Ken Annakin
Date de naissance :
Le 10 août 1914
Lieu de Naissance :
Beverley, dans le Yorkshire, au Royaume-Uni
Date de Décès :
Le 22 avril 2009
Lieu de Décès :
Beverly Hills, en Californie, aux États-Unis
Nationalité :
Britannique
Profession :
Réalisateur

La biographie

rédigée par Karl Derisson
Publié le 23 septembre 2021

À la fin des années 1940, les studios Disney sont exsangues. La Seconde Guerre mondiale a en effet sévèrement impacté les finances de l’entreprise. Pire, le Royaume-Uni refuse que les bénéfices engendrés par des sociétés étrangères ne quittent le territoire. Des millions de dollars sont ainsi bloqués en Europe. Pour ne pas perdre cet argent vital, Walt Disney fait alors le choix de le dépenser sur place en ouvrant une filiale londonienne qui, faute de trouver suffisamment d’animateurs de ce côté de l'Atlantique, se lance dans la production de films en prises de vues réelles. Pour ce faire, des dizaines de talents locaux sont recrutés parmi lesquels le réalisateur britannique Ken Annakin.

Kenneth Cooper Annakin naît le 10 août 1914 à Beverley, dans le Yorkshire, au nord-est de l’Angleterre. À la fin de sa scolarité, il devient inspecteur des impôts stagiaire à Hull, à seulement douze kilomètres de sa ville natale. Ce travail est peu intéressant et peu gratifiant mais il a le mérite de rapporter un salaire toutes les semaines. Annakin n’est toutefois pas satisfait de cette position qu’il abandonne bientôt. Âgé de vingt-deux ans, il quitte alors l’Angleterre pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Enchaînant les petits boulots, il découvre le monde au cours de nombreux voyages.

Bientôt, Ken Annakin est engagé comme présentateur et régisseur par l’Eugene Permanent Waving Company. De retour au pays, il tourne alors avec la troupe dans tout le nord de l’Angleterre. Le spectacle est cependant rapidement suspendu lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Dès les premiers mois du conflits, Annakin, vingt-cinq ans, rejoint le régiment de pompiers de Soho puis intègre les rangs de la Royal Air Force. Le Blitz s’abat sur les grandes villes du royaume. Ken Annakin est blessé durant l’un des bombardements allemands sur Liverpool. Faute de pouvoir se battre avec ses camarades, il entre dans la RAF Film Unit, la branche cinéma de la Royal Air Force. En tant qu’opérateur, il participe à la réalisation de films de propagande pour le compte du ministère de l’information. Sous la direction de Carol Reed dont il devient l’assistant, il travaille ainsi notamment sur We Serve, un court-métrage de trente minutes produit en 1942 par Sydney Box et la société Verity Films dans le but d’encourager les femmes à entrer dans l’armée.

London 1942 (1943)
Make Fruitful the Land (1945)

Ken Annakin fait ses débuts de réalisateur avec le documentaire London 1942, un film de treize minutes dépeignant la vie de la capitale anglaise et de ses habitants en temps de guerre. Il enchaîne ensuite avec A Ride with Uncle Joe (1943) puis Make Fruitful the Land, un court-métrage sur la rotation des cultures (1945), et We of the West Riding qui raconte la vie d’un jeune homme du Yorkshire travaillant avec sa famille dans une filature de laine (1945). Après la guerre, Annakin signe English Criminal Justice, une présentation des différentes cours de justice britanniques (1946), It Began on the Clyde, une description des conditions de vie dans le comté du Ayrshire (1946), et Fenlands, un aperçu des plaines de l’est de l’Angleterre (1946).

English Criminal Justice (1946)
It Began on the Clyde (1946)

Après avoir réalisé des kilomètres de films pour le compte de Sydney Box, désormais à la tête de Gainsborough Pictures, Ken Annakin dirige son premier long-métrage, Holiday Camp, en 1947. Inspiré d’une nouvelle de Godfrey Winn, il raconte l’histoire d’un groupe de touristes en visite dans le Yorkshire et met en scène Flora Robson, Dennis Price, Jack Warner et Hazel Court. L’année suivante, Annakin remplace le réalisateur Michael Charlton à la direction de Miranda, un autre beau succès avec Glynis Johns, Googie Withers, Griffith Jones, John McCallum, Margaret Rutherford et David Tomlinson.

Holiday Camp (1947)
Miranda (1948)

Avec Voyage Brisé, un long-métrage avec Phyllis Calvert, Margot Grahame, James Donald et David Tomlinson sorti en 1948, Ken Annakin connaît son premier échec commercial. Il peut cependant se réjouir de son film suivant, Quartet, un film à sketches avec Brad Radford, James Robertson Justice, Dirk Bogarde, Bernard Lee et Cecil Parker qui rencontre son public. Le succès est également au rendez-vous avec Here Come the Huggetts (1948), Vote for Huggett (1949) et The Huggetts Abroad (1949), les trois suites de Holiday Camp avec Jack Warner, Kathleen Harrison, Petula Clark, Jane Hylton, Susan Shaw et David Tomlinson.

Quartet (1948)
Here Come the Huggetts (1948)

En 1949, Ken Annakin quitte Gainsborough Films et rejoint l’Associated British Pictures Corporation pour qui il réalise le film de guerre Landfall (1949) puis le thriller Double Confession (1950). Avec Harold French, il prend ensuite les commandes de Trio, un autre film à sketches inspiré de nouvelles de William Somerset Maugham avec James Hayter, Kathleen Harrison, Jean Simmons et Michael Rennie. Annakin enchaîne avec Hotel Sahara, une comédie produite par George H. Brown avec Peter Ustinov, David Tomlinson et Yvonne de Carlo.

Fort de ses nombreux succès, Ken Annakin est bientôt approché par le producteur Perce Pearce et les équipes de Disney installées dans leur tout nouveau bureau à Londres. Il accepte alors de tourner pour elles Robin des Bois et ses Joyeux Compagnons, le second film entièrement en prises de vues réelles des studios avec Richard Todd, Joan Rice, James Robertson Justice, James Hayter et Peter Finch (1952). Après La Femme du Planteur réalisé pour le compte d'United Artists avec Claudette Colbert dans le rôle principal (1952), il enchaîne avec La Rose et l’Épée, une autre production Disney adaptée de l’œuvre de Charles Mayor avec, une nouvelle fois, Richard Todd, James Robertson Justice, Michael Gough et Glynis Johns qu’Annakin retrouve cinq ans après Miranda (1953).

Robin des Bois et ses Joyeux
Compagnons (1952)
La Femme du Planteur
(1952)

Après que les studios Disney ont fermé leur filiale londonienne et rapatrié la production de films live à Burbank, Ken Annakin réalise Le Prisonnier du Harem (1954), Moana Filles des Tropiques (1954), Fièvre Blonde (1955), Qui Perd Gagne (1955), Trois Hommes dans un Bateau (1956), Frontière Dangereuse (1957), son film préféré inspiré par une nouvelle de Grahame Greene, et Rencontre au Kenya (1958). Tous ces opus sont alors l’occasion pour lui de retrouver à plusieurs reprises Glynis Johns et David Tomlinson, de faire tourner d’autres comédiens de talent comme Akim Tamiroff, John Gregson, Rod Steiger et Patrick McGoohan.

La Rose et l'Épée (1953)
Frontière Dangereuse (1957)

En 1959, les studios Disney refont appel à lui. Ken Annakin s’envole alors pour la Suisse où il réalise Le Troisième Homme sur la Montagne avec James MacArthur, Janet Munro et Michael Rennie. Le tournage dans les alpages est périlleux. Annakin s’en sort de main de maître. Disney lui confie donc un autre projet d’envergure, Les Robinsons des Mers du Sud, filmé durant vingt-deux semaines sur l’île de Tobaggo, dans les Caraïbes. Attirant des millions de spectateurs dans les salles, c’est l’un des plus grands films d’aventure de Disney et l’un des plus grands succès d’Annakin.

Le Troisième Homme
sur la Montagne (1959)
Les Robinsons des
Mers du Sud (1960)

En 1961, Ken Annakin revient à la comédie et dirige une fois encore James Robertson Justice dans Le Prisonnier Récalcitrant. Il repart ensuite en Afrique où, quelques années après Rencontre au Kenya, il réalise Les Diables du Sud, une nouvelle collaboration avec Richard Todd (1961). Il offre ensuite son tout premier rôle à Julie Christie avec La Merveilleuse Anglaise (1963). La comédienne revient alors devant sa caméra dans Ma Douce Tigresse, une comédie avec Leslie Phillips, Stanley Baxter, David Hyde-White et James Robertson Justice.


Ken Annakin sur le tournage du (Le) Troisième Homme sur la Montagne.

Réputé pour sa capacité à diriger des tournages dantesques et apprécié pour sa relations d’amitié avec ses acteurs, Ken Annakin est engagé par Darryl F. Zanuck, le puissant patron de 20th Century Fox qui lui offre de réaliser Le Jour le Plus Long. Également dirigé par Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl Zanuck lui-même, le film adapté du livre de Cornelius Ryan propose alors une reconstitution incroyable du Débarquement en Normandie et réunit pour l’occasion un casting extraordinaire. Au générique, s’affichent ainsi une pléiade d’acteurs américains, anglais, canadiens, français, belges et allemands parmi lesquels John Wayne, Richard Burton, Henry Fonda, Robert Mitchum, Robert Ryan, Rod Steiger, Red Buttons, Roddy McDowall, Eddie Albert, Patrick Barr, Sean Connery, Donald Huston, Richard Todd, Leslie Phillips, Arletty, Jean-Louis Barrault, Bourvil, Georges Wilson, Gert Fröbe, Curd Jürgens... Énorme succès au box-office, Le Jour le Plus Long est nommé pour l’Oscar du Meilleur film, finalement offert à Lawrence d’Arabie.

Ken Annakin complète sa filmographie avec L’Indic (1964) puis Ces Merveilleux Fous Volants dans leurs Drôles de Machines (1965), un autre classique sur le thème de l’aviation une fois encore produit par Zanuck et pour lequel Annakin concourt avec Jack Davies pour l’Oscar du Meilleur scénario finalement remis à Darling de John Schlesinger. La Bataille des Ardennes s’ajoute à la liste de films de guerre d’Anakin en 1965. Il dirige Yul Brynner dans Les Turbans Rouges (1967), puis Vittorio de Sica, Raquel Welch et Robert Wagner dans La Bande à César (1968).

La Merveilleuse Anglaise (1963)
Le Jour le Plus Long (1962)

Avec Gonflés à Bloc, une production Paramount Pictures en salle en 1969, Annakin signe une suite rocambolesque à Ces Merveilleux Fous Volants dans leurs Drôles de Machines. Le casting est une fois encore remarquable avec Tony Curtis, Susan Hampshire, Terry-Thomas, Bourvil, Gert Fröbe, Lando Buzzanca, Mireille Darc, Walter Chiari, Eric Sykes... Le succès est toutefois moindre que le celui rencontré par le premier film. Pour Central Cinema Company Film cette fois-ci, il signe l’adaptation de L’Appel de la Forêt d’après Jack London avec Charlton Heston et Michèle Mercier (1972). Posant sa caméra en Malaisie, il réalise ensuite Le Tigre de Papier avec David Niven, Toshiro Mifune et Hardy Krüger (1975).

Ces Merveilleux Fous Volants dans
leurs Drôles de Machines (1965)
L'Appel de la Forêt
(1972)

En 1978, Ken Annakin quitte l’Angleterre et s’installe à Los Angeles. Là, il dirige plusieurs films pour la télévision, Murder at the Mardi Gras (1978), Le Pirate (1978) et Institute of Revenge (1979). Il revient ponctuellement en Europe pour réaliser Le Cinquième Mousquetaire, la transposition sur grand écran du (Le) Vicomte de Bragelonne d’Alexandre Dumas avec Sylvia Kristel, Ursula Andress, Beau Bridges, Cornel Wilde, Lloyd Bridges, Rex Harrison et Olivia de Havilland. De retour à Hollywood, il prend les rênes de Cheaper to Keep Her, une comédie avec Mac Davis et Tovah Feldshuh (1981). Après The Pirate Movie, une comédie musicale avec Christopher Atkins et Kristy McNichol (1982), il scénarise, produit et réalise Les Nouvelles Aventures de Fifi Brindacier avec Tami Erin dans le rôle-titre (1988).

Le Cinquième Mousquetaire (1979)
The Pirate Movie (1982)

Au début des années 1990, Ken Annakin prend la tête de son ultime projet, Genghis Khan. C’est une énième film dantesque. Le casting réunit entre autres Richard Tyson, Julia Nickson-Soul, Charlton Heston, Rodney A. Grant, Pat Morita et John Saxon. La production est dès le départ annoncée comme extraordinaire. L’expérience débute cependant assez mal. Tolomush Okeyev, le réalisateur initialement prévu, est remplacé par Peter Duffell qui quitte lui-même le projet très rapidement. Annakin est appelé en renfort. En 1991, son équipe et lui s’envolent pour le Kirghizistan afin de dépeindre en milieu naturel la vie exaltante du célèbre conquérant mongol. Mais tout ceci est fort coûteux. La société de production n’a pas les reins assez solides. Surtout, l’Union soviétique est en train de péricliter en cette fin de guerre froide. Annakin et ses collaborateurs sont alors priés de rejoindre le plus rapidement possible leur ambassade afin de quitter le pays. En 1992, les dizaines d’heures de film sont mises au placard. Genghis Kahn ne sera pas terminé.

Les Nouvelles Aventures de
Fifi Brindacier (1988)
Genghis Khan:
The Story of a Lifetime (2010)

Raccrochant les gants après la production calamiteuse de Genghis Khan, Ken Annakin signe en 2001 son autobiographie, So You Wanna Be a Director?, publiée par Tomahawk Press. En mars de l’année suivante, il est honoré par un Disney Legends Award, un prix qui, cette année-là, récompense neuf autres artistes d'origine européenne ayant travaillé pour les studios de Mickey. Toujours en 2002, Annakin est par ailleurs promu officier de l’Ordre de l’Empire britannique par la reine Elisabeth II. Un diplôme honoraire remis par l’Université de Hull s’ajoute à ces décorations.

Ken Annakin est mort le 22 avril 2009 à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans. Quelques mois plus tard, la société Madison Motion Pictures Group rachète les droits de Genghis Khan dont les prises sont enfin montées sous la forme de deux films de deux heures chacun et d’une série de six heures. Titrée Genghis Khan: The Story of a Lifetime, il s’agit alors de l’ultime réalisation d’un metteur en scène touche-à-tout qui a posé sa caméra dans le monde entier et dont le nom, bien que souvent oublié, reste pourtant associé à des classiques intemporels du septième art.

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