Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
L'Adaptation en Comics

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal - L'Adaptation en Comics
La couverture
Éditeur :
Delcourt
Date de publication France :
Le 21 mai 2008
Genre :
Comics
Auteur(s) :
John Jackson Miller (Scénariste)
Luke Ross (Dessinateur)
Cliff Richards (Dessinateur)
Nombre de pages :
100

Le sommaire

Les Histoires :
• Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull #1 (22/05/2008)
• Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull #2 (28/05/2008)
• Galerie de couvertures

La critique

rédigée par
★★
Publiée le 23 mars 2018

Le 22 mai 2008, Steven Spielberg et George Lucas ressuscitent Indiana Jones au cinéma avec Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. Absent des écrans depuis presque vingt ans, le célèbre archéologue interprété par Harrison Ford avait en effet tiré sa révérence avec Indiana Jones et la Dernière Croisade que chacun pensait être sa dernière aventure. Mais c’est sans compter sur la ténacité de Lucas et de Ford qui réussissent tous les deux à convaincre Spielberg de sortir le héros de sa retraite. Les scénaristes se succèdent alors avant que le script de David Koepp, inspiré d’une histoire de Lucas et Jeff Nathanson, ne soit validé. Le temps ayant passé et les protagonistes ayant vieilli, le contexte de la Seconde Guerre mondiale cède cette fois sa place à celui de la Guerre froide. L’archéologue se retrouve donc en 1957 aux prises avec les Soviétiques et doit affronter Irina Spalko, colonel émérite plusieurs fois décorées par Staline qui souhaite utiliser ses connaissances pour mettre la main sur un mystérieux artefact, un crâne de cristal grâce auquel elle pourra disposer de tout le savoir de l’univers et permettre à l’U.R.S.S. de surpasser les États-Unis…

Présenté sur la Croisette le 18 mai 2008 lors du 61ème Festival de Cannes, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal sort dans les salles américaines le 22 mai, un jour après le début de la diffusion française. Et comme il est d’usage chez Lucasfilm, cette sortie s’accompagne d’une flopée de produits dérivés de tous genres : jouets, poupées, costumes, bande originale, livres et une adaptation en bande dessinée publiée par Dark Horse Comics, le célèbre éditeur de Milwaukee créé en 1986 et qui se charge depuis 1991 de sortir dans les kiosques les aventures d’Indy. Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal est ainsi proposé le 22 et le 28 mai dans deux fascicules inédits reprenant une très large partie de l’histoire.

En mai 2008, les lecteurs peuvent ainsi découvrir sur papier glacé la nouvelle épopée du héros et sa découverte du mythique crâne de cristal. Comme il est d’usage dans ce genre d’exercice, plusieurs éléments du livre diffèrent quelque peu du long-métrage. La course-poursuite entre les adolescents américains et le convoi soviétique introduisant le début du film disparaît ainsi notamment. L’agent du FBI Taylor qui interroge Indiana Jones après que celui-ci soit parvenu à échapper aux Russes est également absent tandis que les scènes à l’université passent elles aussi à la trappe. Indy n’a pas le temps de monter dans le train avant d’être accosté par Mutt Williams. La séquence du combat avec les autochtones tentant de protéger le cimetière de Chauchilla est, en outre, considérablement allégée, tout comme la course-poursuite dans la jungle. Enfin, le vortex emportant Splako et ses sbires dans le néant à la conclusion du film est absent de la bande dessinée...

L’adaptation en comics d’Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal est signée par John Jackson Miller. Né le 12 janvier 1968 à Memphis dans le Tennessee, ce collectionneur de comics depuis le plus jeune âge se lance dans le métier en 1993 lorsqu’il devient rédacteur du magazine Comics Retailer puis du Comics Buyer’s Guide en 1998. En 2003, il travaille pour Marvel sur quelques histoires avec Iron Man avant que Dark Horse ne lui demande d’écrire l’adaptation de la quatrième aventure d’Indiana Jones. En 2005, l’éditeur lui confie alors le script de Star Wars : Empire, une histoire inédite avec Dark Vador, puis Les Chevaliers de l'Ancienne République. En 2010, il enchaîne avec Chevalier Errant puis passe chez l’éditeur Del Rey pour qui il travaille sur les romans Kenobi puis Une Nouvelle Aube.

Miller collabore avec Luke Ross et Cliff Richards qui se chargent du dessin. Né le 18 juillet 1972 au Brésil, Ross a notamment travaillé pour DC Comics sur la série Gen 13 et le personnage de Green Lantern, ainsi que pour Marvel sur quelques histoires avec les X-Men, Hulk, Captain America et Spider-Man. Il a également fait plusieurs incursions dans l’univers Star Wars avec Star Wars : Thrawn et Dark Maul : Soif de Sang. Richards est, quant à lui, né en 1964 au Brésil. Encreur des bandes dessinées adaptées de la série Buffy contre les Vampires, il a travaillé sur Wonder Woman pour DC Comics et la série New Thunderbolts pour Marvel.

Relire les péripéties d’Indiana Jones en bande dessinée est sans aucun doute un petit plaisir pour les fans absolus du célèbre archéologue qui peuvent découvrir ou redécouvrir l’histoire du crâne de cristal sur papier glacé. Néanmoins, si certaines transcriptions de longs-métrages en comics sont de très bonne qualité, en particulier celles reprenant les aventures sur grand écran des héros Marvel, celle d’Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal laisse sur sa faim. Car cette adaptation n’apporte finalement rien de plus au film et c’est là que le bât blesse. La plupart du temps, les novélisations et autres bandes dessinées inspirées du cinéma amènent leur lot d'éléments supplémentaires de contextualisation, introduisent parfois de nouveaux personnages ou de nouvelles scènes. L’adaptation de Star Wars : La Revanche des Sith par exemple regorge de petits détails et d’ajouts qui embellissent et complètent cette histoire que chacun a pu découvrir au cinéma. Mais ici, point de tout cela. La bande dessinée reprend les scènes du film dont certaines s’enchaînent tellement vite avec le reste qu’elles en deviennent presque anecdotiques. La course-poursuite sur le campus universitaire entre les Soviétiques et Indiana embarqué malgré lui sur la moto de Mutt ne fait ainsi qu’une planche avec cependant, il faut le souligner, une vignette très intéressante montrant les deux engins traversant le terrain de football américain de l’université alors que ses joueurs sont en plein match. À n’en pas douter, ce genre de scène aurait été formidable dans le film de Spielberg. Même tarif pour la séquence dans la jungle. La mort d’Anton Dovchenko dévoré par des fourmis tueuses en deviendrait presque anecdotique. Et la fin de l’histoire, déjà très/trop subtile dans le film pour être bien comprise, est ici totalement opaque. Et que dire de certains cartouches censées apporter un plus à l’histoire et qui, au final, se révèlent bien inutiles. Les notes ajoutées dans la scène de l’explosion nucléaire semblent ainsi totalement superflues, le dessin se suffisant à lui-même. « Les experts militaires enregistrent d’abord un éclair suivi d’une onde de choc et une détonation ». Les lecteurs avaient certainement compris en voyant les maisons et les mannequins complètement désintégrés en plus du « Boooom !!! » écrit en travers de l’une des vignettes.

Dernière petite déception de ce copier-coller du film d’origine, la qualité de certains dessins franchement aléatoire. Si certaines pages sont magnifiques, comme celles dans le hangar au début de l’histoire ou celles dans la tente de Spalko plantée au milieu de la jungle, d’autres sont vraiment de très mauvaise facture comme la numéro 69 dans laquelle les héros trouvent l’entrée d’Akator. Le crâne de cristal que tient dans sa main Oxley est tellement mal dessiné que cela en deviendrait presque risible. En fait, les planches réussies semblent décalquées à partir d’images du film ; les pages ayant eu besoin de coupes dans le scénario apparaissent, elles, totalement improvisées et parfois de la pire manière.

Au final, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal reste une adaptation en bande dessinée qui laisse sur sa faim. Bien inutile pour qui a vu le long-métrage de Spielberg, les fans absolus, bien entendu, ne trouveront rien à y redire. Mais relire les aventures d’Indy sans la maestria du réalisateur, la partition de John Williams et les effets spéciaux parfois spectaculaires laisse un vrai goût d’inachevé. Si la lecture peut paraître plaisante, elle l’aurait été encore davantage avec quelques plans voire quelques scènes inédites.

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