Badger, le Blaireau
L'écran titre
Titre original :
The Boy Who Talked to Badgers
Production :
Walt Disney Productions
Date de diffusion USA :
Le 14 septembre 1975 (première partie)
Le 21 septembre 1975 (deuxième partie)
Genre :
Comédie dramatique
Réalisation :
Gary Nelson
Musique :
Franklyn Marks
Durée :
98 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Ben MacDonald est un jeune garçon qui préfère la compagnie des animaux à celle des gens, et qui est même capable de communiquer avec eux, un trait de caractère qui ne plaît décidément pas à son père. Mais quand un blaireau sauve la vie de son fils après qu'il était emporté par un ruisseau, ce dernier révise son jugement...

La critique

rédigée par
Publiée le 19 avril 2020

Badger, le Blaireau est un téléfilm diffusé en 1975, sur NBC, dans l'émission hebdomadaire nouvellement renommée The Wonderful World of Disney et héritière du show d'ABC créé en 1954 par Walt Disney lui-même et intitulé Disneyland.

Les studios Disney ont toujours aimé proposer, durant les années 50 à 70, des longs-métrages sur les amitiés entre des jeunes enfants et des animaux. Les plus célèbres sont sûrement ceux tournant autour des chiens comme Fidèle Vagabond (1957) qui a déchiré le cœur de nombreux spectateurs mais il peut être aussi cité Compagnon d'Aventure (1962) ou Les Aventures de Pot au Feu (1972). Les aventures animalières ont aussi été très présentes à la télévision, notamment avec Bristle Face (1964) ou Barry, Le Chien des Alpes (1977). Mais au delà des chiens, des amitiés avec d'autres animaux se remarquent aussi dans la filmographie Disney, autant au cinéma qu'à la télévision : les chats bien sûr comme dans Les Trois Vies de Thomasina (1964), les singes à l'image d'Un Singulier Directeur (1971), les ratons-laveurs comme dans Un Raton Nommé Rascal (1969) et même les phoques à l'image de Sammy, Le Phoque (1962). L'idée de faire un téléfilm sur l'amitié entre un jeune garçon et un blaireau n'a ainsi rien d'étonnant, même s'il est reconnu que ces animaux sont plutôt solitaires et agressifs, insistant encore plus sur le caractère exceptionnel de cette fraternisation dans le téléfilm.

Le long-métrage est en fait adapté du roman jeunesse La Colline du Faucon (Incident at Hawk's Hill) par Allan W. Eckert et publié en 1971. Né le 30 janvier 1931 à Buffalo dans l'État de New York, l'auteur va parcourir l'Amérique en auto-stop, se nourrissant beaucoup des expériences qu'il va vivre. Il commence à écrire dès l'âge de treize ans et voit son premier roman publié en 1963. Écrivain à destination des adultes comme des enfants, il reçoit pour ses livres sept nominations pour le prix Pulitzer.
La Colline du Faucon a ainsi été conçu à l'origine comme un roman pour adulte. Le livre se base d'ailleurs, d'après les dires de l'auteur, sur une histoire vraie s'étant déroulée dans les années 1870 au Canada, même si Allan W. Eckert n'a jamais publié de documents prouvant son affirmation. Le livre gagnera finalement en popularité auprès du jeune public, même s'il ne lui était pas forcément destiné à la base, devenant au fil des ans un classique de la littérature enfantine.

Badger, le Blaireau est une aventure humaine avec deux visages. Le premier est naturellement l'histoire du garçon et de son amie Badger, une femelle blaireau, qui vont se lier d'amitié ; l'animal aidant le garçon à survivre. À la suite d'un accident en pleine nature, ce dernier va en effet se blesser en se foulant la cheville et se retrouver complètement perdu au milieu de nulle part, sans réussir à s'orienter pour rentrer chez lui. La psychologie de Ben est ainsi vraiment fouillée en insistant sur sa position en tant que deuxième d'une fratrie ne rentrant pas dans le moule qui est attendu de lui et n'arrivant pas à égaler le modèle qu'est son frère aîné. Timide, Ben préfère il est vrai vivre au milieu des animaux plutôt que d'affronter les relations sociales. Notamment, il appréhende d'aller à l'école et d'abandonner l'éducation à domicile que lui prodigue sa mère ; son âge nécessitant désormais un professeur expérimenté. L'aventure que va connaître Ben, seul et loin de chez lui, est dès lors vraiment touchante car le garçon apprend beaucoup des péripéties qui au final vont lui permettre de grandir au travers d'épreuves rudes, dangereuses et même parfois cruelles. Les téléspectateurs seront ainsi complètement transportés par ce que vit l'enfant, renforcé en plus par un narrateur totalement impliqué dans le récit qu'il raconte.

L'autre visage de Badger, le Blaireau, peut-être encore plus intéressant, est la façon dont la disparition de Ben est gérée par sa famille : son père Will, sa mère Esther et son frère aîné John. Si le frère et la mère de Ben aiment beaucoup le garçon, son père a lui bien du mal avec ce fils qu'il juge par trop différent. Il aimerait en effet que son deuxième enfant soit comme son aîné : ouvert aux autres, travailleur, la tête sur les épaules. Il est persuadé que Ben va se faire moquer par les autres, et paradoxalement pour le protéger, n'arrête pas de le sermonner pour essayer de le faire changer. Mais au lieu de cela, il brise, au contraire, toute confiance en lui, le blesse et provoque chez l'enfant la certitude que son père ne l'aime pas. Pourtant, quand Ben disparaît, une vraie chasse à l'homme se met en place avec l'aide des voisins tandis que chaque membre de la famille va essayer de tenir le coup moralement autant que faire se peut. C'est donc dans ces moments d'adversité que le père comme la mère ou le frère puisent au fond d'eux-même les ressources nécessaires pour gérer cette attente insoutenable et mettre à l'épreuve l'amour sans borne qu'ils ont pour le petit Ben. Le parcours émotionnel du père est ainsi particulièrement intéressant et touchant car il se rend finalement compte de ses erreurs dans l'éducation de son fils.

Pour réaliser le téléfilm, les studios Disney font appel à un talent maison, Gary Nelson. Ce dernier est né en janvier 1934 à Los Angeles en Californie. Il débute sa carrière à la télévision en 1955. D'abord assistant pendant une dizaine d'années, il devient réalisateur en 1962 et commence à travailler pour les studios Disney en 1969 en signant le téléfilm Les Secrets de la Cachette du Pirate. Il revient ensuite derrière la caméra pour deux autres longs-métrages télévisés : L'Enfant du Marais en 1971 et Badger, le Blaireau en 1975. En 1976, les studios Disney lui confient leur comédie pour le grand écran, Un Vendredi Dingue, Dingue, Dingue avant de finalement faire reposer sur ses épaules la responsabilité de leur premier gros film de science-fiction, Le Trou Noir. L'échec cinglant marquera sa dernière participation pour le label de Mickey. Il livre pour Badger, le Blaireau une réalisation classique, assez plate mais globalement efficace pour le thème du téléfilm.

Côté casting, le héros du film, Ben MacDonald, est interprété par Christian Juttner. Ce n'est pas sa première participation à une production Disney puisqu'il a déjà été vu dans Return of the Big Cat (1974). Par la suite, il sera présent dans The Million Dollar Dixie Deliverance (1978) et The Ghosts of Buxley Hall (1980). Ici, le jeune acteur arrive à rendre son personnage attachant et sa relation avec le blaireau vraiment touchante. À la fin du téléfilm, sa réaction est particulièrement poignante au point de vraiment attendrir le téléspectateur.
Carl Betz joue, quant à lui, le père de Ben, Will MacDonald. L'acteur donne au personnage un côté froid, travailleur et pragmatique mettant les gens, y compris ses enfants, dans des cases. Forcément, quand son plus jeune fils ne rentre pas dedans, il est totalement désemparé au point d'en devenir très maladroit avec lui. Mais c'est un homme bon et l'épreuve qu'il va vivre va lui permettre d'ouvrir les yeux.
Le rôle de la mère Esther MacDonald est, pour sa part, tenu par Salome Jens. L'actrice arrive parfaitement à restituer tout l'amour maternel vis-à-vis du petit Ben. Alors que son mari ne comprend pas son fils, elle, au contraire, l'encourage et le soutient. Elle est le ciment de la famille et le lien entre toutes ses personnalités très différentes. L'attente lors de la disparition de son enfant est pour elle insoutenable même si elle va garder espoir jusqu'au bout, étant persuadée que son fils est toujours en vie.
Enfin, il sera noté la participation de Stewart Lee dans le rôle de John MacDonald, le frère aîné de Ben. Le jeune homme participe ici à son unique rôle devant une caméra et n'arrive pas à transcender son personnage, le rendant certes sympathique mais tout de même par trop transparent.

Badger, le Blaireau est le genre de téléfilm Disney typique des années 70. Nostalgique, avec un rythme d'un autre temps, il propose une aventure humaine poignante aussi bien du point de vue de l'enfant perdu que de ses parents lancés à sa recherche.

L'équipe du film

1912 • 1998
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