodine : le flashback qui le voit s'entraîner avec Leia, tous deux plus jeunes, avant que la jeune femme ne tombe enceinte de Ben. Elle permet, en effet, de comprendre comment et pourquoi sa sœur dispose d'aptitudes avec la Force et a pu donc devenir le maître de Rey. La séquence est en revanche ratée visuellement : les visages des deux personnages jeunes ont été reconstitués numériquement avec une technique similaire à celle vue dans Rogue One : A Star Wars Story mais leur rendu est risible et impardonnable dans un film de cette envergure.

La première partie de Star Wars : L'Ascension de Skywalker a l'avantage de proposer des aventures communes au trio formé par Rey, Finn et Poe Dameron. Il est ainsi vraiment grisant de les voir ensemble au contraire du précédent film où ils avaient été séparés. Leurs tribulations permettent aussi d'approfondir les personnages de Poe Dameron et de Finn qui ont droit à de belles évolutions.
Le spectateur en apprend ainsi plus sur le passé de Poe Dameron, le montrant sous un angle plus vaurien dans un parallèle évident avec Han Solo. L'acteur Oscar Isaac campe alors toujours aussi bien le personnage avec son irrésistible côté tête brûlée mais aussi avec une inédite capacité de meneur d'hommes entr'aperçue dans Star Wars : Les Derniers Jedi. Quand il doit prendre le relais de Leia, il ne se démonte pas et accepte la place de guide dont la Résistance a besoin.
Finn est interprété par un John Boyega qui reste toujours aussi sympathique. Le personnage a manifestement pris beaucoup d'assurance depuis le dernier film et est désormais un membre totalement investi dans la cause de la Résistance. Mais surtout, il continue à vouloir protéger, quoi qu'il arrive, son amie Rey. Si aucune intensité amoureuse ne se ressent entre les deux, une vraie et forte amitié les lie. D'ailleurs, Finn passe le film à vouloir avouer quelque chose à Rey et à elle seule mais il n'en a jamais l'occasion. J.J. Abrams ne donnera pourtant jamais la réponse directement ; le public se devant alors de la deviner : il semblerait ainsi que Finn se connecte de plus en plus avec la Force.

De nombreux autres anciens personnages apparaissent également dans l'opus avec des rôles plus ou moins importants. Les rôles de C-3PO (Anthony Daniels) et Chewbacca (Joonas Suotamo) sont de ceux qui se voient étoffés dans Star Wars : L'Ascension de Skywalker. Ils accompagnent, en effet, les trois héros et disposent tous de leurs instants poignants même si le spectateur devine assez facilement ce que la suite leur réserve.
Rose Tico (Kelly Marie Tran) possède, en revanche, un rôle bien plus en retrait que lors du film précédent : certes, le personnage est monté en grade, étant désormais parmi les officiers de la Résistance en qualité de bras droit de la Général Organa Solo, mais ses interventions restent tout à fait secondaires.
Pour les fans de la première trilogie, le plaisir de revoir Billy Dee Williams reprendre son rôle de Lando Calrissian est parfaitement jouissif. Le vieux baroudeur affiche toujours une classe incroyable et bien qu'il soit peu présent dans le film, il vole la vedette à chaque fois qu'il apparaît, se rendant toujours réellement attachant. Son discours à Poe lors de la mort de Leia est notamment particulièrement touchant.
Le Général Armitage Hux (Domhnall Gleeson) a vu, quant à lui, son influence être fortement diminuée après la prise de pouvoir de Kylo Ren en tant que Suprême Leader du Premier Ordre. Son évolution semble naturelle tellement elle correspond à ce personnage, roquet, revanchard et... jaloux !
Les Chevaliers de Ren qui étaient vaguement introduits dans l'Épisode VII et inexistants dans l'Épisode VIII bénéficient ici d'un peu plus de présence mais restent ce qu'ils étaient depuis le début de cette postlogie : parfaitement anecdotiques.
Enfin, parmi les autres personnages connus, le public retrouvera aussi R2-D2, BB-8, Maz Kanata, Nien Nunb ou Temmin "Snap" Wexley.

Malgré un scénario dense et ramassé, Star Wars : L'Ascension de Skywalker trouve encore les ressources pour proposer de nouveaux personnages et leur donner une certaine consistance.
Keri Russell (connue pour le rôle titre de la série Felicity créée par J.J. Abrams) joue ici la contrebandière d'épices, Zorri Bliss, et accessoirement l'ancienne petite amie de Poe Dameron. Le personnage vaut surtout pour son apparence plutôt classe ainsi que pour son passé avec le pilote de la Résistance. C'est ainsi elle qui lui conseille d'aller voir Babu Frik, un petit personnage amusant, apte à bypasser la mémoire de C-3PO dans le but de traduire un message interdit.
Jannah (Naomi Ackie) est, quant à elle, une ancienne stormtrooper qui vit sur Kef Bir après avoir déserté du Premier Ordre avec tout son escadron. Naturellement, elle se prend vite d'amitié avec Finn de par leur expérience commune. Elle va ensuite rentrer naturellement dans la Résistance pour affronter ceux qui l'avaient enlevée quand elle était enfant et voulait faire d'elle de la chair à canon.
Enfin, dans la longue galerie de personnages, les spectateurs remarqueront aussi le Général Allégeant Pryde (Richard E. Grant) qui est désormais le commandant en chef de l'armée du Premier Ordre depuis que le Général Hux a été rétrogradé ainsi que le résistant Beaumont Kin joué par Dominic Monaghan, connu pour son rôle de Meriadoc Brandebouc dans la trilogie du (Le) Seigneur des Anneaux.

Star Wars : L'Ascension de Skywalker signe aussi de jolis clins d'oeil aux fans en faisant revenir quelques figures mythiques, à commencer par les Ewoks dont le fameux Wicket de nouveau joué par Warwick Davis ou le pilote rebelle Wedge Antilles, toujours interprété par Denis Lawson. Autre fan service, lors d'une des dernières séquences quand Rey fait appel aux Jedi du passé, de nombreuses voix peuvent être entendues, permettant de relier toutes les œuvres de la saga, aussi bien les films de la prélogie et de la trilogie que des séries comme Star Wars : The Clone Wars ou Star Wars : Rebels. Les plus attentifs pourront ainsi entendre résonner les voix d’Anakin Skywalker, Obi-Wan Kenobi, jeune et âgé, Yoda, Mace Windu, Qui-Gon Jinn, Adi Gallia, Aayla Secura, Luminara Unduli, Ahsoka Tano et Kanan Jarrus. L'idée est excellente mais le fan ne peut s'empêcher de se dire qu'elle en reste à l'intention. La scène aurait en effet pu être encore plus puissante et grisante si au lieu des voix, les fantômes de la Force étaient apparus visuellement pendant le combat final. La séquence aurait alors encore mieux lié les trois trilogies entre elles. De même, à la fin du film, lors de la célébration de la victoire, le choix des planètes est étrange et un peu expéditif : deux de la trilogie (Bespin et Endor) et une seule de la postlogie (Jakku). Au lieu de Bespin, une planète de la prélogie comme Coruscant ou Naboo eut été bien plus pertinente...

Le dernier point du récit de Star Wars : L'Ascension de Skywalker à souligner est bien sûr la toute dernière séquence. La scène est certes toute simple mais pleine de symboles. Rey, en revenant sur Tatooine dans la ferme des Lars, l'oncle de Luke et le beau-frère d'Anakin, vient donc rendre hommage à ses maîtres qui l'ont guidée sur le chemin de la Force. Elle y enterre les sabres de Luke et de Leia. Et quand une passante lui demande son nom de famille, elle finit par enfin en choisir un : celui de cette famille unique dans l'histoire des Jedi, malheureusement désormais entièrement décimée et sans descendant aucun, dont le frère et la sœur, sous forme de fantômes de la Force, la regardent au loin. En devenant une Skywalker de cœur, elle choisit d'accepter leur héritage et de prolonger leur œuvre. Cette dernière scène pose alors la question du titre : il aurait peut-être été plus judicieux de nommer le film L'Ascension des Skywalker (The Rise of THE SkywalkerS).

D'un point de vue technique, Star Wars : L'Ascension de Skywalker ne signe certes pas un sans faute - c'est déjà dit - mais n'a pas à rougir. La photographie, les décors, les effets spéciaux, tout est vraiment très beau dans les images proposées par J.J. Abrams même si le travail de Rian Johnson peut lui être préféré, son rendu visuel étant un tantinet plus léché. J.J. Abrams a décidément trop tendance à quelque peu gâcher certaines séquences de haut vol par un découpage et un montage saccadés à l'excès. C'est particulièrement flagrant dans la bataille finale, avec tous ses destroyers, qui aurait due être totalement grandiose et flamboyante mais qui donne par moment l'impression d'être étriquée.
Il faut par contre saluer sans aucune réserve la musique de John Williams qui livre ici sa neuvième et ultime partition pour la saga Star Wars. Il propose un mélange parfait de son travail sur la postlogie avec, en plus, des reprises de nombreux thèmes de la trilogie originale. C'est tout bonnement un régal pour les oreilles et la bande originale est un plaisir à écouter, même en dehors du visionnage lui-même.

Star Wars : L'Ascension de Skywalker sort aux États-Unis le 20 décembre 2019. La critique, à l'inverse des deux précédents volets de la postlogie, est profondément divisée. Beaucoup lui reprochent ses problèmes de scénario et de montage, même si d'autres trouvent que le film clôture la saga en apothéose. Côté public, la réaction semble moins virulente que pour Star Wars : Les Derniers Jedi même si certains spectateurs accordent leur violon avec la critique. Du point de vue box-office, la fatigue de la franchise ainsi que la réaction ultra négative sur le volet précédent casse la dynamique Star Wars. Pour la trilogie et la prélogie, le troisième film a, dans les deux cas, fait mieux que le second mais moins bien que le premier. Ici, l'Épisode IX démarre plus doucement que les deux précédents, laissant craindre au final un résultat en deçà du deuxième volet de la postlogie.

Star Wars : L'Ascension de Skywalker est indéniablement une réussite mais souffre de problèmes de rythme et d'un montage trop serré. Il aurait eu besoin de plus de temps pour approfondir certaines idées. Ce constat fait, il propose néanmoins une aventure riche, menée tambour battant où l'ennui n'a pas sa place tout en sachant offrir des moments parmi les plus émouvants des neuf épisodes. Il arrive aussi à mener une belle synthèse des deux précédents films en apportant une belle conclusion à la postlogie. Et si le fan de Star Wars aurait aimé que le long-métrage aille encore plus loin dans le lien avec la prélogie, elle n'est pas oubliée.

Sans être parfaits, les adieux orchestrés dans Star Wars : L'Ascension de Skywalker à la saga Skywalker et aux personnages qui ont accompagné le public pendant près de quarante ans sont particulièrement touchants. Que la Force soit avec eux... à jamais !

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