Kelly Asbury
Date de naissance :
Le 15 janvier 1960
Lieu de Naissance :
Beaumont, au Texas, aux États-Unis
Date de Décès :
Le 26 juin 2020
Lieu de Décès :
Encino, Los Angeles, en Californie, aux États-Unis
Nationalité :
Américaine
Profession :
Réalisateur
Animateur
Scénariste
Artiste de Layout
Artiste de Storyboard
Directeur Artistique

Le portrait

rédigé par Karl Derisson
Publié le 06 juillet 2020

Le vendredi 26 juin, le monde de l’animation était sous le choc et partageait son chagrin sur les réseaux sociaux suite à l’annonce de la mort soudaine du réalisateur Kelly Asbury qui, à l’âge de soixante ans, perdait son combat contre le cancer…

Kelly Adam Asbury est né le 15 janvier 1960 à Beaumont, une ville texane d’environ 100 000 habitants située à quelques kilomètres seulement du Golfe du Mexique. Élevé dans une famille appartenant à la classe ouvrière, le garçon se passionne dès le plus jeune âge pour le dessin, un loisir auquel il s’adonne aux côtés de son père, Donald, un vétéran de la Navy ayant combattu durant la Seconde Guerre mondiale et qui, depuis toujours, nourrit un certain talent pour la narration, la magie et le jonglage. C’est avec son papa que le petit Kelly s’amuse en effet régulièrement à inventer des histoires qu’il prend ensuite plaisir à dessiner. Personnages de bandes dessinées, acteurs à la mode, protagonistes imaginaires sortis tout droit de son imagination peuplent alors les dizaines de cahiers que l’enfant complète jour après jour. Également en bonne place, les personnages de Disney ne sont pas oubliés. Après avoir assisté avec son frère à une séance de Blanche Neige et les Sept Nains, le classique de 1937 de retour sur l’un des écrans du Jefferson Theatre quarante ans après sa première sortie, Asbury, alors âgé de sept ans, tente immédiatement de dessiner la princesse, les nains et la méchante reine. Cherchant à recréer les scènes mythiques de ce film qui l’enchante réellement, il se met rapidement en tête d’apprendre un jour à son tour à faire bouger ses dessins.

Après la mort de son père décédé des suites d’un cancer, Asbury, douze ans, casse sa tirelire afin de s’offrir The Art of Walt Disney: From Mickey Mouse to The Magic Kingdoms, le best-seller de Christopher Finch publié chez Abrams en 1975. En se plongeant dans les pages du livre, il découvre ainsi les coulisses des studios Disney et les différents métiers indispensables à la création de ces dessins animés qu’il adore tant. Ub Iwerks, les Neufs Vieux Messieurs, Vladimir Tytla, Fred Moore et tant d’autres artistes de légende sont désormais ses références. Ken Anderson, le directeur artistique des (Les) 101 Dalmatiens et scénariste du (Le) Livre de la Jungle, des (Les) Aristochats, de Robin des Bois ou des (Les) Aventures de Bernard et Bianca, devient quant à lui son idole. Kelly Asbury le sait. Il sera animateur un jour. Il en rêve ! Il suit donc les enseignements que son frère, sa sœur Gwen et lui ont reçus de leur maman, Josephine, à savoir que pour avoir quelque chose dans la vie, il faut travailler, encore et encore, très dur et sans relâche.


Avec Rob Minkoff

Continuant d’entretenir sa passion et ses rêves, Kelly Asbury, du haut de ses dix-sept ans, franchit un premier pas en écrivant un jour à Ken Anderson. En décembre 1977, il soumet en outre aux studios Disney son premier portfolio rempli de dizaines de caricatures et de dessins humoristiques. À sa grande surprise, les réponses ne se font pas attendre. Un premier courrier l’informe qu’Anderson, très occupé en ce moment, ne peut lui répondre directement. Le 3 janvier 1978, il reçoit par ailleurs une lettre signée par le directeur de production Don A. Duckwall qui lui explique que la qualité vaut mieux que la quantité et que ses croquis, peu réalistes, ne correspondent pas du tout aux attentes de l’entreprise. Asbury ne cache pas son désappointement, évidemment. Ses dessins, retournés en même temps que la lettre de Duckwall, n’ont suscité aucun intérêt de la part des responsables de Disney. Asbury reçoit la consigne de revoir sa copie et de produire des croquis plus réalistes, plus vivants, plus énergiques… Il lui est conseillé aussi de réaliser des planches anatomiques. Pour le jeune homme, c'est la douche froide.


Dessins extraits du portfolio réalisé avec l'aide de Jerry Newman

Kelly Asbury est déçu, bien sûr. Cependant, il refuse de baisser les bras. Convaincu que les valeurs de travail et d’obstination que lui a apprises sa maman porteront un jour leurs fruits, il postule au California Institute of the Arts (CalArts). Mais sa candidature se voit refusée, et ce deux années de suite... Enchaînant les petits boulots pour se payer une voiture, il n’a pas d’autre choix que de rester habiter dans sa ville natale de Beaumont. Rongeant son frein, il termine ses études à la French High School où sa professeur d'Arts plastiques Minnie McMillan l'encourage à persévérer, puis il s’inscrit à l’Université locale de Lamar où il suit les cours de Jerry Newman. Dessinateur renommé dont l’œuvre est connue et reconnue dans tout le Texas et toute la Louisiane, Newman écoute bientôt son jeune élève lui parler de ses ambitions et de son rêve de travailler un jour dans le milieu de l’animation. L’enseignant décide dès lors de pousser Asbury dans ses retranchements afin de voir l’étendue de son talent. Pour ce faire, il lui offre un cahier vierge de cinq-cents pages et un crayon neuf puis lui conseille de se rendre au zoo, au stade, au ballet, mais aussi d’étudier sa famille, son chien et ses amis, ou bien encore d’apprendre l’anatomie et les mouvements de ses modèles. À partir de ses observations, Asbury doit alors noircir chaque page de son carnet avec un dessin différent.


Avec Rob Minkoff et Chris Bailey à l'Institut CalArts, 1983

À la fin de l’année universitaire, Jerry Newman convoque son élève pour faire avec lui le bilan de son travail. Arrachant chaque page du cahier sous le regard circonspect d’Asbury qui n’est pas sûr de comprendre ce qu’il se passe, le professeur examine chacun des croquis étalés sur le sol. Au bout de quelques minutes, la majorité de la production est écartée, jetée. Les dessins jugés mauvais ou inutiles sont éliminés. Au final, seuls vingt-cinq d’entre eux trouvent grâce aux yeux de Newman qui conseille au jeune homme de les rassembler dans un nouveau portfolio avec lequel il est encouragé à postuler une nouvelle fois pour entrer à CalArts. C’est sa troisième tentative. Asbury est sceptique. Mais contre toute attente, il est reçu ! La stratégie de Newman a payé. Pour Kelly Asbury, c’est le plus beau jour de sa vie !


Avec Chuck Jones

Kelly Asbury rejoint CalArts à la rentrée 1980. Ravi, il partage alors ses classes avec de futurs artistes renommés parmi lesquels Kirk Wise et Gary Trousdale, les réalisateurs de La Belle et la Bête, du (Le) Bossu de Notre-Dame et d’Atlantide, l’Empire Perdu, Bruce W. Smith, le créateur de la série Cool Attitude et animateur de Kerchak, Pacha et du Docteur Facilier, ou bien encore Chris Sanders, le réalisateur de Lilo & Stitch et de Dragons. Asbury se rapproche aussi de Jeff DeGrandis, l’un des réalisateurs de Timon & Pumbaa - Les Héros du Film Le Roi Lion et producteur de Dora l’Exploratrice, de Rob Minkoff, l’un des co-réalisateurs du (Le) Roi Lion, et de Chris Bailey, l’animateur de Nessus et de Kim Possible. Devenus de très bons amis, tous les quatre deviennent inséparables. Ensemble, ils étudient les rudiments de l’animation et participent aussi souvent que possible aux lectures, aux exposés et aux conventions réunissant certaines les plus grandes légendes du dessin animé. Lors d’une convention consacrée au comédien Mel Blanc, ils croisent ainsi la route de Chuck Jones, le réalisateur prolifique de Warner qui a donné ses lettres de noblesses à Bugs Bunny et à l’ensemble des stars de la série des Looney Tunes. Très impressionnés, aucun des jeunes artistes en herbe n’ose aller déranger l’artiste multioscarisé jusqu’à ce que DeGrandis ne se lève de son siège. Approchant Jones, il obtient bientôt un rendez-vous auquel sont également conviés Asbury, Minkoff et Bailey. Tous se retrouvent alors deux jours plus tard dans la maison de Jones, à Corona Del Mar. Cette première rencontre marque le début de vingt-cinq ans d’amitié entre Asbury et Chuck Jones qui lui apprend son art, lui donne des conseils précieux et devient en quelque sorte son mentor.

Kelly Asbury décroche son premier travail dans l’animation au sein des studios Tom Carter Productions. Mais l’expérience est de courte durée. Un ami engagé chez Disney l’informe en effet que les responsables de la division films en prises de vues réelles souhaitent le rencontrer afin de voir s’il pourrait les aider à concevoir les storyboards de leurs futures productions. Asbury se présente au rendez-vous. Après avoir participé comme storyboardeur à quelques épisodes de la série animée Les Minipouss, il est engagé chez Disney en 1983. Pourtant, au lieu d’intégrer la division live, il passe dans le département animation où il devient animateur intervalliste. Là, il collabore à la production de Taram et le Chaudron Magique, le premier film dans lequel son nom est crédité au générique.

Après plusieurs petits travaux de layout, notamment sur le court-métrage Footmania pour Dingo, Kelly Asbury est associé en tant que scénariste à la production de La Petite Sirène, de Bernard et Bianca au Pays des Kangourous ainsi qu’à celle du cartoon Lapin Looping réalisé par Frank Marshall et son ami Rob Minkoff qui lui confie le poste de directeur artistique. Il rejoint ensuite l’équipe de La Belle et la Bête pour lequel il participe à l’écriture du script aux côtés de Linda Woolverton, Roger Allers, Brenda Chapman, Tom Ellery, Kevin Harkey, Robert Lence, Burny Mattinson, Brian Pimental, Chris Sanders, Bruce Woodside et Joe Ranft qui lui parle un jour d’un autre projet, L’Étrange Noël de Monsieur Jack, un script inspiré d’un texte de Tim Burton. Grand fan des films de Burton, Asbury se laisse convaincre de quitter Disney et de rejoindre les équipes d’Henry Sellick à San Francisco afin de travailler au poste de directeur artistique assistant sur ce film financé par… Disney ! Et l’expérience est en tous points formidable.


Avec Joe Ranft

Toujours grâce à son ami Joe Ranft, Kelly Asbury, qui a épousé Loretta Weeks le 9 novembre 1990, rejoint ensuite Pixar, un modeste studio de San Francisco qui travaille à l’époque sur un projet d’un nouveau genre, un long-métrage entièrement animé grâce à des outils numériques, Toy Story. Une fois encore, l’expérience est extraordinaire. Avec John Lasseter et ses troupes, Asbury a vraiment l’impression de participer à l’écriture de l’histoire de l’animation. Engagé sur James et la Pêche Géante, un autre film en stop-motion réalisé par Henry Sellick et inspiré de l’œuvre de Roald Dahl, ainsi que sur la série animée Couacs en Vrac où il travaille comme storyboardeur sur un seul et unique épisode, Pour Une Poignée de Molécules, l’artiste décide bientôt une fois encore de s’embarquer dans une nouvelle aventure. Au milieu des années 1990, un vent de révolte souffle en effet sur les studios Disney. La direction, occupée par Michael Eisner, Roy E. Disney et Jeffrey Katzenberg, se déchire suite à la mort tragique de Frank Wells. Les égos s’échauffent. Katzenberg claque la porte et, avec David Geffen et Steven Spielberg, décide de fonder un studio concurrent. Dreamworks SKG est né. Dans son sillage, Jeffrey Katzenberg emmène plusieurs artistes de Disney. Kelly Asbury rejoint lui aussi l’entreprise en 1995. Il devient alors responsable du scénario du (Le) Prince d’Égypte réalisé par Steve Hickner, Simon Wells et sa très bonne amie Brenda Chapman rencontrée au moment de la production de La Petite Sirène.

Heureux de travailler sur ce qui reste, aujourd’hui encore, comme un projet hors du commun, Asbury aspire bientôt à davantage de responsabilités. Au milieu de l’année 1996, il demande ainsi à devenir réalisateur. Jeffrey Katzenberg accepte. Asbury est placé à la tête de la petite équipe en charge du développement de Shrek. Chris Farley, l’une des vedettes de l’émission Saturday Night Live, est choisi pour prêter sa voix à l’ogre vert. La majorité des dialogues est alors enregistrée. Toutefois, la mort tragique du comédien, retrouvé inanimé dans son appartement en décembre 1997 des suites d’une overdose, enterre le projet. L’acteur Mike Myers, engagé pour remplacer Farley, exige en effet que le script soit entièrement réécrit afin de lui laisser la liberté d’interpréter le rôle-titre en totale liberté. Un an et demi de travail se retrouve jeté à la poubelle. La production de Shrek repart à zéro avec une tout autre équipe réunie autour d’Andrew Adamson et Vicky Jenson… Asbury n’est plus de la partie...

Regrettant de voir son travail sur Shrek remisé au placard, Kelly Asbury crée quelques planches de storyboard pour Chicken Run, le premier long-métrage de Peter Lord et Nick Park produit par les studios Aardman Animation et Dreamworks SKG que le public découvre en salle en 2000. Il se voit ensuite confier la réalisation de Spirit, l’Étalon des Plaines, un long-métrage en animation traditionnelle écrit par John Fusco qu’il supervise avec Lorna Cook. Une fois encore, l’expérience est belle. L’histoire de Spirit, un mustang ayant connu la conquête de l’Ouest et assisté à la rivalité entre les Indiens et la cavalerie américaine, lui plaît beaucoup. La collaboration avec le chanteur Brian Adams accouche de chansons magnifiques. Cerise sur le gâteau, le film, présenté le 15 mai 2002 en ouverture de la 55ème édition du Festival de Cannes, est nommé à l’Oscar du Meilleur film d’animation mais échoue cependant face au (Le) Voyage de Chihiro d’Hayao Miyazaki. Il est cependant distingué par un prix lors de la cérémonie des Western Heritage Awards.


Avec Conrad Vernon et Jeffrey Katzenberg

À la fin de la production de Spirit, l’Étalon des Plaines, Kelly Asbury signe Dummy Days: America’s Favorite Ventriloquists from Radio and Early TV, une biographie très sérieuse rendant hommage à Jeff Dunham, Edgar Bergen, Shari Lewis, Jimmy Nelson, Paul Winchell et aux autres grands ventriloques du début du XXe siècle publiée en 2003. Également auteur des textes et des illustrations d’une douzaine de livres pour enfants dont Rusty’s Red Vacation, Bonnie’s Blue House et Yolanda’s Yellow School, il retrouve par ailleurs le personnage de Shrek en prenant les rênes aux côtés d’Andrew Adamson et de Conrad Vernon de la suite des aventures de l’ogre vert. Sollicité personnellement par Jeffrey Katzenberg, il en garde un souvenir génial, lui qui, au passage, prête sa voix à trois personnages secondaires, un noble, un elfe et un page. Énorme succès au box-office, le film fait lui aussi l’ouverture du Festival de Cannes en 2004. Asbury est nommé dans la catégorie Meilleur réalisateur aux Annie Awards. Shrek 2, couronné d’un Hollywood Film Award, est également nommé à l’Oscar du Meilleur film d’animation mais s’incline cependant face aux (Les) Indestructibles de Brad Bird.

Marqué par son divorce survenu en 2006, Kelly Asbury, qui vient d’enregistrer la voix du maître de cérémonie et de Fiddlesworth dans Shrek le Troisième, collabore au scénario de Kung Fu Panda et Madagascar 2. Il est alors approché par son ami le producteur Baker Bloodworth avec qui il avait travaillé sur La Belle et la Bête. Celui-ci lui propose en effet de travailler sur un projet d’un nouveau genre dans lequel seront associées la musique d’Elton John et l’œuvre de William Shakespeare, Gnoméo et Juliette. Asbury accepte le défi. Il quitte Dreamworks SKG et revient chez Disney qui produit le film via sa filiale Touchstone Pictures associée pour l’occasion à Rocket Pictures, la société de production d’Elton John. Pour Kelly Asbury, également scénariste avec Mark Burton, Andy Riley, Kevin Cecil, Emily Cook, Kathy Greenberg et Steve Hamilton Shaw, la réalisation de Gnoméo et Juliette est un moment formidable, l’apogée selon lui de sa carrière. Prêtant sa voix aux gnomes, le film lui vaut d’ailleurs d’être nommé deux fois aux Annie Awards. Asbury poursuit ensuite sa collaboration avec Disney. Rich Moore lui propose de réaliser certains storyboards des (Les) Mondes de Ralph. Chris Buck lui offre de travailler au même poste sur La Reine des Neiges.

Crédité au générique d’Achmed Saves America de Frank Marino pour lequel il contribue à la création des personnages avec Jeff Dunham, Kelly Asbury change une nouvelle fois de crèmerie en 2012 en rejoignant les équipes de Sony Pictures Animation pour lesquelles il développe le scénario de Pooch Café, l’adaptation sur grand écran de la célèbre bande dessinée de Paul Gilligan publiée quotidiennement dans la presse depuis 2000. Il supervise dans le même temps la réalisation de Kazorn & the Unicorn. Produit par Sam Raimi, Josh Donen et Russell Hollander d’après un scénario de Lloyd Taylor, le film appartenant au genre fantastique raconte l’histoire d’un jeune garçon qui se lance à la recherche d’une arme puissante afin de prouver sa valeur à la femme qu’il aime. La réalisation du long-métrage dure un an et demi mais finalement, il est remisé au placard en 2014. Le même sort est réservé à Pooch Café ainsi qu’à Will Gallows and the Snake Bellied Troll, l’adaptation en prises de vues réelles et animation par ordinateur de l’œuvre de Derek Keilty qu’envisageaient de produire Elton John et David Furnish via la société Rocket Pictures.

Toujours chez Sony Pictures Animation, Kelly Asbury se voit alors confier la réalisation des (Les) Schtroumpfs et le Village Perdu. Scénarisé par Stacey Harman et Pamela Ribon, c’est un sujet qu’il trouve très drôle et surtout très attirant. Il accepte évidemment l’offre, d’autant plus que Sony Pictures Animation est un studio à taille humaine et très familial, à mille lieues du géant Disney, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Ne connaissant pas très bien l’œuvre de Peyo popularisée aux États-Unis grâce à la série télévisée produite par Hanna-Barbera en 1981, il se rapproche pour ce faire de son mentor Chuck Jones afin d’en apprendre plus sur les petits personnages bleus. Asbury travaille aussi étroitement avec l’animateur Patrick Mattey qui connaît les héros de Peyo sur le bout des doigts. Durant la réalisation du film, il prête sa voix au Schtroumpf Curieux et rédige par ailleurs un blog, The Blue Print, dans lequel il dévoile l’avancée du projet et les coulisses de sa conception.

À la fin des années 2010, Kelly Asbury rejoint cette fois les équipes du studio STX Entertainment qui le chargent de la réalisation d’Uglydolls, un film d’animation musical écrit par Alison Peck, Robert Rodriguez, Andrea McCarthy, Paul et Vivian Wang d’après les héros populaires de Kim Sun-min et David Horvath. Réunissant au casting les comédiens et chanteurs Kelly Clarkson, Nick Jonas, Jamelle Monae, Blake Shelton, Pitbull, Lizzo, Ice-T et Asbury lui-même qui prête sa voix aux personnages de Gibberish Cat, Oliver, Chef et Buttons, le long-métrage proposé en avant-première à Los Angeles le 27 avril 2019 puis dans le reste des États-Unis le 3 mai ne rencontre toutefois pas son public et s’avère décevant au box-office... Pour Asbury, qui a trouvé la production éprouvante à cause de délais très courts et d’une date de sortie choisie selon lui de manière trop hasardeuse, l’expérience est amère. Kelly Asbury travaille enfin après cela comme storyboardeur sur Sherlock Gnomes, la suite de Gnoméo et Juliette, et comme consultant sur La Famille Addams sorti en 2019.

Atteint d’un cancer de l’estomac depuis sept ans, Kelly Asbury s’éteint le vendredi 26 juin 2020 à l’âge de soixante ans. Au cours de ses trente-huit ans de carrière, il a alors travaillé pour certains des plus grands studios d’animation américains et laissé un souvenir formidable et inoubliable dans le cœur de sa femme Jacquie, de ses beaux-fils Andrew et Connor, et surtout de ses collègues qui, dès l’annonce de sa mort, lui ont rendu de magnifiques hommages sur les réseaux sociaux. « J’ai réalisé mon premier film avec ce gars-là », écrit notamment Conrad Vernon, le co-réalisateur de Shrek 2 et de La Famille Adams, « et nous sommes devenus des amis très proches. Se retrouver avec lui au front pour un projet si difficile nous a liés à jamais. Il a traversé toutes ses terribles épreuves avec dignité, courage et un sens de l’humour toujours aussi aiguisé. J’ai tellement appris en travaillant avec lui. Kelly savait que la fin était proche, mais rien ne pourra jamais combler le vide qu’il laisse à présent dans ma vie. Tu me manqueras beaucoup. Je t’aime. #mentor »…

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