Discovery Arcade
Vue d'ensemble
Date d'ouverture :
Le 12 avril 1992
Type d'attraction :
Parcours scénique à pied
Crédit Photos :
Durée :
20 minutes
(selon l'allure souhaitée)

Le synopsis

Au sein de Discovery Arcade, Main Street, U.S.A. propose une exposition sur les innovations techniques du XIXe siècle. Cette promenade couverte, en parallèle de Main Street, emmène ainsi les passants à la découvertes de nombreuses inventions et rêves technologiques.

L'expérience

La vibrante ville de Main Street, U.S.A. entre de plein fouet dans le XXe siècle et les habitants sont friands d’inventions technologiques. L’électricité commence petit à petit à remplacer les traditionnelles lampes à gaz, les chevaux croisent dorénavant des voitures sans chevaux appartenant à Main Street Transportation qui facilitent les trajets de la gare vers Plaza Gardens Restaurant. Ainsi, pour célébrer l’apport des progrès scientifiques et ce nouvel âge d’or, Main Street, U.S.A. organise une nouvelle exposition à Discovery Arcade, grâce à l’appui du Bureau Américain des Patentes.

Galerie couverte parallèle à Main Street, Discovery Arcade permet donc aux habitants et aux visiteurs de traverser la ville au sec, à l’abri des intempéries. Elle conduit de Town Square à Edison Avenue, lieu de prédilection des visiteurs où se situe la maison de pension de la ville, à deux pas du joyau et établissement fondateur de Main Street, U.S.A. : Plaza Gardens Restaurant.

Pour arpenter cette galerie couverte, les promeneurs peuvent emprunter trois entrées : depuis Town Square, proche de la boutique New Century Notions - Flora's Unique Boutique ; depuis Market Street, en arrivant directement au Main Street Marketplace situé au milieu de Discovery Arcade et depuis Edison Avenue, juste à côté de la pension de famille de Madame Victoria (établissement qui possède une entrée sur Edison Avenue et une autre plus discrète dans Discovery Arcade).

Les boutiques Disney Clothiers Ltd. et Harrington's Fine China and Porcelains possèdent aussi une entrée directement dans l’arcade permettant aux clients de se déplacer au sec. De même, l’épicerie Market House Delicatessen et la boulangerie Cable Car Bake Shop sont accessibles directement depuis l’allée couverte. Pour compléter le tout, un stand de glaces The Ice Cream Company et un stand de café The Coffee Grinder sont présents au niveau de Main Street Marketplace au centre de l’arcade. Il n’est d'ailleurs pas étonnant que cette enseigne ait choisi de s’implanter ici du fait qu’elle permet de déguster des glaces dans un cornet, invention toute récente dans le domaine culinaire et popularisée par M. Arnold Fornachou lors de l’Exposition Universelle de Saint-Louis en 1904. Les entrées de ces boutiques et restaurants sont signalées par d’élégantes enseignes dans la galerie.

De par sa conception, Discovery Arcade rend d'elle-même hommage à l’innovation en associant les lampes à gaz chaleureuses à l'électricité pour donner une ambiance lumineuse et réconfortante. Les colonnes en fer forgé sont emblématiques du style Beaux-Arts et se voient agrémentées des médaillons en bronze reprenant l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, à qui Discovery Arcade ne pouvait pas ne pas rendre hommage. Ces colonnes virant au vert-gris sont du plus bel effet en s’associant aux couleurs chaudes de la brique et au carrelage bigarré.

L’exposition, organisée par la municipalité de Main Street, U.S.A. en collaboration avec le Bureau des Patentes, vise à propager l’esprit d’innovation à travers les États-Unis. Elle présente cinquante-deux brevets et maquettes à travers sept vitrines le long de Discovery Arcade. De plus, des affiches présentant des vues d’artistes des grandes villes des États-Unis au tournant du XXIe siècle invitent également les passants à imaginer le futur.

En remontant Discovery Arcade depuis Town Square, les passants pourront découvrir la première vitrine de cette exposition. Elle célèbre l' « Esprit de Découverte » qui a inspiré des hommes tels que Thomas Edison ou des inventeurs amateurs et inconnus, d’avoir une idée de génie qui révolutionne les vies de leurs contemporains. Six brevets accompagnés de maquettes déposés entre 1848 et 1879 y sont exposés : l’échelle d’incendie inventée par Joseph P.R. James (originaire de Pepin, Minnesota) brevetée le 9 avril 1878 ; la clôture en fil de fer barbelé par John Hallner (Ithaca, Nebraska) et brevetée le 22 janvier 1878 ; la machine à fabriquer des bouteilles en argile par Merrill et Merrill (Akron, Ohio, le 31 juillet 1847) ; l’isolant pour paratonnerre par George W. Otis (Lynn, Massachusetts, le 26 août 1851) ; le coffre à œufs par Ignatz Karel (Blue Earth City, Minnesota, le 27 mai 1879) ; la machine à laver par J.H. Jenkins (Yorkville, New York, le 5 juin 1866).
Les inventions qui changeront le monde peuvent venir de n’importe où : de grands industriels comme d’amateurs éclairés. Il semble d’ailleurs que cette vitrine ait inspiré les propriétaires de la boutique Kitty Hawk Bicycle Shop qui préfèrent tester une machine volante que tenir leur magasin !

La seconde vitrine, intitulée « Inventions Domestiques », présente des innovations révolutionnant la vie des foyers américains dont celle des habitants de la bonne ville de Main Street, U.S.A. Dix inventions y sont exposées : la table à repasser inventée par Patrick H. Gafney originaire de Malden, Massachusetts, brevetée le 15 mai 1875 ; la machine à pop-corn par E.G. Kingsley (le 12 novembre 1867) ; la machine à laver par Mason Pike (North Leverett, Massachusetts, le 15 août 1865) ; le séchoir à linge par Robert F. Hatfield (Brooklyn, New York, le 1er juillet 1879) ; les volets intérieurs de sécurité par Jonas Cooper (Washington, D.C., le 1er mai 1883) ; le porte-poubelle par Rufus Cook (West Newton, Massachusetts, le 13 août 1878) ; les ciseaux et cisailles ainsi que la machine à couper par S.W. Huntington (Augusta, Maine), brevetés respectivement le 7 juillet et le 8 décembre 1868 ; le fauteuil ajustable par Horatio N. Black (Philadelphie, Pennsylvanie, le 17 septembre 1872) ; et enfin, la machine à coudre par James Sangster et Amos W. Sangster (Buffalo, New York, le 23 mars 1858). Que de progrès qui permettent de dégager du temps libre dans les foyers !

Après les innovations dans le domaine domestique, les « Inventions Industrielles » sont à l’honneur dans la troisième vitrine de Discovery Arcade. Le Bureau des Patentes exhibe en effet des inventions cherchant à rendre plus sûres et performantes les méthodes de production et de fabrication. Elles sont au nombre de douze : l’appareil de réfrigération, refroidissement et conservation inventé par P. Lawson, originaire de Lowell, Massachusetts, et breveté le 12 mars 1867 ; l'équerre par R. Eickemeyer (Yonkers, New York, le 11 mars 1856) ; la machine à poinçonner le cuir par Frederick Henderson (Marietta, Ohio, le 28 juin 1870) ; la machine à faire les briques dont l'administration a perdu le dossier ; la machine à éjecter les sacs à courrier par Henry Brauchler et J.F. Sindorf (Greensburg, Pennsylvanie, le 27 mai 1879) ; la clef anglaise de Laroy S. Starrett (Athol, Massachusetts, le 8 mai 1877) ; l’instrument à poinçonner les ceintures par John Lendburg (Dover, New Jersey, le 29 avril 1890) ; la machine à fabriquer les sacs en papier par Charles F. Annan (Boston, Massachusetts, le 7 janvier 1873) ; la machine à laver le minerai par John Waugaman (Los Angeles, Californie, le 23 novembre 1880) ; le séparateur de pierres par Henry Aiken (Philadelphie, Pennsylvanie, le 28 décembre 1869) ; le marteau spécial de J. Straszer ; et enfin, la fausse équerre de George Miller (le 10 mars 1874).

Une quatrième vitrine propose de découvrir des innovations technologiques issues d'entreprises vendant des automobiles en partenariat avec la Société Renault Frères, fondée en 1899, puis avec l'entreprise Opel créée en 1862 exposant alors une machine à coudre et une maquette de voiture de la marque. Le contenu de cette vitrine évolue d'ailleurs au fil des années pour devenir une confrontation historique : États-Unis contre France, Exposition Universelle de 1893 contre Exposition Universelle de 1889, Chicago contre Paris, Ferris contre Eiffel, « Ferris Wheel contre Tour Eiffel » : un match de titans de fer et d’acier. Un texte explicatif présente en détails la Ferris Wheel, grande roue et attraction-phare de l’Exposition Universelle de Chicago construite en réponse à la mythique tour Eiffel. À l’instar de M. Eiffel, George W.G. Ferris est un ingénieur spécialisé dans les ponts et les chemins de fer. Fort de ses connaissances, « l’homme qui a des roues dans la tête » proposa de construire une grande roue de plus de quatre-vingts mètres de haut, composée de trente-six wagons en bois pouvant transporter soixante visiteurs chacun. Installée sur Midway Plaisance, parc de Chicago, elle rapporte plus de 750 000 dollars alors que son prix d’entrée est de 50 centimes tandis que le projet demande un investissement de 355 000 dollars. Des chiffres à donner le tourni. Cependant, contrairement à la tour Eiffel symbole de la Ville-Lumière, la Ferris Wheel fut démontée en 1904, bien que de nombreuses copies soient encore en activité. Les habitants de Main Street, U.S.A. et les visiteurs de l’exposition peuvent également découvrir un autre chef-d'œuvre de Gustave Eiffel dans Liberty Arcade avec une exposition exceptionnelle retraçant les étapes de la construction de ce symbole des États-Unis et de l’amitié franco-américaine : la Statue de la Liberté.

Après les inventions domestiques et industrielles qui permettent de dégager du temps libre et la présentation de la Ferris Wheel, divertissement en extérieur idéal pour une sortie du dimanche, il est temps de découvrir la cinquième vitrine de Discovery Arcade intitulée « Découverte des Loisirs » qui présente onze inventions appartenant aux activités de divertissement : la balançoire de Job H. Houk et Hiram E. Ferguson (Williamsport, Pennsylvanie) brevetée le 15 février 1876 ; la machine à épeler par A.P.M. Jeffers (Allegan, Michigan, le 11 janvier 1870) ; le jouet siffleur qui fera la joie des parents par Charles Weber (West Meriden, Connecticut, le 24 août 1869) ; un jeu de cubes par George H. Chinnock (New York, le 4 décembre 1866) ; un jeu d’adresse par Joseph Brandl (New York, le 24 décembre 1872) ; le fauteuil à bascule musical consigné au nom de Clayton Deen (Frankford, Pennsylvanie, le 30 août 1870) ; le cheval à bascule par Andrew Christian (New York, le 2 avril 1861) ; les patins à roulettes par J.L. Witsil (Philadelphie, Pennsylvanie, le 17 octobre 1882) ; l’orgue en roseau, instrument certifié au nom de Levi K. Fuller (Brattleborough, Vermont, le 23 février 1875) ; le très pratique râteau pour table de billard de T. Dolan (le 12 mars 1867) ; et enfin l’invention du pantin trapéziste mécanique par William L. Hubbell (le 12 septembre 1876).

Avec les loisirs, c’est le domaine de la locomotion qui a également bénéficié de nombreuses innovations comme le montrent les neuf inventions de la vitrine sur « L’Invitation au Voyage ». Les moyens de propulsion ont fait l’objet de moult brevets avec par exemple les hélices à rotations opposées dont le Bureau des Patentes a perdu la trace de l’inventeur ; un brevet sur les moyens de construction d'hélice de bateau par Henrietta Vansittart de Richmond en Angleterre, déposé le 4 mai 1869 ; un autre sur les moyens de propulsion pour bateau par Hugo Von Elsner (Saint-Louis, Missouri, le 12 mai 1874) ; l’invention de la roue à aube à lames articulées par Grier Collins (Cumberland, Maryland, le 10 octobre 1865) ou encore les machines à vapeur à cylindres tournants par T. Rogers (le 23 mars 1858). À tout bon moyen de propulsion doit s’associer un bon système de freinage dont un des représentants est le frein d'attelage inventé par Edwin S. Davis (Kelseyville, Californie, le 4 Juillet 1882). Enfin, plus excentrique, la bicyclette amphibie permettant de se déplacer sur les eaux a été brevetée le 20 juillet 1869 par David J. Farmer (Wheeling, Virginie-Occidentale). Cette bicyclette amphibie pourrait se voir utiliser massivement sur le lac proche de la ville de Main Street, U.S.A. lors des chaudes journées estivales.

Après avoir découvert toutes ces inventions déposées au Bureau des Patentes et déjà présentes pour certaines dans la vie des habitants et visiteurs de Main Street, U.S.A., l’exposition de Discovery Arcade prend un tournant différent avec la septième vitrine qui est une invitation à imaginer le futur. De nombreux contemporains explorent déjà les innombrables possibilités des innovations technologiques proposées ayant un impact significatif dans le domaine des arts comme la peinture, la musique, la littérature ou le théâtre. À la manière de romanciers tels que Jules Verne ou H.G. Wells qui montrent à travers leurs œuvres les possibilités que réserve le futur, d’autres esprits en dessinent les contours. Ainsi, le Bureau des Patentes invite les visiteurs de la vitrine nommée « À la Découverte du Futur » à observer six inventions dont seul l’avenir dévoilera leurs potentiels : la Locomotive Apparatus d’Enoch Rice Morrison, originaire de South Bergen, New Jersey, et brevetée le 6 août 1861, le moteur électro-magnétique de Louis Bastet et Charles J.B. Gaume (Tarrytown, New York, le 15 septembre 1874) ; le télégraphe électrique par les français Ludovic Charles, Adrien Joseph et Guyot D'Arlingcourt de Paris, création brevetée le 16 mai 1871 ; le commutateur de lignes téléphoniques de Frank Shaw (New York, le 21 octobre 1879) qui a attisé la curiosité des habitants de la ville de Main Street, U.S.A., habitués à la « party line » ; l’invention de la machine rotative à vapeur dont le brevet a été déposé le 23 avril 1878 par Oscar Stenberg (Helsingfors, Finlande) ; ou encore le brevet sur le mouvement mécanique enregistré le 25 février 1879 par C.E. Patric (Rochester, New York).

Par ailleurs, la ville de Main Street, U.S.A. a invité des artistes à imaginer les métropoles du futur au tournant du XXIe siècle à travers une série d’affiches exposées sur les murs de Discovery Arcade : la ville de New York désignée comme la plus belle ville du monde d’ici l’an 2000, Baltimore, Atlantic City et son parcs d’attractions, Steel Pier donnant un aperçu de l’avenir (« A glance at the future »), La Nouvelle-Orléans, la ville du Jazz du XXIe siècle (« Jazz City of the 21st Century »), Chicago et son métro aérien (« El Train ») de 1999, Saint-Louis, la porte vers l’ouest américain (« Gateway to the West ») en 1999, Los Angeles en 1996, Denver, la ville élevée d’un mille du XXIe siècle (« The 21st Century One Mile High »), San Francisco, la ville du futur sur la Baie (« Tomorrow’s City by the Bay ») et bien sûr la capitale fédérale Washington à l’horizon 1999. Ces vues d’artistes donnent une idée du potentiel des innovations en partie présentées ici : les villes prennent de la hauteur et émergent des nuages ; les déplacements par les airs deviennent usuels, soit par le biais de transports collectifs comme les dirigeables ou par aéronefs individuels et/ou portatif ; enfin, les machines à vapeur sont davantage utilisées dans les transports maritimes, aériens ou terrestres.

La dernière vitrine appartient à Madame Victoria, propriétaire du Victoria's Home-Style Restaurant, et assure la promotion des plats servis dans cette pension de famille. Elle a la particularité d'être une des deux vitrines appartenant à des magasins donnant sur Discovery Arcade, la seconde appartenant à Harrington's Fine China and Porcelain

© Le Blog de Jacquy

Suite à un partenariat avec la société OSRAM qui veut profiter du succès de l’exposition pour se faire de la publicité, les assiettes et couverts laissent place à l’Opéra Garnier de Paris. Cette société vend des ampoules électriques, l’entreprise incitant les habitants de Main Street, U.S.A. à adopter l’éclairage électrique pour leurs habitations qui ressembleront, d’après la réclame, à l’Opéra de la Ville-Lumière. La proximité de la vitrine avec Edison Avenue peut être considérée comme un hommage subtil de la marque à Thomas Edison, pionnier et diffuseur de la technologie électrique et fondateur de General Electric.

Les chalands, avec leur esprit de découverte aiguisé, sortent alors de Discovery Arcade pour arriver sur Edison Avenue et pourront ensuite discuter de toutes ces innovations techniques et rêves utopiques autour d’un repas au Plaza Gardens Restaurant ou, qui sait, être inspirés à être eux-mêmes acteurs du progrès, car le futur n’attend pas !

La critique

rédigée par Romain Chayot
Publiée le 04 septembre 2021

Attraction unique et inédite propre à Disneyland Paris, Discovery Arcade représente à elle seule toute l’attention portée par les Imagineers - Tony Baxter et Eddie Sotto en tête de liste - dans la conception de la destination européenne. Fournie en détails authentiques et pourtant souvent oubliée par les visiteurs, elle mérite qu’ils s’y attardent tant elle fourmille de trésors dignes des musées du siècle dernier.

La création de cette galerie couverte, en parallèle à Main Street, répond à un besoin de confort : offrir aux visiteurs un moyen de se déplacer dans Main Street, U.S.A. au sec et à l’abri des caprices de la météo dont la pluie souvent rencontrée en région parisienne. Une première réflexion avait été menée pour Tokyo Disneyland, premier Parc Disney hors des États-Unis, donnant naissance à World Bazaar. Ce Land inspiré des Main Street, U.S.A. américains est ainsi sous la protection d’une canopée immense en plexiglas. Cependant, cette solution possède deux importants inconvénients : un coût important et l’impossibilité que des véhicules circulent sur Main Street.

Conscientes de ces limitations techniques imposées par une telle installation, les équipes créatrices du Parc Disneyland proposent la présence de deux arcades en parallèle de Main Street : Liberty Arcade à l’ouest et Discovery Arcade à l’est : une solution plus élégante et économique. Le financement dégagé a permis d'améliorer les décors des boutiques et restaurants du Land, leur permettant alors d’atteindre un très haut niveau de qualité et de thématisation. 

Discovery Arcade est directement inspirée des passages couverts de Paris et renforce encore l’histoire de Main Street, U.S.A. de par sa conception et son décor. L'effervescence technologique qui secoue la ville se retrouve ici : le style Beaux-Arts et son aspect industriel s’associent à la brique, les lampes à gaz chaleureuses à l’ampoule électrique flamboyante. À l’ouverture, cette ambiance était renforcée par les verrières reproduisant la lumière extérieure de façon artificielle grâce à un système de rétro-éclairage.

Tandis que sa sœur, Liberty Arcade, célèbre l’amitié franco-américaine autour d’un emblème new-yorkais, la Statue de la Liberté, Discovery Arcade, même si même si elle traite succinctement d’autres structures métalliques iconiques, n’a pas le même objectif. Ici, l’exposition a pour but de célébrer cet âge d’or des innovations et d’assurer une transition quasi-parfaite avec Discoveryland, Land représentant le futur vu par les visionnaires tels que Jules Verne ou H.G Wells, contemporains de l’histoire de Main Street, U.S.A.

L’idée même d’un endroit où célébrer l’innovation dans Main Street, U.S.A. n’est pas nouvelle. Les deux arcades puisent leurs idées dans deux mini Lands envisagés par Walt Disney pour agrandir le Land au Disneyland Park californien, Liberty Street et Edison Square, qui devaient mettre en avant deux valeurs importantes aux yeux des Américains et du créateur du Parc : la liberté et l’innovation. Malheureusement, suite à quelques déboires, Edison Square qui devait être sponsorisé par General Electric, société fondée par Thomas Edison, ne fut jamais construite. Cependant, l’idée même de l’attraction-phare du Land, Harness The Lightning, a été reprise plus tard pour créer une des attractions les plus iconiques des Parcs Disney : Carousel of Progress. Edison Square est donc la principale inspiration de Discovery Arcade, un petit clin d'œil à ce projet venant même se glisser dans le nom de l’avenue sur laquelle la galerie débouche au nord : Edison Avenue.

Prenant la forme d’un parcours scénique, Discovery Arcade propose ainsi de découvrir sept vitrines thématiques d’inventions de l’époque (mises en place sous la supervision de l'Imaginieur Deb Rager), accompagnées d’une devanture exposant des articles à la vente (dont le décor est en accord avec le thème de la galerie) et d’un stand de vente d'objets en verre et cristal. Il a également été possible de se faire réaliser une silhouette par un artiste installé dans l'arcade. De nombreux aspects de la vie courante y sont abordés, des contingences domestique aux moyens de transport en passant par l’industrie et les loisirs. 

Les cinquante-deux inventions présentées ici aux visiteurs ne sont pas imaginées par les concepteurs de l’attraction mais sont d'authentiques propositions de brevets venant des États-Unis et déposées au Bureau Américain des Patentes. La protection des brevets fut mise en place par George Washington, premier Président des États-Unis, avec la signature du Décret sur la Promotion des Arts Utiles (ou « Act to promote the progress of Useful Arts ») en 1790, qui fut modifié en 1836 pour créer le Bureau Américain des Patentes. Chaque brevet devait être accompagné d’une description technique et d’une maquette, le but étant de protéger les inventions et également d’encourager l’innovation.

À l’époque dans laquelle se situe Main Street, U.S.A., le Bureau Américain des Patentes avait déjà reçu plus de 175 000 brevets et maquettes, véritable cauchemar logistique. Par conséquent, en 1907, le Congrès décida de la vente, la destruction ou la donation de ces modèles. Plus de quarante-mille d’entre eux ont été sauvés par le milliardaire Cliff Peterson, formant alors la plus grande collection revendue ensuite à Alan Rothschild, dont proviennent les cinquante-deux maquettes exposées dans Discovery Arcade.

L’exposition a subi quelques changements depuis son ouverture en 1992 où une vitrine était réservée au sponsor du Resort, Renault. Après la fin de ce premier partenariat, Opel prend le relai de 2002 à 2009 dans la gestion de cette vitrine dans laquelle étaient exposées une machine à coudre et une maquette de voiture de la marque. À la fin du partenariat avec Opel, la vitrine est transformée en une comparaison entre la tour Eiffel et la Ferris Wheel.

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En 2014, la dernière vitrine de l’arcade qui servait à présenter des articles en vente à Harrington's Fine China and Porcelains fait place à une maquette de l’Opéra Garnier de Paris. Seul le centre de l’arcade semble un peu hors de propos. En effet, Main Street Marketplace fait vide avec ses grandes portes en bois et l’absence de toute vitrine. Ce lieu avait pour vocation soit d’abriter une petite attraction sur les automates du début de XXe siècle, soit d’accueillir un point de restauration avec un marché.

Afin de renforcer la transition avec Discoveryland, dix affiches présentent des visions d'artistes des grandes métropoles américaines dans un style très steampunk, comme un rappel au Land rendant hommage au rétro-futur inspiré des œuvres de Jules Verne. L’affiche de Baltimore est également un hommage discret à une firme concurrente en représentant le parc d’attractions Six Flags Power Plant, projet sur lequel Eddie Sotto et Herb Ryman ont travaillé. Elles ont été créées par Jim Michaelson, Maureen Johnston et R. Ziscis en s'inspirant des œuvres de l’illustrateur et graveur français Albert Robida et du magazine Popular Mechanics, mensuel américain consacré à la science et à la technologie publié pour la première fois le 11 janvier 1902. Pour la création de ces affiches, les Imagineers reprennent de façon plus ou moins discrète des éléments distinctifs de ces métropoles, qui pour certains datent du XXe siècle. Celle de Chicago met en avant El Train, ou « Elevated Train », le métro de la ville mis en service en 1892 qui peut être vu comme un clin d'œil au Elevated Electric Railway, une attraction envisagée pour ce Land permettant de faire voyager les visiteurs en hauteur d’un bout à l’autre de Main Street, U.S.A. en passant par Discovery Arcade à l’instar du Tomorrowland Transit Authority PeopleMover du Magic Kingdom. L'arche de la ville de Saint-Louis la surplombe bien que l‘ouverture de la Gateway Arch date de 1965, et lui confirme son surnom de « Gateway to the West ». La ville de Denver est, elle, affublée de son surnom « The One-Mile High », donnée car elle est précisément à un mille au-dessus du niveau de la mer mais qui prend un autre sens ici puisque Denver semble gagner en hauteur avec ses buildings. L’affiche d'Atlantic City montre, pour sa part, le parc d’attractions Steel Pier qui s’avance toujours sur l’océan comme depuis son ouverture en 1898. San Francisco voit un pont à l’aspect futuriste remplacer le Pont du Golden Gate, construit en 1933. À La Nouvelle-Orléans, le Louisiana Belle, majestueux bateau à aubes, navigue sur les flots du Mississippi. D’autres éléments du style steampunk sont reconnaissables dans Discovery Arcade comme le dirigeable Hyperion, tiré du film L'Île sur le Toit du Monde, présent dans la vitrine « Invitation au Voyage » et également à Discoveryland où il est amarré au niveau du restaurant qui porte son nom, le Café Hyperion

S’intégrant harmonieusement avec le reste du Land, Discovery Arcade use d’éléments rappelant des points emblématiques de la ville fictive comme Kitty Hawk Bicycle Shop dont les propriétaires sont partis pour un test de vol, feu Town Square Photography qui mettait en avant l’arrivée de l'électricité dans Main Street, U.S.A., via son câblage électrique ostentatoire, The Ice Cream Company qui fait directement référence à l’invention du cornet de glace, le restaurant Cable Car Bake Shop dont le nom vient des tramways à traction par câble mis en service en 1873 à San Francisco ou encore Edison Avenue sur laquelle l’arcade débouche.

Exclusive à Disneyland Paris, Discovery Arcade apporte, en plus de ses fonctions de protection des visiteurs contre les intempéries et d’amélioration de la circulation dans Main Street, U.S.A., une touche d’authenticité supplémentaire dans le Land, à grands renforts de maquettes originales, trésors d’une autre époque. Loin d’être une attraction anodine, Discovery Arcade est un véritable voyage transportant les visiteurs de Main Street, U.S.A. à Discoveryland dans une transition douce, du passé vers une certaine idée du futur, à travers une exposition célébrant les inventions et l’innovation à l’aube du XXe siècle.

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