Titre original :
Night At The Museum : Battle of the Smithsonian
Production :
20th Century Fox
21 Laps Entertainment
1492 Pictures
Date de sortie USA :
Le 22 mai 2009
Genre :
Aventure
IMAX
Réalisation :
Shawn Levy
Musique :
Alan Silvestri
Durée :
105 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Deux ans après les aventures de Larry Daley au Musée d’Histoire Naturelle de New York, l’inventeur en herbe a quitté son poste de gardien de nuit et fondé sa propre entreprise d’inventions. Lorsqu’il reçoit un appel de détresse de Jedediah, envoyé dans les Archives du Smithsonian, Larry rejoint la capitale pour sauver ses amis. Avec l’aide de nouveaux amis, il doit faire face à une menace pour le monde : le pharaon Khamunrah est de retour et bien décidé à dominer le monde !

La critique

rédigée par
Publiée le 13 février 2022

En assemblant des objets de récupérations et des dessins, l’artiste français Louis Pons a conçu, au cours de sa carrière, une poésie artistique basée sur le récit de la naissance d’une œuvre d’art. Ou, au contraire, de sa disparition, selon la manière dont le public approche l'œuvre. Sur cette dernière idée, Pons disait que le musée est l’équivalent de la retraite pour les œuvres d’art. L'œuvre se doit d’évoluer : de sa naissance dans l’esprit d’un artiste, elle doit croître sous le travail de son maître, jusqu’à finalement atteindre la majorité. Une fois ce stade atteint, l'œuvre voyage d’expositions en expositions, de salles de vente en salles de ventes, jusqu’à atteindre une certaine renommée. Ainsi, accrocher une œuvre dans un musée signifie la fin de son évolution. L'œuvre est désormais figée dans le temps pour le public et les générations suivantes. L'institution muséale lui donne ainsi un statut définitif.

Le rapprochement fait par Pons entre le musée et une maison de retraite pour des œuvres d’art pose une question intéressante : si l'œuvre évolue, grandit comme un être vivant, à quoi pourrait être comparée la mort d’une œuvre d’art ? Si l’œuvre naît de l’esprit d’un artiste, ne peut-elle pas mourir à cause de l’esprit du public, ou plutôt par l’oubli du public ? Au musée du Louvres, La Joconde, peinture du célèbre Léonard de Vinci, possède un mur et même des gardiens pour elle seule. Peut-être la peinture la plus connue du monde, elle a traversé les siècles depuis sa création au XVIe siècle. Si elle possède désormais sa “salle” dans un musée, cela n’a pas toujours été le cas. Au début du siècle dernier, elle est exposée au milieu d’une ribambelle d’autres peintures qui ont, depuis, sombré dans l’oubli. Pourquoi ces toiles sont-elles "mortes" dans l’esprit du public ? Elles ont disparu des murs du musée, en étant décrochées et transférées dans les archives du musée. Loin des yeux, loin du cœur, comme le dit l'adage. La mort de l'œuvre, c’est son oubli par le public. Et cela se déroule lorsqu'elle disparaît de la vue de ce même public.

Ce constat qu’une œuvre doit être vue pour exister se retrouve, dès les premières ébauches, au centre du scénario dépeignant la suite des aventures de Larry Daley et de ses objets du Musée d’Histoire Naturelle de New York dans le film La Nuit au Musée 2. Le premier opus met ainsi en scène Larry Daley, un tout nouveau gardien de nuit au Musée d’Histoire Naturelle de New York. Dès sa première vacation, il doit faire face à un événement particulier et extraordinaire : tous les objets du musée prennent vie au cours de la nuit grâce à une plaque magique. Le film se concentre alors sur les efforts de Daley pour faire cohabiter toute cette ménagerie. Distribué par 20th Century Studios et sorti en décembre 2006, l'opus rencontre un très beau succès au box-office mondial en récoltant à peu près cinq fois son budget initial. C’est donc sans surprise qu’un projet de suite voit le jour du côté des studios.

Alors que La Nuit au Musée se base sur un ouvrage de Milan Trenc portant le même nom, le scénario du second film ne peut faire de même, Trenc n’ayant livré qu’une seule histoire. Les producteurs décident donc de donner les clés à Robert Ben Garant et Thomas Lennon qui avaient officié à la même position dans la production du premier opus. Les deux hommes débutent en fait leur collaboration au début des années 2000 en axant leurs œuvres dans le registre de la comédie familiale. C’est pour les studios Disney que leurs premiers projets aboutissent : la même année, 2005, sortent Baby-Sittor et La Coccinelle Revient, tous deux sortis sous le label Walt Disney Pictures. L’année suivante, ils scénarisent l’adaptation américaine du film français Taxi. Ces premiers films rencontrent un succès mitigé auprès du public, tandis que les critiques s’avèrent très durs. Leur premier réel succès commercial arrive en 2006 avec l’adaptation de Une Nuit au Musée au cinéma. Dès qu'ils sont choisis pour écrire la suite, le duo se met rapidement au travail, en inventant une histoire permettant, selon eux, d’intégrer les personnages existants et beaucoup de nouveaux.

L’un des principaux changements scénaristiques est la localisation de l’aventure. Dans le premier volet, l’histoire se déroule en effet au Musée d’Histoire Naturelle de New York. Pour cette suite, les deux auteurs visent plus grand, plus gros et, au final, la lune. Exit donc les rues new-yorkaises, voilà les personnages parachutés à Washington au Musée de la Smithsonian Institution, plus communément appelé le Smithsonian. Au musée, ou plutôt aux musées du Smithsonian, puisque le site, situé à quelques pas de la Maison Blanche d’un côté et du Capitole des États-Unis de l'autre, comprend 17 musées, des galeries et un zoo. L’Institution a été fondée en 1846, pour l’accroissement et la diffusion du savoir pour tous les hommes. La collection se constitue ainsi de plus de 143 millions d’objets, allant d’antiquités aux navettes spatiales, en passant par des tableaux de maîtres et des mammouths. S’appuyant sur une aire de jeu gigantesque, Garant et Lennon se concentrent alors sur trois musées plus particulièrement : le Musée national de l’air et de l’espace, où sont exposés les progrès techniques liés à l’aviation et à la conquête de l’espace ; le Bâtiment de la Smithsonian Institution, qui sert de quartier général au site et le centre d’information ; et enfin, le Smithsonian American Art Museum, consacré à l’art américain.

L’histoire du scénario que Garant et Lennon proposent aux studios 20th Century Studios, 21 Laps Entertainment et 1492 Pictures, déjà à l’origine du premier film, débute deux ans après les événements du Musée d’Histoire Naturelle de New York. Larry Daley a quitté ses fonctions de gardien de nuit et se consacre désormais à sa florissante entreprise d’inventions en tout genre, comme "le super méga os pour chien" ou "la torche éléctrique qui brille dans le noir". Le musée est, quant à lui, soumis à des transformations avec une numérisation des objets et des expositions. Les statues, les animaux empaillés et les figurines sont rangées dans des cartons et envoyées aux Archives nationales à Washington. Suite à un appel de Jedediah, le cowboy miniature, Larry se rend au Smithsonian pour sauver ses amis des mains de Kahmunrah, un pharaon égyptien voulant ressusciter l’armée d’Horus et conquérir le monde. Face à ce pitch, les studios valident la mise en chantier d’un second film La Nuit au Musée.

Garant et Lennon voulant intégrer les personnages du premier film au sein de l’histoire, la production fait appel aux artistes qui ont œuvré sur le film de 2006. Ainsi, Shawn Levy reprend la casquette de réalisateur. Levy fait ses premières armes sur le petit écran en tant que réalisateur dès 1994 avec Les Incroyables Pouvoirs d’Alex, puis en 1998, il cumule son poste de réalisateur avec celui de producteur pour la série de Disney Channel Les Aventures de Jett Jackson. Le cinéma lui ouvre les portes au début des années 2000, avec la réalisation de plusieurs comédies plus ou moins réussies, comme Méchant Menteur en 2002 avec un jeune Frankie Muniz et Treize à la Douzaine, où il dirige Steve Martin pour 20th Century Studios. Deux ans plus tard, le studio l’engage pour mettre en scène l’adaptation du livre Une Nuit au Musée. Les années suivantes, il oublie son rôle de réalisateur pour celui de producteur en produisant le film Jackpot avec Ashton Kutcher et Cameron Diaz et la suite de La Panthère Rose avec à nouveau Steve Martin dans le rôle de l'inspecteur Clouzot.

À ses côtés, Levy retrouve une équipe d’acteurs qu’il connaît et a déjà dirigée dans le premier volet. Ben Stiller enfile une nouvelle fois le costume du gardien de nuit Larry Daley, le rôle principal du film. Comique de profession, Stiller connaît des débuts compliqués à la télévision en ne travaillant que sur cinq épisodes de la célèbre émission Saturday Night Live, tandis que sa propre émission The Ben Stiller Show est annulée par Fox après douze épisodes. Mais ces débuts lui valent de recevoir un Emmy Award. Après quelques seconds rôles au cinéma, dont celui de Tony Perkis dans La Colo des Gourmands (Les Poids Lourds) pour The Walt Disney Company, Stiller connaît une quinzaine d’années fastes entre 1996 et 2010. En quinze ans, l’acteur est à l’affiche de 47 films, parfois comme simple caméo, mais, dans la majorité des productions, comme l’acteur principal. Il travaille à plusieurs reprises pour The Walt Disney Company : dans Mary à Tout Prix et Même Pas Mal ! (Dodgeball) pour 20th Century Studios ; Au Nom d’Anna sorti sous le label Touchstone ; et dans l’adaptation cinématographique de Starsky et Hutch pour Miramax Films.

Parmi les acteurs interprétant les personnages issus du premier film, Owen Wilson et Steve Coogan sont ceux qui obtiennent le plus de temps à l’écran après Ben Stiller. Incarnant respectivement les miniatures du cowboy Jedediah et du Général Octavius, ils servent de faire-valoir comique, avec un humour basé sur la taille minuscule de leurs personnages. Wilson n’est pas tout à fait un étranger pour Ben Stiller et pour le monde de la comédie. Outre La Nuit au Musée, les deux acteurs ont travaillé ensemble sur douze projets, incluant la trilogie Mon Beau-Père et… et les deux films Zoolander. La carrière de Wilson débute en 1996, lorsqu’il est à l’affiche de deux films : Disjoncté réalisé par… Ben Stiller et Bottle Rocket de son grand ami Wes Anderson. Baignant dans le monde de la comédie, Wilson passe de comédies grand public, comme Shanghai Kid et sa suite pour Touchstone ou encore Serial Noceurs, à des comédies d’auteurs, comme les films de Wes Anderson ou Minuit à Paris de Woody Allen. Il amorce un détour dans le drame à partir des années 2010, sans vraiment s’éloigner de la comédie. Au cours d’un caméo dans le film Le Tour du Monde en Quatre-Vingts Jours, Wilson donne la réplique à un certain Steve Coogan, qui y tient le rôle principal. Coogan commence sa carrière à la télévision britannique avant d’obtenir quelques rôles au cinéma, dont le rôle d’Hadès dans la saga Percy Jackson ou encore celui de Damien dans Tonnerre Sous les Tropiques.

Alors que Garant et Lennon, les scénaristes, vendaient le retour des anciens personnages, ils se révèlent au mieux muets, au pire inexistants. Ainsi, l’un des personnages centraux du premier film, Teddy Roosevelt, incarné par le regretté Robin Williams, ne fait qu’une courte apparition au début du film et un petit caméo à Washington sous la forme d’un buste en l’honneur du président américain. Dans le scénario, son absence s’explique par le fait que sa statue soit gardée par le Musée d’Histoire Naturelle de New York. Les personnages d’Attila et de Sacagawea, incarnés par Patrick Gallagher et Mizuo Peck, sont quant à eux cantonnés au silence, enfermé dans un container. Tandis que Rami Malek, qui joue le pharaon Ahkmenrah, n’a le droit qu’à un petit caméo en fin d'aventure.

Le film se repose donc principalement sur l’apparition de nouveaux personnages pour aider ou, au contraire, affronter Larry Daley. Parmi ses soutiens, il peut compter sur l’énergique et un peu foldingue Amelia Earhart, une aviatrice célèbre pour avoir été la première femme à traverser l’océan Atlantique en avion en 1928. Elle disparaît en 1937 dans l’océan Pacifique, lors de sa tentative de tour du monde. Dans La Nuit au Musée 2, elle est campée par Amy Adams qui, fait amusant, a peur de voler. Après des passages sur les planches de cafés-théâtres, Adams débute sa carrière à la télévision, où elle enchaîne les apparitions. Les spectateurs la découvrent dans Charmed ou Smallville pour la chaîne The WB, et dans That’s 70 Show et Buffy Contre les Vampires sur Fox. Au cinéma, sa carrière tarde à démarrer puisqu’elle enchaîne des seconds rôles au début des années 2000. Elle connaît enfin la reconnaissance dans le film indépendant Junebug en 2005, qui lui permet d’obtenir une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Reconnue par les studios, elle est engagée en 2007 pour prêter ses traits à Giselle, l’ingénue des contes de fées, dans la comédie musicale Il Était une Fois pour Walt Disney Pictures. Elle enchaîne ensuite entre comédies et drames, passant de Underdog, Chien Volant non Identifié en 2007 à Les Muppets, Le Retour, sans oublier les drames Doute et Fighter notamment.

En guise d’antagoniste, Larry doit faire face à Kahmunrah, le cinquième pharaon et frère d’Ahkmenrah aperçu dans le premier film. Ce personnage a la lourde tâche de remplacer les trois gardiens de nuit malveillants du premier opus. Beaucoup plus présent que ses prédécesseurs, l’Égyptien amène une touche comique et une certaine naïveté à l’histoire. Son cheveu sur la langue a tendance à le ridiculiser et à faire oublier ses plans machiavéliques : ressusciter l’armée d’Horus pour pouvoir dominer le monde. Si le personnage fonctionne bien, il le doit à son interprète Hank Azaria qui livre une très bonne prestation. Azaria obtient son premier rôle à 25 ans, un rôle qui ne l’a jamais quitté, puisqu’il l’interprète depuis 1989 : celui de doubleur pour la série Les Simpson, en donnant sa voix tantôt à Apu, tantôt à Moe et à d’autres personnages. D’abord présent sur le petit écran avec son rôle dans Les Simpson et ses apparitions dans Friends notamment, il devient un second rôle récurrent au cinéma. Il passe ainsi devant la caméra de Michael Mann pour Heat aux côtés d’Al Pacino, de celle de Roland Emmerich pour son Godzilla de 1998 et celle de Woody Allen pour Celebrity. Au cours de sa carrière, il est généralement utilisé comme un comic relief. Ce n’est dès lors pas surprenant de le voir au générique d'une série de films comiques, dont quelques-uns mettent en avant un certain… Ben Stiller. Il apparaît ainsi comme un fakir dans Mystery Men et comme un instructeur de plongée français dans Polly et Moi. Il retrouve Stiller dans Même Pas Mal ! (Dodgeball) pour un petit caméo, avant de l’affronter en 2009 dans La Nuit au Musée 2.

Mis à part ces deux nouveaux personnages importants et très bien dépeints, le film propose une multitude de rôles secondaires qui sont, malheureusement, fort peu développés ou utilisés de manière insignifiante. Kahmunrah peut ainsi compter sur trois lieutenants pour arrêter Larry : Ivan le terrible, Al Capone et Napoléon Bonaparte. Malgré leur stature dans l’Histoire, leur apport à l’histoire est anecdotique, n’importe quel subalterne pouvant faire le job, sans être un grand nom de l’Histoire. Ivan le Terrible, premier tsar de Russie, est peut-être le mieux utilisé, celui montrant un côté plus cruel. Il est interprété par Christopher Guest qui officie principalement dans des téléfilms américains. À noter, sa participation au culte Princess Bride dans le rôle de Count Tyrone Rugen. Jon Bernthal donne ses traits au célèbre gangster de Chicago, Al Capone. Même s’il a fait quelques apparitions dans des séries, Bernthal est relativement novice dans le monde cinématographique quand il est casté pour le rôle de Al Capone. C’est l’année suivante qu’il se fait connaître en jouant Shane Walsh dans The Walking Dead, puis celui de Frank Castle dans les séries Marvel Daredevil et The Punisher. Si Napoléon est français, alors l'acteur l’incarnant doit forcément être français. Révélé par la troupe Les Nuls, Alain Chabat se spécialise dans la comédie et rencontre le succès, dès 1994, avec La Cité de la Peur, puis en 1995 avec Gazon Maudit, avant l’énorme succès commercial d’Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre. Larry ne peut compter que sur un seul personnage secondaire un peu développé : le colonel George Armstrong Custer, interprété par Bill Hader. Et en cela, Larry n’est pas aidé, puisque Custer, général de cavalerie américaine durant la guerre de Sécession, reste comme celui qui a mené ses hommes et lui-même à la mort lors de la bataille de Little Bighorn contre les tribus indiennes. Hader, lui, est remarqué grâce à son travail sur l’émission Saturday Night Live dès 2005. Cela lui ouvre les portes du cinéma, où il obtient des seconds rôles, notamment dans Tonnerre Sous les Tropiques. Il prête sa voix au personnage de la gazelle dans L’Âge de Glace 3 : Le Temps des Dinosaures.

Ne pouvant compter sur les anciens personnages, trop effacés, et sur des nouveaux personnages secondaires forts, le film est porté à bout de bras par le trio Stiller-Adams-Azaria. Et c’est peut-être là l’un de ses plus gros défauts : l’utilisation de ses personnages. Mis à part le trio central, les autres ne sont là que pour faire reposer l’action ou réaliser une ellipse, le temps que Larry rejoigne un autre bâtiment. Si les personnages secondaires sont faibles, le film démontre aussi une surexploitation de caméos de personnages historiques ou non, venus faire “coucou” avant de repartir. Lors d’une scène de poursuite, Larry rencontre un certain Joey Motorola, incarné par Jay Baruchel, qui ramasse le téléphone portable du héros. Et le film crée un lien de toutes pièces entre ce Joey et la marque de téléphones Motorola. Plus tard, Craig Robinson et Keith Powell incarnent des pilotes de la Tuskegee Airmen, un groupe d’aviateurs afro-américains qui s’est distingué pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un échange rapide avec Amelia sur les difficultés de combattre les préjugés et ils disparaissent. Le singe Albe, premier mammifère à découvrir l'apesanteur, est utilisé pour une scène navrante d’échanges de gifles avec Larry. Dark Vador et Oscar the Grouch de Sesame Street sont amenés devant Kahmunrah pour intégrer son armée. La scène se réduit à quelques blagues du pharaon pour humilier le méchant de Star Wars, et les personnages s'en vont pour ne plus réapparaître. Les actions du trio Stiller-Adams-Azaria ne sont plus là pour développer l’histoire, mais pour introduire une multitude de caméos, plus ou moins intéressants, plus ou moins réussis.

Aussitôt arrivés, aussitôt repartis. Les personnages s’enchaînent sans développement ou une quelconque profondeur et, surtout, sans réellement être utiles à l’histoire. En comparaison, dans le premier film, tous les personnages principaux possèdent une personnalité propre, des doutes, des envies, et ont un objectif. Attila souffre du manque d'amour de son père à son attention ; Roosevelt est amoureux de Sacagawea et n'ose pas le lui avouer ; Jedediah et Octavius se font la guerre, car ils n’ont jamais connu autre chose. Même Rexou, le T-Rex exposé à l’entrée du musée, a une personnalité développée. Dans La Nuit au Musée 2, les trois lieutenants de Kahmunrah se définissent uniquement par leur accent russe pour Ivan et français pour Napoléon. Mais sinon le spectateur ne connaît pas leurs aspirations et la raison de leur association, le scénario ne jouant que sur quelques clichés pour les représenter, comme la question de la taille pour Napoléon. L’idée de Garant et Lennon d’ouvrir le terrain de jeu de Larry était une bonne idée, car elle permettait d’intégrer des personnages divers, provenant de temps et de lieux différents. Mais à trop vouloir jouer avec les possibilités qui sont offertes, le scénario souffre et n’arrive pas à proposer des personnages développés et attachants.

Le scénario lui-même, pourtant original, n’arrive pas à proposer des enjeux de qualité et se contente de recycler certaines des réussites du premier film. Ce qui est dommage, puisque les premières minutes de l'opus permettent d’entrapercevoir des questions intéressantes. Le film s’ouvre ainsi sur un générique très bien ficelé posant la problématique de l’histoire. Il reprend le thème du premier film composé par Alan Silvestri, un thème qui invite à l’émerveillement et à la magie. Le spectateur reconnaît la partition et s’impatiente de retourner dans ce lieu magique. Rapidement, il déchante, puisque les personnages qu’il a appris à aimer sont mis dans des boîtes. Un enjeu apparaît dès lors : que faire des œuvres d’un musée quand elles n’intéressent plus ? Le film y répond rapidement : elles sont reléguées dans des archives, dans des gros containers placés dans des sous-sols sans vie, loin du public. Après le générique, Larry apparaît au cours d’une émission où il présente un nouveau produit inventé par sa compagnie. Au cours de ce tournage, Larry est faux, surjouant, riant à l’excès à des blagues pas drôles. Il se trouve dans un lieu réel, mais où règne l’hypocrisie et le mensonge. Son lien avec Nick, son fils, est aussi distendu, puisqu’il ne peut aller le voir. Malgré des problèmes financiers, Larry essayait toujours de passer le plus de temps possible avec son fils dans le premier film. Un deuxième enjeu apparaît : l’abandon de soi-même pour évoluer professionnellement. Larry abandonne un métier qu’il aime, délaisse sa famille et ses amis et, lui-même, souffre de cela. Finalement, le rapide caméo de Ricky Gervais en conservateur du musée pose un troisième enjeu : la numérisation du savoir et des musées. Le conservateur montre à Larry que les œuvres auxquelles il tient vont être remplacées par des hologrammes interactifs. Le choix entre des objets concrets et des avancées techniques est sous-jacent. Et malheureusement, le film décide de ne pas suivre un de ces enjeux. Au lieu de cela, le scénario reprend l’histoire du premier film et l’adapte au cadre du Smithsonian, tout en l’édulcorant. Un méchant veut la tablette pour son bien personnel et est prêt à "tuer" les personnages du musée. Même au cours de l’histoire, des enjeux sont envoyés au visage du spectateur sans être autrement développés. Par exemple, lors de la rencontre entre Amelia et les membres de la compagnie Tuskegee Airmen. L’un des deux pilotes remercie Amelia de leur avoir ouvert le chemin pour devenir pilote. Amelia accepte le compliment et l’histoire passe à autre chose. Pourquoi cet homme remercie-t-il Amelia ? Étant une femme, Amelia a dû se battre contre les préjugés misogynes à l’égard des femmes pilotes et démontrer qu’une femme était tout aussi capable qu’un homme. Les deux pilotes qu’elle rencontre aussi se sont battus contre des préjugés, raciaux cette fois. Ils se sont battus contre l’idée que les Noirs ne pouvaient pas piloter. Un enjeu et un questionnement très vite délaissés, alors qu’ils auraient pu être mieux approchés.

Non content de reprendre l’histoire générale du premier volet, le scénario retire la substance même de ce dernier. Larry n’essaie plus de comprendre l’autre, qui vient d’une culture différente. Il court entre les différents musées pour résoudre une énigme. Et tout cela pour quel objectif ? Se racheter auprès de ses amis du musée qu’il a laissés tomber. Un enjeu personnel, bien loin de celui de la cohésion sociale proposé dans le premier film. Le scénario manque ainsi d’un enjeu fort, puissant pour être réellement bon. De plus, l’histoire est convenue d’avance. Lors de son arrivée au Smithsonian, Larry tente de chercher l’entrée des archives. Pour cela, il visite un certain nombre de pièces où sont exposées des œuvres. La caméra, au lieu de montrer l’immensité du lieu, se concentre précisément sur une ou deux œuvres qui seront utiles plus tard dans le récit. L’image informe déjà le spectateur de ce qui va se passer, ne lui laissant pas le soin de se questionner ou d’être surpris. Cela atteint son point culminant avec la caisse contenant une pieuvre géante. Arrivé dans les sous-sols du musée, Larry voit une boîte ouverte sur un côté et des bras d’une pieuvre en sortir. Larry, sans aucune raison, décide de les remettre à leur place et de refermer la boîte. Quelques minutes plus tard, cette action permet au héros de s’échapper des griffes de Kahmunrah. Sans enjeu et sans réelles surprises, le scénario présente une histoire d’aventure plaisante, mais qui aurait mérité mieux, sans avoir à utiliser des éléments comiques du premier opus. Les scènes durant lesquelles les miniatures Jedediah et Octavius vivent quelque chose d’excitant alors que, sur un plan large, le spectateur découvre qu’à taille humaine, il ne se passe rien, sont une reprise du premier film, lorsque les mêmes personnages tentent de crever un pneu. Et cela crée des incohérences. En moins d’une heure, Octavius quitte le Smithsonian à pieds, parcourt près de cinq cents mètres jusqu’à la Maison Blanche et revient par la suite au musée. Avec sa taille, cela aurait dû ainsi prendre beaucoup plus de temps.

Critiquable, le scénario peut aussi, à de rares moments, se révéler très inventif. La manière dont les peintures prennent vie et l’utilisation qui en est faite sont particulièrement intéressantes. Poursuivis par les hommes du pharaon, Larry et Amelia traversent une galerie de peintures des plus grands maîtres américains, comme Nighthawks de Edward Hopper ou American Gothic de Grant Wood. Les peintures prennent vie, les personnes peintes observent les héros hors de leur cadre et viennent à interagir avec eux. Larry donne ainsi la tablette au fermier de la peinture de Wood pour mieux se défendre contre un assaillant. Ou alors, bloqués contre un mur, Amelia et lui entrent dans une peinture représentant le jour de la victoire de la Deuxième Guerre mondiale. Les personnages sont ainsi instantanément transportés dans les années 1940, alors que la peinture s’anime. Une très bonne idée de la part de Levy et surtout très bien exécutée. Les effets spéciaux dans l’ensemble sont de très bonne qualité. Al Capone, représenté en noir et blanc sur une pancarte dans le musée, reste en noir et blanc lorsqu’il prend vie au cours de la nuit.

Jouer avec l’Histoire, que cela soit des personnages ou des lieux, peut être très risqué quant à la véracité des éléments montrés à l’écran. Et, malheureusement, La Nuit au Musée 2 fait la part belle aux erreurs, plus ou moins graves, en arrangeant les faits pour coller à l’idée du scénario. Ainsi, le bâtiment de la Smithsonian Institution reçoit, dans le film, des visiteurs et des expositions en son sein. Or, le bâtiment emblématique ne recueille, dans la réalité, que le centre d’information du site et des bureaux. De même, le scénario envoie les personnages aux Archives dans les sous-sols du Smithsonian, ce qui est factuellement faux. Les Archives ne sont pas gardées sur le site, mais sont dispersées dans des entrepôts dans la banlieue de Washington. En ce qui concerne les œuvres exposées, le film réunit beaucoup de pièces qui sont, en réalité, dans différents musées à travers la planète. Les peintures American Gothic et Nighthawks, respectivement de Grant Wood et Edward Hopper, sont exposées dans l’Art Institute of Chicago, tandis que Le Penseur de Rodin se trouve au Musée Rodin à Paris. La Ballerine de Degas est à la Royal Academy à Londres. Enfin, le Balloon Dog (Red) de Jeff Koons, qui sautille dans le film à travers les salles, n’a jamais fait partie d’une quelconque collection de musée. Enfin, sur les personnages, quelques erreurs surviennent. Lorsqu'Amelia rencontre les pilotes de la Tuskegee Airmen, elle les reconnaît, ce qui n’est pas possible. Étant morte en 1937, elle n’a donc pas pu connaître ses hommes qui ont été célébrés en 1943. Pareil problème survient avec le caméo de Joey Motorola, qui, selon le film et à l’aide du téléphone de Larry, va découvrir comment en produire et créer sa marque. Problème, la séquence se déroule en 1945 et la réelle compagnie Motorola a été créée en 1928.

Le scénario et les acteurs en poche, le tournage peut débuter le 8 avril 2008 à Vancouver, où la majorité des séquences sont mises en boîte. Tourner directement dans les musées concernés se révèle très compliqué. Le chef décorateur Claude Paré est ainsi obligé de produire une réplique de la National Art Gallery dans un studio, car l’équipe de tournage n’avait pas reçu d’autorisations pour tourner au sein du musée. Même quand l’équipe reçoit le feu vert, cela peut être compliqué. Levy a pu tourner certaines scènes dans le Smithsonian, mais avec une condition : de le faire durant la journée et pendant les heures d’ouverture. Les dirigeants du musée ne voulant pas fermer pour un groupe, Stiller et compagnie sont obligés de jouer leurs scènes avec des spectateurs. Enfin, quelques scènes ont été tournées au Musée d’Histoire Naturelle de New York, tandis que le Lincoln Memorial à Washington voit les équipes de tournage y poser leurs valises le temps d’une scène. Après quatre mois de tournage, le projet passe en post-production avec l’ajout des effets spéciaux et de la musique, toujours orchestrée par Alan Silvestri.
Le film sort en avant-première à Washington le 14 mai 2009 et sort sur tout le territoire américain le 22 du même mois. En France, il est sur les écrans deux jours plus tôt. Comme pour le premier opus, les critiques sont plutôt partagées mais mettent en avant les performances d'Amy Adams et de Hank Azaria. Du côté du public, le film rencontre un succès moins retentissant. En France un million et demi de personnes se rendent dans les salles obscures pour voir le film, contre 2,2 millions pour le premier volet. À l’international, l'opus récolte 413 millions de dollars, soit près de 160 millions de moins que son aîné, pour un budget supérieur. Ces chiffres en baisse ne déçoivent pas les producteurs qui lancent rapidement le chantier pour une troisième aventure de Larry Daley et les œuvres du Musée d’Histoire Naturelle de New York. La Nuit au Musée : Le Secret des Pharaons sort en mai 2014.

Sans un réel enjeu, malgré un scénario original, La Nuit au Musée 2 n’arrive pas à se hisser au niveau de son prédécesseur et ainsi proposer une histoire réellement nouvelle et surprenante. Très bien porté par les effets spéciaux réussis et le trio d’acteurs principaux - mention spéciale à Amy Adams, rafraîchissante par sa joie de vivre et débordante d’énergie-, le film présente une histoire plaisante et divertissante qui ravira petits et grands. Remplissant son cahier des charges, l’histoire aurait mérité d’être un peu plus approfondie. Il est de plus dommageable que la brochette de personnages présents n’ait pas été développée de manière utile pour faire évoluer le récit, enfermant ainsi le talent comique de certains acteurs.

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