CinéMagique
L'affiche
Date d'ouverture :
Le 12 avril 1992
Date de fermeture :
Le 17 août 1998
Type d'attraction :
Cinéma 3D
Réalisation :
Francis Ford Coppola
Musique :
Michael Jackson
James Horner
Durée :
17 minutes

Le synopsis

Le pavillon futuriste CinéMagique à Discoveryland propose de vivre une aventure musicale inédite : en embarquant à bord du vaisseau de Captain EO et de son équipage, les voyageurs les plus téméraires partiront en mission diplomatique pour rencontrer la Supreme Leader, une dictatrice d’une planète lointaine et inhospitalière !

L'expérience

Alors que les visiteurs de Discoveryland découvrent les mille et une facettes d’un monde futuriste inspiré des plus grands génies de l’Humanité, leur regard est attiré par un grand bâtiment à l’allure avant-gardiste et son arche située quelques mètres devant les doubles portes d’entrée. Les piliers représentent ainsi des pixels de différentes couleurs qui se retrouvent sur la voûte de l’arche qui affiche le nom du lieu : CinéMagique. Au milieu de cette architecture est installé le logo et le titre de l’aventure qui est alors proposée au public du jour : Captain EO est ainsi peint en violet et en doré, inséré au centre d’une forme triangulaire.
Afin de pouvoir vivre l’aventure du célèbre capitaine et de son fidèle équipage pour sauver la galaxie, les visiteurs s’insèrent donc dans la file d’attente et se munissent des lunettes adéquates pour profiter pleinement de l’expérience qu’ils s'apprêtent à vivre.

Une fois les portes ouvertes, les visiteurs pénètrent dans une première salle pratiquement vide, où seul un écran est installé dans le fond. Les gens se dispersent rapidement aux quatre coins de la pièce et attendent avec impatience d’entrer dans la salle de projection. Alors que cette dernière est en cours de préparation, un film est projeté sur l’écran de la salle d’attente. Un bébé, habillé d’une salopette rouge regarde un homme tenter de le divertir avec des marionnettes. L’homme est en réalité un photographe usant d’un appareil Kodak qui souhaite prendre une belle photo. Finalement, l’enfant prend la pose et la photo est réussie. Dès lors, de nombreuses autres, d’abord d’enfants, puis de chiens et enfin de moments importants marquant la vie de plusieurs personnes, se succèdent à l’écran avec une musique sortant des hauts-parleurs. Ce petit film, du nom de Capture a Smile, se termine ensuite sur des images des Parcs Disney américains.

Quelques années plus tard, ce film laisse sa place à True Colors, qui s’ouvre avec une question : comment développer son imagination ? Plusieurs possibilités sont projetées à l’écran, et finalement résumées par l'idée qu’il faut regarder le monde sous un autre angle. Alors que la chanson True Colors débute, des photos d’enfants dans différentes situations se succèdent à l’écran. Du texte sur fond noir interrompt le flot d'images et la musique en affirmant qu'il faut exercer son imagination. Durant les secondes qui suivent, le film propose ainsi sous forme de texte quelques possibilités de le faire. Soudain, le texte laisse la place à un cercle au milieu de l'écran. À l'intérieur, un aigle volant y est placé, sans que cette image ne soit expliquée. Le film laisse cette activité aux spectateurs, avant de montrer la photographie dans son ensemble et que les hypothèses émises auparavant soient confirmées ou infirmées. "Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être.". Des exercices dans le même ordre d’idées se succèdent ensuite à l’écran. Puis, une nouvelle question, cette fois sur la manière de lancer son imagination. Il faut être joueur, regarder le monde à travers les yeux d’un enfant. Des images de bambins apparaissent d'ailleurs. “La première loi de l’imagination : c’est qu’il n’y a pas de loi.” Des images de toutes couleurs, de tous styles, d’enfants comme d’adultes, de paysages viennent démontrer ce dernier commentaire.

Finalement, un homme monte sur l'estrade et souhaite la bienvenue aux nouveaux visiteurs. Une fois ces derniers informés des mesures de sécurité, les portes de la salle de projection situés sur le flanc gauche s’ouvrent et les explorateurs sont invités à y prendre place. Lunettes sur le nez et confortablement assis dans leur siège, ils sont désormais aux prémices d’une nouvelle épopée au « décollage » imminent… Alors que la salle s’éteint, la multitude d’étoiles projetées contre le mur se regroupe pour former une galaxie. Un astéroïde apparaît à l’écran et s’approche rapidement des spectateurs pour ne s’arrêter qu’à quelques centimètres de leur visage. Boum ! L’astre se fait exploser par un rayon laser et un vaisseau fait son apparition sur l’écran. À l’intérieur, son équipage est composé de plusieurs êtres extraterrestres bien distincts. Il y a ainsi une petite bête volante du nom de Fuzzball, accompagné d’Idey et Ody, le pilote et le navigateur qui se partagent un même corps à deux têtes. Assis sur une couchette, un membre d’équipage aux allures d’éléphant et répondant au nom de Hooter se lève et éternue en direction du public, tandis que le chef robotique de la sécurité, Major Domo, gère la bonne marche du vaisseau. Puis, soudain, le capitaine fait son apparition dans un costume blanc éclatant pour réajuster les coordonnées de destination et échapper à un vaisseau ennemi. Le combat est rude et oblige l’équipage à effectuer un atterrissage forcé et mouvementé sur la planète de la Supreme Leader.

Les réjouissances d’avoir survécu à l’attaque sur leur embarcation sont interrompues par l’apparition holographique du Commandant Bog, le chef militaire de Captain EO. Ce dernier rappelle la mission : se rendre auprès de la Supreme Leader et lui remettre le cadeau. Les compères descendent alors du vaisseau pour explorer les environs et chercher un moyen de rejoindre la reine. Mais la planète est très inhospitalière, plongée dans une lugubre obscurité et jonchée de nombreux déchets. Hooter éternue de nouveau, créant un écho se propageant rapidement grâce aux vents balayant la planète, puis ramasse une poubelle sur le sol pour l’utiliser en guise de casque en cas de rencontres peu amicales. Dans cet univers très métallisé, l’équipage n’aperçoit pas les hommes de main de la dictatrice les entourer. Pris par surprise et sans pouvoir se défendre, ils sont très vite capturés et emmenés pour se confronter à la fameuse souveraine. Cet être mi-femme, mi-machine composé de bout de tuyaux et rattaché à des câbles condamne sans concession le capitaine à cent ans de torture dans le plus profond des donjons de la communauté tandis que le reste de son équipage sera lui destiné à être transformé en déchets ! Si le capitaine accepte la sentence, malgré les réticences de ses hommes, il déclare la trouver belle de l’intérieur et avoir un cadeau qui lui permettra, comme une clé ouvre un coffre, de libérer cette supposée beauté spirituelle. Ce cadeau n’est en fait pas seulement visible, mais aussi audible : c’est une authentique composition musicale !

Soudain, comme par magie, Minor Domo se transforme en clavier, tandis que la jambe de Major Domo devient une guitare et le reste de son corps, une batterie. Le capitaine retire alors sa cape d’un seul geste pour interpréter sa chanson au titre évocateur : We Are Here to Change the World (littéralement, « Nous sommes ici pour changer le monde »). Mais Hooter se prend les pieds dans la cape au sol et entre en collision avec le clavier qui perd alors quelques pièces, stoppant la chanson naissante. Lasse d’attendre, la Supreme Leader envoie ses troupes arrêter les intrus. Ces derniers somment l’être éléphantesque de se dépêcher de réparer l’instrument. Les méchants gardes, munis de piques, se rapprochent de plus en plus du capitaine, jusqu’à l’entourer. Ils se font menaçants et semblent sur le point de capturer EO. C’est alors que Hooter termine enfin de rebrancher les câbles de l’instrument et peut appuyer sur quelques notes pour libérer l’énergie qui se transmet dès lors au capitaine se débarrassant par la même occasion de la menace qui l’entourait. En envoyant des jets d'énergie sur les gardes de la méchante reine, il leur permet de faire ressortir leur vraie nature, les transformant en êtres humains bien plus sympathiques. Ils se mettent alors aux ordres du capitaine et l’accompagnent dans sa chanson et sa chorégraphie endiablée !

La reine, effrayée, envoie aussitôt ses deux gardes cybernétiques imposants et menaçants, armés d’un fouet et d’un bouclier, piéger le capitaine qui se rapprochait d’elle. EO se fait capturer par les deux lassos des gardes et tente de leur envoyer un fluide énergétique, contré par un autre de couleur verdâtre venu des guerriers royaux, le paralysant un instant. Abandonné par ses danseurs, EO tente d’échapper aux deux gardes en rejoignant la sortie, mais la porte est fermée par une grille, le bloquant dans sa retraite. Heureusement, Fuzzball lâche la guitare et vient attacher les fouets des deux gardes ensemble. Entremêlés, ceux-ci ne peuvent contre-attaquer et sont transformés en être de bonté par le bienveillant capitaine. De la grille de l’entrée qui s’ouvre désormais, EO avance progressivement vers la reine, accompagné des deux gardes tout juste transformés et de quelques nouveaux danseurs. Afin de s’assurer une victoire sur la terrible monarque, il réalise un pas de danse, durant lequel il recule tout en gardant les pieds au sol. Désormais sans opposition, Captain EO vole littéralement jusqu’à la Supreme Leader et la transforme, à l’aide du pouvoir qu’il possède entre ses doigts, en une magnifique femme souriante et amicale. Le royaume alors sombre et peu accueillant se transforme, par les pouvoirs illimités du capitaine, en un palais ressemblant à un temple grec tandis que la planète au départ inhospitalière devient un paradis verdoyant.

Mission accomplie ! La méchante reine n’est plus et le peuple peut revivre libre et heureux. Captain EO et son équipage entament alors un nouveau pas de danse pour rejoindre la sortie sur l’air d’Another Part of Me et embarquer dans leur bâtiment. Alors que le peuple célèbre le retour de leur gracieuse souveraine, le vaisseau prend de la hauteur et s’envole vers de nouvelles aventures...

Après cette victoire retentissante de Captain EO, les spectateurs sont invités à rejoindre la sortie et à profiter des nombreuses aventures intergalactiques offertes par Discoveryland.

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 22 septembre 2018

Lorsque George Lucas, papa de la saga Star Wars, Francis Ford Coppola, réalisateur maintes fois oscarisé, et Michael Jackson, le King of Pop, sont réunis par The Walt Disney Company pour réaliser une nouvelle attraction, le projet ne pouvait être qu’ambitieux et source d’une réussite certaine pour les Parcs Disney. Captain EO est ainsi projeté pour la première fois au Future World d’Epcot en Floride le 12 septembre 1986. Très rapidement – seulement six jours plus tard ! – les spectateurs californiens peuvent assister aux folles aventures du célèbre capitaine et de son équipage. Le Tomorrowland japonais accueille quant à lui la projection le 20 mars 1987. Finalement, ce sont les visiteurs parisiens, le jour de l’inauguration du Parc, le 12 avril 1992, qui sont les derniers à pouvoir suivre ce space opera à la sauce Disney et baignant dans un univers musical pop à souhait, flanqué d’un nouveau titre : CinéMagique !

La genèse de CinéMagique est intimement liée à celle du projet du film Captain EO qui remonte à 1984 avec l’arrivée à la tête de The Walt Disney Company de Michael Eisner et de Jeffrey Katzenberg en provenance de Paramount. Le premier nommé a ainsi l’idée de mélanger les ressources cinématographiques proposées par les studios et les capacités de performances des Parcs du groupe. Son idée est alors de construire un film d’une quinzaine de minutes, jouant sur des effets de trois dimensions et mettant en scène la superstar de l’époque, Michael Jackson.

Le choix du célèbre chanteur n’est absolument pas une surprise, ni un choix fait à la légère. Michael Jackson est un fan acharné de Walt Disney et de son univers en général. Né en 1958, le jeune garçon s’intègre parfaitement dans une famille d’artistes, de chanteurs et de musiciens que sont les membres du clan Jackson. Sous la direction de leur père, Joseph, Jackie, Tito, Jermain, Marlon et Michael forment ainsi The Jackson Five, un groupe de musique qui va connaître un succès colossal aux États-Unis et à travers le monde. Parmi la fratrie, le petit dernier se démarque des autres et s’affranchit de ses frères pour se lancer dans une carrière solo. En 1982, auréolé du succès d’Off the Wall, Michael Jackson sort son second album qui le consacre comme une star planétaire, Thriller.

À travers les tubes de cet album devenu l'un des plus vendus de tous les temps, la chanson Thriller, ou plutôt le clip musical qui en découle, marque à jamais l’histoire de la musique. En faisant appel au réalisateur John Landis, Michael Jackson propose en effet un moyen-métrage d’une vingtaine de minutes pour illustrer sa chanson phare, qui use de toutes les techniques cinématographiques de l’époque. Le clip Michael Jackson’s Thriller est par la suite distribué par Disney en tant qu’avant-programme lors de la ressortie de Fantasia au cinéma. À noter, dans ce clip, la présence vocale de l’acteur Vincent Price, célèbre dans le monde Disney pour avoir, notamment, donner de la voix dans l’attraction Haunted Mansion. Le monde étant en pleine Jacksonmania, ce n’est donc pas étonnant qu’Eisner ait pensé à lui pour une nouvelle attraction.

Eisner approche ainsi Michael Jackson en lui proposant le rôle principal d’un film en 3D, accompagnés de lumières, de fumée, de lasers dans la salle de projection. Afin de le convaincre, le patron de The Walt Disney Company avance le nom de George Lucas comme producteur du projet. Enthousiaste, le chanteur demande alors la présence de Steven Spielberg derrière la caméra. Une demande finalement rejetée dû à un emploi du temps trop chargé du futur maître du cinéma. Ce sera donc Francis Ford Coppola qui s’en chargera.

Âgé de 45 ans en 1984, le réalisateur n’est pas un inconnu du grand public, ni de George Lucas, dont il est un ami de longue date. Ils fondent ensemble les studios American Zoetrope qui produisent notamment THX 1138, le premier film de Lucas. Oscarisé pour le scénario de Patton, puis par les deux premiers volets de la série Le Parrain, il réalise le massif Apocalypse Now, une critique virulente de la guerre du Viêt-Nam et de l’enfer vécu par les soldats américains. Malgré ses succès critiques et commerciaux, Coppola est criblé de dettes, lorsque Lucas et Eisner viennent le chercher pour réaliser Captain EO.

Pressenti au début du projet pour réaliser le moyen-métrage, George Lucas est affairé sur l’adaptation de Star Wars en attraction pour les Parcs Disney, pour laquelle il travaille d’arrache-pied. Il accepte toutefois la position de producteur. Cette présence se remarque tout au long du film, tant l’univers s’approche de celui de la célèbre saga intergalactique. Le reste du casting est tout aussi alléchant. Si Jackson compose deux chansons – We Are Here to Change the World et Another Part of Me - , les studios Disney font appel à James Horner, jeune compositeur ayant notamment travaillé sur la saga Star Trek et futur oscarisé pour la musique de Titanic de James Cameron. Acteur, auteur et chanteur des deux chansons du film, Michael Jackson assume aussi la casquette de chorégraphe avec Jeffrey Hornaday, ce qui se ressent véritablement dans la danse finale reprenant les mouvements emblématiques du chanteur, notamment son célèbre Moonwalk. Afin d’incarner la grande méchante, le choix de Lucas se porte sur Anjelica Huston, la délicieuse Morticia de La Famille Addams. Pour compléter le casting, The Walt Disney Company engage Debbie Lee Carrington (Star Wars : Le Retour du Jedi, Mon Ami Joe) pour interpréter Idee, Cindy Sorenson (Little Nicky) pour jouer Ody l’autre moitié de la créature, Gary Depew (Y A-t-Il un Flic Pour Sauver l’Humanité ?) pour donner vie au Major Domo et enfin Dick Shawn (Les Producteurs) qui prête ses traits au Commandant Bog.

Une fois les membres de l’équipe réunis autour du projet, l’écriture du scénario du film est demandée à quatre Imaginieurs Disney, avec pour seule consigne d’y inclure de la musique, de l’espace (au sens astronomique du terme) et des effets 3D. La première version du texte présentée à Lucas et Eisner reprend, dans les grandes lignes, ce qui deviendra plus tard Captain EO, l’histoire de ce capitaine intergalactique également chanteur et capable de soigner les civilisations en détresse grâce à ses compositions musicales rythmées et ses chorégraphies entraînantes. The Intergalactic Music Man, puis Space Knights furent les premiers titres apposés au projet mais c'est finalement une suggestion de Coppola lui-même qui donnera le nom final à l'attraction, Captain EO. Le réalisateur propose de l’appeler EO en référence à Eos, la déesse de l’Aurore dans la mythologie grecque. Le capitaine est donc celui qui amène le soleil aux civilisations en détresse !

Le script prêt et les acteurs choisis, la construction du plateau de tournage se fait dans la précipitation pour tenter d’arranger les agendas surbookés des différentes stars. La salle de la méchante reine est ainsi reproduite grandeur nature en seulement quelques jours. Le plateau représentant l’intérieur du vaisseau est quant à lui construit sur une plateforme métallique, qu’un technicien peut mettre en mouvement manuellement. Les déplacements des personnages présentés dans le film sont donc bien ceux des acteurs réagissant aux sursauts du support du décor. Les équipes Disney vont encore plus loin pour capter la scène de l’atterrissage de l’aéronef de Captain EO. Pour les scènes de l’extérieur du vaisseau, dont celle de la scène de l’atterrissage forcé, une miniature de ce dernier est utilisée et mise en mouvement à l’aide d’un bâton. Les décors atteignent quand même un peu plus d’un mètre de haut et s’étirent sur une quinzaine de mètres carrés !

Si Captain EO et la méchante reine possèdent des caractéristiques humaines, les autres personnages sont, quant à eux, des « extraterrestres », danseurs mis à part. Pour les créer, point d’ordinateur. Tout y est réel et fabriqué ex nihilo. Les studios ont en effet engagé des acteurs pour jouer sous des costumes ces différents êtres attachants. Parmi eux, Hooter est ainsi interprété par Tony Cox, le futur grincheux Knuck du (Le) Monde Fantastique d’Oz. Seul Fuzzball a demandé plus de travail : le petit être volant est en réalité un robot très perfectionné dont les techniciens peuvent faire bouger toutes les parties du corps à distance.
Sur le plan technique, la production de Captain EO est une petite révolution dans le monde du cinéma, puisqu’elle intègre la présence de la 3D et, bien entendu, d’une caméra sophistiquée pour réaliser les effets. Ce n’est toutefois pas une technologie fondamentalement nouvelle pour Disney, puisque l’attraction Magic Journeys de Walt Disney World Resort utilisait déjà ce procédé au moment où les studios mirent en route la production de Captain EO.

La production du film débute à l’été 1985 pour une ouverture de l’attraction dans les Parcs Disney au printemps 1986. Au départ, l'opus devait durer douze minutes et coûter au studio environ onze millions de dollars de budget total. Mais l’utilisation de caméra 3D, dont Coppola ne connaissait pas le maniement, demanda l’ajout de lumières et des ajustements techniques des caméras qui pèseront ensuite dans la balance économique. Pire, après le tournage principal, les premiers rushs ne conviennent pas. Michael Jackson y manquerait de charisme, la méchante ne serait pas assez présente et l’humour ne fait tout simplement pas rire. Les équipes doivent retourner des scènes, tandis que les quarante effets spéciaux prévus au départ se montent désormais à cent-quarante. Le budget explose : de onze millions, il passe à un montant estimé entre dix-sept et trente millions ! Les ennuis ne s’arrêtent pas là, puisque la construction du Magic Eye Theater qui doit abriter le film prend également du retard. Tout d’abord, sur la question sonore, les Imaginieurs doivent composer avec l‘absence du son 5.1. Ce système audio qui possède plusieurs voies permet de reproduire six canaux différents, et notamment deux permettant de faire penser que certains effets viennent de derrière les spectateurs. Les ingénieurs utilisent dès lors un système de multi-bandes sur laserdisc installés à différents points de la salle. Diffusant en même temps leur piste, l’effet recherché était réussi. Sur la question de la 3D ensuite, les ingénieurs ont décidé de projeter une double pellicule du film à quelques millièmes de secondes d’intervalles, afin d’obtenir cet effet de troisième dimension.

À la hauteur de son ambition, - le film est surnommé à l’époque « Captain Ego » - Captain EO est enfin présenté au public lors d’une soirée spéciale composée des grandes stars de l’époque, dont Whoopi Goldberg et Jack Nicholson. Un documentaire présenté par Goldberg est d'ailleurs diffusé sur la chaîne NBC et montre ainsi les coulisses de la production du film. La plupart des images d’archives sont ensuite reprises dans un pré-show diffusé avant l’attraction en Californie.

Alors que la réalisation du film est, à l’époque, considérée comme l'une des plus chères à la minute, l’expérience 3D qui en découle dans les salles des Parcs Disney est très immersive. De par le succès dans les Parcs américains et japonais, c’est ensuite sans surprise que l’attraction est prévue dans le Resort français et accueille ses premiers visiteurs le 12 avril 1992. Si l’expérience reprend le film original et les effets 3D présents dans les autres Parcs, Captain EO n’est projeté qu’en version anglaise et non sous-titrée, ce qui peut rendre la compréhension plus compliquée pour les plus jeunes et le public non-anglophone. Le nom de Magic Eye Theater, qui est utilisé en Californie, en Floride et au Japon pour nommer le bâtiment où se déroule la projection du film, n’est en revanche pas réutilisé dans le Resort français ; les concepteurs lui préfèrant le terme de CinéMagique, un mot-valise en forme de jeu de mots entre les termes “cinéma” et “magique”. Si l’aspect extérieur du bâtiment parisien n’évolue quasiment pas durant les premières années après l’ouverture du parc, un élément vient toutefois agrémenter la file d’attente: un toit ! Les spectateurs voulant découvrir les aventures du Captain EO patientaient auparavant à l’extérieur sans avoir de protection contre la pluie et autres caprices météorologiques de la région parisienne.

Alors que le film reçoit mauvaise presse, l’attraction connaît, elle, une longue vie de près de dix ans et une certaine notoriété. À tel point qu’un comic book, intitulé Eclipse 3D Special #18, a été réalisé par Tom Yeate et reprend les grandes lignes du long-métrage. Le célèbre T-shirt que porte Michael Jackson est aussi apparu dans les boutiques des Parcs en deux formats : l’un traditionnel avec le logo de l’attraction, l’autre s’illuminant dans la nuit comme dans le film ! Et, pour accompagner son bestiaire, la plupart des extraterrestres de l'opus ont été recréés en peluches. Il était ainsi possible de s’acheter les personnages d’Idee et Ody, mais aussi le mignon Fuzzball, ou le gaffeur Hooter.

Alors que les noms de Coppola, Jackson et Lucas sont généralement retenus du public comme les membres importants de la production, un autre acteur essentiel a permis le développement du film comme de l’attraction: Kodak, une entreprise américaine spécialisée dans le domaine de la photographie et du cinéma. Ce soutien se retrouve à deux reprises dans l’attraction. Tout d’abord, dans son nom, puisque CinéMagique est sponsorisé par la fameuse marque. Deuxièmement, dans la salle d’attente, où est projeté un film publicitaire mettant en avant la marque. Entre le Magic Eye Theater et CinéMagique, quatre films ont ainsi été diffusés avant la projection de Captain EO. Le premier se nomme Magic Journeys et n’a été diffusé que dans les parcs américains et japonais. Le deuxième film est Makin’ Memories et a été diffusé à Paris sous la dénomination de La Boîte à Souvenirs. Si les images sont désormais rares à retrouver, la musique quant à elle est restée dans les mémoires. Cette dernière a en effet été composée par les célèbres frères Sherman, bien connus de l’univers Disney pour avoir travailler sur Mary Poppins notamment, et avoir signé la chanson entêtante de l'attraction "it’s a Small World". Le troisième court-métrage s'intitule quant à lui Capture a Smile tandis que le quatrième et dernier prend le nom de True Colors, du titre de la chanson de Cindy Lauper, qui est réarrangée pour l'occasion...

Au milieu des années 1990 et afin de coller avec l’actualité cinématographique des studios Disney, les différents Resorts Disney remplacent le film avec Michael Jackson par l’attraction Chérie, J’ai Rétréci le Public. Ainsi, à Disneyland Paris, CinéMagique ferme ainsi ses portes le 17 août 1998 et laisse place à l’Imagination Institute.

Malgré la fermeture de l’attraction, l’histoire de CinéMagique se poursuit au sein du Resort parisien jusqu’en 2017. Tout d’abord, dès 2002, sous la forme d’un joli clin d’œil réalisé par les Imaginieurs Disney lors de la conception du second Parc à thèmes. Ainsi, l’attraction qui prend place au Studio 2 (ou Studio Theatre) du Parc Walt Disney Studios se voit titré CinéMagique.jusqu'au 29 mars 2017, date de sa fermeture. Puis, à la suite du décès tragique de Michael Jackson survenu en 2009, Captain EO connaît une seconde vie au sein du désormais Imagination Institute dès le 12 juin 2010. Les visiteurs parisiens peuvent en effet y assister à la projection 4D des folles aventures du Captain EO et de son équipage dans l'attraction reprenant ainsi sobrement le titre du film, Captain EO. Ces derniers font leurs adieux définitifs à Paris le 12 avril 2015, alors que la salle aura été renommée Discoveryland Theatre entre-temps.

Attraction ambitieuse et novatrice techniquement à ses débuts, CinéMagique est surtout une prise de risque pour les Parcs Disney qui se révèle payante. Avec une histoire divertissante porteuse d’une morale bon enfant avec comme égérie le Roi de la Pop, l’attraction marque une avancée non seulement dans le domaine cinématographique, mais aussi dans l’utilisation de la 3D dans les Parcs Disney à travers le monde.

L'équipe de création

1953 • 2015
Compositeur
1944 • ....
Producteur

La disponibilité

Cette attraction était située à Discoveryland dans le Parc Disneyland de Disneyland Paris. Elle a été remplacée par Chérie, J’ai Rétréci le Public.
D’autres versions, connues sous le nom de Magic Eye Theater, ont existé au sein du Disneyland Park (Disneyland Resort), d’Epcot (Walt Disney World Resort) et de Tokyo Disneyland (Tokyo Disney Resort).

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