La Bûche de Noël du Château d'Arendelle
(Édition 2019)

Titre original :
Arendelle Castle Yule Log
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de mise en ligne USA :
Le 14 décembre 2019 (Disney+)
Genre :
Écran interactif
Durée :
180 minutes

Le synopsis

Une bûche crépite dans l'âtre de la cheminée...

La critique

rédigée par
Publiée le 04 décembre 2020

Il est des productions dont l’analyse n’est pas aisée tant leur simple évocation suscite, sans qu’aucun argument ne soit déjà avancé, la polémique existentielle, le rejet de principe, l’accusation d’en faire trop ou encore le procès en légitimité. La Bûche de Noël du Château d’Arendelle n’est pas de celles-là. En fait, La Bûche de Noël du Château d’Arendelle n’est pas une œuvre. Une production à n’en pas douter : il a effectivement été réalisé et édité mais ce n’est pour autant pas une œuvre ! C’est plutôt un produit. Marketing, évidemment. De Noël, précisément. Il a ainsi pour objet de surfer, pour les réunir, sur deux atmosphères plébiscitées par le public : l’univers de La Reine des Neiges II et la période des fêtes de fin d’année, en particulier, comme son titre l’indique, de Noël. Disney imite ici son grand rival devant l'Éternel, Dreamworks Animation, qui en décembre 2010 avait déjà proposé, en complément de son direct-en-vidéo, Le Noël Shrektaculaire de l'Âne, un bonus de 30 minutes intitulé La Bûche de Shrek.


La Bûche de Shrek

La Bûche de Noël du Château d’Arendelle propose donc un simple plan séquence de 3h01 sur une flambée de bûches qui se consument dans une immense cheminée se situant à l’évidence dans un château. Mais à la différence de son aîné concurrent, qui voit quelques interventions de personnages se produire ici ou là, la version Disney est elle parfaitement linéaire, sans surprise.

Difficile cependant d’identifier précisément tout de suite les lieux sans, pour pouvoir le faire, devoir porter un soin attentif aux détails. Pour qui connaît Arendelle, sa localisation ne fait toutefois pas longtemps de doute. Les tons de la pièce, les motifs de sa tapisserie, les éléments sculptés dans le manteau ou la fresque en faïence du linteau, tout rappelle ici le style norvégien. Deux tableaux disposés de chaque côté de la pièce laissent en outre à penser à la représentation d’un bout de robe traditionnelle de princesse. Et voilà que la présence sur la hotte de l’imposant écusson de la famille royale vient mettre tout le monde d’accord, il ne peut s’agir que d’Arendelle !

Noël est lui évoqué par des décorations iconiques de la fête. Ici, une guirlande de sapin disposée le long de la tablette de la cheminée, agrémentée de bougies et dont les extrémités supportent chacune deux clochettes dorées. Là, une fine branche de houx installée au bas des tableaux. Plus près, juste devant le feu, pendues, des chaussettes prêtes à accueillir des sucreries : elles sont évidemment toutes aux motifs de Noël. Au nombre de cinq, il est aisé de deviner leur propriétaire. L’un ne fait pas de doute puisqu’il est représenté dessus, il s’agit d’Olaf. À ses côtés, il est possible de penser que Sven dispose de la sienne tandis que les trois autres, toutes situées à l’autre extrémité de l'âtre, se destinent à Anna et Elsa, les deux sœurs d’Arendelle et au conjoint de l’une d’elle, Kristoff. Samantha n'est en revanche pas de la partie, Olaf ne l'ayant visiblement pas invitée puisqu'il ne connaît en réalité... aucune Samantha ! Des cadeaux, sans doute pour les mêmes destinataires, se voient également disposés, non pas au pied d’un sapin mais sur un magnifique fauteuil en cuir, débordant, vu leur nombre, sur le sol et venant définitivement acter la période. Cette impression se confirme d'ailleurs aussitôt par la présence d'un julbock installé fièrement sur la tablette de la cheminée. Ce bibelot représentant une chèvre ou un bouc de Yule est en effet traditionnellement confectionné vers Noël dans les pays scandinaves. Un identique est visible dans une scène du court-métrage La Reine des Neiges : Joyeuses Fêtes avec Olaf au cours duquel le bonhomme de neige s’élance à travers tout le royaume d'Arendelle à la recherche des plus belles coutumes de Noël pour les ramener à ses amies qui, du fait de leur enfance séparée, n'en ont aucune.

Dans ce décor parfait, une curiosité attire alors l’attention. Car le traditionnel sapin de Noël n’est pas absent du lieu. Un mini sapin trône, en effet, sur un guéridon situé à gauche de la cheminée : semblant éclairé, il arbore des reflets bleus. Point de fée électricité ici, il s’agit d’un arbre fait de cristaux de neige, une création à n’en pas douter d’Elsa.
Si le décor est emmitouflant à souhait, il ne s’y passe donc pas grand-chose. Juste un feu de cheminée crépite-t-il dans le foyer. Un feu curieusement sans effets en ce sens qu’il ne consume aucune bûche qu’il attaque pourtant goulûment, les flammes restant vigoureuses mais bien incapables de réduire en cendres le bois qu’elles sont pourtant censées dévorer. Une paresse coupable des animateurs qui n’ont pas eu le souci de rendre un temps soit peu crédible ce feu de cheminée. Dommage.

Au même titre qu’un sapin de Noël, qu’une branche de houx ou qu’un jeu de guirlande, La Bûche de Noël du Château d’Arendelle doit être considéré comme une décoration. Le moment venu du réveillon, il convient de le lancer sur sa télé et de ne lui consacrer que quelques secondes d’attention, autant de fois que voulues dans la soirée, entre deux éclats de rire ou conversations enjouées.
Du dispensable indispensable pour s’imprégner toujours plus de magie de Noël, pour qui, évidemment, ne dispose pas d’une vraie cheminée !

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