L'Escadron Alphabet
La couverture
Titre original :
Alphabet Squadron
Éditeur :
Pocket
Date de publication France :
Le 27 février 2020
Genre :
Science-fiction
Label :
Star Wars - Univers Officiel
Auteur(s) :
Alexander Freed
Autre(s) Date(s) de Publication :
Del Rey (US) : Le 11 juin 2019
Nombre de pages :
608

Le synopsis

An 4 après la Bataille de Yavin (Univers Officiel)
L'Empereur mort, son arme ultime détruite et sa Flotte Impériale en déroute, le chaos règne du côté des troupes de l'Empire. Yrica Quell, ancienne pilote, vit dans un camp de réfugiés géré par la Nouvelle République sans grand espoir d'en sortir, jusqu'au jour où elle est sélectionnée pour rejoindre l'Escadron Alphabet.
Formé de cinq membres de l'Escadron Alphabet venus de divers horizons et dirigé par la Générale Hera Syndulla, il a pour mission de traquer et détruire la mystérieuse "Escadre de l'Ombre", un redoutable groupe de chasseurs TIE toujours en action...

La critique

rédigée par
Publiée le 05 juin 2020

L'Escadron Alphabet est le premier volet d'une trilogie qui se déroule juste après Star Wars : Le Retour du Jedi.

Cette trilogie est confiée à Alexander Freed, un auteur surtout connu pour avoir été scénariste des arcs du comics Légendes The Old Republic : Le Sang de l'Empire dans les numéros #4 à #6 mais aussi Soleils Perdus des numéros #7 à #11. Il a également scénarisé le comics Légendes Le Poing du Tyran de La Purge des Jedi et publié trois nouvelles : une relevant de l'Univers Légendes (The Last Battle of Colonel Jace Malcom) et deux de l'Officiel (One Thousand Levels Down et La Fin de l'Histoire). En 2015, il signe aussi son premier roman, dans l'Univers Officiel, Battlefront : Twilight Company dont le récit adapte le jeu vidéo sorti la même année avant d'enchaîner en 2017 sur la novélisation de Rogue One : A Star Wars Story.

L'Univers Officiel Star Wars possède pour l'instant peu de séries de romans adulte comme cela pouvait l'être dans l'Univers Légendes qui en avait fait son fond de commerce. L'offre se limitait ainsi à la trilogie Riposte de Chuck Wendig dont les deux derniers opus sont excellents ainsi qu'à la série de Timothy Zahn tournant autour de son personnage de Thrawn. L'existence de cette nouvelle trilogie permet donc de combler un peu le manque. L'autre bonne idée est de travailler de concert avec d'autres branches de l'édition Star Wars. Dans un esprit marketing, Marvel et Del Rey ont en effet mis en place un cross média entre le roman L'Escadron Alphabet et le comics Star Wars : Tie Fighter. Même si la démarche est bienvenue, le crossover s'avère au final vraiment léger. Seuls deux personnages sont communs aux deux : Grand-Mère, la commandante du 204e escadron impérial, ainsi que l'héroïne du roman, Yrica Quell, et encore cette dernière apparaît uniquement sur deux planches. Le récit du comics, sinon, se déroule un an avant le roman et décrit les actions d'une partie de cet escadron de l'Empire avant les événements de Star Wars : Le Retour du Jedi.

L'Escadron Alphabet s'attache, lui, à décrire les aventures d'un nouvel escadron composé d'appareils de la Nouvelle République assez disparates : un A-Wing, un B-Wing, un U-Wing, un Y-Wing et un X-Wing. Cette hétérogénéité explique ainsi son nom d'Escadron Alphabet, sobriquet donné par des pilotes extérieurs à l'équipe d'abord par moquerie puis par respect. L'action, elle, se déroule juste après la bataille d'Endor ayant amené la destruction de la deuxième Étoile de la Mort et le décès de l'Empereur. L'Empire en ressort évidemment affaibli et de nombreux membres de son armée ont choisi de déserter. Les derniers soldats qui restent sont dès lors les plus fanatiques et les plus impitoyables. Ils n'hésitent ainsi pas à détruire des planètes entières sans raison stratégique. L'Escadron Alphabet a justement pour mission d'arrêter l'un des escadrons impériaux les plus dangereux, le 204e, surnommé l'Escadre de l'Ombre. Si le comics se concentrait sur l'Empire, le roman va lui se focaliser quasi exclusivement sur les pilotes de cet escadron de la Nouvelle République. Ce choix formant à la fois la force et la faiblesse du livre.

Alexander Freed a en fait un style difficile à aborder de par sa prédilection pour les récits de guerre. Son premier roman Star Wars, Battlefront : Twilight Company, était d'ailleurs un calvaire pour le lecteur non féru du genre tellement sa lecture était laborieuse et ses personnages antipathiques. Ici, force est de constater qu'il s'est amélioré même si ce n'est toujours pas la panacée. L'Escadron Alphabet souffre il est vrai de longueurs, surtout dans sa première partie. L'auteur tente laborieusement de donner une profondeur à ses personnages et insiste sur leur formation, le tout de façon maladroite. Lors de l'entame, il suit ainsi les trois premiers membres puis alterne avec une longue bataille spatiale impliquant ceux qui allaient devenir les deux derniers. Le passage de l'un à l'autre fait que l'histoire semble ne pas avancer durant les 250 premières pages avant que la délivrance du lecteur arrive et que le récit décolle enfin. La deuxième partie du roman, à partir du moment où l'escadron est au complet et que débute leur entraînement, est en effet bien plus intéressante. Les membres commencent alors à se connaître et à tisser des liens permettant au lecteur de trouver des accroches pour s'attacher à eux. La dernière partie se consacre, quant à elle, à la bataille finale où l'escadron prend corps et obtient ses galons. Là encore, la description des batailles est très (trop) présente mais le récit s'avère toutefois bien plus digeste. L'auteur a enfin la bonne idée d'alterner les points de vue des deux camps, entre les membres de la Nouvelle République et ceux de l'Empire, donnant à l'ensemble une dynamique qui manquait clairement à la première partie.

L'Escadron Alphabet est également assez étonnant au niveau de ses personnages. Si l'auteur prend son temps pour les introduire et leur donner de l'épaisseur, il n'arrive jamais à les rendre particulièrement attachants, à commencer par son héroïne principale.
Yrica Quell est donc une ancienne pilote impériale de la 204e. Suite à un massacre de trop, elle décide de déserter et de rejoindre la Nouvelle République. Sauf que les agents du jeune système politique sont méfiants vis-à-vis d'elle et ne lui font pas confiance. Elle trouve alors son salut, et une possibilité de piloter à nouveau, grâce au service de renseignement qui veut l'utiliser afin de pourchasser et d'éliminer son ancien escadron. La jeune femme prend alors pour mission de monter un groupe de pilotes dédié à cette tâche. Sauf qu'elle reste accrochée à ses habitudes rigides de l'Empire et n'arrive absolument pas à être sympathique avec ses coéquipiers. À partir de ce moment-là, le lecteur n'arrive pas, lui non plus, à s'attacher à ce personnage, écorché et rugueux, mais bien trop renfermé pour susciter de l'empathie.

Nath Tensent est lui aussi un ancien impérial mais a déserté depuis bien plus longtemps que Yrica Quell et s'est presque tout de suite engagé dans l'Alliance Rebelle. Des années plus tard, son escadron ayant été anéanti par la 204e impériale, il s'est juré de détruire l'Escadre de l'Ombre et décide pour cela d'intégrer l'équipe de Quell pour assouvir sa vengeance. Le personnage est dès lors beaucoup plus intéressant car bien qu'ayant un côté pirate, peu recommandable, et menteur, il s'avère en réalité jovial et loyal.
Kairos est pour sa part la première à avoir été recrutée par les renseignements de la Nouvelle République pour former le fameux escadron. Humanoïde masquée, une aura de mystère tourne autour de ce personnage qui ne parle pas et qui s'exprime rarement, uniquement avec des gestes, pour distiller juste quelques émotions.

Les deux autres membres de l'escadron arrivent quant à eux bien plus tard, après avoir échappé à un massacre spatial perpétué par l'Escadre de l'Ombre.
Le premier d'entre eux est Wyl Lark, un jeune humain de la planète Polyneus. Ne cherchant pas fatalement à mourir au combat, il s'est juré de retourner dans son monde qu'il vénère plus que tout. Gentil et aimable, il est le personnage le plus à même de se faire des amis et celui avec qui le lecteur aura le plus d'affinité.
La seconde est Chass na Chadic, une Theelin qui en veut particulièrement à Wyl Lark pour l'avoir forcée à fuir face au massacre de l'Escadre de l'Ombre plutôt que de rester pour aider ses anciens coéquipiers. Elle accepte ensuite de rentrer dans l'Escadron Alphabet afin de pouvoir venger, elle aussi, ses camarades.

Parmi les autres personnages se remarque aussi Caern Adan, qui est le responsable des renseignements s'étant juré de détruire la 204e, persuadé qu'il s'agit d'une terrible menace pour la Nouvelle République. Sans budget, il forme ainsi un escadron de bric et de broc et ne fait confiance à aucune de ses recrues, en particulier à sa capitaine, Yrica Quell. Lui non plus n'est pas très sympathique, le pire étant que le lecteur s'attache plus à IT-O, un ancien robot de torture, converti en droïde psychiatre devenu le confident de l'agent.
Au chapitre des bonnes nouvelles, un des plaisirs du roman est sans nul doute de retrouver Hera Syndulla, la personnage de la série Star Wars : Rebels, devenue ici une héroïne de la Rébellion et ayant pris du grade au sein de la Nouvelle République.

L'Escadron Alphabet est au final un roman légèrement décevant. Il est long à démarrer et certains de ses personnages sont désespérément peu attachants. À partir du deuxième tiers, il devient toutefois plus palpitant et se laisse lire sans grande difficulté. À sa décharge, il faut garder à l'esprit qu'il s'agit du tome introductif d'une trilogie : les volumes suivants s'amélioreront peut-être...

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