Nouveau Départ
L'affiche du film
Titre original :
We Bought a Zoo
Production :
Vinyl Films
LBI Entertainment
Dune Entertainment
Date de sortie USA :
Le 23 décembre 2011
Distribution :
20th Century Fox
Genre :
Comédie dramatique
Réalisation :
Cameron Crowe
Musique :
Jónsi
Durée :
124 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Après le décès de son épouse, Benjamin Mee peine à élever seul ses deux enfants et particulièrement son aîné, Dylan. Afin de tenter d'unir à nouveau sa famille et d'aller de l'avant, il se lance dans une aventure folle en rachetant un zoo fermé au public. Avec les employés du parc, et particulièrement Kelly Foster, il met tout en œuvre pour rouvrir le lieu aux visiteurs, tout en se familiarisant à sa nouvelle vie.

La critique

rédigée par
Publiée le 04 mars 2021

Qui n’est jamais sorti du visionnage d’un film en ayant le sentiment d’avoir passé un bon moment, sans plus ? C’est un peu l’effet que laisse Nouveau Départ aux spectateurs. Un récit plaisant, des personnages attachants, des situations intéressantes, mais rien de vraiment marquant.

C’est effectivement une jolie histoire que propose Nouveau Départ, et ce, d’autant plus qu’elle s’inspire de faits réels. En 2006, Benjamin Mee, un journaliste britannique, et son épouse Katherine rachètent en effet une propriété dans le Devon, au sud-ouest de l’Angleterre. Mais l’achat de la maison inclut aussi le zoo duquel elle fait partie : le Dartmoor Wildlife Park. Le couple se lance donc dans une véritable aventure en devenant les propriétaires de ce parc animalier, sans aucune expérience dans le domaine. Malheureusement Katherine, atteinte d’une tumeur au cerveau, décède l’année suivante. Benjamin, qui se retrouve seul avec leurs deux enfants âgés de six et quatre ans, ne baisse toutefois pas les bras et se lance le défi de rouvrir le zoo aux visiteurs. Un défi remporté haut la main puisque le public foule à nouveau les allées du parc animalier dès juillet 2007. Cette histoire, Benjamin Mee décide de la raconter dans un livre intitulé J’Ai Acheté un Zoo, paru en 2008. Le film Nouveau Départ s’inspire donc librement de son essai, en reprenant de façon romancée le récit de l’expérience de Benjamin Mee.

Le réalisateur Cameron Crowe se charge de porter à l’écran cette adaptation. Né le 13 juillet 1957 à Palm Springs, en Californie, il développe très jeune un goût pour l’écriture et la musique et se met donc à écrire des critiques musicales. Il devient d’ailleurs journaliste pour le magazine Rolling Stone. Il se lance ensuite dans la rédaction et la publication de son premier roman, Fast Times at Ridgemont High: A True Story (1981), dont il signe l’année suivante le scénario de l’adaptation cinématographique : Ça Chauffe au Lycée Ridgemont ! Cette porte d’entrée dans le cinéma le conduit à réaliser son premier film en 1989 : Un Monde Pour Nous. Le succès de son deuxième opus, Singles (1992), lui ouvre la voie vers d’autres projets restés célèbres. Le public et les critiques saluent ainsi la réussite de Jerry Maguire (1996), dont le rôle-titre est confié à Tom Cruise. L’acteur et le réalisateur se retrouvent en 2001 pour un autre succès, Vanilla Sky, dont l’affiche est complétée par Cameron Diaz et Penélope Cruz. Après les résultats franchement moyens de Rencontres à Elizabethtown en 2005, il disparaît du grand écran. Il signe donc son retour dans les salles obscures en 2011 avec Nouveau Départ. Ses projets suivants sont globalement passés inaperçus et le succès de ses débuts semble désormais bien loin.

Cameron Crowe fait donc son retour au cinéma par la petite porte après six ans d’absence. Le film se laisse certes volontiers regarder mais ne propose rien de transcendant. Les plans et l’éclairage sont efficaces et le récit intéressant. Les passionnés du monde animal, quant à eux, prendront plaisir à observer ours, tigres, lions, paons et autres porcs-épics lors des différentes scènes dans les allées du zoo. Reste qu’à l’heure actuelle où le bien-être animal est devenu un véritable sujet de société, les enclos visibles dans le film, présentés comme révolutionnaires par les personnages, paraissent franchement petits et peu travaillés, ce qui en dérangera sans doute certains.

Les personnages, en revanche, sont dans l’ensemble très efficaces et attachants. Le film est ainsi porté par un duo d’acteurs talentueux, livrant une interprétation très juste : Matt Damon et Scarlett Johansson. Le premier se fait remarquer grâce à son interprétation du rôle-titre dans Will Hunting (1997) de Gus Van Sant, dont il coécrit le scénario avec son ami Ben Affleck. L’année suivante, il est à l’affiche du succès de Steven Spielberg, Il Faut Sauver le Soldat Ryan, là encore dans le rôle-titre. Parmi ses films les plus marquants peuvent notamment être cités : Le Talentueux Mr Ripley (1999), Les Joueurs (1999), la trilogie Ocean’s Eleven (de 2001 à 2007), la trilogie Jason Bourne (de 2002 à 2007). Il tourne également avec les plus grands : Martin Scorsese pour Les Infiltrés (2007), Clint Eastwood pour Invictus (2009), les frères Coen pour True Grit (2010), George Clooney pour Monuments Men (2014), Christopher Nolan pour Interstellar (2014) ou encore Ridley Scott pour Seul Sur Mars (2015). Dans Nouveau Départ, il livre une prestation convaincante, dans un registre dans lequel le public a peu l’habitude de le voir. Il interprète ainsi avec justesse ce père de famille qui peine à faire son deuil et ne sait pas comment se comporter vis-à-vis de son fils aîné. Il insuffle en outre à son rôle une candeur presque enfantine dans certaines scènes, le rendant attendrissant.

Face à lui, la gardienne en chef du zoo, Kelly Foster, est incarnée par Scarlett Johansson. Remarquée à 14 ans pour son rôle dans L’Homme qui Murmurait à l’Oreille des Chevaux (1998) de Robert Redford, elle connaît rapidement le succès avec des films comme Lost in Translation (2003) de Sofia Coppola et La Jeune Fille à la Perle (2003). Les rôles s’enchaînent alors et elle devient l’une des muses de Woody Allen dans Match Point (2005), Scoop (2006) ou encore Vicky Cristina Barcelona (2007). Elle fait également son entrée dans le Marvel Cinematic Universe dès 2010 dans Iron Man 2, de Jon Favreau, pour y incarner la célèbre Black Widow. Ces dernières années, le public la retrouve dans le rôle-titre du film français Lucy (2015) de Luc Besson, en interprète du serpent Kaa dans Le Livre de la Jungle (2016) ou encore en mère courage dans le film de Taika Waititi, Jojo Rabbit (2018). Elle est logiquement à l’affiche du film Black Widow, consacré à son héroïne, pour une sortie en 2021. Habituée aux rôles de femme fatale ou ultra sensuelles, c'est un personnage tout en simplicité qu'elle incarne ici avec efficacité. La retrouver dans un rôle naturel et attachant est d'ailleurs un vrai plaisir. Elle n'en perd pas pour autant la force de caractère qu'elle insuffle généralement à ses personnages.

Une mention spéciale est également à attribuer aux jeunes comédiens interprétant les enfants de Benjamin Mee : Colin Ford (Captain Marvel) et Maggie Elizabeth Jones. Ils évitent en effet la tendance au surjeu qu'ont beaucoup d'enfants acteurs. Les spectateurs peuvent facilement se prendre d'affection pour eux, y compris pour l'adolescent Dylan, plus vrai que nature en fils de Matt Damon. Dans un autre registre, Thomas Haden Church (George de la Jungle 2Spider-Man 3, John Carter) livre une prestation tout à fait savoureuse en frère de Benjamin Mee, Duncan. Ses répliques font souvent mouche et son humour est efficace. À noter également la présence au casting de la jeune Elle Fanning (Maléfique, Maléfique : Le Pouvoir du Mal), mais dont la performance flirte ici souvent avec la mièvrerie.

Côté humour, deux autres personnages, aux antipodes l'un de l'autre, apportent de sympathiques moments de drôlerie. Le soigneur Peter MacCready, interprété par Angus MacFadyen (Braveheart), bourru et porté sur la boisson en cas de coup dur, est très amusant dans sa "gueguerre" avec l'inspecteur de zoos Walter Ferris, campé par John Michael Higgins (L'Homme Bicentenaire, Blade Trinity). Stéréotype du fonctionnaire tatillon, ce dernier est au cœur d'une scène savoureuse lorsqu'il inspecte le parc avant son ouverture au public, à grand renfort de mètre télescopique et de répliques cinglantes.

Mais Nouveau Départ n’est pas exempt de défauts. Le film se veut notamment très convenu et ne surprend, il est vrai, jamais le spectateur. Sans bénéficier des talents de Nostradamus, il est en effet très simple de deviner les dénouements des différentes péripéties et situations proposées. Tout est ici prévisible. Par ailleurs, le réalisateur n’épargne pas au public les clichés habituels des drames familiaux. Le conflit père-fils, le deuil douloureux du conjoint, la difficulté à retrouver un partenaire, l’adolescent rebelle : tout y passe, au risque de donner parfois un sentiment de déjà-vu.

Enfin, dernier souci et pas des moindres : Cameron Crowe tente à plusieurs reprises de générer un suspense aussi inutile que maladroit. Or, en opérant ainsi, il alourdit son film et lui fait perdre en réalisme à plusieurs reprises. L'un des exemples les plus flagrants est la scène de recherche de maison avec l'agent immobilier. Ce dernier entretient un pseudo-suspense autour d'une maison un peu particulière. La scène tourne autour du pot de façon grotesque, alors que dès les bandes-annonces, il est annoncé au spectateur que le sujet même du film réside dans l'achat d'un zoo. Et ce genre de situations se répète tout au long de l'opus : d'un épisode exceptionnel de tempête qui trouve un dénouement totalement tombé du ciel, à un ultime rebondissement qui sonne faux le jour de l'ouverture au public. Bref, autant de situations censées maintenir le spectateur en haleine mais qui se contentent finalement de rallonger péniblement l'ensemble. L’histoire de cette famille qui se reconstruit en ouvrant un zoo se suffisait à elle-même pour ne pas avoir besoin de péripéties artificielles comme Hollywood sait en user et abuser.

Côté musique, Jón Þór Birgisson, ou Jónsi pour les intimes, se charge des musiques et chansons. Ce musicien islandais, membre du groupe Sigur Rós, n'a que très rarement participé à des films. Outre une chanson pour le film d'animation Dragons (2010), il travaille à la musique du film Sans Aucun Remords (2021). Dans Nouveau Départ, il réutilise quelques chansons de ses différents albums. Plusieurs compositions originales sont également proposées. Son style original est plaisant à écouter, mais à l'image du film, la bande originale est aussi vite oubliée.

Sorti le 23 décembre 2011 aux États-Unis et le 18 avril 2012 en France, le film rencontre un bon succès puisqu'avec 241 millions de dollars de bénéfices, son budget de 50 millions de dollars est largement amorti. Les critiques, quant à elles, sont plutôt moyennes. Nommé dans différents prix, il est en revanche totalement absent aux Oscars.

Nouveau Départ n’est pas un mauvais film. Il propose une belle histoire, servie par des personnages attachants et bien interprétés. Il aurait en revanche gagné à sortir davantage des clichés du genre et à se passer de certaines séquences maladroites et inutiles. Au final, il offre un moment sympathique, dont le spectateur ne retiendra pas grand-chose. À voir pour passer une séance conviviale et émouvante en famille, surtout pour les amoureux des animaux, sans en attendre davantage.

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