Titre original :
Cheaper By The Dozen
Production :
Disney
Date de mise en ligne USA :
Le 18 mars 2022 (Disney+)
Genre :
Comédie
Réalisation :
Gail Lerner
Musique :
John Paesano
Durée :
118 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Les Baker, une famille recomposée de douze personnes, mène une vie trépidante tout en gérant simultanément le restaurant familial...

La critique

rédigée par
Publiée le 03 avril 2022

Treize à la Douzaine est la troisième adaptation cinématographique du roman éponyme de Frank B. Gilbreth Jr. et Ernestine Gilbreth Carey. Il s'agit en revanche de la seule version à ne pas avoir droit à une diffusion sur grand écran et la première à porter le label Disney, les autres étant toutes sorties sous 20th Century Fox.

Le long-métrage est donc une adaptation lointaine du roman semi autobiographique Treize à la Douzaine, Cheaper by the Dozen, écrit par Ernestine Gilbreth Carey et son frère Frank Bunker Gilbreth Jr. Enfants de Frank Bunker Gilbreth et Lillian Moller Gilbreth, ils sont respectivement la troisième et le cinquième enfant - mais le premier garçon - d'une fratrie de douze. Dans la vraie vie, ils n'ont jamais été douze enfants en même temps puisque la deuxième fille du couple, Mary, est morte de la diphtérie à l'âge de cinq ans alors que sept des frères et sœurs n'étaient pas encore nés. Le roman, publié en 1948, raconte plusieurs scènes de vie de la famille avec humour mais sans forcément que la chronologie ne soit très précise. L'une des anecdotes, qui donne son titre anglais au livre, raconte comment un automobiliste, arrêté à un feu rouge, demande au père, dont la voiture familiale était stationnée juste à côté de lui, pourquoi il avait autant d'enfants. Ce dernier lui répond alors malicieusement qu'ils étaient moins chers s'il en prenait une douzaine. Le roman est vite un succès d'édition et connaît une suite deux ans plus tard sous le titre de Six Filles à Marier, Belles on Their Toes en anglais.

L'histoire est adaptée une première fois au cinéma par 20th Century Fox en 1950 sous le titre de Treize à la Douzaine. Réalisé par Walter Lang, son casting comprend alors Clifton Webb dans le rôle du père et Myrna Loy dans celui de la mère. Son récit est très proche du roman se déroulant au début des années 1920, même s'il montre douze enfants et non onze. L'action se passe, comme dans le livre, dans la ville de Montclair située dans l'État du New Jersey. Dans le film comme dans le roman, le mari meurt à la fin de l'histoire et la mère doit reprendre son travail pour nourrir sa famille tandis que les aînés aident davantage les plus petits. Le long-métrage a également droit à une suite, adaptant le deuxième roman, sous le titre Six Filles Cherchent un Mari, et dont la sortie se fait en 1952.

En 2003, le roman de 1948 a droit à une nouvelle adaptation, toujours chez 20th Century Fox, sous le même titre de Treize à la Douzaine. Le film s'éloigne alors sensiblement du livre. Déjà, les personnages ne portent pas le même nom puisque le patronyme de la famille est désormais Baker tandis que l'action se situe elle dans l'État de l'Illinois. De même, la fin n'est plus du tout dramatique ; au contraire même. Le long-métrage insiste en fait beaucoup plus sur la comédie. Certaines scènes sont même purement du comique de situation avec des chutes en tout genre résultant des bêtises faites à la pelle par les garnements. Le long-métrage vaut d'ailleurs surtout pour son casting cinq étoiles portés par les deux stars que sont Steve Martin (Le Père de la Mariée) et Bonnie Hunt (Beethoven) ainsi que trois jeunes acteurs venus, à l'époque, de séries à succès : Hilary Duff (Lizzie McGuire), Tom Welling (Smallville) et Ashton Kutcher (That '70s Show). Malgré des critiques assassines, l'opus est un succès en salles et a droit à une suite, Treize à la Douzaine 2, en 2005 avec les mêmes acteurs mais en ayant encore moins de rapport avec le second roman de Frank B. Gilbreth Jr. et Ernestine Gilbreth Carey.

En 2016, Kenya Barris, producteur et show runner de la série ABC Studios Black-ish, signe un contrat avec 20th Century Fox pour écrire et produire un nouveau remake de Treize à la Douzaine. La réalisation est confiée, quant à elle, à Gail Lerner qui s'était surtout fait remarquer en tant que productrice et réalisatrice pour la télévision. Il s'agit d'ailleurs ici de son premier long-métrage. Avec le rachat du studio à la fanfare par The Walt Disney Company en 2019, Bob Iger, alors PDG de l'entreprise, annonce que l'opus est toujours en développement et sera proposé directement sur Disney+. Le long-métrage était ainsi prévu à l'origine pour sortir sous le label 20th Century Studios, le nouveau nom du studio depuis que Disney a effacé toute trace de la marque Fox. Mais finalement, il est porté et produit par le label Disney (même si le copyright reste attaché lui à son studio d'origine). En effet, depuis la sortie du film d'animation Le Journal d'un Dégonflé fin 2021, The Walt Disney Company apporte de la cohérence à ses labels : Disney se charge de tous les films familiaux, y compris les franchises appartenant avant cela à 20th Century Studios ; le studio à la fanfare se charge lui du divertissement adulte au sens large tandis que Searchlight Pictures se concentre sur le cinéma art-et-essai.

Cette nouvelle adaptation de Treize à la Douzaine est vraiment très éloignée du livre. En réalité, mis à part le titre et le fait que cela soit une famille nombreuse, le long-métrage n'a plus rien à voir avec le roman d'origine. Il se rapproche plus du film de 2003 où la famille possède le même patronyme, Baker, et où la dynamique du récit tourne autour des parents qui voient leur parcours professionnel changer, impliquant un déménagement dans une banlieue huppée. Mais le gros changement par rapport au long-métrage avec Steve Martin est qu'il s'agit ici d'une famille recomposée où les enfants ne sont pas tous issus des même pères et mères. Ici, le père Paul a eu deux filles, Ella et Harley, avec sa première femme Kate et avait adopté avec elle Haresh, le fils de ses meilleurs amis morts dans un accident de la route. Il s'occupe aussi de temps en temps de son neveu Seth, le fils de sa sœur souvent en cure de désintoxication. Zoey, quant à elle, a eu deux enfants avec son ex-mari Dom : une fille Deja et un fils DJ. Paul et Zoey ont eu eux finalement deux paires de faux jumeaux : Luca et Luna d'une part, Bronx et Bailey d'autre part. Au total, ce n'est donc plus douze enfants mais dix, en comptant le neveu. Autre fait notable, les ex-conjoints occupent une place importante chez les Baker, créant ainsi une tout autre dynamique par rapport au film de 2003.

Treize à la Douzaine s'avère finalement une comédie familiale plus classique et moins portée sur le comique de situation alors très marqué en 2003 dans la veine de Maman, J'ai Raté l'Avion !. Le long-métrage est ici bien plus une comédie sociale, dans l'air du temps, avec cette famille recomposée multi-raciale. Le film aborde ainsi la parentalité sous différents angles comme le racisme, l'adoption, la pauvreté et le harcèlement. Alors, bien sûr, tout est léger, bon enfant, inoffensif et souvent peu subtil. L'opus propose par exemple quelques personnages caricaturaux en forçant particulièrement le trait comme la voisine snobinarde qui a tendance à montrer son racisme ordinaire à travers chacun de ses propos. Le but principal est donc simplement de divertir, ni plus ni moins, sans chercher à changer les mentalités. Le long-métrage offre ainsi une ambiance bienveillante, pleine de bons sentiments, dans une sorte de cocooning cinématographique familial.

Treize à la Douzaine n'en demeure pas moins un tantinet plus adulte, ou plutôt moins enfantin que la précédente adaptation. Les chutes et les bêtises des enfants sont réduites à la portion congrue, surtout que les plus jeunes font ici juste de la figuration. Le long-métrage se focalise plutôt sur les plus grands rejetons ainsi que les adultes qui les entourent. Le fait que l'ex-femme de Paul et l'ex-mari de Zoey soient présents dans le récit apporte aussi un peu plus de piquant. Il permet d'opposer l'éducation à la paternité biologique en montrant que l'un et l'autre ne vont pas forcément de soi avec l'épanouissement des enfants. Il propose aussi quelques répliques bien senties entre les adultes qui feront sourire les parents. Chose aussi étonnante, le couple ressemble beaucoup dans sa relation à Michael et Janet Kyle de la série ABC Studios Ma Famille d'Abord. Certaines scènes les voient se tourner autour de façon explicite, bien davantage que dans le film de 2003 où les parents étaient plus prudes.

Le nouveau Treize à la Douzaine possède un casting moins prestigieux qu'en 2003 mais qui s'avère tout de même efficace.
Paul Baker est interprété par Zach Braff. L'acteur, qui s'est fait connaître grâce à la série ABC Studios Scrubs : Toubib Or Not Toubib !, a également prêté sa voix à Chicken Little dans le film éponyme, participé au film Disney Le Monde Fantastique d'Oz et réalisé Garden State chez Fox Searchlight, dans lequel il joue également. Il est ici parfaitement à son aise en père un peu fragile qui veut réaliser ses rêves de gloire et de fortune avant de se rendre compte qu'il met à mal la cohésion de sa famille. Il sait aussi, comme à son habitude, apporter de petites touches de comédie sans trop se forcer avec son côté pince sans rire.
Zoey Baker est campée par Gabrielle Union. L'actrice a joué dans différentes comédies romantiques comme Dix Bonnes Raisons de Te Larguer chez Touchstone Picstures mais aussi des films d'actions comme Bad Boys II chez Columbia Pictures sans oublier des séries télévisée à l'image de FlashForward pour ABC Studios. Elle apporte une fraîcheur bienvenue à son personnage et sait se rendre attachante sans jouer la mère esseulée délaissée par son mari, ni l'activiste rentre-dedans avec ses voisines, tout en sachant toujours défendre ses opinions.
Parmi le reste du casting, il sera apprécié Erika Christensen dans le rôle de Kate, l'ex-femme qui sert aussi de baby-sitter ; Timon Kyle Durrett dans celui de Dom Clayton, l'ex-mari champion de basket ; Journee Brown dans celui de Deja Baker, l'adolescente sportive ; Andre Robinson dans celui de DJ Baker, l'adolescent fan de comics ; ou encore Aryan Simhadri dans le celui de Haresh Baker, le jeune garçon adopté d'origine indienne.

Cette nouvelle adaptation de Treize à la Douzaine n'était pas fatalement nécessaire, surtout qu'elle a finalement peu de rapport avec le livre d'origine. Si le récit s'avère très léger, il n'en reste pas moins que le film est une comédie sympathique, feel good, porté par des personnages attachants et suffisamment divertissant pour un visionnage en streaming ; surtout que ce genre de long-métrage a malheureusement déserté le grand écran.

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