La Nuit au Musée
L'affiche du film
Titre original :
Night at the Museum
Production :
20th Century Fox
Ingenious Film Partners
1492 Pictures
21 Laps Entertainment
Date de sortie USA :
Le 22 décembre 2006
Genre :
Aventure
IMAX
Réalisation :
Shawn Levy
Musique :
Alan Silvestri
Durée :
108 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Père divorcé du jeune Nick, Larry Daley accumule les échecs professionnels dans sa carrière d’inventeur. Ne pouvant tenir un métier et garder un appartement, il doit absolument trouver un emploi stable afin de regagner le respect de son fils. C’est alors qu’il est engagé comme gardien de nuit du Musée d’Histoire Naturelle de New York pour une mission “simple” : s’assurer que rien n’entre, ni ne quitte le musée. Mais rien ne va se passer comme prévu. Car une fois les visiteurs partis et les portes fermées, les statues, les animaux empaillés et les squelettes du musée prennent vie grâce à la tablette d’Ahkmenrah.

La critique

rédigée par
Publiée le 20 septembre 2020

L’écrivain français André Malraux disait que "le musée est le seul lieu au monde qui échappe à la mort". Que ce soit des vestiges des civilisations anciennes, comme des squelettes de dinosaures ou des momies, ou des objets plus récents, à l’image d’objets du Titanic ou des grandes guerres du XXe siècle, le musée tente de les présenter au public de la manière la plus inclusive et la plus vivante qui soit. Cela peut aller de la reconstitution d’un lieu ou d’une scène avec des acteurs jouant les rôles historiques, ou d’un accompagnement tant visuel que sonore, qui plonge le visiteur dans la réalité de l’époque. Les objets sont “morts”, mais le musée les garde bel et bien vivants pour les générations futures. Qui n’a ainsi jamais imaginé que les figurines utilisées dans la reconstitution d’une grande bataille prennent vie ? Ou de se voir soi-même plongé au sein de la maquette ? L’histoire, bien que présentant des événements du passé, est une science vivante. Avec tous ces personnages provenant d’époques et de contrées tellement différentes, le musée permet de développer un imaginaire quasiment infini de possibilité de rencontres entre ses “œuvres”.

Et parmi ces visiteurs rêvant que les objets prennent vie se trouve Milan Trenc, un illustrateur croate peu connu du grand public international. Né à Zagreb en 1962, Trenc suit des cours d’art à la School of Applied Art, puis se forme à la direction de film à la Zagreb Academy of Dramatic Arts. Après avoir obtenu son diplôme, il travaille comme illustrateur pour le journal Start et réalise quelques couvertures de comics. Dans le même temps, il travaille chez Zagreb Film, une société de production télévisuelle, et surtout réalise un court-métrage animé, The Big Time, qui reçoit de très bonnes critiques lors de son passage au London Film Festival en 1990. Sa carrière prend un tournant lorsqu’il déménage à New York. Là, il réalise des planches de comics pour le Heavy Metal Magazine et certains des journaux les plus lus des États-Unis, comme le New York Times, The Wall Street Journal ou The New Yorker. C’est à ce moment qu’il imagine un livre illustré pour enfant racontant la vie d’un gardien de nuit du Musée d’Histoire Naturelle de New York. Publié en 1993, le livre, nommé Une Nuit au Musée, suit les péripéties d’Hector, un gardien de nuit, qui constate un soir qu’un dinosaure a disparu de son emplacement. Il comprend par la suite que les squelettes reprennent vie chaque nuit. Une suite à cette histoire paraît en 2013, sous le titre Une Autre Nuit au Musée.

Succès en librairie, le livre intéresse aussi le monde cinématographique et surtout Hollywood qui y voit une possibilité narrative intéressante. Dès 1994, les droits de l’ouvrage sont donc acquis par 20th Century Studios en association avec 1492 Pictures. Si le sujet intéresse, les studios ont du mal à trouver un angle, une accroche pour le développer au cinéma. Le projet reste donc en jachère pendant près de dix ans. Finalement, ce sont deux scénaristes, Robert Ben Garant et Thomas Lennon, qui posent les premières bases du récit en écrivant un premier script. Le duo démarre sa carrière en tant que scénaristes au début des années 2000, avec notamment l’écriture des films La Coccinelle Revient et Baby-Sittor pour les studios Disney. Le duo se spécialise rapidement dans le genre de la comédie. En parallèle à son métier de scénariste, Lennon apparaît dans des seconds rôles sur le petit comme le grand écran. Il peut ainsi être vu dans La Coccinelle Revient, aux côtés de Zac Efron dans 17 ans Encore, ou plus récemment dans le rôle de Félix dans la série The Odd Couple.

Avec ce point de départ en main, les studios partent à la recherche d’un réalisateur ou plutôt à la conquête d’un : Shawn Levy. Ce dernier est plutôt confirmé à la télévision, où il réalise notamment des épisodes de la série Les Aventures de Jett Jackson pour Disney Channel, mais relativement nouveau dans le monde du cinéma. En 2006, il est ainsi crédité de la réalisation de cinq films, tous des comédies romantiques ou familiales. À son actif, Méchant Menteur en 2002, dans lequel il met en scène le menteur invétéré Frankie Muniz aux côtés d'Amanda Bynes. Il enchaîne avec la romance Pour le Meilleur et Pour le Pire, avant de travailler une première fois pour 20th Century Studios avec Treize à la Douzaine. Dans ce film de 2005, il travaille avec l’immense comique Steve Martin, qu’il retrouve l’année suivante pour l’adaptation de La Panthère Rose. Les producteurs lui demandent alors de prendre en charge l’adaptation d'Une Nuit au Musée, attendue dans les salles pour Noël 2006 aux États-Unis. Si le projet l’intéresse, Levy refuse à plusieurs reprises l’offre des studios. Pas de problème mercantile ou d’agenda, mais un doute concernant ses propres compétences. Il a en effet des craintes sur sa capacité à conjuguer la réalisation d’une comédie et d’un film à effets spéciaux.

Pourtant dès les prémices de l’écriture du scénario, le projet se veut résolument tourné vers la comédie, ce qui entre pleinement dans les compétences de Levy. Il a déjà réalisé des films de ce genre cinématographique, il en connaît les codes, la technique et la manière d’aborder un tournage. Car une comédie a son approche propre du travail fait en amont. Si elle se base sur un scénario initial, elle permet aussi l’introduction d’une grande partie d’improvisations de la part des acteurs, ainsi que des réécritures ou des ajouts de dernière minute. La scène prévue le matin peut ainsi se retrouver diamétralement différente le soir même. Au contraire, les films à effets spéciaux se préparent plus en amont et ne permettent pas autant de liberté avec l’imprévu. Et ce concept-là rebute un Levy qui ne sait pas comment gérer ces deux types de réalisation opposés. Il refuse donc le projet pendant près d’un an.

C’est après une discussion avec l’un des producteurs que Levy change d’opinion. Le nom de ce producteur : Chris Colombus. Le réalisateur a connu quelques années plus tôt le même questionnement que Levy. Plutôt attaché au genre de la comédie familiale et, occasionnellement, au drame, Colombus est engagé pour réaliser l’adaptation cinématographique du premier volet de la saga Harry Potter, Harry Potter à l’École des Sorciers. Même questionnement, car il doit aussi unifier la comédie familiale avec les nombreux effets spéciaux. Le conseil est donc relativement simple : s’entourer de personnes compétentes et leur faire entièrement confiance. Ces quelques mots convainquent Levy d’accepter l’offre.

Peu de temps après l’arrivée du réalisateur, les studios s’attachent les services de Ben Stiller pour interpréter le personnage principal du film, Larry Daley. Mais pas que… Loin de se contenter de son métier d’acteur, il s’intéresse à plusieurs domaines dans la production de ce film, principalement le scénario en retouchant certaines scènes avec Levy ou en faisant des propositions concernant les décors. Car Stiller connaît déjà une carrière importante dans le genre, que cela soit devant ou derrière la caméra. Issu de la scène new-yorkaise, il se fait remarquer par les producteurs de la célèbre émission Saturday Night Live en réalisant le court-métrage The Hustler of Money, une parodie du film de Martin Scorsese La Couleur de l’Argent. Il n'y travaille pourtant que cinq émissions, avant de partir présenter sa propre émission sur la chaîne Fox, The Ben Stiller Show, réunissant des comiques, dont Andy Dick, autour d’une série de sketches. Le show ne fait toutefois pas long feu, puisqu’il est annulé après douze émissions et l’obtention d’un Emmy Award. Alors qu’il participe à quelques films dans des seconds rôles - dont le rôle de Tony Perkis dans La Colo des Gourmands (Les Poids Lourds) pour The Walt Disney Company -, Stiller passe derrière la caméra pour le cinéma avec la réalisation du film Disjoncté en 1996. S’ensuit une dizaine d’années où l’acteur décroche les premiers rôles : Mary à Tout Prix, Au Nom d’Anna pour Touchstone Pictures ou encore Même Pas Mal ! (Dodgeball) pour 20th Century Studios. Fort de cette expérience, il conseille et accompagne Shawn Levy dans la réalisation de La Nuit au Musée.

Ben Stiller incarne le rôle principal du film en la personne de Larry Daley, un père divorcé vivant à New York et connaissant des difficultés professionnelles. Larry n’arrive en effet pas à développer son entreprise basée sur son invention, le claqueur manuel. Se désolant de cette situation, Erica, son ex-femme, décide qu'il ne doit plus voir son fils de dix ans, Nick, tant qu’il n’aura pas trouvé un emploi et une situation stables. Pour Larry c’est un coup dur, d’autant qu’il voit qu'Erica est sur le point de se remarier avec Don, un courtier en bourse à qui tout réussit. Le couple que forment Erica et Don est représenté à l’écran par Kim Raver et Paul Rudd. Raver connaît un beau parcours télévisuel, puisqu’elle incarne à la télévision Kimberly Zambrano au cours des six ans de la série New York 911, et Teddy Altman dans Grey’s Anatomy : À Coeur Ouvert pour ABC Studios. Mais ce qui plait le plus à Stiller, c’est que Raver incarne le personnage d’Audrey Raines dans la série 24 Heures Chrono, dont il est un grand fan. La carrière de Paul Rudd débute quant à elle par une série de seconds rôles dans des comédies familiales. Dans le désormais culte Clueless, il joue Josh, le demi-frère par alliance de Cheryl. L’année suivante, il incarne Paris dans Roméo + Juliette de Baz Luhrmann. Pour le public international, il devient en 2002 le Mike de Phoebe dans la série Friends, avant d’incarner Brian Fantana dans Présentateur Vedette : La Légende de Ron Burgundy et, plus récemment, le super-héros Ant-Man dans le film éponyme, dans sa suite Ant-Man et La Guêpe, puis au sein des Avengers dans Captain America : Civil War et Avengers : Endgame au sein du Marvel Cinematic Universe.

La crainte et les doutes qui assaillent Larry suite à la discussion avec son ex-femme se confirment lors d’une sortie à Central Park avec Nick, interprété par le jeune Jake Cherry. Larry comprend alors qu’il a perdu le respect de son fils et qu’il doit changer, abandonner ses rêves d’inventeur pour privilégier sa relation avec son fils. Il trouve alors un emploi plus stable et tranquille : celui de gardien de nuit au Musée d’Histoire Naturelle de New York, où il remplace trois vieux gardiens. Leur chef, le sympathique Cecil Fredericks, est joué avec maestria par Dick Van Dyke. Pourtant âgé de 80 ans, l’acteur fait ici preuve d’une fraîcheur, d’un esprit comique et d’une vitalité absolument formidables. Venant de Broadway, il joue dans l’adaptation de Bye Bye Birdie, qui lui vaut un Tony Award. Au cinéma, Van Dyke est principalement connu pour son double rôle dans Mary Poppins, de Bert et de Mr. Dawes Senior, ainsi que de Mr. Dawes Junior dans Le Retour de Mary Poppins. Sa carrière se déroule surtout à la télévision avec The Dick Van Dyke Show de 1961 à 1966, puis son rôle de Mark Sloan dans Diagnostic : Meurtre.
À ses côtés en tant que gardien bougon et nerveux, Gus, est joué par un autre acteur de comédie musicale, Mickey Rooney. Ce dernier commence sa carrière à l’âge de 17 mois (!!!) en 1922. C’est son personnage d’Andy Hardy, célébrant à travers seize films tournés entre 1937 et 1946 - le seizième sort en 1958 - la vie d’une famille ordinaire américaine, qui le font réellement connaître du grand public. Dans les années 1960, il connaît ensuite un beau succès pour ses seconds rôles dans Diamants sur Canapé, Un Monde Fou, Fou, Fou, Fou, et L’Étalon Noir. Pour les studios Disney, il incarne Lampie dans Peter et Elliott le Dragon, et les voix du renard Rox dans Rox et Rouky et du chien Flèche dans La Belle et le Clochard 2 : L'Appel de la Rue. À noter aussi que Rooney fut caricaturé dans un épisode de Donald Duck, Chasseur d’Autographes.
Le troisième futur retraité des gardiens, Reginald, est représenté par Bill Cobbs, qui est plutôt un habitué des seconds rôles au cinéma comme à la télévision. Pour The Walt Disney Company, il travaille sur Tobby, La Star des Toutous, en tant que Arthur Chaney, et joue le maître ferblantier dans Le Monde Fantastique d’Oz.
Ce trio, grâce à la bonne humeur, l’attitude enfantine et leur certaine vitalité malgré leur âge reçoit un surnom de la part du réalisateur : ils sont appelés ainsi les “super-héros gériatriques”.

Après une première rencontre avec ses prédécesseurs, Larry est satisfait d’avoir trouvé un poste tranquille, où il suffit de suivre la liste des choses à faire transmise par Cecil. Mais, lors de sa première nuit de garde, Larry a une mauvaise surprise. Après avoir joué avec les hauts-parleurs et s’être endormi, il constate que le squelette du T-rex du hall d’entrée à disparu. S’il pense qu’il a été volé et part à sa recherche, le gardien le découvre en train de boire à une fontaine à eau. Larry découvre ainsi que tous les objets du musée sont revenus à la vie au cours de la nuit. Les différents animaux africains essaient notamment de le manger... mis à part le facétieux Dexter, un petit capucin joué par Crystal, un vrai singe. Dexter, qui aime en fait embêter les gardiens, lui vole ses clés. Dans la salle des miniatures, les Mayas tentent de capturer Larry en lui envoyant des flèches empoisonnées, tandis que les soldats de l’Empire romain et les cow-boys du Far West, menés respectivement par le général Octavius et Jedediah, se livrent à une guerre acharnée. Dans une autre salle, Larry passe très près d’être écartelé par Attila et ses Huns. Heureusement pour lui, il fait la rencontre d’êtres plus pacifiques comme Sacagawea qui fut la guide de Lewis et Clark dans leur découverte de l’Amérique, la statue de l’île de Pâques qui veut des gum-gum ou encore la statue en métal de Christophe Colomb. Mais, parmi tous ces êtres historiques, Larry trouve un soutien de poids en la statue de cire de Theodore Roosevelt, le 26e Président des États-Unis. Ce dernier lui apprend alors que la magie leur permettant de prendre vie vient de la tablette du Pharaon Ahkmenrah exposée dans le musée. Larry comprend alors que son métier de gardien de nuit consiste à réussir à faire cohabiter tous ces êtres excentriques et à ne pas se faire manger ou écarteler.

Cette multitude de personnages secondaires permet aux studios d’entourer Stiller de quelques grands noms du genre, à commencer par l'interprète du président Roosevelt, Robin Williams. De comédies familiales comme Jumanji ou Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet à un style plus noir avec Good Morning Vietnam, Le Cercle des Poètes Disparus ou Will Hunting, Williams a marqué le genre de la comédie du début des années 1980 jusqu’à sa disparition en 2014. Lauréat d’un Oscar - pour son rôle dans Will Hunting - et de six Golden Globes, Robin reste pour les fans Disney l’incarnation parfaite du célèbre Génie du film Aladdin de 1992 et du troisième volet de la saga, Aladdin et le Roi des Voleurs. Il campe ensuite l’inventeur Philip Brainard dans Flubber en 1997, puis Dan Rayburn, un père dépassé dans Les 2 Font la "Père" (Old Dogs). Le général romain Octavius, une référence au premier Empereur de Rome, est quant à lui campé par le britannique Steve Coogan, connu dans l’écurie Disney pour ses rôles de Phileas Fogg dans le tristement célèbre Le Tour du Monde en Quatre-Vingts Jours et d’Hadès dans la saga Percy Jackson. En guise d’ennemi, Coogan fait face à Owen Wilson, qui joue Jedediah Smith, un explorateur et trappeur américain. Ami de longue date du réalisateur Wes Anderson, Wilson débute sa carrière au cinéma dans Bottle Rocket en 1996. La même année, il obtient un second rôle sur le film Disjoncté réalisé par Ben Stiller. Entre son lien avec Anderson et sa rencontre avec Stiller, Wilson se spécialise dans la comédie et connaît le succès populaire au début des années 2000. Il tient le premier rôle de la comédie Shanghai Kid et de sa suite pour Touchstone Pictures, puis donne directement la réplique à Stiller dans Mon Beau-Père et Moi et Zoolander. Pour The Walt Disney Company, il tourne dans le film Le Tour du Monde en Quatre-Vingts Jours où il rencontre, lors d’une courte scène, un certain Steve Coogan. Le chef des Huns, Attila, est joué par un plus anonyme Patrick Gallagher, qui a participé au film 20th Century Studios Master and Commander : De l’Autre Côté du Monde en 2003. Enfin, le pharaon Ahkmenrah est interprété par un novice Rami Malek, future incarnation de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody, dont c’est ici le premier rôle au cinéma.

En parallèle de ces acteurs qui interprètent les objets du musée, deux personnages apparaissent encore furtivement dans le film. Tout d’abord, le conservateur du musée, le Dr. McPhee, incarné par Ricky Gervais, humoriste britannique et papa de la série The Office. Ensuite, une guide du musée nommée Rebecca, jouée par Carla Gugino. Ancienne mannequin, elle débute dans le métier aux côtés de Michael J. Fox dans la série Spin City pour ABC Studios. Touche à tout, elle est la voix de Delilah dans L’Incroyable Voyage 2 à San Francisco et prête ses traits au Dr. Alex Friedman pour La Montagne Ensorcelée.

Si Levy est bien entouré devant la caméra avec des grands noms de la comédie américaine, il est tout aussi bien conseillé par une équipe technique très compétente. En ce qui concerne les décors, le mérite revient à Claude Paré, le directeur artistique du projet. Le film se déroulant dans un musée, il prend comme base l’American Museum of Natural History afin de reconstituer les décors intérieurs du film à Vancouver. Et ces décors sont toujours ouverts, marquant une certaine profondeur dans le champ de la caméra. Cela découle d’une idée de Ben Stiller qui proposa d’enlever toutes les vitrines, les affiches et les tableaux qui fermaient l’espace, afin de créer, à la place, des longs couloirs donnant cette idée de gigantisme au lieu. Les grandes affiches au fond des couloirs derrière les personnages sont justement censées l’incarner, cette grandeur. En plus de cela, Paré et ses équipes ont dû plancher à la réutilisation d’un même décor pour une scène complètement différente. Ainsi, la salle des animaux d’Afrique a été transformée en quelques jours pour accueillir la salle où se trouve Sacagawea et les explorateurs. Renée April est, elle, applaudie par Levy pour son travail sur les costumes des différents personnages. Si celui de Ben Stiller est relativement basique, April et ses équipes ont reproduit dans les moindres détails les tenues que portaient les différents personnages, devant ainsi inclure des styles et des modes bien différents selon les époques représentées.

Les premières prises de vue du film débutent le 30 janvier 2006 et le tournage dure, avec les quelques reshoots, jusqu’en juillet de la même année. Et ce dernier s'avère parfois difficile à gérer. Trois lieux sont ainsi utilisés. Le premier est le bâtiment de l’American Museum of Natural History qui a servi pour tous les plans extérieurs du musée présents dans le film. Le deuxième endroit où les équipes posent leurs caméras est un studio à Vancouver où Paré a reconstitué l'intérieur du musée. En effet, la production s'est vue refuser le droit de tourner dans l'American Museum of Natural History. Enfin, le troisième lieu, plus minime dans le film, est l’appartement d’Erica et de Don. Contrairement au reste des décors, l’appartement filmé existe bel et bien sur la cinquième avenue de New York et les équipes ont directement été tourner dedans. Un septième du film fut tourné à New York, et le reste à Vancouver. Mais le point le plus complexe à gérer pour Levy fut la présence des acteurs et leurs interactions, surtout entre Stiller d’un côté et le duo Wilson - Coogan de l’autre. Dans le film, ces derniers jouent des miniatures face au “gigantor” Larry. Les scènes ne furent ainsi pas tournées en même temps. Ben Stiller donnait la réplique à des bouts de bois que Levy faisait lui même bouger pour donner un contrepoids à la performance de l’acteur. Stiller tournait ainsi plusieurs fois la scène en modifiant son texte pour trouver la meilleure réplique à utiliser selon ce que répondrait Owen Wilson. Levy écrivait ensuite les répliques, puis, plusieurs semaines plus tard, les lisait à Wilson et Coogan. Il filmait ensuite les réactions de ces derniers face aux vingt répliques émises par Stiller. Ce que Levy appelle “des improvisations rétroactives”. En réalité, les deux acteurs ne se virent qu’une seule fois au cours des six mois de tournage. Un autre problème à régler fut l’horaire strict de travail de Crystal, le capucin prêtant ses traits à Dexter, qui ne travaillait pas plus tard que 17 heures. Malgré la bonne prestation du singe et le travail de ses dresseurs, certaines scènes impliquant un contre-champ sur Stiller furent tournées à l’aide d’un singe en peluche donnant la réplique à l’acteur. Au sujet du singe Dexter, Levy reconnait une erreur apparaissant dans le film. La reproduction de Dexter est placée dans la salle des mammifères d'Afrique. Or, ces singes ne sont présents qu'en Amérique du Sud. Faute avouée, à moitié pardonnée.

En plus de s’occuper des décors, Paré est l’une des personnes entourant la production du film qui se voit attribuer une petite apparition dans le film. Il joue ainsi le rôle d’un guide du musée à côté de Rebecca dans le dernier plan centré sur ce personnage. Dans les premières minutes, Larry se rend à un centre de recherche d’emploi, où il est reçu par Debbie. Cette dernière est incarnée par l’actrice Anne Meara qui a notamment joué dans Fame et La Colo des Gourmands (Les Poids Lourds), et a donné sa voix à Winnie dans Planes 2. Dans sa vie personnelle, Anne est surtout la mère de Ben Stiller. D'ailleurs, ce dernier aimant décidément placer ses proches dans les films, son coiffeur personnel fait partie d’un groupe de visiteurs passant devant Larry à la fin du film.

Si la bonne humeur communicative des acteurs qui semblent vraiment prendre du plaisir sur le plateau et les décors qui imposent la grandeur non seulement du bâtiment, mais de l’Histoire en elle-même, impressionnent le spectateur, le film lui transmet la magie de la tablette d’Ahkmenrah grâce aussi à la composition musicale accompagnant les images. La bande originale du film est l’oeuvre du compositeur américain Alan Silvestri. De sa riche carrière débutée en 1972, Silvestri a produit les musiques des productions des plus grands réalisateurs comme James Cameron sur Abyss ou Steven Spielberg sur le plus récent Ready Player One. Mais c’est surtout sa collaboration avec Robert Zemeckis qui le fait connaître. Il signe ainsi les musiques des films Retour vers le Futur, Forrest Gump et Qui Veut la Peau de Roger Rabbit, tous réalisés par Zemeckis. Pour les studios Disney, il compose les mélodies du film Lilo & Stitch en 2002, avant de travailler dans le Marvel Cinematic Universe dès 2011 avec Captain America : First Avenger et les différents films Avengers qui suivent, Marvel's Avengers, Avengers : Infinity War et Avengers : Endgame. Pas inconnu ainsi d’ambiance fantastique, Silvestri sait instiller un ressenti magique dans ses différentes compositions. Pour La Nuit au Musée, cela se ressent dès les premières secondes du film avec le générique qui met en avant les différentes statues du musées - toutes créées à partir des acteurs interprétant les personnages dans le film -, ces mêmes statues qui prendront vie au cours du film. La musique et la lumière des images transmettent cette part de magie du lieu. Ce long générique, trouvé à la dernière minute par Levy, se veut un contrepoint au dynamisme des nuits vécues par Larry.

Après un tournage d’environ six mois, le projet part en post-production, afin d’assurer une sortie à Noël 2006. Les premiers aperçus du film sont projetés au cinéma avant la projection de Pirates des Caraïbes : Le Secret du Coffre Maudit sorti aussi en 2006. La Nuit au Musée est projeté en avant-première dès le 17 décembre 2006 à New York, pour une sortie nationale sur le sol américain le 22 décembre. Le film débarque en France le 7 février 2007. Lors de sa sortie, l’accueil de la part de la presse est plus que mitigé, certains applaudissant le mélange d’histoire avec un film familial comme William Arnold, alors que d’autres critiquent la performance de Stiller et l’utilisation des effets visuels. En pleine période des fêtes, le public répond présent dans les salles américaines, ce qui a pour effet d’améliorer les entrées de l’American Museum of Natural History de 20%, soit environ 50 000 visiteurs de plus que l’année précédente sur la même période. En France, près de 2,3 millions de spectateurs veulent découvrir le musée gardé par Stiller. Ce succès public - le film rapporte cinq fois plus que son budget (environ 110 millions de dollars de budget, pour un total de 574.5 millions de dollars de recettes) - pousse les studios à rapidement mettre en branle la production d’une suite reprenant les mêmes personnages. Simplement nommé La Nuit au Musée 2, le film sort dans les salles françaises le 20 mai 2009. Enfin, La Nuit au Musée : Le Secret des Pharaons conclut la trilogie en mai 2014.

Bien emmené par une bande d’acteurs qui se lâchent et prennent un réel plaisir à travailler ensemble, La Nuit au Musée est un film divertissant remplissant parfaitement son rôle de comédie familiale. Levy y réussit la communion de son style et des effets spéciaux, qui sont pour la plupart très bien réalisés. Dommage en revanche que le récit n'explore pas toutes les capacités qu'un tel lieu peut offrir au cinéma, restant par trop dans les clous d'une histoire relativement simple. De plus, si les acteurs sont dans l'ensemble très bons - mention spéciale à Van Dyke et au duo Wilson / Coogan -, quelle hérésie de voir ici le talent de Stiller sous-exploité, réduit simplement au rang de fil rouge à l'histoire.

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