Éditeur :
Panini Comics
Date de publication France :
Le 15 février 2017
Collection :
Marvel Icons
Auteur(s) :
Matt Fraction (Texte)
David Aja (Dessin)
Annie Wu (Dessin)
Javier Pulido (Dessin)
Francesco Francavilla (Dessin)
Steve Lieber (Dessin)
Jesse Hamm (Dessin)
Chris Eliopoulos (Dessin)
Matthew Hollingsworth (Couleur)
Nombre de pages :
512

Le sommaire

• Introduction
• Présentation des auteurs
• Ma Vie Est une Arme (Hawkeye Vol. 4 #1-3) (2012)
• La Cassette (Hawkeye Vol. 4 #4-5) (2013)
• Petits Coups (Hawkeye Vol. 4 #6-11) (2013)
• L.A. Woman (Hawkeye Vol. 4 Annual #1, #14, #16, #18, #20) (2013-2014)
• Rio Bravo (Hawkeye Vol. 4 #12, #13, #15, #17, #19, #21, #22) (2013-2015)
• Traduction du langage des signes utilisé dans le #19

La critique

rédigée par
Publiée le 26 novembre 2021

Aux côtés d'un super-soldat vétéran de guerre, d'un dieu du tonnerre ou d'un multi-milliardaire en armure rouge et or, Clint Barton alias Hawkeye pourrait sembler n'être, de prime abord, qu'un héros de seconde zone. Pourtant, les vilains qui ont fait l'erreur de le sous-estimer n'en sont pas sortis indemnes ! Armé de flèches aux mille effets dévastateurs et véritable distributeur ambulant de rodomontades aussi acérées que les pointes de ses projectiles fétiches, Clint fait souvent mouche, et notamment dans le cœur du lectorat. En 2012, près de cinquante ans après sa première apparition, l'auteur Matt Fraction (The Invincible Iron Man, 2008), associé au dessinateur David Aja et, plus tard, à l'illustratrice Annie Wu, réinvente complètement le personnage dans une longue série en solo (ou presque !) du héros. Balayées les grandes menaces intergalactiques et exit les rassemblements de super-héros bourrés d'adrénaline : l'équipe artistique écrit l'histoire d'un héros dépourvu de pouvoirs dans une aventure urbaine tout en accordant une importance primordiale aux traits les plus humains de Clint Barton et de sa pupille, Kate Bishop. En 2017, Panini Comics édite l'extraordinaire série dans un seul volume absolument indispensable de la collection Marvel Icons.

Apparu dans Tales of Suspense #57 en 1964 sous la plume de Stan Lee et les pinceaux de Don Heck, Clint Barton est à l'origine un simple forain qui fait montre de ses talents d'archer à Coney Island sous le regard, il faut le dire, peu impressionné des badauds. Lorsqu'en plus de cela, Iron Man vole la vedette à Barton en sauvant la vie de visiteurs coincés dans un manège défectueux, la coupe est pleine. Rongé par la jalousie, Clint enfile le costume de Hawkeye et devient alors, un peu malgré lui, le nouvel ennemi de Tony Stark. Éperdu d'amour pour la voluptueuse Black Widow qui l'entraîne dans ses sombres combines, Clint va par trois fois se frotter à Tête de Fer avant de faire amende honorable. L'Archer n'a rien d'un vilain en réalité, c'est même tout l'inverse : Clint a toujours voulu être un héros pour mettre son talent au service des autres.
En 1965, les membres des Avengers sont frappés par une crise. Captain America est parti en mission loin de New York, Thor a disparu et Giant-Man, la Guêpe et Iron Man rêvent de prendre des vacances bien méritées. Clint choisit donc le moment idéal pour soumettre sa candidature à l'équipe, qui l'accepte immédiatement dans ses rangs avant de le présenter à la presse dans The Avengers #16. Ce même numéro est d'ailleurs historique à plus d'un titre dans l'histoire des Vengeurs, puisque l'équipe accueille également deux autres membres, eux aussi d'anciens vilains : La Sorcière Rouge et Vif-Argent. Rapidement, Clint gagne l'affection du lectorat comme de ses compagnons d'armes tant il s'avère être un atout indispensable sur le terrain, même si sa résistance face à l'autorité et son côté tête brûlée causeront quelques dissensions au sein de l'équipe.

Il faut bien l'avouer, lorsque la série Hawkeye débarque en 2012 dans les comic shops, le héros sort d'une période éditoriale pour le moins dense et sinueuse. Les années 90 et surtout 2000 ont en effet vu éclore un phénomène souvent reproché à Marvel : l'hallucinante multiplication des évènements et autres crossovers annonçant d'immenses bouleversements au sein de l'univers, une promesse certes parfois tenue, mais souvent discutable. Le tournant du nouveau millénaire a donc pu se montrer éprouvant pour le lectorat, mais aussi et surtout pour Clint, qui a essuyé bien des revers en une seule petite décennie. En 2004, l'auteur Brian Michael Bendis met un coup de pied dans la fourmilière trop ronronnante de Marvel avec le récit Avengers : La Séparation, qui voit l'équipe de héros imploser, avant d'enchérir l'année suivante avec le sublime House of M, l'un des récits mutants les plus importants et dont les conséquences sont encore évoquées quinze ans plus tard. Personnage particulièrement affecté par ces deux récits d'envergure, Clint choisit quelques temps après cela d'enfiler le costume de Ronin et délaisse son arc fétiche ; l'arme est récupérée par Kate Bishop, membre des Young Avengers, qui adopte de fait l'identité de la nouvelle Hawkeye.
Le prochain séisme éditorial chez Marvel s'appelle Civil War (2006-2007). Si Clint ne participe pas au conflit, il n'en reste pas moins qu'il subit, comme tous les autres héros de la Terre, les retombées du terrible affrontement. Après avoir aidé à déjouer la menace Skrull en 2008 dans Secret Invasion, Clint traverse la tumultueuse période Dark Reign marquée par le récit Siege (2010), avant d'annihiler les plans du Serpent avec les Vengeurs dans Fear Itself (2011). Le point de rupture n'est pas loin...

Parallèlement, les années 2000 ont aussi été marquées par les innombrables évènements et arcs scénaristiques des Mutants. À la suite de House of M, tous les espoirs des Homo Superior reposent désormais sur la jeune Hope Summers, vue par tous comme le Messie de la race mutante. Le climax intervient dans l'évènement d'envergure Avengers vs. X-Men en 2012. Dans celui-ci, la puissance cosmique du Phénix menace de nouveau la Terre, des années après avoir causé la chute de Jean Grey dans la mythique Saga du Phénix Noir. Les Mutants, emmenés par Scott Summers, voient alors dans l'arrivée du Phénix la possibilité de renaître de leurs cendres ; face à eux se tiennent les Avengers, bien décidés à empêcher la force cosmique de nuire à nouveau. Pris au cœur des affrontements, Clint Barton, fraîchement promu à la tête des Secret Avengers, est brûlé vif alors qu'il tente de protéger la Sorcière Rouge.
C'est suite à ces mille épreuves traumatisantes que Clint débute sa nouvelle série solo, complètement brisé. Après tant de péripéties, l'auteur Matt Fraction n'a pas souhaité traiter spécifiquement des retombées des affrontements qui se sont récemment déroulés, pas plus que du nouveau rôle de l'Archer aux commandes des Secret Avengers, mais il s'est en revanche posé une question : « Que font Kate et Clint quand ils ne sont pas en mission pour sauver le monde ? » Fraction a toutefois affirmé qu'il était pertinent de lire la série en ayant en tête les évènements récents, afin de mieux saisir la détresse psychologique de Clint et la crise existentielle que le héros traverse dans Hawkeye.

Clint va mal. Matt Fraction et David Aja ouvrent d'ailleurs leur premier numéro par une pleine page montrant Hawkeye en fâcheuse posture. Lors d'une mission de routine, le héros tombe dans le vide et décoche une flèche grappin pour se réceptionner. Malheureusement, la corde se brise ; Clint s'écrase violemment sur une voiture en contrebas, anéanti. Son monologue intérieur ne laisse d'ailleurs planer aucun doute sur sa situation psychologique, tout en donnant le ton du reste du comics :

« Ok... Ça s'annonce mal... Je joue les cow-boys au sein des Avengers. Des types en armure, avec des super-pouvoirs. Une super-force. De la poudre rétrécissante. Des rayons agrandisseurs. Des facteurs guérisseurs. Je suis un orphelin élevé par des forains dont les arcs dataient du paléolithique. Quand je disais que ça se présentait "mal"... J'étais en dessous de la vérité. »

Suite à cette chute, l'Archer est forcé de passer six semaines immobilisé à l’hôpital, les os réduits en miettes. C'est donc dire que Fraction et Aja n'ont pas l'intention de démarrer en fanfare leur série avec de grandes victoires héroïques ; tout au contraire, l'équipe artistique entend bien ramener Clint à sa condition d'homme ordinaire. Chaque nouvelle bagarre donne d'ailleurs aux artistes l'occasion de dessiner le personnage recouvert de bandages et de bleus, accentuant encore davantage sa normalité – somme toute relative – et son absence de pouvoirs.
À travers Hawkeye, Matt Fraction souhaite également écrire à propos du difficile sujet de la dépression. Sans jamais mettre de mots sur ces maux, mais toujours avec une infinie justesse, l'auteur montre son héros s'enliser à mesure que ses relations avec les autres se détériorent. Affecté par un divorce qui vient mettre un point final à une relation complexe avec sa partenaire de longue date, Mockingbird, peu certain de ses sentiments à l'égard de Jessica Drew et rongé par la sensation qu'il n'a plus aucun contrôle sur sa vie, Clint vole en éclats. Au cœur de cet ouragan d'auto-destruction, seule la mission qu'il s'est fixée lui garantit de pouvoir garder la tête hors de l'eau, au moins pour un temps.

Après être sorti de l'hôpital suite à une longue convalescence, Clint regagne son appartement situé dans un immeuble relativement tranquille. En son absence, la pègre d'Europe de l'Est s'est toutefois décidée à sévir dans le quartier. Ivan, le propriétaire de l'immeuble, a notamment triplé les loyers et se permet d'expulser tous les habitants qui ne sont pas en mesure de payer. Furieux face à cet injustice, Clint tente de négocier avec la mafia avant de faire parler ses poings. Hawkeye rachète alors l'immeuble pour protéger ses voisins et amis, mais il récolte dans le même temps l'ire des anciens propriétaires, ainsi que celle d'une association de malfaiteurs et de vilains dont il ne soupçonne même pas l'existence...
Bien loin des grandes épopées flamboyantes des Avengers, cette nouvelle série place Hawkeye dans des aventures aux accents urbains. Pas de menace cosmique à l'horizon, donc, mais plutôt un histoire ancrée dans le réel sur fond d'injustices sociales. Le scénario de base de Hawkeye laisse ainsi le champ libre aux artistes pour creuser la psyché de Clint et peindre la vie d'un homme semblable au commun des mortels. Hawkeye raconte la vie d'un héros qui a sauvé le monde à de multiples reprises et celle d'un homme qui n'arrive pas toujours à trouver sa place dans les cohortes super-héroïques des Avengers. C'est aussi l'histoire touchante d'un héros qui boit beaucoup trop de café, qui ne sait pas installer son système de son et qui a la langue trop bien pendue. Enfin, magnifiée par l'écriture virtuose de Matt Fraction et débordant d'humour acide, cette nouvelle série de l'Archer un brin loser raconte surtout les déboires d'un homme qui veut faire le bien et devenir meilleur mais qui finit toujours par décevoir ceux qui tiennent à lui.

Si Hawkeye est aussi touchant, c'est donc parce que Fraction a réussi à replacer l'humain au cœur d'une histoire de super-héros. Évidemment, Kate Bishop est l'autre grande héroïne du comics. Après avoir brillé aux côtés des Young Avengers, la jeune fille a accepté de former un tandem explosif avec Hawkeye, premier du nom. Se développant brillamment sous la plume de Matt Fraction, la jeune femme est plus drôle que jamais, ses répliques cinglantes et son caractère bien trempé répondant parfaitement à l'apathie temporaire de Clint. Mais toute impétueuse qu'elle soit, Kate déborde d'une affection sincère très bien exploitée par l'auteur ; elle refuse de voir l'un de ses meilleurs amis s'enfoncer dans les affres de l'apitoiement et cherche sans cesse à lui tendre la main, en vain. Dans l'écriture de ses dialogues, Fraction excelle de nouveau dans son exploration des thèmes de la dépression et du syndrome post-traumatique, en signant des échanges très forts entre les deux héros. Kate tolère, hurle, marchande, rassure, encaisse et finit à terme par baisser les bras face à une situation qu'elle ne peut décidément pas gérer seule, du moins pas tant que son ami refuse d'accepter son aide. Leur relation atteint le point de non-retour dans les numéros #10-11 et dans l'Annual #1, dans lequel la jeune fille, dépitée, décide de quitter un temps New York pour rejoindre la Côte Ouest.
Du reste, les artistes explorent également les difficiles relations sociales de Clint à travers les liens qu'il entretient avec ses voisins et nouveaux amis, mais aussi avec son chien, Chanceux. Sauvé des griffes de la pègre dans le premier numéro, le fidèle toutou amateur de pizzas s'impose d'ailleurs immédiatement comme l'une des stars de l'histoire !

Déjà fort d'une superbe écriture, Hawkeye brille davantage encore grâce ses illustrations, qui convoquent une grande variété d'ingénieux procédés narratifs. Nombreux sont par exemple les numéros à présenter une narration éclatée, avec des va-et-vient temporels vertigineux, qui peuvent être interprétés comme un certain miroir de l'équilibre fragile dans lequel se maintient péniblement le héros. Le sixième numéro est le meilleur exemple du travail effectué par les artistes sur le brouillage de la temporalité et la perte de repères. Situé en pleine période de Noël, ce numéro présente dans un joyeux désordre quelques jours dans la vie de Clint, occupé tout à la fois à se défaire de l'A.I.M. en compagnie de Wolverine et de Spider-Man, à tenter de brancher son matériel Hi-Fi, à préparer les fêtes en compagnie de ses voisins et à échapper à la grogne des mafieux en survêtements.
D'autres propositions plus étonnantes encore sont égrainées au fil des 22 chapitres de la série, dont un extraordinaire numéro #19 presque muet, où les personnages s'expriment au moyen de la langue des signes. Le numéro #17, quant à lui, fait une pause dans l'histoire le temps d'un épisode très coloré et rempli d'humour qui prend la forme d'un film d'animation de Noël, et qui est en réalité un récit allégorique du sentiment d'infériorité qui consume le héros. Enfin, et si ce n'est pas déjà fait, le lectorat tombera définitivement amoureux du chien Chanceux, alias Pizza Dog, dans le numéro #11, qui multiplie les trouvailles graphiques pour montrer comment le détective canin tente d'élucider un mystère tout seul.

Le minimalisme des dessins de David Aja (The Immortal Iron Fist, 2006) vient complémenter à la perfection la « simplicité » des aventures de Clint. Ses traits sont toujours justes et sans aucun superflu ; Aja va directement à l'essentiel pour dessiner ses personnages tout en relevant le pari insensé de les rendre très expressifs. À cela, il faut ajouter que l'artiste compose ses planches de façon spectaculaire. Ce très beau travail lui permet notamment de travailler sur la temporalité. Il parvient par exemple à donner au lectorat la sensation que le temps est en suspension dans une planche du second numéro, qui montre Kate articuler chacune des lettres de la phrase « Waouhh c'est cool », pendant que Clint se prépare à décocher une flèche. À travers chacun des numéros qu'il illustre, Aja utilise de la même manière tous les moyens à sa disposition pour donner un vrai souffle au récit. Lors d'un carambolage en voiture, il n'hésite ainsi pas à désorganiser ses cases et à les superposer sur la page pour faire ressentir aux lectrices et lecteurs le chaos de la situation. Aja propose également un immense travail sur les gros plans dans Hawkeye ; qu'il s'agisse de focaliser l'attention du lectorat sur un objet, une flèche ou la réaction d'un personnage, suspendant ainsi temporairement l'action, ou au contraire lorsqu'il multiplie les plans très serrés sur des personnages lancés dans une longue conversation, de sorte qu'aucun autre détail ne vienne interférer avec les échanges présentés, l'artiste joue avec l'espace et le temps de manière prodigieuse.

Lorsque Kate décide de se retirer un temps de New York, c'est à la dessinatrice Annie Wu (Black Canary, 2015, DC Comics) qu'est confié le soin de mettre en images les aventures de la jeune protégée de Clint. Avec un style beaucoup plus ample et en exagérant plus volontiers les visages et les expressions de ses personnages, la dessinatrice met parfaitement en image le caractère effronté et la verve de Kate. Très complémentaires, les dessins des deux artistes sont mis en couleur par le génial Matt Hollingsworth (Les Éternels, 2006), qui s'adapte volontiers aux styles d'Aja comme de Wu. Aux couleurs pales dominées par le bleu et le violet présentées dans les aventures de Clint répondent ainsi la flamboyance et les couleurs chaudes accompagnant les pérégrinations de Kate à Los Angeles, le tout presque sans aucun dégradé ni contraste ; le coloriste travaille intégralement les aplats et les blocs de couleur, ce qui ne l'empêche pas de proposer un joli travail des ombres. D'autres artistes sont enfin venus prêter leurs pinceaux à quelques numéros de la série, parmi lesquels Javier Pulido et Francesco Francavilla, avec des résultats très convaincants mais qui ne trouvent toutefois pas systématiquement leur place au sein de la cohérence graphique établie par le trio d'artistes principaux.
La critique comme les aficionados de comics ne s'y sont pas trompés ; près de dix ans après la parution de son premier numéro, la série Hawkeye par Matt Fraction, David Aja et Annie Wu est considérée comme l'un des meilleurs récits signés Marvel en plus d'avoir été multi-récompensée lors des plus grandes cérémonies du monde des comics durant toute la période de sa parution, pour son écriture comme pour ses dessins. Preuve définitive de son succès et de sa pertinence aujourd'hui encore, le comics a largement inspiré la création de la série Hawkeye pour Disney+, disponible sur la plateforme depuis le 24 novembre 2021.

Hawkeye par Matt Fraction, David Aja et Annie Wu est de ces comics absolument incontournables qui redéfinissent un personnage tout en se montrant accessibles. Le lectorat y (re)découvre alors un Clint Barton bourré de failles et à deux doigts de l'implosion ; terriblement humain, en somme. Appuyé d'une bonne dose d'humour, de francs moments d'émotion et le tout soutenu par nombre d'excellentes idées graphiques, Hawkeye est un comics qui ne rate certainement pas sa cible.

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